mardi 7 février 2023

Sur mes pas chez Tangente: Deux propositions riches en pas de toute nature.

 Je suis un habitué de Tangente et si je me targue, tout humblement, d'avoir exploré la plupart des territoires "chorégraphiques" que ce diffuseur me propose depuis de nombreuses années, il en reste qu'en ce lundi soir, j'ai eu l'occasion d'élargir mes horizons. Voici, en quelques mots, ce que mes pas m'ont permis de découvrir. 

Pause

Arrivé un peu à l'avance, j'ai le plaisir de discuter avec un jeune couple fort sympathique qui après un bref échange, m'indique que c'est pour eux, parents de deux très jeunes enfants, une première soirée "sans enfants" depuis longtemps. Et pour en profiter, ils ont vu cette soirée proposée par Tangente et ils sont venus. Pas familier avec le monde de la danse contemporaine, ils sont bien intéressés. Et moi de leur demander de me dire en fin de soirée, un bref jugement sur cette soirée. Ils acceptent de me revenir là-dessus. Moi, je vous dévoile leur réponse en fin de texte. 

Fin de la pause

Avec mon manteau et mes bottes laissés derrière moi, j'entre dans l'Espace Vert, avec l'espace scénique au milieu et deux gradins de chaque côté. J'examine le lieu et je me dirige du côté gauche, au milieu de la première rangée. Déjà présents, Michael Martini et Callan Ponsford, en short et tee-shirt,  sont déjà là qui s'échauffent pour "Beep Test". Peu à peu, les sièges trouvent preneurs et preneuses avec un public fort diversifié et averti, de ma perspective. Le moment arrivé, le tout débute avec le "five second, ready start" ! Le début de la proposition me ramène à mon adolescence toute cégépienne à suivre le rythme de cette course navette pour me situer (pas très avantageusement, je l'avoue !) physiquement.  Eux, par contre tiennent le rythme tout au long de ces bips qui retentissent de plus en plus rapidement. Et de level 1 à level 6 ou 7, leur respiration est de plus en plus audible. Et moi, je me demande, jusqu'où iront-ils ? Et puis le tout prend une tournure surprenante (pour moi !). Ce que je découvre, là devant moi est une suite de mouvements que l'on peut découvrir dans un stade d'athlétisme, un "catwalk" athlétique fort intrigant. Pendant ce temps, sur l'écran au fond à ma gauche, avec les axes x et y et cette droite permanente, je découvre des mots ou expressions qui changent. Tout au long, je porte attention à ce qui est écrit et à ce qui se passe devant moi, mon regard a tout du balancier. Entre ces mots écrits "Last vacuum", Everything Edible, Fail, Mary, Hot coffee coming thank, mes yeux découvrent les mouvements et les déplacements de ces deux hommes . Le tout se poursuit en passant par le "level 19-12" avec juste après le "easy way out" et le "when it rain it sucks " (bien d'accord les gars !) pour se finir dans le rouge (?) et à bout de souffle (?), je ne saurais dire mais dans le "well done", ça c'est certain!

                                                 Crédit: Vanessa Fortin fournie par Tangente

Et après les applaudissements et le repos mérité de nos deux "gladiateurs" du stade, la pause arrive et le temps de préparer le lieu pour la deuxième partie de la soirée. 

Comme mes nouvelles habitudes de spectateur, je ne sais pas en quoi consiste les oeuvres présentées et mes anciennes, je n'ai pas de téléphone portable, le début de la deuxième partie, me laisse sur mon appétit. Parce que voyez-vous, on me demande, au début de la présentation de Jonathan Chomko "www.grindruberairbnb.exposed", de scanner un code QR. Je serai en mode observation, because dépourvu de ce qu'il faut pour agir. Je vois au fond de l'espace se réunir cinq personnes provenant des estrades, "de parmi nous" avec, en main, leurs téléphones.  

                                     Crédit: Denis Martin fournie par Tangente

La suite de décline en deux temps. D'abord le suivi d'instructions de ces cinq participants. Je les vois se déplacer, entre autre, des points lumineux bleu, jaune, rouge et vert, chacun.e selon les indications. Et puis, tout à coup, les téléphones deviennent absents, mais la performance se poursuit. J'y découvre dans cette suite, les éléments de ce que j'ai déjà vu. Les éléments, j'ai écrit, mais je devrais plutôt écrire tous les éléments de la première partie. Ouf !, je ne sais pas ce qui a déterminé le choix de ces cinq participants, mais chacun.e avait ce qu'il fallait pour amener à bon port la proposition. Impression confirmée par Noël Vézina lors de l'échange d'après représentation. Échange qui pour moi a été fort riche pour mieux comprendre ce que je venais de voir, soit les deux propositions.

