vendredi 10 juillet 2020

Sur mes pas au cinéma: "It must be heaven" pour retourner en salle !

Pour moi qui apprécie bien les oeuvres cinématographiques, les dernières semaines ont été assez calmes. Il y a bien eu quelques propositions en "VSD" qui m'ont plu, mais c'est tellement mieux sur grand écran. D'autant plus que les propositions de films étrangers qui attiraient mon attention et mon intérêt étaient peu nombreuses.

C'est avec grand plaisir que j'ai appris que mon retour en salle était venu. Et il est arrivé en ce jeudi soir caniculaire. Une fois examiné attentivement les propositions de "mon" Cinéma Beaubien, le choix s'est porté sur "It must be heaven" du réalisateur et acteur palestinien Elia Suleiman. C'est dans une salle à guichet fermé "en temps de pandémie", soit presque vide, que nous avons pris place. Nous étions donc les seuls à prendre place dans la rangée E de la salle 3.

                                                             Tiré du site de Cinoche

Déjà le titre"It must be heaven" ou "C'est ça le paradis" dans sa traduction française, annonçait une perspective personnelle du réalisateur, confirmé par entrevue, " Le récit se tisse par un montage subliminal, des scènes s’articulant autour de mouvements chorégraphiques ; un burlesque tiré de l’univers de l’absurde ; des images ouvrant à la poésie du silence qui est au coeur du langage cinématographique".

Et ce récit est celui d'un homme qui part de sa Palestine pour aller d'abord à Paris, ensuite à New York et enfin à Montréal, avant de revenir chez lui, constatant que les scènes de vie quotidienne avec leurs aspects absurdes n'avaient pas de frontières. Mais ce qui frappe tout au long des différentes scènes est l'apparence stoïque du personnage face des épisodes de vie particulières et parfois surprenantes montrées à grands traits. La scène des utilisateurs de chaises autour d'un lac urbain révèlent beaucoup sur notre nature collective.

Le rythme est rapide grâce aux différents épisodes qui ont souvent du punch, toujours un côté fantaisiste et qui transpirent toujours de la vérité. Et enfin, c'est surprenant et très plaisant de découvrir les traits caractéristiques de notre ville.

Avec ce film, ne cherchez pas de l'action, mais plutôt une perspective très personnelle d'un  réalisateur qui saura rester stoïque face à ces observations. Et moi, ce film m'a fait rire souvent.

mardi 7 juillet 2020

Sur mes pas en danse: Marie Chouinard en deux parties sur mon écran

La première vague de la pandémie est passée, le ressac est à craindre, mais devant mon écran d'ordinateur, je reprends un peu plus mon souffle de spectateur. Depuis "ma" dernière fois en salle, la danse est "venue" à moi, par l'intermédiaire de mon écran. La présence en direct me manque, mais certaines propositions réussissent à me "rejoindre". Parmi celles là, les deux plus récentes oeuvres de Marie Chouinard. "JARDIN DE SCULPTURES ÉPHÉMÈRES- ACTE 1", présenté par et sur le site du Musée d'art contemporain de Montréal et "Sur la lame" dans le cadre du Festival "Une solitude partagée" organisé par le Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS). Deux propositions fort différentes qui portent fort clairement la signature de la chorégraphe.

"JARDIN DE SCULPTURES ÉPHÉMÈRES- ACTE 1" nous est proposé dans un espace tout blanc dans lequel évolue deux femmes (Motrya Kozbur et Clémentine Schindler). Elles "feront corps" avec ce bloc de bois déjà présent ou un des quatre autres qu'elles apportent dans l'espace de prestation. Sur la musique de Louis Dufort, nous voyons évoluer les deux femmes qui se déplacent lentement, prenant ces blocs de bois, comme socle pour créer des "sculptures éphémères"! Et de l'ombre d'où elles sont venues, elles retournent une vingtaine de minutes plus tard. L'esthétique est réussie et me captive. Je dois l'avouer, la "communion" avec l'oeuvre aurait été encore plus réussie, si j'avais été là devant elles. 



Quelques jours plus tard, nous avions droit à la première proposition de "Une solitude partagée" (quelle belle proposition de titre !) du FASS. D'un espace intérieur tout pâle, nous sommes amenés sur les pas d'une femme (Valeria Galluccio) dans un boisé de saint-Sauveur (Camp YMCA Kanawana), portée par le son des percussions d'Alexandre Lavoie de l'Orchestre Métropolitain qui interprète la musique de Louis Dufort. 



