dimanche 12 août 2018

Sur mes pas en danse: une visite très intéressante en studio avec Karine Ledoyen et sa gang.

Toute histoire à un début, avec parfois des incertitudes et des revirements inattendus pour, tous le souhaitent, bien finir. Et ce fût le cas pour celle qui a précédé ma visite en studio durant la création de "La glorieuse fragilité" de Karine Ledoyen qui sera présentée à la fin du mois de novembre à l'Agora de la danse.

                                         Tirée du site de l'Agora de la danse

Le tout commence par une invitation envoyée sur les réseaux sociaux pour assister à une représentation publique en cours de création et d'une hésitation de ma part, donc trop tard ! Un peu plus tard, une deuxième opportunité, répondue rapidement, mais pas encore assez vite. Dommage, mais c'est la vie, dirait mon petit-fils fort sagement ! L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais non ! Je reçois un message personnel de la chorégraphe pour me proposer une invitation à un autre moment pour une présentation plus intime, à la fin d'une semaine de création. Là, aucune hésitation, ma demie-journée a été, "to the go", réservée. Le spectateur est aux oiseaux !

Mes pas m'amènent donc rue St-André. À l'heure prévue, je suis accueilli par l'assistante de la chorégraphe à la porte de l'édifice pour entrer et par la suite, grimper jusqu'à tout en haut dans un studio. Déjà présents, la chorégraphe qui m'accueille et le reste de sa gang.

Après les remerciements de ma part, elle m'apprend qu'une blessure (pas trop importante, heureusement !) fera en sorte que la suite se fera à trois interprètes (Elinor Fueter, Ariane Voineau et Simon Renaud), Jason Martin devant récupérer d'une mauvaise rencontre de son pied lors d'une prestation de la veille. Ce qui m'a permis de constater, une fois de plus, la grande capacité que doivent avoir les créateurs en danse pour s'adapter aux imprévus sans empêcher la préparation de l'oeuvre jusqu'au moment annoncé de sa présentation publique.

Une fois l'arrivée de la deuxième et dernière spectatrice, oui ! nous serons deux !, les présentations de tous se font. Nous apprenons le point de départ de la création (le départ de l'interprète du monde de la danse), le cristallite d'inspiration, la démarche et les intentions. À partir de témoignages recueillis qu'elle a recueillis, la chorégraphe nous indique aussi que sa perspective initiale de sa création a depuis évolué vers de nouveaux horizons. À nous de voir, maintenant.

Nous prenons place, entre la chorégraphe, son assistante et sa consultante artistique et répétitrice (Ginelle Chagnon). Nous aurons donc droit à une présentation, sans éclairage, ni projections, ni textes, avec un interprète en moins, le "squelette" de l'oeuvre, dixit la chorégraphe. Essentiellement, des mouvements pour montrer, quelques indications et notre imagination pour compléter, exercice fort intéressant pour le spectateur que je suis.

Sans trahir trop de "secrets" pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, je peux néanmoins dire que l'oeuvre ne s'avère pas lourde, ni triste, malgré la thématique du départ proposée, au contraire. En plus, de façon surprenante et inattendue, ce que j'y ai vu, m'a rejoint, moi le prof devenu depuis peu retraité et ayant laissé le plaisir d'être devant une classe. J'y ai vu aussi des moments de complicité, de jeu, d'intimité, mais aussi de déséquilibre et de fragilité. Une incursion fort intéressante dans le monde de la danse, dans l'intimité du vécu et du ressentir personnel. Un complément approprié à ma lecture récente de "Ob-scène" d'Énora Rivière (http://surlespasduspectateur.blogspot.com/2018/06/sur-mes-pas-de-lecteur-spectateur-en.html).

L'oeuvre me semble tout avoir pour rejoindre différents types de spectateurs. Elle recèle des moments forts, dont un, (un des duos féminins) qui m'a ému plus particulièrement et un autre qui montrait un solo qui aurait dû être un duo, comme je l'appris à la fin. Cet être absent, il était là dans les bras de l'autre, oh oui !

Il s'en est suivi une intéressante discussion qui m'a permis de me rappeler les différences facettes de la vie professionnelle d'un interprète qui ne sont pas que sur scène. Son départ implique bien d'autres aspects et la variété des tableaux l'illustre bien.

