jeudi 13 juin 2019

Sur mes pas de ma deuxième soirée au Fringe: "Eye Candy" et "Nicotine", deux œuvres qui frappent et qui touchent !

Pour ma deuxième sortie au Fringe, j'avais mis à mon agenda trois œuvres, mais le début de journée avait grandement diminué mon énergie. Pare conséquent, les deux premières que j'avais choisies y sont restées. Deux propositions qui avaient attiré mon attention.

La première, "Eye Candy" de Stéphanie Morin-Robert était, pour moi un incontournable. Ayant assisté à ces propositions chorégraphiques (avec "For body and light"), il y a y bon nombre d'années, je ne l'avais jamais vu sur scène avec ses propositions précédentes, "Blindside" et "The Merkin Sisters". Rien de volontaire, mais j'en suis un peu honteux parce que les commentaires étaient fort élogieux. Donc cette fois, pas question de rater au moins une de ces deux propositions au Fringe.

                                                         Tirée du site du Fringe

La deuxième, a été mis récemment à l'agenda, suite à l'entrevue de Zach Pâquet Miscioscia, l'auteur du texte de cette pièce de théâtre. "Nicotine" à l'émission Danscussions & Co. L'amateur de danse ayant été impressionné et sa curiosité attisée, cette proposition théâtrale a été mise au programme de sa soirée !

Mais revenons à "Eye Candy" ! Il est 17h50, nous sommes mardi soir, malgré tout la foule s'avère fort nombreuse dans le Théâtre La Chapelle. À mon arrivée, plusieurs minutes avant, la porte de la salle est déjà ouverte et je peux prendre place dans "ma"première rangée. Quelques minutes avant le début de la présentation, Stéphanie rentre dans la salle à son tour et salue les gens déjà présents et ceux qui rentrent aussi. Petite surprise pour moi, lorsqu'elle vient à ma rencontre, elle me reconnait et me salue par mon nom ! Ce qu'elle fera aussi pour bon nombre de personnes dans la place.

Et puis arrive le moment de débuter. La suite me démontre pourquoi cette artiste reçoit des critiques aussi élogieuses. Prenant place au milieu de la scène avec comme appui technique un projecteur et un écran. Elle nous relate d'abord de façon fort humoristique et captivante une présentation qu'elle a fait dans un congrès de spécialistes pour les yeux. La suite prend une tournure surprenante dans notre métropole et des différentes étapes de sa grossesse. La description de son accouchement est mémorable.

À intervalles réguliers, elle interrompt sa présentation l'illustrer avec un accessoire fort simple, une paire d'yeux. Et elle le mettra au-dessus sa bouche et aussi ailleurs, dont sous son nombril, avec des effets visuels fort surprenants et amusants. Elle conclue avec une tournure fort touchante qui nous fait découvrir que le point commun avec son grand-père (qui lui aussi, avait un oeil en moins !) n'était pas celui que l'on avait d'abord cru en début de présentation.

Et une fois mes applaudissements envolés, je repars en regrettant d'avoir tant tardé à la découvrir cette performeuse "hors norme" ! Merci Stéphanie !

Je me remets en marche pour me rendre pas trop loin, au quatrième étage du MAI, au Black Theatre Workshop Studio pour assister à "Nicotine" de Zach Pâquet Miscioscia, accompagné sur scène par Camille Blouin-Picard. À notre entrée en salle. les deux "protagonistes", lui et elle, sont assis dos à dos, chacun sur son matelas. Le Studio est tout petit et permettra de ressentir une intimité prévisible. Et c'est ce qui arrivera dans l'heure qui suit. Deux jeunes de notre époque (selon le spectateur que je suis), qui vivront une relation amoureuse intense, torturée. ambiguë durant laquelle les émotions sont exprimées crûment, sur fond de perpétuels questionnements ! Comment se compromettre et se situer dans cette relation ? Comment l'avouer et avec quels mots l'exprimer, ces jeunes laissent souvent leurs expressions prendre le relais ? Une histoire d'amour moderne, dont l'issue est guidée par la consommation de substances interdites et par la crainte de l'abandon à l'autre. Une histoire d'amour détournée par une envie d'autodestruction omniprésent ! Une histoire d'amour fort intense, remplie d'ombre et de lumière !