Après la rencontre des artisans dans une sorte de "making off", nous découvrons cette femme qui marche sur une route d'asphalte avec des pointes. Et puis arrive la musique, cet appel à sortir des sentiers battus ou à répondre à cet appel de la nature. Nous en découvrirons différentes étapes. D'abord, l'exploration, le contact avec la matière ligneuse, qu'est le bois, durant lequel je ressens bien, moi aussi le contact. Il en résulte une transformation qui se développe en affirmation du lieu. Le chemin se poursuit avec un tableau tellement "Marie Chouinard" dans lequel cette femme, long bâton de pellerin à la main et pointe au pieds, semble prendre son envol et trouver sa base, qui ici est un tronc d'arbre. Et elle poursuit sa route pour découvrir la source de son appel et nous montrer un sentiment de joie fort communicatif.

Une oeuvre d'environ cinq minutes, toute intense, avec une trame narrative pour moi fort claire et qui m'a particulièrement plu. Et pour cette proposition, je dois en convenir, grâce la caméra de Jean-Sébastien Giroux et la prise de son de Simon Bellefeuille et Paskal Perreault. je m'y suis senti tout près.

Une première proposition qui en appellera d'autres, promis ! Comment hésiter avec des noms comme Virginie Brunelle, Daina Ashbee et Margie Gillis. Le Festival en présentera dix oeuvres au total.

mercredi 10 juin 2020

Mots du spectateur nostalgique: "Voir" à qui je dis au revoir et merci !

Ainsi donc, j'apprenais récemment que "Voir" allait cesser ses activités. Je le concède, depuis quelques années, je le consultais de façon irrégulière, mais sa fermeture me laisse un goût de nostalgie à la bouche. Je veux donc revenir sur mon histoire avec ce média qui m'a permis de devenir l'amateur de culture que je suis maintenant.


Ma "relation" avec lui débute, il y a une vingtaine d'années. De ma visite hebdomadaire à ma bibliothèque municipale, j'en revenais à l'époque avec une copie des quatre hebdomadaires culturels, le "Ici", le "Mirror", sous un de mes bras et sous l'autre le "Hour" et mon préféré, le "Voir". À l'époque, je ne faisais que du lèche vitrine parce que je consommais peu parce que être père ça occupe autrement. Mais je lisais et peu à peu, le goût est venu et du temps pour le satisfaire.

Et puis est arrivé la "grande époque" en 2003 ! Celle durant laquelle il était possible de proposer un commentaire sur un article, de recevoir une note de une ou deux ou trois étoiles et d'être publié sur le site internet de l'hebdomadaire. Nous pouvions gagner des "jetons" et aussi de recevoir des votes par les autres membres. Il y avait même un classement ! Ces jetons nous permettaient de participer à des enchères. Si nous étions parmi ceux qui avaient misé assez haut, nous gagnions ! Mon premier prix, un laisser passez double pour le film "Choses secrètes" qui était projeté au Beaubien. Par la suite, j'ai poursuivi la rédaction de textes, assez pour remporter un deuxième prix quelques mois plus tard et pas n'importe quel ! Un prix qui allait modifier mon parcours de spectateur. "Pour 229 jetons", j'ai gagné deux billets pour aller découvrir un spectacle de danse à l'Usine C, soit "Document 3" de Lynda Gaudreau lors de la dernière édition du Festival FIND. Je me souviens encore de cette "rencontre" qui amalgamait la danse et la technologie. Le déplacement des interprètes créait sur les costumes des interprètes des sons qui étaient amplifiés pour nous être projetés par les haut-parleurs. Cette rencontre a tout eu du coup de foudre et cela grâce à Voir. Si le festival a cessé ses activités, mon intérêt pour la danse, lui commençait.

Je suis devenu un fidèle de cet hebdo culturel, lisant avec intérêt les spécialistes culturels et les chroniqueurs. Parmi ceux-ci, Fabienne Cabado dont la prose m'amenait à aller à la découverte de ses propositions danse et "tant qu'à y être", de rédiger un texte par la suite ! Il y a eu aussi Benoit Jutras qui savait s'y prendre avec moi pour m'amener à apprivoiser la poésie et à en lire, même dans les transports en commun. Manon Dumais, aussi qui éclairait mon chemin vers des propositions du septième art. La liste pourrait être longue, mais avant d'aller plus loin, je m'en voudrais de ne pas mentionner le bon travail de Tristan Malavoy, comme chroniqueur littéraire et rédacteur en chef.

