À cette soirée de Tangente à laquelle mes pas m'ont porté, les deux oeuvres que j'allais découvrir étaient le fait de créateurs que je connaissais et que j'appréciais. D'abord "Habitat" de et avec Bettina Szabo, dont j'en avais, entre autre, déjà vu deux versions de cette oeuvre dont la première au Studio 303, il plus de 3 ans ! Ensuite, "On the Brink" de et avec Alexandre Mortin et Jonathan Goulet qui tous les deux, un comme chorégraphe et l'autre comme interprète m'ont fait plonger dans un univers marin avec "Breach", l'an dernier. Deux oeuvres avec du propos, mais aussi avec la latitude pour en faire ma lecture personnelle.
C'est donc dans l'Espace vert du Wilder, riche de l'intimité qu'elle permet ("full plein" en cette première soirée), qu'en première rangée, je découvrirai ces deux propositions chorégraphiques.
Je reviendrai sur chacune d'elle, mais en revenant à la maison, j'avais en tête, leur habile utilisation des accessoires pour passer leur message. Deux oeuvres qui ont de ma perspective toute personnelle possèdent un rayonnement spectral très fort dans la partie ultraviolette, soit la partie rationnelle d'une oeuvre. Pour les deux, j'ai trouvé des messages, les messages souhaités, je ne saurais dire, mais des messages qui m'ont touché et voilà pourquoi.
D'abord, dans "Habitat" se présente à nous, un être incarné par Bettina Szabo qui évolue seul loin de nous. Elle, pieds et mains par terre, face regardant en haut, bouge de façon incertaine. Que recherche-t-elle, chacun pourra y trouver sa réponse, mais pour ma part, elle recherche un abri, un "Habitat", une protection face à son environnement ! Et cet abri, elle le trouvera avec ce bel objet de papier dans lequel elle se glisse. Cet objet difficile à décrire, mais fort beau à voir, elle le module avec ses mouvements et selon des intentions connues juste par elle, mais qui, néanmoins, nous permettent de nous laisser toute la place pour notre interprétation. Et puis, une fois sa place fait à l'intérieur, elle se met à rayonner. Et là, mon plaisir du spectateur y trouve son compte d'espoir. Parce que le message, encore latent dans ma tête à ce moment, éclot à mon retour à la maison. Ainsi donc cette femme ou cet homme qui vient de là-bas et qui veux venir ici, devra d'abord s'intégrer pour ensuite contribuer (ou rayonner). Une oeuvre en trois temps, en une trentaine de minutes, qui résume le cheminement d'un être "différent" de là-bas jusqu'à son intégration positive parmi sa communauté d'accueil !
Photo par Guillaume Lavallée
Après la pause, nous reprenons place pour découvrir "On the Brink". Au début, tout est noir et nous apparaît un faisceau de lumière blanche dirigée vers nous sans que l'on en découvre plus sur la scène devant. Peu à peu, au gré de ce faisceau lumineux de plus en plus révélateur, nous apparaît deux hommes dans un environnement lunaire ou post apocalyptique. Il semble être les deux seuls survivants dans un environnement géologique hostile. Peu importe l'objectif de leurs mouvements, il sont à la recherche de quelque chose et bientôt, il semble que l'espace soit trop petit pour les deux. De leur confrontation en résulte que l'un reste et que l'autre est propulsé tout là-bas (ce qui est en fait dans le fond de la scène) sans ses habits. Il y donc celui qui reste et celui qui part, libéré, et nous, nous en sommes témoins. De ma perspective, une fable moderne de notre monde en mode décomposition et du choix que nous devrons faire ou que nous serons forcés de faire !
Photo par Carl-Hugo Poirier
Au final, deux oeuvres fortes de leur esthétique et de leur message qui avaient une résonance forte en moi. Une qui parle de venir ici et l'autre de partir pour là-bas. Deux oeuvres enrobées d'un bel esthétisme et d'une trame musicale fort riche et porteuse. Une soirée qui m'a permis des réflexions fort riches, cela grâce à des jeunes qui ont vu des aspects de notre monde d'une façon toute personnelle.
