lundi 17 février 2020

Sur mes pas en danse + cinéma: Des "regards hybrides" qui nous montrent des mouvements d'une perspective différente !

À une invitation de Priscilla Guy pour découvrir ses "Regards hybrides, en tournée", j'en étais à une troisième acceptation. Je me rappelle encore la première fois, il y a un peu moins de trois ans. Au programme, "Off Ground" qui mettait en vedette Louise Lecavalier et un enfant (Antoine Masson) qui lui avait volé la vedette. Admettez, qui l'aurait cru ? Pour le découvrir, voici le lien  https://youtu.be/nhi74vJOt40. Il en reste que lors de la discussion d'après représentation, cette grande dame a été fort généreuse et elle nous avait présenté les défis et les embûches de la création de ce court-métrage, fort bien réussi, mais surtout très touchant. Bon, allez-y, vous verrez bien !



Depuis, je tente d'y être lorsqu'elle nous invite lors de sa tournée de lieu de diffusion culturel. En ce début d'année, compte-tenu de mon agenda, c'est dans un lieu tout nouveau pour moi que mes pas m'ont amené pour découvrir la nouvelle mouture de ses "Regards Hybrides en tournée", soit la salle d'animation de la bibliothèque Jean-Corbeil à Anjou. Dans ce lieu fort beau, mais peu familier à présenter des créations chorégraphiques, en vrai comme sur l'écran, nous serons trop peu nombreux à en profiter! Pour l'occasion, Priscilla Guy sera accompagnée par Carl Beauchemin du duo Flamant (lui et Vickie Grondin) qui présentera une oeuvre au programme, "Baker". 

C'est donc huit œuvres d'une durée entre trois et onze minutes, de différents horizons qui nous ont fait effectivement voyager et voici pourquoi !

Nous débutons la soirée avec "Wamin (La pomme)" de Katherine Nequado (et de l'équipe de Wapikoni mobile). En trois minutes, nous découvrons qu'une couleur peut en révéler une autre, toute aussi vraie ! Habilement fait et fort d'un message fort essentiel en ces temps troubles.

Il s'en suit "This Dance Has No End" de et avec Fenia Kotsopoulos. Pendant les onze minutes en noir et blanc , je suis mystifié par ce personnage qui bouge et qui danse tout en me demandant qui est-il ? Parce que de la façon dont il est habillé, je me mets à douter. Comme pour le titre, ma curiosité face à ce personnage ne s'est pas arrêtée avec la fin de la présentation de l'oeuvre. 

Il s'en suit "Pace" de Katrina McPherson et Marisa Zanotti qui en entrée de jeu de ses quatre minutes m'a étourdi pour me faire ensuite découvrir les mouvements d'une femme. Un point de vue chorégraphique insaisissable, parce que fort "bougeant" !

"Ground-swell" de Kelsey Kramer et Lexie Thrash nous amène "dans la nature" avec deux femmes vêtues en noir et blanc. Les mouvements sont au cœur de cette oeuvre. Et moi durant le visionnement, le rôle de cette "toile" m'intrigue, sans que je puisse en saisir mon sens ! Ce qui au final, n'a pas d'importance puisque que captivé jusqu'à la fin.

La prochaine oeuvre nous ramène dans les années cinquante, lire ici 1950. "Voisins" du grand réalisateur Norman McLaren, nous propose, tel qu'annoncé, une relation entre voisins qui dérape. Pour peu que l'on soit familier avec l'univers de ce créateur hors norme, il sera possible d'y voir une perspective tellement vraie et encore très actuelle de notre "humanité" ! Jusqu'où sommes nous prêts à aller ? Voilà la question qui résonne pendant et après !

"Passing Through" de Robbie Synge et Julie Cleves" est la plus atypique des propositions présentées comme les interprètes qui en font partie. Si tous les deux sont interprètes en danse, elle est lourdement handicapée, ne pouvant se déplacer qu'en chaise roulante, tandis que lui, est tout à fait autonome. Mais à eux deux, ils iront "faire une promenade dans la nature", en utilisant différents objets et nous, nous les suivrons ! Utilisant différents accessoires dont des planches de bois, ils nous montrent qu'il est possible d'aller, ensemble, au-delà de nos limites. Voilà un dix minutes inspirant, nous permettant d'espérer qu'ensemble il est possible de "Passing Through" les difficultés de la vie.

Dans tout autre registre, "Baker" en l'honneur de la célèbre Joséphine Baker, Flamant nous en présente une version flamboyante, talentueusement incarnée par Jossua Collin Dufour. Cette réincarnation de cette artiste, je l'avais déjà vu à une soirée "Short and Sweet", mais, cette fois, sur grand écran, avec l'éclat des mouvements et des bananes toutes actives me rappellent la magie de cette première fois. Un court moment éclatant qui m'a permis de découvrir une version moderne de cette artiste iconique !

Et pour terminer cette soirée trop courte selon mes critères, une oeuvre cérébrale, sinon philosophique, "Asking for a friend" de Bridget Moser. Une proposition "intelligente" ou philosophique sur la relation avec nous même et aussi celle que nous pourrions avoir avec les objets qui nous entourent. Une oeuvre dont le propos m'a accompagné dans l'autobus jusqu'à la maison. 

Et vous qui n'y étiez pas et qui, je l'espère, regrettez de ne pas avoir été présent. Vous pouvez découvrir certaines de ces œuvres en suivant les liens suivants.



https://www.youtube.com/watch?v=XOY6uyRZ0fw&feature=emb_title pour "This Dance Has No End".

De mon côté, j'irai sur le site de Flamant poursuivre ma découverte de leurs créations à l'adresse
http://flamant.co/








samedi 15 février 2020

Sur mes pas en danse: Une expédition toute intense dans "Winterreise" avec José Navas et ses complices !

À cette soirée danse, je m'y suis rendu sans avoir lu quoique ce soit sur ce qui m'allait être présenté. J'y allais les yeux fermés et l'esprit confiant. Danse Danse qui présente José Navas sur scène.

Rendu ici, vous vous direz sûrement, voilà un préambule qui annoncent sûrement une déception de spectateur. Et bien soyez rassurés, ce n'est pas le cas. Et je dirais même que j'y ai trouvé un certain plaisir sinon un plaisir certain de découvrir "Le voyage d'hiver" de cet homme incarné par le danseur-chorégraphe, accompagné sur scène par un pianiste (Francis Perron) et un chanteur-ténor (Jacques-Olivier Chartier). Pas trop amateur et encore moins connaisseur de musique classique, cette oeuvre de Franz Schubert, j'en connaissais "nada" !

                                         Photo de José Navas tirée du site de Danse Danse

Donc à mon arrivée en salle, je prends place en première rangée. Une fois bien assis, je découvre, sur une scène sans artifices, José Navas, assis sur une chaise immobile à l'arrière côté droit. À l'opposé à gauche, un piano solitaire, sans son pianiste. Le temps passe, les mots d'usage sont prononcés, les autres interprètes prennent place et les lumières se font d'abord discrètes pour ensuite devenir "toutes éteintes".

Et lorsqu'elles reviennent "brillantes", je découvre juste devant moi Jose Navas en mouvements de bras bien affirmés. De tableaux en tableaux ou plutôt de lieder en leider (24 au total), porté par le chant fort percutant et le piano fort planant, ce que vit cet homme, je le ressens fortement, tout au long de la "traversée" de son épreuve. N'ayant aucune idée de son histoire, je me fais la mienne qui sera assez proche de celle que j'apprendrai après. Il a réussit à me transmettre avec beauté et intensité ce que Franz Schubert avait composé.

Je dois quand même admettre que mon attention a été parfois amené à suivre les déplacements du chanteur tout près de moi, en première rangée, je vous rappelle. Je dois aussi surmonter mon "attirance" pour un élément oral, soit le "son de crachat" qu'émet régulièrement le chanteur. Il me faudra un effort volontaire pour m'en détacher et à me concentrer sur ce que "vit" cet homme. Mais comme José Navas est un magnifique interprète, il a pu, par son interprétation, me remettre sur "les rails" de l'oeuvre jusqu'à sa destination. Au final, une soirée qui m'a permis de découvrir une grande oeuvre de chant et une oeuvre chorégraphique, malgré un détail qui m'a dérangé pendant un certain temps.

mardi 11 février 2020

Sur mes pas en danse: Une soirée fort contrastée chez Tangente !

Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder, c'était pour assister à des rencontres avec des artistes que je connaissais, mais d'une différente façon. Avec "Suspendu au sol", Philippe Meunier et Ian Yaworski ne seraient pas sur scène dans leur oeuvre, mais seraient plutôt au commande de leur création. Et avec "Pythagore mon corps", c'est avec Stacey Désilier, la chorégraphe, et non pas l'interprète que j'aurais rendez-vous.

C'est donc dans une nouvelle tangente de leur parcours professionnel que ces créateurs m'invitaient en cette soirée de début février. Et moi, j'étais bien curieux de découvrir leurs propositions ! En cette soirée de première, la salle regorge de leurs collègues et membres de famille aussi, si je me fie à ce que j'entends derrière moi une fois rendu à mon siège.