Pour ceux et celles qui m'ont lu jusqu'ici, je vous dévoile l'appréciation de mon couple de spectateurs du début. Un a bien aimé une proposition pendant que l'autre a bien aimé l'autre. Comme quoi, Tangente est pour tout.es !

samedi 4 février 2023

Sur mes pas à une soirée d'arts vivants au bar Pow Pow pour assister à POP UP POWPOW x COMMUNCOLLECTIF !

Lorsque l'invitation FB m'est parvenue, via Kali Trudel, je l'ai examinée attentivement. J'y ai vu annoncé des prestations par de jeunes artistes que je connais et je me suis dit OK, j'irai. Voilà donc pourquoi mes pas se dirigent jusqu'à la porte fort discrète du Bar Pow Pow, sur St-Denis, en ce jeudi soir, juste avant les grands froids annoncés pour assister à la soirée concoctée par POP UP POWPOW (Eliane Viens-Synnott) x COMMUNCOLLECTIF (Béatrice Cardinal et Camille Courchesne-Couturier).

                                                  Affiche de la soirée tirée du site de Facebook

Pause

Pour découvrir des propositions artistiques, mes pas m'ont amené à de très nombreux endroits, parfois improbables, mais dans un bar, euh !!!, pas de souvenirs. L'endroit est somme toute petit, mais soyez rassuré.es, il sera assez grand pour accueillir la foule nombreuse qui y viendra ! 

Fin de la pause

Arrivé "un peu à l'avance", la place est encore assez tranquille et je peux trouver le "bon" endroit pour prendre place et apprécier les cinq propositions au programme. Comble de bonheur, à côté de moi se trouve, entre autres, les parents d'une des artistes de la soirée et l'attente du début se fait en agréable compagnie. 

Et puis le tout débute après l'accueil officiel, avec une création de Malina Fürhoff en collaboration avec Aurélie Ann Figaro et Arianne Levasseur. Une proposition qui me présente celle d'une rencontre avec une qui vient du derrière le rideau derrière et l'autre de devant ce même rideau. Elles se rapprochent peu à peu, se rejoignent pour nous proposer leurs mouvements en phase. De façon fort bien réussie, j'y vois l'histoire d'une rencontre et d'une complicité créée!  

Il s'en suit la vidéodanse "Miroirs" de Kali Trudel et Nanne Springer avec Brin Schoellkopf et Miranda Chan. Là, nous sommes transportés ailleurs, dehors dans la nature et sa belle verdure. Lui et elle, se déplacent avec un miroir en main, face à eux. Une réflexion pour moi, des perspectives différentes de nos images perçues, par nous même ou par les autres.

La proposition suivante nous ramène, "en personne" dans le lieu devant nous et en même temps ailleurs avec la proposition de Théâtre Fille Unique (Melania Balmaceda Venegas et Marie Reid). Cette femme (Melania Balmaceda Venagas) nous entraîne, une fois un moment de danse décomplexée en introduction, dans la présentation de ses différents états de corps durant laquelle, entre autres, elle mangera (ses émotions ?) et qu'elle dialogue intérieurement avec sa sauce salsa. Une rencontre surprenante en ce jeudi soir !

Après une toute petite pause, nous découvrons "Indigestion" proposition de CommunCollectif (Béatrice Cardinal et Camille Courchesne-Couturier). Deux femmes nous apparaissent et restent là immobile devant nous, elles restent immobiles, oui encore et encore. Je profite de cette occasion pour jeter un coup d'oeil autour de moi, et le monde semble captif, captivé, de leur immobilité. Et puis, apparait une touche de mouvement, tout subtil, mais réel. Il semble y avoir un fil conducteur invisible entre elles avec les rotations qui prennent vie. Les corps lâchent prise pendant qu'au sol des points lumineux se mettent à bouger eux aussi. Moi, j'y vois une illustration de "tenir, coûte que coûte jusqu'au bout, "car je suis celle.s !!" et je l'ai ressenti viscéralement. Et puis après cet éveil, les corps redeviennent immobiles. Ouf !!!

