jeudi 13 juin 2019

Sur mes pas de ma deuxième soirée au Fringe: "Eye Candy" et "Nicotine", deux œuvres qui frappent et qui touchent !

Pour ma deuxième sortie au Fringe, j'avais mis à mon agenda trois œuvres, mais le début de journée avait grandement diminué mon énergie. Pare conséquent, les deux premières que j'avais choisies y sont restées. Deux propositions qui avaient attiré mon attention.

La première, "Eye Candy" de Stéphanie Morin-Robert était, pour moi un incontournable. Ayant assisté à ces propositions chorégraphiques (avec "For body and light"), il y a y bon nombre d'années, je ne l'avais jamais vu sur scène avec ses propositions précédentes, "Blindside" et "The Merkin Sisters". Rien de volontaire, mais j'en suis un peu honteux parce que les commentaires étaient fort élogieux. Donc cette fois, pas question de rater au moins une de ces deux propositions au Fringe.

                                                         Tirée du site du Fringe

La deuxième, a été mis récemment à l'agenda, suite à l'entrevue de Zach Pâquet Miscioscia, l'auteur du texte de cette pièce de théâtre. "Nicotine" à l'émission Danscussions & Co. L'amateur de danse ayant été impressionné et sa curiosité attisée, cette proposition théâtrale a été mise au programme de sa soirée !

Mais revenons à "Eye Candy" ! Il est 17h50, nous sommes mardi soir, malgré tout la foule s'avère fort nombreuse dans le Théâtre La Chapelle. À mon arrivée, plusieurs minutes avant, la porte de la salle est déjà ouverte et je peux prendre place dans "ma"première rangée. Quelques minutes avant le début de la présentation, Stéphanie rentre dans la salle à son tour et salue les gens déjà présents et ceux qui rentrent aussi. Petite surprise pour moi, lorsqu'elle vient à ma rencontre, elle me reconnait et me salue par mon nom ! Ce qu'elle fera aussi pour bon nombre de personnes dans la place.

Et puis arrive le moment de débuter. La suite me démontre pourquoi cette artiste reçoit des critiques aussi élogieuses. Prenant place au milieu de la scène avec comme appui technique un projecteur et un écran. Elle nous relate d'abord de façon fort humoristique et captivante une présentation qu'elle a fait dans un congrès de spécialistes pour les yeux. La suite prend une tournure surprenante dans notre métropole et des différentes étapes de sa grossesse. La description de son accouchement est mémorable.

À intervalles réguliers, elle interrompt sa présentation l'illustrer avec un accessoire fort simple, une paire d'yeux. Et elle le mettra au-dessus sa bouche et aussi ailleurs, dont sous son nombril, avec des effets visuels fort surprenants et amusants. Elle conclue avec une tournure fort touchante qui nous fait découvrir que le point commun avec son grand-père (qui lui aussi, avait un oeil en moins !) n'était pas celui que l'on avait d'abord cru en début de présentation.

Et une fois mes applaudissements envolés, je repars en regrettant d'avoir tant tardé à la découvrir cette performeuse "hors norme" ! Merci Stéphanie !

Je me remets en marche pour me rendre pas trop loin, au quatrième étage du MAI, au Black Theatre Workshop Studio pour assister à "Nicotine" de Zach Pâquet Miscioscia, accompagné sur scène par Camille Blouin-Picard. À notre entrée en salle. les deux "protagonistes", lui et elle, sont assis dos à dos, chacun sur son matelas. Le Studio est tout petit et permettra de ressentir une intimité prévisible. Et c'est ce qui arrivera dans l'heure qui suit. Deux jeunes de notre époque (selon le spectateur que je suis), qui vivront une relation amoureuse intense, torturée. ambiguë durant laquelle les émotions sont exprimées crûment, sur fond de perpétuels questionnements ! Comment se compromettre et se situer dans cette relation ? Comment l'avouer et avec quels mots l'exprimer, ces jeunes laissent souvent leurs expressions prendre le relais ? Une histoire d'amour moderne, dont l'issue est guidée par la consommation de substances interdites et par la crainte de l'abandon à l'autre. Une histoire d'amour détournée par une envie d'autodestruction omniprésent ! Une histoire d'amour fort intense, remplie d'ombre et de lumière !

                                                              Tirée du site du Fringe

Une histoire qui me laisse des traces et qui me demande de marcher, et encore un peu plus, avant de prendre le bus pour revenir à la maison !

lundi 10 juin 2019

Sur mes pas au Festival Eureka: Encore une fois une sortie réussie !

Jamais deux sans trois, dit le dicton qui "dictera" notre sortie, mais qui n'en terminera pas là, parce que cette sortie scientifique au Festival Eureka, avec mes petits-fils est devenu un rituel de début de saison estivale. Et cette année, encore plus vraie, puisque la température estivale a été fort présente tout au long des trois jours de sa présentation.

Tirée du site internet du Festival Eureka
                             
Cette année, avec sa thématique "Transportez dans le futur", le Festival Eureka proposait encore plein de rencontres que mes petits-fils et moi avons examiné attentivement avant de nous y rendre. Pour cette sortie d'environ cinq heures, les principaux points d'intérêt ont été déterminés et l'horaire assez bien planifié. Et ces points d'arrêt étaient constitués de classiques et de nouveautés. En voici un court résumé qui permet de constater que jeunes et moins jeunes ont pu y trouver leur compte, "malgré" le soleil et la foule fort nombreuse !

Notre visite débute par un arrêt obligatoire, tradition oblige, sous le chapiteau du département de Génie chimique de la Polytechnique pour préparer notre ration annuelle de "slime" et de micro-billes et aussi découvrir, entre les deux, l'importance du rôle des ingénieurs chimiques ( ou ingénieurs de procédés, comme l'indiquait aussi la présentatrice !) dans le recyclage de nos canettes d'aluminium. Pour la petite histoire, l'étudiante qui nous fait préparer les micro-billes, m'a reconnu et s'est souvenu que l'an dernier, je lui avais dit que j'avais été prof de chimie. Impressionné, le grand père !

Enrichi de notre cargaison, nous allons juste en face, vers un kiosque pour découvrir, pour les deux plus vieux, les joies de la programmation et de la chance de jouer à "pierre-papier-ciseau" contre un ordinateur qu'ils auront programmé eux-mêmes ! Et en conclusion positive, les deux remporteront leurs "combats" contre la machine ! 

Arrive le moment critique, celui qui fait que l'on doit tenir compte de la foule qui gonfle sous l'effet de cette belle température. Nous irons donc d'abord, au kiosque de l'Université Laval pour découvrir comment l'utilisation de l'azote liquide (avec sa température de -196 degré Celsius) peut permettre de rafraîchir notre début d'après-midi avec de la crème glacée. Si le résultat est important, impossible de ne pas remarquer le beau travail des deux animateurs (animateur et animatrice, devrais-je plutôt écrire !) qui interagissent fort bien avec le public qui, de son côté, participe fort bien ! Nous aurons droit, à la préparation en direct à la préparation, en direct, d'une crème glacée à la vanille (plutôt que celle déjà prête, au chocolat!), grâce à de l'azote liquide (fort utile en cuisine moléculaire !), suivie évidemment (!) d'une dégustation.

Après une vérification dans le  programme, nous nous rendons à notre prochaine destination, soit devant une estrade pour une démonstration "spectaculaire" de breakdance, de vélo BMX et de skateboard avec "Le Freestyle en spectacle". Des performances qui défient les lois de la physique, mais qui, néanmoins, les respectent et les utilisent. Le spectateur avisé pourra découvrir comment les principes physiques, tel que ceux du pivot, de la bascule, du transfert de poids et de l'équilibre permettent à ces artistes d'en mettre plein la vue.

Une fois les applaudissements terminés, nous nous dirigeons vers un autre classique incontournable, soit le kiosque d'Aéro Montréal pour que mes petits-fils puissent y construire leur planeur, écouter les avertissements de sécurité, avant de les faire virevolter et les faire atterrir sur la piste, prévue à cette fin derrière le kiosque. Mais, il ne faut pas trop traîner, parce que sous la grande tente, nous voulons être assis pas trop loin de la scène pour découvrir "La magie de la chimie". Bonne décision, parce que la foule est déjà fort nombreuse. Et cette foule, embarquera dans ce qui suivra, ravie et impressionnée par les différentes expériences spectaculaires qui en mettent plein la vue et les oreilles aussi. Yannick Bergeron manie, comme toujours, de main de maître les différents ingrédients pour que les quarante-cinq minutes passe si rapidement. Un "cours" de chimie durant lequel jeunes et moins jeunes ne voient pas le temps passer !

Une fois le tout terminé, Martin Carly nous informe que notre prochaine destination et le clou de notre sortie, sera plutôt le Centre des sciences et non le bassin aquatique un peu plus à l'ouest. C'est donc à l'intérieur que nous découvrirons les "Prouesses en planche volante" d'Alexandru Duru. Difficile de ne pas trouver son chemin parce qu'est un défilé de gens intéressés qui s'y rend. Et nous serons assez chanceux, trouvant une place bien placée pour notre gang. Et oui, de voir juste devant soi, cet homme qui, avec sa manette, met en action sa planche et se déplace d'un bout à l'autre de ce long corridor, décoiffant les spectateurs lors de ses deux passages. Ce finissant de l'École Polytechnique, "allumé" et inspiré par le film "Retour vers le futur" montre bien aux jeunes les pas "aériens" à suivre pour l'avenir !

C'est sur cette démonstration que nous décidons unanimement qu'il est temps de revenir à la maison, malgré les nombreux autres kiosques fort invitants. Et c'est avec une "55 St-Laurent" bondée que nous revenons à la maison, au gré des nombreux détours et de la lourde circulation, nous laissant tout le temps de méditer et rêver sur le thème de l'exposition laissée derrière nous, "Transportez-vous dans le futur" ! Et de faire le bilan aussi ! Pour voir que la science peut allier son côté nutritif et son côté givré pour le bonheur de tous. De remarquer la qualité de l'organisation fort bien rodée ainsi que la patience et la générosité des animateurs bénévoles qui nous accueillaient toujours avec le sourire !

