dimanche 2 décembre 2018

Sur mes pas de spectateur: Une rencontre touchante toute à fait de "Traits Communs" avec "Les Intimistes".

D'un chapitre à l'autre, depuis leur cinquième, qui a été mon premier avec elles, Les, que je serais tenté de transformer en "Mes," Intimistes me proposent, d'un chapitre à l'autre, de mieux les connaître. Si dans mes premières rencontres, leurs histoires me semblaient un peu plus "périphériques", tout autour d'elles, les plus récentes me plongent en elles.

                                               Affiche du Chapitre 12 fait par Tania Arana

Au retour de cette soirée fort touchante qui a fait complètement fondre le quatrième mur, chères amies, ce texte, c'est à vous que je l'adresse. Parce que ce chapitre 12, "Traits Communs" n'avaient rien de commun dans sa teneur, mais oui, "commun" dans le sens universel des êtres humains. Parce que Sandrine Quynh, Tania Arena, Sarah Keita, Laurence A. Perrault, Patricia Rivas, Audrey Lavigne et Vanessa Seiler, chacune à votre façon et avec votre belle écriture, vous m'avez touché profondément. Riche de leur honnêteté et de leur franchise, chacun de vos textes, brillamment présentés, m'ont ému et troublé, me faisant passer des rires aux larmes.

Sans revenir sur les détails de vos confidences, je m'en voudrais de ne pas revenir brièvement sur chacun de vos grands "Traits Communs" et pour cela, vous me permettrez, chères Intimistes, de vous tutoyer !

Sandrine dans "C'est cadeau", toi si riche de tes excès et de tes "limites", et qui avec ce chapitre me fait constater et surtout apprécier que chacun de nous avons une valise héréditaire et qu'avec cette valise familiale, il faudra faire son chemin, peu importe le lot qui se trouve à l'intéreur.

Tania dans "Les Nomades", je partage tout à fait ton constat qu'il peut être difficile, sinon impossible de tout bien classer les gens, d'ici, d'ailleurs ou de partout, qui a des allures de nulle part, sinon de les classer chacun dans sa propre case. En ce sens, pour moi, tu es unique, malgré tes origines si nombreuses.

Sara, avec "Le bleuet du Saguenay" tu nous parles de ton héritage génétique paternel, d'attributs physiques qui te distinguent et qui t'ont agacée parfois, sache qu'à mes yeux (et sûrement pas seulement aux miens), ils te rendent unique ! L'hérédité est un bien qui n'est pas que physique, mais qui a toujours une grande valeur.

Laurence, dans "Somatisation" comme à chaque fois que je t'écoute, avec ton style pétillant, mais surtout avec ta grande sincérité, tu me fais un "grand effet", un grand "oumfff", sans que cela se transforme en mal de dos, sois rassurée. Tu me fais aussi réaliser que cette "mère" que tu as tant souhaité, moi, j'ai eu la chance de l'avoir eu. Sache que, grâce à toi, je l'ai réalisé encore une fois, un peu plus.

Patricia, avec ton "Long cou", tu as su me surprendre avec ton cou aux traits communs de ta mère, de ton père, mais aussi d'un dinosaure qui sort de sa coquille ! Peu importe que le pays de tes parents soit peu connu comme le sont les origines des gnocchis, moi le 29 de chaque mois je tenterai d'en manger à mon souper.

Audrey dans "Cave à souvenir" avec tes yeux toujours pétillants, tu nous parles d'un trait de caractère hérité de ta famille. Ce trait qui t'amène à ramasser et à conserver les "pierres" rencontrées sur ton chemin, peu importe leur nature, sache que ce trait de caractère nous unit. À cette "pierre" qui n'en est pas une, il y en aura une autre qui a tout de la pépite d'or, suffit de garder son esprit et son cœur ouvert. Mais cela, je sais que tu l'as déjà compris.

Vanessa qui est revenue sur les moments de ta jeunesse, avec "Je ne te reconnais pas". Tu nous a parlé du passé pour ne pas être dépassée ou aspirée par l'ampleur du vide que tu as vécu. Celui laissé par ta mère. Touchante, ta façon de nous le présenter, ce vide, et quand arrive le moment durant lequel tu nous répètes "moi, ça je ne le savais pas", tel un mantra, je nous sens libérés.

Il y aura eu aussi votre surprenante "Liste des choses que ma famille fait que vous ne croirez jamais", décliné en deux temps, qui fait rire, parfois "jaune". Ce qui sera aussi le cas lorsque vous lirez la liste du public en fin de soirée.

Comment conclure quand tout est dit et que les félicitations ne pourront pas être à la hauteur de la franchise que vous nous montrez ? Comment ? Tout simplement conserver en soi, précieusement, vos confidences toutes intimes et vous dire merci !


dimanche 25 novembre 2018

Sur mes pas au théâtre: "L'assemblée", pour mettre de l'avant le dialogue, tous ensemble !

Je revenais de ma soirée à l'Espace Go après avoir assisté à "L'Assemblée" d'Alex Ivanovici, Annabel Soutar et Brett Watson. Pendant que mes pas me ramenaient à la maison, ma tête elle, me "rewardait" aux souvenirs de ma lecture quelque fois répétée de "Huis Clos" de Jean-Paul Sartre. "L'enfer, c'est les autres" et aussi, l'enfer, c'est d'être contraint à cohabiter (ici sur la terre) et être soumis aux regards (et aux jugements) des autres.

                                               Tirée du site de l'Espace Go

Voilà ce qui résonnait dans ma tête, après avoir assisté à la plus récente proposition de la compagnie Porte Parole que j'avais découvert avec grand plaisir et satisfaction avec l'instructif  "J'aime Hydro", tellement bien porté par Christine Beaulieu.

Ainsi donc tout devant, en première rangée, j'étais fort curieux de découvrir leur plus récente création de théâtre documentaire sur le "vivre ensemble", tous "condamnés" à vivre sur cette planète Terre avec ou sans frontières. Ces lignes imaginaires totalement arbitraires dessinées par les "grands" de ce monde. À ce titre, les paroles d'une chanson ("Plus rien ne m'étonne") de Tiken Jah Fakoly, "Ils ont partagé Africa sans nous consulter, / Ils s'étonnent que nous soyons désunis !" explique bien pour l'Afrique et le reste du monde aussi, selon moi, le merdier idéologique et sociologique dans lequel nous nous retrouvons. Mais une fois dedans, quoi faire ?

Pour tenter d'aller de l'avant, constructivement et pragmatiquement, les solutions ne sont pas si nombreuses et n'ont rien de la formule magique ! La compagnie Porte-Parole, ose et nous propose les ingrédients essentiels, comme point de départ pour en trouver une. Cependant, soyez averti, si vous venez prendre place dans la salle avec vos préjugés et aussi vos attentes, peut-être serez-vous déçu de ne pas avoir trouvé la "recette" pour le bien "vivre ensemble" ! Il en reste que nous ne pourrons pas reprocher aux artisans de cette création de ne pas avoir voulu nous ouvrir des pistes de réflexion et d'action pour franchir ou contourner quelques obstacles et qui sait, atteindre, un jour, le but.

Sur cette scène, Alex Ivanovici et Brett Watson, accueillerons les incarnations (Pascale Bussières, Amélie Grenier, Norta Guerch et Christina Tannous) de quatre vraies femmes, toutes différentes, dans une rencontre en trois temps. Il y a d'abord les présentations de ces femmes qui nous permet de mieux comprendre ce qui suivra., Ensuite, après avoir écouté les propos assez intransigeants d'une cinquième femme, nous assisterons à la confrontation, suivie par l'établissement de certains compromis pour lui répondre. Le tout se conclura par le bilan de la rencontre de nos quatre protagonistes avec cet autre femme.

Entre le deuxième et le troisième temps, les créateurs de ce projet documentaire ont eu la brillante idée de laisser la parole au public présent qui, après une courte hésitation, l'a prise de façon respectueuse et intelligente. Signe des temps (?), ce sont surtout des jeunes femmes qui ont débuté les échanges et qui ont pris la parole. Encore en moi, résonne celle de cette dame âgée, une anglophone qui vit au Québec, qui nous rappelle que la richesse de sa vie (et de la nôtre) réside dans la rencontre et l'hybridation des cultures.

Le tout dure près de deux heures, mais passe très vite. Le rythme est rapide, gardant à l'affût notre attention autant sur les enjeux soulevés que sur les réactions, fort bien portées, des interprètes.

Au final, j'adhère totalement à la conviction des artisans, qui est de rassembler le plus souvent possible des femmes et des hommes de tout culture et opinion pour tenter de "lousser" les noeuds de la cohabitation et l'incompréhension. Ce chemin, il est vrai, est parsemé d'embûches et ce fera sous orages et avec sécheresse, mais c'est le seul qui a, selon moi, des chances de nous amener à la bonne destination. Merci à vous Porte-Parole et longue vie à "L'assemblée" !

jeudi 22 novembre 2018

Sur mes pas au théâtre: Le plaisir de "Perdre le contrôle"

Avec la compagnie "Absolu théâtre", ma première rencontre remonte à il y a plus de deux ans, grâce au Festival Fringe. Plus tard,grâce à une amie Intimiste (Vanessa Seiler), j'ai pu faire la rencontre de ses deux directrice et directeur artistiques, Véronick Raymond et Serge Mandeville. Depuis, je reste attentif à leurs propositions. Voilà donc pourquoi, mes pas m'ont amené jusqu'à la Maison de la Culture Maisonneuve pour assister à une de leurs soirées "Théâtre tout court, en série": "Perdre le contrôle", et cela, gratuitement !