                                                              Tirée du site du Fringe

Une histoire qui me laisse des traces et qui me demande de marcher, et encore un peu plus, avant de prendre le bus pour revenir à la maison !

lundi 10 juin 2019

Sur mes pas au Festival Eureka: Encore une fois une sortie réussie !

Jamais deux sans trois, dit le dicton qui "dictera" notre sortie, mais qui n'en terminera pas là, parce que cette sortie scientifique au Festival Eureka, avec mes petits-fils est devenu un rituel de début de saison estivale. Et cette année, encore plus vraie, puisque la température estivale a été fort présente tout au long des trois jours de sa présentation.

Tirée du site internet du Festival Eureka
                             
Cette année, avec sa thématique "Transportez dans le futur", le Festival Eureka proposait encore plein de rencontres que mes petits-fils et moi avons examiné attentivement avant de nous y rendre. Pour cette sortie d'environ cinq heures, les principaux points d'intérêt ont été déterminés et l'horaire assez bien planifié. Et ces points d'arrêt étaient constitués de classiques et de nouveautés. En voici un court résumé qui permet de constater que jeunes et moins jeunes ont pu y trouver leur compte, "malgré" le soleil et la foule fort nombreuse !

Notre visite débute par un arrêt obligatoire, tradition oblige, sous le chapiteau du département de Génie chimique de la Polytechnique pour préparer notre ration annuelle de "slime" et de micro-billes et aussi découvrir, entre les deux, l'importance du rôle des ingénieurs chimiques ( ou ingénieurs de procédés, comme l'indiquait aussi la présentatrice !) dans le recyclage de nos canettes d'aluminium. Pour la petite histoire, l'étudiante qui nous fait préparer les micro-billes, m'a reconnu et s'est souvenu que l'an dernier, je lui avais dit que j'avais été prof de chimie. Impressionné, le grand père !

Enrichi de notre cargaison, nous allons juste en face, vers un kiosque pour découvrir, pour les deux plus vieux, les joies de la programmation et de la chance de jouer à "pierre-papier-ciseau" contre un ordinateur qu'ils auront programmé eux-mêmes ! Et en conclusion positive, les deux remporteront leurs "combats" contre la machine ! 

Arrive le moment critique, celui qui fait que l'on doit tenir compte de la foule qui gonfle sous l'effet de cette belle température. Nous irons donc d'abord, au kiosque de l'Université Laval pour découvrir comment l'utilisation de l'azote liquide (avec sa température de -196 degré Celsius) peut permettre de rafraîchir notre début d'après-midi avec de la crème glacée. Si le résultat est important, impossible de ne pas remarquer le beau travail des deux animateurs (animateur et animatrice, devrais-je plutôt écrire !) qui interagissent fort bien avec le public qui, de son côté, participe fort bien ! Nous aurons droit, à la préparation en direct à la préparation, en direct, d'une crème glacée à la vanille (plutôt que celle déjà prête, au chocolat!), grâce à de l'azote liquide (fort utile en cuisine moléculaire !), suivie évidemment (!) d'une dégustation.

Après une vérification dans le  programme, nous nous rendons à notre prochaine destination, soit devant une estrade pour une démonstration "spectaculaire" de breakdance, de vélo BMX et de skateboard avec "Le Freestyle en spectacle". Des performances qui défient les lois de la physique, mais qui, néanmoins, les respectent et les utilisent. Le spectateur avisé pourra découvrir comment les principes physiques, tel que ceux du pivot, de la bascule, du transfert de poids et de l'équilibre permettent à ces artistes d'en mettre plein la vue.

