lundi 26 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Rien de nouveau" et " Rien à sauver", "DANS CE BORDEL", j'ai bien compris !

 Et celles qui me l'ont expliqué, ce sont les finissantes (création et interprétation) du baccalauréat de danse de l'UQAM. Bon OK, je le concède, j'ai un peu changé l'ordre du programme de cette soirée. Je serai juste et le titre de cette soirée était "DANS CE BORDEL" et y était présentée deux oeuvres. La première "RIEN À SAUVER" par Claire Pearl, interprétée par Léonie Bélanger, Fanny Bélanger-Poulin, Béatrice Cardinal, Camille Courchesne-Couturier, Jacynthe Desjardins et Émilie Perrault. La deuxième, "RIEN DE NOUVEAU" par Mélusine Bonillo, interprétée par Margaux Guinot, Léa-Kenza Laurent, Johanna Simon, Lola Thirard et Estelle Weckering. 

                                   Affiche tirée du site du département de danse de l'UQAM

Mais avant de découvrir ces deux propositions en parfait harmonie avec l'époque actuelle, nous avons droit à une prise de parole des deux chorégraphes. Un "statement" calme, mais affirmé, fait au nom de toutes sur ce qu'elles ont dû vivre pour arriver à compléter leurs études. Et fort lucide face à ce qui les attend. Prendre place dans ce monde artistique déjà difficile à intégrer et mis à mal avec la pandémie, elles font le pari d'y plonger et cette expression forte, "nos corps, moyens de résistance ". Je n'ai qu'une réflexion qui me vient en tête, quel bel exemple, elles nous montrent. Merci à vous !

Donc "DANS CE BORDEL", "RIEN À SAUVER" dans lequel, je retrouve le corps manipulé, le corps exhibé, le corps assemblé, le corps protégé, le corps transformé, le corps hybride, le corps asservi, le corps déformé et le corps contrôlé. En résumé, le corps dans différents états, contraint, obligé de subir des tensions internes et externes. La lutte pour résister, pour survivre même, serais-je tenté de dire. Elles nous montrent des états de corps fort intenses face aux tensions externes qui se rendent à moi, malgré l'écran qui nous distancie ! Une fois la tension dissipée, le calme s'installe parmi elles et tout doucement, en chant et en teinture, elles se préparent pour la suite. Une fin, toute belle pour moi qui montre qu'une calme détermination sera leur arme principale à l'orée de nouveaux jours, malgré la nuit qui tombe !

Il s'en suit, "RIEN DE NOUVEAU" qui débute par la description d'une expérience amoureuse de l'une et de la transmission de ce qu'elle ressent dans le corps des autres tout autour sur fond bleu ! Et puis tout bascule dans le rouge, comme si la plaie se vidait peu à peu et que la guérison prenait place, avec le calme et les chants fort présents. Je sens dans ces corps captés par la caméra toute proche, la métamorphose interne ! Certaine d'entre elles, à tour de rôle, nous fait ressentir le dedans d'elle. Et une fois leurs révélations faites, elles semblent en paix. Et puis s'en suit une finale toute festive qui est si belle à voir parce que porteuse d'espoir !

En terminant, deux petits commentaires, le premier, un bémol. Dans chacune de ces propositions, il y a eu du texte qui a été dit en langue anglaise, vraiment nécessaire ? Le deuxième plus positif, concerne l'utilisation de la caméra qui a su capter de tout proche certaines interprètes et dont le résultat était plus fort. 

Merci à vous finissantes et tous ceux et celles qui les ont accompagnées. Vous avez fait le pari d'aller au bout de vos études, je vous souhaite maintenant d'aller au bout de vos aspirations. 

dimanche 25 avril 2021

Sur mes pas (réels) en chanson: Une fort belle rencontre toute intime avec Cindy Charlemagne

 Cette rencontre que j'ai acceptée, je ne l'avais pas prévue et en plus, elle n'était pas dans mes territoires culturels habituels ! J'étais donc invité (oui, c'était sur invitation !) à aller découvrir la chanteuse, autrice et compositrice québéco-haïtienne Cindy Charlemagne que je ne connaissais pas, au MAI (Montréal, arts interculturels) en ce samedi après-midi de ce printemps au caractère incertain.

