jeudi 24 septembre 2020

Sur mes pas de lecteur: "Je n'en ai jamais parlé à personne", quand les langues se délient, moi je les écoute et cela me touche !

 Je n'en suis pas à une première avec l'auteure féministe Martine Delvaux et ses écrits romanesques ou d'essai, je les lis avec intérêt et j'en conserve un bon nombre dans ma bibliothèque. Ainsi donc, "Je n'en ai parlé à personne" rejoindra "Le boys Clubs", Thelma, Louise & moi", "Le monde est à toi", "Les filles en série" et le très touchant (pour moi !), "Blanc dehors". Cette fois, elle utilise la parole de  nombreuses femmes (une centaine) qui avaient gardé jusque là pour elles ce qu'elles avaient subi, de violence dont celle sexuelle. 

Pour ma part, il me semble que dans mon entourage, peu de femmes ont été des victimes, mais ma perception tient possiblement du fait que "Je n'en ai jamais parlé à personne". Toutes ces femmes que j'ai croisées, celles avec qui j'ai travaillées, celles à qui j'ai enseignées, combien avaient une histoire ? Ces histoires, je ne les connaîtrai pas. Mais vous qui avez fait parvenir la votre à Martine Delvaux, je l'ai lu attentivement et comme homme elles m'ont touché ! 

                                               Tiré du site de la maison d'édition Héliotrope

Utilisant ces témoignages, elle nous propose une suite fort bien agencées qui une fois ma lecture débutée, m'a gardé captif jusqu'à la fin. De ces premiers mots "On ne se connait pas" jusqu'aux derniers "Mais je ne suis pas morte", j'ai découvert des mots qui portent forts. Deux exemples, en cours de lecture, aux antipodes des perceptions, "Cette histoire, même si je n'aime pas ça, fait partie de moi" et "Ce n'est pas si grave !" qui illustrent bien le drame passé, présent et futur de ces femmes.

Pour ce geste d'écriture, merci Martine Delvaux ! En espérant qu'il permette au plus grand nombre de prendre conscience de ces aspects sombres du comportement humain.

lundi 21 septembre 2020

Sur mes pas en danse: "Verso", une œuvre poétique en trois temps

Les propositions chorégraphiques sont de plus en plus fréquentes, soit en présence soit en court métrage. Pour son début de saison, Danse-Cité propose "Verso" d'Audrey Bergeron avec pleins de collaborateurs, une œuvre hybride, nous derrière notre écran et eux, en direct (du Théâtre Prospero). Et moi cette proposition, je l'ai acceptée, tout comme environ quatre-vingt-dix autres spectateurs en ce vendredi soir de première. Et quelques jours plus tard, nous avions la possibilité de la revoir en reprise et c'est ce que j'ai fait, deux fois plutôt qu'une. Ce qui m'a permis de confirmer mes premières impressions, mais sur cela, je reviendrai !

C'est bien assis devant mon écran que j'attends avec grand intérêt que l'on me fasse entrer virtuellement en "salle". Après l'accueil, nous avons droit à une œuvre en trois temps. "Inspirée des films muets et en noir & blanc, VERSO réunit un quatuor féminin et un pianiste au cœur d’un montage chorégraphique truqué et poétique", dixit la description officielle de l'œuvre et avec laquelle je suis bien d'accord. Ainsi donc, nous découvrons ces quatre femmes (Audrey Bergeron, Jessica Serli, Kim Henry et Merryn Kritzinger) avec des moments plus spécifiques pour chacune d'elles. Au début, j'y vois un univers fantaisiste, en "recto-verso !" dans lequel la répétition des gestes fort bien réussie. Par la suite, se développent leurs côtés fantaisistes, circassiens et "magiques" aussi ! Comme si elles nous présentaient leurs aspirations. Et puis arrive "le" moment (le solo fort riche de Kim Henry), par lequel nous sommes projetés dans la partie imaginaire de la proposition, dans une autre dimension de leur vie, telles des planètes qui évoluent autour du point central de la scène. 

                             Photo des interprètes par Marjorie Guindon tirée du site de Danse-Cité


Ces femmes et leurs univers, qui évoluent seules ou en groupe, sont portées par une musique riche (Roman Zavada et Antoine Berthiaume), tout à fait synchronisée avec leurs gestes pour appuyer et rehausser les épisodes de leur évolution. D'autre part, il y a aussi les accessoires qui ancrent dans la réalité, ces univers féminins. 

Audrey Bergeron, quatre ans après "Par le chas de l'aiguille", reprend son exploration de l'univers féminin et le fait évoluer de façon fort riche et plus onirique. Je ne sais pas comment aurait été ma perception de cette œuvre si je l'avais vu, juste là devant moi, mais le jeu des prises de vue l'enrichissait, diminuant mon regret de ne pas y être ! Et cette possibilité de la revoir en reprise, voilà une excellente idée.

vendredi 18 septembre 2020

Sur mes premiers pas en danse dans une salle: "More-Than-Things" à découvrir, même les yeux fermés !

 L'invitation à revenir en salle, depuis "une éternité" était fort tentante et je l'ai acceptée avec grand enthousiasme. Pour être certain, j'avais tous mes billets pour l'année depuis le pré dévoilement de la saison du La Chapelle et un de ceux là était pour le "laboratoire", "More-Than-Things" d'Émile Pineault et de toute son équipe. Un laboratoire, pour les moins familiers, consiste à présenter à un public, une étape de travail en cours d'une oeuvre en création ou en évolution. Vous avez là tous les ingrédients pour m'intéresser. Parce que voyez-vous, je pourrai peut-être humblement contribuer au produit final ! 

                                                  De Vjosana Shkurti tirée du site du La Chapelle

Et pour ce faire, je me rends bien à l'avance, soit plus de trente minutes, question d'avoir ma "bonne" place ! Et, ne riez pas s.v.p. (!) j'apprends avant de rentrer en salle que nous ne serons qu'une quinzaine de spectateurs disposés tout autour de l'espace de prestation. Malgré tout, tout en respectant les règles de distanciation et d'hygiène propres à notre époque, j'ai pu, pendant mon attente, échanger de façon fort agréable avec les gens du La Chapelle et d'une des membres de l'équipe de l'oeuvre à voir. J'y apprends que cette proposition s'adresse aux personnes voyantes et aux personnes avec un handicap visuel. C'est donc bien informé et surtout bien heureux de revenir en "salle" que j'attends de prendre place. 

Le moment venu, je rentre et après avoir évalué les possibilités (sur les quinze places, je vous rappelle (!) indiquées par une flèche ), je trouve la mienne, y prend place et ensuite, enlève mon masque. Devant moi, un espace circulaire jaune qui a toutes les allures d'une piscine sur ou sous laquelle se retrouvent deux personnages (Nien Tzu Weng et Émile Pineault). La vie réserve parfois des coïncidences, parce que une de mes dernières sorties culturelles, d'avant pandémie, était à la Nuit Blanche du CCOV, "Short & Sweet recyclé XXL) durant laquelle, Émile Pineault et ses acolytes nous proposait l'oeuvre la plus audacieuse, soit celle d'imaginer, parce fait dans l'obscurité, le mouvement de ses corps par le bruit et aussi notre imagination. 

C'est en gros ce qu'il proposera dans ce qui suivra aux spectateurs, dont deux sont des non voyants, comme je l'apprendrai lors de la discussion qui suivra la présentation. 

Parce que le plaisir de découvrir est un aspect fort important de cette proposition, je me garderai d'être trop descriptif. Cependant, je peux facilement vous donner quelques unes de mes impressions sur cette oeuvre qui se veut surtout performative et multi sensorielle. Pour le voyant que je suis, il y a deux corps qui évoluent dans l'espace rempli d'objets. Certains moments sont fort éloquents, tandis que d'autres plus abstraits. Les sons produits par les déplacements sont parfois très éloquents, parfois très discrets. Quelque fois pendant la prestation, je me suis mis dans la peau d'un non voyant et je me suis fermé les yeux. De façon surprenante, mon imagination produisait une histoire, mon histoire, tandis que les yeux ouverts, tout me semblait plus abstrait ! Comme si les sons dans la nuit, toute jeune enfant sous notre couverture pouvaient créer des êtres mystérieux et aussi des inquiétudes. Les bruits entendus, une fois traités et amplifiés dans notre cerveau produisaient une histoire toute personnelle ! 

J'ai donc eu les yeux ouverts, d'autre fois les yeux fermés, mais tout le temps les sons et les mouvements produisaient leurs effets.

Une fois la fin arrivée, nous sommes invités à rester en salle pour partager nos impressions. Et je suis resté ! Pour cette partie, je retiens les aspects suivants, Émile Pineault est entouré d'une grosse et belle équipe. La pandémie a "coupé les ailes" des créateurs qui voulaient présenté une oeuvre de proximité intégrant le toucher que la pandémie a cruellement amputé ! Aussi que pour un non voyant, soixante minutes, c'est long, surtout quand les sons se font plus discrets. Enfin, je suis jaloux, et le mot est faible, lorsque cette spectatrice non voyante nous partage son histoire perçue ! 

Je vous partage enfin, mon dernier commentaire, voilà un minerai encore à purifier, mais qui a une grande valeur et que je me promets de découvrir (les yeux ouverts ou fermés ???) la suite.

vendredi 11 septembre 2020

Sur mes pas au cinéma: "Jumbo", fable moderne qui demande de lâcher-prise !

La bande-annonce mettait les cartes sur table et "Jumbo" de Zoé Wittock verserait dans le fantastique. L'histoire d'une jeune fille (Noémie Merlant, éblouissante et convaincante !) qui tombe en amour avec un manège ! Au jeu du oui et du non avec ma blonde, elle veut passer son tour, tandis que moi, c'est un oui fort déterminé. Voilà donc pourquoi, je me retrouvais seul, seul sans ma blonde, mais aussi seul dans la salle (la salle 4 du Cinéma Beaubien) pour la première représentation de la journée à 10h20, ce vendredi matin. Je peux donc affirmer que j'ai été le premier spectateur à voir cette oeuvre au Québec !!!