Au programme, cinq courtes pièces d'une dizaine de minutes. Dans le feuillet de la soirée, les cinq oeuvres au programme, comme tout le reste d'ailleurs, est en minuscule. La raison nous est donnée à la toute fin de ce feuillet par un post scriptum, "on fait tellement court... qu'on a égaré les majuscules". Malgré tout, au final, je peux affirmer que la soirée,elle, n'a pas manqué d'envergure ! Et voici pourquoi.

De cette soirée avec cinq pièces, quatre auteur.e.s et trois interprètes, il en a résulté deux états, soit des rires et de la réflexion pour au final, un résultat, de la satisfaction. Mais allons y dans l'ordre.

D'abord avec "rachel (counting rita)" de Patrick Gabridge (avec Véronick Raymond et Vanessa Seiler), nous découvrons comment des "clics" de l'une font le déclic de l'autre. Une histoire d'amies qui prend une tournure surprenante.

Suit, ma pièce préférée de la soirée, "salle d'attente" de Serge Mandeville (avec Serge Mandeville, Véronick Raymond et Vanessa Seiler). Une salle d'attente qui nous réserve bien des surprises et surtout une belle leçon de vie et de mort!

Dans un tout autre registre, "f.o.m.o. (fear of missing out)" de et avec Véronick Raymond a tout du miroir pas trop déformant de nos dépendances technologiques.

"capitalisme sauvage" de et avec Véronick Raymond accompagnées sur scène par Serge Mandeville, nous présente le souper d'un couple dans l'air du temps capitaliste, souper qui prend une tournure imprévue pour lui, peut-être pour elle, mais tout à fait surprenante pour nous !

Enfin, la soirée se termine avec "l'échec de l'évolution" de Sarah Berthiaume avec Serge Mandeville et Véronick Raymond. Comment une sortie de couple dans un zoo nous fait découvrir les deux aspects de notre évolution et de celle d'un couple. Comment aussi, une crème glacée du futur, nous permet de confondre Jésus, Darwin et un singe !

Une soirée tout en courtes pièces, qui nous entraîne efficacement et agréablement d'une histoire à l'autre, avec des conclusions surprenantes habilement amenées.

Une soirée qui en appelle une autre, toute aussi gratuite, le mercredi 12 décembre prochain au même endroit.

vendredi 16 novembre 2018

Sur mes pas en danse: Captivé par "The Nutcracker" de Maria Kefirova

Lorsque je tente d'expliquer comment certains univers créatifs m'ont demandé du temps pour les apprivoiser et de donner des exemples, je pense assez vite à Maria Kefirova. Je me souviens encore et très viscéralement de mon départ "furax !!!" suite à la présentation de son "The Paradise". Par la suite à ma présence à "Studio libre" (mai 2016), je me souviens de ce que j'avais écrit, " Comme pour sa dernière présentation à Tangente, "The Paradise", je dois avouer que je suis resté quelque peu dubitatif devant ce qui m'a été présenté, même s'il y avait là, une prémisse intéressante. Quand même curieux d'en voir la suite prochaine ou lointaine, de cette exploration.". J'y détecte avec du recul, une ouverture, toute petite, mais réelle.

                             Photo de Maria Kefirova par Frederic Chais & Svetla Atanasova

Intéressant de noter mes réactions plutôt négatives face à ses propositions, fortement colorées d'éléments rationnels, moi le scientifique. Mais avec "The only reason I exist is you, also why dogs are successful on stage", toujours en 2016, le vent avait tourné et j'avais été séduit et surtout conquis par son univers cérébral, envoûtant (dans le sens de subjugant !). Le spectateur se répète, mais, c'est pour les bonnes raisons, "il faut apprendre à manger du brocoli" !

Ainsi donc, je me suis retrouvé dans le hall d'entrée, fort achalandé du Théâtre La Chapelle pour découvrir sa plus récente création, "The Nutcracker", dont j'avais découvert un très court et intrigant extrait lors de la présentation de la saison de ce lieu de présentation. "À ne pas manquer", que j'avais noté dans mon agenda.

Les portes de salle s'ouvrent devant moi et encore une fois, en première rangée, je prend place, fort curieux. Sur la scène devant moi, je n'y retrouve que quelques accessoires dont un haut-parleur et des micros. Le temps que la salle se fasse comble, nous arrive de l'arrière des estrades, Maria Kefirova, habillée de sa robe rouge et blanche et de sa tuque. Elle s'assoit dos à nous et pendant que nous attendons la suite, nous entendons le son de ses pulsations aux rythmes variables.

Et elle se lève ! Et ce son devient celui de son coeur qui pulse, comme aussi ses pas en résonance. Il s'en suit des tableaux avec une enregistreuse portative et micros qui deviennent une oeuvre abstraite, sinon absurde, mais tout à fait fascinante à découvrir. Quelque soit, la signification des ses mouvements, de ses déplacements, de ce qu'elle veut nous présenter, elle nous garde captif ! Et lorsqu'elle nous ordonne, "Don't look at me", je lui ai obéi sans broncher. 

Puis arriva le moment des "noix" (25 kilogrammes, selon le feuillet de la soirée !) , elles servent d'abord à situer le chemin parcouru de son corps sur la scène et en garder la mémoire. De ce long, mais néanmoins court et très intéressant moment, durant lequel, la scène se remplit de noix (de Grenoble), les gestes captivent. Mais de ces souvenirs, et de ces traces passées, que peut-on en faire ? Maria Kefirova, elle, nous en présente sa version. Comme pour faire une omelette, il faut casser des oeufs, les noix subiront le même sort, sous sa "botte" impitoyable déployée dans une danse colorée d'urgence, comme pour fuir et passer à autres choses. Ce qu'elle fera la tâche complétée.

"The Nutcracker" est définitivement, une oeuvre hors norme, abstraite et captivante. qui laisse une forte impression. Et qui pour moi, scelle définitivement la relation créateur-spectateur avec elle !

mercredi 14 novembre 2018

Sur mes pas en danse: "Ghost" pour me faire rêver é(mer)veillé !

Chers Emmanuelle Lê Phan et Elon Höglund (et tout le reste de votre gang de Tentacle Tribe,Victoria Mackensie, Mecdy Jean-Pierre, Marie-Reine Kabasha et Rahime Gay-Labbé), je veux vous dire merci. En cette soirée automnale froide et sombre, vous avez éveillé en moi le petit enfant pour le faire rêver réveillé, mais tellement bien qu'il fallait qu'il se pince pour qu'il y croit, parce que magique !
                                     Photo d'Alexandre Gilberttirée du site de Danse Danse

Et dans ce rêve, j'y ai vu des êtres qui évoluaient devant moi, en des formes toutes aussi polymorphiques que fantastiques. J'y ai vu aussi comment le souffle nourrissait et pouvait influencer le mouvement des autres. De ces gestes qui se propageaient, tel le mouvement des ondes de la lumière. Et comment aussi, des éclairages (Bravo Benoit Larivière !), pouvaient créer des illusions des gestes qui flottaient sur scène, comme le feraient des fantômes. Et aussi, comment, il est possible d'un geste de projeter la lumière vers les autres. De ces êtres qui là, juste devant moi changeaient de couleurs, de foncé à pâle. Des moments hors du temps qui m'ont amené dans des lieux fantastiques, enrobés de la trame musicale (Samuel Nadaï) desquels, j'ai eu peine à revenir. De ce difficile retour dans la réalité, je ne vous en veux pas, parce que des souvenirs (de ce rêve) accompagnent mes pas encore maintenant.

Et moi, il y a deux ans, je me demandais à la sortie de votre proposition "Fractals of you", "Après les pixels et les fractals, je suis bien curieux de savoir vers quels territoires poético-technologiques, ils nous amèneront dans le futur." Ce soir, j'ai eu une réponse qui me permet d'affirmer que les territoires poétiques que vous explorez sont fertiles et que vous les exploitez admirablement bien. Au plaisir et surtout dans l'espoir de vous redécouvrir bientôt.

mardi 13 novembre 2018

Sur mes pas en danse: Des rencontres toute différentes avec des femmes qui le sont aussi chez Tangente

La saison danse en est rendue en son coeur et c'est dans le coeur de deux univers féminins que nous avons plongé pour le programme double ( "Mula" de Ivanie Aubin-Malo et "&" du Collectif For Fauve) proposé par Tangente. Et mes pas n'étaient pas les seuls à s'y rendre parce que c'était salle comble en ce vendredi soir. au Wilder.

Pour découvrir "Mula", nous devrons d'abord nous déchausser et ensuite prendre place tout autour d'un cercle, assis par terre sur la scène et dans les premiers rangs de l'estrade. Pour ma part, cette rencontre, je la ferai assis tout proche, au même niveau de l'interprète déjà présente à notre entrée. Ce qui pour moi, sera une bonne décision, très bonne même. Parce que faire une rencontre, pour aller en profondeur, comme le dit le titre de l'oeuvre en langue malécite (peuple autochtone présent dans l'est du Québec et des Maritimes), la proximité me sera importante. Elle m'a permis d'en ressentir les vibrations toutes douces et sa présence. Elle propose des gestes répétitifs, qui m'ont amené dans un état de réception. Et lorsque les "points noirs" (lire ici les moments de noirceur), je pouvais laisser onduler en moi, les vibrations passées et les faire miennes. Utilisant tout l'espace, elle vient à notre rencontre au sens spirituel que je ressens fort bien. Une rencontre qui a tout de l'onde qui se propage alternativement du noir à la lumière devant nous et en nous, avec pour résultat de faire sortir de l'ombre un univers fort lumineux.
Une rencontre fort mémorable qui me fera garder précieusement en mémoire sa chorégraphe-interprète.

