mardi 9 août 2022

Sur mes pas en danse: Fort heureux de revoir du "Dave St-Pierre" sur scène !

 "Rapture" de Dave St-Pierre, nous était proposé dans le cadre de la semaine de Fierté Montréal. Cette proposition s'adressait à qui, me demanderez vous peut-être. Compte tenu du moment, il était possible que certain.es ne se sentent pas concerné.es ou intéressé.es par la nouvelle création de ce créateur hors norme, iconoclaste aussi, qui se voulait "une fresque-hommage à toutes ces personnes qui vivent leur différence au grand jour, face à un monde particulièrment hostile" ! Parce que, voyez vous, un certain nombre de sièges étaient vides pour la dernière représentation en ce samedi soir dans "Le Monastère" rue Ste-Catherine. Et c'est bien dommage !!! 

Je sais bien que les propositions de Dave St-Pierre ne s'adressent pas à tout.es, mais moi qui les ai à peu près toutes découvert depuis ma première fois avec "La pornographie des âmes", j'en suis toujours revenu interpellé. Il y a dans ses créations un amalgame de propos et d'esthétique qui me captive et "Rapture" n'a pas fait exception. 

                                 Crédit: Valérian Mazataud tirée du site du quotidien Le Devoir

Donc en ce samedi soir mes pas m'amènent jusqu'à la porte du lieu de présentation au centre-ville de Montréal, rue Bishop. Une fois rendu à l'intérieur, je suis guidé jusqu'à mon siège au pied de la scène au milieu de la place avec tout en haut, un bloc de tissus suspendu. Jusqu'au moment de commencer à l'heure, pile-poil, il est possible de voir les différents interprètes (Stacey Désilier, Nicholas Bellefleur, Tony Bougiouris, Miranda Chan, Lael Stellick, Rony Joaquin Figueroa (Kuntiana), Emilio Brown, Voncent Reid, José Dupuis et Mélusine Bonillo) de l'oeuvre à venir se promener dans la salle, discutant entre iels ou avec une ou des connaissances présentes.

Pause

Juste quelques mots pour indiquer avant d'aller plus loin qu'un défi pour rédiger ce texte consistait en l'utilisation correcte et respectueuse des pronoms. C'est donc avec prudence et respect que ce texte est écrit !

Fin de la pause

Une fois le moment venu, nous arrive ce colosse (Vincent Reid) qui prend possession du lieu et de notre attention avec des coups de pied tout au long de ses déplacements sur la scène. Et puis, tour à tour, les autres interprètes arrivent et c'est l'explosion des gestes et de mouvements tout à fait festifs ! Mais de cette fête, s'en suit des moments plus sombres, sinon dramatiques pour cette femme trans (Mélusine Bonillo) qui est la pierre angulaire de la proposition à venir. Suite à agression représentée, fort troublante, dont nous sommes témoins, arrive l'ange (Lael Stellick) qui deviendra pour la suite son "ange gardien". Difficile de bien décrire les différents tableaux qui s'en suivent, mais le tableau de ce magma de corps sur ce lit qui exclue cette femme trans. Tout au long, les tableaux plus ou moins percutants sont entrecoupés par des transitions beaucoup plus légères qui m'ont permis de me remettre en position de réception et d'écoute pour le tableau qui suivait. Ces tableaux fort variés résonnent fort. À titre d'exemple, impossible de rester insensible tout au long des moments durant lesquels ces trois hommes "pissent" sur ce corps bafoué et sali !

"RAPTURE", titre fort éloquent tant qu'aux thèmes présentés réussit, selon ma perspective, à sensibiliser sans provoquer. 



samedi 30 juillet 2022

Sur mes pas en danse: Tellement heureux et satisfait de redécouvrir en personne les Danses au crépuscule !