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samedi 18 janvier 2020
samedi 28 septembre 2019
Sur mes pas en danse: "Cadavre", une proposition riche et intense
C'était, il y a un an et mes pas m'avaient porté à une proposition "hors-norme", soit "Shelter In Shadows" de Jay Cutler qui était une performance-installation en continu de huit heures, répétée trois jours consécutifs, pour trois interprètes, dont une interprète en danse. Durant cette rencontre, j'avais été fasciné et j'en étais reparti avec, en tête, les questions de ces deux hommes pour le "après" du départ, de la coupure du lien avec l'autre ou les autres. N'ayant pas été présent à la fin de cette prestation, je n'avais pas envisagé qu'elle aurait une suite. Et suite, il y a et il y aura, puisque j'avais assisté, sans le savoir, à la première partie d'une trilogie, dont la deuxième partie, "Cadavre", solo chorégraphique a été présenté au MAI.
Mais, lorsque je le l'ai su, mon agenda était déjà plein pour les deux soirées de présentation. Les "dieux" de la danse étant bons pour moi, puisque du créateur, j'ai reçu l'offre d'assister à la générale ! Voilà donc, en un après-midi gris et pluvieux, pourquoi je me rends dans le café du MAI pour y être accueilli par Jay Cutler, tout souriant et ne semblant pas trop nerveux, la veille de la première. Il m'explique les prémisses de sa création dont le "cristallite" est le personnage de cette femme de la première partie de sa trilogie. Cette femme qui évoluait muette avec ces deux hommes, il la voyait avec son destin.
Et puis arrive le moment où les portes s'ouvrent et se referment sur le seul spectateur que j'ai été. Une fois bien assis, je découvre cette femme (Bettina Szabo), corps immobile baigné par un éclairage qui évoluera tout au long des quinze minutes que durera l'entrée en salle des spectateurs et enveloppé d'une trame musicale toute douce propice à la contemplation du corps. L'effet de la variation de l'éclairage sur notre perception de ce corps est particulièrement réussie. Par exemple, au tout début, il y a ce bleu qui rend le corps "neutre", suivi par un vert qui lui donne une apparence cadavérique (d'une blancheur troublante) et ensuite un rouge qui semble nous la ramener à la vie dans nos souvenirs. Tout au long des variations des éclairages, sans que ce corps ne bouge, nous sommes amenés à créer notre histoire à partir de notre perception spectrale.
Pause
Recommandation du spectateur: Si cette oeuvre revenait à l'affiche, et elle le mériterait pleinement, je vous propose d'être présent dès l'ouverture des portes (15 minutes avant) pour apprécier cette mise en abyme de ce qui suivra.
Fin de la pause
Et puis arrive le moment où ce corps s'anime, peu à peu. Ce que souhaite nous présenter le chorégraphe, "Édith (cette femme) entre dans le monde des fantômes après avoir été emportée par l'océan.", je le ressens bien. Sa transition entre son enveloppe corporelle, laissée derrière, je la suis attentivement. Les différentes émotions qu'elle ressent, je les perçois fort bien. Sans jamais s'exprimer oralement, ce corps me parle. Que ce soit lorsqu'elle tourne autour du vide laissé derrière elle (montré par un faisceau d'éclairage), ou qu'elle le regarde, j'ai bien ressenti ses émotions, de rage, de tristesse et de désespoir aussi qui l'habitaient. Les gestes de ce corps qui tente de se sortir de ce tourbillon, pour pouvoir prendre son envol pour partir libre, je les ai suivi avec attention. J'ai particulièrement apprécié les tableaux dans lesquels les mains s'exprimaient pour cette bouche muette. J'ai aussi senti cet esprit vieillir, lâcher prise, et laisser derrière lui, ses regrets, avant son départ définitif.