                                  Photo de Ivanie Aubin-Malo par Justine Latour tirée du site de Tangente

Revenu à notre réalité, nous devons quitter la salle, le temps de permettre à Marilyn Daoust et Laurie-Anne Langis (Collectif For Fauve) et toute leur gang de mettre en place le lieu de la prochaine rencontre avec le titre "&" qui promet des liens. À notre retour en salle, le lieu tout sombre que nous avons quitté, s'est métamorphosé, tout lumineux devenu, avec un toile blanche sur le plancher et couvrant tout l'arrière scène. Les deux interprètes sont déjà là et question d'établir le contact, l'une d'elle, tourne le syntonisateur d'un poste radio qui entre deux grincements permet d'entendre un faible contact avec un poste d'émission. La communication est difficile, mais la recherche se fait sans relâche, jusqu'au moment que le tout débute "pour vrai" !

                      Photo de Marilyn Daoust et Laurie-Anne Langis par Jules Bédard, tirée du site du Devoir

Ce qui suivra, "&" nous propose une première rencontre (avec Laurie-Anne Langis), une rencontre appuyée par une trame musicale puissante (un peu trop pour mes pauvres oreilles et qui a interféré avec ma réception). Il en reste que de cette femme m'a proposé son cheminement qui provenait de tout en dedans d'elle et que j'ai suivi. Un cheminement, rehaussé par ses ombres fortes projetées, qui s'est déplacé sur toute la scène. Un cheminement parsemé d'arrêt pour se transformer, tel un chemin de Damas vers un avenir qui semble s'annoncer tout différent.

Et puis "&", après un court moment de transition, se poursuit sur ton différent avec Marilyn Daoust. Dans son cas, les moments avaient plus l'allure d'une rencontre en deux temps avec son "elle" intérieur et avec son "elle" "extérieur.. Elle se livrera à nous avec forte intensité et sincérité. D'abord, avec une "marche" sur une ligne blanche qui a tout, à mes yeux, d'une ligne de vie, sur laquelle nous devons moduler, parfois à l'extrême, notre corps. Cette ligne blanche (du temps) tout inerte et neutre soit-elle souffre néanmoins de nos inconstances et se met à se moduler. De cette marche et comment la réussir ? Marilyn Daoust nous en présente sa version avec éclat et sincérité. Ouf !!!

La suite bascule dans une "plongée" au propre comme au figuré. Une plongée dans laquelle elle nous entraîne et qui me captive jusqu'à sa finale.

Une soirée forte de ses contrastes et qui me fait revenir à la maison avec plein de symboles en tête, des images aussi. Mais aussi avec une suggestions pour une autre version de "&" qui entrecroiserait, les deux parties pour mieux nous présenter les points communs de ces deux femmes.

dimanche 11 novembre 2018

Sur mes pas en danse: Retour sur ma soirée "Remix" tout à fait réussie au Studio 303

C'était, il y a un certain temps que mes pas m'avait amené jusqu'au Studio 303 et encore plus, pour assister à une de leur proposition annuelle, une soirée "Remix". Une soirée qui présente un concept fort intéressant qui mériterait d'être repris plus souvent. Une soirée qui présente d'abord, les extraits de deux oeuvres pour ensuite nous faire découvrir la version ou la vision "remixée" par un.e autre chorégraphe. La transposition ou la relecture d'une oeuvre ouvre des horizons insoupçonnés et en cette soirée "Remix", nous en verrons des exemples éloquents. Et le spectateur que je suis était d'autant plus curieux qu'au programme, il y avait une oeuvre que j'avais déjà vue, il y a près de trois ans ("Fuck it" de Catherine Lafleur) et qui sera remixée par une chorégraphe que j'apprécie beaucoup, soit Caroline Laurin-Beaucage. Aussi au programme, "Belle" de Sarah Manya qui sera "remixée" par Daina Ashbee.

                                          Fuck it! – Catherine Lafleur par Studiomelies

Me voilà donc dans le corridor à la porte du studio, une quinzaine de minutes avant et c'est assez "désert". Dix minutes avant le début annoncé, je prends place dans salle, à peu près vide, mais en moins de cinq minutes, toute comble sera-t-elle devenue. Et si comme moi, comblée à la toute fin, aussi, le deviendra-t-elle et voici pourquoi.

À notre entrée dans la salle, déjà présents, Émilie Morin et Mathieu Campeau, ce duo fait couple pour ce qui suivra, accompagnés par un matelas. Nous serons donc témoin de ce matelas qui se tourne et se retourne sans cesse, faisant échouer lourdement les deux interprètes qui malgré tout se relèvent et poursuivent. Comme si le choc des choses n'apportaient pas de leçons et que la vie se poursuit, et doit se poursuivre.

Arrive le moment où les lumières dans la salle se font discrètes et, peu à peu, les corps se déphasent, légèrement d'abord et beaucoup plus par la suite, mais le matelas lui poursuit ses rotations. Comme si la vie de ce couple que j'y vois, avec du sable dans l'engrenage, se détraquait et passait du "un plus un" à du "un moins un", jusqu'à la confrontation des corps, ouf !!! Si mes souvenirs ont des "trous" sur ce que j'avais vu il y a presque trois ans, ce que j'ai ressenti à l'époque, a de nouveau résonné fort en moi. Il me semble que cette oeuvre mériterait à être vue et revue pour la réflexion qu'elle peut apporter. (Avis aux diffuseurs, en cette semaine du CINARS !).

Mais son Remix attendra, malgré que le spectateur est bien curieux et impatient. Parce que ensuite nous est proposé l'original de "Belle" qui se présente à nous sous les traits d'une jeune femme (Catherine Wilson) avec son attirail vestimentaire fort coloré de femme qui veut séduire, à tout prix. Et dans les moments qui suivront, elle utilisera de gestes et de propos siliconés, pour arriver à ses fins. Aucun stéréotype n'est laissé de côté et chacun, nous sont proposés fort intensément et habilement. À ce point, que pour ma part, j'en suis dérangé. Et soulagé de voir se terminer ce moment de rencontre avec une réalité qui, décidément, ne me plait pas, mais pas du tout. Cependant, pour avoir su me rejoindre autant, mes applaudissements sont bien mérités.

Le temps très court de mettre une toile, le Remix de "Fuck it", encore incarné par les mêmes interprètes (avec des vêtements couleurs vert et brun-beige que j'associe à la chorégraphe) se présente à nous. Un "Fuck it", en entrée de jeu plus frontal, mais aussi surtout plus verbal. Comme si les bouches à l'unisson, répétant le titre de l'oeuvre, voulait repousser la routine en la répétant et la répétant et la répétant, décliné tout en gestes. Et arrive son déphasage chorégraphique, coloré des traces gestuelles de l'original jusqu'à sa chute. Une autre belle façon, selon moi, de voir l'évolution d'un couple. Un Remix dont on peut dire "mission accomplie !".

Une autre très courte pause qui nous amène au Remix de "Belle" tout à fait différent, signée Daina Ashbee. Un Remix  qui a tout du négatif photographique, d'autant que cette femme (Catherine Wilson) se présente à nous, tout de noir vêtue. Et avec son attitude fort discrète contrastant fortement avec la version originale. Il s'en suit une série de courts "longs" tableaux qui nous la présente d'abord immobile pour ensuite évoluer vers différents mouvements ondulatoires qui deviennent pour moi hypnotiques. Comme une façon toute différente de me séduire et me faire succomber. La technique de séduction, "made Daina Ashbee", a tout du charmeur de cobra qui tente de me faire succomber. Et dans mon cas, ça fonctionne très bien. Elle nous propose sa vision (que j'aime toujours) d'être "Belle", soit de montrer comment le corps en apparence docile et asservi pour nous dominer. Et lorsque son regard se dirige droit vers moi, dans mes yeux, je succombe. De ces deux versions de "Belle", j'en retiens le contraste qui mis côté à côte, nous présente le docteur Jekyll en noir et blanc.

J'en reviens fort satisfait, parce que de ces types de rencontre, j'en redemande, peu importe la façon qu'elles me touchent, parce qu'elle provoque en moi des sensations fortes.

Merci donc aux responsables du Studio 303 de nous proposer ce type de rencontres, soit celles d'abord entre deux chorégraphes et ensuite avec nous.





dimanche 4 novembre 2018

Sur mes pas en danse: Une soirée particulière avec la compagnie Gauthier Dance.

À cette soirée danse avec Danse Danse, je m'y rendais les yeux fermés, ou dit autrement, sans vraiment savoir ou avoir lu ce que j'y découvrirais. Une des rares fois que mes pas m'amènent à un "blind date" chorégraphique. C'est donc de mon siège première rangée dans le Théâtre Maisonneuve que je découvrirai cette soirée qui débute de façon inhabituelle. Parce qu'une fois les avertissements d'usage terminés, nous arrive de derrière les rideaux, Eric Gauthier, maître d'oeuvre de la soirée qui vient se présenter à nous et aussi présenter le programme qu'il a concocté pour "sa" première fois à Montréal, son alma mater qu'il a quitté il y a 22 ans. Parce que voyez-vous, pour suivre sa passion à danser, il a quitté sa terre natale pour danser en Allemagne et ensuite "fonder" sa compagnie, la "Dance Company Theaterhaus Stuttgart. Je dois avouer que c'est une première pour moi qu'un "personnage si important" se présente devant moi avec autant de candeur et de simplicité. Ma première impression est fort positive.