C'était, il y a cinq ans, mes pas m'amenaient pour une première fois au Centre d'art Diane-Dufresne à Repentigny pour assister à la présentation des "Danses au crépuscule". Les années suivantes, mes pas m'ont amené ailleurs dans Lanaudière pour découvrir les nouvelles éditions. En 2020, c'est via mon écran à la maison que j'ai découvert l'édition annuelle. Après un été 2021 d'absence dans mon agenda de sorties, mes pas me ramenaient fort heureux et en bonne compagnie jusqu'aux portes du Théâtre Alphonse-Desjardins, juste à côté de la Galerie d'art Diane-Dufresne, pour découvrir l'édition 2022 des Danses au crépuscule           

                             Tirée du site de l'événèment du Théâtre Alphonse-Desjardins

À notre arrivée, la place centrale face au théâtre est déjà fort grouillante d'activités et le Marky B. Trio sur la scène devant propose une prestation musicale. Le moment venu, nous sommes accueillis par l'animatrice de la soirée, madame Rose (Anne Millaire) qui nous guidera avec son klaxon à main pour nous guider dans nos déplacements d'un lieu de présentation à l'autre sur le site, tout en nous soumettant des questions sur le lieu et ce festival.

 Le tout démarre donc avec les coups de klaxon de madame Rose qui nous dirige derrière le théâtre jusqu'à un espace gazonné devant un arbre où se retrouve un personnage, tête baissée, avec une très grande robe blanche. Une fois tout les spectateurs en place et les instructions d'usage données par notre guide, débute "Horologium" de Michael Caldwell avec Sydney Keir, Ryan Kostyniuk, Zoe Kwan, Willem Sadler et Vincent-Nicolas Provencher. Comme l'indique si bien le programme de la soirée, je découvre "le périple fantastique d’une personnalité du monde des affaires étourdie dans le monde à l’envers d’une matriarche de neuf pieds et de trois esprits terpsichoréens." Et son périple se termine de façon fort belle que je lui envie ! Une oeuvre d'une dizaine de minutes riche d'un propos fort accessible avec des prestations fort belles. 

Une fois les derniers applaudissements envolés, guidé.es par le klaxon de madame Rose, nous nous dirigeons jusqu'au bassin d'eau face au Centre d'art Diane-Dufresne, lieu inspirant pour les chorégraphes puisqu'à ma première visite, c'est au même endroit que  "Passerelles-La rivière" chorégraphiée par Julie Pilon et Mélissandre Tremblay-Bourassa avait été présenté. Cette fois, c'est "No return" de et avec Michael Mortley qui nous sera présenté sur la passerelle et dans le bassin aussi. Ce que nous découvrons et  que le programme présente très bien, est une "Interprétation du retour. Retour sur soi, retour sur les lieux que mon corps appelait sa maison, pas juste où est le cœur. Le lieu qui ne juge pas qui tu es, ni ce que tu as choisi d’être. 'No Return'... non-retour, juste avancer, plonger tête baissée dans l’adversité." 

Ce retour, cet homme le balise avec des bouts de tissus sur son parcours au rythme des mots qui résonnent dans les airs. Et le chemin fait et qui peut éclabousser aussi laisse de belles traces dans notre tête. 

Une fois les applaudisements faits, c'est au son du klaxon de madame Rose, que nous sommes guidés jusque devant le théâtre, en position inversée. Soit nous spectateurs, devant une estrade adossée au théâtre et les interprètes qui vont évoluer dans ces mêmes estrades. C'est donc que tout en haut nous arrivent les interprètes, Jay Dodier, Gabrielle Doucet, Elizabeth Forest, Élodie Hétu, Maude Lafferrière, Audréanne Léger, Anaïs Levert-Beaulieu, Marie-Hélène Martin, Pascale Plouffe, Emmy Robillard et Régine Senatus-Lange de La Pléade Danse qui interprèteront "Communitas" de José Flores et Gabrielle Simard (CORPUS Collective). C'est dans cet espace scénique aux multiples paliers, que ce déploit le sens de la proposition, soit "Dans un univers rempli d’humanité où la fragilité de chaque interprète est exprimée, cette pièce met en lumière la primordialité et la complexité de la communication chez les êtres humains.". En solo, en duo, en plus gros groupe ou tout ensemble, les gestes et les déplacements sont porteurs de ce message et je le vois autour de moi, il résonne même auprès des très jeunes.  De ma perspective au pied de ces paliers, je me mets néanmoins à craindre pour elles et lui pour que la chute ne se produise pas, malgré la maîtrise que je vois ! Et, je suis rassuré, rien de fâcheux ne se produira !

