La proposition m'intriguait, mon agenda le permettait, mes pas m'y ont donc entraîné. Ma destination, "Shelter in shadow" de Jay Cutler qui était présenté comme une "Performance-installation en continu". Le créateur était accompagné par Anton May et Laurie-Anne Langis pour la performance. Marijoe Foucher était la chorégraphe et assistante directrice. Il y avait donc de la danse au programme de cette performance de huit heures, répétée trois jours consécutifs. Intrigué, vous aussi, n'est-ce pas, mais c'est dommage, le tout est terminé, mais je vous en propose quelques lignes suite à mon passage d'un peu plus d'une heure.
Pour m'y rendre, j'ai gravi à pied les escaliers vénérables de ce vieux mais charmant building qu'est "Le Belgo" pour me rendre au cinquième étage jusqu'à la Galerie Trois Points. La porte est ouverte et devant moi, une demie-salle vide (sauf un haut-parleur sur pied) toute de murs blancs entourée et face à moi, une personne à une table, attentive devant un ordinateur. Juste à ma droite, une ouverture vers l'autre partie de la galerie. Au plancher, des traits noirs discontinus et un banc près du mur tout au fond. J'y entre prudemment, respectant les traits noirs, et je découvre les trois artistes en pleine performance qui a débuté, il y presque deux heures. Je suis le seul spectateur pour le moment ! Je prend place sur le banc, après avoir étudié (mot ici un peu galvaudé !) le meilleur endroit.
Seul spectateur pour le moment, je reste attentif à ce qui se passe, aux propos échangés. Ils sont là et jouent, comme s'ils étaient seul. Le tout étant presque exclusivement en langue anglaise, je me concentre, fort, et peu à peu le sens des liens entre ces deux hommes et cette femme m'apparaissent. Ou à tout le moins je le crois, mais qu'en est-il vraiment ? Ils vont et viennent, disparaissant parfois de ma vue, de l'autre côté du mur tout blanc de cette Galerie d'art toute vide.
Les propos d'une grande cohérence sont appuyés par les gestes, les mouvements, mais aussi par l'immobilité des interprètes. La trame musicale habille le tout d'une atmosphère mystérieuse et troublante. Je suis fasciné, parce que le texte de cette prestation, toute naturelle, de huit heures, je le rappelle, semble tout droit sorti d'un script patiemment écrit et appris. Je ne saurais jamais la réponse, ! De cette histoire qui s'étend sur huit heures, donc, des questions émergent. Qui est mon ami ?, de qui restons nous redevable ?, même après la brisure de liens affectifs, qu'est-il possible d'avouer ? Voilà des questions amenées qui résonnent en nous dans cette pièce sans artifices pour nous distraire. Durant ma présence d'abord solitaire, pour les premières minutes, d'autres spectateurs viendront, partiront ou resteront pour découvrir leur bout de cette longue histoire.
Et moi, fasciné et intrigué de ce que j'ai découvert dans ce lieu fort calme et apaisant, je repars. Et heureux aussi d'avoir pu découvrir des territoires nouveaux performatifs.
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mardi 11 septembre 2018
vendredi 30 juin 2017
Sur mes en danse: "Session cool", mais surtout très intéressante
À une connaissance que j'ai croisée en ce vendredi matin 8h30, j'ai dit, "je m'en vais à un show de danse". À la "face" qu'elle m'a fait, je ne suis pas certain qu'elle ma cru ! Et pourtant, c'est bien pour aller voir de la danse que mes pas s'activaient en ce début de journée, quoique que le mot "show" n'était pas tout à fait approprié. Pour ceux et celles qui seraient tentés de penser (tout haut !) que cette introduction est longue, je répondrais que chaque chose doit prendre son temps et que tout se mérite. À titre d'exemple, la création de l'oeuvre dont j'ai pu découvrir une ébauche assez avancée et fort prometteuse de "Un troisième été d'amour" et pour laquelle les premiers pas remontent en 2015. La génèse du projet est un duo de Karenne Gravel et d'Emmalie Ruest du Collectif "Dans son salon". Je ne saurais dire ce qui s'est passé depuis, sauf qu'elle a bénéficié de deux résidences, mais accompagnées par Marijoe Foucher (interprétation), Benjamin Prescott La Rue (dramaturgie) et GabRei (à la musique), nous étions invités à voir d'abord et à échanger ensuite.