Prochain rendez-vous, l'an prochain, avec la thématique de l'eau, en espérant que notre visite ne se fera pas sous la pluie !

jeudi 6 juin 2019

Sur mes premiers pas au Fringe 2019: Tout un début !

C'est avec une mère Nature qui nous présente ses rayons de soleil fort plaisants que le Festival Fringe débute. Et moi, j'en ai profité pour me diriger, rue Henri-Julien au Studio Jean-Valcourt du Conservatoire pour assister d'abord, à "Collision" de la compagnie Alive and running (nom de compagnie qui me plait beaucoup, moi le coureur !) et ensuite à "inVivo (testé sur moi)" de la compagnie Pretium Doloris. Programme double avec d'abord de la danse et ensuite du théâtre documentaire ! Mais commençons par le début !

Pour assister à "Collision" de Tiera Joly Pavelich, interprété par Gabriela Guerra Woo, il faut entrer dans le studio tout sombre et une scène plongée dans une obscurité totale. Une mise en place fort appropriée de cette oeuvre qui, comme le programme du Fringe l'indique (et traduit librement par moi"), "explore les thèmes de la perte, de la résilience et de la récupération suite aux effets d'une commotion ou d'une lésion cérébrale traumatique". C'est donc, peu à peu, de la noirceur qu'émerge ce corps dont les gestes me présentent une attitude de curiosité. Et peu à peu, avec sa petite lumière portative, cette femme explore l'espace qui l'entoure. Les zones d'ombre sont encore fort présentes autant pour elle que pour nous. Ces zones, peu à peu, sont explorées jusque dans les estrades à la rencontre des spectateurs. La pénombre se dissipe peu à peu, nous permettant de bien la voir, pendant qu'aussi la lumière se change, passant au rouge. Ses gestes captivent et sont empreints d'une libération colorée d'apesanteur et d'une liberté retrouvée Le propos chorégraphique est fort bien amené et est très bien porté par une interprétation fort belle.

                                                           Tirée du site du Fringe

Au final, "Collision" qui malgré un sujet "sombre", s'avère fort positive, pour peu qu'on accepte la lente démarche vers "la lumière" ! Une oeuvre à voir !  Et pour votre info, c'est possible le samedi 8 juin à 21h45, dimanche 9 juin à 16h30, mardi 11 juin à 21h30, samedi 15 juin à 14h30 et le dimanche 16 juin à 18h30, au même endroit.

Le temps que les unes sortent et que les autres s'installent, je reviens dans ce même studio pour assister à "inVivo (testé sur moi)" de et par Véronick Raymond. C'était une suite pour moi, parce qu'il y a deux ans, j'avais découvert et apprécié, toujours au Fringe  "InVitro" qui s'avérait, jusqu'à ce moment les démarches, les recherches et les réflexions d'une femme prête à enfanter. J'avais complété mon texte sur ce même blogue avec le paragraphe suivant, "Tu nous as laissé sur ton espoir en tes projets, provoquant réflexions et yeux mouillés autour de moi (et des miens aussi, je te l'avoue). Comme tu nous l'annonces au début, ta pièce est en gestation et elle reviendra sur une scène. Je l'espère fortement et je serai attentif pour y revenir accompagné par un plus grand nombre de personnes. Entre temps, fais, attention à toi et merci beaucoup !"  

                                                         Tirée du site du Fringe

Et elle est effectivement revenue, reprenant les éléments essentiels de la mouture précédente, enrichie de ce qui lui est arrivée depuis. Véronick Raymond avec une panoplie d'accessoires, de ses nombreux et pertinents résultats de ses recherches sur la procréation assistée nous livre un témoignage personnel percutant, riche de sincérité, d'émotion, avec des touches d'humour et de colère ! Près d'une heure trente minutes qui nous font vivre les montagnes russes de ses émotions qui veut donner vie à un enfant, à coup d'injections et de prélèvements. 

Pas question pour moi, ici de vous indiquer où elle est rendue dans ses démarches ! Il faut le découvrir par vous même et pour cela c'est possible le samedi 8 juin à 15h00, dimanche 9 juin à 21h00, jeudi 13 juin à 18h00, vendredi 14 juin à 21h00 et le dimanche 16 juin à 15h00, toujours au même endroit.

Une première sortie fort bien réussie et qui en augure d'autres, évidemment !


mercredi 5 juin 2019

Retour sur ma rencontre spéciale avec Marie Claire Forté, "Jour_well_well" !

Les tous premiers et lointains pas de cette rencontre, "Jour_well_well" débutent lors de la dernière soirée "danse" de l'Agora de la danse dans ses locaux de la rue Cherrier, il y a plus de trois ans. Cette soirée fort belle et touchante, "Nous (ne) sommes pas (tous) des danseurs", était forte de par les témoignages parlés et dansés, colorée en toute fin d'une certaine nostalgie. Nous avions aussi appris que Sophie Corriveau, artiste interprète en résidence à l'Agora passait le relais à Marie-Claire Forté pour les deux prochaines années dans les nouveaux locaux du Wilder. Je me souviens encore fort bien de l'émotion enrobant les mots de cette interprète. Mais aussi ceux sur la liberté artistique et de la confiance qu'on lui accordait et qu'elle accueillait fort solennellement !

Depuis, beaucoup d'eau a passé sous les ponts et aussi, tombé sur notre tête. Je me souviens d'une occasion, celle d'une courte rencontre avec elle. durant laquelle je lui avais indiqué que j'étais bien curieux de connaître ce que voulais dire être "une interprète en résidence". Ma patience a été récompensée, parce que la programmation de l'Agora de la Danse nous invitait à une présentation "formelle" portant sur les "sujets et les objets d'une interprète en résidence". Invitation que j'ai rapidement inscrite dans mon agenda de sortie.

C'est d'abord à la porte de l'Espace Paul-André Fortier du Wilder que m acuriosité et mes pas m'ont amené. Et moi devant cette porte, je prends le temps de lire le mot de Marie-Claire, "J'ai voulu conclure ma résidence dans l'esprit de son déroulement, c'est-à-dire en célébrant la multiplicité. Ces propositions révèlent quelques-uns des nombreux parcours de création que j'ai explorés". Il semble que donc que ma curiosité sera satisfaite. Yeah !!!

Au programme, cinq parties composées de "paroles", d'images, de photos et de danse. Et devant cette porte, il y a du monde avec moi, qui une fois ouverte investiront tous les sièges de ce beau studio et "bureau de travail" des dernières années de l'interprète.

Une fois tout le monde à sa place, Marie-Claire prend la parole pour nous présenter en ses mots, ce qui sera présenté, accompagnés de précisions logistiques (nous devrons nous déplacer entre certaines parties) et nous demander de rester "zen comme elle", parce que tout à côté, les fortes ondes musicales de la générale de la soirée du lendemain se rendront jusqu'à nous !

Nous débutons donc avec "Today and Today and Today", durant lequel elle nous lit, pour 10 minutes chrono en main, des extraits de la deuxième ébauche de son livre, écrit dans ce même studio (fort lumineux !) écrit avec son mentor Peter Boneham et des invités sur la pratique d'enseignement. L'ex-prof de science que je suis a découvert une perspective différente et fort intéressante sur les questions de l'exploration et de la passation!

Ensuite deux autres "chapitres" de cette soirée, soit la "Lecture horizontale" et "Recherche en duo". "Lecture horizontale", qui consiste en un compte rendu de sa résidence par Katya Montaignac, à qui elle a laissé carte blanche pour trouver les extraits et les commenter aussi. C'est mon moment préféré par cette perspective externe d'une personne avisée à la vision affinée.

Et aussi, "Recherche en duo" (Mairéad Filgate et elle) des gestes et des mouvements, travaillés dans le temps depuis 2017. Face à leurs mouvements, impossible de ne pas constater la complicité et les heures passées ensemble !

Petite pause, le temps pour certains de se rendre et de revenir de la salle de bain et pour tous de déplacer leurs chaises face au grand écran pour la prochaine partie "Le seuil et la pratique". Cette partie de la soirée qui en est la plus longue nous présente la "trace de ces rencontres de mon travail et de la construction matérielle d'un espace consacré : le studio". Et de ses nombreuses rencontres avec les visiteurs et des photos prises par elle et eux, il y en a eu un bon nombre, commentées par Marie-Claire. Nous avons droit à un passage du temps et à un saut aussi, "because le passage de la cigogne" qui a aussi amené une pause de sa résidence et sa reprise. Difficile de rester insensible à la façon et au ton de la voie "Forté" et nostalgique face au passage du temps durant son séjour dans ce lieu !

Le tout se termine par un dernier déplacement de certains sièges pour placer les spectateurs de part et d'autre du lieu qui sera occupé par de la danse dans "Chansons simultanées" avec l’hôtesse de la soirée accompagnées par Stacey Désilier, Claudia Fancello, Mairéad Filgate, Alanna Kraaijeveld et James Phillips. Son objectif pour ce que nous découvrirons est de trouver "comment mettre la chorégraphie au service de la danse ?" sur la trame son d'Andrew Tay. Ce que nous découvrirons a toutes les allures d'une danse de libération et de festivité durant laquelle la joie et la liberté de mouvement transcendent. Comme un papillon qui quitte le cocon !

                                         Photo tirée du site de l'Agora de la danse

Une belle et intéressante soirée, fort diversifiée qui m'a permis de mieux connaître les différentes facettes de la personnalité artistique de cette femme fort fascinante. Une soirée qui montre aussi que même, au préalable, sans plan de travail formel, sans obligation de résultats, qu'il est possible de faire  en toute liberté de belles réalisations. Et moi, j'en reviens fort content, d'avoir pu satisfaire ma curiosité. Et en me posant aussi "la" prochaine question, soit qui sera le prochain ou la prochaine de pouvoir bénéficier de l'hospitalité de Francine Bernier et de son équipe ?

dimanche 2 juin 2019

Un lointain retour sur mes pas au théâtre: "La convivialité" avec ma lecture de "La faute de l'orthographe" !