Donc bien installé dans mon siège, je fais la connaissance de cette jeune femme, Jeanne, toute timide et réservée qui fait le ménage de nuit dans un parc d'attractions. Elle a aussi un univers bien à elle, tout en bricolage, dans sa chambre à coucher dans la maison de sa mère, une mère toute différente d'elle ! Puis arrive la rencontre avec la machine ! Cela perturbe et dérange les gens autour d'elle. Ce que vit et ressent cette jeune fille, Noémie Merlant nous le transmet avec éclat. 

Évidemment, plein d'obstacles autour d'elle se dressent, mais elle garde le cap jusqu'à la fin fort bien réussie. 

"Jumbo" est une fable moderne qui demande au spectateur un lâcher-prise et aussi qui le requestionne face aux différences de l'autre ! Une sortie cinéma qui mérite d'être faite !

Et comme il est écrit au début de la projection, "tiré d'un fait réel", voici pourquoi. En 2007, la réalisatrice a lu un article sur une femme qui s'est mariée avec la Tour Eiffel. "L’article m’a fait sourire mais il m’a aussi fascinée" a-t-elle dit. Elle l'a aussi contacté et de cette rencontre, l'idée du film est née ! Et pour les intéressé.es, ce phénomène a un nom, c'est l'objectophilie.

jeudi 10 septembre 2020

Sur mes pas en danse au Festival des arts de Saint-Sauveur: Une dernière oeuvre qui a tout de l'(en)vol !

 Nous en sommes rendus dix semaines plus tard à la présentation de la dernière oeuvre de cette édition en ligne du Festival des arts de Saint-Sauveur. Une finale avec Yannick Nézet-Séguin au piano (sur une création d'Éric Champagne) et à la danse Guillaume Côté. Une oeuvre intitulée "Échos" qui pour moi après l'avoir vu et revu, aurait pu avoir pour titre " L'en(vol)", mais commençons par le début.

De ce Festival en temps de confinement, nous avons eu droit à dix propositions qui, selon moi, permettaient de se faire notre propre récit. Je suis aussi assez certain que si je les visionnait l'une après l'autre en séquence, j'y verrais les chapitres d'une oeuvre plus grande et cela, malgré la diversité des genres et des styles. Et cette dernière proposition en sera la conclusion. 

Au Sommet Saint-Sauveur, sur le "toi du monde", il y a une scène, un piano et deux hommes. En arrière scène, nous voyons loin, au dessus des arbres. Par la suite, j'y vois un oiseau, un aigle qui sera porté par les courants du vent, l'oeuvre musicale. En entrée de jeu, c'est l'envol qui sera suivi du vol de cet "oiseau". Il va avec le vent, il va aussi contre celui-ci et aussi se laisse planer, comme moi, en cette fin de pandémie.Le geste est majestueux, d'où ma référence à l'aigle. Je ne suis pas un "fana" du ballet, mais impossible de ne pas apprécier la qualité du geste et de la synchronisation avec la musique. Et le propos porte et me rejoint !

Dehors, le ciel se fait plus sombre, le mercure reste plus bas dans sa colonne, nous indiquant que la saison chaude est derrière nous, ce qui me permettra de garder bien au frais les souvenirs de cette édition particulière du Festival des arts de Saint-Sauveur. 

Il faut s'adapter, qu'on nous répète, et les responsables de ce festival l'ont bien fait. Et moi, j'en ai bien profité. Merci beaucoup !


dimanche 6 septembre 2020

Sur mes pas au cinéma: Deux rencontres qui me laissent des traces !

Pour ce long week-end, un rendez-vous avec le septième art était prévu, mais au final, ce sera deux. Deux oeuvres qui chacune à sa façon, nous aurons touché ! Mais commençons dans l'ordre. 

Il est samedi en début de soirée et pourquoi pas ! Et comme il était encore possible de réserver deux billets pour "Petit Pays" en ce samedi soir, nous l'avons fait ! Et tellement content de notre décision de dernière minute. Tirée d'un récit autobiographique, cette oeuvre nous propose une perspective nouvelle, Si la tragédie nous semblait toute rwandaise, nous en avons découvert la perspective burundaise, qui elle aussi, est toute aussi tragique.Du cinéma qui nous a ému et qui aussi nous a fait découvrir une perspective nouvelle. À voir !


Et le lendemain, nous serons en salle pour découvrir "Femmes", "Woman" en France ! Cela faisait un certain temps que nous tentions d'y aller, mais comme les places dans les petites salles du Cinéma Beaubien partaient comme des petits pains chauds, nous reportions au lendemain. Mais en ce dimanche, c'est dans la plus grande salle numéro 1 que nos bonnes places ont été réservées ! Et c'est dans une salle pleine, en temps de pandémie, que nous avons pris place. Et comme d'autres l'ont dit avant moi, nous avons été subjugués et touchés! Spectatrices ou spectateurs seront captifs tout au long de ces presque deux heures de témoignages tout féminins. Impossible pour nous de trouver des aspects de la vie des femmes tout autour du globe qui n'a pas été traité ! Tout cela avec un traitement esthétique hors du commun, avec en point d'orgue, la chorégraphie aérienne de ces femmes ! Pour faire le tour du monde de la perspective féminine aujourd'hui, "Femme(s)", notez ici la parenthèse sur l'universalité et l'unicité de chacune d'elles, par Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand mérite le détour et que cette proposition reste à l'affiche de nombreuses autres semaines.



mercredi 2 septembre 2020

Sur mes pas en danse au Festival des arts de Saint-Sauveur: deux propositions toutes en lien !

 Il m'arrive de mûrir ma réflexion sur une oeuvre et souvent, cela s'avère salutaire. Non pas que ma perspective change nettement, mais que de nouveaux éléments l'enrichissent. C'est ce qui est arrivé lors de mes visionnements de la proposition d'Andrew Skeels et Isabelle Panneton, "Appel/Éveil au sommet". J'ai attendu avant de me compromettre à rédiger sur ce que j'y ai vu. Et c'est lorsque j'ai visionné la proposition, la semaine suivante, de Daina Ashbee et Alejandra Odgers, "Try-fixer" que ces deux oeuvres n'ont fait qu'une ! Et voici pourquoi !

"Appel/Éveil au sommet" nous présente d'abord un homme (Stéphane Beaulac) qui joue de la trompette dans un grand espace vert en pente. Et puis nous "arrive" un autre (Andrew Skeels), d'abord dans un flou , puis ensuite de façon plus nette sur une scène toute noire. Je sens rapidement que devant moi, c'est un soldat sur un champ de bataille qui semble affronter une force adverse. Il exprime en gestes ses différentes émotions face à un ennemi invisible et insaisissable ! Il encaisse, il riposte, il chute, il se relève avec des gestes qui sont fort éloquents ! Il le fera jusqu'à la toute fin où nous l'abandonnerons face à son destin. 

Mais qu'arrive-t-il à cet homme après ? Saura-t-il reprendre vie dans un monde plus normal ? Et la réponse m'a été fournie par la suivante, celle de Daina Ashbee et Alejandra Odgers. Nous passons d'un champ verdoyant à un milieu lacustre où nous sommes accueillis par le son de la flûte (Caroline Séguin) qui a tout de l'appel. Mais pour appeler qui ? Dans les profondeur du lac, on perçoit une présence qui produit des mouvements sur la surface. Et après des efforts tout en son et en mouvements, un homme émerge (Benjamin Kamino). Il semble à bout de souffle. Serait-ce notre soldat de la première proposition qui tente de revenir à une vie normale ? Il tente de le faire sur la même scène noire au milieu d'un lac ! Tout est difficile, malgré l'appui du son de la flûte, au son parfois surprenant. Cet homme sans protection, ni vêtements, tente de rester à la surface, comme l'on tenté plusieurs soldats revenus à la vie "normale". Mais que lui arrivera-t-il ? Pas question pour moi ici de vous le dévoiler. 

De façon générale, je voudrais mentionner la participation particulièrement active de la flûtiste dans cette oeuvre. Elle ne reste pas en retrait de l'oeuvre et elle a les deux pieds dedans, comme au début de l'oeuvre avec ses deux pieds dans l'eau ! Son rôle est fort important dans ma lecture de cette histoire proposée.

Ainsi donc deux œuvres qui ont de la suite et que je vous propose de découvrir à la suite l'une de l'autre. 

mercredi 26 août 2020

Sur mes pas en danse: Retour sur mes rencontres chorégraphiques intimes sur une place publique !

Je me permets de le répéter, il est frustrant de ne pas connaître le moment de présentation extérieure des oeuvres chorégraphiques présentées à Montréal. Cette fois, grâce à un bon samaritain qui se reconnaîtra s'il me lit, de cette proposition, j'en connaissais le moment et le lieu et à l'avance en plus ! Ainsi donc contournant les nombreux chantiers routiers et réussissant à trouver un endroit pour garer mon véhicule, je peux marcher un coin de rue dans le Plateau jusqu'au lieu de prestation. C'est au Square de la place Roy que j'avais rendez-vous avec la proposition de Anne-Flore de Rochambeau. 

Tout juste à l'avance, la chorégraphe et les trois interprètes (Marine Rixhon, Marijoe Foucher et Laurie-Anne Langis) sont là, ces dernières se préparant à ce qui suivra en s'échauffant ! Un court échange avec elles m'apprend que c'est une oeuvre déjà existante et que j'ai vue il y a quelques temps. Le lieu est assez désert, sinon un homme là assis et des gens passant, vaquant à leurs affaires. Ce qui me laisse perplexe sur le nombre de spectateurs à venir. Et puis le moment venu, les trois interprètes prennent dans leurs mains un petit tableau. Et arrive vers moi, l'une d'elle, (Marijoe Foucher) qui demande ma collaboration. Et là, la mémoire me revient, c'était il y a presque trois ans au Festival Quartiers-Danses, dans l'Espace culturel Georges-Émile-Lapalme. La proposition avait et a encore, je suppose, pour titre "Lore". Ce qu'elle m'a demandé est tout "simple" et je l'ai accepté avec grand plaisir. J'ai donc complété quatre lignes, Une maison de...- Proche de (ou dans)...-Illuminée par ...-Habitée par.... Tout comme la fois d'avant. Tout cela pendant que près de moi un haut-parleur récitait ces phrases complétées par d'autres auparavant. 

