jeudi 6 janvier 2022

Mon retour "différent" sur une année 2021 fort "différente" !

 L'an 2021 est, depuis quelques jours, devenu du passé ! Une année tellement différente sur le plan culturel que je vous en propose mes faits saillants qui pourront inclure quelques uns de mes coups de coeur. 

2021, l'année à laquelle j'ai fait ma première sortie culturelle (en présence) à la fin mars, un an après ma dernière présence en salle. Ayant vu sa "sortie de résidence" à la Maison de la culture Notre-Dame de Grâce, j'étais à l'affût pour découvrir "Deux solitudes dans un même présence" d'Ariana Pirela Sánchez accompagnée sur scène par Camille Trudel-Vigeant. Lorsque le MAI a mis les billets en vente, j'ai été "vite sur le clavier" et mon billet pour cette première fois, je l'ai obtenu avec émotion. Et une fois dans cette salle, la rencontre a été mémorable, mais surtout touchante. 

Le spectateur que je suis a des besoins particuliers, dont le principal est d'être en première rangée. Par conséquent, je suis à l'affût dès les aurores pour être là, en ligne devant mon écran et mon clavier, pour avoir mon billet bien placé. Avec le FTA de retour en salle, je trépignais d'impatience ! Allez savoir, mais rendu au moment de faire mes achats, j'étais loin dans la file d'attente virtuelle (plus de cent places derrière). Frétillant, nerveux et grognon aussi, mon clavier pourrait vous dire comment j'ai trouvé les moments longs ! Il en reste que de cette longue attente, j'ai réussi à obtenir bon nombre de billets dont un pour aller découvrir la plus récente création de Louise Lecavalier dans le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Une grande déception, pas possible pour moi d'obtenir mon billet pour "La Goddam voie lactée" de Mélanie Demers ! Déception surmontée l'automne dernier avec ma place en première rangée de l'Agora de la Danse!

Moment spécial, encore au FTA, celui de se retrouver dans le Théâtre Maisonneuve rempli "à capacité" une rangée sur deux et un siège sur trois ou quatre ! La magie de Louise Lecavalier s'est néanmoins propagée partout dans la salle, mais surtout jusqu'à moi ! 

Durant cette période pandémique, j'étais à l'affût et je dois souligner la contribution de Mylène Robillard, agente culturelle de la Maison de la culture Notre-Dame de Grâce, loin de chez moi, qui m'a proposé régulièrement des sorties de résidence en ligne. Elle m'apportait avec son équipe, mon oxygène culturel via mon écran. Jamais, je n'aurais pensé que mes pas auraient été aussi loin pour découvrir en salle des propositions culturelles, puisque plus proche, j'ai de quoi me satisfaire. Mais deux fois plutôt qu'une je m'y suis rendu découvrir entre autre une proposition de la chorégraphe que j'apprécie beaucoup, Aurélie Pedron !

Autre moment marquant pour moi, soit cette soirée dans le Parc Frédéric-Back, un de mes lieux de prédilection de course à pied, pour découvrir "Le fil des jours" de Catherine Lavoie-Marcus et sa gang. Faire prendre conscience des conséquences des modifications des lieux urbains, voilà sa mission et nous étions nombreux à suivre les pas des différents interprètes sur ce fil devenu lumineux avec la tombée du jour. J'y ai reconnu bon nombre d'interprètes et, groupie suis-je, j'y ai vu aussi pour la première fois de proche, une chanteuse que j'apprécie beaucoup et qui utilise fort bien la danse dans ses vidéo clips, La Bronze (Nadia Essadiqi).

Mes sorties culturelles n'ont pas été qu'en danse ! L'une d'elle, "Spartacus" du Collectif  Diodème (auteur et metteur en scène Hugo Fréjabise) dans l'espace public devant le Patro Le Prévost dans mon arrondissement. J'ai été charmé par les mots, fort bien tournés, de cette histoire mis en oeuvre par la gang d'interprètes. Tellement, que j'y suis retourné quelques semaines plus tard dans un parc près de chez moi. Et comble de bonheur, il s'en suivait, les deux fois, d'une prestation danse, "Summer Swish" de Stefania Skoryna et Chloe Hart.

