jeudi 16 septembre 2021

Sur mes pas réels aux "Danses Buissonnières": Trois propositions tout autant différentes qu'intéressantes !

 Sur le chapeau des roues, débute ma saison danse ! Pour ma deuxième soirée, mes pas me portent jusqu'au Wilder pour découvrir les trois propositions des "Danses Buissonnières 2021". Répétant le rituel de la présentation de mon passeport vaccinal et de mon billet, je trouve ma place dans la salle, non sans avoir salué plein de gens que je reconnaissais, malgré nos masques !

Pendant que les derniers sièges trouvent preneuse ou preneur, il y a devant moi les derniers préparatifs qui se font par cet homme qui met sur le plancher du rubans gommés au sol. Il y a des projecteurs en attente sur le côté de la scène et un autre derrière à côté duquel cet homme se tient immobile, intrigant !!!!

En ce lundi soir, trois propositions sélectionnées par le jury via Zoom comme nous l'indiquera l'une de ses membres Claudia Chan Tak en début de présentation. Elle nous rappelle aussi qu'après la présentation, il y aura une discussion avec le public, yeah !!!! 

Les lumières s'éteignent et s'en suit une oeuvre, "GODLIN" de Jontae McCrory, dans laquelle je découvre des projections vidéo qui avec le temps je découvre tourne en boucle et cet homme (Vincent Michaud)  maintenant en action déplace un miroir et/ou un tableau et cette femme (Amara Barner) qui danse. Le tout m'intrigue, la dualité, vidéo-scène, me rend la tâche difficile pour suivre le sens ou mon sens de l'oeuvre. Arrive le moment, celui durant lequel cette femme enlève les repères (lire ici les rubans gommés mis sur la scène. La proposition me surprend et malgré mes efforts son sens m'échappe, même si je cherche le fil qui me permettra de le découvrir. Malgré tout, le spectateur que je suis est satisfait d'être un peu déboussolé !

                                           Photo de David Wong fournie par Tangente

Après une pause durant laquelle la scène est nettoyée avec application, nous apparait, cette femme de dos face à une fenêtre qui est en fait la projection lumineuse sur un mur. Cette femme vêtue d'une robe longue est Alexandra Caron qui nous propose "Abyssale Solitude". Et sa solitude, elle m'apparait rapidement et intensément. De dos pour moi, elle regarde par cette fenêtre qui semble pour elle la seule façon de fuir le lieu ou sa condition ? Avec une scénographie toute simple (celle que j'apprécie), elle s'exprime avec des gestes (quels beaux et éloquents mouvements des bras qui me captivent!) et des mouvements circulaires dans lesquels je vois et je ressens de grandes émotions. La longue robe claque et lorsque les horizons semblent éclater, elle, est toujours là. À la toute fin, les rotations confirment son abyssale solitude et je la sens résignée à y rester. Ouf !! quels moments forts. Une proposition que je voudrais revoir en version plus longue !

                                           Photo de Vanessa Fortin fournie par Tangente

Autre pause sanitaire et lorsque les lumières se rallument, il y a cet homme (Trevor John Ferrier) à l'arrière avec des instruments de percussion, cette femme (Ariane Benoit) qui arrive et cet autre homme  (Aly Keita) étendu face au sol qui m'entraîneront dans "Djata : Conversations du Manden". Pendant que les percussions m'interpellent, que la voix et les mouvements de cette femme me captivent, cet homme peu à peu surmonte la gravité et se lève. La suite, pour moi a tout du rituel qui amalgame avec force le mouvement et le son. Ce corps qui se lève et qui avec des gestes, alliant force et fluidité, et des sons de gorge affirme sa présence, impossible pour moi d'y rester indifférent. Il en reste que la trame narrative de cette proposition m'a été présentée par le chorégraphe, Aly Keita, lors de la discussion d'après représentation. Et c'est grâce à une enfant présent, merci à lui !, qu'il nous l'a raconté avec une sincérité et une émotion irradiante. D'où mon commentaire, il faudrait que cette oeuvre soit présentée à un public de tout âge avec en introduction, cette histoire qui permettrait à toutes et tous, peu importe l'âge, de pouvoir mieux apprécier ce qui suivrait. Après tout, les Danses Buissonnières sont et devraient être les premiers pas d'une oeuvre vers un plus nombreux public !