Une fois les applaudissements terminés, nous nous dirigeons vers un autre classique incontournable, soit le kiosque d'Aéro Montréal pour que mes petits-fils puissent y construire leur planeur, écouter les avertissements de sécurité, avant de les faire virevolter et les faire atterrir sur la piste, prévue à cette fin derrière le kiosque. Mais, il ne faut pas trop traîner, parce que sous la grande tente, nous voulons être assis pas trop loin de la scène pour découvrir "La magie de la chimie". Bonne décision, parce que la foule est déjà fort nombreuse. Et cette foule, embarquera dans ce qui suivra, ravie et impressionnée par les différentes expériences spectaculaires qui en mettent plein la vue et les oreilles aussi. Yannick Bergeron manie, comme toujours, de main de maître les différents ingrédients pour que les quarante-cinq minutes passe si rapidement. Un "cours" de chimie durant lequel jeunes et moins jeunes ne voient pas le temps passer !

Une fois le tout terminé, Martin Carly nous informe que notre prochaine destination et le clou de notre sortie, sera plutôt le Centre des sciences et non le bassin aquatique un peu plus à l'ouest. C'est donc à l'intérieur que nous découvrirons les "Prouesses en planche volante" d'Alexandru Duru. Difficile de ne pas trouver son chemin parce qu'est un défilé de gens intéressés qui s'y rend. Et nous serons assez chanceux, trouvant une place bien placée pour notre gang. Et oui, de voir juste devant soi, cet homme qui, avec sa manette, met en action sa planche et se déplace d'un bout à l'autre de ce long corridor, décoiffant les spectateurs lors de ses deux passages. Ce finissant de l'École Polytechnique, "allumé" et inspiré par le film "Retour vers le futur" montre bien aux jeunes les pas "aériens" à suivre pour l'avenir !

C'est sur cette démonstration que nous décidons unanimement qu'il est temps de revenir à la maison, malgré les nombreux autres kiosques fort invitants. Et c'est avec une "55 St-Laurent" bondée que nous revenons à la maison, au gré des nombreux détours et de la lourde circulation, nous laissant tout le temps de méditer et rêver sur le thème de l'exposition laissée derrière nous, "Transportez-vous dans le futur" ! Et de faire le bilan aussi ! Pour voir que la science peut allier son côté nutritif et son côté givré pour le bonheur de tous. De remarquer la qualité de l'organisation fort bien rodée ainsi que la patience et la générosité des animateurs bénévoles qui nous accueillaient toujours avec le sourire !

Prochain rendez-vous, l'an prochain, avec la thématique de l'eau, en espérant que notre visite ne se fera pas sous la pluie !

jeudi 6 juin 2019

Sur mes premiers pas au Fringe 2019: Tout un début !

C'est avec une mère Nature qui nous présente ses rayons de soleil fort plaisants que le Festival Fringe débute. Et moi, j'en ai profité pour me diriger, rue Henri-Julien au Studio Jean-Valcourt du Conservatoire pour assister d'abord, à "Collision" de la compagnie Alive and running (nom de compagnie qui me plait beaucoup, moi le coureur !) et ensuite à "inVivo (testé sur moi)" de la compagnie Pretium Doloris. Programme double avec d'abord de la danse et ensuite du théâtre documentaire ! Mais commençons par le début !

Pour assister à "Collision" de Tiera Joly Pavelich, interprété par Gabriela Guerra Woo, il faut entrer dans le studio tout sombre et une scène plongée dans une obscurité totale. Une mise en place fort appropriée de cette oeuvre qui, comme le programme du Fringe l'indique (et traduit librement par moi"), "explore les thèmes de la perte, de la résilience et de la récupération suite aux effets d'une commotion ou d'une lésion cérébrale traumatique". C'est donc, peu à peu, de la noirceur qu'émerge ce corps dont les gestes me présentent une attitude de curiosité. Et peu à peu, avec sa petite lumière portative, cette femme explore l'espace qui l'entoure. Les zones d'ombre sont encore fort présentes autant pour elle que pour nous. Ces zones, peu à peu, sont explorées jusque dans les estrades à la rencontre des spectateurs. La pénombre se dissipe peu à peu, nous permettant de bien la voir, pendant qu'aussi la lumière se change, passant au rouge. Ses gestes captivent et sont empreints d'une libération colorée d'apesanteur et d'une liberté retrouvée Le propos chorégraphique est fort bien amené et est très bien porté par une interprétation fort belle.