Que de bons souvenirs de cette époque ! J'ai fait plein de découvertes culturelles grâce aux textes que j'écrivais, dont un abonnement annuel à Danse-Cité et un autre à l'Usine C. À ces deux diffuseur, je suis encore, plus de dix ans plus tard, un fidèle abonné.

Cerise sur la gâteau, fort bon et riche, j'ai même eu le privilège de voir dans la copie papier un extrait de mes textes, 10 fois en deux ans !!!

Et puis, est arrivé le grand changement, en 2007 ! Les textes des lecteurs passaient sur un autre site et leur visibilité a nettement diminué. Les prix étaient encore présents, mais les textes des lecteurs étaient moins présents. La transition a été difficile, mais les changements étaient compréhensibles. Comment réussir à lire et à valider les nombreux textes qui arrivaient chaque jour ? Cependant, de mon côté, le spectateur avait pris son envol et explorait avec curiosité et grand plaisir les lieux culturels de toute nature, mais surtout ceux de danse.

Et puis, arriva le jour ! Plus du tout de place sur les plateformes du Voir et moi, qui voulait continuer à écrire, je suis laissé en plan ? Les adieux ont été secs, mais en est ainsi souvent la vie. Depuis, je suis devenu plus autonome, mon blogue a pris le relais. Je me suis aussi quelque peu détaché de cette publication.

Il en reste que sans Voir, je ne serais pas devenu le grand amateur de culture et fanatique de danse que je suis devenu aujourd'hui. Grâce à leurs textes et mes billets gagnés, j'ai fait des découvertes que je n'aurais fait par moi-même. Par exemple, c'est grâce à Christian Saint-Pierre que j'ai appris l'existence du "Wildside Festival" qui se déroule en tout début d'année au Centaur Theater. Et à ce festival, j'y retourne depuis ce temps à chaque année ou presque !

Bon, toute bonne chose à une fin, comme le dit l'expression populaire ! Il en reste que c'est avec un léger pincement au coeur que j'ai appris sa fort probable disparition. Et comme le mentionnait la chroniqueuse politique Josée Legault, elle-même chroniqueuse politique au Voir de 2007 à 2012), "Mon Voir, même transformé de fond en comble depuis, tu me manqueras".


dimanche 31 mai 2020

Sur mes pas de spectateur confiné: Mon retour sur le OFFTA et "son "Prologue" !

La proposition était audacieuse, mais j'ai dit "présent" pour cette édition du OFFTA, en festival déconfiné ! J'avais identifié dans le programme des propositions prometteuses et des noms aussi que je connaissais. Au final, je l'avoue (!), j'ai butiné, mais pour l'abeille-spectateur que je suis sans téléphone portable, certaines propositions étaient inaccessibles. Néanmoins, je voudrais revenir sur une proposition qui malgré que je l'ai vu sur mon écran d'ordino (toujours trop petit), m'a particulièrement touchée. Est-il possible de ressentir les émotions malgré la distance dans mon îlot de confinement ? Oui et je l'ai ressenti plusieurs fois durant le visionnement des neufs vidéos de Mani Soleymanlou et de la Jeune Troupe du Quat’Sous (Compagnie Orange noyée). Si vous les avez vu, vous me comprenez, mais si non, je me propose de tenter de vous en transmettre un aperçu. Aperçu, j'en conviens, qui ne vous permettra pas de bien d'en saisir toute la portée, mais quand même !




Ainsi donc, "Prologue" est composé d'une série de neuf courts vidéos qui nous étaient proposés par série de deux, sauf évidemment le premier (Prologue#0), tout à fait déjanté (et amusant) sur l'esplanade toute vide du Stade Olympique qui annonce la suite. Comme cette année tout est annulé, on nous annonce que c'est une proposition réinventée ! 

