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jeudi 29 octobre 2020

Sur mes pas en danse: Quand mon écran me présente des moments riches avec "Dancing at Dusk" !

 Un à un mes billets pour découvrir des propositions en salle disparaissent de mon agenda, comme les feuilles tombent en grand nombre de mon érable. Je fais des efforts pour ne pas penser que cela m'amène à traverser une période froide et toute blanche de sorties culturelles ! Dans cette "traversée du désert blanc", il y a des oasis qui se présentent à moi, via mon écran et une de celles là, gracieuseté de Danse Danse, était "Dancing at Dusk". Avec mon "Billet" acheté pour pouvoir découvrir sur une période d'une semaine, cette chorégraphie qui est "Le sacre du printemps", version Pina Bausch par des interprètes africains sur une plage . Une semaine, c'est long, ça laisse du temps pour reporter au "bon moment" pour le procrastinateur que je suis ! Voilà donc pourquoi, c'est à la dernière soirée de sa disponibilité que je me suis installé pour découvrir cette œuvre et les compléments qui l'accompagnent !

                                                          Tirée du site de Danse Danse

Le programme de la "soirée" d'un peu plus soixante-dix minutes comprenait une présentation documentaire fort enrichissant, l'oeuvre elle-même, suivi par un documentaire sur sa création et pour terminer une entrevue de Valérie Lessard avec deux artisans importants de la création de cette version. 

Habilement documenté par Valérie Lessard, je découvre le "Sacre du Printemps" a fait scandale à ses premières présentations.  Qu'il a été repris dans différentes déclinaisons à travers le monde dont quelques unes d'ici dont certaines que j'ai eu l'occasion de voir. Une présentation fort claire et instructive sur cette chorégraphie intemporelle avec en prime, le témoignage lumineux et allumé de Marie Chouinard !

Et puis pendant de trop courtes minutes (environ quarante), sur le sable d'une plage, les interprètes m'amènent loin de mes tracas et de mon isolement de spectateur confiné. Leurs gestes me captivent et je suis le destin de ce groupe de femmes et d'hommes jusqu'à la finale connue de cette femme sacrifiée, mais toujours aussi touchante. 

Le tout se poursuit par des instants très intéressants pour moi, soit des moments de répétition qui permettent de juger le travail fait. Enfin, l'entrevue  de Valérie Lessard avec "Germaine Acogny, directrice artistique de l’École des sables, et Jorge Puerta Armenta, ancien membre du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch et répétiteur (restager) du Sacre du printemps à l’École des sables". De "Dancing at Dusk", j'en apprends son origine, ses enjeux de création et aussi et surtout que la pandémie a interrompu les choses. Il fallait encore du temps pour peaufiner l'oeuvre, mais de cette décision d'en capter la prestation sur le sable s'est avérée excellente. Il est prévu et souhaité que c'est sur une scène qu'elle soit présentée dès que possible et si elle vient à Montréal, ce que je souhaite fortement, j'y serai, promis !

Entretemps, merci au gens de Danse Danse de me permettre de voyager loin de mes tracas quotidiens en temps de confinement !

samedi 22 avril 2017

Sur mes pas en cinédanse: pour de la danse autrement

L'invitation était tentante et elle l'était pour trois bonnes raisons. La première, j'y verrai de la danse. La deuxième, de cette danse, je pourrai l'apprécier différemment, par l'intermédiaire d'une caméra dédiée et d'un montage par la suite utilisé. Et troisièmement, en personne, sera présente Louise Lecavalier pour répondre à nos questions à la suite de la projection des courts métrages, dont un d'entre eux la présente.

                                         Crédit photo : © moeder zweeft van de tafel

Admettez que si les deux premières raisons pourraient laisser un amateur de danse quelque peu hésitant (ce qui n'était pas mon cas), la présence là, juste devant nous, tout proche de cette grande dame, rend la sortie inévitable. Et effectivement, mes pas se sont dirigés à "ma" Maison de la Culture pour cette invitation de Priscilla Guy de Mandoline Hybride et Valérie Lessard.