Impossible de ne pas revenir aussi sur ma première fois "proche avec d'autres" en salle. Les restrictions sur la distance en salle étant tombées, je me suis retrouvé sur la scène du Théâtre Maisonneuve, dans une estrade pour découvrir "La Probabilité du Néant" d'Alexandra 'Spicey' Landé (et sa compagnie Ebnflōh) proposée par Danse Danse. Drôle de sensation pour le spectateur que d'avoir près de lui quelqu'un d'autre ! Ce malaise a peu à peu disparu par la suite en appréciant ce que je découvrais sur l'espace scénique. 

Pour terminer ce court compte-rendu des faits saillants de cette année, je vous parle de deux de mes coups de coeur. D'abord, ma sortie à l'hôtel Germain pour découvrir "L'autre maintenant" de Milan Gervais. Une visite guidée et dansée fort intéressante dans cet hôtel ! Si mon intuition est juste, il est possible qu'un de ces jours, l'invitation soit refaite, soyez averti.es !

Enfin, impossible de ne pas revenir brièvement sur ma dernière sortie de l'année et qui sait pour un petit bout de temps, avant la fermeture des salles. À cette première rencontre avec les finissantes du programme Bing Bang. j'ai été pisté en ce lieu rue d'Iberville par une finissante de l'UQAM, Châtelaine Côté-Rioux qui présentait le résultat de son travail. Toujours intéressant de suivre les pas (créatifs) de ceux et celles que j'ai suivi dans le passé et que je suivrai encore.

Je pourrais continuer longtemps, mais, je tiens promesse et je m'en tiens à mes faits saillants de cette année pandémique, deuxième, mais pas la dernière (!!!) dans l'ordre chronologique. 


mardi 4 janvier 2022

Sur mes pas de "lecteur" fort curieux et impressionné à la suite des "points" sur papier de Maria Kefirova !

Sur mon fil FB, l'invitation m'est apparue un peu avant Noël. Maria Kefirova propose son "Book of Points 1", qu'elle décrit de la façon suivante "Ce sont des restes d’un processus chorégraphique, un outil divinatoire".

Pause

Voilà ce qui touche en moi une corde sensible ! Celui de découvrir les prémisses de la création d'une oeuvre. Et puis tant qu'à y être, je le confesse ! J'aimerais tellement, mais tellement, être, tout petit, dans le coin d'un studio pendant la création d'une oeuvre, une semaine disons, pour assister aux échanges entre le chorégraphe, les interprètes et tous les autres intervenants !

Fin de la pause et de la rêverie !

À cette invitation, je n'ai pas hésité, parce que voyez-vous, cette chorégraphe et interprète dont je suis les pas depuis quelques années, j'en apprécie son approche cérébrale et philosophique (moi le prof de chimie philosophe) dans ses oeuvres. S'il m'a pris un certain temps à apprivoiser son univers créatif, j'ai atteint le point de bascule et depuis, apprivoisé à son univers créatif, je la suis assidument avec grand intérêt et tout autant de plaisir !

Voilà donc que je reçoit ce document avec une invitation à l'intérieur, "À le lire en coup, parce que cela fonctionne mieux". C'est donc ce que j'ai fait en cette soirée de début d'année qui s'annonce "moche" et assez vide pour le spectateur que je suis !

Pas question de vous dévoiler "point par point" ce que j'ai découvert page après page. Les différentes déclinaisons de ce que peut être un point, cette réalité géométrique sans dimension ("you can't see me !").

Cette expédition dans les différentes illustrations de ce que peut être un point, avec des illustrations, avec de courtes phrases, mais aussi les deux ensembles. Je n'avais jamais réalisé que ce petit point laissé par un crayon sur une feuille par cette femme pouvait permettre de faire éclore, feuilles après feuilles ce "Book of points I".

OK, OK, vous voulez des exemples de ce que l'on peut découvrir comme points. De ce premier point, "Focus point" jusqu'au dernier "Extra points", il y aura le "Power Point" (pas celui de Microsoft !), le "Entrance point", celui de l'autrice et un de mes préférés, le "Rational point" qui indique le parcours à suivre.

Tout près de cent pages que j'ai vu et revu, lentement ou rapidement tout en m'imaginant ce que sur scène en gestes ce que cette expédition d'un point à l'autre pourrait être ! De toute façon, je le garde près de moi et je me promets de m'y replonger à temps perdu.

samedi 18 décembre 2021

Sur mes pas en danse: Ma première fois à une présentation publique du programme Big Bang.

