lundi 17 février 2020

Sur mes pas en danse + cinéma: Des "regards hybrides" qui nous montrent des mouvements d'une perspective différente !

À une invitation de Priscilla Guy pour découvrir ses "Regards hybrides, en tournée", j'en étais à une troisième acceptation. Je me rappelle encore la première fois, il y a un peu moins de trois ans. Au programme, "Off Ground" qui mettait en vedette Louise Lecavalier et un enfant (Antoine Masson) qui lui avait volé la vedette. Admettez, qui l'aurait cru ? Pour le découvrir, voici le lien  https://youtu.be/nhi74vJOt40. Il en reste que lors de la discussion d'après représentation, cette grande dame a été fort généreuse et elle nous avait présenté les défis et les embûches de la création de ce court-métrage, fort bien réussi, mais surtout très touchant. Bon, allez-y, vous verrez bien !



Depuis, je tente d'y être lorsqu'elle nous invite lors de sa tournée de lieu de diffusion culturel. En ce début d'année, compte-tenu de mon agenda, c'est dans un lieu tout nouveau pour moi que mes pas m'ont amené pour découvrir la nouvelle mouture de ses "Regards Hybrides en tournée", soit la salle d'animation de la bibliothèque Jean-Corbeil à Anjou. Dans ce lieu fort beau, mais peu familier à présenter des créations chorégraphiques, en vrai comme sur l'écran, nous serons trop peu nombreux à en profiter! Pour l'occasion, Priscilla Guy sera accompagnée par Carl Beauchemin du duo Flamant (lui et Vickie Grondin) qui présentera une oeuvre au programme, "Baker". 

C'est donc huit œuvres d'une durée entre trois et onze minutes, de différents horizons qui nous ont fait effectivement voyager et voici pourquoi !

Nous débutons la soirée avec "Wamin (La pomme)" de Katherine Nequado (et de l'équipe de Wapikoni mobile). En trois minutes, nous découvrons qu'une couleur peut en révéler une autre, toute aussi vraie ! Habilement fait et fort d'un message fort essentiel en ces temps troubles.

Il s'en suit "This Dance Has No End" de et avec Fenia Kotsopoulos. Pendant les onze minutes en noir et blanc , je suis mystifié par ce personnage qui bouge et qui danse tout en me demandant qui est-il ? Parce que de la façon dont il est habillé, je me mets à douter. Comme pour le titre, ma curiosité face à ce personnage ne s'est pas arrêtée avec la fin de la présentation de l'oeuvre. 

Il s'en suit "Pace" de Katrina McPherson et Marisa Zanotti qui en entrée de jeu de ses quatre minutes m'a étourdi pour me faire ensuite découvrir les mouvements d'une femme. Un point de vue chorégraphique insaisissable, parce que fort "bougeant" !

"Ground-swell" de Kelsey Kramer et Lexie Thrash nous amène "dans la nature" avec deux femmes vêtues en noir et blanc. Les mouvements sont au cœur de cette oeuvre. Et moi durant le visionnement, le rôle de cette "toile" m'intrigue, sans que je puisse en saisir mon sens ! Ce qui au final, n'a pas d'importance puisque que captivé jusqu'à la fin.

La prochaine oeuvre nous ramène dans les années cinquante, lire ici 1950. "Voisins" du grand réalisateur Norman McLaren, nous propose, tel qu'annoncé, une relation entre voisins qui dérape. Pour peu que l'on soit familier avec l'univers de ce créateur hors norme, il sera possible d'y voir une perspective tellement vraie et encore très actuelle de notre "humanité" ! Jusqu'où sommes nous prêts à aller ? Voilà la question qui résonne pendant et après !

"Passing Through" de Robbie Synge et Julie Cleves" est la plus atypique des propositions présentées comme les interprètes qui en font partie. Si tous les deux sont interprètes en danse, elle est lourdement handicapée, ne pouvant se déplacer qu'en chaise roulante, tandis que lui, est tout à fait autonome. Mais à eux deux, ils iront "faire une promenade dans la nature", en utilisant différents objets et nous, nous les suivrons ! Utilisant différents accessoires dont des planches de bois, ils nous montrent qu'il est possible d'aller, ensemble, au-delà de nos limites. Voilà un dix minutes inspirant, nous permettant d'espérer qu'ensemble il est possible de "Passing Through" les difficultés de la vie.