Autre observation fort intéressante pour moi, est la réaction de la chorégraphe, suite aux possibilités amenées par cette présentation avec un absent, de suites possibles. À l'écoute,  mais qui a dit avec tact et aplomb que pour la suite, c'est elle qui verra. Après avoir encore une fois remercié tout le monde  et Karine Ledoyen, plus spécialement, pour ces moments privilégiés et très appréciés, je quitte porté de réflexions sur les situations de passage et de transition dans la vie, alimentées par les mouvements et les échanges récents. Je serais aussi tenté d'ajouter, que j'en retiens aussi qu'un interprète peut "sortir"du monde de la danse, mais que l'on ne peut pas sortir la danse de l'interprète, comme c'est le cas de bien d'autres personnes dont l'enseignant que je suis. J'ai, donc, bien hâte pour le rendez-vous officiel pour en découvrir le chemin parcouru vers le résultat final.

jeudi 9 août 2018

Sur mes pas au théâtre: Des "Fragments d'Ana" au propre comme au figuré

Bon OK, le titre est quelque peu nébuleux, sinon obscur, mais promis je vais dégager le ciel de vos nuages interrogatifs. Mais il faudra être patient et la patience est une vertu qui se "cultive" ! Tout comme les proches d'Ana devront la cultiver aussi.

                                          Tirée du site de ZH Festival

Mais commençons par le début. À cette proposition théâtrale du ZH Festival, j'ai décidé de me rendre parce que Patricia (Rivas), y était et que le sujet intéressait ma blonde. Cette proposition était un laboratoire (ça, j'aime ça beaucoup, mais pas parce que l'ex-prof de chimie que j'étais, appréciait les laboratoires !) et c'était "hors les murs", soit quelque part, sans être dans une salle de présentation habituelle. Donc, une fois rendus rue Ontario, nous recevons "l'invitation" officielle pour assister à une fête d'anniversaire chez Ana dans une maison du quartier. Le temps que la vingtaine de spectateurs arrivent au point de départ, nous entreprenons notre marche, mettant les pas du spectateur en pleine action, pour une dizaine de minutes jusqu'à une adresse, rez-de-chaussée, rue de Chambly. Cette marche nous permet d'avoir un échange avec Ligia Borges (metteure en scène, guide et fort bonne accompagnatrice aussi)

Une fois, tous rendus, nous sommes accueillis à la porte par Ana ((Isabel Dos Santos) en robe de chambre, surprise par notre arrivée, elle avait oublié ! Et c'est au rez-de-chaussée d'une maison du quartier que nous rentrons pour devenir spectateur-participant d'une fête, croustilles en soutien, pour sa fille (Patricia Rivas). Mais la fille n'est pas là, sûrement à cause d'une panne de métro ! et la mère est bien embêtée de son retard, tandis que la fille est à quelques heures de vol de la maison. Dans ce salon, nous découvrirons cette femme qui nous entretient une fois ou deux de ses fragments de vie et qui nous interpelle gentiment aussi. Si sa solitude intérieure frappe d'abord, c'est son isolement qui nous touche surtout.

Sous la surface, rapidement, nous sentons que quelque chose cloche et nous le ressentons bien. À preuve, lorsqu'elle demande à une des spectatrices si elle lui a déjà parlé du sauvetage du dauphin, celle-ci lui répond non, malgré que quelques minutes à peine avant, nous avions eu droit à cette histoire. Cette femme, nous devons la ménager et le message a bien passé.

Arrive la fin de la "fête", sans la fille ! Après les applaudissements, nous sommes conviés dans la cour arrière pour un échange avec les artisans. C'est donc dans une cour arrière de Hochelaga-Maisonneuve que les spectateurs ont pu donner leurs impressions et exprimer leurs souhaits pour cette oeuvre qui sera présentée en 2019. Moments forts intéressants pour tous dont moi, parce qu'ils m'ont permis de découvrir le spectre des perceptions face aux mêmes moments. En cette soirée chaude du mois d'août, nous avions eu droit à des fragments (fort prometteurs) de la pièce en création, d'une femme qui nous revit des fragments de sa vie avec sa tête qui peu à peu dérape et lui échappe. Merci aux lecteurs et lectrices patient.e.s !

De ce laboratoire, j'en retiens que le sujet est prometteur et pertinent et que les ingrédients sont là. La proposition, une fois peaufinée et certains enjeux dramatiques résolus, nous aurons droit à une rencontre tout aussi mémorable que touchante. Rencontre que je promets d'avoir avec cette femme attachante.


mardi 7 août 2018

Sur mes pas au cinéma: "Three Identical Strangers" à voir absolument !