"Chères étudiantes, vous n'êtes pas encore rendues encore à la fin de votre parcours de formation, mais l'avenir s'annonce bien et moi, vos prochains pas sur scène, je compte bien y être pour les découvrir. À bientôt, donc !" 

Voilà ce que j'écrivais en avril 2019 (époque "bénie", d'avant pandémie), suite à la présentation de "Paradis" par le groupe du BAC en danse de l'UQAM. Depuis, le BAC est maintenant obtenu et la vie professionnelle (dans une époque pas trop facile pour les arts de la scène ) est entamée ! Il y a eu aussi d'autres occasions de les revoir. Récemment, sur les réseaux sociaux, j'apprends que je pourrai découvrir de nouveaux "pas" de Châtelaine Côté-Rioux et de d'autres aussi.

Pause

Moi qui arpente ce milieu depuis quelques années, même si j'aime beaucoup refaire des pas en des lieux connus, il y a, en moi, un petit quelque chose qui apprécie explorer de "nouveaux territoires". Et en ce vendredi soir, c'est sur la rue d'Iberville près du boulevard St-Joseph que mes pas m'amènent ! Je serai honnête, trouver ce lieu s'est avéré quelque peu difficile, malgré les indications !!! Mais, comme je m'y suis rendu avant l'heure, plus de peur que de mal !!

Fin de la pause

Me voilà rendu dans la file pour entrer dans la salle et y trouver une place, ce que je fais une fois mon passeport vaccinal, une énième fois montré tout au cours des dernières semaines et mes chaussures enlevées.

Au programme, quatre prestations, la cinquième étant annulée pour cause de blessure. La soirée commence avec moi assis tout devant, sans présentation officielle (qui se fera à la toute fin ). Prend place devant moi, Lola Thirard. Elle se met devant nous avec son micro, évoluant pour tenter de saisir le frottement provoqué, sinon le bruit, le bruit répercuté, le bruit qui bondit, le bruit déformé, le bruit en lien avec le corps et ses mouvements. Dans la suite, elle nous partage autant en gestes qu'en paroles, les prénoms de ceux et celles qui, de mon interprétation, habite sa mémoire, (dont Anne-Sophie, Mélusine, Malik, Giacomo ...). La suivre dans ses gestes jusqu'à la fin a été captivant.

Nous vient ensuite, Nicole Jacobs qui tout simplement , tout à côté de moi, met son corps en mouvement qui pivote et qui tournoie. Son passé circassien me semble évident par la beauté et l'agilité de ses mouvements. Il en reste que tout au long, je suis fasciné, mais aussi troublé, oui, oui, troublé par une question qui s'incruste en moi ! Mais qu'est ce qui la trouble ? Et ce regard fort puissant que je croise, amplifie mon impression.

Après une pause, question de préparer le lieu à la prochaine proposition, celle d'Estelle Weckering qui inclut dans l'espace de performance, une dizaine de spectateurs pour créer un couloir pour son évolution. C'est dans le coin, en retrait derrière un drap ou un voile rouge, qu'elle se met "en marche". Et c'est sous un autre drap rouge suspendu qu'elle évoluera vers une destination qui lui semble lointaine. De ce chemin, les gestes dégagent un besoin. Il y aura aussi ce fil, celui qu'elle libère comme si en elle, une vérité ou une confession, le besoin de s'en libérer était une nécessité vitale. Ça, je le ressens encore plus fort lorsque tout proche de moi, elle vient.

Et ensuite, une fois déplacé.es et avoir reçu la "communion" de notre époque (lire ici un jet de gel désinfectant !!!) pour la dernière proposition de la soirée, j'entend, il me semble de l'eau qui bout, pendant que elle, Châtelaine Côté-Rioux et lui à la technique prennent place. Sur une petite table, une radio de mon époque prend place. Et puis, arrive cette femme, tisane à la main (et oui l'eau bouillait pour vrai !) dans ce a toute les allures d'une cuisine d'époque avec comme point central la radio. Elle se met à faire "tourner" le syntonisateur. Et compte-tenu de l'heure, il semble bien que ce sont les émissions "live" qu'elle écoute. Donc, cette femme dans son quotidien quelconque est à la recherche. Et puis, sans crier garde, elle est projetée dans un monde imaginaire dans lequel, elle devient la gagnante d'un prix. Et c'est elle, métamorphosée que nous suivrons dans ses mondes colorés de rose et de bleu. Je me sens amener dans ses états intérieurs fort complexes jusqu'à la conclusion de cette rencontre tout aussi chorégraphique que théâtrale.