                                          Photo par David Wong tirée du site de la chorégraphe

Juste pour vous, voici ce qui m'est venu en tête, un mercredi après-midi venteux sur une chaise dans une place publique de Montréal. "Une maison de rêves/Proche de nos souvenirs/Illuminée par ta présence/Habitée par nous deux". Laurie-Anne en prend connaissance et assez rapidement, me propose des mouvements inspirés par ces mots. Il y a moi là assis et elle qui danse "juste pour moi", dans une bulle spatiale et temporelle. Cette relation intime des mots et des gestes me rappellent encore une fois comment la présence "en vrai" est importante, sinon essentielle pour mieux ressentir l'essence d'une oeuvre chorégraphique. Une fois ces moments passés, un court échange s'en suit entre nous deux durant lequel j'apprends que je pourrai laisser une trace vocale de ces lignes en appelant au numéro de téléphone indiqué sur le tableau. Le cœur léger et très heureux, je me place en retrait pour découvrir en observateur d'autres rencontres artiste spectateur. Cette place sur laquelle les gens passaient rapidement au tout début, grâce aux approches fort respectueuses et très habiles de la chorégraphe, plusieurs personnes dont des jeunes femmes, un vieil homme, un couple, un enfant avec sa mère s'arrêtent et acceptent l'invitation à cette rencontre toute spéciale. Et de ce qu'en vois, tous apprécient. Et moi, dans un petit creux d'affluence, je replonge avec, cette fois, Mariejoe Foucher à qui je propose d'autres mots dont les derniers sont "nos désirs". Et à son tour, elle me propose, "juste à moi" une oeuvre fait de "bois", lisse comme un "lac", reflétant le "soleil" avec une intensité fort palpables et tellement bien exprimée de "nos désirs" ! Et moi encore une fois, je suis heureux. 

Voilà une oeuvre fait pour des spectateurs de passage qui j'en suis certain, qui peut les rejoindre, et de laquelle ils repartent avec une sensation intérieure toute autre. Comme il est si bien écrit sur le site de la chorégraphe, "Guidés par la résonance des mots, les corps s’animent et révèlent une danse dont il émane une trace intuitive et spontanée de chacune des rencontres." Ces rencontres seront encore possibles dans d'autres lieux de Montréal dans les prochains jours. Malheureusement pas publicisées, ce sont les résidents de certains endroits de Montréal qui pourront en profiter.

Et moi, je repars sur des pas différents et satisfaits de ces rencontres chorégraphiques intimes sur une place publique !

samedi 22 août 2020

Sur mes pas en danse: Deux rencontres "à l'aveugle" tout à fait réussies avec des personnages féminins !

 Pendant que nous supputons sur la grande question du moment, "Y aura-t-il, oui ou  non une deuxième vague", les possibilités de découvrir des propositions chorégraphiques "live" sont de plus en plus fréquentes. Cependant, il n'est pas toujours facile d'en être informé, question de prévention en temps de pandémie. En étant attentif et surtout, de recevoir les infos confidentiellement, comme au temps de l'Inquisition (!), il est possible de se retrouver là au bon moment pour apprécier le mouvement fait chair, si l'agenda le permet.


Il en reste que pour ma sortie "danse" en ce mardi soir, tout est "legit", puisque je m'étais procuré mes billets et que je serais le seul spectateur. Oui, oui !!! Karine Ledoyen (Danse K par K) et l'Agora de la danse nous proposait en cette fin d'été, particulièrement aride en propositions danse des solos de dix minutes à l'aveugle avec "Osez ! en solo. Et vite, j'ai pris mes deux premiers rendez-vous, les plus proches de chez moi, en cette première soirée de prestations. Le lieu m'était indiqué vingt-quatre heures à l'avance et je devais le garder juste pour moi et c'est évidemment ce que j'ai fait. Tel que convenu, vingt-quatre heures avant, on m'indique où me rendre et comme je suis prudent, le délai entre les deux est confortable, malgré les défis que représentent les multiples chantiers routiers de Montréal ! 

Ainsi donc en ce début de soirée de mardi, je me rend à mon premier rendez-vous, quelque peu à l'avance et surtout fébrile. Nous serons dans un lieu extérieur, mais la rencontre sera néanmoins intime. Je ne dirai rien sur le lieu, ni sur l'interprète, mais sur les moments passés, voici un court compte-rendu.

Je prend place sur un banc surélevé relativement à la rue juste là à côté. On me donne un lecteur mp3 que j'apprend à utiliser. Une fois le "cue" donné, se présente devant moi, le personnage d'une jeune femme qui sort de son panier ce qu'il faut pour nourrir mon imagination. Durant les prochains moments, elle se transformera à l'aide d'accessoires fort habilement utilisés en cette femme mature. Impossible de rester impassible lorsqu'elle me regarde droit dans les yeux, comme si j'étais son destin. Impossible pour moi de ressentir ce qu'elle a ressenti, mais moi je suis touché par cette rencontre intime dans ce lieu public, je le rappelle !

Un titre me vient en tête lorsqu'elle me quitte et c'est "Métamorphose". Parce que voyez-vous devant moi, c'est la métamorphose d'une jeune femme en une plus âgée que j'ai vue. Et cela m'a touché ! Ce n'était pas pour moi une première fois que j'étais le seul spectateur d'une prestation chorégraphique, mais je dois avouer que cette fois encore, je me suis senti privilégié. Merci à toi, interprète et chorégraphe, de ce moment d'intimité. Une fois, l'échange fort instructif entre elle et moi juste après, je me dois de quitter.

Après avoir réussi à me rendre au lieu du deuxième rendez-vous, malgré le parcours du combattant (comprendre ici les multiples chantiers routiers de Montréal), je me retrouve dans un parc de Montréal.

C'est sur un banc public d'un parc, écouteurs aux oreilles, que je me prépare à ma deuxième rencontre qui sera elle aussi avec une femme. Nous ne serons pas les seuls dans ce parc, mais à ma surprise, cette femme dont les gestes m'intriguent, me déboussolent aussi, il me semble que je suis le seul que cela intéresse. Un œil sur elle avec parfois un deuxième tout autour, ses déplacements ne semblent capter que mon attention. Il y aura bien ses yeux furtifs des autres qui parfois se dirigent vers elle, mais si moi, j'étais là, par hasard, cette femme m'intriguerait pas mal plus. Mais bon, je ne suis pas l'autre et je reviens à ma posture de spectateur attentif à la prestation. Pourquoi, ce foulard laissé, pourquoi cette roche enlevé du soulier, ces allers et retours à la recherche, voilà quelques unes des questions qui me viennent en tête lors de ces trop courtes dix minutes de prestations qui en mériteraient plus. Heureusement lors des quelques minutes de rencontre après, j'en obtiens certaines. Mais au final, n'est-il pas plus satisfaisant de repartir avec son lot de mystère et de se faire sa propre histoire ? 

Retournant de par chez nous, je me promet de prendre rendez-vous pour les trois autres propositions montréalaises, mais le temps que je me décide et que je trouve de la place dans mon agenda, tout est complet ! Grande déception pour le spectateur que je suis, mais tellement heureux pour les artisans qui ont su viser juste. 

mercredi 19 août 2020

Sur mes pas en danse: "Ground" en version extérieure pour une deuxième fois ....

 J'ai vu la version en salle de "Ground" en salle et j'ai aussi vu sa version extérieure. Lorsque j'ai appris où "Ground" de Caroline Laurin-Beaucage était reprise et le lieu de présentation, très différent du premier, il me semblait fort important que j'y retourne. Intuition de spectateur, dirait certains ! Du Parc des Faubourgs, au pied du Pont Jacques-Cartier, cette fois, mes pas m'ont amené jusqu'à l'arrière d'un complexe pour personnes âgés dans le Mile-End. Après avoir traversé la rue St-Denis et ses travaux et avoir trouvé un endroit pour stationner, dans ce Montréal en pleine effervescence de travaux routiers et d'espaces de stationnement réservés, je peux me diriger vers le lieu de présentation. Il est moins cinq, mais je trouve le bon siège pour prendre place afin d'assister à la représentation. La première fois, il y avait plein de jeunes de camps de jour. Cette fois, c'est devant un public composé principalement de résident.es âgé.es de la résidence à côté que la représentation se fera. Et tout ce chemin parcouru sera récompensé par ce que j'ai vu devant, mais aussi ce que j'ai entendu derrière moi. Je me souviens encore avec grand plaisir de ces œuvres extérieures présentées devant un public non habitué et qui suscitait de belles réactions à observer. Cette fois, il me semble que c'était encore plus intéressant, enrichi par les activités tout autour. 

Je suis assis devant avec derrière moi, deux femmes plus âgées. Normalement, j'apprécie le silence durant une représentation, mais là cette fois, ces deux femmes, "make my day" ! Parce que voyez-vous, durant l'enchaînement des différents tableaux, elles échangeaient sur le sens de ce qu'elles découvraient. Cela a débuté par le tableau de "l'envol" pour ensuite se corriger et passer à celui de la quête de l'espace. Par la suite, je me suis mis en mode écoute complète, par conséquent, peut-être ont-elles continué, mais moi, je découvrais de mon côté des éléments nouveaux de cette création. Par exemple, que malgré des pantalons oranges, c'est le visage des quatre interprètes qui captait mon attention. Aussi, et cela, juste cela m'aurait satisfait et pourtant ! Des éléments externes et hors contrôle de la chorégraphe et de son équipe ont rehaussé le sens de l'oeuvre. D'abord, il y avait un ajout externe à la bande sonore qui enrichissait l'urgence du propos chorégraphique, soit ce "bip bip" fort audible et assez fréquent des véhicules de construction derrière. Aussi, celui du passage dans le ciel de deux avions à des moments cruciaux de l'oeuvre. Des coïncidences qui remettent en question la notion du hasard. 

Une oeuvre extérieure se situe dans un contexte particulier et durant cette présentation ce contexte ajoutait une couche narrative fort riche et signifiante. Mais le meilleur, je l'ai vécu après la représentation ! C'est en échangeant avec mes deux voisines de derrière. Elles étaient heureuses de partager leur interprétation de ce qu'elles avaient vu. Et, juste pour vous, je le partage ! Elles ont finalement vu une oeuvre sur nos réactions collectives face aux changements climatiques. Et moi, de leur exprimer mon admiration toute sincère sur leur perspective face à l'oeuvre et cela leur a fait plaisir.