Pour la première oeuvre de la soirée, à notre entrée, les quatre interprètes (David Campbell, Catherine Lafleur, Geneviève Lauzon et Liane Thériault) sont déjà là, "Suspendu au sol" (!) du grand lieu de l'Espace Orange. Pour peu que l'on s'y attarde, le titre intéresse. Tout amateur de gigue contemporaine sait qu'un élément fondamental de cette danse est le jeu des pieds fort dynamique, tandis que le titre me laisse imaginer ces mêmes pieds, mais tout immobiles ! J'étais donc bien intrigué de découvrir leurs premiers pas "hors piste" de la gigue contemporaine de ces deux chorégraphes-interprètes.

                                          Photo de Justine Latour tirée du site de Tangente

Une fois les lumières devenues discrètes, je découvre les corps qui se mettent à "pulser", les bras en premier, suspendus au sol ! Et puis, tout à coup, le groupe se met en mouvements surtout en duo, mais aussi ensemble tout en étant coloré de leur singularité. Je suis fort attentif, mais aussi très curieux de découvrir des traces de gigue contemporaine, mais rien ne transparaît à mes yeux. Comme pour éloigner la tentation, les mouvements se font surtout dans la latéralité de cette grande scène tout en bois, murs inclus. J'observe toutes les nuances de ces corps qui évoluent jusqu'à, tout à coup, la perspective change. Celle d'une frontalité caractéristique de la gigue. Je me mets à me dire intérieurement le dicton fort bien connu, "chassez le naturel et il revient au galop" ! Mais là, Robert tu conclus trop vite !!! Parce que si la frontalité des corps nous dévoile en fin de parcours des postures de gigue contemporaine, elles ne sont pas accompagnées des pas qui les accompagnent normalement, tout cela porté par une musique porteuse d'espoir vers de nouveaux horizons. Voilà des premiers pas "hors sentier" de ces chorégraphes, une prise de risque, loin de leur zone de confort, avec des interprètes qui ont su les présenter fort habilement. Et pour découvrir les prochaines destinations de ces pas, je surveillerai leur prochaine proposition.

Après les applaudissements bien mérités, arrive la pause durant laquelle nous pouvons rester en salle. Et c'est ce que je ferai ! Arrivent sur scène, pour s'échauffer, les interprètes (Charles Brecard, Justine Chevalier-Martineau, Noémie Dufour-Campeau, Roxanne Dupuis, Maïka Giasson et Alexandre Wilhelm) avec certaines parties de leurs vêtements haut en couleurs.

                                     Photo de Mathieu Desjardins tirée du site de Tangente

Après la pause de quinze minutes écoulée, "Pythagore mon corps" débute. L'oeuvre débute dans les terreaux des arts martiaux, des danses urbaines et de la boxe, comme annoncé, loin donc de mes territoires de prédilection. Mais je dois l'avouer, ce que je vois, capte "ipso facto", mon attention. Il s'y dégage une logique presque cartésienne de relations que je tente de déchiffrer. Je vois dans le tracé du propos chorégraphique, une jeunesse qui s'affirme à la recherche des limites. Est-ce les limites face à soi-même, face aux autres ou tout simplement face à l'environnement ambiant ? Je ne saurais l'affirmer, mais je retrouve dans les mouvements une recherche face à l'adversité colorée d'insolence. Et comme pour la formule de Pythagore, "c'est au carré" qu'il faut considérer l'effet de la gravité pour contrer la chute au sol des corps. Et lorsque, dans un tableau trop court, les corps se colorent tout en bleu, l'effet est fort impressionnant. Et en fin de parcours, j'acquiesce à ce qui m'était annoncé dans le feuillet de la soirée, "le spectateur est témoin de l'éternel balancement entre la rationalité et l'animalité humaines." J'ai eu l'impression de découvrir une reconnaissance corporelle de nos perspectives contradictoires face ce que nous pouvons ressentir intérieurement face à des situations difficiles.

De retour chez moi, dans le métro d'abord et l'autobus ensuite, je me mets à penser à mes collègues, enseignant.es en mathématiques, qui me parlent d'une équation ou d'une démonstration mathématique comme des choses esthétiques "tellement" belles ! Avec cette oeuvre, je me suis mis à mieux les comprendre !



vendredi 7 février 2020

Sur mes pas en danse: De ma rencontre avec l'univers de Louise Bédard, "Promesses", tenues !

Je me souviens encore de ma rencontre avec "La Démarquise" de Louise Bédard, c'était, il y a un peu moins de quatre ans. Un univers chorégraphique riche, impressionniste, peuplé de personnages féminins et d'accessoires. J'avais écrit à l'époque, que "la réception des différents tableaux, souvent surprenants, toujours métaphoriques, produit un ensemble cohérent de la personnalité féminine, pour peu que le spectateur joue son rôle."

                               Photo de Claudia Chan Tak tirée du site de l'Agora de la Danse

Depuis, mes plus récentes rencontres avec les créations de cette chorégraphe, soient "VU-Vibrations urbaines" et "Tout près du souffle", ont eu lieu en des lieux publics. Encore pour ces œuvres, les accessoires étaient "au cœur du propos" ou plutôt les "cristallites" sur lesquels notre imagination construisait notre réception. Avec "Promesses", les accessoires sont encore bien présents, et ce, dès notre entrée en salle. Nous pouvons, entre autres, découvrir sur la scène blanche, un micro sur pied, une cymbale, une table basse, et des poches en tissus. Nous pourrons aussi découvrir sur cette scène ou tout autour les différents interprètes déjà présents, Marie-Claire Forté, Marilyn Daoust, Nicolas Patry, Sébastien Provencher, Alejandro De Leon et Louis-Elyan Martin. 

Et c'est devant des sièges disposés sur deux des côtés de la scène que tout à coup, au son d'une batterie fort énergique que le tout se met en marche. Tous les interprètes tournent et nous, nous prenons la mesure de ce qui suivra. Le tout, à mes yeux, donne une touche toute impressionniste, parfois aussi avec des allures surannés de bon ton, me laissant une bonne place pour donner les sens aux gestes. 

Et pendant près de deux heures, en groupe, en duos seuls ou avec les autres autour, je découvre un univers, par petites touches, avec dans les premiers moments, des "habitants" qui surtout se déplacent ou qui restent immobile. Et puis, c'est avec l'inscription inscrite en bas d'un panneau blanc, "Nous ne sommes pas seuls", que les personnages vont et viennent, nous permettant d'imaginer les histoires que l'ont veut bien y voir. Dans cet espace, les personnages semblent évoluer à des tâches, sous leur fardeau quotidien, nous montrant des illustrations de pulsions, de vibrations et de tensions ! Des personnages lors d'un duo qui, chacun,  avec leur chandail blanc et leur drap noir polymorphique, en différentes déclinaisons, se transforment et captivent particulièrement mon attention. Il y aura aussi ce moment durant lequel, lui (Nicolas Patry) vient juste devant moi avec sur ses doigts des maisons du jeu de Monopoly, pour m'en offrir. 

Au final, j'ai eu la sensation d'avoir été un observateur des mouvements de différents personnages "hors du temps" évoluant et interagissant dans un paysage toujours en évolution. Et durant mon observation, j'ai été intrigué, surpris aussi, amusé parfois, tout en laissant mon imagination me proposer des histoires. 




samedi 1 février 2020

Sur mes pas en danse: Une semaine "danse" signée Marie Chouinard !

"Un programme double, qu'est ce que t'en dis", chantait Sylvain Lelièvre qui en rajoutait avec " Un programme double, y'a rien comme ça". Et c'est à ce type d'invitation de Danse Danse que j'ai dit oui cette semaine. Deux soirées au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts avec deux oeuvres de Marie Chouinard, soient "bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG"et "RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS" et ce dans la même semaine !

Deux soirées très différentes qui nous présentaient une oeuvre complète pour la première et une vingtaines de courtes pièces, pour la plupart des extraits d'oeuvres déjà présentées, pour la deuxième. Je dois l'avouer, j'ai une préférence pour une oeuvre longue. Par conséquent, "bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG" (ballet en deux actes) m'a encore une fois tout à fait ravi. De ces êtres qui là juste devant moi (parce qu'en première rangée !) évoluent avec différentes contraintes (orthèses, déambulateur, par exemple), présentent des tableaux riches de personnages de toute sorte. Des personnages colorés d'animalité qui d'un tableau à l'autre éblouissent, mais surtout fascinent. Une oeuvre dans laquelle, la chorégraphe nous convie dans un univers riche et éblouissant !

Pour sa part, "RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS", débute dans le hall d'entrée avec ""IN MUSEUM V2" oeuvre créée et interprétée, il y a quelques années par Marie Chouinard. En cette soirée, son "personnage" était incarné par deux de ces interprètes, aux deux extrémités du hall, sur un petit espace blanc, qui se tiennent debout en posture d'ouverture. Juste devant moi, je le sens bien, une de ces femmes s'est préparée à la rencontre et elle ira ! À celui ou celle qui ose se rendre à la rencontre, il y aura un échange fort discret pour nous qui sera suivi par un solo fort riche et qui je le suppose, traduit en gestes le court échange qui a précédé.