Une fois, les applaudissements fort bien mérités faits, la "grande patronne de la soirée", Stéphanie Decourteille, vient faire les présentations et les remerciements officiels. Et comme elle, je suis d'avis que chacune de ces présentations mériteraient une suite plus élaborée dans l'avenir.

mercredi 15 décembre 2021

Sur mes pas vers une belle rencontre: Celle avec Mykalle Bielinski au La Chapelle pour son "Warm up" !

 Ça ne sera pas une première fois pour moi lors d'une visite au La Chapelle, que celle de faire une belle rencontre surprenante, mais surtout inattendue. Pour cette soirée de décembre, mes pas m'amènent jusqu'aux portes de ce lieu de diffusion après avoir marché sur le boulevard St-Laurent, surprenamment calme en cette soirée de semaine. Mon arrivée assez hâtive me fait découvrir un hall d'entrée fort calme lui aussi. Une fois en place, je suis bien placé pour voir arriver plein de monde dont plusieurs avec leurs casques de vélo en main. Rien de surprenant avec plein de jeunes dans la place, me direz-vous, mais, il me semble, c'est plus que d'habitude !

Les portes s'ouvrent et moi je trouve ma place dans "ma" première rangée devant un espace scénique tout vide sauf un carré blanc par terre et une pile "Volthium" au milieu. Le temps passe, les sièges trouvent preneuse ou preneur et le tout est prêt à débuter une fois les mots de bienvenue faits. Il s'en suit un vide, suivi par l'arrivée de cette femme (Mykalle Bielinski) qui sans rien dire, nous observe attentivement et repart ! Voilà comment commence "Warm up" !

                                 Crédit : Mykalle Bielinski, tirée du site du La Chapelle 

La suite nous montre ses allers-retours pour accompagner cette pile déjà présente de divers accessoires pour notre rencontre et sa démonstration dont le plus important, son vélo sur un support pour faire du vélo stationnaire. Son objectif n'est pas de faire du sur-place, soyez rassuré.es (!), mais de charger cette pile pour rendre la suite possible. Et pour cela, elle pédale sans relâche pendant de longues minutes pour passer de 0% à 15% et ainsi rendre possible la suite de cette rencontre avec "son et lumière" ! Ne sachant pas jusqu'à quand son roulement de pédalier irait, déjà moi coureur habitué, mais néanmoins bien assis, pour elle, mon souffle se faisait plus difficile. Pendant tout ce temps, il y a le bruit de cette roue qui tourne, celui des changements de vitesse de son dérailleur, mais surtout de sa respiration. Et puis arrive le moment du tournant de l'oeuvre, celui durant lequel les connexions se font et qui permettront de découvrir la voix qui parle et qui chante de cette femme. Ces propos sur nos idées sur la valeur "écologique" de certaines énergies "vertes" sont logiquement déconstruites. Ce qui nous invite à repenser autrement !

Et une fois un bon de chemin fait, arrive le moment "magique" pour moi, celui durant lequel, elle défait tout ce qui se retrouve près d'elle pour "refaire" les choses autrement, comme pour revenir à l'essence de chaque chose et leur redonner une vocation différente. De ce projecteur qui illumine ce vélo démonté et assemblé autrement pour produire, sur le mur arrière, l'image d'une jeune femme face "à la machine" ! Ce qui pour moi, reste un moment fort de cette rencontre. Le tout se terminera fort simplement !

Cette réflexion sur notre monde et son évolution vers la décroissance, se poursuivra dans la discussion d'après représentation, elle la fera avec Yves-Marie Abraham (professeur au HEC). Discussion fort intéressante et enrichissante pour moi qui me fait réaliser, que la croissance même verte est un mirage pour l'avenir de la planète et que la décroissance, amenée dans l'arène politique, semble la voie la plus prometteuse, jusqu'à maintenant !

Deux questions "pas rapport" me turlupinent durant la représentation et en fin de représentation, j'en ai la réponse. Oui, c'est elle, qui s'occupe de tout, donc aucune personne à la régie tout au long. Et aussi, son vélo tout démonté (et ce à chaque représentation) est remonté par elle seule.