Et pour compléter cette soirée de prestations, Claire Pearl et Léonie Bélanger, sur fond de projections sur la toile derrière elles, nous entraînent dans un parcours interrelationnel lent et philosophique sur fond sonore parfois assourdissant. Face à leurs mouvements. une question surgit en moi, "que vient t'on faire sur terre ?" Et c'est avec en tête cette question que mes pas me ramènent jusqu'à chez moi.

C'était pour moi, une première fois à à cette soirée et je ferai tout mon possible pour y retourner si une prochaine fois arrive. Parce que chemin faisant, les paroles de la chanson du groupe Harmonium, "Un musicien parmi tant d'autres" me reviennent en tête avec ma petite variante, "On a mis quelqu'un au monde, on devrait "sûrement aller le voir danser" ! 

De plus, en écoutant un peu après, le balado de Rozenn Lecomte avec Julianne Decerf (accessible sur le site FB de Rozenn Lecomte), je prends encore plus conscience de la difficulté à ces jeunes artistes émergents pour trouver une place sur une scène montréalaise, surtout après cette période pandémique. Voilà pourquoi, j'étais heureux et satisfait de cette sortie de mes sentiers habituels pour assister à cette initiative !

vendredi 3 février 2023

Sur mes pas en danse: "M" de Marie Chouinard, pour moi en demi-teinte !

 Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, je n'en étais pas à ma première fois à assister à une oeuvre de Marie Chouinard. Oh que non, j'ai vu et revu plusieurs de ses créations et à chaque fois, le spectateur que je suis a été charmé et très satisfait. C'est donc plein d'espoir  que je prends place à mon siège pour découvrir "M". 

Et puis le rideau s'ouvre et la scène et les coulisses apparaissent devant nous. Et peu à peu, les premiers interprètes s'amènent et déclinent à tour de rôle leur "souffle" qui est capté, propulsé sonorement et interrompu. Les "souffles" se suivent et comme je le découvrirai après, sont mis "en banque" pour nous revenir plus tard. L'entrée en la matière laissait entrevoir une oeuvre portée par ces souffles. Ce qui est en parti vrai, mais, pour ma part, c'est le rythme discontinu qui m'a empêché d'embarquer totalement. Pour tenter de bien illustrer mes impressions tout au long, c'est comme vous regardiez un cerf-volant dont le vol est constamment interrompu. 

Il en reste que de mon siège en première rangée, la performance des interprètes, (Carol Prieur, Valeria Galluccio,  Motrya Kozbur, Paige Culley, Clémentine Schindler, Luigi Luna, Jossua Collin Dufour, Adrian W.S. Batt, Celeste Robbins, Michael Baboolal, Rose Gagnol et Scott McCabe).encore une fois, m'impressionnent. Autant par leurs gestes, leurs présences que par leurs visages, lire ici expression faciale. 

                                                    Tirée du site de Danse Danse

Il en reste que de découvrir une proposition de Marie Chouianrd reste pour moi, un incontournable. À la lecture de la critique d'Iris Gagnon-Paradis sur le site de "La Presse", me donne une piste de réflexion sur ma réaction de spectateur, " Pas de doute, on peut compter sur Marie Chouinard pour nous sortir du quotidien, nous déprogrammer et nous amener ailleurs, en terres inconnues." Des mots d'une bonne critique de l'oeuvre qui me dit que le spectateur que je suis, se promet de revoir cette oeuvre pour la redécouvrir. 

Sur mes pas en danse dans une perspective immersive: "Cloud Bodies" à la SAT

Je ne sais pas trop si cette proposition, j'en aurais eu connaissance si mes pas en janvier ne m'avaient pas déjà amené à la SAT. Il en reste que l'oeil avisé du spectateur avait vu l'affiche. Comme elle s'intégrait bien à mon horaire de sortie (comprendre ici juste avant la présentation de "M" de Marie Chouinard à la Place des Arts, mon billet, je me suis procuré.

À mon arrivée à la SAT, le public est déjà assez nombreux dans le hall en attente de l'ouverture des portes. Une fois ouvert, le lieu se remplira assez rapidement et presque complètement pour assister à la première de "Cloud Bodies" d'Allison Moore (créatrice/conceptrice, programmation et visuels), Arthur Desmarteaux (design son) et Lucy Fandel (chorégraphie et performance de danse). 