Huit propositions dans des lieux différents, certains tout proches de chez moi, comme le Parc Beaubien et des ruelles montréalaises, un autre, "un peu plus" loin à Pointe au Père, à côté du sous-marin Onondaga. Le plus souvent, les spectateurs sont accueillis (à distance) par un homme masqué qui les invite à prendre place, à fermer leur cellulaire et à déballer leur bonbon avant le début de la représentation qui dure de 3 à 5 minutes. Chaque représentation sauf une, la dernière, se fait devant deux "entité de spectateurs" qui ne se côtoient pas et "à distance sécuritaire. Des spectateurs uniques, des amis et aussi des familles composent l'audience chanceuse et privilégiée ! 


Il y aura "La lettre d'Orphée à Eurydice (par Jean-Christophe Leblanc), "Le voyage" (par Stephie Mazunya), "Rapunzel" (par Anaïs Cadorette Bonin), "Antonio" (par Marc-André-Trépanier), "Balade d'un inconnu amusé" (par Peter Meltev), "Juste parce j'peux" (par Alexandra Gagné), "Elles ont fait l'Amérique" (par Célia Laguitton) et enfin "Stories from la pandémie" (par Chloe Giddings). 


Chacune me proposait de bons moments et je l'avoue, j'aurais aimé faire partie du public en présence pour ressentir pleinement la qualité des moments. Il en reste qu'au final, je les toutes appréciées,mais je m'en voudrais de ne pas vous présenter mon top 3. D'abord "Le voyage" (texte de Stephie Mazunya) qui avec une douceur fort efficace, me rappelle que le voyage peut être une évasion vers l'espoir. Et qu'il en tient à nous pour qu'il ne soit pas décevant ! 


Ensuite, "Elles ont fait l'Amérique", fort bien construit en trois temps. D'abord, la narratrice nous présente l'arrivée de Marie Brazeau au début de la colonie (en 1681) après une longue et difficile traversée en bateau. Ça se poursuit par l'arrivée en nos terres de la narratrice avec sa famille et ses espoirs (Célia Laguitton) par avion, cette fois. Et le tout se termine par une perspective optimiste, "les épreuves, vous les avez surmonté, nous aussi on les surmontera". 


Enfin, assis sur le banc du Grand Antonio, une spectatrice et son chien et un spectateur (dont le prénom, coïncidence (!)  est Robert, écoutent avec sourire, attention et émotions exprimées le texte de Marc-André Trépanier, lu par lui-même sur cet homme, légende montréalaise de mon époque ! Il a su me toucher, mais le plus fort a été de voir la réaction de "mon" Robert par procuration qui à la toute fin semble fort touché et qui met sa main avec respect la plaque sur ce banc public. Merci Robert de l'avoir fait pour moi !


Une mention spéciale pour "Stories from la pandémie" et la réaction des deux hommes à la toute fin ! Ouf !


Je m'en voudrais de ne pas mentionner le travail de l'équipe de production qui a su saisir l'émotion du moment, mais aussi la vie humaine, animale et végétale qui se passait autour. Je suis un spectateur qui apprécie la présence, mais tout au long de ces œuvres devant mon écran, le courant a passé !


Je me promets en ce 31 mai à venir à compléter, en ce 32 mai, mon tour des propositions !



lundi 20 avril 2020

Sur mes pas de spectateur: Mes réflexions en ces temps durant lesquels mes pas font du sur place.

C'était, il y a environ un mois  que je découvrais en personne ma dernière proposition danse. Autant dire, c'était il y a une éternité, le temps est une notion toute relative ! Depuis, à part sortir courir (et mes sorties course avait souvent la fonction de faire fondre une boule d'anxiété sur laquelle plusieurs cafés n'avaient pas de prise) , mes pas se sont déplacés "de par chez nous", sur mon tout petit territoire ! C'est donc avec les réseaux sociaux, fort riche en propositions, que je tente d'assouvir ma soif de découverte de mouvements. Je dois avouer que je suis impressionné par l'abondance et la diversité de ce qui m'est proposé. De cette performance maison jusqu'à la performance filmée sur scène d'une oeuvre de Pina Bausch, je pourrais rester devant mon écran d'ordinateur plusieurs heures, pourtant, je ne suis pas rassasié ! C'est comme si je respirais à l'aide d'une paille, celle de la fibre digitale ! Depuis le début de mon confinement de spectateur, j'ai fait le deuil de plusieurs oeuvres de créateurs et interprètes que je connaissais bien. Je suis triste pour vous, Sébastien, Marilyn, Ingrid, Hélène, sans oublier mes gangs de l'UQAM et de l'École de danse contemporaine de Montréal ! Comment savoir s'il sera possible d'avoir un nouveau rendez-vous en personne et si oui quand ?



