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lundi 21 septembre 2020

Sur mes pas en danse: "Verso", une œuvre poétique en trois temps

Les propositions chorégraphiques sont de plus en plus fréquentes, soit en présence soit en court métrage. Pour son début de saison, Danse-Cité propose "Verso" d'Audrey Bergeron avec pleins de collaborateurs, une œuvre hybride, nous derrière notre écran et eux, en direct (du Théâtre Prospero). Et moi cette proposition, je l'ai acceptée, tout comme environ quatre-vingt-dix autres spectateurs en ce vendredi soir de première. Et quelques jours plus tard, nous avions la possibilité de la revoir en reprise et c'est ce que j'ai fait, deux fois plutôt qu'une. Ce qui m'a permis de confirmer mes premières impressions, mais sur cela, je reviendrai !

C'est bien assis devant mon écran que j'attends avec grand intérêt que l'on me fasse entrer virtuellement en "salle". Après l'accueil, nous avons droit à une œuvre en trois temps. "Inspirée des films muets et en noir & blanc, VERSO réunit un quatuor féminin et un pianiste au cœur d’un montage chorégraphique truqué et poétique", dixit la description officielle de l'œuvre et avec laquelle je suis bien d'accord. Ainsi donc, nous découvrons ces quatre femmes (Audrey Bergeron, Jessica Serli, Kim Henry et Merryn Kritzinger) avec des moments plus spécifiques pour chacune d'elles. Au début, j'y vois un univers fantaisiste, en "recto-verso !" dans lequel la répétition des gestes fort bien réussie. Par la suite, se développent leurs côtés fantaisistes, circassiens et "magiques" aussi ! Comme si elles nous présentaient leurs aspirations. Et puis arrive "le" moment (le solo fort riche de Kim Henry), par lequel nous sommes projetés dans la partie imaginaire de la proposition, dans une autre dimension de leur vie, telles des planètes qui évoluent autour du point central de la scène. 

                             Photo des interprètes par Marjorie Guindon tirée du site de Danse-Cité


Ces femmes et leurs univers, qui évoluent seules ou en groupe, sont portées par une musique riche (Roman Zavada et Antoine Berthiaume), tout à fait synchronisée avec leurs gestes pour appuyer et rehausser les épisodes de leur évolution. D'autre part, il y a aussi les accessoires qui ancrent dans la réalité, ces univers féminins. 

Audrey Bergeron, quatre ans après "Par le chas de l'aiguille", reprend son exploration de l'univers féminin et le fait évoluer de façon fort riche et plus onirique. Je ne sais pas comment aurait été ma perception de cette œuvre si je l'avais vu, juste là devant moi, mais le jeu des prises de vue l'enrichissait, diminuant mon regret de ne pas y être ! Et cette possibilité de la revoir en reprise, voilà une excellente idée.

samedi 23 janvier 2016

Sur mes pas en danse; "Par le chas de l'aiguille"

Pour son premier projet d'envergure, Audrey Bergeron se dévoile aux spectateurs, avec "Par le chas de l'aiguille". Dans le programme, elle annonce ses couleurs avec une oeuvre aux neuf (9) adjectifs dont l'objet premier est la femme. Pour ma part, de cette incursion en territoire féminin, j'en retiens surtout les trois suivants, "contrasté, ludique et habillé".

Les trois interprètes (Kim Henry, Merryn Kritzinger et Jessica Serli) toutes différentes habillées aux couleurs complémentaires nous présentent avec leur intensité personnelle des versions différentes de la femme moderne (et de la chorégraphe, peut-être ?) dans une série de tableaux riches en états de corps. Des états de corps qui se transmutent en état d'être. Dans le premier tableau, les personnages nous apparaissent à tour de rôle avec des yeux "rehaussés" qui nous fixent et qui nous interpellent. Par la suite, c'est leur individualité qui prime en exprimant leur angoisse, leur frénésie et leur folie, serais-je tenté d'ajouter. Le tout se termine avec un tableau à un seul personnage qui a tout de la confidence ou du dévoilement.

Les différents tableaux sont particulièrement bien rehaussés par la trame musicale efficace d'Antoine Berthiaume ainsi que par les habiles éclairages de Paul Chambers et David-Alexandre Chabot.

Une oeuvre cependant qui aurait gagné à être présentée dans une plus petite salle pour faire plus ressortir le caractère intimiste du propos.

                               Photo : Frédérique Bérubé