                                Photo de Cindy Charlemagne par Adreil Gere sur le site du MAI

Dans le hall d'entrée peu achalandé, nous serons huit personnes au final, j'attends de prendre place dans la salle. Le moment venu, j'entre et je trouve ma place tout au fond de la salle avec les sept autres spectatrices et les deux autres personnes à la régie. Ai-je besoin de vous dire que c'est un concert tout intime à lequel j'assisterai ! Le moment venu, les lumières se font discrètes et arrivent sur scène Cindy Charlemagne et trois musicien.nes (contrebasse, piano et batterie). Elle se présente à nous, en toute simplicité, en nous demandant de ne pas applaudir et surtout d'être prêt.es à recevoir. Ce que nous ferons tout au long de l'heure qui a suivi. Malgré la distance des deux mètres, c'est à une rencontre tout intime que j'ai assistée. Une rencontre qui m'a fait découvrir une chanteuse qui plonge dans le soul et le jazz pour nous éclabousser de ses effets. Je suis sous le charme et lorsque arrive le moment à lequel elle nous propose des chansons en créole, pays de ses ancêtres, je succombe, que c'est beau !

Une heure de douceurs qui se termine tout en finesse avec la chanson et le titre de cette représentation, "Soul Whisper". Une rencontre qui m'en rappelle une autre qui encore résonne en moi, celle de Senaya qui pour me faire du bien, je me remets à écouter régulièrement !

Je m'en voudrais de ne souligner ce que les lieux de diffusion comme le MAI font pour les artistes. Avec moins de dix personnes dans la salle, comment ne pas avoir une grande reconnaissance pour permettre ce type de rencontres et qui pour moi, s'est avéré un coup de coeur!  


vendredi 23 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Une autre rencontre marquante avec une proposition touchante de Sonia Bustos

 L'invitation m'était venue de la Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce. Celle de découvrir des extraits de la prochaine création de Sonia Bustos, "Je ne vais pas inonder la mer". Un rapide retour dans mes souvenirs m'a permis de revenir il y a trois ans presque jour pour jour dans la Galerie du MAI. On me proposait d'abord une exposition fort touchante et intense sur des évènements dramatiques à propos de femmes mexicaines. Elle prenait appui sur ces évènements pour nous proposer "Intérieur brut" qui m'avait interpellé. Sa chorégraphie avec les photographies de ses femmes-victimes mexicaines tout autour, son pays d'origine m'avait touché. Pour les intéressé.es, voici le lien sur mon retour (https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2018/04/sur-mes-pas-en-danse-fortement-touche.html)

Cette fois, elle met les racines de cette création dans le deuil, son deuil. Celui qu'elle a vécu après les décès de sa grand-mère et de sa mère. Une fois les explications complétées, nous sommes invités à découvrir des extraits de sa création. En entrée de jeu, nous avons droit à des échanges entre les musiciens et la chorégraphe-interprète sur la création d'un tableau plus "festif !. Il s'en suit un autre, plus "sombre", mais à mes yeux, tellement lumineux sur ce qu'elle a vécu et ressenti tout au long de son cheminement. J'y ai vu les souvenirs (avec les voix), de "ce ensemble à toute seule". Le passage durant lequel, elle laisse tomber ce vêtement, tel des souvenirs chers à elle! Et en finale, pendant que nous voyons une chaise vide et une table avec un pot avec trois fleurs (quel beau symbole !), il s'en suit que cette femme semble regarder droit devant !

                        Photo de la chorégraphe-interprète par David Wong, tirée du site du MAI

Des extraits, fort de ses états de corps, qui m'invitent à aller à découvrir l'oeuvre toute entière et vous devriez, selon moi, en faire tout autant. Malheureusement, les deux représentations prévues au MAI seront présentées sur invitation, conséquence des consignes sanitaires qui limitent le nombre de spectateurs à une toute petite douzaine. Je retiens cependant les paroles de la responsable de la Maison de la Culture qui est confiante que nous pourrons la découvrir dans des Maisons de la Culture prochainement ! Pour ma part, je me tiens en alerte !



jeudi 22 avril 2021

Sur mes pas (bien réels) en danse: Une rencontre marquante que celle avec "Punch Line" de Jacques Poulin-Denis

 Je revenais de ma première sortie à l'Agora de la danse et je resassais dans ma tête la rencontre à laquelle j'avais assistée. Une rencontre "Punch Line" qui m'a déstabilisé d'abord, mais avant d'aller plus loin, commençons par le début, soit le avant !