Encore une fois, les Danses au crépuscule permettent une visibilité à une troupe de la région et le plaisir se ressentait autant dans la foule que parmi les interprètes. 

Et puis pour une dernière fois pour cette soirée, au son du klaxon de madame Rose, nous entreprenons, une "longue" marche jusqu'à l'autre bout du site, pour découvrir "Box Set" par Throwdown Collective (Zhenya Cerneacov, Mairead Filgate et Brodie Stevenson) et interprété par Sydney Keir, Michael Mortley et Willem Sadler. Décrite dans le programme comme une "danse athlétique pour trois interprètes et quatre boîtes en bois, ("Box Set") offre une structure dynamique et mouvante à ses trois protagonistes, qui, tout de bleu vêtu·e·s, grimpent sur leurs quatre accessoires géants, s’en propulsent et y glissent, les transformant sans cesse en configurations géométriques surprenantes".

Et le résultat est tout à fait réussi, parce que ces blocs fort géants, font corps avec les interprètes qui les manipulent avec doigté. Voilà, pour moi,un très bel exemple d'amalgame de corps et d'accessoires qui captive ! Une proposition pour tous les âges et pour tous les goûts, parole de spectateur averti !

Et c'est sur les derniers applaudissements et les derniers rayons de soleil qui se couche que nous nous dirigeons vers notre point d'arrivée qui devient notre point de départ pour la maison. 

Encore une fois cette année, j'ai pu apprécier la qualité et la pertinence des oeuvres présentées en cette soirée, accessible à toutes et tous, de tout âge. Lorsqu'on parle de rendre accessible la danse contemporaine au plus grand nombre, la directrice artistique de Dusk Dances, Sylvie Bouchard, et toute son équipe et aussi de toute la gang de l'Équipe de Diffusion Hector-Charland, peuvent dire mission accomplie !


vendredi 29 juillet 2022

Sur mes pas dans l'univers chorégraphique du Breakdance: des pas en deux temps fort riches et intéressants !

À cette soirée au Cinéma Impérial, j'y étais invité par Léo Caron alias "FLEAU" pour le visionnement de son documentaire "DECYPHER", "portant sur l'évolution du break (breakdance) à Montréal" !  

Léo Caron, je l'avais découvert avec grand plaisir (en ligne) avec ses deux confrères du collectif Sweet Technique, Victor Sono alias "VICIOUS"  et Sovann Rochon-Prom Tep alias "PROMO" dans un documentaire fort intéressant "Le break à l'oeuvre". C'était lors de la sortie de leur résidence au Salon 58, invités par Priscilla Guy,  il y a quelques mois.

Je me suis donc senti privilégié d'être invité à cette soirée, au final, en deux temps qui m'a permis de découvrir un univers chorégraphique et du grand nombre de ceux et celles qui l'habitent. Le tout a commencé par l'entrée dans ce lieu que mes pas, il y a très longtemps, avaient déjà arpenté, au point de penser qu'il était rendu totalement inhabité. À mon arrivée, je suis invité à me rendre par un couloir jusqu'à sur la scène où se trouvent déjà quelques personnes dont l'organisateur de la soirée qui m'accueille chaleureusement. Une fois, mes repères trouvés, je repère mon lieu pour m'installer et observer, soit un sofa très confortable, près du DJ et face au lieu d'entrée. 