                                                           Tirée du site du Fringe

Au final, "Collision" qui malgré un sujet "sombre", s'avère fort positive, pour peu qu'on accepte la lente démarche vers "la lumière" ! Une oeuvre à voir !  Et pour votre info, c'est possible le samedi 8 juin à 21h45, dimanche 9 juin à 16h30, mardi 11 juin à 21h30, samedi 15 juin à 14h30 et le dimanche 16 juin à 18h30, au même endroit.

Le temps que les unes sortent et que les autres s'installent, je reviens dans ce même studio pour assister à "inVivo (testé sur moi)" de et par Véronick Raymond. C'était une suite pour moi, parce qu'il y a deux ans, j'avais découvert et apprécié, toujours au Fringe  "InVitro" qui s'avérait, jusqu'à ce moment les démarches, les recherches et les réflexions d'une femme prête à enfanter. J'avais complété mon texte sur ce même blogue avec le paragraphe suivant, "Tu nous as laissé sur ton espoir en tes projets, provoquant réflexions et yeux mouillés autour de moi (et des miens aussi, je te l'avoue). Comme tu nous l'annonces au début, ta pièce est en gestation et elle reviendra sur une scène. Je l'espère fortement et je serai attentif pour y revenir accompagné par un plus grand nombre de personnes. Entre temps, fais, attention à toi et merci beaucoup !"  

                                                         Tirée du site du Fringe

Et elle est effectivement revenue, reprenant les éléments essentiels de la mouture précédente, enrichie de ce qui lui est arrivée depuis. Véronick Raymond avec une panoplie d'accessoires, de ses nombreux et pertinents résultats de ses recherches sur la procréation assistée nous livre un témoignage personnel percutant, riche de sincérité, d'émotion, avec des touches d'humour et de colère ! Près d'une heure trente minutes qui nous font vivre les montagnes russes de ses émotions qui veut donner vie à un enfant, à coup d'injections et de prélèvements. 

Pas question pour moi, ici de vous indiquer où elle est rendue dans ses démarches ! Il faut le découvrir par vous même et pour cela c'est possible le samedi 8 juin à 15h00, dimanche 9 juin à 21h00, jeudi 13 juin à 18h00, vendredi 14 juin à 21h00 et le dimanche 16 juin à 15h00, toujours au même endroit.

Une première sortie fort bien réussie et qui en augure d'autres, évidemment !


mercredi 5 juin 2019

Retour sur ma rencontre spéciale avec Marie Claire Forté, "Jour_well_well" !

Les tous premiers et lointains pas de cette rencontre, "Jour_well_well" débutent lors de la dernière soirée "danse" de l'Agora de la danse dans ses locaux de la rue Cherrier, il y a plus de trois ans. Cette soirée fort belle et touchante, "Nous (ne) sommes pas (tous) des danseurs", était forte de par les témoignages parlés et dansés, colorée en toute fin d'une certaine nostalgie. Nous avions aussi appris que Sophie Corriveau, artiste interprète en résidence à l'Agora passait le relais à Marie-Claire Forté pour les deux prochaines années dans les nouveaux locaux du Wilder. Je me souviens encore fort bien de l'émotion enrobant les mots de cette interprète. Mais aussi ceux sur la liberté artistique et de la confiance qu'on lui accordait et qu'elle accueillait fort solennellement !