Moi, le vieux fort pessimiste devant le futur de la planète, mais surtout pour mes enfants et mes petits-enfants, j'ai pu découvrir en cette soirée une étincelle qui pourra, je l'espère, en éclairer d'autres. J'en reviens avec mes pas réflexifs sur ce que je pourrai faire de différent et de plus local dans l'avenir. Merci Mykalle !  

Sur mes pas en danse: Une soirée en trois parties riche en diversité avec les "Les danses à mi-chemin" de l'École de danse contemporaine de Montréal

La soirée avait fort mal débuté, mes pas pour me rendre au Wilder ont été immobilisés sur le quai du métro Pie-IX à cause d'une panne "interminableeeeee" !!!! de 45 minutes pour être plus juste. Suffisamment longue, à tout le moins pour ne pas pouvoir découvrir la première partie de cette soirée. Il en reste que les avantages des programmes multiples est la présence de pauses entre les oeuvres afin de pouvoir prendre place dans le lieu de présentation. 

C'est donc dans la salle attenante de l'Espace Orange que j'attendrai avec "quelques autres personnes" toutes aussi "chanceuses" que moi, la fin de "Mascarade" de Katia-Marie Germain. Chanceux malgré tout dans ma malchance, la soirée est captée en vidéo et je pourrai me reprendre. C'est ce que je ferai devant, mon trop petit écran !

Allons y, donc, dans mon ordre de découverte, soit d'abord "Ce qu'il nous reste" de Edgar Zendejas avec les élèves de deuxième année, Méanne Belisle, Gabrielle Boudreau, Laura Brisson, Alec Charbonneau, Sphynx Church, Meggie Cloutier-Hamel, Émile de Vasconcelos-Taillefer, Coralie Fortier, Camille Huang, Sara Kurz-Martin, Mya Métellus, Audric Raymond, Tommy-Lee Salvas. 

                     Crédit Maxime Côté fournie par l'École de danse contemporaine de Montréal

Le tout commence avec celui que semble seul, comme nous pouvons l'être toutes et tous, et qui sera rejoint graduellement par les autres. Comme l'indique de façon fort juste le programme de la soirée, je découvre "Revenir à l’essentiel, réaliser ce qu’il y a au bout du compte, essayer de se comprendre collectivement, partager ce que nous ressentons, une pause de notre vie, le temps d’un rassemblement, ce qu’il nous reste vraiment." 

Le tout se fait dans une proposition toute poétique dans laquelle je retiens surtout des vagues de mouvements et des gestes qui se propagent par ondulation par ces jeunes habillés tout en couleur (avec leurs bas rouges), alimentés par une musique "portante" et en crescendo ! Je ressens bien, et avec émotion, ce qui peut animer collectivement ces jeunes toutes et tous différent.es dans des épisodes plus ou moins heureux de leur vie en groupe. Mais ultimement dans la vie, comme la fin me le rappellera, nous sommes seuls, mais sans que l'ombre ne nous vainque. Une oeuvre qui m'a fait du bien.

Après la pause, revient la même gang pour "Nos corps périodiques" de Stacey Désilier qui nous amène dans territoires chorégraphiques tout à fait différents. Un début avec des êtres aux costumes sombres dans un "monde" qui le semble tout autant. Une proposition, plus viscérale à mes yeux, qui réservera des surprises fort surprenantes dont la première durant laquelle, en choeur, nous les voyons "chanter". Comme dans la nuit, ces êtres évoluent, prenant peu à peu leur identité propre (lire ici des vêtements différents). Les gestes reflètent des pulsions humaines mais pas coupables, justes normales ! Un de mes moments favoris, arrive lorsqu'en groupe, elles et ils deviennent, tout aglutiné.es, un tout pour former un choeur et chanter au son de la guitare de l'une d'elle, la chanson ""Surf" de Mac Miller. Le contraste avec ce qui a précédé est fort grand, mais créé une brèche de lumière dans cet univers jusqu'ici fort sombre de ses ombres. La fin sera, tant qu'à elle, percutante pour ouvrir de nouveaux horizons prometteurs (opinion de spectateur !!!) parce que peu importe les "sparages", la parole toute simple et légitime doit s'affirmer et se faire entendre. Bravo Stacey !