Il quitte et les rideaux s'ouvrent pour nous présenter d'abord "Beating" de Virginie Brunelle. De cette chorégraphe dont j'ai vu "à peu près tout, j'ai reconnu la signature particulière de cette chorégraphe dans cette oeuvre. De ces corps qui se déplacent et qui se rencontrent, j'ai vu et, surtout, j'ai senti leurs coeurs qui battent. De beaux moments, mais il en reste que cela me faisait "tout drôle" de voir les gestes de Virginie faits par d'autres interprètes que ceux de sa Compagnie et que j'ai appris à apprécier toutes ces dernières années. Dans ce tableau, la nature viscérale de relations humaines se ressentent fort bien et nous facilement droit au coeur !

Eric Gauthier nous avait averti, mais Helena Waldmann dans "We love horses" m'a déstabilisé, heurté même, par son propos dans lequel la domination "domine" ! Si je n'ai rien à reprocher au décliné chorégraphique tout exagéré soit-il, il en reste que le propos lui m'a déplu "souverainement". De ces coups de fouet, dont les ondulations se rendaient jusqu'à moi et qui rythmaient les corps et les dominaient aussi, moi, j'y voyais la violence et les atrocités vécues par bon nombre d'homme, de femmes et d'enfants sur notre globe. Madame Waldmann, j'ai bien lu après (dans le feuillet de la soirée) votre intention, mais ainsi présenté, elle ne m'a pas rejoint !

Après un très court arrêt, nous avons droit à un 180 degrés chorégraphique avec "Infant Spirit" de Marco Goecke. Comme Pina Bausch, originaire de la même ville que lui, il nous propose une rencontre tout aussi théâtrale que chorégraphique. Ce personnage (incarné par Rosario Guerra) aux gestes fort bien montrés, j'y verrai, de ma première rangée, aussi la sueur de de l'effort et de l'émotion. Et de cette première rangée, cette rencontre a été une réussite.

Et le tout se terminait avec "Electric Life" d'Eric Gauthier et Andonis Foniadakis qui se voulait un hommage à Louise Lecavalier. Cette dernière a été pour lui (Eric Gauthier) lors de sa "première rencontre", "une expérience électrisante". Mais la question fondamentale, peut-on présenter une oeuvre proche de Louise Lecavalier avec les gestes de Louise Lecavalier, même en hommage, qui soit de la même intensité que l'original? Je dois avouer que pour la première partie de cette oeuvre, je réponds non. Non pas que les deux interprètes, ne s'investissent pas totalement, mais difficile de résister à la comparaison. Et comme pour Icare, vouloir se rapprocher trop proche "du soleil", cela peut brûler les ailes, Pour la deuxième partie, cependant, l'utilisation des projecteurs mobiles sur la scène m'a tout à fait imaginer être dans une "Electric life" ! Une fin de soirée fort bien réussie.

Au final, une soirée intéressante, qui permet au spectateur de se positionner face à la diversité des propos mis sur scène et aussi qui m'a permis de faire la rencontre d'un directeur artistique et chorégraphe d'ici, rayonnant ailleurs qui s'avère tout autant sympathique qu'accessible !


vendredi 2 novembre 2018

Sur mes pas à la radio: Mon point de vue de spectateur face à "Fléau" d'Alex Huot et Dave St-Pierre

Pour ma chronique du 2 novembre à "Danscussions & CO" sur CHOQ.CA, je partageais mon expérience de spectateur suite à ma présence à "Fléau" d'Alex Huot et Dave St-Pierre. Un témoignage court, j'en conviens, mais, qui au final indique bien, ce que cette expérience fût pour moi. Je vous le redonne ici.

                                          Photo d'Alex Huot

Mais, je voudrais revenir sur ma sortie à l’Usine C dans le cadre du Festival Actoral, pour assister à « Fléau », une œuvre de cinq heures d’Alex Huot et Dave St-Pierre. Comment arriver à aborder ce type d’œuvre avec vous ? Et bien, entre autres, en mettant mes espadrilles, partir courir et revenir 15 kilomètres plus tard pour me permettre d’aller au bout de ma réflexion. Parce que voyez-vous, si cette œuvre m’a demandé d’y mettre temps et quelques efforts pour la découvrir, elle mérite aussi du temps et des efforts pour murir mon propos.


Quiconque suit les pas sur scène de Dave St-Pierre seul d’abord et ensuite avec son complice Alex Huot, sait que le temps est un paramètre fort élastique qu’ils aiment étirer jusqu’à la limite pour magnifier la force du symbole et l’esthétique du moment. Je me souviens encore très bien du propos de Dave St-Pierre avant la présentation d’une ébauche de création dans une Maison de la Culture qui revendiquait le droit aux créateurs de prendre le temps quitte à faire démissionner certains, sinon même la majorité des spectateurs, avant le début des vraies choses. Je me rappelle aussi, de « La Pornographie des âmes » et « Un peu de tendresse, bordel de merde » qui me demandaient de ressentir jusqu’à la limite, ma limite, le malaise devant différents tableaux. Peut-être maso le spectateur, peut-être pas, qui sait ! Mais il y trouve son compte et revient.

Voilà donc pourquoi, je me retrouvais au début d’une très longue file d’attente pour découvrir « Fléau » et ses épisodes de vie déclinés en 5 heures. J’étais averti, « Les spectateurs s’attendent beaucoup à répondre à certains types de codes, et à ce qu’un spectacle réponde à certains types de codes. On devrait avoir le droit de les briser. C’est pour ça qu’on fait Fléau. » dixit Alex Huot et que j’avais pu lire dans le Devoir. Mais ceux et celles autour de moi qui rempliront « full » la grande salle de l’Usine C, que viennent-ils chercher ? Ce groupe de jeunes hommes et de jeunes femmes dans la vingtaine, cette femme avec sa grosse valise qui lui sert de sacoche (merci Catherine Lalonde pour l’info !) ou ce spectateur derrière moi qui me disait que c’était une première fois pour lui, pourquoi font-ils la file avec moi ? Je ne saurais dire.

Et moi, qu’est-ce que je viens chercher ici ? La réponse "expérientielle" n’est pas simple, peut-être même pas traduisible en mots. Mais je tente le coup. Tout au long, les différents tableaux riches en symboles et intenses de leur intensité qui perduraient sans trop d’enrobage, m’ont forcé à lâcher prise et ouvrir ma conscience, comme l’aurait fait un sauna avec les pores de ma peau. Cette façon de m’interpeller, de me bousculer et de m’amener dans un état d’inconfort, de déséquilibre, moi, je trouve cela important, sinon essentiel pour mon propre équilibre. C’est comme si je cannibalisais leur intimité, réelle ou imaginée, pour m’en nourrir.

« Fléau » a donc été pour moi, une rencontre humaine inconfortable et troublante, mais forte et essentielle.

Sur mes pas en danse: Une très belle soirée de danse forte de sa diversité féminine chez Tangente.

De cette soirée danse, j'en avais eu quelques aperçus et de bons "feelings". De "Summertime" de Marie-Pier Laforge-Bourret, j'en avais vu une première mouture à "Danses Buisonnières" l'an dernier et de "Unbodied" de Lakesshia Pierre-Colon qui nous en avait parlé à l'émission "Danscussions & CO". Mais, qu'en sera-t-il à l'Espace Vert du Wilder, une fois assis sur mon siège en première rangée ?
Pas question de vous faire languir, cette soirée m'a tout à fait satisfait, mais surtout touché, fortement même et voici pourquoi !

En première partie, "Summertime" de Marie-Pier Laforge-Bourret nous présente deux étapes dans la vie de cette jeune femme (bien et intensément incarnée par Natacha Viau). De cette nuit toute sombre, nous la voyons émerger pour la découvrir dans le monde de ses rêves, rempli d'angoisses face au monde réel qui se présente devant elle. Pour ce faire, elle navigue entre l'ombre et la lumière, tout cela accompagnée par un trio de musiciennes, Maggie Ayotte, Florence Garneau et Émilou Johnson  (un des points forts de cette oeuvre) qui sont d'abord dans l'ombre à l'arrière de la scène pour se révéler à nous peu à peu. De cette musique qui habille le propos de façon fort adéquate.

                                         Photo de "Summertime" par Marc-André Riel

Mais une fois réveillée dans son carré de lumière, la vie ne s'avère pas "un jardin de roses" et c'est tout en angoisse et fébrilité qu'elle se poursuit. Et cela, je le ressent fort bien. "Comment la mémoire sculpte-t-elle le corps" nous annonce la chorégraphe et d'affecter le parcours de ce corps, serais-je tenté d'ajouter. Et ce corps nous le montre fort bien ! Et cela m'a rejoint.

Et le corps le montrera aussi, de la façon de porter les stigmates de la violence vécue avec "Regression" de et avec Hoor Malas. À moins que l'on soit tout à fait insensible au sort des femmes et des hommes, des enfants aussi, en Syrie, ce que nous présente Hoor Malas touche et ébranle. Sa physionomie et ses mouvements durant ces trop courtes, mais intenses dizaine de minutes le montrent bien. J'ai été particulièrement touché par les moments durant lesquels, elle se retrouve dos au mur tout au fond, sans issue! Et lorsqu'elle se présente tout juste devant moi, il m'aurait fallu presque rien, pour que je me lève et que j'aille à sa rencontre pour la réconforter. Tout au long de ses déplacements, j'ai ressenti les stigmates de celle qui revient de loin. Et de son départ (de la scène), d'espoir en l'avenir fort empli.