Depuis, beaucoup d'eau a passé sous les ponts et aussi, tombé sur notre tête. Je me souviens d'une occasion, celle d'une courte rencontre avec elle. durant laquelle je lui avais indiqué que j'étais bien curieux de connaître ce que voulais dire être "une interprète en résidence". Ma patience a été récompensée, parce que la programmation de l'Agora de la Danse nous invitait à une présentation "formelle" portant sur les "sujets et les objets d'une interprète en résidence". Invitation que j'ai rapidement inscrite dans mon agenda de sortie.

C'est d'abord à la porte de l'Espace Paul-André Fortier du Wilder que m acuriosité et mes pas m'ont amené. Et moi devant cette porte, je prends le temps de lire le mot de Marie-Claire, "J'ai voulu conclure ma résidence dans l'esprit de son déroulement, c'est-à-dire en célébrant la multiplicité. Ces propositions révèlent quelques-uns des nombreux parcours de création que j'ai explorés". Il semble que donc que ma curiosité sera satisfaite. Yeah !!!

Au programme, cinq parties composées de "paroles", d'images, de photos et de danse. Et devant cette porte, il y a du monde avec moi, qui une fois ouverte investiront tous les sièges de ce beau studio et "bureau de travail" des dernières années de l'interprète.

Une fois tout le monde à sa place, Marie-Claire prend la parole pour nous présenter en ses mots, ce qui sera présenté, accompagnés de précisions logistiques (nous devrons nous déplacer entre certaines parties) et nous demander de rester "zen comme elle", parce que tout à côté, les fortes ondes musicales de la générale de la soirée du lendemain se rendront jusqu'à nous !

Nous débutons donc avec "Today and Today and Today", durant lequel elle nous lit, pour 10 minutes chrono en main, des extraits de la deuxième ébauche de son livre, écrit dans ce même studio (fort lumineux !) écrit avec son mentor Peter Boneham et des invités sur la pratique d'enseignement. L'ex-prof de science que je suis a découvert une perspective différente et fort intéressante sur les questions de l'exploration et de la passation!

Ensuite deux autres "chapitres" de cette soirée, soit la "Lecture horizontale" et "Recherche en duo". "Lecture horizontale", qui consiste en un compte rendu de sa résidence par Katya Montaignac, à qui elle a laissé carte blanche pour trouver les extraits et les commenter aussi. C'est mon moment préféré par cette perspective externe d'une personne avisée à la vision affinée.

Et aussi, "Recherche en duo" (Mairéad Filgate et elle) des gestes et des mouvements, travaillés dans le temps depuis 2017. Face à leurs mouvements, impossible de ne pas constater la complicité et les heures passées ensemble !

Petite pause, le temps pour certains de se rendre et de revenir de la salle de bain et pour tous de déplacer leurs chaises face au grand écran pour la prochaine partie "Le seuil et la pratique". Cette partie de la soirée qui en est la plus longue nous présente la "trace de ces rencontres de mon travail et de la construction matérielle d'un espace consacré : le studio". Et de ses nombreuses rencontres avec les visiteurs et des photos prises par elle et eux, il y en a eu un bon nombre, commentées par Marie-Claire. Nous avons droit à un passage du temps et à un saut aussi, "because le passage de la cigogne" qui a aussi amené une pause de sa résidence et sa reprise. Difficile de rester insensible à la façon et au ton de la voie "Forté" et nostalgique face au passage du temps durant son séjour dans ce lieu !

Le tout se termine par un dernier déplacement de certains sièges pour placer les spectateurs de part et d'autre du lieu qui sera occupé par de la danse dans "Chansons simultanées" avec l’hôtesse de la soirée accompagnées par Stacey Désilier, Claudia Fancello, Mairéad Filgate, Alanna Kraaijeveld et James Phillips. Son objectif pour ce que nous découvrirons est de trouver "comment mettre la chorégraphie au service de la danse ?" sur la trame son d'Andrew Tay. Ce que nous découvrirons a toutes les allures d'une danse de libération et de festivité durant laquelle la joie et la liberté de mouvement transcendent. Comme un papillon qui quitte le cocon !