                    Crédit Maxime Côté fournie par l'École de danse contemporaine de Montréal

La suite pour moi, mais la première partie de cette soirée, je la découvrirai devant mon écran.

"Mascarade" de Katia-Marie Germain dans le cadre du laboratoire de création Fly (projet qui vise à l'insertion professionnelle des diplomé.es de cette école, mettra sur scène, Elisa Barrat, Madeleine Bellefeuille, Jasmine Bouchard, Julianne Decerf, Luce Lainé, Caroline Namts. 

De cette chorégraphe, je me souviens encore sa proposition précédente "Habiter" présentée dans le cadre du offta 2018 ( https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2018/05/sur-mes-pas-en-danse-au-offta-2018.html).

                     Crédit Maxime Côté fournie par l'École de danse contemporaine de Montréal

Cette fois avec "Mascarade", la chorégraphe fait "éclater" la table, pivot de l'action pour la faire éclater en divers lieux d'une même maison. Dans cette maison, six femmes que nous suivons dans une série de tableau entrecoupés de noirceur. En ce sens, la chorégraphe continue d'exploiter le filon fort riche de sa proposition précédente, celui des relations humaines, parfois fort complexes. Seules avec d'autres, l'histoire, celle de la chorégraphe et/ou la nôtre, se fait devant nous. Tout est important dans ce que je découvre, même le regard furtif et le changement de perspective. Le tout évolue jusqu'à une finale dans laquelle les parties deviennent le tout, ensemble.

La proposition de cette chorégraphe "hors norme" de ma perspective poursuit l'exploration de ce qui est dévoilé par la lumière et de ce qui doit rester dans l'ombre, laissant au spectateur une grande marge de manoeuvre pour y faire sa "lecture". Pour ma part, j'abaisse bien bas mon chapeau aux interprètes qui doivent performer tout en retenue tout au long de l'oeuvre. 

samedi 11 décembre 2021

Sur mes pas en danse: "Suites perméables" "version" fort bien réussie par les étudiantes en danse de l'UQAM

La fin de l'année approche et, c'est pour moi "Noël avant le temps" ! Par conséquent, mes pas m'amènent aux différentes prestations des étudiant.es en danse de l'École de danse contemporaine de Montréal et de l'UQAM. Je reviendrai sur ma soirée "incomplète à compléter" avec ceux de deuxième année de l'École de danse contemporaine de Montréal, mais en ce vendredi soir, je me rends dans un lieu familier, le département de danse, 840 rue Cherrier. 

L'oeuvre que je découvrirai en cette soirée, "Suites perméables" d'Emmanuel Jouthe, j'en serai à ma troisième fois (la première était en juin 2016). Les deux premières étaient avec six interprètes et impliquaient une assez grande proximité des interprètes et des spectateurs. Cette fois, nous serons, une quarantaine à prendre place sur un des sièges dans l'espace scénique en suivant les indications de celle qui nous accueille. À mon arrivée, devant moi, trois longues bandes blanches (trois espaces de prestation) avec des sièges de part et d'autre. Le spectateur averti que je suis, trouve stratégiquement sa place dos à un mur avec face à moi, de tout proche à de plus loin, les trois allées de prestation. 

                                         Tiré du site du département de danse de l'UQAM

Pause

Avant d'aller plus loin, je dois rappeler que cette proposition n'est pas que de la danse contemporaine avec un quatrième mur étanche. Tout au long, des interactions de proximité avec les spectateurs, il y aura. Mais, soyez rassuré.es, le tout s'est déroulé de façon sécuritaire sans altérer l'essence de l'oeuvre.

Fin de la pause

Ainsi donc, bien assis sur mon siège, j'attends le début qui se concrétise avec l'arrivée en salle des douze interprètes (Mélia Boivin, Noah Bride, Margot Carpentier, Morganne Guillou, Rozenn Lecomte, Ariane Levasseur, Anaïs Levert-Beaulieu, Cyrielle Rongier, Daphné Sanscartier, Émilie Miluna Serre et Julia Smith) qui investissent les trois allées.