                                                 Affiche tirée du site de la SAT

Bien installé dans un des sièges, dos à la porte, j'attends le début de la représentation. Et puis notre hôte nous adresse les mots d'accueil, nous informant que ce que nous découvrirons est le résultat d'une résidence de deux ans dans ces lieux.

Et puis l'ombre se fait présent et Lucy Fandel prend place toute menue, dans le cercle, au milieu de la place sous la satosphère. Tout doucement, le tout débute et devant moi, elle se lève et au même moment au-dessus de moi, son alter ego pixellisé et modifié prend forme. La suite sera, pour moi, tout autant fascinant qu'exigeant. Parce que voyez-vous, au début, j'ai eu un conflit d'allégeance entre elle qui évolue dans le cercle et sa projection déformé tout en haut. Mes yeux vont de haut en bas, parfois avec une pause en haut ou en bas. Ce corps projeté prendra plusieurs formes tout au long et je suis fasciné. Aidé par un enrobage musical fort approprié, je réussis à trouver ma posture confortable et ce, jusqu'à la fin, trop rapidement arrivée. Invité à rester pour assister à une session questions-réponses, je dois malheureusement partir pour mon prochain rendez-vous à la Place des Arts dans les prochaines minutes.

Voilà, selon moi, une proposition "unique", très bel amalgame de technologie et de danse qui captive et fascine. Présenté cinq fois seulement, "Cloud Bodies" mériterait une plus longue vie. 

mercredi 1 février 2023

Sur mes pas en "vidéodanse et docufiction" avec la gang de "Dans son salon" pour découvrir "Ma Première Gaspésie, sous le signe de la danse" !

Sans trop de préambule, ce que le spectateur que je suis aime bien faire, je dirais que lorsque j'ai reçu l'invitation du collectif "Dans son salon", j'étais bien, sinon très heureux ! Vers plusieurs propositions intérieures ou extérieures de cette belle gang, mes pas m'ont amené et toujours, j'ai apprécié !

                                              Tirée du site de la compagnie "Dans son salon"

Cette fois c'est à l'intérieur (dans le Cinéma Moderne) que je découvrirai leurs pas et beaucoup plus, lors de leur expédition en Gaspésie. Expédition découpée en sept épisodes avec Emmalie Ruest, Karenne Gravel, Marijoe Foucher, Liane Thériault et Pier-Louis Dagenais-Savard. Le synopsis débute par les deux phrases suivantes qui mettent bien "la table" à ce que je découvrir par la suite, "Deux jeunes femmes partent en voyage de ressourcement pour la Gaspésie sous le signe de la danse. Accompagnées d’une modeste équipe de tournage, elles parcourent la péninsule à la recherche de contrées vierges."

À mon arrivée, donc dans le hall, plein de visages connus que je revois avec grand plaisir et que je salue. 

Pause

C'était la deuxième fois que je me rendais au Cinéma Moderne pour assister une projection d'une oeuvre en danse et cela me semble un endroit fort approprié pour cela. Merci donc aux responsables du lieu pour rendre possible ce type de rencontre.

Fin de la pause

Le moment arrivé pour débuter, nos hôtesses de la soirée nous indiquent que les sept épisodes de "Ma Première Gaspésie, sous le signe de la danse" ont été tournés en 2014. C'est donc en rafale que nous sont présentés ces épisodes qui débutent par "le départ" en ville avec de la danse avec et sur du béton et pas qu'un peu ! Il s'en suit les différentes danses sur le chemin avec la (!) question, "Quand on arrive en Gaspésie, on le sait ou le ressent comment ?" dixit Emmalie ! Sur le parcours, quelques péripéties jusqu'à Matane, point d'entrée en Gaspésie. Nous découvrirons ensuite la "danse du vent" à Cap-Chat et ses éoliennes (présentées par une guide locale). De cette danse tout en blanc, je me dis  ouf (!), que c'est beau ! Nous découvrirons, à leur suite, des endroits pittoresques dont "le" rocher Percé. 

Tout au long, tout ne se passe pas sans heurts relationnels, mais soyez rassuré.es, ce premier voyage parsemé de danses en Gaspésie se termine bien. 

Moi, qui dans ma jeunesse, était régulièrement invité à une soirée diapositives suite à un voyage de mes ami.es, je me trouvais cette fois devant une version moderne et améliorée, colorée de danse et d'humour et j'ai beaucoup plus aimé. Impossible de ne pas apprécier les performances de chacune d'entre elles tout au long.