La bande annonce m'avait intrigué et les quatre étoiles et demie d'André Lavoie du Devoir et sa phrase "Le documentariste Tim Wardle jongle ici avec de multiples dilemmes éthiques et s’exécute avec brio, forçant le spectateur à s’interroger sur une foule d’enjeux, au lieu de seulement s’apitoyer sur le sort de ces victimes de scientifiques à la moralité élastique.", m'ont convaincu. C'est donc au Cinéma du Parc que j'ai découvert l'histoire de ces triplets séparés à la naissance (et s'il n'y avait qu'eux !!!) dans des objectifs scientifiques et aussi tenter de répondre à la question "inné ou acquis ?"

Photo de Métropole Films tirée du site du Devoir

Avec une présentation fort bien amenée, nous découvrons le destin, jusqu'à ce jour, des trois hommes, triplets "identiques" en apparence. À une époque pas si lointaine, les années 1960, jusqu'où la science, celle de chercheurs dits sérieux et honorables, peut aller ? Ici à Montréal dans les années 1950, nous avons connu l'Opération Bluebird, pour laquelle "le docteur Cameron, ancien colonel de l'armée américaine, reçoit 25 millions de dollars de Washington pour procéder à des expériences sous le couvert de traitements thérapeutiques", avec au menu, électrochoc, lavage de cerveau et administration de LSD. (http://archives.radio-canada.ca/sports/securite_nationale/clips/5496/).

Le documentaire de Tim Wardle réussit fort bien par étapes successives, parfois drôles, légères, mais aussi troublantes et dramatiques) à nous présenter autant les différents aspects humains que scientifiques. Impossible de ne pas être interpellé face à ce qui est arrivé que par l'apparente indifférence montrées par les membres de l'équipe de recherche retrouvés pour ce film. 

La version anglaise sous-titrée en français permet de bien saisir le ton des personnes présentées et de bien comprendre la teneur de leurs propos.

lundi 6 août 2018

Sur mes pas de spectateurs en vacances: retour sur mes traces laissées dans des parcs du Québec.

La bête urbaine, toute spectatrice qu'elle puisse être, a pris congé de "sa" ville et pour l'occasion a décidé d'explorer certains lieux dans la Beauce et ses environs. L'objectif recherché, tout simple, était de découvrir de nouveaux horizons en marchant dans des sentiers pas trop achalandés. Au retour de cette courte expédition, "loin de mes terres", je peux dire mission accomplie. Au final, trois randonnées pédestres réussies et visite d'un zoo, fort inspirant, qui intéressait autant les jeunes que les moins jeunes. Voici donc quelques mots sur chacun de ces endroits.

Premier arrêt, le Parc régional des Grandes-Coulées (Secteur de la Forêt Ancienne) dans la région du Centre du Québec, près de Plessisville. Un sentier qui permet de découvrir d'un côté à l'aller et de l'autre au retour les berges de la Rivière Noire, qui permet une promenade fort agréable au son de l'eau qui coule. Et pour les jeunes et les plus vieux aussi, une piste d'hébertisme à l'entrée du parc. Une vingtaine de stations, dix-huit plus précisément, toutes en bois et en cordages, de facile à difficile qui pourraient occuper des jeunes et des moins jeunes pendant de longs et beaux moments, gratuitement !

                                          Photo tirée du site du Parc

Parce que la ville de Thetford Mines, destination prévue de notre escapade hors de l'île, était l'hôte des Jeux du Québec et avait peu de place pour nous, nous avons mis le cap sur la ville de Sainte-Marie (de Beauce). Tout proche du motel qui a été notre hébergement pour la nuit, nous avons pu découvrir un parc écologique et historique, en plein milieu de la ville, celui du "Domaine Taschereau". À la différence de notre Mont-Royal, bien à l'abri des crues printanières, ce lieu et ses différents sentiers sont dans une zone inondable dont les différents niveaux sont indiqués à différents endroits. Partant du bureau de renseignements touristiques, dont la jeune fille au poste nous a fourni plein d'informations sur le lieu, il y a d'abord la haute passerelle (Passerelle Placide-Poulin). Passerelle fort haute en apparence, mais si les eaux s'élèvent aux "cents ans", elle nous permettra à peine de rester au sec, impressionnant ! Une fois la Passerelle franchie, nous pouvons descendre et aller à la rencontre de la rivière Chaudière, bien sage dans son lit d'été et des ruisseaux bien timides tout autour. Régulièrement, des poteaux nous indiquent la hauteur des crues, des hauteurs à qui l'eut crû !