                                    Photo de Sylvie-Ann Paré tirée du site de la chorégraphe

Il s'en suit notre entrée en salle et de la suite de la soirée composée de 24 miniatures dansées, des solos et des duos. Si ce type de présentation ne me permet pas de m'installer confortablement dans une "histoire", elle m'a permis, en revanche, de me faire voyager dans le temps et de me faire découvrir ou de redécouvrir des oeuvres de la chorégraphe. Par exemple, si tout amateur de danse connait la "Petite danse sans nom" créée par Marie Chouinard en 1980, dans laquelle elle boit d'abord un verre d'eau pour ensuite "uriner" dans un verre.  Pour cette fois, c'est Sayer Mansfield qui m'a permis de la découvrir pour la première fois. Le tout pourrait sembler un peu douteux, mais pas du tout, sympathique, même ! Et tout autour de moi, comme moi-même, impossible de rester indifférent.  Il y a aussi ces moments qui me permettent d'apprécier, encore une fois, le grand talent et la présence de Carol Prieur. De ce tour d'horizon chorégraphique de cette créatrice hors norme, impossible de rester insensible. Et lorsqu'en fin de programme, je redécouvre quatre courtes pièces tirées de "LE NOMBRE D'OR (LIVE), je ne peux que me rappeler le plaisir de la première fois !

Merci à vous Michael Baboolal, Adrian W.S. Batt, Kimberley De Jong. Jossua Collin Dufour, Valeria Galluccio, Motrya Kozbur, Luig Luna, Sayer Mansfield, Scott McCabe, Sacha Ouellette-Deguire, Carol Prieur, Celeste Robbins et Clementine Schindler, d'incarner avec grand brio l'univers de Marie Chouinard.

Impossible pour moi de ne pas relever aussi la grande générosité de Marie Chouinard lors de la rencontre avec le public après la représentation de "RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS". J'ai pu y apprendre le processus de création de cette oeuvre en collaboration "fort active" des différents interprètes. Je vous partage sa réponse. Elle a d'abord demandé à ses interprètes de choisir des "parties" de ses créations qu'elles ou ils voudraient interpréter. Une fois toutes les propositions (une quarantaine), elle a sélectionné, d'abord pour ensuite déterminer le ou les interprètes. Dans une suite d'aller retour et de déception (si deux interprètes voulaient en être), le tout s'est concrétisé. Et en cette deuxième soirée de présentation, le tout a été rondement ! Parce que des extraits de quelques secondes à quelques minutes demandent beaucoup de travail scénographique avec peu de temps pour le faire. Je rappelle qu'en début de semaine, une autre de ses oeuvres était présentée sur la même scène.


Sur mes pas de spectateur: Un chapitre 16, "À corps perdu" avec les Intimistes

Le temps passe sans qu'on n'y prenne garde et ne voilà tu pas que j'en suis rendu au chapitre 16 de "Les Intimistes", ce collectif féminin que je suis assidûment depuis leur chapitre 5. C'était, il y a deux ans et demi. Chapitre après chapitre, pour moi comme tous celles et ceux qui viennent les écouter, elles lèvent le voile sur des aspects de leur vie, mais aussi et surtout sur elles. Et elles le font de par leur texte, de par leur voix, mais aussi par leur style, toutes différentes mais également attachantes.



Lorsque je m'installe derrière mon clavier pour tenter du mieux possible de revenir sur une de mes soirées avec elles, j'ai une crainte, celle d'être répétitif ! Mais soyez informés, ce n'est pas une crainte que nous devons avoir, d'un chapitre à l'autre, parce qu'elles réussissent à nous amener à des endroits différents. Comme ce fût le cas en cette soirée de fin janvier au Bar "La Marche à côté", rue St-Denis, nouveau lieu pour elles et pour moi aussi !
Au programme, sur le thème "À corps perdu", les textes de Tania Arana, Sandrine Quynh, Audrey Lavigne, Sarah Keita et Laurence A. Perrault avec en complément de programme, la liste des Intimistes, "Ce que mon corps peut faire" et la liste du public, "La partie de mon corps que j'aime et pourquoi" !

Une fois la salle remplie, les verres commandés et en main, le petit papier rempli et remis, le tout commence avec encore cette fois, notre "maître de cérémonie" Sandrine Quynh qui nous rappelle que chaque chapitre est une pièce de casse-tête qui s'apprécie individuellement, mais qui mises ensemble, ces pièces, produisent un résultat encore meilleur. Ce que je peux qu'approuver ! Donc allons y !

Tania Arana nous présente "Danse avec le scrupule". Elle nous parle de son expérience de vacances à Cuba. La réflexion porte et touche, jusqu'où pouvons nous aller dans la rencontre de l'autre qui n'est pas l'homme choisi ? Si cette rencontre se fait sur une piste de danse et que les corps se libèrent de certaines contraintes. Y a-t-il une limite ? Si oui, pouvons nous la franchir et en revenir sans se sentir coupable. Sa réflexion, elle nous la propose jusqu'à nous rassurer à la toute fin, "la cohabitation des Tania est assumée".

Sandrine Quynh nous arrive avec "Ecoute" durant lequel elle nous partage quelques rencontres familiales dans la sienne et celle de sa belle-famille durant le temps des fêtes. Noël assombri par le décès très récent de sa mère, mais comme  la vie continue ! Ces rencontres familiales qui évoluent différemment, dans le sens explosif du terme, selon la famille où elles se déroulent. Est-il possible de se parler sans que le tout explose, surtout, s'il y des bulles alcoolisées dans les verres que l'on tient à la main. Tout le travail qu'elle fait "avec elle-même" et que je découvre de chapitre en chapitre, est fort beau, tout comme le chemin parcouru, d'ailleurs. Sa maîtrise de l'utilisation du "je", plutôt que du "tu", pour que les échanges ne dérapent pas. Mais il y a encore des points sensibles et elle nous les transmet très bien, telles les "matriochkas" vendus pour deux fois rien par sa tante, mais qui pour elle avaient une grande valeur. Parce que c'était ceux de sa mère !

Audrey Lavigne, nous arrive avec "J'aime ça quand c'est dur", titre qu'elle nous présente avec une sourire en coin. Titre qui est rapidement suivi par les différentes manifestations physiques de son stress, dont les lèvres sèches et les mains moites. Parce que voyez-vous, Audrey, travaille fort pour se faire une place dans le monde du show business. Que ce soit dans des ateliers ou dans des auditions, dont elle nous fournit des exemples fort éloquents (pub de yaourt, doublure d'une patineuse). C'est vrai, à partir de ses exemples, je suis d'accord avec elle, elle aime cela "quand c'est dur". Mais pour l'année qui débute, elle se sent prête, la vision nette, pour s'y lancer à corps perdu !

Petit intermède avec la Liste des Intimistes avec "Ce que mon corps peut faire". Liste qui me permet, entre autre, de constater que les rots et les pets ne sont pas le lot que des hommes. Soyez rassurés, leurs corps peuvent faire plein d'autres choses, dont, d'entreprendre un parcours de triathlon ou celle de développer une épine de Lenoir après un début de "carrière" à la course à pied !

Sarah Keita prend la relève avec "Toutes ces fois où j'ai voulu sortir de mon corps". Elle nous ramène à une époque passée, celle du défi de bien manger, de bien marcher, celle aussi de la Sarah qui parle beaucoup. Celle qui à 18 ans, se posait la question, "Qui suis-je ? Depuis, elle a appris et nous, comme elle, récoltons le fruit de ses années de maturation qui lui permet de marcher avec détermination et affirmation. Le ton de sa voix et la détermination de son regard ne laissent aucun doute. Et qui, aujourd'hui, penserait encore qu'elle veut sortir de son corps !

Laurence A. Perrault nous arrive avec "A whole new world". Elle nous annonce "to the go !" qu'elle est guérie de son addiction et nous demande si nous constatons une différence. Il y aura bien une ou deux personnes qui diront oui, mais moi comme tous les autres, nous le concédons, nous ne voyons pas de différence. Et c'est nous qui avons vu juste, parce que si elle n'a pas changé physiquement, c'est en dedans qu'elle a changé. Qu'elle accepte son corps. Elle qui a visé avoir un corps et les cheveux roux de Julia Roberts et de s'y être investie "corps et âme" et son portefeuille aussi. De son chemin parcouru, elle est arrivée au constat fort rayonnant, la fuite vers l'avant ne nous mène qu'à un mirage, parce que une vie meilleure n'est jamais ailleurs, ni plus tard. Ce constat fort lumineux, elle nous le transmet avec son sourire fort rayonnant qui fait du bien.

La soirée se termine avec la liste du public "des parties du corps que j'aime et le pourquoi". Parmi les différentes parties, les yeux sont en haut du palmarès, accompagnés, entre autres, par les fesses, les jambes, le sourire, les pieds, les seins, le pénis, la peau douce et en terminant les pectoraux. Et vous qui m'avez lu jusqu'à maintenant, je vous présente, juste pour vous. ma réponse. J'aime ma tête parce qu'elle contient plein de secrets. 