À une représentation de danse contemporaine au propos abstrait, on retrouve les spectateurs habituels qui y trouvent leur plaisir, mais en cet après-midi d'août, j'ai encore une fois découvert que devant un public non-initié, l'oeuvre pouvait rejoindre aussi des néophytes. Comme, il m'arrive de le dire régulièrement, je prend de bonnes décisions avant pour en découvrir la raison après. Et cette sortie pour revoir cette oeuvre en est un bel exemple. Je n'ai qu'un souhait, c'est que le plus d’œuvres soient présentées à la vue du plus grand nombre pour qu'elles résonnent et éveillent les esprits. 


lundi 17 août 2020

Sur mes pas de spectateur-danseur avec la gang de "Ballet de ruelles" !

 L'amateur de danse que je suis reprend peu à peu ses expéditions vers de nouvelles propositions non virtuelles. Je retourne avec grand bonheur, avec toutes les mesures d'hygiène nécessaires à la rencontre de propositions chorégraphiques dont il réussit à prendre connaissance du moment et du lieu de présentation. Néanmoins, il est toujours un peu frustré lorsqu'il apprend, par après (évidemment !) qu'il a raté telle prestation, soit qu'elle n'était pas annoncée ou qu'elle l'était à la toute "dernière minute", lire ici dans les dernières vingt-quatre heures !

Voilà donc pourquoi à l'atelier de danse avec la compagnie Ballet de ruelles, dont la proposition-déambulatoire "Dôme" m'avait beaucoup plu (deux fois plutôt qu'une !), présenté par l'arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie sous le kiosque du Parc-Molson, tout près de "mon" Cinéma Beaubien, j'ai dit présent sans hésiter, lorsque annoncée. Même si, d'habitude, je préfère et de beaucoup ma posture de spectateur observateur, en retrait !

En ce lundi matin de rencontre lorsque je quitte la maison, le ciel menace de déverser son lot de H2O liquide. Et c'est ce qu'il fera, chemin faisant ! Mais le kiosque a un toit et nous serons "juste pas trop nombreux" avec notre masque, soit huit, pour pouvoir accompagner les quatre membres de cette compagnie (Sarah-Ève Grant, Nicolas Labelle, Lola O'Breham-Rondeau et Gabrielle Surprenant-Lacasse) dans une exploration du mouvement fort riche en enseignement. C'est donc avec un couvre visage que je participerai à cet atelier fort agréable pour les cinquante ans et plus !

Atelier sous le toit du kiosque, pendant que le parc autour reçoit une bonne ration d'eau que la verdure, elle, apprécie beaucoup ! Après les présentation d'usage des membres de la compagnie et des participants, le tout débute avec un réchauffement qui me permet de prendre conscience de mon corps. Ce même corps qui me permet de courir sur des parcours de plusieurs kilomètres sans que je n'en prenne conscience ! Il s'en suit une autre prise de conscience, celle de l'espace que j'occupe, de celui que je partage avec d'autres. Un peu plus tard, je devrai, sans le dire, "suivre" un autre personne et ensuite, "éviter" une autre. Tout en apparence simple, je réalise que dans cet espace, ce que l'on me demande n'est pas évident, compte-tenu que je dois rester à distance de toutes et tous, "because" la pandémie ! Je suis, mais jamais seul dans un espace public, à moi d'en prendre conscience ! Et pour cela, la gang de Ballet de ruelles, le message est bien reçu ! 

Il s'en suit le principal moment de cette rencontre. Celui qui nous permet, à tour de rôle, de proposer un mouvement. Je devrai être honnête ici, je me suis senti un peu, sinon pas mal nerveux de proposer un mouvement pour tous. Mais, le spectateur plonge et propose un mouvement proche de ceux qu'il fait lorsqu'il court. Et peu à peu les mouvements se présentent et je les apprivoise tout autant maladroitement qu'avec plaisir ! Le tout se construit et évolue sans le regard critique d'un chorégraphe, ouf, jusqu'au moment du déployé complet ! Déployé qui nous permet de prendre nos distances et d'y apporter notre touche personnelle. Et au final, nous pourrons prendre le mouvement qui a nous le plus touché et l'effectuer dans l'espace en tenant compte des autres tout autour. 

Au final, j'y ai retrouvé une belle démonstration du comme vivre en société, en s'exprimant en tenant compte des autres, à "écouter" les autres, et à pouvoir utiliser ce qu'ils me proposent et, pourquoi, prendre leur proposition pour qu'il devienne mienne ! En moins d'une heure, la compagnie Ballet de ruelles nous propose une douce et enrichissante leçon de vie !  Et cela, même à mon âge presque vénérable est toujours utile. D'autres appelleraient cela de la formation continue |

Sur mes pas en danse au Festival des Arts de Saint-Sauveur: "Promenade" pour apprivoiser une nouvelle réalité !

Mon plus récent et toujours attendu rendez-vous dominical virtuel avec le Festival des Arts de Saint-Sauveur m'a permis de découvrir encore une fois une oeuvre fort inspirée et tout aussi inspirante. Celle d'un homme (Crazy Smooth, interprète et chorégraphe en danse urbaine) qui doit apprivoiser une nouvelle réalité et moi, je vois ici, celle de la vie en temps de pandémie. 

Mais commençons par le début, à l'invitation de Guillaume Côté, le compositeur Marc Hyland et le chorégraphe Crazy Smooth élaborent une oeuvre, dont un des moteurs de création, selon le chorégraphe est de répondre à la question, "Comment tu réagis à la musique", métaphore à notre réaction possible aux événements. C'est donc avec les pas et les mouvements du chorégraphe et Simon Aldrich à la clarinette, mais aussi accompagnés de façon omniprésente par le son de cette eau qui s'écoule, tel le temps qui n'arrête jamais son court ! Il en est du cours du temps comme du cours de l'eau !

Ainsi donc, il y a cet homme qui court, d'une course effrénée sur le chemin conçu pour tous, tellement typique de notre rythme de vie et qui s'arrête brusquement. Il semble désemparé, là sur la grand route. Et puis, il prend la chance de sortir de cette routine effrénée pour sortir des sentiers battus. Et là débute, au son de la clarinette, qui illustre musicalement, le "sur place" loin de la "main street" ou "mainstream" routinière. Peu à peu, il apprivoise de nouveaux territoires sur cette bordure rocheuse tout à côté du cours d'eau fort volubile et actif. Je le vois réapprendre, pas à pas, une nouvelle façon de vivre sur un nouveau rythme. Pour ce faire, il fait et refait des pas sur ce nouveau territoire en parfaite synchronisation (élément fort remarquable de cette oeuvre !) avec la musique fort éloquente. Je le sens reprendre le contrôle de sa vie, en cela convaincu par son visage transfiguré à la finale.

De la danse urbaine en pleine forêt sur le bord d'un ruisseau au son de la clarinette, jamais, je n'aurais pensé que ces ingrédients mis ensemble auraient permis une oeuvre aussi porteuse de sens et qui me rejoigne autant et pourtant ! Voilà une "Promenade" qui mérite que l'on fasse et que l'on refasse, parole de spectateur !

jeudi 13 août 2020

Sur mes pas au cinéma: "A white, white day" (ou "Brumes d'Islande") qui nous amène loin, mais surtout différemment !

Mon besoin de me dépayser est grand et sortir de mon quartier, en temps de pandémie, ne suffit pas. Voilà donc pourquoi, cette proposition cinématographique était dans mon viseur. 

Me voilà donc en route jusqu'au Cinéma du Parc pour assister à l'unique projection quotidienne de "Brumes d'Islande" (ou " Hvitur, hvitur daqur" en islandais), sous-titrée en français du réalisateur Hlynur Palmason. Premier signe positif, le commis au comptoir, nous dit "bon choix" ! 

                                                         Tiré du site du Cinéma du Parc

Une fois bien assis dans la salle numéro 3 et les bandes-annonces prometteuses présentées, nous avons droit à un début d'histoire fort intrigant. Par la suite, question de nous faire lâcher prise, une suite sur différents tons ou éclairages. Rien pour annoncer ce qui suivra, mais nous sommes ailleurs, c'est clair !

Par la suite, nous découvrirons cet homme (Ingvar Sigurdsson fort intense et convaincant), veuf, père et grand-père, mais surtout policier dans un petit "bled" d'Islande en congé de maladie suite à la mort de sa femme. La côté est longue à remonter pour reprendre une vie presque normale. Et cela, malgré la présence fort importante de sa petite fille (Ida Mekkin Hlynsdottir, magnifique !) dont il doit souvent s'occuper et qui sera présente à des moments clés des événements.

"Un film revêche, mais impressionnant" que j'avais lu dans une des critiques et au final, je suis tout à fait d'accord. Cette histoire est magnifiquement présentée d'une façon particulière dans un environnement particulier, mais surtout très différent du mien. Mes repères ont été enlevés et cela m'a fait grand bien.

Comme nos amis français l'on traduit, "Un jour si blanc" s'avère une oeuvre qui recèle des aspects surprenants, flous, mais surtout intéressants.


dimanche 9 août 2020

Sur mes pas en danse au Festival des Arts de Saint-Sauveur: "Défier l'absence" droit vers le ciel !

 Les habitudes se prennent rapidement, voilà donc pourquoi, dès que j'ai pu, j'ai ouvert mon courriel en ce début de journée dominicale pour découvrir la plus récente proposition du Festival des Arts de Saint-Sauveur. Au programme, une de mes chorégraphes préférées, Virginie Brunelle. Pour l'occasion, elle fait équipe avec le compositeur et violoniste iranien, Roozbeh Tabandeh pour nous proposer un solo chorégraphique, une première pour elle ? 