                                            Photo de David Wong fournie par Tangente


mardi 14 septembre 2021

Sur mes pas (réels) au Festival Quartiers Danses: Un programme quadruple tout azimut !

 C'est durant une soirée dominicale, habituellement consacrée à autre chose, que mes pas m'ont amené jusqu'à la Cinquième Salle de la Place des Arts pour assister à un programme quadruple proposé par le Festival Quartiers Danses. Il y a, il me semble, très longtemps, que mes pas m'avaient porté dans le Quartier des spectacles. Venant du nord de la ville, je découvre peu à peu les "effluves" de son activité, because les Francofolies ! Je trouve mon chemin jusqu'à l'entrée, rue Ste-Catherine qui est fort calme ! Tout aussi calme le parcours jusqu'à l'entrée de la salle. Mes différents arrêts faits, pour montrer mon passeport vaccinal, d'abord et mon billet ensuite, je me rends jusqu'à mon siège. Peu à peu la salle se remplit et le tout commence.

Tirée du site internet du Quartier des spectacles de Montréal

Pour moi, assister à un programme multiple m'amène une petite réticence parce que de passer d'un univers à l'autre en si peu de temps est une "mission périlleuse". Au final, le tout s'est bien passé avec des pauses justes assez longues, mais pas trop ! Malheureusement, il y aura un bémol, celui du bruit régulier produit par un photographe tout au long de la soirée, détournant parfois mon attention de ce qui se passait devant moi sur scène.

Donc, la soirée commence avec "Encounter" qui, selon le programme de la soirée, "met en lumière le chemin sinueux qui mène un individu à la rencontre de son “soi”, équilibré, en paix et en harmonie avec son environnement". Je découvre, émergeant de l'ombre, une masse de forme indéfinie qui se met à bouger. J'y vois un corps, comme un coeur qui se débat et puis là devant moi sur la scène, s'emballe, se déballe, se libère et s'envole. Le chemin est long, parsemé d'embûches que l'on ressent par les mouvements que cette femme nous montre jusqu'à la fin qui est fort belle. La soirée débute sur un bon pied !

Il s'en suit après une très courte pause, "Longueur d'onde". Annoncé comme un "solo interprété par Mateo Picone qui s’inspire des processus de réception et de perception d’informations sensorielles.", ma perception de l'oeuvre, comme celle de mes voisines devant moi, nous a fait voir les mouvements d'un corps hors contrôle ou à tout le moins partiellement hors contrôle, comme. Cet homme là devant nous, semble être soumis à des décharges électriques internes qui se traduisent par des mouvements dont les ondes se rendent jusqu'à nous. Il sent notre présence et tente parfois de communiquer. Une courte pièce qui néanmoins laisse des traces. 

Arrive un entracte, le temps de retrouver ses repères. Et puis, le rideau s'ouvre sur "Soliloquy" de et par Charles Brecard. De la pénombre émergent, un escabeau à gauche et un squelette sur un monticule qui s'avérera un corps. Et puis je vois ce corps, portant son passé et ses drames entreprendre sa marche, son retour vers ses origines, illustrant par ses gestes les états d'âme de son chemin vers la réconciliation et de pouvoir faire la paix avec son passé, laissé en haut de cet escabeau.

Courte pause et nous apparait sous l'un des deux ronds de lumière au devant de la scène une femme (Véronique Giasson) et un homme (Nicolas Zemmour) pour "RESET". Ils semblent s'échauffer devant nous. Par la suite, dans une oeuvre qui correspond, selon ma perception, à la description "cette pièce met en lumière le corps ; le sien, celui de l’Autre et la relation égalitaire qui s’établit entre les deux à travers leur voyage et leurs trajets complexes. 

La pièce est technique, cérébrale, mais il se dégage un parfum chorégraphique qui captive. Et ces moments "RESET" se terminent de façon fort logique et attendue (pour moi, à tout le moins).

En ce début de saison fort sinon trop riche en propositions, cette sortie au Festival Quartiers Danses m'aura permis de découvrir de belles propositions. 



mercredi 8 septembre 2021

Sur mes pas (virtuels) de spectateur pour obtenir ma "prescription chorégraphique" par la gang de Tangente.