Voilà des épisodes qui mériteraient d'autres présentations et moi, si cela arrivait, je me promets d'y retourner !


samedi 28 janvier 2023

Sur mes pas à une performance "surprenante" au MAI: "Rock bottom" tout en sensations !

 Je me répète peut-être, d'autres diraient sûrement, mais mes pas explorent parfois des univers singuliers et lorsque ces derniers m'ont amené jusqu'au MAI en ce jeudi soir, pour assister à "rock bottom", je ne le savais pas encore. Quoique d'Émile Pineault, j'avais vu ses précédentes propositions au La Chapelle, "More-Than-Things" (en septembre 2020 ) et aussi, juste avant le début de la pandémie (en mars 2020) au Short & Sweet recyclé XXL  du CCOV. Dans mon retour sur ces deux rencontres, le mot "audacieux" revenaient, j'aurais dû avoir la puce à l'oreille. 

À mon arrivée quelque peu "hâtive", le café est assez tranquille et peu à peu, il se remplit de gens dont plusieurs du monde de la danse. Plus que je ne l'aurais pensé pour l'oeuvre, étiquetée "performance" d'Émile Pineault et Gabriel Cholette. Quelques minutes avant l'ouverture des portes, je me place près de la porte pour pouvoir prendre place dans "mon" siège en première rangée. 

                                                           Tirée du site du MAI

Pause

Ne riez pas, mais une fois tous les spectateurs en place dans une salle presque toute remplie, le siège à côté de moi, restera libre !

Fin de la pause

Bien assis, j'examine ce qui se trouve devant moi et je découvre un tapis mauve, un chien en peluche, un écran de télévision, des bidules qui ont toutes les allures de vibrateur, et aussi une grosse pierre lumineuse, sans oublier des néons éteints. En mode attente, j'entends d'abord des bruits de frottement de plus en plus forts, pour ensuite en découvrir l'origine, soit lui qui est responsable de ces sons. Une fois, arrivé sur place devant nous, il nous accueille et nous explique pourquoi, il nous parle en langue anglaise, lui qui est francophone. Il s'en suit un parcours sensoriel, une exploration de son moi intérieur avec une "entrée" inhabituelle. Cette exploration de sensations, il nous demande pendant quelques instants de la partager avec lui. Ce que je ferai ! Et le tout se poursuit et je découvre peu à peu le "sens" et le titre de la proposition. Moi, peu sinon pas familier avec le milieu queer, le sens du mot "bottom", m'apparait "clairement" ! Et lorsque le tout se termine sur un tableau fort bien réussi, durant lequel ces vibrateurs se déplacent sur le tapis, laissant une trace de leur passage, comme ce que je viens de découvrir ! Peut-être pas prévu, mais un de ces vibrateurs s'échappe et reste bien audible, une fois le tout terminé derrière un écran de fumée !

Encore une fois, Émile Pineault, avec Gabriel Cholette, m'ont entraîné à leur suite dans une proposition sensorielle et audacieuse, autant par le sujet que par la façon de l'aborder. J'ai pu explorer un univers que je ne connais pas avec lui qui me guidait. Il l'a fait avec toute son honnêteté et sincérité, ça je l'ai ressenti fortement, comme si le personnage sur scène n'était pas un personnage. 

Profitant de l'invitation, j'ai assisté, le lendemain de la présentation, à une rencontre "Zoom" avec les artisans de l'oeuvre et deux intervenant.es de RÉZO "qui est un organisme communautaire sans but lucratif montréalais actif depuis 1991 auprès des hommes gais ou bisexuels, et hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HARSAH), qu'ils soient cis ou trans. RÉZO développe et coordonne des activités d'éducation et de prévention du VIH et des autres ITSS dans un contexte de promotion de la santé sexuelle et offre des activités d'éducation et de promotion de la santé mentale, physique et sociale." C'est durant ces moments que j'ai pu mieux comprendre l'origine et les objectifs de cette proposition. Proposition fort riche de sa perspective personnelle, mais aussi et surtout par le territoire "humain" qu'elle m'a permis de mieux comprendre.


 

mercredi 25 janvier 2023

Sur mes pas au Centre Bell: Une belle soirée avec un choc "culturel" en entrée !