Une autre belle soirée dans un lieu fort confortable pour ce type de rencontre. Une soirée qui nous permet de poursuivre la connaissance en mots fort justes et touchants ces femmes qu'on aime toujours un peu plus, de chapitre en chapitre. Merci "Mes Intimistes" et nous nous revoyons le vendredi 27 mars prochain.










dimanche 26 janvier 2020

Sur mes pas au théâtre: "Soifs Matériaux" exigeant et éblouissant !

De mes sorties au théâtre, c'était ma première fois cette année et c'est à l'Espace Go que mes pas m'ont amené. L'oeuvre était de "taille", autant de par sa durée, quatre heures, que par celle dont elle est "issue", Marie-Claire Blais. J'étais averti ""SOIFS MATÉRIAUX est une adaptation principalement tirée du premier roman du cycle "Soifs" qui porte sans compromis le souffle des phrases infinies de Marie-Claire Blais". Et avant d'aller plus loin, je partage complètement cette phrase tirée du feuillet de la soirée.

                                                         Tirée du site de l'Espace Go

C'est dans un hall d'entrée fort achalandé de première que mes pas m'amènent donc pour cette rencontre théâtrale. Pour cette fois, je serai en deuxième rangée, ce qui veux quand même dire tout proche ! La salle se remplit, les indications d'usage se font et les lumières s'éteignent. Nous y allons !!! Sur cette scène à deux étages, c'est en haut que le tout débute avec Renata (Anne-Marie Cadieux) et, Claude, son mari le juge ( Sébastien Dodge) qui échange sur leurs désaccords suite à la condamnation à mort que ce dernier vient d'appliquer.

Ce sont les premiers pas d'une oeuvre exigeante qui me demandera, d'abord de comprendre (en une quinzaine de minutes) que les personnages parlent d'eux à la troisième personne. Par la suite, tour à tour, en différents tableaux, les personnages de l'univers de l'écrivaine m'apparaîtront avec des dialogues fort riches, mais aussi touffus. Je dois l'avouer, il me faudra plus d'une heure pour apprivoiser ce qui m'est présenté et d'y trouver un grand plaisir. Ce qui n'a pas été manifestement le cas de deux spectatrices devant, ont quitté rapidement !

Et moi, je m'applique et j'apprivoise le texte fort riche, aidé en cela par les performances des comédiennes et comédiens. Il faut que j'établisse les liens entre eux, exercice pas toujours facile, mais j'y arrive et cela est fort satisfaisant. Une fois bien "assis" dans mon siège, le plaisir est bien présent. Le propos est fort riche en images comme en messages.

Si je suis impressionné par les performances des différents interprètes, je m'en voudrais de ne pas mentionner mes coups de coeur de la soirée, Christiane Pasquier, qui dans le rôle de la mère de Mélanie, hôtesse de la soirée, et Monique Spaziani, poétesse dans l'ombre de son mari, expriment fort bien ce qu'elles ressentent.

"SOIFS MATÉRIAUX" est une oeuvre de grande envergure, exigeante, mais bien amenée et très bien portée par toute la distribution, pour peu que l'on accepte un certain effort d'adaptation, ce que certains spectateurs, spectatrices n'ont pas fait (toute la première rangée était vide au retour de l'entracte !). Un effort que je considère qu'il faut faire pour avoir accès à un univers fort riche.

samedi 25 janvier 2020

Sur mes pas en danse: "D'os et d'écorce" mais aussi de grande beauté avec Sinha Danse.

Chacun leur tour les lieux de diffusion présentent leur première proposition de cette année et c'était au tour de l'Agora de la danse de nous la proposer. Au programme "D'os et d'écorce" de et avec Roger Sinha, accompagné sur scène par David Campbell, Sébastien Cossette-Masse, Marie-Ève Lafontaine, Benoit Leduc, Erin O'Loughlin et François Richard à la "danse" ainsi que Bertil Schulrabe aux percussions.

                                 Photo de Vitor Munhoz tirée du site de l'Agora de la Danse

Assister à une création de Roger Sinha, me ramène dans le temps, d'il y a un "certain" temps (soit une quinzaine d'années !) à mes premiers pas "sérieux" de spectateur en danse. C'était un programme double à "ma" Maison de la Culture, avec "Loha" et "Thok". J'avais été séduit par ses deux oeuvres marquantes pour moi et qui amalgamait musique et danse de façon fort esthétique. Comme il est possible de lire sur le site du chorégraphe, "Avec Thok, Roger Sinha approfondit son travail gestuel, en explorant la dynamique du quatuor, et poursuit sa recherche d’intégration de la musique à l’écriture chorégraphique." Et cela avait bien fonctionné avec moi !

Depuis, j'ai eu l'occasion d'apprécier ses autres créations et avec "D'os et d'écorce" la magie fonctionne encore. Bien assis en première rangée, je découvre sur une scène toute blanche, dans le coin arrière gauche, une batterie avec juste à côté, un didgeridoo (un instrument de musique à vent qui vient de l'autre côté du globe). Une fois la salle bien remplie de spectateurs, les portes se ferment suivies juste après par les lumières qui deviennent à leur tour discrètes. 

Et puis nous apparaissent du fond les interprètes qui forme un cercle sous un rayonnement lumineux de même forme. Peu à peu, nous apercevons un bras tenter de sortir de ce cercle humain et qui y arrivera, tel de la fibre osseuse voulant sortir de son enveloppe osseuse. La suite, une fois les constituants libérés nous propose différents tableaux constitués de solo, de duo et de moments d'ensemble. Difficile de ne pas y voir des illustrations de pulsion, de pulsation et d'impulsions des relations humaines avec des gestuelles propres du chorégraphe.  Lorsque le chorégraphe vient sur scène en jouant l'un ou l'autre de ses instruments, j'y vois celui qui vient pour fédérer. Impossible de ne pas être touché par le déploiement de ses corps et de la musique, enregistrée ( de Katia Makdissi-Warren) et en direct (de Roger Sinha et Bertil Schulrabe), tout cela appuyé par des éclairages fort bien réussis. 


De ces tableaux sur la relation des individus seul ou en groupe, nous sommes amenés peu à  peu jusqu'au dernier moment, finale fort bien réussie selon moi, qui me montre un beau moment d'intégration. Mais tout au long, impossible de ne pas apprécier les présences du chorégraphe avec ses instruments, d'un des duos qui m'a particulièrement touché et aussi celui durant lequel une interprète (Marie-Ève Lafontaine), vient vers nous, juste en face de moi !, vient à notre rencontre, serais-je tenté de penser, illuminée par son expression faciale.

Assistant à la discussion d'après-représentation, plein d'informations j'ai appris dont une surprenante ! Si le chorégraphe joue du didgeridoo, c'est pour tenter de "contrôler" un problème d'apnée du sommeil et aussi que c'est le didgeridoo qui nous choisi et non pas l'inverse.

Au final, une oeuvre riche de son esthétique et de son message et qui m'a amené dans un monde dans lequel les êtres humains nous montrent des interrelations avec des mouvements fort éloquents. Pour en voir un aperçu, je vous propose ce vidéo avec une entrevue avec une des interprètes, Marie-Ève Lafontaine.



mercredi 22 janvier 2020

Sur mes pas en danse: "One Kind Favor" qui tient bien la route dans la série "Traces-Hors-Sentiers" de Danse-Cité

La gang de Danse-Cité m'a habitué tout au long des dernières années à découvrir des propositions surprenantes, déstabilisantes même, loin des sentiers battus, à la rencontre de personnages, avec son volet "Traces-Hors-Sentiers". À titre d'exemples, je me permets de mentionner les oeuvres "Pluton 1", "Pluton 2" et aussi "Pluton 3" de Katya Montaignac et"La 2e porte à Gauche et plus récemment "Elle respire encore" de Jérémie Niel.

                                                         Photo tirée du site de Danse-Cité

Voilà pourquoi mes pas m'ont amené jusqu'au MAI en ce début de semaine. Pour cette occasion, comme l'indique le chorégraphe George Stamos, lui et ses "complices" Karla Etienne et Radwan Ghazi Moumneh veulent faire "appel à la force de la gentillesse et le courage" ou "la gentillesse comme puissance d'agir" comme le titrait l'article d'Enora Rivière dans l'édition du 18 janvier du Devoir. J'étais averti et effectivement, ce que je découvrirai aura du "propos", ce "propos".

Amalgamant, mouvements, musique, chant, arts visuels et bien d'autres choses tout au  long des différents tableaux, nous découvrirons trois personnes qui cohabitent sur scène et dont les interactions transcendent les paroles et la vision. Non pas que ces derniers éléments soient absents, mais pour moi, ce que j'ai le plus retenu, sont les moments durant lesquels ils évoluaient en parfaite harmonie. Particulièrement celui durant lequel il se déplaçait sur scène sans rien voir, sans entrer en collision.