Ainsi donc Sophie Breton aux mouvements et Marcelle Mallette au violon se "rencontrent" dans une plantation de pins (ou une pinède), environnement forestier organisé en milieu naturel. Ce qui frappe dès les premières images (magnifiques prises de vue), c'est de voir ces longs troncs séparés (symbole de la distanciation physique de cette époque de pandémie) qui tout en haut (dans un avenir tout proche, peut-on espérer) ont des branches qui tendent les unes vers les autres. Cette entrée en la matière en contre plongée au son du violon met la table à ce qui suivra ! Il y a elle qui se détourne pour aller vivre sa vie toute seule. Elle ira de tronc d'arbre en tronc d'arbre, toute seule entre ces solitudes forestières. Nous pourrons ressentir la gamme d'émotions qui l'habite et qu'elle exprime par sa gestuelle, appuyée par le son du violon. Le moment fort de cette oeuvre est, pour moi, cette course qui sera selon notre perspective, colorée d'espoir ou de désespoir entre ces arbres bien alignés. Mais, comment rester insensible à la finale qui ouvre des horizons d'espoir, fort important en ces temps incertains. 

Si je suis un de ceux qui préfèrent nettement les performances chorégraphique "live/", les propositions du Festival des Arts de Saint-Sauveur, dont celle-ci, amènent une perspective toute proche et différente de l'oeuvre. Le cheminement de cette femme pourrait être aussi bien le mien que le vôtre, voilà donc pourquoi, vous aussi devriez aller la découvrir !  

samedi 8 août 2020

Sur mes pas en danse: De retour en vrai avec "Ground" et que c'est plaisant !

 Il y a eu la longue traversée du désert pour l'amateur de danse contemporaine que je suis et qui veut voir cela en personne. Depuis quelques temps, découvrir une proposition chorégraphique "live" est devenue possible, mais les oeuvres ne sont pas pas annoncées et il faut être au bon endroit et au bon moment, aussi bien dire mission impossible pour moi ! Mais le "ciel" est devenu plus clément et c'est une journée à l'avance que j'ai pris connaissance d'une proposition fort intéressante et mon agenda le permettait ! 

J'étais donc invité, vingt-quatre heures à l'avance, à aller redécouvrir "Ground" de Caroline Laurin-Beaucage au Parc des Faubourgs, tout à côté du pont Jacques-Cartier. J'avais découvert et bien apprécié le sens et l'interprétation de cette oeuvre pour cinq interprètes et cinq trampolines, il y a presque deux ans à l'Agora de la Danse. Cette fois, elle serait présentée à l'extérieur par un temps estival sous l'éclairage fort présent du soleil avec quatre interprètes.

                             Photo de la chorégraphe tirée du site de l'Agora de la Danse 

 Arrivé, un peu à l'avance, je cherche le lieu de prestation dans ce parc tout en longueur, mais vite je découvre au loin les quatre trampolines bleus qui deviennent l'objectif de ma marche. Déjà présents, les interprètes et la chorégraphe que je suis tellement heureux de revoir et saluer. Je sens rapidement à mon arrivée, malgré leur concentration d'avant prestation, que les artisans sont libérés et sont surtout heureux de pouvoir s'exprimer. Arrivé un peu à l'avance, j'assiste aux préparatifs et le spectateur que je suis est tellement heureux. Chacun son tour, les quatre interprètes (Kimberley De Jong, Brianna Lombardo, Louis-Elyan Martin et David Rancourt) endossent leur costume (pantalon orange et chandail gris). Se joindront à moi, un public, composé du milieu de la danse, des passants et aussi des jeunes de camp de jour, un public fort hétéroclite, quoi ! Et une fois les avertissements d'hygiène une xième fois répétés, la représentation commence. 

Je dois l'avouer, mon attention, de ma place un plus éloignée que souhaitée mais à l'ombre, sera un peu interférée par ce qui se passe tout autour. Mais le plaisir de revoir en personne une performance chorégraphique est très grand. Donc devant moi, se retrouve les quatre interprètes sur leur trampoline qui pendant un peu plus de trente minutes me présentent une oeuvre qui prend pour moi, un tout autre sens, compte-tenu de cette époque de pandémie et de confinement.

Ces quatre personnes sur leur trampoline reprennent vie et se mettent à flotter sur un magma métaphorique d'espoir et de frustration, pendant que tout autour, la vie continue ( les véhicules vont vers ou viennent du Pont Jacques-Cartier et que les véhicules d'urgence se font fort expressifs ). Une métaphore fort éloquente qui illustre de façon fort éloquente que la danse peut et doit exister, malgré ce qui peut se passer dans nos vies. Et moi, mes yeux et mon attention passent de ces quatre interprètes aux événements tout autour ! Les humeurs humaines, je les voient devant moi, interprétés différemment. L'urgence d'agir, les frustrations, les pulsions de réagir en ce temps de pandémie sont là devant moi, tandis que la vie continue tout autour. Il arrive que je m'y retrouve dans ces gestes que je redécouvre sous un jour nouveau. Même si assis par terre, assez loin (selon mes critères), le sens de l'oeuvre de Caroline Laurin-Beaucage me touche et me fait grand bien. 

C'était il a cinq mois, autant dire une éternité, que j'avais assisté à une oeuvre chorégraphique en direct et j'ai redécouvert en ce jeudi après-midi le plaisir d'assister en personne à une représentation de danse. Merci à l'arrondissement Ville-Marie de cette opportunité. Et, de grâce, diffuseurs, informez moi de vos propositions. Je souhaite que ma traversée du désert s'achève !

mardi 4 août 2020

Sur mes pas au cinéma: "Un divan à Tunis", une comédie réussie sur des sujets sérieux

Allez savoir, mais il y avait dans l'affiche de "Un divan à Tunis" (de Manele Labidi), un je ne sais trop quoi qui m'attirait. Voilà donc pourquoi, je me suis mis en route, par autobus et métro (métro que je prenais pour une première fois depuis le début de la pandémie !), en ce mardi après-midi jusqu'au Cinéma du Musée pour découvrir les raisons de mon intérêt, très intuitif, je dois l'avouer ! 

                                      IMAGE DE EYESTEELFILMS tirée du site de La presse

Bien installé dans mon siège réservé, l'histoire débute. Ça sera celle d'une jeune femme tunisienne (interprétée de façon fort convaincante par Golshifteh Farahani) qui revient dans son pays. Alors que bon nombre de ces concitoyens et concitoyennes espèrent quitter vers d'autres cieux, elle, fait le chemin inverse en quittant la France, avec son diplôme de psychanalyste, pour revenir pratiquer parmi les siens. Elle a de beaux projets nobles, mais évidemment rien n'est simple, là comme ici, serais-je tenté d'ajouter. Les besoins sont grands, mais les embûches le sont tout autant ! 

Les travers de la société tunisienne, dont certains sont fort universels, contrarient ses aspirations à aider les autres, mais elle maintient le cap, pendant que nous, la suivons avec plaisir. Peut-être pas une grande oeuvre, mais une comédie bien réussie sur des sujets sérieux par cette réalisatrice franco-tunisienne qui nous propose son premier long métrage.

Il y avait aussi un sentiment de nostalgie face à cette oeuvre. Et après une petite recherche, j'ai trouvé ! Cette actrice, je l'avais déjà vu dans certains films dont dans, "My Sweet Pepper Land" de Hiner Saleem (en 2014) que j'avais vu dans une salle du cinéma Ex-Centris. Durant ce film, j'avais fait la "rencontre" d'un instrument de musique pour lequel j'avais eu un coup de foudre, soit le hang ou le hand pan. Instrument de musique que le personnage principal, incarné par Golshifteh Farahani jouait et qui m'avait subjugué. Depuis, j'ai pu satisfaire ma soif par des CDs et des concerts live !

 

lundi 3 août 2020

Sur mes pas au Festival des Arts de Saint-Sauveur: Un programme double air-eau contrasté

Question de circonstances, c'est à la suite que j'ai visionné les deux plus récentes propositions du Festival des Arts de Saint-Sauveur. Et je l'ai fait deux fois plutôt qu'une compte-tenu de la complémentarité des univers proposés ! D'abord, "Solitude" de la chorégraphe interprète Margie Gillis, de la compositrice Marie-Pierre Brasset et Elvira Misbakhova au violon alto qui mise sur l'eau comme pivot créateur. Ensuite, "Le vol de l'épervier" de la chorégraphe interprète Vanesa G.R. Montoya, du compositeur François-Hugues Leclair et Mélanie Harel au cor anglais.



Toujours intéressant, même avec un petit écran de découvrir et apprécier une performance de cette grande dame qu'est Margie Gillis. Et si à ces deux interprètes, nous ajoutons le facteur aqueux, soit ce petit lac ou ce ruisseau, il y a là tous les ingrédients pour nous faire ressentir les émotions de ce qui peut unir ou séparer. Cette femme est à la recherche, mais malgré ses gestes la rencontre n'arrivera pas. Et son visage tout expressif, comme pour ses gestes, nous le fait bien ressentir. Pour moi, même au troisième visionnement, les émotions étaient encore présentes. J'ai suivi, pas à pas, cette histoire de rapprochement d'étang en ruisseau avec la musicienne pour ensuite se transformer en éloignement jusqu'à la finale fort interpellante. Impossible pour moi de ne pas mentionner l'engagement de cette grande dame de la danse contemporaine qui a "plongé" au propre comme au figuré dans cette oeuvre !

Après l'utilisation de l'eau comme thème d'unification de la création, "Le vol de l'épervier" prenait appui sur l'air pour nous présenter un autre aspect de la solitude, celle que l'on veut, comme Icare fuir par la voie des airs. Chacune sur leur plate-forme, à distance, la musicienne et la danseuse établissent leur relation. Cette jeune femme qui veut fuir sa solitude portée par les ondes musicales, tel un épervier, avec des moments de silence et de "vol plané", nous en suivons chacun des mouvements. Et à l'inverse de la première oeuvre de ce texte, on sent de l'optimiste dans la finale !

Décidément, le Camp YMCA Kanawana de Saint-Sauveur recèle plein d'endroits différents qui permettent une diversité de propositions fort riches en symboles. Et si vous m'avez lu jusqu'ici, vous devriez vous y plonger ou vous envoler dans ces propositions courtes mais si riches.

jeudi 23 juillet 2020

Retour sur mes pas "immobiles devant mon écran"; "Midland" de Kim-Sanh Châu, allégorie des corps émetteurs, récepteurs.