Il y a eu, un de ces jours, l'appel d'un ami, pour le "dépanner". Il avait un deuxième billet, pour l'accompagner à une représentation de la pièce de théâtre, le lendemain (!), "La Convivialité". Comble de bonheur, je suis libre et comme j'avais eu la chance d'entendre une entrevue radiophonique avec les artisans de la pièce. Donc, je lui ai donné une réponse affirmative fort enthousiaste.

J'ai donc assisté à cette pièce en après-midi, accompagné par mon ami (merci Michel !) et de nombreux élèves. Pour quiconque, qui comme moi, se compromet à mettre en mots "écrits" leurs propos, sait fort bien que "la" faute d'orthographe dans la phrase sera peut-être celle qui sera remarquée au détriment de l'idée qui en est l'origine ! Voilà donc pourquoi Arnaud Hoedt et Jérome Piron m'ont particulièrement captivé, malgré le sujet très peu "sexy", avouons le (!), qu'est celui de l'orthographe (ou pourquoi pas, ortografe !).

De leur rencontre, j'en ai été marqué et si j'avais retenu, pour les répéter, certains de leurs propos, d'autres avaient tombé dans mon oubli ! Voilà donc pourquoi, lorsque j'ai su que le texte de leur pièce était disponible dans un livre "La faute de l'orthographe", je me le suis procuré (merci à la librairie "Le port de tête" !). Après un séjour dans ma pile de livres à lire, c'est en moins d'une journée que j'en ai lu, avec délectation, les 141 pages.



Je vous en présente ici certains éléments. D'abord, les auteurs sont belges, ce qui semble selon l'auteur de la préface, leur permettre d'avoir le recul nécessaire pour aborder ce sujet fort sensible. De nous présenter le résultat d'un algorithme permettant de prédire les 240 orthographes possibles d'un mot inventé "krèfission"! Des "raisons historiques" du "x" pour le pluriel de chou et des six autres exceptions et aussi de nous demander combien de consonnes ne sont jamais muettes ( bon OK pour cette question je vous en donne le nombre, trois, "j", "k" et "v" !

Plein d'autres éléments fort intéressants, qui forcent la réflexion et que j'ai lu et relu avec plaisir et que je vous suggère de lire aussi. Ils nous rappellent aussi que l'orthographe est le fait d'un consensus populaire et non pas le diktat (ou pourquoi pas "dicta" ?) d'un organisme tout aussi officiel ou sérieux, soit-il !

Question de vous "faire monter" le goût à l’œil, à défaut du livre, voici le vidéo promotionnel de leur pièce.https://www.youtube.com/watch?v=cilWIPzni0A.

Pour moi et bien d'autres qui avons dû "souffrir" à maîtriser la "bête" et qui voulons perpétuer la torture de la forme du mot plutôt que de son sens, voilà un bouquin à lire !

mercredi 29 mai 2019

Sur mes pas de lecteur: "Amélia" troublante et qui m'a surpris !

Quelqu'un, peut-être, pourra m'éclairer, parce que moi, j'en ai perdu le début et je m'explique !

L'histoire commence avant, mais pour moi, c'est un appel téléphonique de ma bibliothèque municipale qu m'indique que ma réservation est maintenant disponible et que j'ai trois jours pour aller la récupérer ! J'ai donc réservé un livre, mais je n'en ai aucun souvenir !!! Me voilà donc, sur place, à la recherche des trois premières lettres de mon nom pour trouver le livre "oublié" !

Le voilà, tout sage qui m'attend et c'est un recueil de poésie. "Amélia" de Laurence Veilleux. Et encore là, même entre mes mains, aucun souvenir de cette réservation et surtout du pourquoi je l'aurais fait et aussi et surtout qui m'a recommandé cette proposition !!!

                                              Tirée du site internet des "Éditions Poètes de brousse"

C'est donc avec "Amélia" en main que je quitte ma bibliothèque. Et un peu plus tard, je me mets à la lecture de recueil de moins de 70 pages. Une lecture que je ferai deux fois parce que cette jeune fille, "Amélia" est riche de cette "terre fertile" de son passé mystérieux et des mots percutant nous réserve une surprise. Mes yeux, comme des pas dans la tourbe, s'enfonce et garde des traces ! Et comme je voulais être certain de ne pas avoir raté des indications, j'ai relu encore plus lentement !

Les mots se suivent et parfois, nous prennent au piège, comme les "bêtes à trois pattes/estropiées de la chasse" ou "je parle pour parler/parle de qui parle de rien pour personne". Et moi dans ses pièges de mots, j'y reste pris pour les lire et les relire, avec délectation !

Et puis arrive la fin, qui éclaire et surprend autant à la première qu'à la deuxième lecture.

Une lecture qui en annonce une autre pour moi, soit son plus récent recueil, parce que "Elle des chambres" (2019) s'annonce percutant comme l'indique l'extrait suivant, "le thème du viol ou de l’inceste. Il fallait enfin « enlever les personnages pour que la parole puisse vraiment prendre plus de place »,. tiré de l'édition du 4 mai du Devoir.

samedi 25 mai 2019

Sur mes pas en danse: Découvrir avec ravissement "Les danses de mai, Opus 2019" des finissant.es de l'École de danse contemporaine de Montréal !

Le spectateur que je suis, est en général, assez prévoyant, et se procure son billet bien à l'avance. Et spectateur avisé, ais-je été pour cette occasion ! Parce que deux semaines avant la première représentation du spectacle des finissant.es de l'École de danse contemporaine de Montréal, il n'y avait plus de billets de disponible pour toutes les soirées !!! Et encore plus heureux, ais-je été pendant et après, parce que la soirée, "programme triple", m'a ravi et je n'ai pas été le seul !

                              Photo tirée du site de l'École de danse contemporaine de Montréal

Au programme donc, "Vie et mort de l'élégance" de Marie Béland, "Lupercales" d'Alan Lake et le "Cri du monde" de Marie Chouinard qui nous ont permis d'explorer univers chorégraphiques très différents, incarnés avec grand talent par des jeunes femmes et des jeunes hommes au seuil de leur vie professionnelle.

Une fois, chaque siège occupé et les portes refermées, nous voyons apparaître de derrière la scène, une jeune femme avec sa belle robe et dotée d'une grâce de "belle" légèreté et d'élégance. Elle se déplace pied nu à talon haut, oui, oui !!! Il faut juste un peu d'imagination pour les voir ces souliers, mais la démarche nous aide. Elle sera seule, le temps de capter notre attention. Et ensuite, elle sera rejoint par lui, d'un bel habit revêtu ! Et peu à peu les autres personnages arrivent. Et nous assistons par la suite à la lente et inexorable évolution décomposition des apparences et de l'élégance ! De ces gestes élégants que l'on répète, mais dont le vernis se fissure peu à peu sans que le moment qui l'a précédé ne l'annonce. De cette rencontre, d'abord courtoise et tout sourire qui se décompose, jusqu'à devenir même "claque à la figure" (une vraie, de ma position en première rangée !!!). De ce choc aussi, qui gagne en force entre deux devant une troisième. De cet objet de convoitise, langoureusement désiré, mais duquel d'abord, on se retient seul, mais ensuite avec de l'aide. Voilà quelques uns de ces gestes d'élégance qui se présentent devant moi. Le tout demande un effort physique manifeste et un travail de synchronisation très précis. Et les interprètes nous le présentent dans une "élégance" chorégraphique ! Le tout ayant débuté sur une trame musicale discrète, nous ressentons bien avec sa présence plus intense et assourdissante que le tout se terminera avec éclat. Et c'est ce qui arriva, avec ces gâteaux de blanc vêtus et de cerise couronnés qui devinrent conclusion "explosive" de cette élégance mal contenue devenue décadente !

Bravo à Chanelle Allaire, Rodrigo Alvarenga-Bonilla, Constance Gadan, Simone Gauthier, Lorena Salinas, Jade Dussault-Lapointe, Chéline Lacroix et Brian Mendez pour avoir fait un "plongeon tête première dans les craques du vernis des apparences", dixit le feuillet de la soirée et de l'avoir éclaboussé jusqu'à nous !

Privilège de spectateur, lors de l'entracte, j'ai pu être présent lors d'un échange entre la chorégraphe et certains interprètes, finissant.es de 2012 qui avait présenté cette même oeuvre. Un retour en arrière pour elles et lui, plein de souvenirs et une mise en perspective fort intéressante durant laquelle, j'ai aussi appris qu'un tout petit détail scénique sans importance était différent. Une oeuvre "grand plateau" de Marie Béland qui mériterait une plus grande diffusion pour la beauté et la clarté du propos!

Après une courte pause, "Lupercales" d'Alan Lake nous présente avec, entre autres, miroirs déformants et semi-transparents ainsi que bassins d'eau sans oublier la pâte "glaiseuse", chère au chorégraphe, une perspective actuelle de ces fêtes païennes de la Rome antique. Les finissant.es, Catherine Ally, Solène Bernier, Angélique Delorme, Raphaëlle Kennibal Cox, Lucie Lesclauze, Mathilde Mercier Beloin, Abe Mijnheer, Audrey Thériault et Leah Tremblay réussissent à faire corps avec les différents accessoires, fort nombreux. Ils prennent à bras le corps (et de gestes) cette oeuvre esthétique et pleine de ses symboles. Ces festivités, "garantes de nouveaux printemps ..." et qui se conclue sur un tableau fort puissant sont aussi garantes d'avenir pour ces finissant.es !