                                         Photo de "Regression" par Hubert Lankes

Après une pause, fort opportune, "Unbodied" de Lakesshia Pierre-Colon se présente à moi. D'abord sous le projecteur fort particulier (gracieuseté de Benoit Larivière) pour sa prise en contrôle de la place et de mon attention. De ce qui a suivi, j'y ai vu sa mise au monde et de sa détermination (plus que de la force, comme elle l'avait mentionné) face à l'adversité qui se présente à elle. De ses déplacements, aussi j'en retiens l'importance des éclairages qui "m'éclaire" sur son parcours tout en contrastes. Une autre rencontre qui laisse de profondes traces.

                                                     Photo de "Unbodied" par Vanessa Fortin

Si mes pas m'ont amené plein d'espoir jusqu'au Wilder découvrir des univers, en cette soirée pluvieux et tristounet d'automne, j'en reviens illuminé de ces propositions féminines fort lumineuses. Et cela, ça me fait grand bien. Merci mesdames !

mercredi 31 octobre 2018

Sur mes pas en danse: Une belle sortie à "Un show Technique" et plein de promesses

Dans mon texte suite à ma plus récente rencontre avec l'univers de Philippe Meunier et Ian Yaworski sur la rue Prince Arthur avec "Friction", j'avais conclu avec la phrase suivante, "la danse a produit son effet et a rejoint son public". De la gigue contemporaine avec comme seul accessoire, une système de son portatif déplacé tout au long du déambulatoire, de la danse presque "unplugged" !. Voilà donc pourquoi, le spectateur que je suis était fort intéressé par l'invitation reçue pour découvrir, "Un Show Technique" qu'ils présentaient comme une "anthologie chorégraphique techniquement exagérée" au Théâtre Outremont.

                                         Photo tirée du site de PJE

Pour ce faire, ils ont collaboré avec les quatorze finissant.e.s de PJE/Prodigium (PJE / Prodigium est un centre de formation en techniques de scène (Productions Jeun'Est) et d'insertion sur le marché du travail (Prodigium) qui ont reçu une formation de neuf mois soit en vidéo, soit en éclairage, soit en sonorisation ou en gréage. Cette fois, j'aurai droit à un show "full equipped" fort évident dès notre entrée dans la salle, les nombreux projecteurs tout en bas, touchant presque la scène.

Nombreux sont-ils encore à s'activer et discuter quelques minutes avant le moment prévu du début, mais à l'heure "pile-poil", le tout débute. Je constate vite aussi que de part et d'autre de la scène, des écrans me permettront de voir les pas en action d'une perspective différente et de découvrir en coulisses ou tout en arrière, les artisans alertes "en pleine action".

Les différents tableaux sont à l'image de ce que j'avais déjà vu d'eux, "parfois comique, parfois cynique. Toujours épique" était-il annoncé, et aussi captivant, je serais tenté d'ajouter. Des moments qui montrent celui qui danse avec un pied qui "colle" sur la scène ou ceux qui nous permettront de voir des pas et des gestes qui s'envolent pour évoluer dans les airs. Une heure de gigue contemporaine durant laquelle, nous pouvons apprécier une équipe technique qui appuie les danseurs tout au long d'une série de tableaux tout en utilisant habilement des éclairages et une trame sonore qui accompagnement fort bien le propos chorégraphique. 

Une belle soirée qui montre sur la scène de la belle danse et aussi, derrière et sur les côtés, de la belle relève en technique.

dimanche 28 octobre 2018

Sur mes pas à la radio WEB: Ma perspective sur les réseaux sociaux et le monde culturel


Voici le texte de ma prestation à "Danscussions & Co"  du 26 octobre dernier.



Bonjour à vous. Cette semaine, je brûlais d’être avec vous d’autant plus que la chronique de mon collègue et ex-ami Facebook Jérôme Pruneau de la semaine dernière a allumé le feu de ma réflexion et fait mijoter mon imagination. Admettez, assister en direct à la mise à mort d’un profil Facebook, ce n’est pas rien.

Sa mise à mal des réseaux sociaux m’a fait réfléchir sur ses objets virtuels dont la maîtrise peut s’avérer délicate avec son lot de pièges, j’en conviens. Mais avant permettez moi un petit détour littéraire.

Le feu, il y a « plusieurs millénaires », comme les réseaux sociaux aujourd’hui ont demandé à l’être humain un apprentissage associé aux maladresses et aux excès précédant sa maîtrise. J’ai encore très présent en tête, le livre « Pourquoi j’ai mangé mon père. » de Roy Lewis, paru en langue française en 1975. Je vous encourage à lire ou à relire, dont le propos est, selon moi, toujours actuel. En utilisant de nombreux anachronismes savoureux, l’auteur interroge le lecteur sur des débats de la société moderne dont la technique, le progrès et l’éducation. Mettant face à face, au final, le père qui veut partager avec les autres hommes sa découverte du feu qu’il a maîtrisé, malgré les risques de ce partage et le fils qui, lui, ne le veut pas, au cas où ! Utilisant l'humour, qui m’est fort cher, Roy Lewis propose une approche ludique face aux débats actuels. Parce que le feu, nous le savons tous, alimente, il éclaire, mais aussi le feu peut détruire.

Il en est du feu comme il en est des réseaux sociaux et de leur aspect aliéno-technologisant, comme l’a si bien présenté notre ami Jérôme. Parce ce qu’il veut, et je résume, amis-créateurs des arts, c’est vous voir en personne sur une scène et que vous ne vous perdiez pas votre précieux temps de création avec du temps passé devant votre écran. Mais en existe-t-il que des aspects négatifs ? Pour ma part, je pense que non !

Parce que, voyez-vous, « Qui êtes-vous, comme artiste, si personne ne sait que vous existez et que vous créez ? » Pour aller à votre rencontre, il faut savoir que vous allez vous produire sur une scène.
« On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter » chantait Harmonium et le voir performer, je pourrais ajouter. Voilà pourquoi si, comme le feu, les réseaux sociaux sont utilisés adéquatement, ils deviennent des flambeaux qui guident et montrent le chemin pour se rendre à votre rencontre. Un artiste-créateur pourra inviter le plus grand nombre en quelques coups de doigts sur un clavier et un clic pour conclure. Et cela, sans brûler de précieux dollars qui pourront mieux servir à la promotion de votre création.

Et de cela, je veux ici en témoigner comme spectateur! Et plus qu’une fois !
Comment, j’aurais pu prendre connaissance, sinon par les réseaux sociaux, que le jeune Festival Soir présentait l’été dernier, sur la rue Ontario faire une rencontre avec Marie Chouinard, fort généreuse de sa présence et de ses propos ou sur la rue Beaubien dans un sous-sol, faire ma première rencontre avec Hélène et Manuel en duo. Ou d’être invité personnellement par une chorégraphe pour assister à une présentation, à la suite d’une semaine de création, d’une œuvre que je découvrirai dans les prochaines semaines. Ou répondre à un appel lancé sur Facebook aller à la rencontre un samedi après-midi d’été au Fringe pour découvrir une jeune artiste de théâtre dont j’apprécie depuis les créations.

Comment aussi, si mes ami.e.s Facebook avaient effacé leur profil, j’aurais pu retransmettre mes impressions de spectateur, telles des étincelles pour allumer les intérêts des autres. Pour être lu par le plus grand nombre et pas seulement ceux du monde chorégraphique.

L’utilisation des réseaux sociaux comme le feu, demandera, j’en suis convaincu un certain temps. Il causera quelques incendies, au sens figuré, évidemment, mais qui pense, aujourd’hui, se débarrasser du feu. Il se doit d’être manipulé avec doigté, mais pas éteint, parce qu’il permet aussi d’allumer la flamme afin d’éclairer le chemin que nos pas feront vers les lieux de prestation. Je m’arrête là. Bonne prochaine semaine de danse!

Sur mes pas en danse: "Ground" riche de ses dualités, "up and down" !

De Caroline Laurin-Beaucage, "Ground" n'était pas ma première rencontre artistique. Difficile sinon impossible pour moi d'oublier deux de mes rencontres avec elle et son "cube" avec "Habiter sa mémoire" (titre prémonitoire dans mon cas !, parce que dans ma mémoire, elle y est restée). Elle qui des heures durant, partout sur notre globe, danse et patiemment emmagasine les gestes dans des lieux publics avec des gens, autour d'elle, plus ou moins attentifs. De ma rencontre sur la Place des Festivals, j'avais écrit, "Impossible de ne pas être touché par cette artiste du mouvement qui nous montre comment il est possible de si bien habiter sa mémoire et de nous en laisser des traces dans la nôtre." J'en avais vu un condensé de ses pérégrinations à l'Arsenal, gracieuseté de Danse-Danse et j'avais assez apprécié pour espérer une suite sur une scène "près de chez nous" !

Mais en cette soirée automnale, c'est pour découvrir sa plus récente création "Ground" que mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder. À mon arrivée, la foule est déjà fort nombreuse et c'est devant une salle comble et moi du siège de "ma" première rangée que je ferai la rencontre avec cette oeuvre. Et cette rencontre sera pleine de rebondissements ! Parce que voyez-vous, les cinq interprètes (Rachel Harris, Kimberley De Jong, Brianna Lombardo, Louis-Elyan Martin et David Rancourt) performeront, tout en saut, devant nous presque toujours sur une trampoline.