Dans tout autre registre, "Baker" en l'honneur de la célèbre Joséphine Baker, Flamant nous en présente une version flamboyante, talentueusement incarnée par Jossua Collin Dufour. Cette réincarnation de cette artiste, je l'avais déjà vu à une soirée "Short and Sweet", mais, cette fois, sur grand écran, avec l'éclat des mouvements et des bananes toutes actives me rappellent la magie de cette première fois. Un court moment éclatant qui m'a permis de découvrir une version moderne de cette artiste iconique !

Et pour terminer cette soirée trop courte selon mes critères, une oeuvre cérébrale, sinon philosophique, "Asking for a friend" de Bridget Moser. Une proposition "intelligente" ou philosophique sur la relation avec nous même et aussi celle que nous pourrions avoir avec les objets qui nous entourent. Une oeuvre dont le propos m'a accompagné dans l'autobus jusqu'à la maison. 

Et vous qui n'y étiez pas et qui, je l'espère, regrettez de ne pas avoir été présent. Vous pouvez découvrir certaines de ces œuvres en suivant les liens suivants.



https://www.youtube.com/watch?v=XOY6uyRZ0fw&feature=emb_title pour "This Dance Has No End".

De mon côté, j'irai sur le site de Flamant poursuivre ma découverte de leurs créations à l'adresse
http://flamant.co/








samedi 15 février 2020

Sur mes pas en danse: Une expédition toute intense dans "Winterreise" avec José Navas et ses complices !

À cette soirée danse, je m'y suis rendu sans avoir lu quoique ce soit sur ce qui m'allait être présenté. J'y allais les yeux fermés et l'esprit confiant. Danse Danse qui présente José Navas sur scène.

Rendu ici, vous vous direz sûrement, voilà un préambule qui annoncent sûrement une déception de spectateur. Et bien soyez rassurés, ce n'est pas le cas. Et je dirais même que j'y ai trouvé un certain plaisir sinon un plaisir certain de découvrir "Le voyage d'hiver" de cet homme incarné par le danseur-chorégraphe, accompagné sur scène par un pianiste (Francis Perron) et un chanteur-ténor (Jacques-Olivier Chartier). Pas trop amateur et encore moins connaisseur de musique classique, cette oeuvre de Franz Schubert, j'en connaissais "nada" !

                                         Photo de José Navas tirée du site de Danse Danse

Donc à mon arrivée en salle, je prends place en première rangée. Une fois bien assis, je découvre, sur une scène sans artifices, José Navas, assis sur une chaise immobile à l'arrière côté droit. À l'opposé à gauche, un piano solitaire, sans son pianiste. Le temps passe, les mots d'usage sont prononcés, les autres interprètes prennent place et les lumières se font d'abord discrètes pour ensuite devenir "toutes éteintes".

Et lorsqu'elles reviennent "brillantes", je découvre juste devant moi Jose Navas en mouvements de bras bien affirmés. De tableaux en tableaux ou plutôt de lieder en leider (24 au total), porté par le chant fort percutant et le piano fort planant, ce que vit cet homme, je le ressens fortement, tout au long de la "traversée" de son épreuve. N'ayant aucune idée de son histoire, je me fais la mienne qui sera assez proche de celle que j'apprendrai après. Il a réussit à me transmettre avec beauté et intensité ce que Franz Schubert avait composé.

Je dois quand même admettre que mon attention a été parfois amené à suivre les déplacements du chanteur tout près de moi, en première rangée, je vous rappelle. Je dois aussi surmonter mon "attirance" pour un élément oral, soit le "son de crachat" qu'émet régulièrement le chanteur. Il me faudra un effort volontaire pour m'en détacher et à me concentrer sur ce que "vit" cet homme. Mais comme José Navas est un magnifique interprète, il a pu, par son interprétation, me remettre sur "les rails" de l'oeuvre jusqu'à sa destination. Au final, une soirée qui m'a permis de découvrir une grande oeuvre de chant et une oeuvre chorégraphique, malgré un détail qui m'a dérangé pendant un certain temps.

mardi 11 février 2020

Sur mes pas en danse: Une soirée fort contrastée chez Tangente !

Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder, c'était pour assister à des rencontres avec des artistes que je connaissais, mais d'une différente façon. Avec "Suspendu au sol", Philippe Meunier et Ian Yaworski ne seraient pas sur scène dans leur oeuvre, mais seraient plutôt au commande de leur création. Et avec "Pythagore mon corps", c'est avec Stacey Désilier, la chorégraphe, et non pas l'interprète que j'aurais rendez-vous.

C'est donc dans une nouvelle tangente de leur parcours professionnel que ces créateurs m'invitaient en cette soirée de début février. Et moi, j'étais bien curieux de découvrir leurs propositions ! En cette soirée de première, la salle regorge de leurs collègues et membres de famille aussi, si je me fie à ce que j'entends derrière moi une fois rendu à mon siège.

Pour la première oeuvre de la soirée, à notre entrée, les quatre interprètes (David Campbell, Catherine Lafleur, Geneviève Lauzon et Liane Thériault) sont déjà là, "Suspendu au sol" (!) du grand lieu de l'Espace Orange. Pour peu que l'on s'y attarde, le titre intéresse. Tout amateur de gigue contemporaine sait qu'un élément fondamental de cette danse est le jeu des pieds fort dynamique, tandis que le titre me laisse imaginer ces mêmes pieds, mais tout immobiles ! J'étais donc bien intrigué de découvrir leurs premiers pas "hors piste" de la gigue contemporaine de ces deux chorégraphes-interprètes.

                                          Photo de Justine Latour tirée du site de Tangente

Une fois les lumières devenues discrètes, je découvre les corps qui se mettent à "pulser", les bras en premier, suspendus au sol ! Et puis, tout à coup, le groupe se met en mouvements surtout en duo, mais aussi ensemble tout en étant coloré de leur singularité. Je suis fort attentif, mais aussi très curieux de découvrir des traces de gigue contemporaine, mais rien ne transparaît à mes yeux. Comme pour éloigner la tentation, les mouvements se font surtout dans la latéralité de cette grande scène tout en bois, murs inclus. J'observe toutes les nuances de ces corps qui évoluent jusqu'à, tout à coup, la perspective change. Celle d'une frontalité caractéristique de la gigue. Je me mets à me dire intérieurement le dicton fort bien connu, "chassez le naturel et il revient au galop" ! Mais là, Robert tu conclus trop vite !!! Parce que si la frontalité des corps nous dévoile en fin de parcours des postures de gigue contemporaine, elles ne sont pas accompagnées des pas qui les accompagnent normalement, tout cela porté par une musique porteuse d'espoir vers de nouveaux horizons. Voilà des premiers pas "hors sentier" de ces chorégraphes, une prise de risque, loin de leur zone de confort, avec des interprètes qui ont su les présenter fort habilement. Et pour découvrir les prochaines destinations de ces pas, je surveillerai leur prochaine proposition.

Après les applaudissements bien mérités, arrive la pause durant laquelle nous pouvons rester en salle. Et c'est ce que je ferai ! Arrivent sur scène, pour s'échauffer, les interprètes (Charles Brecard, Justine Chevalier-Martineau, Noémie Dufour-Campeau, Roxanne Dupuis, Maïka Giasson et Alexandre Wilhelm) avec certaines parties de leurs vêtements haut en couleurs.