Pendant ce temps, le milieu de la danse (et celui culturel en général) ne reste pas les bras croisés. En plus de faire preuve de résilience et de lucidité, les différents intervenants échangent et tentent de trouver des pistes pour traverser les moments présents et envisager ceux qui suivront., En exemple, cette première rencontre "en ligne", "Ensemble à distance: Faire face aux annulations" initiée par le CCOV et animée par Andrew Tay. J'en étais et cela m'en a donné une preuve qui m'a fait du bien. Étaient présents jusqu'à une centaine de participants du milieu (sur Zoom) avec un panel était composé de Michael Toppings du MAI, de Jessie Mill du FTA, Julie Deschènes de Tangente, de Axelle Munezero de 100 LUX, Dorian Nuskind-Oder de Je suis Julio et Sébastien Provencher, interprète, chorégraphe et du Festival Furies (tenu en Gaspésie). 

Ce que j'entends tout au long de ces quatre-vingt-dix minutes (et un peu plus) m'indique un grand respect des organisations envers les différents intervenants. Tenter de faire en sorte que diffuseurs, artistes, personnels technique et administratif ne soient pas laisser pour compte. Des questions fort légitimes aussi, telles que "Quand tu es prête maintenant, qu'en sera-t-il dans 2 ou 3 ans ?", parce que les programmations sont planifiées des années d'avance ! Poursuivre à travailler qui se traduit par devenir juge d'un battle en ligne. Là j'avoue que pour avoir assisté une fois à ce type de présentation, il y a manifestement un grand défi d'être loin de l'action pour bien la ressentir et je ne parle pas ici de la juger !

Les échanges et les points de vue portent aussi sur l'après pandémie et sur ses conséquences pour au moins les deux prochaines années. De la réflexion aussi sur les processus de création qui se font parfois dans de courtes résidences pour tenir compte des nombreux co-producteurs. Comment concilier les nombreux voyages de création et de présentation et les changements climatiques ! Les questions sont posées et les réponses ne seront pas données sans difficulté.

Moi tout simple spectateur, devenu observateur de leurs réflexions, je ne peux qu'offrir mon soutien envers ce milieu qui me donne tant. 

Il y a manifestement de grands défis qui se présentent devant nous, une fois la pandémie derrière nous. Je me suis senti rassuré par les propos entendus, parce que pas question de moins, mais de différent pour la suite. Il y aura bien l'écueil d'une plus grande diffusion en ligne des oeuvres, peu importe la grandeur de l'écran, qui de mon humble avis, atténuent de façon fort notable l'effet sur les spectateurs. Je ne saurais dire (ou même crier !) comment je veux me projeter dans l'avenir pour espérer reprendre ma place ne première rangée et ressentir ce que les propos chorégraphiques de chacune et chacun peut m'apporter. 

D'ici là un autre rendez-vous d'échanges et de réflexions est proposé et mis à mon agenda de confiné, soit, "Ensemble à distance - Danse: le corps et le toucher après la distanciation". Question fondamentale pour préparer le juste après et le un peu plus tard aussi. Merci à vous la gang du CCOV pour les rendre possible ! Le spectateur que je suis les apprécie grandement !

mercredi 18 mars 2020

Sur mes pas en lecture: une coïncidence, peut-être, mais ma lecture de "La maison brûle" tombe juste à point !

Lorsqu'on m'a demandé des suggestions pour mon échange familial de cadeaux de Noël, j'ai mis dans ma liste "La Maison brûle" (Lux Éditeur) de Naomi Klein. Et il fût l'heureux élu choisi ! Je m'y suis mis à la lecture, il y a quelques temps. Et je l'ai terminé, il y a quelques jours. Impossible pour moi de ne pas trouver des liens entre son propos, sur un autre sujet, les réchauffements climatiques" et l'actuelle crise du COVID 19. Je ferai court sur les différents textes fort inspirées et agréables à lire qu'elle a présenté depuis dix ans sur la question des changements climatiques. Je m'en voudrais cependant de ne pas insister sur un point fondamental de ses propos et c'est le suivant. Si les différents gouvernements veulent vraiment intervenir sur l'urgence climatique, ils le peuvent pour y mettre les montants conséquents. Comment ne pas adhérer à sa logique, si on considère la réaction des différents gouvernements face à la crise du COVID 19 ! Les directives coercitives et l'argent coulent à flot pour juguler la progression de ce fléau planétaire. Ainsi donc, les événements récents lui donnent raison. Et moi, je mets à la recherche et à la lecture de ses prochains livres, comme de ses précédents, pourquoi pas vous !
                                                        Tiré du site de l'éditeur