Il y a des signes qui ne mentent pas, le temps plus frais et la noirceur qui pointe le bout de son nez de plus en plus tôt. À cet automne en vue, un signe de plus, un rendez-vous proposé pour nous, amateur.es de danse pour recevoir une "prescription chorégraphique" de l'un.e des commissaires de Tangente. 

                                                               Tirée du site de Tangente

Cette invitation s'adressait-elle à moi qui veut me rendre aux sept soirées au programme, "Passe Danse" en main ? Prudent, j'ai posé la question avant et suite à la réponse positive fort claire, j'ai pris rendez-vous et tellement heureux de l'avoir pris. 

Quelques minutes avant l'heure prévue, je me mets en ligne et à l'heure pile de mon rendez-vous, je suis accueilli fort chaleureusement par Stéphane Labbé et toute son équipe. Les premiers moments sont ceux des présentations et de quelques échanges amicaux. Par la suite, je suis invité à me déplacer dans une plus petite salle virtuelle pour rencontrer, fort chanceux, deux commissaires, Élisabeth-Anne Dorléans et Laurane van Branteghem. Les dix prochaines minutes débutent par une question de ma part (le prof en moi sera toujours présent !) et elle portait sur les échanges entre les cinq commissaires pour déterminer le choix des propositions retenues. La réponse est fort intéressante et fait ou fera l'objet d'un podcast que j'écouterai avec grand plaisir.

Par la suite, c'est à moi que l'on pose une question, Qu'est qui me rejoint le plus dans une oeuvre chorégraphique ? Je ramasse mes idées pour proposer ma réponse dans laquelle j'indique que j'apprécie particulièrement une oeuvre qui me présente un propos qui me parle et/ou qui me touche. Sans que je sois nécessairement sensible à la qualité technique des mouvements et des gestes, ces derniers doivent porter sans interférer ce que je vois, tout comme la trame musicale, sur une scène épurée, de préférence.

Les dix minutes prévues passent vite, trop vite même, mais j'ai droit à mes deux prescriptions. De Laurane, la soirée avec Sonia Bustos (une de mes belles rencontres fort touchantes durant la pandémie) et Rachelle Bourget que je découvrirai pour la première fois. De Élisabeth-Anne, la soirée avec Shion Skye Carter et Jean-François Bienvenue, nouveaux visages pour moi, dont elle me présente brièvement les thématiques, fort invitantes d'ailleurs.

Suite à ces propositions, je constate qu'elles ont bien décodé le spectateur que je suis, soit celui qui est un amateur à la recherche de "rencontres artistiques".

Lorsque vous lirez ces lignes, la soirée de rencontre sera passée, mais je peux vous affirmer que cette invitation à l'image des prescriptions littéraires, amenée par une des commissaires est une très bonne façon de débuter l'année culturelle. Et si cette initiative se refait, n'hésitez pas et dites oui, comme pour aller à la rencontre des différentes propositions au programme cet automne.


mercredi 1 septembre 2021

Sur mes pas (réels): Une belle et riche rencontre avec les Escales Improbables pour découvrir "Forces motrices" !

 En cette dernière soirée du mois d'août, mes pas m'ont amené jusqu'à un endroit que j'ai fréquenté régulièrement à une autre époque, soit l'auditorium du Patro Villeray aussi connu à l'époque comme le Patro le Prévost, lorsque mes pas m'amenaient découvrir les propositions de la Maison de la Culture de mon arrondissement (déménagé depuis, un peu plus loin dans un lieu plus moderne).

Au programme, une proposition gratuite dans laquelle "conte, musique et peinture s'entrelacent", dixit le programme virtuel de la soirée, "Forces motrices". Un type de proposition qui ne fait pas partie de mes destinations habituelles, mais pourquoi pas en cette fin de saison estivale.