Le défi dans ce type de proposition est de tenter de tout suivre, défi qui a tout de la mission impossible. Il en reste que redevenu plus réaliste, mon regard porte surtout sur celles qui évoluent proche de moi. Impossible de rester imperméable devant ces êtres mus par des forces invisibles incarnant, de ma perspective, la constance évolutive de l'imaginaire et des émotions. Je découvrirai celle qui se confie au spectateur à côté de moi, celle qui laisse un tissu sous mon siège, celle qui recherche l'objet laissé, celle aussi qui viendra proche de moi me regardant droit dans les yeux, voilà sur quoi porte mon attention. Je découvre devant moi et un peu plus loin aussi, des courants (marins) humains dans l'espace avec les vagues qui portent et animent ces corps. "Et ne voilà tu pas", qu'elles nous déclament "Nous sommes prêtes à danser sur le pont du Titanic" ! Moment magique et béni de communion entre l'oeuvre et le spectateur que je suis !

Le temps passe trop vite pendant cette cinquantaine de minutes, les mouvements évoluent tels des tourbillons fort bien organisés, me gardant bien captif de chacune de celles qui les incarnent. Et puis arrive (trop vite de ma perspective), le moment où elles nous quittent définitivement.

Je repars fort heureux et satisfait d'avoir revu en personne plusieurs de ces étudiantes que j'avais apprécié lors de leurs prestations sur une ou des Passerelles 840. Bravo aussi au chorégraphe et ses collaborateurs pour cette adaptation ! Il leur reste une dernière session avant de terminer et le "vieux" ex-prof que je suis a bien hâte de découvrir leurs derniers pas dans leur programme d'étude, mais surtout aussi leurs prochains pas professionnels !



jeudi 9 décembre 2021

Sur mes pas en danse: "Le sacre du printemps" de Marie Chouinard, un classique qui fait du bien à revoir.

 Lorsqu'une création de Marie Chouinard est à l'affiche, difficile, sinon impossible de dire non, même si ce n'est pas la première fois, d'autant plus que cette oeuvre est un classique. Voilà donc pourquoi, mon agenda est bloqué et que mes pas m'amènent en ce froid début de saison hivernal jusqu'à l'Usine C pour revoir "Le sacre du printemps". C'est "loin" de ma première rangée (lire ici de la deuxième !!!) que je me prépare à découvrir ce classique, avec en bonus à la fin une discussion avec la chorégraphe.

Le rideau s'ouvre sur les "Signatures sonores" (de Rober Racine) qui gratouillent l'espace sonore en vue de préparer ce qui va suivre. Le sens de cette "introduction" quelque peu énigmatique nous sera indiqué par la chorégraphe. Pour elle, cela représente le frottement du stylo d'Igor Stravinski dans le train lors d'un de ces déplacements lorsqu'il créée son "Sacre du printemps".

                                      Photo de Marie Chouinard tirée du site de sa compagnie

Une fois la "table mise", nous aurons droit à l'arrivée de ces personnages qui semblent venir d'un autre monde. Impossible de rester impassible devant leurs gestes forts et troublants aussi ! Et comme l'indiquait la chorégraphe et je partage totalement son opinion, on ressent très bien "l'esprit qui anime le corps" ! Je suis captif et captivé face à ces êtres qui apparaissent, me présentent leurs gestes vifs et intenses et qui disparaissent, comme dans un rêve !

Pour nous amener dans cet univers onirique, il faut un grand talent et un engagement total des différents interprètes et c'est le cas, bravo Michael BaboolalAdrian W.S. BattPaige Culley, Jossua Collin DufourRose GagnolValeria GalluccioMotrya KozburLuigi LunaSayer MansfieldCeleste Robbins et Clémentine Schindler.

Après les longs et fort bien mérités applaudissements, le rideau de ferme et arrivent sur scène Danièle de Fontenay (directrice générale et artistique de l'Usine C) et Marie Chouinard. Et encore une fois, je suis sous le charme des propos fort généreux de cette femme qui nous parle de la génèse de cette oeuvre créée il y a une trentaine d'années. Nous apprenons aussi de la petite modification apportée à l'oeuvre l'après-midi même. L'énergie que dégage cette femme est contagieux et me rejoint, mais surtout me fait du bien. Je me rappelle encore de la rencontre que le Festival Soir dans Hochelaga Maisonneuve en août 2018 avait mis dans sa programmation durant laquelle, encore une fois, elle avait été d'une grande générosité et dont vous pourrez tout lire en suivant ce lien (https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2018/08/sur-mes-pas-en-dance-retour-de-ma.html).

Je reviens fort heureux et satisfait de cette soirée fort belle qui m'a permis de revoir un classique.