                               Photo: Sevtla Anatasova tirée du site de l'Agora de la Danse

Voilà une oeuvre qui pour moi, est un exemple de perceptions multiples. À l'intention de la chorégraphe "Aux interprètes alignés sur des trampolines, suivant une cadence qu'ils ne contrôlent pas, à laquelle ils doivent répondre, semblant condamnés au mouvement, à l'effort, à se tenir ensemble, invoquant nos cycles circadiens" (extrait tiré du feuillet de la soirée), certains apprécieront surtout la forme. À titre d'exemple, il faut lire la critique de Mélanie Carpentier dans Le Devoir (https://www.ledevoir.com/culture/danse/539826/recast-melanier-laurin-beaucage ).

Pour ma part, c'est surtout la symbolique qui m'a frappé. Celle du quotidien, "terre à terre", celle qui fait qu'on se lève le matin aux chants des oiseaux et que l'on doive "vivre" au rythme effréné de la société jusqu'au retour à la maison, sans réelle pause pour le sprint final, souper-dodo. Un rythme de vie ne permettant qu'un léger déphasage entre nous, vite corrigé (celui du passage de l'autobus, du métro et du trafic sur le pont). Des moments frénétiques qui me rappellent ceux que j'avais vu en 2005 sur grand écran avec "La Marche de l'empereur" de Luc Jacquet.

Une oeuvre aussi qui me frappe par la dualité des sens qui en émerge, celle de l'onde radio (FM) et de ses déclinaisons individuelles de 88,5 à 107,3. Celle aussi de l'individualité dans la collectivité. Celle de la nature double du photon, particulaire et ondulatoire. À ma réaction initiale, "je persiste et je signe", voilà une oeuvre que seule une femme aurait pu créer. Parce que voyez-vous, cette sensibilité au cycle et à l'urgence de s'y conformer, je ne suis pas certain qu'un chorégraphe-homme aurait pu nous la présenter de cette façon.

Une oeuvre riche, à mes yeux, de ses symboles, qui en permet ma lecture et mes interprétations. Une toute petite heure de spectateur, mais qui se prolonge bien après comme les ondes dans la marre, une fois la pierre lancée, avec aussi, le "REBO(U)ND extérieur, projeté sur le mur extérieur de l'immeuble. Projection que j'ai appréciée presque seul en cette soirée assez froide d'octobre.

dimanche 21 octobre 2018

Sur mes pas au cinéma: Une belle rencontre avec "Guy"

Il arrive que la vie nous permette de faire de belles rencontres, d'autant plus belles qu'elles étaient inattendues. Profitant d'une éclaircie autant dans le ciel tristounet et automnal que dans mon agenda, mes pas ont fait le trajet jusqu'au Cinéma Beaubien pour aller à la rencontre de "Guy" d'Alex Lutz, guidés par les étoiles des critiques de nos média.

                                             Photo de MK2 | MILE END tirée du site de La Presse

Mais qui est "Guy", me demanderez vous, dont la rencontre t'as tant ravie? Et bien voilà "Guy", c'est Guy Jamet, une star française d'une époque révolue et qui effectue un retour sur la scène. Bon. bon, si ma connaissance de la chanson française n'était pas si bonne, ce chanteur je l'aurais cru, a vraiment existé. Présenté comme une comédie dramatique, ce film a toutes les allures d'un documentaire. Et je l'ai suivi sans me lasser !

Alex Lutz revêt les "habits" du personnage septuagénaire, jusqu'à y mettre 4 à 5 heures dans les séances de maquillage. Suivi par la caméra de son enfant illégitime dont il ignore l'existence. pour un documentaire, nous en découvrons tous ses traits de caractère. Suivi pas à pas, il devient tout aussi adorable que détestable, sans que l'on ne se lasse.

Vous vous voulez découvrir un "personnage" à l'image de certains qui existent pour vrai, voilà une rencontre qu'il vous faut faire.

vendredi 19 octobre 2018

Sur mes pas en danse: Retour "scientifique" sur "L'un l'autre"


Voici mon intervention modifiée que j'ai faite à Danscussions &Co en ce vendredi 19 octobre. 

Cette semaine, je voudrais partager, mes impressions sur une œuvre qui a été pour moi fort évocatrice et que j’ai vu, il y a quelques jours. Il s’agit de « L’un l’autre » de Sylvain Lafortune et Esther Rousseau-Morin présenté à la Cinquième Salle de la Place des Arts par Danse Danse. 

Peut-être que la lecture de l’article de présentation dans le Devoir dont le titre est « Physique et mécanique du couple dans « L’un l’autre » avait laissé des traces en moi. Il en reste que face à cette œuvre forte de sa sobriété scénographique, j’en ai profité pour me donner une marge de manœuvre interprétative toute scientifique, privilège fort intéressant d’un spectateur en danse. Voilà pourquoi, en revenant chez moi, je me suis projeté dans mes souvenirs récents de l’œuvre en y donnant une dimension géométrique en utilisant des chiffres et des équations.

C’était prémonitoire admettez ! Dans la Cinquième Salle, nous découvrirons une œuvre dont la durée annoncée est de 65 minutes et qui débute à 20h05. Mais non, malgré tout, ce n’est pas le chiffre 5 qui a émergé durant la présentation, mais, plutôt deux autres. Deux chiffres pour un duo, pourquoi pas ! D’abord, le 2, mais pas seul, accompagné par le nombre π (pi). π est irrationnel, c’est-à-dire qu’on ne peut pas l’exprimer comme un rapport de deux nombres entiers; ce qui entraîne que son écriture décimale n’est ni finie, ni périodique. C’est même un nombre transcendant. Compréhensible comme définition, peut-être pas, mais évocateur, oui !

                              Photo des interprètes par David Wong sur le site de Danse Danse

Nous avons donc ici le « mariage » entre deux termes de nature fort différente, rationnel et fini pour l’un et irrationnel et infini pour l’autre. Ce qui résume bien la double nature de ce que j’ai vu en cette soirée.

Durant cette soirée donc, j’ai découvert deux corps qui ont évolué sur une scène circulaire sans presque jamais en sortir. Une œuvre en deux dimensions utilisant abondamment, à en être étourdi soi-même, la rotation des corps et des mouvements dans ses déclinaisons mathématiques. Parce que voyez-vous de ces cercles qu’ils nous proposent, il en existe des équations qui les décrivent.

D’abord de ce cercle, il y a le contour ou sa circonférence et sa formule mathématique, 2 fois pi fois r (r qui est le rayon, la distance entre le centre et le pourtour). Dans cette formule, il y a le 2 représentatif de leur dualité, mais aussi pi, riche de son infinité et de sa complexité qui représente toutes les nuances infinies des gestes qu’ils m’ont présenté dans ce territoire qu’ils investissent totalement et intensément à eux, deux.

Si on accepte d’aller un peu plus loin et d’ajouter une autre dimension, pour s’intéresser à la surface de ce cercle habité, on pourra utiliser une autre formule, π fois r au carré (ou à la 2). Avec encore présents, le chiffre pi et le paramètre r, accompagnés, cette fois par le chiffre deux qui est porté en hauteur comme exposant. Ce qui représente bien ma perception de leurs gestes amplifiés au carré et aussi de leurs portées fort présentes tout au long de la présentation.

Je pourrais continuer, mais mon temps lui n’est pas infini comme le chiffre π. Mais je m’en voudrais de ne pas compléter mon propos avec la dualité du chiffre 2, oui, oui. Celle de sa belle courbe bien connue, mais aussi celle de sa déclinaison romaine, de ses deux barres côte à côte qui entre les deux laissent toute la place aux interactions.

De cette belle illustration chorégraphique des chiffres deux et pi, j’en retiens aussi l’énergie irradiante sur fond sombre qui m’a captivé jusqu’à la finale fort bien réussie. 

Sur mes pas en danse: Témoin mystifié de "SuperSuper" de Line Nault

Pour cette sortie danse, c'est vers l'Espace bleu au sous-sol du Wilder que les gens de l'Agora de la danse m'ont dirigé. Au programme "SuperSuper" de Line Nault dont c'était ma première rencontre (comme quoi, le territoire chorégraphique est fort immense pour le spectateur, tout expérimenté soit-il !) avec sur scène, ses alter-égo, Audrey Bergeron et Jessica Serli, qui elles m'étaient bien connues.

                                         Photo de l'oeuvre tirée du site de l'Agora de la danse

Peu à peu, les spectateurs s'agglutinent à la porte comme dans le "petit" couloir, avant son ouverture et la salle sera comble lorsque cette porte se refermera. À mon entrée, les deux interprètes sont déjà en plein travail, chacune à leur bureau. Ce qui me frappe en entrée de jeu sont leurs vêtements d'une autre époque, tout à fait "vintage" ! Elles s'appliquent à leurs tâches (ça résonne et ça cliquette !!!), ignorant notre présence, pourtant fort audible. Peu à peu, le silence se fait et tout à coup les lumières s'éteignent.

Comme l'indique le feuillet de la soirée, c'est dans une épopée en trois temps en quête d'un nombre mythique qui est et qui restera un mystère pour nous. Mais comme souvent dans la vie, ce n'est pas le résultat qui compte, mais la quête pour y arriver. Et cette quête, durant le triptyque, ""Super8, "Super réalité" et "SuperN64", m'intrigue d'abord et me mystifie ensuite, pour enfin me porter, sans jamais me lasser.

Dans "Super8", elle (Audrey Bergeron) nous confie qu'elle voit des "huit" partout, appuyant son propos par des projections fort évidentes. Ça sera le tableau le plus accessible alliant gestes et propos sur fond de projection "super 8". Le spectateur se sent d'attaque pour poursuivre sa quête des nombres.