                                         Photo tirée du site de l'Agora de la danse

Une belle et intéressante soirée, fort diversifiée qui m'a permis de mieux connaître les différentes facettes de la personnalité artistique de cette femme fort fascinante. Une soirée qui montre aussi que même, au préalable, sans plan de travail formel, sans obligation de résultats, qu'il est possible de faire  en toute liberté de belles réalisations. Et moi, j'en reviens fort content, d'avoir pu satisfaire ma curiosité. Et en me posant aussi "la" prochaine question, soit qui sera le prochain ou la prochaine de pouvoir bénéficier de l'hospitalité de Francine Bernier et de son équipe ?

dimanche 2 juin 2019

Un lointain retour sur mes pas au théâtre: "La convivialité" avec ma lecture de "La faute de l'orthographe" !

Il y a eu, un de ces jours, l'appel d'un ami, pour le "dépanner". Il avait un deuxième billet, pour l'accompagner à une représentation de la pièce de théâtre, le lendemain (!), "La Convivialité". Comble de bonheur, je suis libre et comme j'avais eu la chance d'entendre une entrevue radiophonique avec les artisans de la pièce. Donc, je lui ai donné une réponse affirmative fort enthousiaste.

J'ai donc assisté à cette pièce en après-midi, accompagné par mon ami (merci Michel !) et de nombreux élèves. Pour quiconque, qui comme moi, se compromet à mettre en mots "écrits" leurs propos, sait fort bien que "la" faute d'orthographe dans la phrase sera peut-être celle qui sera remarquée au détriment de l'idée qui en est l'origine ! Voilà donc pourquoi Arnaud Hoedt et Jérome Piron m'ont particulièrement captivé, malgré le sujet très peu "sexy", avouons le (!), qu'est celui de l'orthographe (ou pourquoi pas, ortografe !).

De leur rencontre, j'en ai été marqué et si j'avais retenu, pour les répéter, certains de leurs propos, d'autres avaient tombé dans mon oubli ! Voilà donc pourquoi, lorsque j'ai su que le texte de leur pièce était disponible dans un livre "La faute de l'orthographe", je me le suis procuré (merci à la librairie "Le port de tête" !). Après un séjour dans ma pile de livres à lire, c'est en moins d'une journée que j'en ai lu, avec délectation, les 141 pages.



Je vous en présente ici certains éléments. D'abord, les auteurs sont belges, ce qui semble selon l'auteur de la préface, leur permettre d'avoir le recul nécessaire pour aborder ce sujet fort sensible. De nous présenter le résultat d'un algorithme permettant de prédire les 240 orthographes possibles d'un mot inventé "krèfission"! Des "raisons historiques" du "x" pour le pluriel de chou et des six autres exceptions et aussi de nous demander combien de consonnes ne sont jamais muettes ( bon OK pour cette question je vous en donne le nombre, trois, "j", "k" et "v" !

Plein d'autres éléments fort intéressants, qui forcent la réflexion et que j'ai lu et relu avec plaisir et que je vous suggère de lire aussi. Ils nous rappellent aussi que l'orthographe est le fait d'un consensus populaire et non pas le diktat (ou pourquoi pas "dicta" ?) d'un organisme tout aussi officiel ou sérieux, soit-il !

Question de vous "faire monter" le goût à l’œil, à défaut du livre, voici le vidéo promotionnel de leur pièce.https://www.youtube.com/watch?v=cilWIPzni0A.

Pour moi et bien d'autres qui avons dû "souffrir" à maîtriser la "bête" et qui voulons perpétuer la torture de la forme du mot plutôt que de son sens, voilà un bouquin à lire !

mercredi 29 mai 2019

Sur mes pas de lecteur: "Amélia" troublante et qui m'a surpris !

Quelqu'un, peut-être, pourra m'éclairer, parce que moi, j'en ai perdu le début et je m'explique !