Cette harmonie démontrée par l'écoute de l'un du chant de l'autre, par l'utilisation de l'espace pour s'exprimer et aussi jusqu'aux spectateurs. Pas question de tout comprendre, parce qu'entre autre, le texte écrit en début de présentation est en langue arable (à ce qu'il me semble !), mais de ressentir oui.

Une proposition particulière qui nous garde attentif et qui nous réserve des surprises. Et de cette intention de gentillesse que pourrons nous capter de l'oeuvre et conserver en sortant du lieu ? La réponse variera d'un spectateur à l'autre, mais l'intention de "kindness" laissera des traces. Merci George !

mardi 21 janvier 2020

Sur mes pas à une expo: "Embodiment", le corps représenté et le corps virtuel à Van Grimde Corps Secrets

L'invitation m'est apparue, je ne sais comment (!), pour découvrir "Embodiment" présentée par Isabelle Van Grimde, avec les œuvres de Marilène Oliver et Sean Caulfield, tous les deux  d'Edmonton. Cette invitation, je l'ai acceptée. Pour ce faire, il n'y avait qu'à réserver sa présence pour une plage horaire d'une heure et se rendre tout en haut de Circuit-Est, Centre chorégraphique, rue St-André. Ce que j'ai fait avec quelques autres personnes.

Dans ce studio, transformé en "galerie d'art" pour l'occasion, nous sommes accueillis par un grand sourire et invités à laisser nos manteaux, fort utiles en cette période hivernale, au vestiaire. Nous pourrons évoluer dans l'espace pour découvrir les différents éléments de cette exposition. De l'entrée, nous pouvons découvrir les panneaux de présentation sur le mur à gauche, des œuvres sur les murs vers la droite et d'autres juste devant par terre. Dans le fond à droite, trois "corps" immenses s'imposent à notre vue et attirent donc, notre attention. Juste devant ces "corps" métalliques, cela je le découvrirai plus tard, je ferai la rencontre d'un corps de femme qui flottera là, virtuellement, juste devant moi dans les prochaines minutes. Aussi pas trop loin sur une table, un ipad qui me permettra de revenir quelques années en arrière, en 2012 plus précisément, pour voir ou revoir l'expo performance, "Le Corps en question(s)" dans le cadre du FTA.

                                         Tiré du site internet de Corps secrets Van Grimde.

L'intérêt pour Isabelle Van Grimde pour le corps décliné au propre comme au virtuel, est bien connu. Ma première rencontre avec ses œuvres et de ceux de ses artistes-collaborateurs date de ce "Printemps érable" (en 2012). En association avec un bon nombre d'artistes en arts visuels, j'avais été captivé par les différentes déclinaisons des corps présentés. Depuis, il y a eu plusieurs autres oeuvres dont "Symphonie 5.1" à l'Agora de la Danse (rue Cherrier) et "Eve 2050" (dans le Wilder).

Cette fois, alliant les représentations d'une autre époque, celles d'André Vésale, anatomiste et médecin brabançon (région belge et néerlandais) du seizième siècle et celles obtenues par les techniques modernes de radiologie (les CT scans). Le tout produit un résultat surprenant que je me mets à examiner avec attention. L'examen de ces panneaux dont un semble inversé avec certaines parties qui sont illuminés de projection me tiennent attentif devant, un certain temps.

Et ma rencontre avec ce corps de femme, le point fort de cette exposition, tout aussi virtuel qu'intrigant, je l'ai fait en mettant le dispositif visuel, mais aussi les deux contrôles manuels pour découvrir l'oeuvre et voir apparaître son cœur vibrant. Jusqu'où je peux aller à examiner cette projection ? J'ai trouvé ma réponse et fort curieux, aussi celles des autres spectateurs qui sont quelque peu différentes.

Je reviens à la maison fort satisfait, enrichi et très heureux aussi de cette exposition !

dimanche 19 janvier 2020

Sur mes pas au Wildside Festival: Mon coup de coeur pour "Hollow mountain" !

C'était un mardi soir et mes pas m'amènent jusqu'au théâtre Centaur pour la représentation de 21h00 du Wildside Festival. Dans la description de cette oeuvre, il était question de danse, voilà pourquoi, je m'y rendais !

C'est, entouré de trop peu de monde, que j'ai découvert cette proposition d'Alyssa Martin en collaboration avec les interprètes, Drew Berry, Mary-Dora Bloch-Hansen, Brayden Cairns, Samantha Grist et Sydney Herauf.

                                          Photo tirée du site du théâtre Centaur

Devant moi, une toile blanche qui a les allures d'une montagne colorée de violet avec en fond sonore des chants ou des gazouillis d'oiseaux. Nous sommes transportés dans une forêt, "autour d'un feu" avec cinq jeunes qui nous chantent une chanson où il est question de "nipples". Il s'en suit des tableaux riches en danse, en chant riche (dont en "Lulu"), mais surtout du pouvoir évocateur des propos qui captivent et de leur audace. Cinq jeunes qui exposent en mouvements des rites initiatiques et des tableaux fort provocants et évocateurs. Des tableaux riches de l'audace de la jeunesse de ses créateurs !

Une oeuvre frontale qui frappe, au propre comme au figuré, et qui captive jusqu'au dernier moment. Une oeuvre qui vient de loin (l'ouest canadien) et qui mériterait de revenir ici !

Sur mes pas de lecteur: Une plongée fort riche dans l'intimité d'anciens interprètes en danse avec "L'Abécédaire"

Je ne surprendrai pas beaucoup de lectrices ou lecteurs, mais le monde de la danse, au sens très large, m'intéresse. Pas seulement, de ce que l'on me propose sur scène, aussi sur ce que ressentent et vivent les interprètes et les chorégraphes.

Voilà pourquoi, j'ai été très intéressé par le projet de Karine Ledoyen (Danse K par K), "De la glorieuse fragilité" qui s'inspirait du témoignage de ces interprètes qui avaient quitté la scène, j'y étais comme spectateur. Elle en a tiré une oeuvre chorégraphique qui rayonnait, loin de l'ombre des regrets (de ces temps passés). De ce type d'incursion dans la "tête" des interprètes, je me souviens encore du livre "Ob.scène" d'Enora Rivière que j'ai tant apprécié.

                           Karine Ledoyen, la chorégraphe derrière le projet (et le livre). Photo: Maison pour la danse

Quand j'ai appris qu'un recueil, "L'abécédaire", sur lequel l'oeuvre était construit, était disponible, j'avais une mission, me le procurer ! Et ce fût, mission accomplie! De ces témoignages, "bien" recueillis lors d'entrevue par Katya Montaignac, avec les questions suivantes "Dans quel contexte as-tu arrêté la danse ?", "Que te reste-t-il de la danse dans ton quotidien ?" et enfin "Peux-tu me décrire ton dernier salut sur scène ?", je les ai lu en un temps record.

Un abécédaire qui commence avec avec le "A" d'un "Adieu" fort touchant jusqu'au "Z" d'un "Zoom" sur l'identité d'une interprète en danse, avec un épilogue riche des derniers saluts de quatorze d'entre elles et eux.

Familier avec ce milieu, j'ai aussi joué le jeu de tenter d'associer le témoignage avec celles et ceux que j'ai connu comme spectateur. Et quelque fois, les "indices parsemés" m'ont permis de dire oui ! Mais peu importe, ma lecture était fort éclairante sur ces femmes et ces hommes qui ont vécu intensément leur passage sur les "planches" avec leur lot de certitudes et de questionnements, aussi !

J'y ai lu comment on quitte la danse, mais que jamais la danse ne nous quitte jamais. Comment les blessures et l'âge amènent les pas hors de la scène, loin de ce milieu ou loin. Il n'y a pas deux histoires semblables, mais toutes sont empreintes d'une humanité ressentie qui m'ont touché.

En tournant la dernière page, je me permets un souhait ! Comme l'indique aussi, une d'entre elle, "je ne dirais pas non à un projet qui réunirait d'anciens danseurs qui se retrouvent pour dépoussiérer leur corps dansant pour le partager sur scène sans penser impressionner, ni à retrouver une certaine virtuosité" (page 40).

On peut toujours se permettre d'espérer, mais peu importe la suite ou non, merci Karine pour m'avoir amené là tout en dedans !


samedi 18 janvier 2020

Sur mes pas en danse: Retour sur ma soirée fort porteuse de messages riches des esthétiques proposés

À cette soirée de Tangente à laquelle mes pas m'ont porté, les deux oeuvres que j'allais découvrir étaient le fait de créateurs que je connaissais et que j'appréciais. D'abord "Habitat" de et avec Bettina Szabo, dont j'en avais, entre autre, déjà vu deux versions de cette oeuvre dont la première au Studio 303, il plus de 3 ans ! Ensuite, "On the Brink" de et avec Alexandre Mortin et Jonathan Goulet qui tous les deux, un comme chorégraphe et l'autre comme interprète m'ont fait plonger dans un univers marin avec "Breach", l'an dernier. Deux oeuvres avec du propos, mais aussi avec la latitude pour en faire ma lecture personnelle.