                  Photo de Jacques Poulin-Denis par Dominique Skoltz tirée du site de l'Agora de la danse

Je me souviens encore très bien de la fébrilité devant mon écran, mes doigts "en garde" sur le clavier juste avant la mise en vente des billets avec place assignée des propositions de l'Agora. Et lorsque j'ai pu dire, "yeah, j'ai tous mes billets !", jamais je n'aurais imaginé que je serais l'heureux "locataire" du siège VIP pour ma première visite. Bon OK, vous vous direz que j'ai le terme facile, mais je vous l'assure, il n'est pas de moi, mais des personnes fort gentilles et accueillantes qui m'ont accueilli en salle en m'informant de ma place. Je vous sent titillé.e, mais sachez que ce n'était pas "mon" siège première rangée, mais dans cette salle toute intime, sur ce siège, je peux vous dire que j'avais une vue imprenable sur ce que je découvrirai plus tard.

Une fois les mots d'usage dissipés dans le lieu tout attentif, nous sommes invités à applaudir l'arrivée de la vedette de la soirée, ce que les trop peu nombreux spectateurs (because les mesures sanitaires !) ont fait avec enthousiasme. 

Pause

L'image qui me reste le plus en tête lorsqu'il est question de Jacques Poulin-Denis est celle sur l'affiche de "Junkyard/Paradis" (de Mélanie Demers), derrière un micro, le bras brandi en haut, tel une rock star, représentative de sa forte présence en scène.

Fin de la pause

C'est donc tel un performeur qu'il se présente à nous, sous nos applaudissements pour se diriger vers un micro sur pied et un tabouret. Premier jab tout gentil au spectateur que je suis parce que ce n'est pas la manière de débuter un spectacle de danse ! En rétrospective, ce n'est pas un simple spectacle de danse que je découvrirai dans ce qui suivra. Ça sera exactement ce que le programme de la soirée annonçait si bien, "Marchant sur la ligne ténue qui sépare la réalité de la fiction, il matérialise les discours intérieurs dans une expérience sensorielle, à la fois subtile et intense. Il est passeur de mots, de pensées et de gestes." 

Tout au long de cette rencontre loin des oeuvres classiques en danse, j'ai droit, entre autres, à des moments "plein de rebondissements", des retours dans le passé et des confidences. Je serais tenté de les décrire avec des termes de coups de poing en boxe, tels que "direct sous la ceinture", lors de sa rencontre avec un véhicule immobile, le "contre" face à l'adversité de la vie. J'étais aux aguets aussi lorsque mon prénom est sorti de sa bouche en cours de représentation, attentif à ce qui suivrait. J'étais flatté aussi de ses propos sur les gens à lunettes, moi le grand myope !

Jacques Poulin-Denis est aussi efficace lors des moments parlés (même avec ses gags dignes de ceux d'une autre époque, celle des cabarets !) que ceux dansés qui sont ceux que j'ai préférés et plus particulièrement le tableau final. Celui qui seulement avec ses mouvements fort éloquents, nous raconte comment il est possible de réaliser ses aspirations malgré un évènement tragique. 

Je m'en voudrais de ne pas mentionner les aspects techniques relatifs aux effets sonores et vocaux qui appuient la prestation de Jacques Poulin-Denis qui a sur scène une présence rayonnante, que cette scène soit éclairée ou toute sombre.

Au final, c'est une rencontre avec un homme qui s'est ouvert à nous et qui laissera des traces avec les pas du spectateur que je suis.



mardi 20 avril 2021

Sur mes pas en danse que j'aurais tant voulu faire ! Ceux vers la 2e édition du festival FURIES à Marsoui !

 Et voici pourquoi !

Je me souviens de ma première rencontre artistique avec le duo Priscilla Guy et Sébastien Provencher, membres de la direction artistique du Festival FURIES: Festival de danse contemporaine. C'était au La Chapelle dans une première ébauche de leur spectacle "Deux squelettes". Une rencontre fort marquante pour moi qui a été suivie par beaucoup d'autres avec l'un.e et/ou l'autre pour mon plus grand plaisir. Le propos a toujours été très présent à chacune de ces rencontres. Les voilà réunis pour présenter de la danse contemporaine, mais pas seulement, tout là-bas (de ma perspective) à Marsoui en Gaspésie avec leur festival du 29 juillet au 1er août. Mais moi, voici enfin le pourquoi, je ne m'y rendrai pas, parce que je ne peux vraiment pas m'y rendre, mais vous ?