Avec "Cadavre", Jay Cutler nous propose une perspective sur le départ définitif de notre esprit de la surface de la terre, une fois sorti de son enveloppe corporelle, Un esprit qui doit se libérer des dernières entraves émotionnelles rattachées à ses souvenirs. La performance de Bettina Szabo nous la présente avec doigté et intensité.
Une oeuvre qui mérite d'être représenté et si c'était le cas, j'y retourne !
Mais, lorsque je le l'ai su, mon agenda était déjà plein pour les deux soirées de présentation. Les "dieux" de la danse étant bons pour moi, puisque du créateur, j'ai reçu l'offre d'assister à la générale ! Voilà donc, en un après-midi gris et pluvieux, pourquoi je me rends dans le café du MAI pour y être accueilli par Jay Cutler, tout souriant et ne semblant pas trop nerveux, la veille de la première. Il m'explique les prémisses de sa création dont le "cristallite" est le personnage de cette femme de la première partie de sa trilogie. Cette femme qui évoluait muette avec ces deux hommes, il la voyait avec son destin.
Et puis arrive le moment où les portes s'ouvrent et se referment sur le seul spectateur que j'ai été. Une fois bien assis, je découvre cette femme (Bettina Szabo), corps immobile baigné par un éclairage qui évoluera tout au long des quinze minutes que durera l'entrée en salle des spectateurs et enveloppé d'une trame musicale toute douce propice à la contemplation du corps. L'effet de la variation de l'éclairage sur notre perception de ce corps est particulièrement réussie. Par exemple, au tout début, il y a ce bleu qui rend le corps "neutre", suivi par un vert qui lui donne une apparence cadavérique (d'une blancheur troublante) et ensuite un rouge qui semble nous la ramener à la vie dans nos souvenirs. Tout au long des variations des éclairages, sans que ce corps ne bouge, nous sommes amenés à créer notre histoire à partir de notre perception spectrale.
Pause
Recommandation du spectateur: Si cette oeuvre revenait à l'affiche, et elle le mériterait pleinement, je vous propose d'être présent dès l'ouverture des portes (15 minutes avant) pour apprécier cette mise en abyme de ce qui suivra.
Fin de la pause
Et puis arrive le moment où ce corps s'anime, peu à peu. Ce que souhaite nous présenter le chorégraphe, "Édith (cette femme) entre dans le monde des fantômes après avoir été emportée par l'océan.", je le ressens bien. Sa transition entre son enveloppe corporelle, laissée derrière, je la suis attentivement. Les différentes émotions qu'elle ressent, je les perçois fort bien. Sans jamais s'exprimer oralement, ce corps me parle. Que ce soit lorsqu'elle tourne autour du vide laissé derrière elle (montré par un faisceau d'éclairage), ou qu'elle le regarde, j'ai bien ressenti ses émotions, de rage, de tristesse et de désespoir aussi qui l'habitaient. Les gestes de ce corps qui tente de se sortir de ce tourbillon, pour pouvoir prendre son envol pour partir libre, je les ai suivi avec attention. J'ai particulièrement apprécié les tableaux dans lesquels les mains s'exprimaient pour cette bouche muette. J'ai aussi senti cet esprit vieillir, lâcher prise, et laisser derrière lui, ses regrets, avant son départ définitif.
Avec "Cadavre", Jay Cutler nous propose une perspective sur le départ définitif de notre esprit de la surface de la terre, une fois sorti de son enveloppe corporelle, Un esprit qui doit se libérer des dernières entraves émotionnelles rattachées à ses souvenirs. La performance de Bettina Szabo nous la présente avec doigté et intensité.
Une oeuvre qui mérite d'être représenté et si c'était le cas, j'y retourne !
jeudi 10 août 2017
Sur mes pas au Festival ZH: Danse et théâtre au menu
Je viens d'effectuer ma deuxième et fort probablement dernière visite au Festival ZH dont la programmation de cette édition était assez peu garnie en danse. Pour cette soirée, première partie danse, "Habitat" de et avec Bettina Szabo (création dont j'avais bien apprécié les "premiers pas" au Studio 303 l'an dernier, http://surlespasduspectateur.blogspot.ca/2016/10/sur-mes-pas-imprevus-en-danse-au-studio.html) qui sera suivie par la proposition théâtrale "Chef d'oeuvre" de Christian Lollike (adaptée par la Charles Dauphinais).