Après l'entracte, toutes et tous, les 17 quoi !, reviendront sur scène, pour nous présenter des extraits d'une oeuvre de Marie Chouinard, "Le cri du monde", habilement adapté et reconstruit par Isabelle Poirier. Impossible pour moi de rester insensible devant une oeuvre de Marie Chouinard et cette fois n'a pas fait exception. Tout au long des différents tableaux, on retrouve fort bien présentée la signature de la chorégraphe. Voir juste devant moi, dix-sept interprètes dont les mouvements, ceux des bras et des mains, particulièrement bien exécutés et porteurs de cet univers dans lequel la tension se transforment en pulsion et en cris, est un pur plaisir de spectateur. Je voudrais ajouter une mention spéciale à Sarah Dubé pour l'adaptation des costumes originaux pour en respecter la nature originale plus dépouillée.

C'est donc sur la scène de l'espace Orange du Wilder qui leur a servi de tremplin que ces diplômés feront leur envol vers une carrière professionnelle que je leur souhaite fort bien remplie comme ceux et celles que j'ai croisé dans le salon attenant à cette salle durant l'entracte. Et à leurs profs qui les ont préparé à cet envol, l'ancien prof que je suis vous dit que vous avez surpassé l'objectif d'un programme collégial qui est d'amener un diplômé au seuil du "marché du travail".

vendredi 24 mai 2019

Mon retour sur "Terrien" de Nate Yaffe présenté à Danscussions & Co, le 24 mai d'un printemps qui se fait discret !


Merci beaucoup Maud et bonjour à vous tous,

Heureux de revenir pour faire une petite saucette avec vous dans les ondes estivales de Danscussions & Co en cette saison de festival.



Je voudrais, aujourd’hui, revenir sur une de mes plus récentes sorties danse pour vous partager mes observations et mes impressions, fort positives, par ailleurs. Sortie pour laquelle, j’étais accompagné par deux de mes trois petits-fils pour découvrir « Terrien » de Nate Yaffe présenté par Tangente. J’avais écouté avec intérêt les différentes étapes de la création de cette œuvre pour jeune public qu’il a présentée au cours de l’émission du 10 mai dernier. Ce fut le déclencheur pour proposer à mes trois petits-fils de m’y accompagner. Mais lorsque je leur mentionne que ce spectacle sera interactif, cela les convainc moyennement. Malgré tout, sûrement pour faire plaisir à leur grand-père, les deux plus jeunes, de 8 et 4 ans, presque 5, ont accepté de m’accompagner.

Au moment d’aller les chercher, le plus jeune hésite, et c’est un euphémisme. Malgré tout, il accepte et nous nous rendons jusqu’au Wilder. Devant la porte de l’Espace Vert, se retrouvent des petits-fils incertains et un grand-père rassurant. Nate, je compte sur toi! me dis-je intérieurement. Tout autour de nous, plein de parents accompagnés par leurs enfants et des adultes seuls aussi.

Le moment venu, Nate nous invite à entrer et à examiner attentivement les trois « sculptures », intrigantes, suspendues au milieu de l’espace Vert. Si le grand-père est en territoire familier, ce n’est pas le cas du plus jeune qui exprime dans cet espace une certaine crainte, sinon une crainte certaine. Rien à faire, l’examen des trois sculptures suspendues ne fait pas parti du programme de sa journée. Nous nous replierons donc sur un banc pour apprivoiser le lieu et faire l’examen de ces objets suspendus, pendant que la salle fait son plein de spectateurs de tout âge fort curieux. Je le sens, je devrai composer avec différents rôles, celui de spectateur, celui d’observateur et aussi celui de grand-père attentif et rassurant. Puis débute la représentation, dirigée par Nate Yaffe qui nous demande de choisir notre « sculpture » préférée en nous rassemblant au-dessous. Ce que nous ferons, quoiqu’en périphérie, pour participer à ce qui suivra.

Nous serons invités à définir ce que peut être un « terrien », d’un être humain à une roche, en passant par les animaux et les bactéries. Les jeunes y contribuent avec un grand enthousiasme!
Et la suite est fort bien pensée et habilement amenée. Une fois trouvée la nature de notre sculpture, nous sommes invités à lui trouver un nom et les mouvements pour l’animer. Ce que nous devrons faire en groupe, d’abord pour ensuite le présenter aux autres. Puis tous, sont invités à danser, d’abord en groupes et ensuite, tous ensemble. De notre côté, mes petits-fils et moi, choisirons une position défensive, soit celle du repli et de l’observation. Ce qui me permet d’observer que les autres, plus jeunes comme plus vieux, de tout le spectre des âges, embarquent dans la proposition.

Et puis nous sommes invités à nous replier derrière le cercle éclairé pour découvrir les trois interprètes, Angie Cheng, Pénélope Gromko et Lauren Semeschuk qui prennent possession de ce cercle éclairé que nous libérons de notre présence. D’abord, elles dansent, ensuite, elles dépouillent graduellement de leurs attraits les sculptures qui à tour de rôle, descendent proche du sol. Fort fascinant de découvrir la suite. De la sculpture à l’interprète, qui l’utilise et le partage avec une autre pour, ensuite le laisser en bordure du cercle à la portée des spectateurs. Et tout naturellement, jeunes et moins jeunes en prennent possession et les utilisent pour s’en parer. De ma position en repli avec mes deux accompagnateurs fort attentifs eux aussi, je peux constater que graduellement les jeunes commencent à occuper la place, sans qu’aucune directive ne soit formellement donnée, et ainsi participer à l’œuvre. Et pis arrive le moment, où tous sont invités officiellement à participer à l’œuvre en dansant.

Le tout se termine lorsque Nate Yaffe, « maître de cérémonie », nous invite à nous asseoir et à partager nos impressions, Ce que j’entends des jeunes et des plus vieux est fort intéressant et me confirment qu’ils ont bien compris l’intention de l’œuvre, avec des mots comme rencontre, évolution et mutation.

Voilà, selon moi, une œuvre intelligemment construite qui amène les spectateurs de tout âge à participer sans que les mots ne soient nécessaires.

Une œuvre fort intéressante, qui s’adresse aux enfants, mais pas pour tous les enfants, si je me fie à la réaction de mes petits-fils. Il en reste qu’au retour à la maison, ils m’indiquent qu’ils ont bien aimé, même si, à leurs parents, leur réponse est plus tiède !!! Gentils et protecteurs, mes petits-fils ! En conclusion, pour un chorégraphe qui a dit « je ne sais pas faire cela » en début de processus, Nate Yaffe et tous ses collaborateurs peuvent dire mission accomplie. Et ils devraient poursuivre dans cette voie, celle de l’inclusion ! Merci Tangente de lui avoir permis d’aller à la rencontre d’un plus grand public.

Et à vous toutes et tous, bonne saison de festivals !

lundi 20 mai 2019

Sur mes pas au cinéma: "Les invisibles" pour conserver espoir en la vie !

Si vous trouviez un trou dans votre agenda, vous faites quoi ? Question avec des réponses fort variables, j'en conviens ! Pour nous, en cette soirée de dimanche, c'est vers le Cinéma Beaubien que nous avons  décidé de porter nos pas pour assister à la projection de "Les invisibles" de Louis-Julien Petit. Ce film nous avait été recommandé par une connaissance. Dans la file d'attente, fait rarissime, ma blonde et moi n'avions aucune idée de ce qui nous attendait, mais nos billets, nous les avions !

C'est donc dans la salle 5 du Beaubien que nous prenons place. Les bandes annonce nous présentent des propositions fort attrayantes tout colorées de comédie, dont le film de Monia Chokri, "La femme de mon frère" que nous nous promettons de voir !

Et puis arrive sur grand écran, cette histoire, riche de son humanité, qui m'a fait verser des larmes, mais aussi qui m'a fait rire et sourire. "Les invisibles", c'est l'histoire de femmes mises en marge de la société et d'autres qui travaillent fort et à leur façon pour tenter de les réintégrer. Nous sommes amenés dans une ville du nord de la France, à Anzin afin de découvrir comment le vécu de ces femmes exclues est comme une pièce de casse-tête qui ne rentre pas avec les exigences réglementaires de l'administration publique. Entre les autorités et ces femmes, des travailleuses sociales, interprétées entre autre par Audrey Lamy, mon coup de coeur !). Elles sont riches de leur humanité dont on découvre le travail et les efforts, mais aussi les faiblesses et les sentiments.

                                          Photo de AZ Films tirée du site du Devoir

Interprétées par de véritables sans-abris, certains personnages sont fort crédibles et aussi fort attachantes. Si les personnages masculins n'ont pas "le haut du pavé", ils sont néanmoins présents pour mettre en contexte les aspects personnels et professionnels de ces femmes qui s'occupent de ces femmes "invisibles" et que l'on voudrait oublier.

Une oeuvre qui fait du bien et qui nous permet d'espérer en ces temps bien sombres (de ma perspective !). Une sortie cinéma qui mérite bien selon moi, les 3 ou 4 étoiles des critiques.

dimanche 19 mai 2019

Sur mes pas à la rencontre des mots: Émerveillé par "Chansons pour filles et garçons perdus" !

Aveu de spectateur pour débuter !J'ai des regrets culturels que je conserve tout au fond de moi ! Parmi ceux-ci est de n'avoir jamais assisté à "Poésies, sandwichs et autres soirs qui penchent" de Loui Mauffette. Et cela malgré que les opportunités de la découvrir aient été nombreuses. En effet, ce happening poétique a été présenté régulièrement sur un intervalle de dix ans ! Mais le regret, tamis en soi, rend le spectateur plus attentif et lorsque j'ai entendu qu'il récidivait avec "Chansons pour filles et garçons perdus", j'ai fait de la place dans l'agenda en "tassant mes sorties danse et "embrigadé" ma blonde.

                                          Photo de Valérie Remise tirée du site du Devoir

Voilà donc pourquoi, nos pas nous ont porté jusqu'à la Cinquième Salle de la Place des Arts dans lequel, il y avait déjà une foule fort nombreuses plus de trente minutes avant le début de la représentation. Il faut dire que c'était admission générale, mais quand même ! Il en reste, c'est avec une longue file tout en boucles, question que l'on puisse la faire tenir dans le hall que les portes de la salle s'est ouverte et que chacun et chacune trouve une place à son goût. Ce qui sera plus facile pour les premiers entrées puisque la soirée affichait complet. Pour nous, après un examen des places encore libres et quelques tractations, j'entends les paroles sages de ma blonde, "c'est parfait ici" ! C'est donc dans une rangée surélevée sur un des côtés de la scène, tout en long, derrière le piano que nous découvrirons avec enchantement ce qui suivra pendant les trois prochaines heures !