Photo tirée du site du Domaine Taschereau
Une fois, notre randonnée terminée, retour boulevard Vachon pour nous rendre à notre prochaine étape, le Miller Zoo à Frampton, plus à l'est, dont la devise est "Admirez, éduquez, respectez".
Si les sentiers dans cet endroit étaient fort achalandés, la gestion des déplacements en valaient la peine. Pour peu que l'on se renseigne, il est évident que cet endroit est particulier. D'abord, par le fait que les animaux que l'on peut y découvrir ont des histoires particulières colorées par l'abandon et la fin de leur malheur. En effet, les animaux que l'on y retrouve ont été récupérés dans des appartements (des renards), rejetés par d'autres endroits (zoo et refuge), blessés (tel cet ours amputé d'une patte avant, pris au piège d'un braconnier et sauvé in extremis). Les deux propriétaires ont créé un endroit de dernier recours et notre présence permet de poursuivre leurs missions. Il en reste qu'une des principales qualités de ce zoo est de nous permettre de découvrir et de mieux voir certains des locataires. En effet, à chaque tentes minutes, devant l'enclos indiqué sur le pamphlet, nous pourrons voir et écouter un animateur nous parler de l'histoire de ces locataires en leur donnant une collation. Ce qui nous permet aussi de mieux les voir. Ce qui fut le cas pour nous, avec les renards, le lion, la lionne et la tigresse (dont les histoires sont fort passionnantes) ainsi que pour les deux coatis qui grimpent amicalement sur les épaules de l'animatrice. Pour les jeunes et les moins jeunes, chaque arrêt de 10h00 à 16h30 rend la visite fort instructive et permet aussi de mieux apprécier le travail des jeunes propriétaires, Clifford Miller et Émilie Ferland.

Tirée du site de Miller Zoo
Mais pour nous, le temps passe et il faudra quitter et faire un arrêt à la brasserie artisanale, Frampton Brasse, récupértant au passage de la bière et une, exclusivement vendue sur place (Das Winter Projekt) et nous diriger vers notre prochaine destination, le Lac Etchemin en passant par de superbes routes vallonnées qui nous permettront de découvrir de superbes paysages et de beaux petits villages.

Après une journée plus tranquille, sur le bord du lac, il faut revenir en ville, mais pas avant d'avoir "plongé" dans un sentier en pleine nature, le Circuit de la Vieille Forêt du Lac Caribou, proche du Lac-Etchemin. Un lac sans habitations que nous atteignons par une route de terre. Pas de stationnement officiel, juste une petite affiche au bord de la route et à notre arrivée, un véhicule s'y retrouve déjà. Le plan du lac nous l'indique clairement, la marche totale est de près de 6 kilomètres, parsemés de points de vue et demandera entre 2 heures trente et 4 heures. Tout de go, nous entreprenons notre découverte des lieux et effectivement près de 3 heures plus tard nous reviendrons à notre point de départ. Bien guidé par les points bleus sur les arbres (parce que parfois le sentier se faisait bien discret), nous avons découvert différents milieux sylvestres, dont une aulnaie, une cédrière, une pessière et des marais. Nous devrons rester attentifs aux racines et gravir pour mieux redescendre des pentes. Le lac, le ruisseau et les marais autour nous apparaîtront au gré des détours du sentier. Une "bonne" marche durant laquelle nous ne rencontrerons pas d'autres humains, seulement la faune animalière locale et l'autre véhicule déjà partie. Dans ce 5e rang, nous avons voyagé hors du temps, loin des dimensions urbaines. Tout cela gracieuseté de l'Association écologique des Etchemins et de ses partenaires financiers.

                                          Photo tirée du site de Chaudière-Appalaches

Le temps passe et le moment de revenir à notre "base" urbaine est arrivé. C'est donc par monts et vallées que le retour en ville s'est fait, satisfaits d'avoir découvert de nouveaux espaces. 

vendredi 3 août 2018

Sur mes pas en danse: une autre fois vers "Parking"

Ma première rencontre avec Milan Gervais remonte à une discussion devant public à propos de la danse in situ avec sa compagnie Human Playground organisée par le Festival Quartiers Danses. Ses propos m'avaient intéressés et depuis, il y a eu "Auto-Fiction" que j'ai vu quelques fois, avec toujours le même plaisir. Plaisirs de revoir l'oeuvre tout autour d'une automobile et de la réaction du public autour.