Dans "Superréalité", c'est le chiffre "dix" qui prend toute la place, sur scène avec elle (Jessica Serli) et sur l'écran derrière qui se remplit de ses déplacements et de ses interactions avec les cubes virtuels qu'elle rencontre. La présence de ce chiffre, recèle son lot de mystères que jamais je ne pourrai déchiffrer, malgré mes efforts initiaux. Vite, j'abandonne et je me laisse aller à découvrir le résultat chorégraphique et non la cause de ce que je voie. Je me laisse ballotter aux vagues des gestes et aux courants du texte et je m'en porte bien, au final.

Enfin, le troisième tableau "SuperN64", qui me ramène plusieurs années derrière et à ma découverte du monde virtuel avec le Nintendo 64. Sans toujours rien y comprendre, je me laisse aller à découvrir ce monde virtuel projeté sous différentes perspectives, principalement captivé par le texte "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard" de Stéphane Mallarmé, décliné par les deux interprètes, chapeau mesdames.

Une oeuvre en trois temps qui, pour être décodée, aurait demandé la machine de Turing qui a su vaincre "Enigma" durant la Deuxième grande guerre. Une oeuvre néanmoins fascinante qui captivait. Une oeuvre cérébrale qui nous demandait néanmoins de lâcher prise pour apprécier. Une sortie danse réussie.

mercredi 17 octobre 2018

Sur mes pas en danse: Retour sur une soirée "trouble" et troublante chez Tangente

Comme ils en sont habitués, en ce début d'automne, mes pas m'ont porté jusqu'au Wilder pour assister, ce que je croyais, à deux oeuvres de  danse. Au programme, "Eve (dance is an unplaceable place)" de la Compagnie Voix & Omnipresenz et "Le troisième été d'amour" de la Compagnie Dans son salon.

En cette soirée de première, le hall est fort achalandé et nous serons invités à prendre place dans l'Espace Orange, en laissant derrière nous nos chaussures, parce que c'est sur la scène, tout proche, que nous découvrirons les deux œuvres.

                               Photo de "Eve (danse is an unplaceable place) par David Wong tirée du site du Devoir

À mon entrée dans la salle pour assister à "Eve (dance is an unplaceable place)" , puisque je suis un des premiers, je peux choisir ma place autour d'un espace de prestation délimité par des éventails ouverts. Les quatre interprètes (Margherita Bergamo, Jenna Beaudoin, Élise Boileau et Raphaëlle Renucci) sont déjà présentes et comme pour trois d'entres elles, je prends place sur une chaise, tandis que la majorité de ceux qui me suivent trouveront leur place, par terre. Trois écrans télé sont présents dont deux sont visibles de ma place.

Tous s'installent et doucement le geste se fait et l'atmosphère s'installe. Je "sens", plutôt que je vois que tout à côté des trois interprètes assises, il y a une personne "en attente". Et j'assiste au déploiement des gestes avec le plus d'attention possible, exercice pas évident, puisque mes yeux, eux, veulent découvrir les images sur les écrans de télé et surtout que ma tête tente de faire le lien entre les deux sources de stimuli. Et cet exercice sera rendu encore plus difficile, lorsque les spectateurs "en attente" se mettent en mouvement avec, à un moment donné, leurs lunettes de réalité virtuelle mises devant leurs yeux.

Je dois faire un choix et rapidement. Mon cerveau capitule pour laisser toute la place à mes yeux qui eux découvrent de la danse comme pouvaient le faire, selon mon imagination, les danseuses aux temps des Romains au début de notre ère. Leurs vêtements fort beaux (de Paloma Bomé) supportent mon impression de me retrouver dans une cérémonie rituelle festive fort agréable à regarder. Drôle d'impression d'assister à la rencontre complice de ces femmes d'une autre époque avec ces spectateurs/spectatrices privilégié.e.s d'aujourd'hui. Le tout se termine tout doucement, me ramenant ici et maintenant. C'est bien plus tard que j'apprendrai, sans aucune regret, que les trois participant.e.s du public voyaient dans leurs lunettes ce que moi j'aurais pu voir sur l'une ou l'autre des écrans présents, si mes yeux y avaient porté regard.

Sortie de salle pour l'entracte.

Au retour, le lieu a changé et au milieu de celui-ci un immense cube aux parois de tissus transparents. Tout autour, des sièges, des coussins, tout l'assortiment pour prendre place confortablement. Pour ma part, c'est sur un "pouf" que je m'installe pour découvrir "Le troisième été d'amour" de la Compagnie Dans son salon (Emmalie Ruest et Benjamin Prescott La Rue.

Déjà présente, Marijoe Foucher, unique interprète de cette oeuvre, arpente frébilement la place et vient à notre rencontre parée de ses habits tout blanc. Tous les spectateurs rendus à leur place, ça commence. Nous n'aurons pas droit, tel que la maître de cérémonie nous l'indique, à de la danse, ni à du théâtre, mais à une performance (et pour cela Marijoe Foucher la porte fort bien, totalement investie) qui dévoile ses intentions graduellement. Cette femme-gourou, nous présente les liens entre son histoire familiale et celle des deux "Étés d'amour" (Summer of love), celui de San Francisco en 1967, et de Manchester U.K. en 1988.

Nous découvrons comment la combinaison du singulier et du pluriel, l'a amené à sa projection vers le futur en tentant de nous y entraîner. Elle a le verbe fort, la posture affirmée et la démarche déterminée. Certains résistent, dont moi, mais plusieurs, ça je le sens bien, seraient prêts à embarquer dans son aventure, parce que son sourire et sa détermination est à la hauteur de ce que l'on pourrait imaginer d'un Troisième été d'amour. Mais au final, à la dernière scène, cette entrepreneure se révèle totalement et montre son jeu et ses aspirations.

De cette présentation, riche en couleurs visuelles et musicales et technologiques (fort bien utilisée), j'en reviens avec des sentiments mitigés. Parce que je venais voir de la danse (et il y en a eu très peu) et que certains de mes souvenirs personnels à propos de soirées "habilement" présentées auxquelles j'ai assisté. Des soirées qui avaient un appât fort aguichant, cachant un piège.

Il en reste que le temps a passé et que le message s'est frayé un chemin en moi, provoquant une réflexion et un constat fort réjouissant, il y a encore des jeunes qui sont capables d'un propos intelligent pour nous faire prendre conscience des pièges des beaux mots habilement présentés. Et en plus, ils y ont mis les "grands moyens".


samedi 13 octobre 2018

Sur mes pas en danse: Mon retour sur des Collisions performatives tout à fait réussies

C'était, il y a quelques années (2015). Le local de création de la compagnie O Vertigo de Ginette Laurin dans les "entrailles" de la Place des Arts, entreprenait son changement de vocation pour devenir le CCOV (Centre de création O Vertigo). Depuis, le CCOV est devenu, avec succès, un lieu de résidence pour les créateurs en danse et aussi et c'est la raison pour laquelle mes pas m'y ont amené en cette fin de journée, de la présentation des "Collisions Performatives" concoctées par son commissaire artistique, Andrew Tay, dont l'innovation et l'audace font parti de son code génétique.

                                          Affiche tirée du site du CCOV

L'objectif est relativement simple, soit de réunir le temps quelques heures des artistes d'horizons artistiques différents pour qu'ils créent devant un public. De mes précédentes présences à ces Collisions, je peux dire que la "chimie" est assez variable, propre aux risques de ce type de rencontre. Mais en cette première soirée de cette saison, les "Collisions Performatives" ont été une totale réussite. Étaient invités, Anachnid et Annie Sama (artistes multidisciplinaires en musique) et Jossua Collin Dufour (artiste en danse contemporaine et urbaine).

À mon arrivée, une trentaine de minutes après le début officielle de cette rencontre, les "spectateurs" sont déjà nombreux et les trois artistes en plein travail. Je trouve ma place et vite je fais un beau constat, soit de retrouver une femme, Annie Sama, à la console (et l'ordinateur) et un homme sur la "scène", un mélange des genres fort rafraîchissant. Je prend ma place et vite je me sens impliqué à ce travail de création en direct. Je pourrai même me rendre derrière la console, avec tous ceux et celles intéressé.e.s, pour mieux comprendre ce que les doigts sur un clavier peuvent produire comme effets.

Dès le départ, donc, je me sens impliqué et bien informé par les trois artistes sur le processus de création qui se passe devant moi. Les gestes qui provoquent les textures musicales et ces dernières alimentant les gestes. La collaboration entre les trois est fort évidente et surtout belle à voir. Avec les "moyens du bord", des trousseaux de clés deviennent deviennent des chaînes et, même la voie des deux gagnants (de laisser passer pour le MAC, commanditaire de cette présentation), alimentent l'oeuvre. Un bel exemple de donnant-donnant. Je suis témoin d'un travail de création d'une trame musicale par couches successives.

Je pourrai voir, tour à tour et ensemble les trois créateurs prendre la place devant nous et moi je suis captivé, oui, oui pour de vrai ! L'amalgame des mouvements urbains du danseur et de la musique traditionnelle autochtone produit un effet surprenant. À un moment, j'ai fermé les yeux pour aller ailleurs et lorsque je les ouvre, je reste "ailleurs".

Mais le temps passe et le moment de nous proposer un résultat arrive. Si ce résultat est fort satisfaisant, il en reste que c'est le chemin pour y arriver qui l'a été encore plus. Pour ma part, de cette rencontre, j'en reviens fort satisfait et plus riche de sensations. En bonus, " Anachnid", connue aussi sous les noms Anna-Khesic Kway Harper ou Kiki Harper, oji-crie et métisse, nous a parlé d'elle de son cheminement. 