 Lorsque l'invitation de mon ami Michel est arrivée, j'ai tout de suite examiné mon agenda qui m'a indiqué que ma soirée était libre. Il me proposait de l'accompagner au Centre Bell pour assister au match des Canadiens de Montréal contre les Bruins de Boston. Lui aurait plutôt écrit, les Bruins, d'abord contre nos "Habs". Parce que voyez-vous, c'est un très très grand fan des Bruins, et cela depuis Bobby Orr, donc depuis "toujours". Moi, je suis plutôt un inconditionnel de la Sainte Flanelle. Mais soyez rassuré.es, nous nous entendons bien, même assis côte-à-côte au Centre Bell. Tout au long du match, nous avons applaudi à relais, sinon rien de spécial à ajouter. 

                                              Tirée du site officiel du Canadien de Montréal

Mais reprenons le tout depuis le début. En cette fin d'après-midi, je me rends souper avec lui à un resto "culte" avant un match. À preuve, des tonnes de chandails des Canadiens dans la place, mais aussi, surprise pour moi, un certain nombre de celui des Bruins. Il ne sera donc pas le seul à en porter un, puisque voyez-vous, il est un fier partisan et l'affiche comme il se doit. Une fois le souper complété, nous nous dirigeons à pied jusqu'aux portes de notre destination. Ça fourmille de monde et encore là les chandails des Bruins sont bien présents, mais soyez rassuré.es, ceux de du Canadien sont bien plus nombreux. Et je constate que les "scalpeurs" ne sont pas une espèce disparue ! 

Une fois rendu à la porte, je vis, à mon entrée, mon premier choc culturel, celui d'avoir à passer, sous la surveillance de gardiens au regard tout aussi aiguisé que éveillé, dans le détecteur de métal. Pas besoin de vérifier le contenu de mon sac, puisque je n'en ai pas. Comme entrée dans un lieu de présentation, c'est assez différent de celle à la Place des Arts, par exemple ! Bon une fois dans le temple de la Sainte Flanelle, ça grouille d'activité et nous sommes sollicités, deux pas plus loin par un vendeur de bière. Moi qui ne suis pas venu en ce lieu depuis une éternité et donc plus familier avec les lieux de diffusion plus culturels, je dois avouer, je me sentais loin de mes territoires. Il en reste que guidé par mon ami, je monte tout en haut, dans le "pit", dixit Michel, en suivant une file de spectateurs. Ça grouille, ça parle et tout au long du chemin, l'animation de différents kiosques est fort perceptible. Loin du parcours tout tranquille pour trouver mon siège, première rangée, à la Place des Arts. 

Rendu à mon siège, je découvre mon environnement et il est composé d'une grande diversité, de très jeunes à très vieux. C'est animé dans la place, même une fois assis. Et puis, le moment approche pour le début du match et vient pas trop loin de moi, s'installer une animatrice de foule qui tout au long du match, animera la foule tout autour d'elle. Donc, plutôt de rester focus" sur le jeu, je serai distrait par les multiples invitations à "faire du bruit" ou "à faire la vague" ou à me procurer bière ou maïs soufflé. Devant moi, quatre amis, tout en regardant le match discutent de leur milieu de travail. Moi, qui a un problème d'attention, les stimuli ne manquent pas. Il en reste que, discipliné, du match et de l'action sur la patinoire, je reste le plus possible concentré. Habitué à découvrir des mouvements chorégraphiés, ceux que je découvre sur la glace manquent de prévisibilité, même si ceux qui les exécutent ne manquent pas de dextérité. 

D'une période à l'autre, entrecoupées d'entracte fort animée par un D.J. visible sur grand écran, les Big Bad Bruins réussissent en fin de match (avec moins de trois minutes à faire) à enfiler le but gagnant au grand bonheur de celui qui m'a invité. Une fois les trois étoiles annoncées, nous reprenons notre chemin vers la sortie avec ,sous les estrades, une animation digne des grandes victoires.. Moi, triste de cette défaite, mais réaliste, parce que voyez vous, les Bruins sont quand même la meilleure équipe cette année. Il en reste que de cette expédition, hors de mes sentiers battus, j'en reviens satisfait et bonus, Michel a le triomphe humble. Et savez-vous (!), de la danse, j'en ai vu, parce que tout au long du match, sur grand écran, je découvrais les mouvements fort enthousiastes de partisanes ou de partisans qui vous le devinerez portaient fièrement le chandail de "mon" équipe ! Comme quoi, je peux presque affirmer que j'ai été à une sortie "danse" !