En cette journée du 20 avril quelque peu froide ici à Montréal, nous était dévoilé le programme fort alléchant qui y sera présenté. Pour reprendre leurs mots, "Les publics découvriront la danse comme forme d’art aux possibilités infinies et pourront élargir leur connaissance de différents styles et techniques." Un bon nombre des oeuvres présentées, je les ai vu à Montréal et quel plaisir, j'aurais eu à les revoir. À titre d'exemples, "Mula" d'Ivanie Aubin-Malo, Caroline Laurin-Beaucage avec son fascinant "Habiter sa mémoire", le "décoiffant" " Fame Prayer / EATING" co-créé avec François Lalumière et Katarzyna Szugajew. Aussi, Sovann Rochon-Prom Tep avec "Un temps pour tout" pour découvrir l’univers hip-hop. Juste ces propositions couvrent une bonne partie du spectre de l'univers de la danse. 

Il y aurait eu aussi pour moi, l'occasion, entre autres, de découvrir le travail de Dorian Nuskind-Oder qui présentera "Memory Palace" que j'avais raté ! Une autre proposition m'aurait particulièrement intéressée, celle de Maryse Goudreau qui offrira son oeuvre-installation "Dans le ventre de la baleine" ! Et question de faire vrai, c'est sur le bord de la mer que j'aurais été.

Pause

Je croise les doigts fort fort pour que cette proposition vienne ici à Montréal !

Fin de la pause

Sans oublier de la Cinédanse sous les étoiles et plein d'autres activités pour découvrir aussi des artistes de ce beau coin de pays, tout cela en quatre jours. Du concentré qui rend un séjour là-bas fort intéressant ! Mais moi, je ne peux pas, mais vous ?


                                                        Affiche : Étienne Despres

lundi 19 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Une rencontre marquante avec "WE ARE GHOSTS OR ARE WE ?

Voilà une tradition que je ne voudrais pas briser, celle de découvrir les propositions des étudiant.es de l'UQAM, celles de fin de session, de fin d'année et aussi de Passerelle 840. Par conséquent, à cette proposition en webdiffusion de fin d'année des étudiantes de deuxième année, "WE ARE GHOSTS OR WE ARE ?", j'étais bien évidemment présent. 

                                                            Affiche tirée du site Facebook 

Mélia Boivin, Margot Carpentier, Oksanna Caufriez, Morgane Guillou, Rozenn Lecomte, Ariane Levasseur, Cyrielle Rongier et Eliane Clemence Viens-Synnott, sous la direction de Andrea Peña m'ont amené dans un univers fort actuel, tout pandémique. Comment être et réagir dans cette nouvelle réalité pour l'affronter. En entrée de jeu, seule cette femme avec son masque, exprime avec force son enfermement, comme chacun.e de nous en confinement. Tellement fort, pour que je le ressente moi aussi devant mon écran. Le lieu est petit et limite l'expression des gestes qui résonnent fortement lorsqu'ils rencontrent les limites. 

Et puis cette contrainte se transpose à toutes, même si l'espace est plus grand et se fait différent. Seule ou ensemble le défi reste entier, je le ressent fort bien. En ces temps difficiles, aller de l'avant et tomber, tourner en rond. Où aller ?, que faire ?, où se réfugier? Voilà des questions exprimées en mouvements et en gestes devant moi. Dans ce monde post-apocalyptique (lire ici pandémique), que faire pour l'affronter sinon trouver une issue ? La fuite en avant est-elle une possibilité ?

Chacune d'entre elles, masquées, mais pas muselées, portées par la musique du violon, réagissent, passent à l'attaque, le repli ne semble pas une alternative. Peu importe notre individualité , la collectivité prime pour aller de l'avant face à l'imminence du danger et leurs gestes résonnent fort en moi, m'inspirent ! Ne devenons pas des ombres, ni des fantômes face aux défis ! Transformons le "je" en "nous" ! Merci à vous pour ce message si bien exprimé !

Sur mes pas (virtuels et réels) en danse : Question de perceptions (doubles) grâce à Tangente et ses deux propositions !

 La proposition de Hélène Messier, "Soie", Tangente nous proposait de la découvrir en présence, mais aussi en webdiffusion. J'ai donc profité de cette opportunité pour la découvrir des deux façons. Et lors de cette visite dans ces lieux si familiers, dans le Wilder, pour moi en des temps pré pandémiques, je pouvais aussi découvrir la proposition d'Hugo Dalphond. 