La pandémie, je ne vous l'apprend pas (!), perturbe le cours des événements et la 2e édition de FURIES – festival de danse contemporaine à Marsoui n'y échappe pas. Les responsables de ce festival, tout au loin de chez moi, Priscilla Guy et Sébastien Provencher, plutôt que de tout simplement "fermer boutique" pour cette année, nous invite à une rencontre via une plate-forme virtuelle. Pour l'occasion, une rencontre avec celle qui aurait dû présenter sa plus récente création de Kim-Sanh Châu, le court-métrage "Midland" (Les ondes dormantes). Il a été en partie tourné dans la région de Marsoui et devait être présenté en ouverture du Festival. Très égoïstement, c'est un bien pour un mal pour moi, puisque, Marsoui, c'est assez loin de chez moi qui ne va jamais très loin de Montréal, soit 743 kilomètres ! 


Au programme, échange entre Priscilla Guy et la réalisatrice, suivi d'une période de questions/commentaires des participants. Comme il était possible de visionner le court-métrage avant cette rencontre, je l'ai fait quelques fois, question de mieux me préparer ! Et ce fût une très bonne idée. Parce que, tout riche en symboles, le sens quelques éléments de ce court métrage échappaient à ma compréhension. Il y a, tout au long de l'oeuvre, quelques aspects qui m'avaient frappé, d'abord l'encrage des coupoles et de ces femmes ( la réalisatrice et Louise Michel Jackson) dans la nature, symboles de réception et d'émission. Aussi, malgré la petitesse de mon écran d'ordinateur, cette sensation "d'être dans le paysage", en symbiose avec l'intention de la créatrice qui voulait entrer dans le paysage. (Note à moi-même: surveiller une prochaine projection sur grand écran pour mieux le ressentir).

La visionnement réserve quelques surprises que je ne révélerai pas ici, mais qui une fois expliquées s'intègrent bien dans le cheminement proposé. Il en reste que les différents tableaux et le sombre qui les enrobe s'avèrent captivants, parce que le sens parfois demande un certain temps à éclore. Dans ces moments de début de jour et de fin aussi, notre imagination peut jouer un rôle supplémentaire dans la réception de cette proposition qui nous invite à imaginer une histoire avant et après les images proposées. 

De cet échange aussi, j'en retiens que je devrai explorer le "Réalisme Spéculatif" et la perspective du philosophe Timothy Morton (et de la notion des "hyperobjets") qui a inspiré la réalisatrice. De ma courte exploration de ce sujet, j'en retiens qu'il faut que l'être humain lâche prise sur sa compréhension de ce qui l'entoure, difficile lâcher-prise pour le scientifique que je suis. C'est exactement, ce que j'ai ressenti quelques fois durant le visionnement. Comme le moment où cette femme à peine éclairée évolue tout lentement, sans point de repère dans un lieu tout sombre!

Une oeuvre exploratoire qui ouvre notre intelligence et nos sens à de nouveaux territoires. Une proposition en partie créée dans une résidence de recherche à Marsoui, dans des conditions pas toujours faciles, volontairement (soit très tôt à l'aube pour profiter d'un éclairage naturel voulu) ou involontairement (les moustiques et le froid gaspésien de début octobre), l'intention émerge et d'autant plus une fois des "clés" présentés. 

mardi 21 juillet 2020

Sur mes pas au cinéma: Qui "Perdrix", ne risque pas de perdre et pleurer !

Nous en étions à une troisième sortie à "notre" Cinéma Beaubien. C'est mardi soir et dehors, l'été se fait doux et accueillant. À preuve, il y a plein d'activités, "sages et distantes", pandémie oblige, dans le parc Molson. Mais nous, nous ne faisons que passer pour nous rendre aller à la rencontre de "Perdrix" du réalisateur Erwan Le Duc. Nos places déjà réservées, situées au fond de la petite salle 4 au deuxième étage. En ce mardi soir, le hall d'entrée est désert, excepté le personnel fort accueillant.

                                         Image fournie par Fun Film, tirée du site de La Presse

(Pause éditorial: la faible affluence, fort compréhensible cependant, me fait craindre pour l'avenir de ce lieu fort important et essentiel pour nous. Mais, je viens voir une comédie, donc mettons de côté ces idées négatives !)

Une dizaine de minutes avant le début de la présentation, nous montons au deuxième étage et nous trouvons nos places réservées dans cette salle dont nous sommes les premiers à prendre place.
Une fois les consignes transmises par l'employée, deux autres cinéphiles se joindront à nous pour la suite. Anecdotique, mais certaines bandes annonces précédant notre film, indiquent des dates de sorties pour les mois de mars et d'avril ! Des oeuvres qui comme nous ont subi le confinement !

Et puis, débute avec la voix feutrée de Fanny Ardant qui anime une émission de radio et dont les propos portent sur l'amour, non, sur le grand amour! Nous découvrirons ensuite ce qui arrive à une jeune femme (sublime Maud Wyler !) qui en toute insouciance, laisse sur le bord du chemin son automobile, la porte ouverte et les clés dans le démarreur. La suite est prévisible, mais celle par qui cela arrive étant totalement nue, donne le ton surprenant à cette comédie "amoureuse", terme plus approprié que romantique selon moi. Comédie avec des aspects tout aussi absurdes que déjantés.

On pourra ou pas accepter ce que l'on nous propose qui est bien décrit par l'extrait d'une critique de la revue Voilà, "Une fantaisie romantique et déroutante, au charme fou, entre tendresse et burlesque.". Pour moi, en ce mardi de juillet dans un monde plus tout à fait ordinaire, aux réalités déroutantes, j'ai été captivé, amusé et aussi j'ai ri ! Et cela pour moi, ça n'a pas de prix ! Maud Wyler et Swann Arlaud, investissent très bien leurs rôles de jeunes amoureux en devenir, avec tout autour d'eux, différents personnages tout aussi désarçonnant ! 

De mes trois premières sorties cinéma, deux des oeuvres, celle-ci et "C'est ça le paradis ?" étaient fortement colorés d'éléments absurdes, comme si le destin avait prévu leurs moments de présentation !

dimanche 19 juillet 2020

Sur mes pas en danse: Au Festival des Arts de Saint-Sauveur pour une troisième fois !

Pour moi, l'amateur de danse contemporaine, jamais je me suis aventuré loin de Montréal. Donc, Saint-Sauveur, "niet", jamais été. Pandémie "oblige", le Festival se fait virtuel et moi casanier. Deux conditions involontaires qui ont favorisé notre rencontre. En ce dimanche 19 juillet, cela été notre troisième rencontre avec Eva Kolarova (chorégraphe et interprète) et Maggie Ayotte (compositrice) et Louis-Philippe Marsolais (interprète de cor), rencontre appréciée et surtout fort marquante pour moi. Et voici pourquoi !



De ces solitudes partagées, il y a un aspect qui me touche particulièrement dans cette oeuvre, c'est celui de la chaise. La chaise ici, comme symbole de notre confinement, mais aussi, comme cristallite pour s'exprimer ! Et, de ce principe créateur de la chorégraphe, je l'ai retrouvé fort bien exploité durant la prestation. Cette femme est assise et s'en éloigne peu. Pourtant ses gestes, fort éloquents, démontrent une certaine affirmation, sinon une affirmation certaine! Ils captivent aussi, au son du cour,tout à côté. Arrive le moment que la chaise se libère et que le musicien y prenne place ! Mais comme il arrive dans la vie, la situation change et "l'envol" se produit ! Quelle belle prise d'images pour cette finale !

Une oeuvre fort bien imaginée, très bien interprétée qui propose au spectateur que je suis, une trame narrative qui le rejoint dans son vécu de confiné avec ma chaise, comme pivot d'existence !

lundi 13 juillet 2020

Sur mes pas en danse: Retour sur ma deuxième fois à "Une solitude partagée"

Comme c'est devenu pour moi, une tradition, j'attends la prochaine oeuvre de l'édition "confinée" (et à distance), "Une solitude partagée" du Festival des arts de Saint-Sauveur. Et je la regarde une première fois et quelques autres fois par la suite. Cette semaine, j'ai eu droit à une collaboration de la chorégraphe et interprète, Anne Plamondon, de la compositrice Cléo Palacio-Quintin et du musicien Patrice Richer (au trombone). Après une introduction fort utile pour mieux comprendre l'oeuvre à venir, nous sommes amenés sur une scène verte en pleine forêt, où se retrouve seule la danseuse. La suite nous montre une relation à distance dictée par la musique sur les gestes de l'interprète.



Il y a d'abord l'éveil par des mouvements du haut du corps et ensuite les déplacements se modulent au rythme de ce trombone tout au loin. Et puis, suite à des mouvements dont j'étais bien curieux de découvrir où il m'amènerait, j'ai eu droit à une fin tout à fait réussi. Pas question d'en dire plus sur la conclusion de l'oeuvre.

Cependant je veux en dire plus sur les aspects qui m'ont particulièrement plus, suite à quelques visionnements. Même si j'apprécie beaucoup plus les prestations "live", la possibilité de voir de proche les mouvements d'Anne Plamondon, m'a permis de mieux les apprécier. Un autre aspect qui m'a particulièrement plus est le contraste du "vert" environnant (nous sommes dans une forêt, je vous rappelle !) et du costume "rouge" de l'interprète, surtout lorsque la prise de vue ne prenait que le haut du corps (sans la scène) avec en arrière plan les arbres. De la même façon, les mouvements colorés "urbains", rappelant les origines artistiques de l'interprète en pleine nature ajoutaient au contraste et rehaussaient l'oeuvre. Si au premier visionnement, l'oeuvre me semblait très abstraite, peu à peu, grâce surtout à la synchronisation parfaite de la musique (exigeante comme annoncée par la compositrice et bien rendue par le musicien), je me suis mis à me faire une "histoire", celle de l'appel de la nature. Et quand cette histoire me vient, j'en suis fort heureux !

Je me promets de revoir quelques fois cette oeuvre pour tenter d'en redécouvrir d'autres couches narratives, peu importe qu'elles soient prévues par les créateurs ou non. Voilà un des grands plaisirs de la danse contemporaine. Je vous propose fortement d'aller la découvrir aussi. Voilà l'adresse du site: https://festivaldesarts.ca/

vendredi 10 juillet 2020

Sur mes pas au cinéma: "It must be heaven" pour retourner en salle !