Tout s'ouvre sur l'arrivée d'un jeune garçon (Luc Papacotsia) qui  lance la soirée avec un extrait da pièce "Alphonse" de Wadji Mouawad. Et qui sera suivi par la présentation fort enthousiaste, autant pour tous les interprètes qui prennent possession des lieux et de notre attention que pour les spectateurs de "J'en appelle à la poésie" de David Goudreault.

C'est pendant plus de trois heures, mais qui passent si vite, que les quelques dizaines de textes nous seront déclamés ou chantés de façon fort colorée dans le ton et dans les gestes. L'alternance de longs textes avec d'autres plus courts ou des chansons permet, selon moi de reprendre notre souffle d'attention.  Il m'est très difficile de choisir parmi les textes, tous québécois, un ou même des moments forts, mais j'ose ! "On arrivera à l'école quand on arrivera" de Marjolaine Beauchamp par Émilie Gilbert, "La jeune fille et la lune" de Claude Gauvreau par Mylène Mackay tout de blanc vêtue, "La nuit" de Marie Uguay par Émilie Gilbert et aussi "Fais moi danser François Hébert" de et chanté par Marie Jo Thério sont parmi mes coups de coeur de la soirée. Une soirée durant laquelle la parole prend place et nous investie totalement. Le plaisir de découvrir ou redécouvrir de si beaux textes, forts surtout (!) et si bien portés.

Merci Loui Mauffette, Benoit Landry, Nathalie Breuer, Guido Del Fabbro, Kathleen Fortin, Émilie Gilbert, Benoit Landry, Roger La Rue, Pierre ebeau, Jean-Simon Leduc, Gabriel Le mire, Macha Limonchik, Mylène Mackay, Catherine Paquin Béchard, Jean-Philippe Perras, Adèle Reinhardt, Marie-Jo Thério, Luc Papacotsia, Florence Bourbeau, Félixe Savage, Simone Noppen et Samuelle Gaudette.

De cette soirée, j'en reviens avec plein de souvenirs, de projets de lecture, mais aussi avec une photocopie de la première page du Journal de Montréal du vendredi 9 octobre 1970 avec le gros titre "Radio-Canada a cédé" et qui reproduit le texte du manifeste du FLQ qui nous a été lu. Un petit sac de papier qui a contenu du mais soufflé, distribué dans la salle et qui m'a été remis par Mylène Mackay en début de deuxième partie. Et aussi, heureuse initiative des créateurs, une copie papier indiquant les titres des poèmes et des chansons présentés durant la soirée. Je me suis résigné et j'ai laissé derrière moi, dans le hall d'entrée en quittant, le verre ayant contenu une boisson remise par Macha Limonchik !

Au moment où j'écris ce texte, les représentations font partie du passé, mais, je suis convaincu qu'il faut rester attentif parce que d'autres occasions se présenteront, je le souhaite ardemment, pour voir ou revoir ces "moments magiques" ! "J'en appelle à la poésie" !!!! qui est baume sur notre coeur et notre âme ainsi qu'éveil de notre humanité souvent mise à mal !

samedi 18 mai 2019

Sur mes pas en danse: "Les danses à deux temps" pour spectateurs comblés !

Après avoir apprécié les élèves du département de Danse de l'UQAM, mes pas me portent en ce mois de mai jusqu'à la salle Orange du Wilder pour assister au spectacle de fin d'année des étudiant.es de première et deuxième année de l'École de Danse Contemporaine de Montréal. Le niveau collégial terminant sa session après celle de l'université, ça permet aux spectateurs d'avoir un agenda plus équilibré !!!

Ils et elles nous proposent un programme triple et pour cette soirée de première, c'est salle comble. Nous aurons droit d'abord à "World was on fire: l'ère du verseau" du Collectif La Tresse (Geneviève Boulet, Erin O'Loughlin et Laura Toma), oeuvre interprétée par la "gang" de deuxième année. Suivra, "Marges de Manoeuvre" de Pierre-Marc Ouellette par la "gang" de première année. Après un court entracte, la gang de deuxième nous revient avec "Pas de bras, pas de chocolat 2" de Sophie Corriveau (en collaboration avec les interprètes, ajoute le feuillet de la soirée).

                                         Photo de Maxime Côté tirée du site de l'École

En ouverture de soirée "World was on fire: l'ère du verseau" s'avère fort surprenant avec différents tableaux hétéroclites, nous amenant dans des univers fort différents colorés par des musiques de tout genre (du jazz au folklore roumain !). Les seize interprètes (Catherine Bellefleur, Christophe Benoît-Piau, Sophie Carl, Julianne Decerf, Philippe Dépelteau, Louise Gamain, Lauranne Heulot, Luce Lainé, Maude Laurin-Beaulieu, Tiffany Leclair, Marie Lévêque, Amanda Petropoulos, Marie-Maxime Ross, Valentin Rosso, Molly Siboulet-Ryan et Alicia Toublanc) investis à la tâche, réussissent à nous faire passer d'un univers à l'autre et nous garder attentifs malgré la tournure parfois surprenante du propos chorégraphique. Chacun des spectateurs, en plus de trouver l'oeuvre globale surprenante et fort intéressante, pourra aussi trouver son moment préféré, ce qui a été aussi mon cas.

Le temps que les applaudissements s'envolent et qu'en fond de scène, on installe un clavier, qui accueillera Jad Orphée Chami. "Marges de manoeuvre" nous entraîne avec ses interprètes (Lou Amsellem, Pauline Ansquer, Elisa Barrat, Justine Dagenais-de Montigny, Adèle de Boisgrollier, Sabrina Dupuis, Sophie Fekete, Lauren Fisher, Alice Foriel-Destezet, Rose Gagnol, Klaudy Gardner, Anny Gauthier, Mathieu Hérard, Débora Huynh, Gabrielle Kachan, Mathéo LeBouc, Nikita Peruzzini, Ernesto Quesada Perez et Evelynn Yan) dans une oeuvre "jeune et dynamique". Il est impossible de ne pas remarquer la symbiose entre le musicien et les mouvements que l'on découvre sur scène. Je dois avouer que mon attention a quelques fois été détournée des gestes et a été attirée vers le fond de la scène dont une fois particulièrement parce que Jad Orphée Chami jouait d'une main de l'accordéon et de l'autre du piano, ouf !!!! Il en reste que cette oeuvre, inspirée du "monde du travail" montrait effectivement un dynamisme et une fébrilité fort belle à découvrir et très facile à apprécier.

Et une fois le "rideau" baissé et les applaudissements envolés, nous devrons quitter la salle, question de préparer "la place" pour la dernière oeuvre de la soirée, "Pas de bras, pas de chocolat 2" de Sophie Corriveau avec la gang de deuxième année de retour (avec en plus Joanie Michaud). Lorsque nous revenons en salle, nous sommes accueillis, par les interprètes, formant une haie d'honneur comme comité d'accueil. Et ce sera mon oeuvre préférée de cette soirée et qui m'a fait la plus grande impression (et ce, sans enlever rien aux deux premières !). Nous aurons droit à des sourires fort grands et qui semble aussi forcés, parce que lorsqu'ils lancent un bonsoir, dont je serai un des bénéficiaires (de ma place première rangée, juste devant eux et elles), leur visage se décomposent. Ces humains semblent cacher une fragilité derrière l'apparence montrée. Et c'est exactement ce que nous découvrirons dans la suite lorsque le dévoilement de leur destin, nous montre des êtres qui revêtent de plus en plus de vêtements (qui se retrouvent sur les côtés cour et jardin de la scène) tout au long des tableaux, signe de leur itinérance et du poids de la vie sur eux. Le tout a des "couleurs" du théâtre absurde de "En attendant Godot" de Samuel Beckett et ces "jeunes" portent fort bien autant chorégraphiquement que théâtralement le propos. Je vois et je sens fort bien l'arrivée de la "grande faucheuse" de notre civilisation !

Une soirée fort bien réussie pour nous, spectateurs, et prometteuse pour ces élèves. Il leur reste encore des pas à faire dans leur formation, mais je serai fort curieux de découvrir ce qu'ils nous proposeront l'an prochain ! Mais entre temps, rendez-vous dans quelques jours pour découvrir les propositions des finissant.es de cette école !


jeudi 9 mai 2019

Sur mes pas en danse: "Quadriptyque I-II-III", une soirée de tout horizon !

Voici venu la fin de l'année régulière en danse sur les différentes scènes. Avant d'abaisser le rideau sur sa dernière année, l'Agora de la Danse nous propose un programme triple, malgré que son titre contient le mot quadriptyque. Apparente contradiction qui sera résolue par l'information contenue dans le feuillet de la soirée qui nous informe qu'il sera possible de découvrir, la "quatrième partie" à la Maison de la Culture Plateau Mont-Royal (le 16 et 23 mai prochain) avec au programme, dans la salle d'exposition, "À mes yeux, c'est similaire" de Sarah-Ève Grant.

Mais revenons au propos premier de ce texte, soit cette soirée en trois temps, fort différents et pas qu'un peu !