"Pas mal de monde", encore une fois pour cette soirée et "tout ce beau monde" prend place dans la grande salle pour découvrir dans "Habitat", grâce à un faible, mais efficace faisceau de lumière, un être qui semble venir des profondeurs de la mer ou du dedans de soi. Apprivoisant ses gestes, je découvre là, tout au fond, de dos à moi, un être ou une femme qui par ses beaux mouvements semble polymorphique. Si ma raison ne fonctionnait pas, j'aurais été tenté de dire que parfois, elle me faisait face avec sa chevelure devant la figure. L'ombre se dévoilait juste assez pour ne pas perdre tous mes repères. Les gestes captivent, mais qui est-elle ? Peu à peu, elle s'approche de nous pour prendre possession d'une toile toute d'épines composée (sculpture de Jacinthe Derasp) et l'endosse pour se métamorphoser en une chose, coquillage de mer (meilleur terme que je puisse utiliser). Cette forme, éclairée de l'intérieur, se déforme, semble se moduler à partir des sentiments de l'être qui l'habite et qui parfois semble vouloir en sortir. L'évolution est captivante, mais surtout magnifique à voir. J'ai l'impression, de voir mon coeur se débattre en dedans de moi lorsqu'il bat de la chamade (cette image de coeur fortement ressentie la premièere fois, me revient encore). La grande question est, se libérera-t-elle de cette enveloppe ? Les déformations deviennent extrêmes et oui, amèneront le corps à devenir libre et exposé devant. Corps tout affirmé avant de nous quitter, après tout ce chemin ou ce parcours intérieur fait en une trentaine de minutes fort bien remplies et efficacement enrobées par la trame musicale de Brice Gatine.
Guillaume Vallée - Métamorphose, Studio 303, 2016
Si à la fin de la présentation, j'étais tenté de proposer d'inverser les deux premières et principales parties, le temps passant, ma lecture de l'oeuvre évoluant, je suis moins convaincu. Il en reste que de cette performance, il y a là s'y retrouver et aussi, mais surtout apprécier une belle et exigeante prestation de Bettina Szabo, fortement et sincèrement applaudie.
Le temps d'un court entracte et l'appel d'usage, nous nous dirigeons vers le Cube, endroit situé en haut du même édifice. Nous sommes invités à prendre place sur l'une des chaises placées en deux rangées, face à face et séparées par un bras de distance. Dans cet aménagement des lieux, notre voisin est derrière, à côté, mais aussi juste devant. Pas de scène, sinon deux fauteuils au bout de l'allée séparant les sièges de la salle. Et tout à coup, les quatre interprètes se "dévoilent" et sont parmi nous, dont une juste devant moi. L'effet de surprise est réussi. Le débat entre les personnages qui s'en suit sur la tragédie du 11 septembre, débat initié par la citation du compositeur Karlheinz Stockhausen, "Les avions qui ont percuté les World Trade Center le 11 septembre 2001 ont produit l'oeuvre d'art la plus grandiose de tous les temps." (tirée du site du festival). Déjà, avec cette affirmation, la réaction dans la salle est fort évidente. La suite nous entraîne dans une suite d'échanges qui interpelle, perturbe, choque même. La réaction dans cette petite salle et dont la moitié se retrouve juste devant moi en est fort éloquente. Le propos percute et comme pour l'actualité des derniers jours, les dérives sur l'étranger se font grandes et fréquentes. Jusqu'au moment, arrivant de nulle part, ce personnage omniprésent d'abord dans le propos, de Mohamed, s'adresse calmement à nous pour replacer certains enjeux.