                                               Affiche tirée du site FB de l'évènement

Peu à peu, je vois les gens arriver, se saluer et discuter. Et puis, peu à peu, au tour de ce "cercle" de danse, qui est en fait un carré sur le sol, le cypher, dont je rappelle la définition tirée du site de "100Lux", soit un "cercle de danseurs qui se forme naturellement où chacun peut aller effectuer un round de freestyle tour à tour. Le cypher est un endroit sécuritaire pour les danseurs afin qu’ils puissent s’expriment librement et qu’ils partagent leur inspiration du moment avec les autres participants.". C'est exactement ce que je découvre là, pour une première fois, juste devant moi. Pendant ce temps, d'autres gens arrivent, se saluent. J'ai droit à la rencontre d'un autre membre "important" de la communauté, Éric Martel, alias "Zig" avec qui j'échange et qui me rappelle aussi que le break dance deviendra une discipline olympique en 2024 à Paris et de l'effervescence que cela provoque dans son milieu.

Le temps passe vite et de façon fort captivante pour le spectateur que je suis, appréciant ces moments de rencontres et de performances, là devant moi. Et puis, une fois présentées deux perfornances plus formelles et faites, nous sommes invités à nous diriger dans la salle de présentation pour visionner le documentaire "DECYPHER" Les gens continuent à arriver et le tout, à mes yeux, tient de retrouvailles. Bien assis dans mon siège, impossible de ne pas être indifférent à ces rencontres et des rituels fort fraternelles qui les accompagnent. Il y a de la joie dans la place, ça se voit et ça se ressent. Malgré une demande de prendre place, les rencontres se poursuivent et même un des spectateurs lance tout haut, "ça va jamais commencer!". Mais oui, après, le deuxième rappel, les lumières s'éteignent et la présentation commence.

Dès les premières images, nous sommes projetés dans cet univers chorégraphique et de ceux et celles qui l'habitent. De ces premiers pas de break dans notre métropole dans les années 1980, avec la "first generation", le présentation est principalement chronologique avec de nombreux témoignages, mais surtout les images d'archive tout à fait inédites. Un travail important et riche du réalisateur, Léo Caron, qui nous informe en introduction que sa création sera disponible facilement et gratuitement dans un proche avenir. Si, comme moi, cet univers chorégraphique vous est quelque peu inconnu, il y a tout dans "DECYPHER" pour en prendre la mesure dans lequel, vous apprendre par exemple qu'un "battle" n'est pas cruel. Les différents témoignages exprimés après la représentation confirment mes impressions que ce travail de documentation est "huge" et que le résultat est "nasty".

Durant les cinquante minutes que durent le visionnement, nous avons donc un survol de la scène du break ici à Montréal depuis son arrivée. Tout au long, si les mouvements sont beaux et fascinants à voir, que leur côté acrobatique qui semblent défier les lois de la physique m'ont ébloui, ce sont les témoignages de ces hommes et de ces femmes qui les exécutent qui m'ont particulièrement intéressé.

Un documentaire fort riche et bien fait qui nous fait découvrir un univers fascinant.


samedi 23 juillet 2022

Sur mes pas en danse: "a cloud, a distance", comme les liens que l'on crée !

 À mon agenda, cette proposition était dans la case du jeudi, mais mère nature en a décidé autrement (lire ici trop grand risque d'orage). Parce que voyez-vous, dans un parc, la présentation d'une proposition artistique n'est pas une bonne idée. Bonne cependant est la décision de la reporter au lendemain sous un ciel manifestement plus clément. Me voilà donc, en ce vendredi soir", en "expédition" pour me rendre dans la partie ouest de l'île vers un coin peu achalandé par moi, soit un parc de la ville de Westmount. Une fois le parc trouvé, je me mets à la recherche du lieu de présentation que je trouve assez facilement (merci Noël et Arianne !).

Pause

Voilà une de mes angoisses estivales, celle de ne pas trouver le lieu de présentation d'une proposition lorsque la seule indication est le nom du parc et que celui-ci est assez grand. Ayant déjà raté le lieu d'une rencontre,"chat échaudé craint même l'eau froide" ! Cependant, le niveau de stress du spectateur s'abaisse fortement dès qu'il découvre ce lieu comme en cette soirée !

Fin de la pause

Arrivés à bon port, parce que bien accompagné, nous sommes accueillis par Noël Vézina, l'instigatrice de l'évènement qui nous invite à prendre place autour du lieu de présentation circulaire délimité par des bouts de branches plantés dans le sol. Elle nous remet aussi un bout de papier plié en deux qu'elle nous demande de conserver comme tel jusqu'à ce qu'elle nous demande de l'ouvrir durant la présentation. Il renferme une action que nous pourrons faire, à notre discrétion.