                                         Photo de Mikael Theimer tirée du site du Devoir

Le tout commence avec "Casablanca" de Deborah Dunn par Bill Coleman, Maxime D-Pomerleau, Joannie Douville et Georges-Nicolas Tremblay. Ils se présentent à nous, d'abord ombres noires sur fond blanc et ensuite, vêtus comme les protagonistes du film Casablanca. Sur un ton fantaisiste, nous avons droit à un extrait "animé" de ce film sur sa bande sonore. Impossible de rester "froid" devant l'interprétation "théâtrale", riche de les expressions faciales de Maxime D.-Pomerleau, autant dans sa chaise que debout. Je peine à suivre le propos, parce que les gestes à eux seuls, fort nombreux et éloquents, me captivent. Et puis arrive le moment du changement de ton. Annoncé par le dépouillement des habits de ce film, l'oeuvre prend une tournure "à la dérive", sinon rampant avec une touche hallucinante. Et ce changement de ton de l'oeuvre me plait. Ce dérapage esthétique, porté par des mouvements enrichis par le déplacement des chaises roulantes, nous amène dans une autre dimension, qui laisse une place à mon interprétation. Et puis, arrive le moment où les protagonistes poursuivent le chemin vers leur destin, mais pas tous du même côté, comme la vie, parfois, nous y force !

Après une courte pause, dans le noir qui domine le lieu, m’apparaît, sur fond musical, tout à ma gauche faiblement éclairé, d'abord deux corps étendus par terre. C'est le début de "À perte de vue" de Lucie Grégoire interprété par Marie-Hélène Bellavance et Georges-Nicolas Tremblay. Dans une simplicité scénique, l'histoire se dévoile à moi. De celui qui quitte et de celle qui reste ! Une histoire triste qui se présente à moi, riche de par sa simplicité et qui me touche. Cette femme a perdu quelque chose dans cette séparation. Les prothèses sont le symbole d'une perte plus grande que les objets amenés. Et une fois brisée, une relation peut-elle être réparée ? La fin de l'oeuvre nous en donne une réponse. Une courte oeuvre qui m'a touché et qui montre bien que l'handicap d'elle (Marie-Hélène Bellavance est amputée de ses deux jambes sous les genoux), n'empêche rien à la force et l'éloquence du propos des gestes. Un de mes coups de cœur de la saison !

Une fois repartis chacun de leur côté et les applaudissements bien mérités, envolés, les lumières s'allument dans la salle et nous avons droit aux indications de Katya Montaignac. Nous pourrons quitter la salle, le temps de la mise en place, fort importante et surprenante, pour la suite. Nous pourrons aussi (et nous devrions, j'entends en sous-texte !) changer de place. La durée de la troisième partie est variable et nous pourrons aller et venir tout au long de la présentation, les portes de la salle restant ouvertes. Des écrans dans la salle et à l'extérieur nous permettrons de suivre l'oeuvre à venir, dès maintenant !

Réfractaire aux changements, je conserverai ma place pour la suite et c'est donc de "ma" place que je découvre "un peu par hasard" que ce que je voie sur l'écran, soit Benoit Lachambre et France Geoffroy, qui sont justes à côté dans le corridor, en train d'échanger des propos. Et juste après, je découvre Marie-Hélène Bellavance en charge de les capter par sa caméra installée sur une chaise roulante et qui le fera tout au long de ce qui suivra. Ce qui en apporte une perspective intéressante et variable aussi.

Et puis, arrive le moment plus formel du début de la prestation qui pour moi, relève plus d'une rencontre entre deux personnes que de celle entre deux interprètes et un public. La complicité entre les deux est palpable, mais nous, moi, je me sens plutôt voyeur. Le tout très "Lachambre", est sans trame narrative, ce qui me déconcerte. Et je ne suis pas le seul, puisque certains spectateurs quittent pendant. De cette troisième partie "Entretiens, d'entres liens", je peux affirmer que les liens entre les interprètes sont établis, mais avec les spectateurs, pas si certain !

Peu importe ce que nous venons de vivre, les applaudissements qui suivent pour les chorégraphes et interprètes des trois parties sont fort généreux et mérités.

Une soirée qui montrent bien que la mission que s'est donnée France Geoffroy est réussie, en mettant sur la scène des interprètes avec ou pas des limitations physiques, et que nous, comme spectateur, ne les distinguions pas, amalgamés dans le creuset de l'oeuvre.

samedi 4 mai 2019

Sur mes pas en danse: Quand l'oeuvre, "Propelled Hearth", se présente à moi au bon moment et me fait du bien !

Lorsque je me procure mon billet, longtemps à l'avance, plus d'un an dans ce cas ci, impossible de connaître mon niveau de réceptivité ! S'il arrive que ma qualité d'écoute ne soit pas à la hauteur, il arrive aussi que l'oeuvre "tombe bien" et devienne un "baume sur mon coeur", qu'elle me soit thérapeutique ! Et c'est exactement ce que l'effet de  "The Propelled Hearth" de Alonzo King présenté par Danse Danse a eu sur moi.

                                                         Tirée du site de danse Danse

Vanné suite à une semaine fort exigeante, c'est de mon siège, troisième rangée dans la salle du Théâtre Maisonneuve que j'attends dans un état incertain, le début de la présentation.

Les lumières s'éteignent, les rideaux s'ouvrent sur une scène toute vide, sauf sur le devant de la scène, quatre femmes qui, à tour de rôle, nous amènent dans le centre de ce "coeur animé" (traduction de "Propelled Heart"). Un coeur animé qui nous sera présenté par douze danseuses et danseurs (Babatunji, Robb Beresford, Adji Cissoko, Madeline DeVries, Shuaib Elhassan, James Gowan, Ilaria Guerra, Maya Harr, Yujin Kim, Ashley Mayeux, Michael Montgomery et Jeffrey Van Sciver), la chanteuse Lisa Fischer et en retrait, côté cour, le multi-instrumentiste et compositeur JC Maillard.

Une rencontre en deux temps, avec une pause juste comme il faut pendant, qui nous entraîne les différents tableaux durant lesquels la chanteuse intervient régulièrement dans le propos chorégraphique pour le rehausser par sa voix, si belle et si puissante et ses gestes, aussi !

Une soirée qui m'a permis de me sentir ailleurs, sentir, par procuration sur scène, mes fibres cardiaques dans une déclinaison de différentes relations. Les gestes sont épurés et fort éloquents, l'écran tout au fond de la scène se colore tout en nuances, en osmose avec les mouvements et le chant, selon les états du moment. Impossible pour moi, de décrire en détails, le bien-être ressenti, mais de ces différents états si bien exprimés, en solo, en duo ou en groupe, mais mon "coeur", lui, se met en phase avec le propos de l'oeuvre !

Pour sa dernière proposition de la saison 18-19, Danse Danse nous propose, pour une première fois, l'oeuvre d'un chorégraphe "visionnaire" (comme l'indiquait le feuillet de la soirée !) mais aussi fort "thérapeutique", de mon point de vue. Une fort belle soirée qui fût suivie d'une fort longue et sincère ovation des spectateurs.


vendredi 3 mai 2019

Retour sur mes pas tout en écriture au quatrième Gym du Lab Littéraire

Quand il est question de faire de "l'exercice", le Gym est pour moi un endroit que j'évite. Un endroit d'amélioration des fibres musculaires vers une meilleure forme en mode trop formatée !
Cette conviction profonde et doctrinaire ne s'applique cependant pas lorsqu'elle concerne celle de ma plume, de la main qui la dirige et de mon imagination qui la guide. Au passage, ma plume pourra plutôt être un crayon à mine, mais jamais un clavier ! Voilà donc pourquoi, mes pas m'ont ramené au Gym du Lab Littéraire en cette fin de matinée d'un dimanche fin avril , pour sa quatrième édition, invité par Patricia Rivas.



La formule est décontractée, gratuite, mais surtout agréable. Autour d'une table dans une salle du sous-sol du Resto Végo sur St-Denis, en cette journée de printemps hésitant, nous serons quatre prêts à "s'exercer". Nous aurons droit d'abord à un exercice de réchauffement, présenté par la guide fort démocratique (Patricia), illustré par un exemple. Pour cet exercice de réchauffement, nous disposerons de trente minutes. Nous devrons sur un même thème, rédiger de courts textes au style et au rythme différent, annoncés par un titre différent.

Voilà ma seule zone d'angoisse lorsque je me rend à ce Gym, pour "venir libérer ma plume" ! Sera-t-elle capable, une fois libérée, d'être domptée pour répondre à la demande ? C'est d'abord, un moment d'angoisse pour celui qui tient le crayon suivi de quelques respirations introspectives pour que le déclic se fasse et que le mouvement des gestes se traduise par des mots sur papier et répondre à la demande.

Une fois le temps écoulé, nous serons trois sur quatre à avoir produit une histoire en trois temps, l'autre en aura quatre ! Il s'en suit les délicieux moments de partage. Pour avoir une indication de ce qu'il est possible de créer, je vous propose ce que j'ai fait.

Thème : Ces pas qui résonnent

Titre : Début de journée

Ces pas qui résonnent gaiement dans le couloir sont pour moi. Tout pour me faire oublier qu’ici c’est triste et que dehors l’automne dégouline de toute sa morosité sans espoir. Des pas qui annoncent que bientôt, les volets seront tirés et que le sourire ensoleillé de celle qui vient réchauffera mon humeur maussade, tel un baume sur une vieille blessure jamais guérie.

Thème : Ces pas qui résonnent

Titre : Fin de nuit

Ces pas qui résonnent, ce sont les miens, en fin de mission. Ils se dirigent là, pour compléter une tâche déjà entamée, mais jamais terminée. Dehors, rien ne m’attend, sinon cette pluie qui dissout tout espoir de jours meilleurs. C’est ici, bien à l’abri, tel un cocon, que je peux me dévouer tout en efforts et en sourire.

Thème : Ces pas qui résonnent

Titre : Début de rien

Ces pas qui résonnent ne sont pas pour moi. Ils passeront tout droit. Tout guilleret, ces pas dont le propos sonore, à lui seul, encourage un fol espoir momentané, mais qui aussi vite s’envole en un jet de fumée de déception. Et cette déception que la pluie insistante de dehors n’arrive pas à dissoudre, mais qui plutôt la gonfle. Encore une fois, ces pas me rappellent que je suis au début de rien et pour longtemps !  