Mais reprenons par le début ! Habitué à arriver assez tôt et prendre place à la porte de la salle, Hélène Messier a été un bon nombre de fois là en service. Et moi le bavard-curieux, dans la limite du raisonnable, je vous rassure, j'ai pu en apprendre sur cette oeuvre en création en lien avec son mémoire de maîtrise en préparation aussi. J'étais donc très curieux de découvrir le résultat de son travail. Et je l'ai fait en trois temps, d'abord via le web, ensuite en présence et une troisième fois en web encore, question de vérifier un petit détail qui me turlupinait durant la prestation en direct !

                            Photo d'Hélène Messier prise par David Wong fournie par Tangente

Je débuterai ce retour avec ma visite dans l'Espace Orange. Accueilli.es dans la salle un.e à la fois, nous sommes dirigé.es vers un des sièges disponibles tout autour d'un espace central. C'est donc sur le périmètre de ce cercle que la vingtaine de spectateurs, spectatrices découvriront ce "modèle vivant" comme il peut être possible lors d'un atelier de peinture. Le lieu est sombre, respire le calme et prédispose parfaitement à l'arrivée de l'artiste. Comme l'indique le programme de la soirée, elle nous propose une illustration de "Comment habiter une pose? Invoquant le butō et le modèle vivant, Hélène cherche à entrer dans un mode méditatif qu’elle partage avec le public." 

Et de ma perspective, elle réussit bien. Mon laisser-aller, déstabilisé par la proposition précédente d'Hugo Dalphond (sur ce point, je reviendrai). reprend tous ses droits. Elle débute sa prestation immobile, sur son petit carré illuminé, dos à moi et peu à peu tournant sur elle même, elle se présente de face à moi. Tout aussi calmement, elle évolue. Elle laisse le temps aux gestes de se déployer et de notre attention de la rejoindre ! Mon moment fort est le passage à terre où elle entreprend des rotations de façon tellement naturelle que je cherche ce plancher tournant qui évidemment n'existe pas. J'y ressent la rotation du corps apprivoisée, tout en douceur et maîtrisée. La rotation de ce corps qui veut calmer, me calme aussi. Je suis aussi attentif aux détails, comme cette main qui semble sortir du cadre ou du sens de la rotation qui il me semble passe du sens horaire au sens anti-horaire en fin de prestation. Et comme une fleur que j'ai vu éclore, chercher le soleil et le regard des autres, elle se refait discrète une fois la nuit arrivée tout en laissant une trace dans nos pupilles. Je m'en voudrais de ne pas mentionner la contribution de Vincent Gagnon à la musique qui enrobe le tout de façon fort douce et pertinente. Au final, des moments qui permettent de se détacher du moment présent et de se rendre dans un espace temps tout en douceur et en calme. 

Et pour ceux et celles qui sont curieux de connaître la raison de mon visionnement web après, la raison est bien simple. Bien attentif à la proposition, il m'avait semblé que le sens de la rotation avait changé vers la fin. Et c'est en le revisionnant que j'ai pu constater que je ne m'étais pas trompé, confirmant que j'étais bien attentif. (La web diffusion a certains avantages !)

Un aspect qui, selon moi, amenait une plus-value fort intéressante à la captation présentée en web-diffusion est définitivement la perspective "tout en haut". Perspective que jamais il ne serait possible de découvrir en "live" !

En début de séance, comme je l'indiquais précédemment, m'était présenté, "Étude sur la pénombre" d'Hugo Dalphond que je connaissais par ses nombreuses contributions aux éclairages de propositions chorégraphiques dont celle d'Hélène Messier que j'ai vue juste après. Malgré le titre, nous étions informés, c'est dans un "contexte d'obscurité" que l'interprète François Richard évoluerait ! Il en reste que j'étais muni de mon attention de chat, à défaut de ses yeux pour découvrir cette proposition. Et, une fois la musique fort envoutante (de Mathieu Seulement) tout en contrôle de ce lieu, mes yeux et mon cerveau ont échappé à mon contrôle. Dans cette pénombre, j'ai vu ou imaginé, je ne saurais dire ce corps apparaître, pour disparaître tout aussi rapidement. Pendant toute la représentation, il y a eu en moi, un combat constant, rien de reposant ! Comme si les projecteurs de ce créateur s'étaient déplacés de la scène jusque dans ma tête ! Une proposition qui déstabilise, ce qui en soit mérite le déplacement !

Soyez rassuré.es, durant mon retour à la maison, la paix s'est faite en moi ! Juste impatient de retourner en salle. La prochaine fois, c'est une proposition de l'Agora de la danse qui sera ma destination. À suivre !!!!