Une fois le survol de l'endroit où prendre place fait, nous trouvons et nous nous installons. Pendant qu'autour des gens prennent, à leur tour, leur place, les deux interprètes, Arianne Levasseur et Camélia Letendre sont étendues au sol immobiles. Le moment venu, elles se lèvent et se mettent "au travail" ! Tout en douceur, chacune d'elles prend un rouleau de fil parmi tous ceux de différentes couleurs tout autour. Après avoir attaché une des extrémités de ce fil à un des piquets, elles déploient patiemment un réseau, utilisant un autre rouleau, une fois le précédent en place. Difficile, sinon impossible pour moi de savoir si ce déploiement de fil est organisé selon un plan précis, mais le résultat donne une toile fort complète. Si au début de ce déploiement de fils, j'étais intéressé par le résultat, peu à peu, mon intérêt s'est déplacé vers leurs déplacements. Comme si pour moi, les gestes avaient, tout à coup, plus d'importance que le résultat. De ces fils de différentes couleurs (symbole qui a un effet sur ma perception de cette création éphémère) qui s'entrecroisent, tout en toile, on peut y apercevoir les vibrations respiratoires, comme si elle prenait une existence propre avec ces deux femmes qui l'arpentent avec agilité !

                                                            Crédit: Rozenn Lecomte

Une fois leur tâche terminée, voilà rendu le moment de notre contribution que je garde secrète, mais dont je peux dire qu'elle a une fonction d'unir le plus grand nombre. Le tout se termine par la reprise en charge de cette toile par ces deux artisanes qui ramènent le propos de l'oeuvre à l'essentiel, selon moi, soit les relations complexes entre deux personnes peu importe la nature et le nombre de liens qui les unit !

Au final, voilà une proposition qui m'a demandé, comme spectateur, de l'apprivoiser d'abord, mais dont, par la suite, le sens que je lui ai donné a émergé graduellement. Sommes nous conscient du nombre et de la nature parfois fragiles des liens qui nous relient ? De ceux et celles qui sont connecté.es à nous d'abord, mais aussi connecté.es entre eux et elles. De ma perspective, ce "a cloud, a distance" de Noël Vézina, propose une prise de conscience fort intéressante et réussie de cette nouvelle réalité infonuagique et de ses différentes déclinaisons actuelles. 



vendredi 22 juillet 2022

Sur mes pas en danse-cinéma: De "En corps", j'en aurais pris encore et encore !

 "En corps" de Cédric Klapisch, je l'avais sur mon radar depuis un certain temps. Suffisait de trouver le bon moment pour le découvrir et ce moment est arrivé en ce début de soirée de jeudi. Mes pas m'amènent donc, en bonne compagnie, jusqu'aux portes de mon Cinéma Beaubien et pour prendre place dans la salle. C'est dans une salle assez bien pourvue en cinéphiles que je découvre d'abord un court métrage fort intéressant, "CATCH ME" de Francisco Cruz dans le cadre du Festival Montréal Complètement Cirque. Surprenant parfois ces courts métrages et celui-ci en est un bel exemple, alliant gestes et histoire que l'on découvre peu à peu jusqu'à la finale fort touchante.

                                            Affiche du film tirée du site du Cinéma Beaubien

Et puis arrive le début de la projection qui nous amène dans les coulisses pour découvrir les derniers moments de préparation avant la présentation d'un spectacle de ballet classique. Ces moments mettent la table à ce qui suivra, soit la "chute" et la remontée d'Élise (Marion Barbeau, fort vraie et touchante), danseuse professionnelle qui passera du monde chorégraphique classique à celui contemporain. Comme bien d'autres fois dans la vie, c'est le chemin suivi (pour sa "rédemption"), plutôt que la conclusion qui captive.