                                          Tirée du site de Escales Improbables de Montréal

Après avoir gravi les escaliers jusqu'au deuxième étage, je retrouve le hall d'accueil dans lequel, vingt minutes avant, plusieurs spectateurs sont déjà présents. Et c'est avec une salle assez remplie que débutera la représentation avec une chanson avec sur la scène, deux assemblages métalliques qui seront aussi utilisés comme instruments de musique et une toile grand format au milieu. Une voix (celle de Denis Lavalou, auteur et narrateur) se fait entendre, une voix qui sera présente tout au long de l'heure qui suit qui débute par "Il était une fois ...." Prennent place sur scène, un musicien (Erik West Millette) et un peintre (Charles Acek). Le sujet de la soirée, la construction du chemin de fer canadien se déploie avec des passages oraux tout à fait poétique qui nous permet d'en imaginer des épisodes. Il y aura aussi devant nous ces paysages qui d'une touche à l'autre prennent forment et se métamorphosent aussi. Une fois rendu au bout, le créateur fait le vide et le transforment en une autre, comme ce que découvre le tracé du chemin de fer au fur et à mesure de son déploiement dans les vastes territoires. Tout cela, enveloppé par des passages musicaux fort riche (guitare, contrebasse, percussion) pour former un tout fort captivant. Il en reste que pour le spectateur que je suis, et je suis convaincu que je ne suis pas le seul, le tout demande un effort important. En effet, pendant que je porte mon attention sur l'oeuvre qui se développe devant moi avec les habiles et fascinants coups de pinceaux ou des jets de bonbonne de Charles Acek, il faut que je sois attentif au propos ou l'inverse. Après un certain temps, je m'y adapte et le rythme pris l'amalgame des arts est fort agréable.

Une soirée toute différente de mes sorties habituelles, mais que j'ai bien apprécié. Une proposition à laquelle je retournerais pour la découvrir avec plus d'attention.

mercredi 25 août 2021

Sur mes pas (réels) en danse: "Osez ! en solo " oh oui , prise 2!!!

Par cette soirée caniculaire, c'est seulement avec mes pas que j'ai été à la découverte de deux propositions de "Osez ! en solo " pas trop loin, mais pas trop proche aussi, de chez moi.

                           

La première m'amène près d'un bâtiment couvert de graffitis dans un parc urbain. J'y rencontrerai Ford Mckeown Larose (alias Ford) et son "accompagnatrice" de l'Agora de la Danse. Je dois avouer que cet homme, je ne le connaissais pas, me rappelant que j'ai encore plusieurs rencontres (artistiques) à faire avec la danse urbaine ou street dance (dans son cas, je l'apprendrai après, il se spécialise en boogaloo/poping) ! Une fois, bien assis avec les écouteurs désinfectés sur mes oreilles, le décompte est fait et la rencontre commence. C'est une proposition en trois temps avec des gestes "smooth" que je découvre (avec la musique du collectif Alexandra Lost), qui pour moi représentent, l'éveil, la prise de conscience et ensuite le départ. Utilisant un espace restreint, il semble aller loin en dedans et en dehors de lui aussi ! Une courte rencontre, dix minutes, ça passent tellement vite, mais riches et intenses. J'ai particulièrement apprécié la deuxième partie, un coup de coeur pour moi, durant laquelle il utilise ses mains devant son visage qui, riche de son esthétique, expriment, pour moi, la prise de conscience intérieure de cet homme !

Avec encore en tête cette rencontre, je mets mes pas en marche pour me rendre à mon deuxième rendez-vous, pour revoir la proposition de Jessica Serli (musique d'Antoine Berthiaume). Ceux qui me connaissent savent que j'aime bien revoir des propositions chorégraphiques et c'est ce que je me suis permis pour ma dernière "sortie" de "Osez ! en solo ". La chaleur est intense sur le bitume de Montréal, mais elle ne fait pas fondre ma détermination pour les 2,5 km de marche pour m'y rendre. Le planning bien fait m'y amène un peu à l'avance. Mais surprise, le lieu de prestation n'est pas le même que l'an dernier, Je le trouve néanmoins, soyez rassurés. 

Et une fois le tout prêt, je découvre une autre belle illustration de la danse comme art vivant qui évolue et se modifie. Si le personnage central de sa proposition est toujours sa grand-mère, la perspective de présentation, elle, est tout à fait différente. Il y a d'abord la proximité plus grande entre elle et moi qui fait que parfois nos regards dégagent une intimité troublante (mais pas désagréable !). La métamorphose de cette femme est plus frappante. Il y aura aussi cette utilisation des marches qui pour des raisons très personnelles me déstabilisent. Une rencontre forte avec cette femme qui m'a parlé en gestes et en objets de sa grand-mère. Les accessoires fort importants dans cette oeuvre sont bien utilisés. Lors de la rencontre d'après représentation, j'ai pu clarifier l'utilisation d'un accessoire qui pour moi est fort riche en signification. Mais toute bonne chose à une fin et mes pas se remettent en marche (avec douche en vue !)  jusqu'à la maison. 