Une oeuvre qui a tout pour choquer (je vous fait grâce de certains extraits qui comparent les pires excès des comportements humains et de l'importance d'être à la TV), mais qui peut aussi faire réfléchir, une fois notre ébranlement intérieur passé. Une oeuvre audacieuse avec des artisans qui le sont tout autant, Mustapha Aramis, Charles Dauphinais, Dominick Rustam Chartrand, Catherine Le Gresley, Julie Tessier et, ma "voisine du siège d'en face" Tatiana Zinga Botao.
"Pas mal de monde", encore une fois pour cette soirée et "tout ce beau monde" prend place dans la grande salle pour découvrir dans "Habitat", grâce à un faible, mais efficace faisceau de lumière, un être qui semble venir des profondeurs de la mer ou du dedans de soi. Apprivoisant ses gestes, je découvre là, tout au fond, de dos à moi, un être ou une femme qui par ses beaux mouvements semble polymorphique. Si ma raison ne fonctionnait pas, j'aurais été tenté de dire que parfois, elle me faisait face avec sa chevelure devant la figure. L'ombre se dévoilait juste assez pour ne pas perdre tous mes repères. Les gestes captivent, mais qui est-elle ? Peu à peu, elle s'approche de nous pour prendre possession d'une toile toute d'épines composée (sculpture de Jacinthe Derasp) et l'endosse pour se métamorphoser en une chose, coquillage de mer (meilleur terme que je puisse utiliser). Cette forme, éclairée de l'intérieur, se déforme, semble se moduler à partir des sentiments de l'être qui l'habite et qui parfois semble vouloir en sortir. L'évolution est captivante, mais surtout magnifique à voir. J'ai l'impression, de voir mon coeur se débattre en dedans de moi lorsqu'il bat de la chamade (cette image de coeur fortement ressentie la premièere fois, me revient encore). La grande question est, se libérera-t-elle de cette enveloppe ? Les déformations deviennent extrêmes et oui, amèneront le corps à devenir libre et exposé devant. Corps tout affirmé avant de nous quitter, après tout ce chemin ou ce parcours intérieur fait en une trentaine de minutes fort bien remplies et efficacement enrobées par la trame musicale de Brice Gatine.
Guillaume Vallée - Métamorphose, Studio 303, 2016
Si à la fin de la présentation, j'étais tenté de proposer d'inverser les deux premières et principales parties, le temps passant, ma lecture de l'oeuvre évoluant, je suis moins convaincu. Il en reste que de cette performance, il y a là s'y retrouver et aussi, mais surtout apprécier une belle et exigeante prestation de Bettina Szabo, fortement et sincèrement applaudie.
Le temps d'un court entracte et l'appel d'usage, nous nous dirigeons vers le Cube, endroit situé en haut du même édifice. Nous sommes invités à prendre place sur l'une des chaises placées en deux rangées, face à face et séparées par un bras de distance. Dans cet aménagement des lieux, notre voisin est derrière, à côté, mais aussi juste devant. Pas de scène, sinon deux fauteuils au bout de l'allée séparant les sièges de la salle. Et tout à coup, les quatre interprètes se "dévoilent" et sont parmi nous, dont une juste devant moi. L'effet de surprise est réussi. Le débat entre les personnages qui s'en suit sur la tragédie du 11 septembre, débat initié par la citation du compositeur Karlheinz Stockhausen, "Les avions qui ont percuté les World Trade Center le 11 septembre 2001 ont produit l'oeuvre d'art la plus grandiose de tous les temps." (tirée du site du festival). Déjà, avec cette affirmation, la réaction dans la salle est fort évidente. La suite nous entraîne dans une suite d'échanges qui interpelle, perturbe, choque même. La réaction dans cette petite salle et dont la moitié se retrouve juste devant moi en est fort éloquente. Le propos percute et comme pour l'actualité des derniers jours, les dérives sur l'étranger se font grandes et fréquentes. Jusqu'au moment, arrivant de nulle part, ce personnage omniprésent d'abord dans le propos, de Mohamed, s'adresse calmement à nous pour replacer certains enjeux.