Pour moi qui apprécie bien les oeuvres cinématographiques, les dernières semaines ont été assez calmes. Il y a bien eu quelques propositions en "VSD" qui m'ont plu, mais c'est tellement mieux sur grand écran. D'autant plus que les propositions de films étrangers qui attiraient mon attention et mon intérêt étaient peu nombreuses.

C'est avec grand plaisir que j'ai appris que mon retour en salle était venu. Et il est arrivé en ce jeudi soir caniculaire. Une fois examiné attentivement les propositions de "mon" Cinéma Beaubien, le choix s'est porté sur "It must be heaven" du réalisateur et acteur palestinien Elia Suleiman. C'est dans une salle à guichet fermé "en temps de pandémie", soit presque vide, que nous avons pris place. Nous étions donc les seuls à prendre place dans la rangée E de la salle 3.

                                                             Tiré du site de Cinoche

Déjà le titre"It must be heaven" ou "C'est ça le paradis" dans sa traduction française, annonçait une perspective personnelle du réalisateur, confirmé par entrevue, " Le récit se tisse par un montage subliminal, des scènes s’articulant autour de mouvements chorégraphiques ; un burlesque tiré de l’univers de l’absurde ; des images ouvrant à la poésie du silence qui est au coeur du langage cinématographique".

Et ce récit est celui d'un homme qui part de sa Palestine pour aller d'abord à Paris, ensuite à New York et enfin à Montréal, avant de revenir chez lui, constatant que les scènes de vie quotidienne avec leurs aspects absurdes n'avaient pas de frontières. Mais ce qui frappe tout au long des différentes scènes est l'apparence stoïque du personnage face des épisodes de vie particulières et parfois surprenantes montrées à grands traits. La scène des utilisateurs de chaises autour d'un lac urbain révèlent beaucoup sur notre nature collective.

Le rythme est rapide grâce aux différents épisodes qui ont souvent du punch, toujours un côté fantaisiste et qui transpirent toujours de la vérité. Et enfin, c'est surprenant et très plaisant de découvrir les traits caractéristiques de notre ville.

Avec ce film, ne cherchez pas de l'action, mais plutôt une perspective très personnelle d'un  réalisateur qui saura rester stoïque face à ces observations. Et moi, ce film m'a fait rire souvent.

mardi 7 juillet 2020

Sur mes pas en danse: Marie Chouinard en deux parties sur mon écran

La première vague de la pandémie est passée, le ressac est à craindre, mais devant mon écran d'ordinateur, je reprends un peu plus mon souffle de spectateur. Depuis "ma" dernière fois en salle, la danse est "venue" à moi, par l'intermédiaire de mon écran. La présence en direct me manque, mais certaines propositions réussissent à me "rejoindre". Parmi celles là, les deux plus récentes oeuvres de Marie Chouinard. "JARDIN DE SCULPTURES ÉPHÉMÈRES- ACTE 1", présenté par et sur le site du Musée d'art contemporain de Montréal et "Sur la lame" dans le cadre du Festival "Une solitude partagée" organisé par le Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS). Deux propositions fort différentes qui portent fort clairement la signature de la chorégraphe.

"JARDIN DE SCULPTURES ÉPHÉMÈRES- ACTE 1" nous est proposé dans un espace tout blanc dans lequel évolue deux femmes (Motrya Kozbur et Clémentine Schindler). Elles "feront corps" avec ce bloc de bois déjà présent ou un des quatre autres qu'elles apportent dans l'espace de prestation. Sur la musique de Louis Dufort, nous voyons évoluer les deux femmes qui se déplacent lentement, prenant ces blocs de bois, comme socle pour créer des "sculptures éphémères"! Et de l'ombre d'où elles sont venues, elles retournent une vingtaine de minutes plus tard. L'esthétique est réussie et me captive. Je dois l'avouer, la "communion" avec l'oeuvre aurait été encore plus réussie, si j'avais été là devant elles. 



Quelques jours plus tard, nous avions droit à la première proposition de "Une solitude partagée" (quelle belle proposition de titre !) du FASS. D'un espace intérieur tout pâle, nous sommes amenés sur les pas d'une femme (Valeria Galluccio) dans un boisé de saint-Sauveur (Camp YMCA Kanawana), portée par le son des percussions d'Alexandre Lavoie de l'Orchestre Métropolitain qui interprète la musique de Louis Dufort. 



Après la rencontre des artisans dans une sorte de "making off", nous découvrons cette femme qui marche sur une route d'asphalte avec des pointes. Et puis arrive la musique, cet appel à sortir des sentiers battus ou à répondre à cet appel de la nature. Nous en découvrirons différentes étapes. D'abord, l'exploration, le contact avec la matière ligneuse, qu'est le bois, durant lequel je ressens bien, moi aussi le contact. Il en résulte une transformation qui se développe en affirmation du lieu. Le chemin se poursuit avec un tableau tellement "Marie Chouinard" dans lequel cette femme, long bâton de pellerin à la main et pointe au pieds, semble prendre son envol et trouver sa base, qui ici est un tronc d'arbre. Et elle poursuit sa route pour découvrir la source de son appel et nous montrer un sentiment de joie fort communicatif.

Une oeuvre d'environ cinq minutes, toute intense, avec une trame narrative pour moi fort claire et qui m'a particulièrement plu. Et pour cette proposition, je dois en convenir, grâce la caméra de Jean-Sébastien Giroux et la prise de son de Simon Bellefeuille et Paskal Perreault. je m'y suis senti tout près.

Une première proposition qui en appellera d'autres, promis ! Comment hésiter avec des noms comme Virginie Brunelle, Daina Ashbee et Margie Gillis. Le Festival en présentera dix oeuvres au total.

mercredi 10 juin 2020

Mots du spectateur nostalgique: "Voir" à qui je dis au revoir et merci !

Ainsi donc, j'apprenais récemment que "Voir" allait cesser ses activités. Je le concède, depuis quelques années, je le consultais de façon irrégulière, mais sa fermeture me laisse un goût de nostalgie à la bouche. Je veux donc revenir sur mon histoire avec ce média qui m'a permis de devenir l'amateur de culture que je suis maintenant.


Ma "relation" avec lui débute, il y a une vingtaine d'années. De ma visite hebdomadaire à ma bibliothèque municipale, j'en revenais à l'époque avec une copie des quatre hebdomadaires culturels, le "Ici", le "Mirror", sous un de mes bras et sous l'autre le "Hour" et mon préféré, le "Voir". À l'époque, je ne faisais que du lèche vitrine parce que je consommais peu parce que être père ça occupe autrement. Mais je lisais et peu à peu, le goût est venu et du temps pour le satisfaire.

Et puis est arrivé la "grande époque" en 2003 ! Celle durant laquelle il était possible de proposer un commentaire sur un article, de recevoir une note de une ou deux ou trois étoiles et d'être publié sur le site internet de l'hebdomadaire. Nous pouvions gagner des "jetons" et aussi de recevoir des votes par les autres membres. Il y avait même un classement ! Ces jetons nous permettaient de participer à des enchères. Si nous étions parmi ceux qui avaient misé assez haut, nous gagnions ! Mon premier prix, un laisser passez double pour le film "Choses secrètes" qui était projeté au Beaubien. Par la suite, j'ai poursuivi la rédaction de textes, assez pour remporter un deuxième prix quelques mois plus tard et pas n'importe quel ! Un prix qui allait modifier mon parcours de spectateur. "Pour 229 jetons", j'ai gagné deux billets pour aller découvrir un spectacle de danse à l'Usine C, soit "Document 3" de Lynda Gaudreau lors de la dernière édition du Festival FIND. Je me souviens encore de cette "rencontre" qui amalgamait la danse et la technologie. Le déplacement des interprètes créait sur les costumes des interprètes des sons qui étaient amplifiés pour nous être projetés par les haut-parleurs. Cette rencontre a tout eu du coup de foudre et cela grâce à Voir. Si le festival a cessé ses activités, mon intérêt pour la danse, lui commençait.

Je suis devenu un fidèle de cet hebdo culturel, lisant avec intérêt les spécialistes culturels et les chroniqueurs. Parmi ceux-ci, Fabienne Cabado dont la prose m'amenait à aller à la découverte de ses propositions danse et "tant qu'à y être", de rédiger un texte par la suite ! Il y a eu aussi Benoit Jutras qui savait s'y prendre avec moi pour m'amener à apprivoiser la poésie et à en lire, même dans les transports en commun. Manon Dumais, aussi qui éclairait mon chemin vers des propositions du septième art. La liste pourrait être longue, mais avant d'aller plus loin, je m'en voudrais de ne pas mentionner le bon travail de Tristan Malavoy, comme chroniqueur littéraire et rédacteur en chef.

Que de bons souvenirs de cette époque ! J'ai fait plein de découvertes culturelles grâce aux textes que j'écrivais, dont un abonnement annuel à Danse-Cité et un autre à l'Usine C. À ces deux diffuseur, je suis encore, plus de dix ans plus tard, un fidèle abonné.

Cerise sur la gâteau, fort bon et riche, j'ai même eu le privilège de voir dans la copie papier un extrait de mes textes, 10 fois en deux ans !!!

Et puis, est arrivé le grand changement, en 2007 ! Les textes des lecteurs passaient sur un autre site et leur visibilité a nettement diminué. Les prix étaient encore présents, mais les textes des lecteurs étaient moins présents. La transition a été difficile, mais les changements étaient compréhensibles. Comment réussir à lire et à valider les nombreux textes qui arrivaient chaque jour ? Cependant, de mon côté, le spectateur avait pris son envol et explorait avec curiosité et grand plaisir les lieux culturels de toute nature, mais surtout ceux de danse.

Et puis, arriva le jour ! Plus du tout de place sur les plateformes du Voir et moi, qui voulait continuer à écrire, je suis laissé en plan ? Les adieux ont été secs, mais en est ainsi souvent la vie. Depuis, je suis devenu plus autonome, mon blogue a pris le relais. Je me suis aussi quelque peu détaché de cette publication.