                                         Photo de Denis Martin

La chorégraphe, sur son site, nous présente ses objectifs de façon fort claire: J’explore la ville tel un terrain de jeux, un théâtre à ciel ouvert où je campe des propositions chorégraphiques conçues et performées pour entraîner les publics dans des univers de fictions. J’ai choisi de créer en extérieur pour offrir au public des histoires en partage dans ces espaces qui nous relient physiquement les uns aux autres."

L'an dernier, j'ai découvert "Parking" dont le titre ne nous laisse pas présager de ce qui nous sera présenté. Et sa proposition chorégraphique dans des lieux publics a été retenues pour être représentée, encore cette année, dans différents endroits cet été, et moi, c'est au Parc Lafontaine que je l'ai revue. En voici un court compte-rendu.

C'est un mardi soir humide, sans danger de pluie et la foule s'agglutine autour du point de départ de ce déambulatoire. Les vélos doivent faire un détour ou arrêter à ce carrefour proche du Théâtre de la Verdure en dormance. Je prends place, une bonne selon mes critères de spectateur avisé et expérimenté. À l'heure prévue, arrive à nous les quatre interprètes, Roxane Duchesne-Roy, Patrick Lamothe, Simon-Xavier Lefevre, Jessica Serli, avec pas trop loin, les deux concepteurs, Milan Gervais et Hubert Lafore, la conseillère artistique, Sophie Michaud et les trois acolytes, porteuses des "projecteurs de la trame musicale".

Mon premier constat, une oeuvre, c'est vivant et ça évolue, parce que des accessoires déclencheurs de l'an dernier, aucune trace. De ce couple et du drame passé, il faudra être attentif et se référer à la trame musicale dans un premier temps. Une fois la mise en place faite, leurs gestes nous indiqueront comment, ils tentent d'y surmonter, aidés par cet autre couple. Les différents épisodes, nous les découvrons en nous déplaçant, correctement guidés. À ces accessoires du début maintenant absents, la chaise de "bébé" permet de bien trouver ses repères. Ce couple déchiré pourra-t-il surmonter le drame ? Pas question de l'indiquer ici, mais le dernier tableau l'indique clairement.

Un moment chorégraphique tout aussi éloquent qu'accessible à un grand public, comme ce fût le cas en cette belle soirée de fin juillet.

Sortie danse qui m'a aussi permis de découvrir qu'une oeuvre peut évoluer (plus aucune cigarette pour souligner la trame narrative) et s'adapter au lieu de présentation. Le spectateur, un peu curieux a réussi à savoir que l'adaptation par la chorégraphe (Milan Gervais) demandait quelques heures. Pour ceux et celles qui voudraient la découvrir et je vous encourage à le faire, les prochains rendez-vous seront le 25 août à la Place de la Gare Jean-Talon (station du métro Parc) et au Parc Ladauversière (St-Léonard), le 30 août.

jeudi 2 août 2018

Sur mes pas imprévus en danse: Une fin de résidence qui promet avec Kyra Jean Green and Trip The Light Fantastic

C'était fin mai et j'assistais au dévoilement de la programmation en salle du prochain festival Quartiers Danses. Parmi les extraits présentés, il y avait un qui avait particulièrement attiré mon attention. J'avais retenu et pris en note le nom de la chorégraphe, Kyra Jean Green. Lorsque l'offre pour découvrir "l'Informal Showing" de fin de résidence de "The Man Who Travelled Nowhere in Time Chapter II" chez Danse à la Carte m'est parvenue, je n'ai pas hésité. Mes pas m'ont donc amené en ce mercredi soir nuageux au deuxième étage de leur local tout à côté du métro Frontenac. À mon arrivée, les interprètes sont en plein mouvements, de réchauffement ou de répétition. Dans ce studio fait tout en long que je visitais pour la première fois, les chaises emplissent tout le long côté des miroirs. Elles sont presque toutes occupées, mais il y a une belle place pour moi. Il semble que, pour les minutes qui suivront, nous remplacerons les miroirs pour le reflet avec l'oeuvre.