C'est donc dans l'Espace vert du Wilder, riche de l'intimité qu'elle permet ("full plein" en cette première soirée), qu'en première rangée, je découvrirai ces deux propositions chorégraphiques.

Je reviendrai sur chacune d'elle, mais en revenant à la maison, j'avais en tête, leur habile utilisation des accessoires pour passer leur message. Deux oeuvres qui ont de ma perspective toute personnelle possèdent un rayonnement spectral très fort dans la partie ultraviolette, soit la partie rationnelle d'une oeuvre. Pour les deux, j'ai trouvé des messages, les messages souhaités, je ne saurais dire, mais des messages qui m'ont touché et voilà pourquoi.

D'abord, dans "Habitat" se présente à nous, un être incarné par Bettina Szabo qui évolue seul loin de nous. Elle, pieds et mains par terre, face regardant en haut, bouge de façon incertaine. Que recherche-t-elle, chacun pourra y trouver sa réponse, mais pour ma part, elle recherche un abri, un "Habitat", une protection face à son environnement ! Et cet abri, elle le trouvera avec ce bel objet de papier dans lequel elle se glisse. Cet objet difficile à décrire, mais fort beau à voir, elle le module avec ses mouvements et selon des intentions connues juste par elle, mais qui, néanmoins, nous permettent de nous laisser toute la place pour notre interprétation. Et puis, une fois sa place fait à l'intérieur, elle se met à rayonner. Et là, mon plaisir du spectateur y trouve son compte d'espoir. Parce que le message, encore latent dans ma tête à ce moment, éclot à mon retour à la maison. Ainsi donc cette femme ou cet homme qui vient de là-bas et qui veux venir ici, devra d'abord s'intégrer pour ensuite contribuer (ou rayonner). Une oeuvre en trois temps, en une trentaine de minutes, qui résume le cheminement d'un être "différent" de là-bas jusqu'à son intégration positive parmi sa communauté d'accueil !

                                         Photo par Guillaume Lavallée

Après la pause, nous reprenons place pour découvrir "On the Brink". Au début, tout est noir et nous apparaît un faisceau de lumière blanche dirigée vers nous sans que l'on en découvre plus sur la scène devant. Peu à peu, au gré de ce faisceau lumineux de plus en plus révélateur, nous apparaît deux hommes dans un environnement lunaire ou post apocalyptique. Il semble être les deux seuls survivants dans un environnement géologique hostile. Peu importe l'objectif de leurs mouvements, il sont à la recherche de quelque chose et bientôt, il semble que l'espace soit trop petit pour les deux. De leur confrontation en résulte que l'un reste et que l'autre est propulsé tout là-bas (ce qui est en fait dans le fond de la scène) sans ses habits. Il y donc celui qui reste et celui qui part, libéré, et nous, nous en sommes témoins. De ma perspective, une fable moderne de notre monde en mode décomposition et du choix que nous devrons faire ou que nous serons forcés de faire !

                                          Photo par Carl-Hugo Poirier

Au final, deux oeuvres fortes de leur esthétique et de leur message qui avaient une résonance forte en moi. Une qui parle de venir ici et l'autre de partir pour là-bas. Deux oeuvres enrobées d'un bel esthétisme et d'une trame musicale fort riche et porteuse. Une soirée qui m'a permis des réflexions fort riches, cela grâce à des jeunes qui ont vu des aspects de notre monde d'une façon toute personnelle.




mercredi 15 janvier 2020

Sur mes pas au Festival Bouge d'Ici: Surpris par "So You Think That Was Dance ?"

En ce samedi soir de début de saison culturelle assez tranquille, lorsque j'ai vu la proposition "So You Think That Was Dance ?" dans le cadre du Festival Bouge d'Ici au théâtre Mainline, je n'ai pas hésité. Malgré les caprices de mère Nature, je m'y suis rendu. Je pouvais aller voir de la danse et cela faisait un "bon bout de temps" que j'en avais pas vu "live" ! De plus, il y avait au programme de la soirée, des noms que je reconnaissais !



Me voilà donc en début de file d'attente pour prendre place dans la salle. Les portes s'ouvrent et la place se remplit et enfin (!), le tout commence. Karen Fennell, telle un papillon en mouvement prend possession de la scène, d'abord, de la place ensuite et du micro enfin pour endosser son rôle de maîtresse de cérémonie. Sur la formule "micro ouvert", des artistes sont choisis par elle, sur des bases assez informelles pour nous "partager leur idées les plus fraîches et enivrantes en œuvres de 10 minutes ou moins". Et je le découvrirai par la suite, ça ne sera pas nécessairement que de la danse et nous aurons droit à huit propositions qui, au final, dépasseront nettement les frontières de la danse. 

(Note à moi-même: Porter une plus grande attention au titre lorsqu'il est écrit en anglais !)

Viendront devant nous, à tour de rôle, Mona El Husseini, Josée Gagnon, Anouk Theriault, Chris Godziuk, Lesley Charters Cotton, Alexis Trépanier, Marc Boucher et le duo de Emmalie Ruest et Stephanie Fromentin.

Les premiers moments avec Mona El Hussein ont été fort intéressants. Arrivant sur scène, elle met un lecteur audio dans un coin, un appareil photo dans un autre et enfin un texte à lire dans un troisième. Elle nous indique avant de débuter, qu'elle demande notre collaboration, soit de choisir une des trois extraits musicaux et de la faire écouter par tous, soit de prendre des photos, soit de lire tout haut des extraits de texte et même de participer à la chorégraphie avec elle. Elle nos dit aussi qu'elle dansera les "dix" prochaines minutes, les yeux fermés. Et c'est parti ! Tout au long, de ces mouvements, plusieurs personnes du public ont "embarqué" et au final, le tout fût très réussi ! Voilà une proposition fraîche comme je les aime !

Il s'en suit un cent quatre-vingt degrés artistique, puisque Josée Gagnon nous propose, d'abord deux chansons dont une, durant laquelle, elle nous demande de participer, ce que nous avons fait avec coeur. Quand il est question de se défouler à propos de la météo, il semble que cela a touché dans le mille chez les spectateurs. La troisième partie, relève plus du rituel, mais, il a été fort agréable à voir.

En fin de première partie, Anouk Theriault, une fois la rose en pot laissé derrière elle, nous propose une oeuvre hybride qui a tout de l'éclosion d'un papillon. 

Entracte

On repart la soirée avec Chris Godziuk qui démarre le tout avec un fil rouge qui tient un sac. De ce sac nous apparaîtra une masse de tissus blancs informes qui, je dois l'avouer, m'a laissé quelque peu dubitatif. 

Suit Lesley Charters Cotton, qui a 71 ans, insiste Karen Fennell, avec son maillot multicolore fort coloré nous présente pendant une dizaine de minutes une danse toute décomplexée et un superbe sourire.

Alexis Trépanier suit avec une rencontre touchante, qui consiste à une proposition, orale et dansée qui intègre des échanges avec sa grand-mère et sa mère sur fond de figures géométriques jusqu'à revenir à lui-même.

Nous irons complètement ailleurs avec Marc Boucher. Dans un maillot gris moulant, avec un sac à dos contenant un arsenal d'accessoires dépareillés, avec aux pieds des sabots de bois (d'où son jeu de mots qu'il nous dit un peu plus tard, "J'aime marcher dans le bois !"), il déroule le fil et joue de la raquette en utilisant tout l'espace et la collaboration d'un des spectateurs. Empêtré, la conclusion a tout du pétard mouillé, mais ce qui n'empêche pas les gens tout autour de bien rire. Je ne suis pas certain d'être le public pour ce type d'oeuvres !

Et pour compléter le tout, que diriez-vous de tenter de résoudre le cube Rubik pendant que deux interprètes vous proposent des tableaux chorégraphiques fort éclatés. Voilà ce qu'une spectatrice a accepté de faire à la demande d'Emmalie Ruest et Stephanie Fromentin. Elle a manoeuvré à la lumière des projecteurs, sinon dans le noir, excepté parfois à la lumière d'un portable d'un bon samaritain. Oeuvre difficile à suivre pour moi, qui suivait "la spectatrice au cube", d'un œil et les mouvements des deux autres. De la danse instinctive qui a su me toucher, comme le pompon d'une des interprètes lors de la représentation.

C'est avec un cube Rubik résolu, il me semble, que la soirée s'est terminée et que nous avons repris notre chemin vers la maison pour découvrir la pluie à notre départ de la salle et le verglas à notre arrivée à la maison.

Au final, une soirée surprenante, "décoiffante" aussi pour le spectateur que je suis. Spectateur qui se fait poser la question par sa blonde, "So you think that was dance ?"

dimanche 12 janvier 2020

Retour sur mes pas au Gym littéraire: le plaisir d'écrire en bonne compagnie

Moi qui préfère aller courir dans les rues de Montréal, glacées ou pas, plutôt que de me rendre dans un gym pour garder la forme physique, il en est tout autrement pour ce qui concerne "ma plume". Celle que je tiens au bout de mes doigts quand le délaisse le clavier ! Les exercices que Patricia Rivas nous propose mensuellement, en petit groupe, avec son Gym littéraire me procure, à chaque fois, un certain plaisir, sinon un plaisir certain satisfaisant ! Et encore une fois en ce dimanche matin de janvier, blanchi par mère nature, ça été le cas !