Tout au long du visionnement de "En corps", nous avons droit à un condensé de relations familiales, de relations amicales, de relations amoureuses et de relations professionnelles, enrichies par des moments de danse (et de cuisine aussi qui ont des couleurs chorégraphiques !) dont ceux montrant "les pas" du chorégraphe Hofesh Shechter et de sa troupe.

Du visionnement, j'en reviens fort satisfait et aussi riche de l'observation mentionnée durant le visionnement, soit que le ballet classique est une danse plus aérienne tandis que la danse contemporaine est plus "groundée". Voilà une réflexion qui m'accompagnera pour mes prochaines sorties chorégraphiques !

 


lundi 18 juillet 2022

Mon retour sur mes autres pas sur le "Parcours doux": Enrichi encore par le bonheur de la découverte !

En conclusion de mon retour sur mes premiers pas sur le "Parcours doux" en juin dernier, j'écrivais, "Les trois kilomètres du retour à pied jusqu'à chez moi ont été faits avec bonheur et légèreté ! Et qui sait, en espérant des prochains !"

Voilà donc pourquoi, j'ai encore dit présent lorsque cette invitation m'est apparue. Les guides et le lieu seront différents, mais l'esprit lui s'annonce identique et il l'a été ! Anne Thériault et Amélie Rajotte du Collectif Lorganisme seront nos guides pour cette expédition sur l'île Notre-Dame et pour cette introspection en nous.

Le point de rencontre et de départ de ce parcours est à la sortie de la station de métro Jean-Drapeau et contrairement à la fois précédente, tout proche de chez moi, j'arrive bien à l'avance. Ce qui, une autre fois, confirme le (ou mon !) dicton, "si tu veux arriver en avance, part de loin."

Une fois toute la gang arrivée, dont un certain nombre était là la fois précédente, les deux guides nous expliquent le déroulement de notre expédition qui nous fera passer d'une île à l'autre, de l'intérieur de nous à l'extérieur. Nous alternerons les déplacements seul ou en binôme avec des arrêts pour observer, écouter et partager.

Sans revenir sur chacune de ces étapes, je vous propose un compte-rendu très personnel de certaines d'entre elles. Les premiers pas nous amènent sur un pont enjambant les deux îles (Sainte-Hélène et Notre-Dame). De là, face au vent, on nous propose de prendre conscience du vent et du son des vagues. En toute sécurité, nous prenons place et moi, je débute ma période de décompression active. Je le fais avec application, profitant de ces moments pour ressentir le vent sans trop observer ! Une fois cette étape introductive faite, nous franchirons le pont pour nous diriger dans un lieu pour effectuer des exercices "loin de mes territoires habituels", mais que j'effectue du mieux possible, concentré aux indications et aux mouvements de notre guide du moment Amélie !

Il s'en suit d'autres pas et d'autres arrêts pour découvrir des auteurs/autrices hors de mes sentiers de lecteur, mais qui seront dorénavant sur mon radar de lecteur, dont Dominique Fortier et Benoît Lesage.

De tout ce que j'ai entendu une expression capte particulièrement mon intérêt, "se sentir entier". Invité à prendre plume et cahier pour capter mes volutes cérébrales, je m'installe un peu à l'écart pour d'abord tenter de bien comprendre le sens de cette expression, malgré les explications fort justes d'une de nos guides. Il en reste que le chemin de la compréhension, de ma perspective, est essentiellement personnel et peut nécessiter des passages à vide. Mais en ce moment, entouré de verdure, je débute une réflexion sur cette expression. Donc assis à cette table, en retrait des autres, je les observe d'abord avant de plonger en moi-même. Parce que, voyez vous, c'est en soi, souvent que les réponse se trouvent, suffit d'y mettre le temps et les efforts !

Tiré de mon carnet de voyage intérieur, "Voilà une expédition ardue parce que déjà l'accès en moi est difficile. Le moi toujours en observation des autres, rarement en introspection. Expert du "out", néophyte (ou presque) du "in" ! Bon je tâte le terrain à l'entrée et je tente de plonger à l'intérieur, déterminé ! Après quelques essais, déconnecté avec ce qui se passe autour, j'y arrive !"