L'histoire commence avant, mais pour moi, c'est un appel téléphonique de ma bibliothèque municipale qu m'indique que ma réservation est maintenant disponible et que j'ai trois jours pour aller la récupérer ! J'ai donc réservé un livre, mais je n'en ai aucun souvenir !!! Me voilà donc, sur place, à la recherche des trois premières lettres de mon nom pour trouver le livre "oublié" !

Le voilà, tout sage qui m'attend et c'est un recueil de poésie. "Amélia" de Laurence Veilleux. Et encore là, même entre mes mains, aucun souvenir de cette réservation et surtout du pourquoi je l'aurais fait et aussi et surtout qui m'a recommandé cette proposition !!!

                                              Tirée du site internet des "Éditions Poètes de brousse"

C'est donc avec "Amélia" en main que je quitte ma bibliothèque. Et un peu plus tard, je me mets à la lecture de recueil de moins de 70 pages. Une lecture que je ferai deux fois parce que cette jeune fille, "Amélia" est riche de cette "terre fertile" de son passé mystérieux et des mots percutant nous réserve une surprise. Mes yeux, comme des pas dans la tourbe, s'enfonce et garde des traces ! Et comme je voulais être certain de ne pas avoir raté des indications, j'ai relu encore plus lentement !

Les mots se suivent et parfois, nous prennent au piège, comme les "bêtes à trois pattes/estropiées de la chasse" ou "je parle pour parler/parle de qui parle de rien pour personne". Et moi dans ses pièges de mots, j'y reste pris pour les lire et les relire, avec délectation !

Et puis arrive la fin, qui éclaire et surprend autant à la première qu'à la deuxième lecture.

Une lecture qui en annonce une autre pour moi, soit son plus récent recueil, parce que "Elle des chambres" (2019) s'annonce percutant comme l'indique l'extrait suivant, "le thème du viol ou de l’inceste. Il fallait enfin « enlever les personnages pour que la parole puisse vraiment prendre plus de place »,. tiré de l'édition du 4 mai du Devoir.

samedi 25 mai 2019

Sur mes pas en danse: Découvrir avec ravissement "Les danses de mai, Opus 2019" des finissant.es de l'École de danse contemporaine de Montréal !

Le spectateur que je suis, est en général, assez prévoyant, et se procure son billet bien à l'avance. Et spectateur avisé, ais-je été pour cette occasion ! Parce que deux semaines avant la première représentation du spectacle des finissant.es de l'École de danse contemporaine de Montréal, il n'y avait plus de billets de disponible pour toutes les soirées !!! Et encore plus heureux, ais-je été pendant et après, parce que la soirée, "programme triple", m'a ravi et je n'ai pas été le seul !

                              Photo tirée du site de l'École de danse contemporaine de Montréal

Au programme donc, "Vie et mort de l'élégance" de Marie Béland, "Lupercales" d'Alan Lake et le "Cri du monde" de Marie Chouinard qui nous ont permis d'explorer univers chorégraphiques très différents, incarnés avec grand talent par des jeunes femmes et des jeunes hommes au seuil de leur vie professionnelle.

Une fois, chaque siège occupé et les portes refermées, nous voyons apparaître de derrière la scène, une jeune femme avec sa belle robe et dotée d'une grâce de "belle" légèreté et d'élégance. Elle se déplace pied nu à talon haut, oui, oui !!! Il faut juste un peu d'imagination pour les voir ces souliers, mais la démarche nous aide. Elle sera seule, le temps de capter notre attention. Et ensuite, elle sera rejoint par lui, d'un bel habit revêtu ! Et peu à peu les autres personnages arrivent. Et nous assistons par la suite à la lente et inexorable évolution décomposition des apparences et de l'élégance ! De ces gestes élégants que l'on répète, mais dont le vernis se fissure peu à peu sans que le moment qui l'a précédé ne l'annonce. De cette rencontre, d'abord courtoise et tout sourire qui se décompose, jusqu'à devenir même "claque à la figure" (une vraie, de ma position en première rangée !!!). De ce choc aussi, qui gagne en force entre deux devant une troisième. De cet objet de convoitise, langoureusement désiré, mais duquel d'abord, on se retient seul, mais ensuite avec de l'aide. Voilà quelques uns de ces gestes d'élégance qui se présentent devant moi. Le tout demande un effort physique manifeste et un travail de synchronisation très précis. Et les interprètes nous le présentent dans une "élégance" chorégraphique ! Le tout ayant débuté sur une trame musicale discrète, nous ressentons bien avec sa présence plus intense et assourdissante que le tout se terminera avec éclat. Et c'est ce qui arriva, avec ces gâteaux de blanc vêtus et de cerise couronnés qui devinrent conclusion "explosive" de cette élégance mal contenue devenue décadente !