Cela aura été ma dernière rencontre dans le cadre de cette proposition (fort intéressante) de Karine Ledoyen. Que j'aime ce type de rencontre en toute intimité dans l'espace public (contradiction apparente qui n'en est pas une ) ! Un vœu pour l'an prochain, que "Osez ! en solo " revienne, parce que le dicton , jamais deux sans trois ! 

Sur mes pas (réels) vers un programme triple tout au bout de l'île !

 L'histoire de cette visite tout au bout de l'île (le stationnement du Collège St-Jean-Vianney) prend racine au début de ce mois d'août. Je découvrais une soirée de DANSAVILLE près de la bibliothèque de Rivière-des-Prairies. Des moments de danse projetés sur les murs des édifices publics de cet arrondissement. En attente du début, j'apprends que la prochaine fois de cette proposition sera après la prestation de la chanteuse Dominique Fils-Aimé dont deux de ces C.D.s sont dans mon lecteur. Ainsi donc je pourrais revoir ces projections et assister en vrai à un concert de cette chanteuse. J'ai donc pris note de la date et j'ai réservé mon billet, valide pour les occupants d'une automobile. 

Malheureusement, c'est seul que je me rendrai comme d'habitude assez à l'avance pour, au final, assister à un programme triple. En première partie, "Ground" de Caroline Laurin Beaucage avec Merryn Kritzinger, Justin De Luna, Louis-Elyan Martin, David Rancourt et Elinor Fueter. En deuxième partie, la prestation de Dominique Fils-Aimé et pour terminer, une autre promenade pour découvrir les projections chorégraphiques de "DANSAVILLE", une fois la nuit tombée !

Je me fais désigner une place en deuxième ligne, derrière un "trop gros" véhicule, mais je peux prendre place avec ma chaise à l'extérieur, du côté droit. Ma vue sera bonne sur la scène. Le temps passe, les automobiles occupent peu à peu la place derrière moi. Rendu à l'heure, les trampolines sont mis en place au pied de la scène. Rien de bien accessible pour les gens derrière, parce que voyez-vous une automobile, ça prend de la place et c'est efficace pour obstruer la vue. Mais le spectateur que je suis, en a vu d'autres et je trouve la position pour apprécier ! Cette proposition, j'en suis rendu à la troisième fois en extérieur (en plus de la proposition originale à l'Agora de la Danse) et à chaque fois, je m'en fais une nouvelle lecture. Ce n'est pas parce que j'ai de l'imagination, c'est plutôt que dans cette trentaine de minutes, ces mouvements sur les trampolines, la créatrice a su mettre toute la latitude aux spectateurs pour lui donner un sens selon le moment et le lieu. En cette soirée, j'y ai vu ce que deux femmes et trois hommes peuvent vivre durant une journée et le début de la prochaine. C'était pour moi, une autre façon d'interpréter la proposition et je l'ai bien apprécié !

Les applaudissements évaporés dans cette soirée très chaude, les interprètes et les trampolines nous quittent et arrivent, sur scène, Dominique Fils-Aimé et ses musiciens prennent possession de la scène. Elle nous exprime son grand bonheur de revoir des spectateurs en personne, ce que à quoi les spectateurs répondent avec chaleur. Pendant l'heure et un peu plus qui suit, elle nous propose ses pièces enrichies par des solos de ses musiciens. Impossible de ne pas apprécier la richesse de sa voix qui n'est pas appuyée par un.e ou des choristes Un concert en personne, je le redécouvre, ajoute une plus-value que toutes et tous, semblent apprécier en cette soirée ! 

Cette rencontre musicale se termine de façon fort belle et en toute simplicité ! Nous sommes invités, ceux qui ont accepté de poursuivre avec "DANSAVILLE" à déplacer notre véhicule dans un autre endroit et à attendre. C'est une cinquantaine de personnes qui seront là, prêts à suivre la projecteur mobile (que l'on peut voir plus bas) dans son parcours autour du collège et du centre sportif adjacent. 