Il en reste que sans Voir, je ne serais pas devenu le grand amateur de culture et fanatique de danse que je suis devenu aujourd'hui. Grâce à leurs textes et mes billets gagnés, j'ai fait des découvertes que je n'aurais fait par moi-même. Par exemple, c'est grâce à Christian Saint-Pierre que j'ai appris l'existence du "Wildside Festival" qui se déroule en tout début d'année au Centaur Theater. Et à ce festival, j'y retourne depuis ce temps à chaque année ou presque !

Bon, toute bonne chose à une fin, comme le dit l'expression populaire ! Il en reste que c'est avec un léger pincement au coeur que j'ai appris sa fort probable disparition. Et comme le mentionnait la chroniqueuse politique Josée Legault, elle-même chroniqueuse politique au Voir de 2007 à 2012), "Mon Voir, même transformé de fond en comble depuis, tu me manqueras".


dimanche 31 mai 2020

Sur mes pas de spectateur confiné: Mon retour sur le OFFTA et "son "Prologue" !

La proposition était audacieuse, mais j'ai dit "présent" pour cette édition du OFFTA, en festival déconfiné ! J'avais identifié dans le programme des propositions prometteuses et des noms aussi que je connaissais. Au final, je l'avoue (!), j'ai butiné, mais pour l'abeille-spectateur que je suis sans téléphone portable, certaines propositions étaient inaccessibles. Néanmoins, je voudrais revenir sur une proposition qui malgré que je l'ai vu sur mon écran d'ordino (toujours trop petit), m'a particulièrement touchée. Est-il possible de ressentir les émotions malgré la distance dans mon îlot de confinement ? Oui et je l'ai ressenti plusieurs fois durant le visionnement des neufs vidéos de Mani Soleymanlou et de la Jeune Troupe du Quat’Sous (Compagnie Orange noyée). Si vous les avez vu, vous me comprenez, mais si non, je me propose de tenter de vous en transmettre un aperçu. Aperçu, j'en conviens, qui ne vous permettra pas de bien d'en saisir toute la portée, mais quand même !




Ainsi donc, "Prologue" est composé d'une série de neuf courts vidéos qui nous étaient proposés par série de deux, sauf évidemment le premier (Prologue#0), tout à fait déjanté (et amusant) sur l'esplanade toute vide du Stade Olympique qui annonce la suite. Comme cette année tout est annulé, on nous annonce que c'est une proposition réinventée ! 

Huit propositions dans des lieux différents, certains tout proches de chez moi, comme le Parc Beaubien et des ruelles montréalaises, un autre, "un peu plus" loin à Pointe au Père, à côté du sous-marin Onondaga. Le plus souvent, les spectateurs sont accueillis (à distance) par un homme masqué qui les invite à prendre place, à fermer leur cellulaire et à déballer leur bonbon avant le début de la représentation qui dure de 3 à 5 minutes. Chaque représentation sauf une, la dernière, se fait devant deux "entité de spectateurs" qui ne se côtoient pas et "à distance sécuritaire. Des spectateurs uniques, des amis et aussi des familles composent l'audience chanceuse et privilégiée ! 


Il y aura "La lettre d'Orphée à Eurydice (par Jean-Christophe Leblanc), "Le voyage" (par Stephie Mazunya), "Rapunzel" (par Anaïs Cadorette Bonin), "Antonio" (par Marc-André-Trépanier), "Balade d'un inconnu amusé" (par Peter Meltev), "Juste parce j'peux" (par Alexandra Gagné), "Elles ont fait l'Amérique" (par Célia Laguitton) et enfin "Stories from la pandémie" (par Chloe Giddings). 


Chacune me proposait de bons moments et je l'avoue, j'aurais aimé faire partie du public en présence pour ressentir pleinement la qualité des moments. Il en reste qu'au final, je les toutes appréciées,mais je m'en voudrais de ne pas vous présenter mon top 3. D'abord "Le voyage" (texte de Stephie Mazunya) qui avec une douceur fort efficace, me rappelle que le voyage peut être une évasion vers l'espoir. Et qu'il en tient à nous pour qu'il ne soit pas décevant ! 


Ensuite, "Elles ont fait l'Amérique", fort bien construit en trois temps. D'abord, la narratrice nous présente l'arrivée de Marie Brazeau au début de la colonie (en 1681) après une longue et difficile traversée en bateau. Ça se poursuit par l'arrivée en nos terres de la narratrice avec sa famille et ses espoirs (Célia Laguitton) par avion, cette fois. Et le tout se termine par une perspective optimiste, "les épreuves, vous les avez surmonté, nous aussi on les surmontera". 


Enfin, assis sur le banc du Grand Antonio, une spectatrice et son chien et un spectateur (dont le prénom, coïncidence (!)  est Robert, écoutent avec sourire, attention et émotions exprimées le texte de Marc-André Trépanier, lu par lui-même sur cet homme, légende montréalaise de mon époque ! Il a su me toucher, mais le plus fort a été de voir la réaction de "mon" Robert par procuration qui à la toute fin semble fort touché et qui met sa main avec respect la plaque sur ce banc public. Merci Robert de l'avoir fait pour moi !


Une mention spéciale pour "Stories from la pandémie" et la réaction des deux hommes à la toute fin ! Ouf !


Je m'en voudrais de ne pas mentionner le travail de l'équipe de production qui a su saisir l'émotion du moment, mais aussi la vie humaine, animale et végétale qui se passait autour. Je suis un spectateur qui apprécie la présence, mais tout au long de ces œuvres devant mon écran, le courant a passé !


Je me promets en ce 31 mai à venir à compléter, en ce 32 mai, mon tour des propositions !



lundi 20 avril 2020

Sur mes pas de spectateur: Mes réflexions en ces temps durant lesquels mes pas font du sur place.

C'était, il y a environ un mois  que je découvrais en personne ma dernière proposition danse. Autant dire, c'était il y a une éternité, le temps est une notion toute relative ! Depuis, à part sortir courir (et mes sorties course avait souvent la fonction de faire fondre une boule d'anxiété sur laquelle plusieurs cafés n'avaient pas de prise) , mes pas se sont déplacés "de par chez nous", sur mon tout petit territoire ! C'est donc avec les réseaux sociaux, fort riche en propositions, que je tente d'assouvir ma soif de découverte de mouvements. Je dois avouer que je suis impressionné par l'abondance et la diversité de ce qui m'est proposé. De cette performance maison jusqu'à la performance filmée sur scène d'une oeuvre de Pina Bausch, je pourrais rester devant mon écran d'ordinateur plusieurs heures, pourtant, je ne suis pas rassasié ! C'est comme si je respirais à l'aide d'une paille, celle de la fibre digitale ! Depuis le début de mon confinement de spectateur, j'ai fait le deuil de plusieurs oeuvres de créateurs et interprètes que je connaissais bien. Je suis triste pour vous, Sébastien, Marilyn, Ingrid, Hélène, sans oublier mes gangs de l'UQAM et de l'École de danse contemporaine de Montréal ! Comment savoir s'il sera possible d'avoir un nouveau rendez-vous en personne et si oui quand ?



Pendant ce temps, le milieu de la danse (et celui culturel en général) ne reste pas les bras croisés. En plus de faire preuve de résilience et de lucidité, les différents intervenants échangent et tentent de trouver des pistes pour traverser les moments présents et envisager ceux qui suivront., En exemple, cette première rencontre "en ligne", "Ensemble à distance: Faire face aux annulations" initiée par le CCOV et animée par Andrew Tay. J'en étais et cela m'en a donné une preuve qui m'a fait du bien. Étaient présents jusqu'à une centaine de participants du milieu (sur Zoom) avec un panel était composé de Michael Toppings du MAI, de Jessie Mill du FTA, Julie Deschènes de Tangente, de Axelle Munezero de 100 LUX, Dorian Nuskind-Oder de Je suis Julio et Sébastien Provencher, interprète, chorégraphe et du Festival Furies (tenu en Gaspésie). 

Ce que j'entends tout au long de ces quatre-vingt-dix minutes (et un peu plus) m'indique un grand respect des organisations envers les différents intervenants. Tenter de faire en sorte que diffuseurs, artistes, personnels technique et administratif ne soient pas laisser pour compte. Des questions fort légitimes aussi, telles que "Quand tu es prête maintenant, qu'en sera-t-il dans 2 ou 3 ans ?", parce que les programmations sont planifiées des années d'avance ! Poursuivre à travailler qui se traduit par devenir juge d'un battle en ligne. Là j'avoue que pour avoir assisté une fois à ce type de présentation, il y a manifestement un grand défi d'être loin de l'action pour bien la ressentir et je ne parle pas ici de la juger !

Les échanges et les points de vue portent aussi sur l'après pandémie et sur ses conséquences pour au moins les deux prochaines années. De la réflexion aussi sur les processus de création qui se font parfois dans de courtes résidences pour tenir compte des nombreux co-producteurs. Comment concilier les nombreux voyages de création et de présentation et les changements climatiques ! Les questions sont posées et les réponses ne seront pas données sans difficulté.

Moi tout simple spectateur, devenu observateur de leurs réflexions, je ne peux qu'offrir mon soutien envers ce milieu qui me donne tant. 

Il y a manifestement de grands défis qui se présentent devant nous, une fois la pandémie derrière nous. Je me suis senti rassuré par les propos entendus, parce que pas question de moins, mais de différent pour la suite. Il y aura bien l'écueil d'une plus grande diffusion en ligne des oeuvres, peu importe la grandeur de l'écran, qui de mon humble avis, atténuent de façon fort notable l'effet sur les spectateurs. Je ne saurais dire (ou même crier !) comment je veux me projeter dans l'avenir pour espérer reprendre ma place ne première rangée et ressentir ce que les propos chorégraphiques de chacune et chacun peut m'apporter. 

D'ici là un autre rendez-vous d'échanges et de réflexions est proposé et mis à mon agenda de confiné, soit, "Ensemble à distance - Danse: le corps et le toucher après la distanciation". Question fondamentale pour préparer le juste après et le un peu plus tard aussi. Merci à vous la gang du CCOV pour les rendre possible ! Le spectateur que je suis les apprécie grandement !