Donc dans une salle du sous-sol du Resto Vego de la rue St-Denis, autour d'une table avec cinq autres participants, nous avons plongé dans les exercices de notre maître de jeu, Patricia.

Une fois les présentations faites, nous entamons l'activité avec un réchauffement intitulé, "Inventez de nouveaux titres!"

Le principe est simple, avec une feuille à deux colonnes "de mots", nous devrons faire des associations en ajoutant ou en enlevant des mots pour créer des titres d'oeuvres littéraires. Dans la colonne de gauche des mots tirés du recueil de poésie de Virginie Beauregard D. , "Les derniers coureurs" titre fort évocateur pour moi ! La colonne de gauche, composés des mots tirés du "chef d'oeuvre que j'ai tellement apprécié, de Gabriel Garcia Marquez, "L'amour au temps du choléra".

Je ne vous présenterai pas les deux colonne intégrales, vous m'excuserez sûrement, mais plutôt ce que moi, j'en a tiré. Mais juste avant, je dois vous dire que j'ai procédé en deux temps. J'ai d'abord utilisé sans trop réfléchir des éléments des deux colonnes pour ensuite, utiliser mon scalpel intellectuel pour créer mes titres. Voici donc mes titres d’œuvres dont il ne reste qu'à écrire le corps de l'oeuvre !!!

"Doré à point par le vice"
"Le feu est pris, y'a de quoi faire un plat"
"Comme une comète, après l'amour"
"Nos doigts face au vide"
"Comme un poumon, plutôt mourir"
"Main mémoire de coeur"
"L'enfant tombé de son âme"
"Perdre l'étoile à l'aube"
"Un géant jamais vieux"

Une dizaine de minutes qui m'ont permises de laisser cours à mon imagination stimulée grâce à des mots, présents là, juste devant moi.

Mais ce ne fût que les hors d'oeuvre fort bons avant la suite.

La suite proposée, le plan A de cette rencontre, consistait à écrire sur des bouts de papier, sept informations. Ma chanson préférée, mon livre préféré, mon film préféré, ce qu'est la poésie pour moi, un ou des mots que je laisserais à un être humain qui sera sur terre dans cent ans, ensuite une citation que je répète aux autres et enfin, une autre tirée d'un roman que j'ai lu ou d'un livre parmi ceux fourni sur place. Pour ceux et celles qui me liront jusqu'à la fin, vous pourrez connaître mes propositions, mais avant je vous présente le résultat des deux exercices grâce aux propositions des autres avec mon crayon sur ces pages blanches. J'aurais bien voulu vous présenter les textes fort beaux des autres, mais ma mémoire très limité ne me le permet pas !

Donc le premier exercice consiste à piger dans le "chapeau" qui est en fait un sac, le premier élément de l'histoire à créer. Les autres suivront à intervalle de trois minutes.

Pour moi en entrée de jeu, "Une sorcière comme les autres", top 3 minutes !

Prenez le temps de me suivre. Je vous amènerai à travers un dédale de bâtiments d'où sortent, par des cheminées résistant au temps, des volutes de différentes natures. Derrière une de ces portes, vit une sorcière comme les autres.

Autre pige, "La nage"

Rien ne la distinguait des autres femmes du quartier. Depuis que je suis tout petit, cette voisine lointaine, tient en ses mains, ma curiosité. Allez savoir pourquoi, mais il m'arrive de faire l'école buissonnière pour me cacher derrières des cageots près de chez elle. De ces journée, bien caché, j'en ai appris sur elle ! Je l'ai même suivi pour découvrir ce qui est assez troublant pour une sorcière, qu'elle aime la nage ! Cela m'a plongé dans un trouble plein d'incertitudes.

Autre pige, "Tu quoque mi fili" ou "Toi aussi mon fils " OK je dois prendre ce "tournant", mais comment !

Malgré tout, mes missions d'espionnage m'avaient ragaillardi. Je me suis de plus en plus rapproché . Et ce qui devait arrivé, arriva ! Elle m 'a surpris et elle m'a dit "Tu quoque mi fili"

(Le lecteur avisé trouvera que le dernier extrait est court, mais soit informé cher lecteur que le décalage et le manque d'inspiration peut exister dans l'écriture et pas seulement dans le temps !)

Autre pige, "Mars trilogy"

Honteux de m'être fait surprendre, j'ai rougi jusqu'au bout de mes oreilles, pourtant fort longues. Rouges autant que ma planète préférée, plus lointaine que la lune et dont j'avais lu tous les romans dont la "Mars Trilogy". Et le pire, est ce que je ne comprenais pas ce qu'elle me disait !

Autre pige, "gros calin"

Plutôt que de me faire fuir, elle s'est approchée de moi et elle m'a fait un gros calin ! Moi, devant elle, j'étais tétanisé, tout le sang de mon corps avait figé. Je peinais à respirer, mais malgré tout, je sentais son parfum fort envoûtant. Une mouche dans une toile d'araignée, voilà ce que j'étais.

Autre pige, "Aimer, c'est savoir dire je t'aime sans parler"

Peu à peu, j'ai repris mes esprits et elle plutôt que de me faire déguerpir avec ses paroles de sorcière qu'elle criait aux autres enfants du quartier, elle m'a fait un regard qui je l'ai ressenti encore longtemps après, semblait me dire "Aimer, c'est savoir dire je t'aime sans parler".

Autre et dernière pige, "Sunset boulevard"

Et je me suis mis à courir, en me promettant de ne jamais le refaire (l'espionner). Depuis ce jour, j'ai tenu promesse, mais ses paroles, son sourire, son calin ont gravé au fond de moi des souvenirs indélébiles.

Encore aujourd'hui, marchant sur Sunset Boulevard, le souvenir de son parfum me trouble!

Fin de l'exercice et fier du résultat. Parce que tenir la barre d'un récit avec des thèmes imprévus aux trois minutes demande, comme au pilote sur un bateau des manœuvres imprévues pour ne pas s'échouer ! Ce que je pense avoir avoir accompli !

Arrive le temps de partager et de découvrir le résultat des autres fort beaux et très différents qui incluaient mes contributions.

Le temps passe et pour ce qui en reste, nous décidons de poursuivre dans la même veine. Nous pigerons trois bouts de papier et en quelques minutes, nous produirons une courte oeuvre.

Je pige donc, j'apprécie le résultat et je cogite avant de me mettre à l'oeuvre. En voici le résultat avec entre guillemets, les mots que j'ai pigé, qui je vous le rappelle, n'a pas de lien avec le texte précédent, sauf l'auteur évidemment !

Elle m'a regardé droit dans les yeux, plongeant tout au fond de moi, me faisant ressentir que " l'intime est encore et toujours du social". De sa plongée et des éclaboussures fort révélatrices, j'en ressent que "ensemble c'est mieux". Tout trempé de ces révélations fulgurantes, je me suis dis "chanceux", je suis !

Fin du Gym littéraire, après les moments de partage.

Vous, qui m'avez lu jusqu'à maintenant, je vous présente mes contributions:

Ma chanson, "Qu'est ce qu'on leur laisse" (de Richard Séguin)
Mon livre, "Le vieux qui lisait des romans d'amour" (de Luis Sepulveda)
Mon film "L'Opus de M. Holland"
La poésie pour moi, "La main libérée"
Ce que je dirais à un être humain dans cent ans:"Chanceux !"
Ma citation: Le plus important dans la vie: survivre !"
Une citation (du roman que je lis actuellement, "Le Plongeur") "C'est pas grave, c'est juste un restaurant"

Fort heureux de ces moments d'écriture, je reviens à la maison en me promettant de revenir faire d'autres exercices littéraires !






jeudi 9 janvier 2020

Sur mes pas au "Wildside Festival": Surpris et amusé par "Multiple Organism"

En tout début d'année, les scènes sont fort calmes. Il en reste que le théâtre Centaur nous propose son "Festival Wildside" et mo, comme il m'arrive régulièrement de le faire, je m'y suis rendu. Au programme, pour sa première soirée, deux oeuvres dont "Multiple Organism", en levée de rideau, qui a mérité un prix (Choix du public) au plus récent Festival Fringe de Montréal. C'est devant un public assez différent de celui du Festival Fringe que Jessica Gabriel et Chloé Ziner (de Vancouver) propose leur oeuvre. Mais qui a autant apprécié que moi, si je me fie aux réactions et aux rires entendus tout au long de la présentation.

                                          Photo de Jessica Gabriel par Chloé Ziner

Donc, après les présentations et les salutations d'usage, les lumières se font d'abord quelque peu et puis après tout à fait discrètes. Nous apparaît dans le coin droit arrière de la scène, le corps nu qui a tout de la figure d'un être qui nous parle. Le corps est celui d'une des créatrices et la bouche projetée, celle de l'autre. Le résultat est tout aussi captivant que réussi. Le propos (en langue anglaise) m'échappe quelque peu, mais c'est surtout parce que j'examine le précédé scénique.