La suite est fort personnelle et le restera !

Repartant de ce lieu, nous irons jusqu'à un espèce d'auditorium extérieur, transformé en lieu d'entretien de plantes où se trouve une serre vide pour la saison estivale et à côté un bon nombre de cactus et de plantes succulentes de grande dimension, mais qui semblent être laissées de côté, abandonnées ! J'éprouve une certaine tristesse face à cette mise à l'écart, parce que le lieu n'est pas facile à découvrir, à moins d'être guidé !

Nous poursuivrons notre route vers d'autres étapes riches en mots et en gestes ! Une fois rendu à la conclusion de ce parcours, les mots énoncés, entendus, dispersés dans les lieux, perdus par moi pour la plupart, il en reste quelques uns gardés bien précieusement dans ma tête, dont celui du vide. L'importance du vide pour créer le lien entre des entités en est un exemple.

En conclusion, qu'espérer d'un "Parcours doux" que de sortir des sentiers battus et être déstabilisé, mais pas ébranlé pour mieux aller de l'avant, mais aussi en soi ! Merci à vous ami.es de Lorganisme pour ces invitations fort riches!


dimanche 17 juillet 2022

Sur mes pas de spectateur impressionné à une conférence riche de mouvements et d'informations: "ARTS+SPORTS_ Femmes en performance"

À cette proposition de Liliane Moussa et Caroline St-Laurent, j'avais déjà dit oui l'an dernier, mais c'était dans un format virtuel. Cette fois, si j'ai accepté que mes pas m'amènent jusqu'au Parc Laurier, c'est parce que c'est en personne que je pourrais assister à leur conférence-performance ! Par conséquent, en cette fin de journée, mes pas arpentent le parc Laurier, pour découvrir, dans la section nord-est du parc, le gym extérieur. À mon arrivée, les deux conférencières sont en pleine préparation avec, tout autour, plein d'activités. Après un tour d'horizon des lieux et un conseil de Liliane, je trouve ma place et je m'y installe. Peu à peu, les gens de tout âge, incluant des familles prennent place devant le lieu de la conférence. 

                                                Affiche de l'évènement, crédit : Vanessa Fortin

Peu avant le moment de débuter, les deux conférencières s'échauffent, échauffements qui je le découvrirai plus tard, ne seront pas superflus ! Et le tout débute avec des squats et l'intro de leur conférence, qui inclut la présentation des deux conférencières qui ont dans leur C.V. un vécu en gymnastique. 

Pause

De ces deux conférencières, j'ai déjà pu assister à  "Nadia, est-ce que ça va ?" et de Liliane Moussa, deux fois plutôt qu'une, "Finale au sol", propositions chorégraphiques dans lesquelles la perspective de  la perfornance athlétique des femmes sont au coeur de la proposition et qui m'interpellaient, comme homme !

Fin de la pause

                                                                   Crédit : David Wong

Ce qui suivra est une présentation en direct qui permet d'illustrer les doubles standards qui existe "encore" dans le "grand et beau monde du sport". Pendant que les deux conférencières exécutent leurs mouvements fort exigeants, elles nous énoncent des constats percutants. Je me permettrai d'en citer un exemple, celui du vocabulaire utilisé par les commentateurs sportifs, majoritairement masculin, qui est nettement différent selon que l'athlète est une femme ou un homme. Et, un deuxième aussi, lors de la présentation à la télévision des épreuves olympiques, les images présentent majoritairement d'épreuves masculines (près de 75%). Tout au long des différentes parties de leur propos, nos deux conférencières sont en pleine action, mais en restant attentif à leur propos, ce qu'elles nous présentent a de quoi troubler encore à notre époque, même si certaines améliorations sont constatées !

Pour moi, l'homme spectateur et amateur de sport que je suis, en ce samedi après-midi, je prend de nouveau conscience des différents biais sociaux. Voilà une oeuvre percutante et pertinente, exigeante aussi pour ces deux femmes en ce samedi après-midi caniculaire. Les efforts de ces deux femmes mériteraient qu'elles les fassent devant un plus grand nombre de spectateurs!