Le temps passe vite, trop vite (pas comme dans un gym d'exercices physiques !), nous pourrons, très bien réchauffés, passer au prochain exercice qui s'avérera malheureusement le dernier. Nous devrons produire un texte avec une intrigue qui se conclue avec un "punch". Question de faire baisser l'angoisse, nous avons droit au conseil fort avisé et que j'ai suivi, soit de ne pas chercher la chute avant de débuter le texte, mais plutôt de la trouver pendant la rédaction. "Entrer dans le tunnel et faire confiance que nous découvrirons la lumière devant, en marchant (ou en écrivant, évidemment !). 

Donc, "à l'attaque" ! Premier moment, respirer pour trouver l'amorce, suivi par d'autres respirations pour déterminer l'angle d'approche. Et "bingo", je trouve ! Et sans savoir où cela me mènera, je me mets à écrire. Et juste au moment, la sonnerie annonçant la fin se fait entendre, je mets le point final à mon histoire, après avoir en cours "de chemin", vers la fin, trouver ma chute ! Et encore une fois les productions de tous s'avèrent intéressantes et réussies. Et voici, tout humblement, le résultat de mon exercice.


Ça sera pour aujourd’hui, voilà la seule certitude que Dominique possède en ce début de journée. Les signes qu’elle avait observés l’avait préparée, à la suite de la révélation, tel un ressort comprimé à son maximum avant la détente.

Il y a eu cet inconnu qu’elle avait croisé chacun des jours précédents, à la même intersection, sans panneau indicateur. Cet homme avec un imper élimé, chapeau rabattu, qui lisait toujours la même revue, rendue chiffonnée et qui tenait aussi une laisse, sans chien au bout.

Il y a eu aussi, toute la semaine, à la même heure 2h22 du matin, une sonnerie qui résonnait quelque part, trois fois avant de devenir muette. Son téléphone, aussi, s’y était mis, en sonnant la nuit dernière jusqu’à ce qu’elle réponde et qu'elle n'entende rien sinon un silence lourd, annonciateur de la menace à venir.

Maintenant, tout autour, rien, pas même le son d’une télé ou d’un vieux frigo qui peine à refroidir. Seul un silence gorgé de menace, mûr pour éclater.

La seule question qui la hante, le reste étant une certitude, devrait-elle aller au-devant de son destin pour affronter son passé ou attendre ici ? Son horoscope, d’il y a une semaine était clair, son destin se jouerait aujourd’hui et tout le monde le sait ou devrait le savoir, les astres ne mentent jamais !

Et voilà déjà de se dire, "c'est déjà fini" et de pouvoir apprécier qu'il est possible de trouver ne soi, qui que nous soyons, ce qu'il faut pour que sur papier, nous puissions être fiers ! Toujours intéressant aussi de partager en bonne compagnie ces moments de création ! Merci Patricia et à la prochaine !



lundi 29 avril 2019

Sur mes pas de spectateur en cette Journée internationale de la danse !

Mère Nature, elle aussi voulait la célébrer cette journée ! Par conséquent, c'est par un temps ensoleillé que mes pas m'ont amené à deux présentations publiques pour l'occasion.

Premier arrêt, après quelques détours, l'Agora centrale du Pavillon Judith Jasmin de l'UQAM pour découvrir "Boudoir et compagnie" de Lila Geneix, interprété par Anna Erbibou, Alice Marroquin Ethier et Danae Serinet Barrera. L'espace est libre, peu de gens déjà présents, mais une console et un haut-parleur indiquent bien que je suis au bon endroit. Je prend place et une fois assis, arrivent la chorégraphe et ses interprètes. Elles établissent leurs repères et moi, fort attentif, je trouve la bonne place pendant qu'à côté, les gens passent, portés par leur occupation. Je suis rejoint par d'autres et nous nous mettons en mode attente.



Le moment venu, nous avons droit aux présentations d'usage d'Alain Bolduc (du Département de danse) et d'extraits du texte fort beau et inspiré de Louise Lecavalier composé pour cette journée. Et juste après "Boudoir et compagnie" débute avec l'arrivée de ces trois femmes, toutes majestueuses de leurs gestes et qui prennent la pose, sur la balustrade, à distance les unes des autres. Elles commence à s'exprimer "muettement" au son d'une musique classique et se rapprochent pour finir toutes ensemble, avec un "pause" sur l'image, soit un tableau des "grâces du siècle dernier en ré majeur" !

Et de leur piédestal, elles viennent vers nous, jusqu'à nous, jusqu'à moi aussi ! Je serai donc invité, avec d'autres, à participer en mouvements à cette oeuvre par une de ces femmes (Anna, tout sourire). D'abord surpris, déstabilisé, je peine à suivre les indications pourtant fort précises de ma guide. Moi, qui pourtant juste un moment avant, trouvait qu'il y avait trop peu de spectateurs, tout à coup, il y en avait beaucoup, témoins de mes gestes incertains et malhabiles. Mais peu à peu, je prends le contrôle de mon corps et de mes gestes pour arriver à suivre approximativement le cours des mouvements des autres ! 

Et puis, ces femmes nous ramènent à nos sièges et retournent en haut dans leur boudoir, "leur petit salon intime" pour dans leur intimité, nous montrer que derrière la prestance des gestes, elles peuvent aussi être entraînées dans la décadence de leur nature intime. Comme quoi, elles et moi, nous ne sommes pas parfaits !

Une oeuvre en trois temps, fort appropriée pour cette journée, en nous incluant dans la danse, qui a fort bien mérité les applaudissements qui ont suivis. De ces jeunes femmes qui l'an prochain, compléteront leurs études (Bac. en danse), l'avenir semble prometteur et moi, promis, je serai là, très intéressé, pour en découvrir les prochains pas en interprétation ou en création. 

Je me remets en marche pour me diriger jusqu'à la Place des Festivals pour assister à "JoBlo" avec les 330 élèves de l'école Lanaudière (sur le Plateau Mont-Royal). Projet fort beau porté par ma gang de Tangente et mis en mouvements par Philippe Meunier et Ian Yaworski, accompagnés par des diplômé.es de l'École de Danse Contemporaine de Montréal. Sans oublier les profs de cette école, fort présents et alertes (je peux en témoigner), durant la préparation, avant, et le moment de prestation.

"J'aurais voulu être un danseur et faire la Place des festivals", voici ce que ne pourront pas chanter ces 300 élèves de l'École Lanaudière. Et c'est sous un beau soleil et devant un public fort nombreux que ces élèves nous ont présenté leur création qui a touché ma fibre de spectateur et de grand-père. Une dizaine de minutes durant laquelle, ils nous proposent des tableaux riches en symboles et mouvements. Tout autour, la foule nombreuse écoute, regarde et aussi, capte ses moments. Certains le font par leurs "bidules" intelligents, d'autres, comme moi, seulement par leurs sens et leurs émotions. Un moment trop court, mais fort riche et porteur d'espoir. Et c'est sur cet espoir, que je quitte cet endroit, plus léger, heureux.

De ces deux moments, je peux conclure que la danse et la jeunesse sont deux éléments essentiels pour espérer en des jours meilleurs. Le soleil tout en haut dans cette journée (probablement la seule, où il sera présent) semble m'appuyer !



dimanche 28 avril 2019

Sur mes pas à une autre belle rencontre avec "Les Intimistes" et leur chapitre 14 "Tu peux toujours rêver" !

Je ne crois pas que je surprendrai quelqu'un ici, mais ces femmes, je les aime beaucoup, d'un amour de spectateur fidèle, et ça, depuis leur chapitre 5. Peu importe l'endroit où elles me donnent rendez-vous, je m'y rend toujours en bonne compagnie (lire ici ma blonde !). Pour ce quatorzième chapitre, c'était au resto "La petite Marche" rue St-Denis que mes pas m'ont amené en ce vendredi soir pluvieux, fort curieux de découvrir leurs propositions qui explorent leurs zones "rêvées". Qui n'a pas de rêves, me demanderez-vous ? Et ne voilà tu pas que c'est justement ce qu'elles me demandaient avec leur question de la soirée, "Un rêve auquel j'ai renoncé". Sachez, chère lectrice ou cher lecteur, que ma réponse s'est imposée en moi et mise sur papier assez vite. Mais pas question de vous la dire, comme pour un souhait, un rêve, c'est personnel !

                                              Affiche de la soirée tirée du site des Intimistes

C'est donc dans une des salles non cloisonnées de ce restaurant fort actif tout autour que le micro était installé. Après les avertissements d'usage de Sandrine (clope pour les irréductibles, pipi et breuvage pour les autres) et bien assis, le tout débute. Au programme de cette soirée, le texte de quatre Intimistes, Audrey Lavigne, Sandrine Quynh, Patricia Rivas et Laurence A. Perrault. S'il m'était permis de rêver, je me verrais en Intimiste, version masculine, pour ajouter ma voix et partager mes rêves comme elles l'ont si bien fait en cette soirée. Mais Robert, reviens sur terre, à la réalité, pour témoigner de ce qui nous a été confié.

En ouverture, Audrey Lavigne avec "Pas de puce, pas de punaises"  (expression familiale !) nous entraîne d'abord à dos de chameau (haut et bas) dans sa jeunesse avec son père pour ensuite nous illustrer fort bien comment il est possible de vivre avec la fonction sommeil, facultative ou défectueuse ! Pour moi, le dormeur impénitent contre vent et marée, ses propos tiennent de la science fiction, comme pour elle, du "Home Alone" à "La belle au bois dormant". Mais ma blonde, elle, s'y reconnait parfaitement !

Sandrine Quynh, à son tour, nous parle de ses rêves. De celui qui m'émeut le plus, soit celui de vouloir devenir mère, qu'elle nous exprime avec fort conviction ! Le temps qui passe et l'horloge biologique qui tourne sans ralentir, ni revenir à l'inverse. Cela elle nous l'exprime fort bien. Elle nous dit aussi que de vouloir devenir comédienne au Québec avec un accent français, si beau soit-il (de mon opinion, mais je ne suis pas le seul !), peux aussi devenir un rêve inaccessible ! Mais, elle s'accroche, à preuve le titre de son texte, "J'y crois encore" et elle m'inspire, cette Intimiste !