Bravo à Chanelle Allaire, Rodrigo Alvarenga-Bonilla, Constance Gadan, Simone Gauthier, Lorena Salinas, Jade Dussault-Lapointe, Chéline Lacroix et Brian Mendez pour avoir fait un "plongeon tête première dans les craques du vernis des apparences", dixit le feuillet de la soirée et de l'avoir éclaboussé jusqu'à nous !

Privilège de spectateur, lors de l'entracte, j'ai pu être présent lors d'un échange entre la chorégraphe et certains interprètes, finissant.es de 2012 qui avait présenté cette même oeuvre. Un retour en arrière pour elles et lui, plein de souvenirs et une mise en perspective fort intéressante durant laquelle, j'ai aussi appris qu'un tout petit détail scénique sans importance était différent. Une oeuvre "grand plateau" de Marie Béland qui mériterait une plus grande diffusion pour la beauté et la clarté du propos!

Après une courte pause, "Lupercales" d'Alan Lake nous présente avec, entre autres, miroirs déformants et semi-transparents ainsi que bassins d'eau sans oublier la pâte "glaiseuse", chère au chorégraphe, une perspective actuelle de ces fêtes païennes de la Rome antique. Les finissant.es, Catherine Ally, Solène Bernier, Angélique Delorme, Raphaëlle Kennibal Cox, Lucie Lesclauze, Mathilde Mercier Beloin, Abe Mijnheer, Audrey Thériault et Leah Tremblay réussissent à faire corps avec les différents accessoires, fort nombreux. Ils prennent à bras le corps (et de gestes) cette oeuvre esthétique et pleine de ses symboles. Ces festivités, "garantes de nouveaux printemps ..." et qui se conclue sur un tableau fort puissant sont aussi garantes d'avenir pour ces finissant.es !

Après l'entracte, toutes et tous, les 17 quoi !, reviendront sur scène, pour nous présenter des extraits d'une oeuvre de Marie Chouinard, "Le cri du monde", habilement adapté et reconstruit par Isabelle Poirier. Impossible pour moi de rester insensible devant une oeuvre de Marie Chouinard et cette fois n'a pas fait exception. Tout au long des différents tableaux, on retrouve fort bien présentée la signature de la chorégraphe. Voir juste devant moi, dix-sept interprètes dont les mouvements, ceux des bras et des mains, particulièrement bien exécutés et porteurs de cet univers dans lequel la tension se transforment en pulsion et en cris, est un pur plaisir de spectateur. Je voudrais ajouter une mention spéciale à Sarah Dubé pour l'adaptation des costumes originaux pour en respecter la nature originale plus dépouillée.

C'est donc sur la scène de l'espace Orange du Wilder qui leur a servi de tremplin que ces diplômés feront leur envol vers une carrière professionnelle que je leur souhaite fort bien remplie comme ceux et celles que j'ai croisé dans le salon attenant à cette salle durant l'entracte. Et à leurs profs qui les ont préparé à cet envol, l'ancien prof que je suis vous dit que vous avez surpassé l'objectif d'un programme collégial qui est d'amener un diplômé au seuil du "marché du travail".