Une oeuvre qui a tout pour choquer (je vous fait grâce de certains extraits qui comparent les pires excès des comportements humains et de l'importance d'être à la TV), mais qui peut aussi faire réfléchir, une fois notre ébranlement intérieur passé. Une oeuvre audacieuse avec des artisans qui le sont tout autant, Mustapha Aramis, Charles Dauphinais, Dominick Rustam Chartrand, Catherine Le Gresley, Julie Tessier et, ma "voisine du siège d'en face" Tatiana Zinga Botao.
dimanche 9 octobre 2016
Sur mes pas imprévus en danse au Studio 303: lorsque la noirceur se fait éclairante
La semaine se faisait tranquille, côté danse, mais pour peu que l'on soit attentif, il y avait une sortie intéressante. Et c'est au Studio 303 que l'on pouvait la faire et par conséquent, mes pas m'y ont amené. "Métamorphose" était le titre de cette proposition qui nous présentait deux oeuvres différentes sur ce thème et qui sont des "projets collaboratifs entre artistes visuels et artistes du mouvement".
Photo de Simon Allard
Vous me permettrez, pour la suite, de vous amener pas à pas dans ce qui nous sera présenté. Et il semble que c'est avec une salle "comble" que cela l'a été et, selon moi, c'était tout à fait mérité.
En entrée de jeu, on nous demande de faire confiance, mettre notre angoisse de côté et d'entrer dans une salle tout à fait noire, pour découvrir la première oeuvre, celle de Paul Chambers, David-Alexandre Chabot et Annie Gagnon. Pour moi, il y aura bien durant le temps que les autres prennent place quelques photons non contrôlés qui me permettront de voir que près de moi, d'autres y sont aussi, tout à côté.
Arrive le moment du début de cette oeuvre qui se présentera à nous en trois tableaux. Comme je souhaite fort qu'elle soit représentée et que le plaisir de découvrir, en est un fort important, je me contenterai de rester assez flou. Donc, durant la découverte de ces trois tableaux, il y aura le premier que je nommerai "L'apparition" et durant laquelle un personnage tout aussi céleste que mystérieux se présente à nous de dos. L'éclairage est mystérieux, mais l'effet esthétique de contraste nous garde bien captif. S'en suit, brusquement, celui de "La prise de contact" qui s'avère globalement fascinant, mais individuellement différent. Plusieurs y succomberont, mais moi, je n'ai pas eu cette chance (à prendre au premier degré ici, parce que j'ai bien beaucoup apprécié ce tableau). S'en suit, celui de "la Révélation", qui marquera une transition surprenante vers la découverte de ce personnage qui se dévoile à nous dans une humanité gestuellement bien exprimée.
Je ne parlerai pas ici de la technologie utilisée tout au long de ce parcours mais, je le rappelle, la découverte de ce personnage venu parmi nous, muni de certains attributs qui éclairent la rencontre, mérite le plaisir de la découverte. Au final, une rencontre artistique qui mériterait une reprise enrichie. Si elle se produisait, avec grand plaisir, j'y serai, promis !
Court entracte et nous revenons en salle, assis sur des sièges, cette fois, pour découvrir une autre métamorphose, celle proposée par Bettina Szabo (à l'interprétation), Brice Gatinet (aux effets sonores et musicaux) et Jacinthe Derasp (à l'objet et sur cet objet de papier, je resterai assez flou). Le tout débute encore une fois dans le noir, question cette fois d'installer l'objet, qui deviendra le cristallite de la métamorphose et du changement. S'en suit, une vingtaine de minutes durant lesquelles, l''interprète et l'objet seront pour moi, pour l'un, le coeur et pour l'autre, le corps. Subjugué, et le mot est faible, tout au long de ce trop court moment durant lequel le corps prenait possession du coeur, en le faisant palpiter et vibrer. Le coeur de son côté, prenait possesion du corps pour l'animer dans une esthétique qui m'aurait gardé captif de beaucoup plus long moments. Les effets sonores rehaussaient le tout, sans que j'en sois vraiment conscient, un peu quand même, puisque je le mentionne.