Une fois passé le moment où, à tour de rôle, elles nous partagent certains moments personnels dont certains "punch fort", Patricia Rivas nous propose "Apprendre à découper parfaitement mes contours".

Ses confidences sont troublantes et remontent à ses années du primaire. Années durant lesquelles, elles "trippaient" sur les meilleurs de sa classe. Comme s'il était possible d'apprendre par osmose, rêvait-elle ! Mais la vie réserve des surprises et quand les modèles à suivre partent, que faire ?
Et arrive le moment où elle est une des élu.es (on vous a choisi !) et qu'elle est acceptée dans une école de théâtre. Le moment aussi où les rêves de devenir une roche, un ruisseau qui coule ou une prostituée, frappe l'écueil de la réalité (professorale). Parce que lorsque tu es une femme, les rôles, même à l'école de théâtre sont déterminés par ton sexe et le corridor de jeu est limité et bien barricadé. Une fois son constat fait, la réalité oblige à des choix et à laisser certains rêves derrière soi. Elle nous l'exprime fort bien, impossible de ne pas le ressentir.

Le tout se poursuit avec la toujours percutante Laurence A. Perrault avec "Tout ce qui scintille". Elle nous parle de son rêve éveillé, celui du moment à ses trois ans et demi où elle a rencontre "sa mère Anne" qui est en fait sa "belle mère". De celle qui a été pour elle, un phare et qui a éclairé sa vie, malgré toutes les zones d'ombre et d'orage qu'elle a franchi. Dans sa vie, entourée de parents absents ou en perte de repères, elle a su naviguer. Et nous, en cette autre soirée, nous en découvrons d'autres récifs contournés !

Le tout se termine par la liste du public du "rêve auquel j'ai renoncé" dont le mien qui est mal déchiffré, because ma "belle écriture" !

Au final, une autre soirée de rencontres et de confidences qui comme des pièces de casse-tête (ou de pixel), sont complètes en soi, mais qui permettent de mieux éclairer ce qu'elles sont pour notre plus grand plaisir.

Plaisir que vous pourrez, comme nous, apprécier tout bientôt, soit le 8 juin prochain à 20h15 au Centre De Loisirs Communautaires Lajeunesse (7378 rue Lajeunesse, près du métro Jean-Talon) lors du Festival Festivulve 2. Peu importe le sexe auquel vous vous identifiez, c'est un rendez-vous à ne pas manquer.


samedi 27 avril 2019

Sur mes pas en danse: Une soirée "100Lux" et pleine de beaux mouvements surprenants !

Vers des soirées de danse urbaine, mes pas m'ont peu amené ces dernières années. Résultat d'une combinaison de propositions en salle peu fréquentes et d'affinité oeuvre-intérêt personnel limitée. Il en reste que les circonstances s'y prêtant et l'agenda le permettant, j'avais assisté à la soirée "Un temps pour tout" organisé par Sovann Rochon-Prom Tep au Théâtre La Chapelle. De cette soirée, j'avais conclu mon texte par "De cette soirée fort intense, essentiellement "expérientielle", j'en ai très bien ressenti les "vibes" qui m'ont enveloppé dans un univers par des artistes "habités" qui m'ont permis cette fois, d'y découvrir une âme fort vibrante! Une soirée qui en amènera d'autres, promis !"

Promesse faite et promesse tenue ! Je me suis donc dirigé jusqu'au Wilder pour la première des quatre soirées concoctées par  "100Lux" et présentée par Tangente dans l'Espace Orange. Une autre occasion qui "sort de la rue" (oui, oui !!!) la danse urbaine pour la mettre "en salle". Tout en harmonie avec la première phrase de feuillet de présentation de la soirée, "Sept danseurs urbains et de rue canadiens explorent de nouveaux territoires, ouvrant leur âme et leur corps à quelque chose de viscéral, personnel et imaginatif."

Ce nouveau territoire pour cette fois, était l'Espace Orange du Wilder, mais c'est d'abord dans un hall fort achalandé que j'ai fait mon entrée, "because 5 à 7 avec GRIS Montréal" (si comme moi, cet organisme vous est ou était inconnu, voici le lien https://www.gris.ca/ ). Pas vraiment eu le temps et la possibilité d'entendre les discours, mais j'ai réussi à trouver une place près de la porte d'entrée de la salle. Juste avant, dans le café-hall, avant notre entrée, deux interprètes, comme un prologue de la soirée, nous proposent une courte pièce qui nous montre le doux envol du geste, porté par de la musique planante pour ensuite se reposer tout aussi en douceur. Et comme elles semblaient reprendre leurs mouvements, la porte s'est ouverte et moi, je me suis dirigé vers mon siège.

C'est devant une salle "ben pleine", composée d'un auditoire hétéroclite (en style, en âge), que Stéphane Labbé (directeur général de Tangente) et Christina Paquette (chargée de projet et des communications de 100Lux) nous adressent les mots de bienvenue. Et arrive le moment, les lumières s'éteignent et que nous passons en mode découverte. Ici, le nous est une extrapolation du je tout personnel ! 

C'est dans la noirceur la plus totale ou presque que débute "Escucha" des frères Sono, Victor (en danse) et Tito (à la guitare). De mon siège, première rangée (évidemment !), je réussie quand même à apercevoir un corps, telle une ombre blanche se déplacer tout au long de la première pièce musicale. Et une fois les lumières allumées, c'est une performance toute aussi allumée que j'ai pu apprécier durant la douzaine de minutes qui a suivi. Impossible pour moi, de déterminer qui dirigeait qui, mais les pas de l'un suivaient "la guitare" de l'autre. À moins que ce soit l'inverse ! Peu importe, la complicité est évidente entre les deux et elle se ressent jusqu'aux spectateurs. Une belle démonstration de "être on the beat", mais aussi d'être à l'écoute ( traduction française de mot espagnol, escucha) de l'autre. 

                                    Photo de Victor et Tito Sono, tirée du site de Tangente.

Il s'en suit "Doppelgänger" de Mecdy Jean-Pierre avec Marie-Ève Bernard et Martine Castera. Impossible pour moi de ne pas me rappeler ma rencontre avec ce chorégraphe, la semaine précédente (à Danscussions & Co). J'y avais appris (par Axelle Munezero qui l'accompagnait) qu'il était un danseur qui en prestation se transformait en un personnage, "Venom". Il a bien transmis son venin à ses eux interprètes qui en incarnent en double son sosie (ou doppelgänger, en allemand). 

Pour l'instant, loin du "battle" et de la rue, la danse urbaine investie très bien la scène traditionnelle intérieure et y trouve sa place !

Courte pause et "Face Value" de la compagnie Borealis Soul (de Whitehorse, Yukon) se présente à nous avec Kelvin Smoler, Alex Robinson, Valérie Herdes et Jordan Reti. De ce slammeur et de ces visages recouverts, d'abord, qui se découvrent ensuite, je suis resté captivé de leurs mouvements trop brièvement présentés. Un "vent du nord" qui saisit d'abord et qui fait du bien, ensuite !

Et puis arrive "ma surprise" de la soirée, "Oui /Non" de et avec Celine Richard-Robichon, accompagnée par Elie-Anne Ross. Je ne saurais dire en mot le lien entre le titre et ce qui a suivi, mais devant moi en gestes, j'ai pu comprendre le début de la phrase de présentation (dans le feuillet), "Oui, je peux voir l'illusion- mais non, elle n'existe pas". C'est fou ce que deux femmes et un drap peuvent captiver et aussi amuser, en gestes, mais aussi en propos. 

Et puis arrive la proposition de cette soirée qui m'a interpellé le plus. "Un bonhomme surpris, triste et heureux" de et par Shanyça Elie-Leconte. Elle nous aborde frontalement et avec un large sourire avant de nous entraîner dans l'évolution de son personnage qui dérape suite à une prise de drogue. Cette femme est une interprète en danse, mais aussi une comédienne, parce que moi aussi, j'ai été surpris, triste et heureux (comme le personnage !), tout au long des quelques minutes (7, selon le feuillet de la soirée) de notre rencontre.

"Fil rouge" d'Emmanuelle Lê Phan (co-directrice de Tentacle Tribe), mon coup de coeur de la soirée, met sur scène un récit "tissé" d'un fil rouge et porté par Kalliane Brémault, Samuel Cyr, Victoria Mackensie, Anthony Palomeque, Elie-Anne Ross et Alexandre Wilhem. De ce récit, les gestes produisent un effet fort (à preuve, juste derrière moi, les réactions fort senties et aussi la remarque, "c'est nasty"). Une de ces fois, durant laquelle les dominos de ses corps qui se déplacent, avec cette table et ces chaises, comme accessoires, pour bien ressentir que la matière tout autour détermine du destin des humains !

Une fois les "fils rouges" sur le sol, tous enlevés, "Tout va bien dans le meilleur des chaos" de et avec Madgalena Marszalek, accompagnée par Achraf "Eywaa" Terrab Junior et "Djüngle" Dorsaint, nous entraîne dans une incursion toute personnelle dans l'univers du "house". Une façon fort belle de terminer une soirée différemment colorée et qui résonne en moi de par la contradiction du propos, "C’est intime et exposé. C’est personnel et partagé. C’est solitaire au cœur d’une foule. C’est se sentir chez soi… dans un club sombre." Et de son affirmation 

Et, une fois le tout terminé, tous les interprètes reviennent ensemble sur scène pour, d'abord, recevoir les applaudissements fort bien mérités et ensuite, nous inviter à les rejoindre sur la scène pour danser. Invitation que plusieurs accepteront, mais que moi, je déclinerai en sortant discrètement de la salle. 

À cette question que je me posais, "peut-on amener sur une scène "classique", la danse urbaine qui demande un échange avec son public tout à côté (dans un battle, par exemple) ? Ma réponse toute personnelle, suite à cette soirée, est définitivement oui. L'interaction avec le public, essentielle à cette forme artistique est possible, même à une certaine distance dans une salle de présentation plus classique. À preuve, je l'ai vécu en cette soirée !