Lorsque mes pas se rendaient jusqu'à la porte du Studio 303, tandis que un peu plus haut dans ma tête, la tristesse et la nostalgie prenaient bien de la place. Parce que, ce que j'allais découvrir était la dernière proposition publique de cette gang dans ce local rue Ste-Catherine. Pour le souligner, l'équipe de direction nous proposait un marathon, rien de moins, constitué de "30 courtes propositions en danse et performance, dédiée à l’expérimentation!". Le terme "courtes", parce la durée imposée est de cinq minutes, pas plus ! Ce marathon se fera en trois parties et nous pouvons assister à l'une ou à deux ou toutes les parties. Pour moi, évidemment, j'y vais pour les trois et pour m'assurer de "ma" bonne place, j'arrive tôt et je l'aurai, tout à côté de Kim-Sanh Châu, celle qui captera tout ce qui sera présenté.
Le moment venu après avoir ajouté quelques autres coussins, la soirée débute par les mots officiels avec juste après la première performance fort solennelle, celle de Jo Leslie, l'une des trois membres fondatrices de ce lieu. Impossible de ne pas ressentir dans ses propos, une nostalgie et une certaine tristesse, mais aussi une fierté de tout ce parcours fait depuis la création de ce lieu en 1989 ! Il s'en suit de sa prestation toute empreinte de légèreté avec une finale fort symbolique avec des mouvements d'envol ! Parce que si cette gang "s'envole" de ce lieu, la prochaine destination est connue, plus au nord de la ville sur la rue Berri !
Je ne reviendrai pas sur chacune des autres présentations qui m'ont permis de découvrir ou de revoir en action les différent.es artistes. Dans cette première partie, viendront, Danae Serinet Barrera, Jimmy Trieu Phong Chung, Mireille Tawfik, Morgane Guillou, John Vaccaro, Guillaume « Kio » Roberts-Cambron, Kristina « Kriss B. » Brown, Vicky Gélineau et Liam Gover.
Pause
Curieux que je suis, je me demandais comment avait été choisi les différent.es artistes et plus tard durant ce "marathon", j'ai appris qu'il y avait eu un appel à projets et qu'un comité avait ses choix. À la vue de ce que j'ai découvert par la suite, les choix étaient fort bons et le talent est abondant dans notre ville !
Fin de la pause
Il en reste, que comme toujours, ce que me présente Alanna Kraaijeveld avec son piano, cette fois, me fait dire "ouf". Il y aussi la performance "toute philosophique", pour conclure cette première partie, de Liam Gover, avec son "This is a chair, ceci est une chaise."
Arrive la pause, où nous devons quitter le local de présentation, je reviens retrouver mon siège qui m'a attendu fort sagement à la même place. Pas trop loin de moi, deux artistes malentendants avec juste à côté une interprète. Et puis débute cette deuxième partie avec Qiz7a Art, Amrita Choudhury, Sandrine Kwan, Sydney Mcmanus, Selena Russo, Andrea (elle/she) Rocha, Lara Haikal, Ariana Pirela Sánchez, Sherecia Mclean-Leslie et Vicki Machin.
Parmi les différentes propositions, particulièrement heureux de revoir Amrita Choudhury, que j'avais récemment découvert chez Tangente avec une proposition comme un parcours de vie, empreinte de cérémonial. Aussi une chorégraphe que je n'avais pas vu performer depuis un bon bout de temps, Ariana Pirela Sánchez qui nous amène de mouvements empreints d'hésitation vers des moments riches en affirmation et en rapidité.
Après une dernière pause, nous revoilà reparti pour la troisième partie de ce "marathon" avec dix autres artistes, soient Dona-Bella Kassab, Jacqueline van de Geer, Colectiva Tribu, Karen Fennell, Leslie Predy, Charles Gao, Madeline Savoie, Noel Vezina, Sophia Wright et Waki Inoh. Et pour cette troisième partie, les rideaux sont tirés, empreignant le lieu d'une intimité marquante.
Encore une fois, je ne reviendrai pas sur chacune des propositions. Une de celles-là, mérite à mes yeux d'y revenir. Comme à chaque fois que je découvre une de ces créations, Jacqueline van de Geer, nous présente une performance portant sur la violence faire aux femmes, sujet d'actualité, vous conviendrez sûrement ! Et pour transmettre son message plus concrètement, elle lance parmi nous de petits bouts de papier avec différentes informations. Celui que j'attrape, indique que 44% des femmes de 15 ans et plus ont vécu une forme d'abus de leur partenaire intime durant leur vie. Aussi pour compléter mon retour, la proposition de Sophia Wright, accompagnée par Lael Stellick qui captive par ces mouvements en contre jour, effectués derrière une toile.
Ainsi donc, mes pas se mettent en marche pour retourner chez moi après ce "marathon" fort riche de trente propositions. Si je n'ai fait que quelques retours, cela n'enlève rien à la qualité et l'imagination des autres artistes qui nous ont proposé leur cinq minutes d'une création qui pourraient avoir une évolution plus longue et élaborée. Et je me promet de me rendre dans leurs nouveaux locaux lorsque la gang nous proposera des propositions publiques.




