                                                                 Crédit : MAPP_MTL

Présent à cette soirée, Roger Sinha, un des cinq interprètes chorégraphes au programme, avec Myriam Allard, Ivanie Aubin-Malo, Aly Keita et Gérard X Reyes. Pour découvrir ce que j'ai déjà écrit, voici le lien, 

 http://surlespasduspectateur.blogspot.com/2021/08/sur-mes-pas-reels-vers-de-la-danse.html

Portant attention aux aspects techniques de cette présentation qui projette sur les murs tels qu'ils sont, avec les fenêtres présentes et les projecteurs, jamais bien loin. Le repérage a été, de ma perspective, très bien fait et les ajustements pour projeter sur les surfaces intéressantes à suivre. Comme bien d'autres choses dans la vie, il n'y en a pas deux pareils ! À tour de rôle, Ivanie Aubin-Malo, Roger Sinha, Myriam Allard, Aly Keita et Gérard X Reyes, se présentent à nous de face, nous propose une prestation fort représentative . Pour aller au dernier lieu de projection, le chariot gravit sans encombre une pente avec nous à la suite. Pendant la dernière projection, le ciel, plus à l'est, nous montrent des éclairs de plus en plus présentes et menaçantes, de ma perspective. Orage en vue ????, je ne saurais dire, mais je quitte les lieux avant la fin de la deuxième projection de Roger Sinha. Au retour, le spectateur craintif que je suis, n'a pas vue une goutte de pluie. 

Au final, une belle soirée, riche de sa diversité et qui m'a permis de découvrir un coin (sinon un bout) de mon île en plus de voir ou de revoir trois propositions culturelles. 

jeudi 19 août 2021

Sur mes pas (réels) en danse: "Osez ! en solo", oh oui !

 La proposition "Osez ! en solo" de Karine Ledoyen co-présentée à Montréal par l'Agora de la Danse revenait en ville, près de chez moi pour une deuxième année, yeah !!!! Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette proposition, voici un court aperçu. Il faut aller sur le site de réservation de l'Agora, choisir un lieu, exemple "Villeray 1", une date et une heure et se procurer son billet.  À cette rencontre, nous y serons seuls ou accompagnés par une autre personne. La veille, nous sommes informés du lieu précis de la rencontre auquel il faut arriver dix minutes à l'avance. Et c'est rendu au point de rencontre, accueillis par quelqu'un de l'Agora de la Danse (identifiable par son chandail et son parapluie noirs) que nous pourrons découvrir juste là ou après une courte marche l'identité de l'interprète chorégraphe et de l'oeuvre d'une dizaine de minutes.  

                                                  Tirée du site de l'Agora de la Danse

Rapide sur le clavier, cette année, je me suis procuré cinq billets pour aller à la découverte d'autant de propositions. Cinq nouvelles invitations, pas trop loin de chez moi, parmi les choix proposés qui incluent aussi celles de l'an dernier dont les deux que j'ai déjà vues. En cette première semaine, je m'étais programmé quatre oeuvres en deux soirées, mais une de celles là a été annulée pour les premiers jours. Pas grave, j'ai repris un billet pour la semaine suivante ! 

Donc en cette première soirée de représentations, je prends le bus et me dirige jusqu'à un tout petit parc urbain pour découvrir, près de la maison où j'ai vécu toute mon enfance et mon adolescence. En ce début de soirée nuageux coloré de nostalgie, ce lieu habituellement achalandé est particulièrement désert. Je n'ai donc aucune difficulté à découvrir mes "hôtesses" dont Marine Rixhon qui performera pour moi et que je reconnais avec grand plaisir. Une fois les indications d'usage transmises, je prends place sur mon banc, je mets mes écouteurs fournis et au "go", je mets en marche la trame sonore (musique d'Antoine Berthiaume), audible que par moi et elle, because nos écouteurs. À ma droite, elle entreprend une marche vers "là-bas" avec ses gestes et ses pas empreints d'ambivalence, comme si elle hésitait à aller à la rencontre de ce qui l'attend. Et effectivement, la suite le confirmera ! Le coeur de l'oeuvre est mouvementée, tel un combat intérieur, soulève la poussière fort abondante en ces lieux et colle à la peau à cette femme. Et suite à cet épisode, son calme revient et elle reprend son chemin, avec des gestes apaisés, empreints de quiétude, pour aller là-bas, loin de moi pour une prochaine fois !