Il s'en suit une scène qui met en vedette deux brosses à dent dans une salle de bain qui, pour la suite, nous suivrons, en plongeant dans la cuvette de toilette, nous amènerons dans une suite d'épisodes d'une belle histoire, du lavabo d'une salle de bain jusqu'à un mariage sur une plage sur une île du sud. Et cette histoire, plus large que cela, avec une mouche qui nous apparaît régulièrement, nous est présentée par l'intermédiaire de deux rétro-projecteurs, habilement et intelligemment utilisés.

Une oeuvre fort bien imaginée et créée qui me rappelle "Cold Blood" du Collectif  Kiss & Cry avec des moyens moindres, mais des résultats tout aussi intéressants. Une oeuvre exigeante pour moi qui, tout au long, appréciait l'histoire, mais aussi les manipulations des artisans.

Au final, je n'avais jamais vu une proposition artistique, mettant des brosses à dent qui "m'allumait" autant et me faire rire à "pleines dents" !


vendredi 3 janvier 2020

Sur mes pas en musique chez Sérénité Sonore: Bercé et comblé par un duo de handpan et de harpe

Lorsque mes pas m'ont amené tout en haut de l'ancienne usine Cadbury, dans le loft de Sérénité Sonore d'Anabelle Renzo pour assister au concert du duo "Luminescent" (Coralie Gauthier à la harpe et Pierre-Olivier Bolduc au handpan, entre autre), c'était pour moi, une première. Non pas d'assister à un concert en ces lieux, mais de pouvoir découvrir une performance live de handpan. Ayant d'abord découvert le hang, de la grande famille des handpans, lors du visionnement d'un film (dont j'oublie le nom, mosus de mosus !!!), j'espérais en écouter en direct durant un concert. Par conséquent, lorsque j'ai appris qu'en ce lieu fort propice à l'écoute, je pourrais le faire, mes billets furent promptement achetés . Et je m'y suis rendu bien accompagné !

À notre arrivée, nous sommes accueillis tout en sourire par Annabelle Renzo. Une fois à notre aise (lire ici sans son manteau et ses chaussures), nous trouvons d'abord le siège hamac qui nous accueillera pour la suite de la soirée. Je profite, de notre arrivée hâtive pour demander quelques informations à Pierre-Olivier Bolduc sur cet instrument et qui au passage m'indique aussi qu'il est possible d'assister à une séance d'initiation au handpan, même pour les non initiés. Information dont je prends bien note!

              Tiré du site de Sérénité Sonore (le deuxième siège à la gauche a été le mien pour la soirée !)

Le temps passe, tous les sièges trouvent preneuses ou preneurs et débute la prestation musicale. Pendant plus d'une heure, nous sommes portés ou bercés (!) par le rythme des instruments qui se  s'accompagnent ou se répondent durant les différentes pièces. S'il arrive que mes yeux se ferment, ce n'est pas le cas de mon esprit enveloppé par la douceur des mélodies et des harmonies. Impossible de rester insensible devant cette douceur musicale. La complicité des deux interprètes est palpable et enrichit l'univers musical qui m'enrobe !

Après cette deuxième soirée en ces lieux, je peux affirmer que d'écouter de la musique assis dans le confort d'un siège hamac est une expérience incomparable. En revenant de cette pause entre Noël et le Jour de l'an, je me fais la résolution d'y revenir pour d'autres rendez-vous. En plus du handpan, ne voilà tu pas que je découvre dans la programmation de ce lieu, un concert de thérémine !

Retour sur mes pas en danse de l'automne dernier: Mon palmarès et mes mentions !

Nous venons de tourner la page sur l'année, mais moi, je voudrais prendre quelques minutes pour regarder derrière et partager mes principaux coups de cœur en danse depuis le mois de septembre. Avec, "dans la besace", presque une trentaine de sorties "danse" qui m'ont permis d'apprécier près d'une cinquantaine d’œuvres, le spectateur que je suis a été rassasié et fort satisfait. Des propositions qui m'ont amené dans toutes les directions créatives, mais aussi dans différents lieux. Il en reste, que certaines méritent, selon mon humble perspective de spectateur, d'être présentées dans mon palmarès. Les choix ont été difficiles, mais allons-y pour le "Palmarès A-19, sur les pas du spectateur".



En sixième position: "Nadia, est-ce que ça va" de Liliane Moussa & Caroline St-Laurent, présenté à Tangente. Voilà une oeuvre dont le propos est fort bien amené avec une perspective à rebours. Perspective que j'avais découvert avec un décalage dans le temps, soit en revenant chez moi, en revoyant l'oeuvre dans ma tête ! Illustrant en entrée de jeu l'unicité d'une performance qu'elle soit olympique ou scénique par un vêtement à usage unique jusqu'à nous ramener à la source du désir et du plaisir de "performer". Voilà une oeuvre que je voudrais revoir pour en apprécier la trame narrative et aussi les performances des interprètes, évidemment !

En cinquième position: "Intérieurs" de et avec Caroline Laurin Beaucage, présenté par Danse Danse. Cette femme a fait du chemin avec "Habiter sa mémoire" (pendant 3 ans à travers le monde) et dans les différents tableaux, j'y ai vu d'abord éclore les fleurs de toutes les couleurs, suivies des fruits résultant de la pollinisation par toutes les personnes qu'elle a rencontré tout au long de ces années. Cette femme se livre à nous avec une intensité de son propos chorégraphique fort palpable, surtout si comme moi, vous étiez en première rangée. J'ai été rejoint et touché.

En quatrième position, le très surprenant "Umanishish" de Soleil Launière, présenté dans la série "BODY ELECTRIC" à l'Usine C. Une oeuvre exigeante, mais fort intense qui incite à prendre conscience des défis qui nous guettent. Avec des symboles forts et une démarche captivante, l'interprète est investie durant les différents tableaux qui utilisent l'ombre et la lumière qui magnifie le propos fort riche. Et cela m'a interpellé, totalement !

En troisième position, "Bygones" de la "Out Innerspace Dance Theatre" (Tiffany Tregarthen et David Raymond) présenté par l'Agora de la Danse. J'en retiens l'utilisation des accessoires, mais surtout celui des éclairages qui créaient des murs "physiques" sur scène pour illustrer le propos. Impossible de ne pas apprécier la précision d'exécution des interprètes pour créer des effets visuels fort percutants. Une oeuvre marquante !

En deuxième position, "Danse mutante", projet initié par Mélanie Demers et enrichi par les chorégraphes Ann Liv Young, Kettly Noël et Ann Van den Broek. Près de trois heures dans quatre univers tout aussi éclatés que différents, portés par les très solides performances de Francis Ducharme et Riley Sims. Impossible de ne pas rester impressionné devant l'audace et la diversité présentées devant nous.

En première position, "Nous (ne) sommes (pas) tous et toutes des gigueurs et gigueuses", spectacle conçu par Sophie Corriveau et Katya Montaignac, présenté par Danse-Cité. Une soirée hors-norme durant laquelle une dizaine d'interprètes provenant du monde de différents univers artistiques, pas seulement chorégraphiques. Une soirée d'échange, de partage, durant laquelle les spectateurs pouvaient participer (privilège que j'ai utilisé). Assis entre Lee Anholt aux éclairages et Zviane aux crayons (pour illustrer en B.D. ses impressions), j'avais l'impression de faire partie de l'oeuvre. Devant moi, j'ai pu apprécier des moments mémorables de confiance, de partage et d'intimité qui m'ont touché profondément. Et comme chaque soirée était différente, ce fût aussi des moments uniques. Un moment fort de ma vie de spectateur.

Mes choix étaient difficiles et en laissent quelques autres sur le pas de la "porte". Voilà donc je vous propose mes mentions.

D'abord "Inscape" de Milan Gervais, présenté par Danse-Cité qui nous a fait voyager dans un stationnement extérieur pour rencontrer toute une galerie de personnages. Une autre belle réalisation in-situ de cette chorégraphe et de son équipe.

Ensuite, "Frontera" de Dana Gingras, présenté par Danse Danse qui avec sur "fond sombre" nous présente différentes perspectives des frontières. Un propos chorégraphique appliqué, bien interprété, rehaussé par des éclairages fort justes.

Aussi, "Beside" de Marie Béland au Théâtre La Chapelle. Quiconque, qui comme moi, a déjà vu  "Behind" et "Between", découvrira l'originalité de son approche créatrice. Pour moi, une proposition de cette chorégraphe, amène une réaction, "be there Robert!"

Enfin, une oeuvre que je revoyais dans sa troisième mouture "Ellipses" de Stefania Skoryna présentée dans le cadre des Danses Buisonnières de Tangente. Une oeuvre encore courte (une dizaine de minutes), mais qui, et je l'espère, comme l'univers qu'elle décrit, prendra de l'expansion temporelle. Et pour ce moment, j'y serai très certainement.

Se termine donc mon palmarès de ma saison automnale en danse. J'aurais pu y ajouter plusieurs autres propositions, mais je m'arrête ici. Je vous souhaite un bon début d'année, mais surtout bonne année de danse !