À l'heure prévue, pile-poil, les portes du studio sont fermées et la chorégraphe nous remercie de notre présence. Elle remercie aussi, pour le bel accueil, la personne responsable du studio. Elle nous informe que cette oeuvre sera présentée le 6 septembre prochain au Festival Quartiers Danses et nous indique où elle en est rendue dans sa création. Elle nous demande notre collaboration pour améliorer la qualité de l'expérience, en nous fermant les yeux lorsqu'elle dira "blackout" et de les ré ouvrir lorsqu'elle dira "lights on". Tout sage que je suis, je suivrai scrupuleusement ses indications. Et accompagnée par Alexandre Carlos, Brittney Canda, Emmanuelle Martin, CA Desgagnés, Janelle Hacault et Geneviève Tonik Gagné, elle entreprend son expédition dans son univers onirique. 

Rapidement la théâtralité de l'oeuvre s'impose. Cette incursion dans le monde des rêves et des cauchemars de "cet homme" qui est incarné par la chorégraphe est remplie de mouvements dynamiques et de ralentis qui font ressentir l'imminence de l’événement à venir. D'un tableau à l'autre, les personnages captivent et cette histoire nous la ressentons, fort, avec des modulations corporels simulant celle du temps. Les mouvements en cette fin de résidence sont fort affirmés et l'ensemble fort bien synchronisé. Nous aurons droit à trente minutes fort bien remplies, sans temps morts, avec des mouvements de forte ampleur et aussi souvent athlétiques.

De cette chorégraphe, que je découvre peu à peu, la dramaturgie de ses œuvres me rejoigne. La fois précédente a été lors la présentation, l'an dernier (mai 2017) des "Danses à deux temps" des élèves de première et deuxième années de l'École de danse contemporaine de Montréal, pour laquelle j'avais écrit, " Tous les flocons sont les mêmes quand ils tombent présente des épisodes de vie dont certains avec des cônes qui transforment les personnages et leurs mouvements, dont deux seulement échappent à cette fantaisie. Impressionnant encore la qualité des mouvements d'ensemble."

Je tenterai donc d'être présent le 6 septembre prochain pour voir sur une grande scène le résultat final et si j'ai bien compris, un extrait sera aussi présenté lors de la soirée bénéfice de Danse à la carte, le 21 septembre prochain au Théâtre Rialto. 

Revenant à la maison, mes pensées vagabondes tout en conservant de fort belles images de cette expédition gestuelle et théâtrale dans le monde des rêves de cette chorégraphe.


mercredi 25 juillet 2018

Sur mes pas au cinéma colorés de danse: "Pendular" ou l'art d'être, en équilibre.

Allez savoir pourquoi, et surtout comment ! Parce que ces derniers temps, les œuvres qui se trouvent dans les salles de cinéma n'attirent pas mon attention. Il y a bien eu "Les Incroyables 2", mais le grand-père était en devoir. Mais tout en dedans de moi, abrité dans ma mémoire une bande-annonce a produit son effet et j'ai regardé attentivement les propositions de "mon" cinéma Beaubien en ce mardi de semaine. Et j'y ai trouvé un film sud-américain" Le Pendule" ou "Pendular" de Julia Murat qui avait de la danse contemporaine au menu.

                                                      Tirée du site Allociné

J'ai donc fait les pas qu'il fallait pour me rendre à la dernière représentation (un mardi !). Bien installé avec une salle partiellement remplie, j'ai pu d'abord découvrir l'arrivée dans un grand loft de lui, sculpteur (en transition) avec elle, interprète qui devient chorégraphe aussi. Peu est dit explicitement, mais pour peu que l'on soit imaginatif, leurs relations, artistique et amoureuse, se dévoilent à nous, dans ce grand espace situé dans un quartier industriel d'une grande ville. Nous y verrons leurs moments avec des amis et des fêtes, mais aussi des moments fort intimes. Malgré tout, des zones d'ombre existent entre les deux et peu à peu des projets d'avenir non partagés, que nous, spectateurs, découvrons. Pour l'amateur de danse que je suis, a su trouver de belles scènes qui montraient fortement ce qu'elle pouvait ressentir.

Une oeuvre avec des pans flous, mais qui a mérité mon attention jusqu'à la dernière scène, fort éloquente. Un film avec une interprète, Raquel Karro, transcendante et un partenaire, Rodrigo Bolzan, qui lui donne bien la réplique. Une oeuvre qui montre en gestes et en regards les sentiments ressentis. La vie d'un couple d'artistes qui partagent tout pour le meilleur et pour le pire. Un moment de cinéma qui me permet de découvrir de nouveaux horizons.

Et pendant que moi, mes pas quittaient le Beaubien, les festivités, tapis rouge inclus, débutaient pour l'avant-première de "1991" de Ricardo Trogi avec une foule tout aussi nombreuse qu'enthousiaste.