dimanche 15 mars 2020

Sur mes derniers pas en danse pour un petit bout de temps: "In-Ward", une oeuvre d'une grande maturité !

Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder, je ne le savais pas encore, mais ils étaient les derniers, direction aller, pour un certain temps. En ce mercredi soir de première, dans le hall d'entrée, tousser déclenchait une réaction de regards inquisiteurs ! Puisque la faible capacité de la salle le permettait, je pourrai assister à la présentation de "In-Ward" de la chorégraphe Alexandra "Spicey" Landé ! (les directives changeront peu de temps après, et toutes les présentations seront annulées, en espérant pour les artisans qu'elles seront reportées !).

Mais revenons au sujet de ce texte, la rencontre avec l'univers de cette chorégraphe que j'avais apprivoisé, il y a un peu plus de quatre ans, lorsque dans ma Maison de la Culture, j'avais assisté à la présentation de "Complexe R". À l'époque, je l'avoue, de cette première rencontre avec la danse urbaine, j'en étais revenu quelque peu dubitatif ! Mais je promettais d'en revoir d'autres et effectivement, mes pas m'ont amené à d'autres propositions de ce type. L'apprivoisement a bien fonctionné et de cette rencontre avec l'univers de "Spicey" et de ses interprètes (Ja James "Jigsaw" Britton Johnson, Christina "Hurricane Tina" Paquette, Elie-Anne "Rawss" Ross, Mukoma-K"JStyle" Nshinga", Nindy "Banks" Pierre-Louis et Jaleesa "Tealeaf" Coligny) a été tout à fait réussie. Et voici pourquoi !

                                          Photo tirée du site de l'Agora de la danse

À mon entrée en salle, je peux prendre place sur un siège en première rangée sur un des deux côtés, en face à face, de l'espace de prestation. Déjà présents dans la salle, les six interprètes, tout de blanc vêtus, en pleine action, dont une tout proche de moi, tout juste à trois sièges ! Donc déjà, une dizaine de minutes avant l'heure annoncée du début de la prestation, elle est commencée et capte, de facto, mon attention.

La suite me parle fort et surtout fort bien. L'intention de la chorégraphe qui est de décrire "entre la tentation, de l'isolement et la menace de conflit", incarnant "l'ambivalence féconde des relations humaines", je la ressens très bien. Ces relations avec un petit côté anarchique, mais aussi ludique, sont pour moi des moments fort agréables à découvrir ! Et bon choix de celle qui a conçu les costumes, Polina Alekseyevna,parce qu'ils sont tous vêtus en blanc, permettant de mettre en évidence leur personnalité différente que je découvre.

De ces tableaux durant lesquels, ils s'immobilisent pendant que les autres ou les autres s'expriment ou qu'ils interagissent ensemble, ou que l'un ou l'une est à l'écart des autres, j'en retiens des épisodes de ma propre vie. Il y a aussi ces moments de métamorphose, de ces relations de femmes fort affirmées,  de celle aussi où l'une d'entre elle se retrouve toute seule "dans la foule". Les symboles sont forts et les gestes exprimés les rehaussent. Moi qui apprécie de plus en plus des différents styles de la danse urbaine, j'en apprécie encore plus ceux et celles qui les incarnent ! Et durant ces moments incertains, moi, je me mets à espérer, avec en mémoire les mots d'une des interprètes entendus lors de la discussion d'après représentation qui nous disait qu'elle s'était "abandonnée dans l'incertitude du métier".

Il semble que je devrai vivre les prochaines semaines sans que mes pas m'amènent jusqu'à une destination danse. Je suis donc heureux de pouvoir conserver dans ma mémoire ces moments qui feront le pont jusqu'à la prochaine fois ! Merci Alexandra !