Au final, deux belles oeuvres fort prometteuses créées dans des conditions difficiles et précipitées (conclusions personnelles, suite à la discussion qui en ont suivi la présentation), mais qui, grâce au Studio 303, déjà permettent d'espérer un avenir fort prometteur aux spectateurs qui n'ont pas peur du noir.
Photo de Simon Allard
Vous me permettrez, pour la suite, de vous amener pas à pas dans ce qui nous sera présenté. Et il semble que c'est avec une salle "comble" que cela l'a été et, selon moi, c'était tout à fait mérité.
En entrée de jeu, on nous demande de faire confiance, mettre notre angoisse de côté et d'entrer dans une salle tout à fait noire, pour découvrir la première oeuvre, celle de Paul Chambers, David-Alexandre Chabot et Annie Gagnon. Pour moi, il y aura bien durant le temps que les autres prennent place quelques photons non contrôlés qui me permettront de voir que près de moi, d'autres y sont aussi, tout à côté.
Arrive le moment du début de cette oeuvre qui se présentera à nous en trois tableaux. Comme je souhaite fort qu'elle soit représentée et que le plaisir de découvrir, en est un fort important, je me contenterai de rester assez flou. Donc, durant la découverte de ces trois tableaux, il y aura le premier que je nommerai "L'apparition" et durant laquelle un personnage tout aussi céleste que mystérieux se présente à nous de dos. L'éclairage est mystérieux, mais l'effet esthétique de contraste nous garde bien captif. S'en suit, brusquement, celui de "La prise de contact" qui s'avère globalement fascinant, mais individuellement différent. Plusieurs y succomberont, mais moi, je n'ai pas eu cette chance (à prendre au premier degré ici, parce que j'ai bien beaucoup apprécié ce tableau). S'en suit, celui de "la Révélation", qui marquera une transition surprenante vers la découverte de ce personnage qui se dévoile à nous dans une humanité gestuellement bien exprimée.
Je ne parlerai pas ici de la technologie utilisée tout au long de ce parcours mais, je le rappelle, la découverte de ce personnage venu parmi nous, muni de certains attributs qui éclairent la rencontre, mérite le plaisir de la découverte. Au final, une rencontre artistique qui mériterait une reprise enrichie. Si elle se produisait, avec grand plaisir, j'y serai, promis !
Court entracte et nous revenons en salle, assis sur des sièges, cette fois, pour découvrir une autre métamorphose, celle proposée par Bettina Szabo (à l'interprétation), Brice Gatinet (aux effets sonores et musicaux) et Jacinthe Derasp (à l'objet et sur cet objet de papier, je resterai assez flou). Le tout débute encore une fois dans le noir, question cette fois d'installer l'objet, qui deviendra le cristallite de la métamorphose et du changement. S'en suit, une vingtaine de minutes durant lesquelles, l''interprète et l'objet seront pour moi, pour l'un, le coeur et pour l'autre, le corps. Subjugué, et le mot est faible, tout au long de ce trop court moment durant lequel le corps prenait possession du coeur, en le faisant palpiter et vibrer. Le coeur de son côté, prenait possesion du corps pour l'animer dans une esthétique qui m'aurait gardé captif de beaucoup plus long moments. Les effets sonores rehaussaient le tout, sans que j'en sois vraiment conscient, un peu quand même, puisque je le mentionne.
Au final, deux belles oeuvres fort prometteuses créées dans des conditions difficiles et précipitées (conclusions personnelles, suite à la discussion qui en ont suivi la présentation), mais qui, grâce au Studio 303, déjà permettent d'espérer un avenir fort prometteur aux spectateurs qui n'ont pas peur du noir.
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Métamorphose,
Paul Chambers,
Studio 303
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