Comme le permet la planning de la rencontre, j'ai le plaisir d'échanger avec elle et de comprendre certains aspects de l'oeuvre. 

Pause

Voilà un aspect que j'apprécie particulièrement de cette forme de présentation, en plus de l'intimité de la rencontre, moi fidèle à mon siège première rangée en salle. Cette possibilité d'échanger pendant cinq minutes après la représentation qui me permet d'échanger sur le sens de l'oeuvre et aussi d'aspects plus concrets, tel que pourquoi ce lieu ? De quoi assouvir ma curiosité de spectateur.

Fin de la pause.

À défaut de découvrir la prochaine proposition, telle que d'abord prévue (mais ce n'est que partie remise !), je reviens à la maison avec encore les images de cette rencontre que je viens d'avoir.

Voici rendu le jour 2 de "Osez ! en solo", avec pour moi, deux rencontres en vue. Question de m'assurer d'avoir le temps, j'ai réservé avec un certain temps entre les deux. Commençons donc avec ma première oeuvre, dont le point de rencontre est sur une rue en bordure d'un parc fort achalandé. Le temps de marcher un peu, je suis rejoint par cette femme avec son chandail noir (Agora de la danse). Elle m'invite à l'accompagner un peu plus loin, près des arbres, à la rencontre de celle, que je reconnais et que je salue avec grand plaisir, Ivanie Aubin-Malo. Une fois muni de mon lecteur audio et de mes écouteurs, je suis invité à me rendre sous un arbre pour le début d'un déambulatoire, accompagnée par la musique de LILA alias Marianne Poirier .

L'oeuvre prend appuie sur les branches qui, comme des partenaires, accompagnent cette femme tout au long de ses mouvements, avec moi qui la suit. Le tout est riche en symboles qui me séduisent et qui se termine par un temps fort ! Et il y a ce moment "magique" pendant la prestation, durant lequel au-dessus de nous, passent des bernaches (ou d'outardes, diraient certains !!!) fort audibles qui ajoutent une couche de magie à ces moments. L'importance de ces arbres, en l'occurrence les pins, et des derniers gestes me sera expliqué après la prestation.

Même si le lieu de rencontre pour mon prochain "rendez-vous" est tout proche, je m'éloigne pour trouver un  banc pour profiter des moments qui suivent pour méditer sur ce que je viens de voir. Et puis, tic-tac, le temps passe et je me mets en route pour aller au point de rencontre de mon prochain point de rencontre, pas trop loin, pour découvrir ma prochaine oeuvre. 

Assis sur un banc public, arrive vers moi cette jeune femme avec son chandail noir qui m'invite à la suivre jusqu'à un endroit discret pour ma deuxième "rencontre" de la soirée qui a tout d'un petit amphithéâtre. J'y ferai la rencontre de Véronique Giasson que je verrai danser pour la première fois, il me semble ! Je prends place sur une chaise et avec mon lecteur et mes écouteurs la rencontre débute. Portée par la musique fort juste de Michel F. Côté, elle se met tout proche d'une grosse pierre entourée d'un câble. Je m'arrêterai ici sur la description parce que si vous lisez ce texte et que voyez cette proposition, il faut y être sans être pollué d'infos pour bien apprécier cette rencontre en trois temps avec une finale qui l'amène vers une libération. Comme j'ai eu la chance de lui dire, dans la rencontre d'après, il y a longtemps que je n'avais pas été autant touché par une proposition chorégraphique. Cette femme, elle y tenait à cette personne (de ma perspective) et le lien était fort. Et une fois mes sincères remerciements, je quitte pour une marche qui me permet de porter en moi ce que je venais de voir. 

Il m'en reste deux, mais déjà le spectateur est comblé par les trois premières rencontres qui dois-je l'indiquer à ceux et celles qui pourraient être intimidé.es par l'intimité de ces oeuvres sont riches de simplicité et pas du tout intimidantes.  Je veux rendre hommage à la conceptrice de ce projet, de nous les proposer. Un merci très sincère, Karine Ledoyen !