De ces "Collisions Performatives", j'en reviens fort heureux et convaincu que d'oser dans la vie, peu importe les risques des initiateurs et des spectateurs, méritent que l'on s'y rendent.

vendredi 12 octobre 2018

Sur mes pas en danse: Excursion dans l'univers de la gémellité des Soeurs Schmutt avec "L'entité du double"


Cette rencontre, elle était à mon agenda depuis longtemps. C'était une rencontre importante pour moi ! Une autre rencontre avec des soeurs jumelles bien spéciales, soit Élodie et Séverine Lombardo, mieux connues sous leurs noms de scènes et de créatrices, les Soeurs Schmutt.  Nous avons rendez-vous au Théâtre Prospero, et l'entremetteur était le diffuseur Danse-Cité. Notre rencontre avait un titre, eh oui, signe des grandes occasions et fort évocateur en plus, "L'entité du double". Il était annoncé que cette rencontre nous présenterait une partie de leur intimité, réelle ou fictive, mais peu importe, l'occasion était belle de les revoir et pour cette soirée, elles étaient accompagnées sur la scène par "l'homme orchestre", Guido Del Fabbro.

Photo tirée du site de Danse-Cité
Depuis plus de dix ans donc, c’est au moins une dizaine de fois que j’ai assisté à une de leurs propositions. De celles-ci, l’aspect qui m’a toujours le plus frappé est celui de la rencontre à l’autre, au sens le plus large. Chaque rencontre que j’ai fait a eu lieu dans des endroits différents, dans des salles comme dans les lieux publics. Chacune était toujours fort colorée de dualité, souvent lambrissée d’ombre et de lumières.

Avec « L’entité du double », cette fois, elles m’ont effectivement proposé une expédition dans les méandres de leurs univers intimes, réels ou fictifs, je ne saurais l’affirmer, mais réalistes, oh que oui !!! Une expédition déclinée en différents tableaux, qui m’a permis de mieux comprendre, les principes qui les guide dans la création de leurs œuvres. Ainsi donc, tel qu’annoncé, ces artistes monozygotes ont interrogé frontalement leur gémellité, et la vision qu’elle leur impose.

Je voudrais ici partager quelques moments qui m’ont le plus marqué durant cette soirée. Déjà à notre entrée dans la salle, elles sont là, toutes identiques, au-devant de la scène dos à nous, micro à la main. Elles sont silencieuses et immobiles dans le seul endroit éclairé de la scène. Et arrive le moment, elles se retournent et nous parlent d’elles jumelles monozygotes. Alternant d’une à l’autre, j’ai eu d’abord droit à un cours de biologie. De ma première rangée, j’ai pu mieux apprécier leurs petites différences physiques qu’elles nous présentent, « plus de tronc pour l’une, plus de cage pour l’autre » ou « plus de front pour elle, plus de sourcils pour moi ». J’ai aussi réussi à ressentir ce que veut dire être jumelle, la force du « 2 », mais les contraintes aussi. Si elles sont d’abord, chorégraphe et interprète en danse, c’est leur capacité théâtrale qui frappe en entrée de jeu. Et puis tout à coup, leurs corps prennent la parole et détourne mon attention du propos qui se déforme.

Il s’en suit une série de tableaux qui résument tout ce que j’avais vu d’elles auparavant. Par exemple, celui, dans lequel elles sont au milieu de la scène avec un éclairage qui les illumine d’un côté et leur laisse un côté sombre de l’autre. Elles deviennent le point de rencontre de ces extrêmes pour les relier. Ce qui pour moi, représente tellement bien ces deux aspects de leur création. Celui aussi, durant lequel, une des deux, ose et vient à la rencontre des spectateurs, avec des demandes parfois audacieuses, dont celle de m’emprunter ma paire de lunettes et qui seront presque toutes acceptées.

De tableau en tableau, elles se sont dévoilées sans pudeur, corps et âme avec une sincérité fort crédible. 

Moi, j’y ai cru à ma rencontre avec elles, malgré les aspects fictifs annoncés. Parce que nous créons à partir de ce que nous sommes et en cette soirée, j’en ai eu un concentré fort riche.
Elles m’ont aussi fait réaliser que la rencontre avec l’autre, elles sont tombées dedans, dans la marmite « amniotique ».

Cette soirée m’a comblé, mais je n’étais pas le seul. En effet, tout au long de la représentation, il y avait ma voisine spectatrice qui prenait des notes, beaucoup de notes. Curieux que je suis, je l’ai questionné et j’ai appris qu’elle le faisait pour un travail pour un cours en théâtre et, sans que je lui demande, elle ajoute qu’elle avait adoré. 

Et moi par la suite, mes pas me ramènent à la maison, méditant sur la réalité de la vie de jumelles et aussi des impacts sur l'aspect de la création des soeurs Schmutt, avec un regard sur leurs oeuvres passées et une anticipation sur leurs prochaines. 

dimanche 7 octobre 2018

Sur mes pas en danse: Expédition dans "l'Ailleurs" avec "The Daughters of Quiet Mind" et "TOPO" chez Tangente

De ces deux œuvres au programme, j'en avais déjà vu les "premiers" pas. De "TOPO", c'était au ZH Festival, il y a un peu plus d'un an. Du texte de mes impressions, j'avais conclu, "Selon moi, il reste à travailler les transitions, mais sinon cette vision topographique polymorphique de notre présence sur terre atteint son but." Curieux donc de découvrir cette plus récente version !

Pour "The Daughters of Quiet Mind" (de Laurence Lapierre et Myriam Arseneault-Gagnon), première partie de ce programme double, j'en découvrais la suite, son évolution. D'abord titré, "The Shovel Wings" qui était un duo lors de sa première présentation publique lors des "Danses Buissonnières" de l'an dernier et sa suite, sans titre, présentée (et que j'avais vu et fort bien apprécié) au OFFTA de ce printemps. Voilà une autre belle illustration que la danse est un art vivant, mais aussi toujours en mutation. Il ne me restait d'en découvrir le résultat.

Bien installé au tout début de la file d'attente, je peux prendre connaissance de la note de la commissaire (Dena Davida) dans le feuillet de la soirée: "Ce programme propose une tension esthétique entre formalisme futuriste et angulaire et une poésie onirique et sensorielle. Un lien pourrait être tissé par la notion de perception: de nous-mêmes, des interprètes et de leur environnement imaginé". Et aussi de méditer sur la complexité du sens de cette note, une expédition dans "l'ailleurs" ?, malgré l'activité bourdonnante tout autour. En effet, toutes les places seront occupées pour la première.

Les portes s'ouvrent, je prends ma place et la salle se fait comble. Déjà, elle (Myriam Arseneault-Gagnon) est là, très présente, avec la bâche par terre, sous ses pieds, et le long néon juste au-dessus d'elle. Elle se déplace, attentive au lieu, examinant "au delà" de ses "grands yeux" fort présents. Pour ma part, elle me captive. Il s'en suit, une fois le tout débutant plus formellement, son investissement physique des lieux avec cette bâche sous ses pieds. La bâche devient le territoire à investir sous ses bottes dont le bruit résonne et se propage dans la place. Cette bâche devient aussi un cocon d'où réémerge cet être tout aussi mystérieuse et surprenamment inchangée physiquement, mais intérieurement toute différente, nous le ressentons ! Cette bâche qui se déforme et ses multiples couches, allégorie de ma vie et peut-être de la vôtre, que nous découvrons recèle une dimension de la vie colorée de ses mystères. Toute courte, sinon trop, (moins de trente minutes) cette épopée humaine, riche en résonance visuelle et sonore (merci à Jonathan Goulet, concepteur sonore et Hugo Dalphond, concepteur lumière). Cette femme, je l'ai suivi jusqu'au bout de sa solitude et je l'aurais accompagné plus loin, plus longtemps.

Pour découvrir la deuxième partie, nous devrons sortir de la salle et prendre le temps d'attendre. Ce que je fais fort docilement.

Et les portes s'ouvrent de nouveau pour nous faire entrer dans l'univers déjà fort riche de la présence des interprètes (Ariane Dubé-Lavigne, Laurence Dufour, Kim L. Rouchdy et Jeimy Oviedo) et des différents objets scéniques (dont l'immense écran blanc derrière la scène) de "TOPO" d'Ariane Dessaulles. Je me souviens que la première fois, il y a un an, ces femmes m'étaient apparues graduellement, mais cette fois, elle sont toutes là, immobiles, mais fort présentes ! C'est une rencontre, découpée en tableaux, qui a tout de la courte pointe doucement construite. Je redécouvre avec grand plaisir et grande attention, celui durant lequel, elles se mettent à la tâche en gestes fort appliqués, mon tableau préféré. Ce qu'elles nous proposent, principalement en duo, est fort appliqué, minutieux, d'un formalisme que je qualifierais de scientifique. Nous devons être tout attentif pour en saisir les nuances. L'exploration "topo(graphique) du territoire, formelle, enrichie des projections "déformantes" m'a projeté dans une introspection toute personnelle déstabilisante, je dois l'avouer. 


                                  Photo de Marie-Ève Dion des 4 interprètes de "TOPO"

De cette expédition, fort bien guidée et aux transitions bien réussies, j'en reviens, enrichi par plus de questions que de réponses, comme peuvent l'être pour moi, tous ces corps qui arpentent cette topographie urbaine au quotidien. 

"TOPO" est pour moi, une oeuvre forte de sa formalité et de sa complexité, mais avec des gestes qui la rendent accessible.

J'en ressort fort satisfait, mais aussi interpellé. Notre présence, peu importe ce que l'on peut penser, est en lien avec les autres et elle provoque des effets dont nous pourrons ignorer les effets. J'en prends bien note et pour cela merci, mesdames.