Décidément, je prends de plus en plus plaisir à découvrir une oeuvre en processus de création. Le privilège de découvrir les choix et les possibilités des créateurs et de partager mon interprétation et de proposer mes suggestions pour la suite, moi j'aime bien cela ! C'est donc dans une grande salle avec un gros cube vide en plein milieu que j'ai droit d'abord, à un moment de mouvements libres de participants. Par la suite, forts de leurs recherches, les artisans nous parlent de ces moments magiques que l'histoire moderne nous réservent parfois, soit celui, pour l'occasion, du premier "Summer of Love" qui a eu lieu en 1967 (l'année de mes 9 ans et de l'Expo 67 à Montréal). Ce moment de révolution "Peace and Love" qui fût suivi par un deuxième en 1988 et 1989 au Royaume-Uni (initiateur de la culture rave). De ces initiatives spontanées pour "changer le monde", le Collectif pose son regard empreint d'une certaine nostalgie pour les revisiter, ou les réinterpréter ou les faire revivre, c'est selon le point de vue.
Pour ce faire, nous avons droit à quatre tableaux dont il n'est pas question que je décrive ici, il y a tant encore de décisions à prendre avant la première. Malgré tout je peux dire, de cette époque, les tableaux réussissent, selon moi, à en capter l'essence et la symbolique proposée m'a rejoint.
De cette discussion d'après présentation, j'en retiens que des choix fondamentaux sont encore à faire et que, malgré tout ce que les autres pourront dire, ces choix sont de la responsabilité des créateurs. Il en reste que quelque soit la tangente prise, elle devrait satisfaire un public jeune qui découvrira cette époque ou plus âgé qui la revivra. Et dois-je le rappeler, il y a dans le mot passé, "pas" et ces pas se feront sur une scène et, passez vous le mot, ceux de Marijoe Foucher seront fort beaux et instructifs.
Décidément, je prends de plus en plus plaisir à découvrir une oeuvre en processus de création. Le privilège de découvrir les choix et les possibilités des créateurs et de partager mon interprétation et de proposer mes suggestions pour la suite, moi j'aime bien cela ! C'est donc dans une grande salle avec un gros cube vide en plein milieu que j'ai droit d'abord, à un moment de mouvements libres de participants. Par la suite, forts de leurs recherches, les artisans nous parlent de ces moments magiques que l'histoire moderne nous réservent parfois, soit celui, pour l'occasion, du premier "Summer of Love" qui a eu lieu en 1967 (l'année de mes 9 ans et de l'Expo 67 à Montréal). Ce moment de révolution "Peace and Love" qui fût suivi par un deuxième en 1988 et 1989 au Royaume-Uni (initiateur de la culture rave). De ces initiatives spontanées pour "changer le monde", le Collectif pose son regard empreint d'une certaine nostalgie pour les revisiter, ou les réinterpréter ou les faire revivre, c'est selon le point de vue.
Pour ce faire, nous avons droit à quatre tableaux dont il n'est pas question que je décrive ici, il y a tant encore de décisions à prendre avant la première. Malgré tout je peux dire, de cette époque, les tableaux réussissent, selon moi, à en capter l'essence et la symbolique proposée m'a rejoint.
De cette discussion d'après présentation, j'en retiens que des choix fondamentaux sont encore à faire et que, malgré tout ce que les autres pourront dire, ces choix sont de la responsabilité des créateurs. Il en reste que quelque soit la tangente prise, elle devrait satisfaire un public jeune qui découvrira cette époque ou plus âgé qui la revivra. Et dois-je le rappeler, il y a dans le mot passé, "pas" et ces pas se feront sur une scène et, passez vous le mot, ceux de Marijoe Foucher seront fort beaux et instructifs.
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