Je prends ma place dans cette grande salle, pas assez comble pour cette occasion. Après une courte présentation de Valérie Lessard qui nous indique que de la cinédanse, ce n'est pas de la captation vidéo de danse. Au surplus, le feuillet de la soirée Priscilla Guy, nous invite, entre autre "en regardant ces films à apprécier les mouvements des corps chorégraphiés, mais aussi à vous attarder à la façon dont on été chorégraphiés les mouvements de la caméra et ceux du montage.

Le "spectateur" est donc prêt pour la suite, soit la projection en rafale de cinq courts métrages. "Pas de deux" de Norman McLaren (chorégraphie de Ludmilla Chiriaeff avec Margaret Mercier et Vincent Warren), "Gravity of center" de Thibaux Duverneix et Victor Quijada (chorégraphie de Victor Quijada avec Elon Höglund, Emmanuelle LePhan, Daniel Mayo, Anne Plamondon et Victor Quijada), "Singeries" de Priscilla Guy et Catherine Lavoie-Marcus (réalisation, chorégraphie et interprétation), "Off Ground" de Boudewijn Koole (chorégraphie de Jakop Ahlbom avec Louise Lecavalier et Antoine Masson) et "Lay me low" de Marlene Millar (chorégraphie de Sandy Silva avec Andrey Bathory, Sonia Clarke, David Cronkite, Dominic Desrochers, Josée Gagnon, Josianne Laporte, Hélène Lemay, Kimberly Robin, Sandy Silva et Bobby Thompson).

Le tout se passe vite, parce que des oeuvres de 7 à 14 minutes, pour un amateur de danse ce n'est pas très long, mais le concentré présenté réussit à produire un effet fort et surtout fort réussi. Coup de maître que de présenter cette oeuvre de Norman McLaren de 1967 qui, par sa décomposition et surmultiplication des mouvements, tout de noir et de blancs contrastés, rehausse la perception et la sensation visuelle. Pas question de laisser ma nostalgie prendre le dessus, mais quand même, il y avait du très bon dans les vieilles façons de faire.

J'avais vu sur scène "Gravity of center" et "Singeries", par conséquent, très curieux au départ, de découvrir leur passage vers le grand écran. Je peux facilement affirmer que la transposition sur grand écran modifie positivement la présentation de l'oeuvre sans en enlever la substance. Une perspective différente qui mérite que l'on s'y attarde. Une perspective qui fait que l'on voudrait revoir ses oeuvres. Il y a, par exemple, dans "Singeries" une apparente absurdité qui avec la surperposition des singeries nous amène à un deuxième niveau de réflexion. Plus approfondir cette réflexion demanderait de revoir le court.

Ensuite, "Off Ground" avec Louise Lecavalier qui nous présente la relation d'une mère et de son jeune fils et de la mort de la mère. Dans cet espace clos dans lequel il n'y a qu'une table, le tout se joue et nous, nous en sommes des témoins. Un huit minutes fort intense et dans lequel, si je me fie aux réactions des spectateurs après la présentation, l'enfant vole la vedette à la danseuse. Wow !

Enfin "Lay me Low", nous fait accompagner une marche funèbre fort touchante et dans laquelle le rythme des mouvements, des chants et de la musique nous fait bien comprendre l'importance des rituels pour aller de l'avant dans la vie pour ceux qui restent.  Ceux-là, comme nous accompagnons l'âme avant sa traversée du Styx.

Les lumières se rallument et viennent devant Valérie Lessard et Louise Lecavalier. Cette dernière tout simplement nous présente les dessous et les dessus du tournage de ce court métrage qui a demandé de nombreuses tractations pour trouver le moment dans des agendas fort chargés pour des préparatifs ici au Canada et un tournage là-bas en Europe. Un lieu de tournage sans chauffage et dans lequel la neige arrivait par un toit qui avait des allures de gruyère. Mais surtout de la belle relation établie presqu'instantanément avec son jeune partenaire.

Une soirée qui se termine avec la sensation d'avoir fait de belles découvertes et de très belles rencontres. Mes pas me ramènent à la maison avec des images encore en tête et une promesse faite à moi-même, soit d'être à l'affût de ce type de soirée.