                                     Photo de Mathieu Desjardins tirée du site de Tangente

Après la pause de quinze minutes écoulée, "Pythagore mon corps" débute. L'oeuvre débute dans les terreaux des arts martiaux, des danses urbaines et de la boxe, comme annoncé, loin donc de mes territoires de prédilection. Mais je dois l'avouer, ce que je vois, capte "ipso facto", mon attention. Il s'y dégage une logique presque cartésienne de relations que je tente de déchiffrer. Je vois dans le tracé du propos chorégraphique, une jeunesse qui s'affirme à la recherche des limites. Est-ce les limites face à soi-même, face aux autres ou tout simplement face à l'environnement ambiant ? Je ne saurais l'affirmer, mais je retrouve dans les mouvements une recherche face à l'adversité colorée d'insolence. Et comme pour la formule de Pythagore, "c'est au carré" qu'il faut considérer l'effet de la gravité pour contrer la chute au sol des corps. Et lorsque, dans un tableau trop court, les corps se colorent tout en bleu, l'effet est fort impressionnant. Et en fin de parcours, j'acquiesce à ce qui m'était annoncé dans le feuillet de la soirée, "le spectateur est témoin de l'éternel balancement entre la rationalité et l'animalité humaines." J'ai eu l'impression de découvrir une reconnaissance corporelle de nos perspectives contradictoires face ce que nous pouvons ressentir intérieurement face à des situations difficiles.

De retour chez moi, dans le métro d'abord et l'autobus ensuite, je me mets à penser à mes collègues, enseignant.es en mathématiques, qui me parlent d'une équation ou d'une démonstration mathématique comme des choses esthétiques "tellement" belles ! Avec cette oeuvre, je me suis mis à mieux les comprendre !



vendredi 7 février 2020

Sur mes pas en danse: De ma rencontre avec l'univers de Louise Bédard, "Promesses", tenues !

Je me souviens encore de ma rencontre avec "La Démarquise" de Louise Bédard, c'était, il y a un peu moins de quatre ans. Un univers chorégraphique riche, impressionniste, peuplé de personnages féminins et d'accessoires. J'avais écrit à l'époque, que "la réception des différents tableaux, souvent surprenants, toujours métaphoriques, produit un ensemble cohérent de la personnalité féminine, pour peu que le spectateur joue son rôle."

                               Photo de Claudia Chan Tak tirée du site de l'Agora de la Danse

Depuis, mes plus récentes rencontres avec les créations de cette chorégraphe, soient "VU-Vibrations urbaines" et "Tout près du souffle", ont eu lieu en des lieux publics. Encore pour ces œuvres, les accessoires étaient "au cœur du propos" ou plutôt les "cristallites" sur lesquels notre imagination construisait notre réception. Avec "Promesses", les accessoires sont encore bien présents, et ce, dès notre entrée en salle. Nous pouvons, entre autres, découvrir sur la scène blanche, un micro sur pied, une cymbale, une table basse, et des poches en tissus. Nous pourrons aussi découvrir sur cette scène ou tout autour les différents interprètes déjà présents, Marie-Claire Forté, Marilyn Daoust, Nicolas Patry, Sébastien Provencher, Alejandro De Leon et Louis-Elyan Martin. 

Et c'est devant des sièges disposés sur deux des côtés de la scène que tout à coup, au son d'une batterie fort énergique que le tout se met en marche. Tous les interprètes tournent et nous, nous prenons la mesure de ce qui suivra. Le tout, à mes yeux, donne une touche toute impressionniste, parfois aussi avec des allures surannés de bon ton, me laissant une bonne place pour donner les sens aux gestes. 

Et pendant près de deux heures, en groupe, en duos seuls ou avec les autres autour, je découvre un univers, par petites touches, avec dans les premiers moments, des "habitants" qui surtout se déplacent ou qui restent immobile. Et puis, c'est avec l'inscription inscrite en bas d'un panneau blanc, "Nous ne sommes pas seuls", que les personnages vont et viennent, nous permettant d'imaginer les histoires que l'ont veut bien y voir. Dans cet espace, les personnages semblent évoluer à des tâches, sous leur fardeau quotidien, nous montrant des illustrations de pulsions, de vibrations et de tensions ! Des personnages lors d'un duo qui, chacun,  avec leur chandail blanc et leur drap noir polymorphique, en différentes déclinaisons, se transforment et captivent particulièrement mon attention. Il y aura aussi ce moment durant lequel, lui (Nicolas Patry) vient juste devant moi avec sur ses doigts des maisons du jeu de Monopoly, pour m'en offrir. 

Au final, j'ai eu la sensation d'avoir été un observateur des mouvements de différents personnages "hors du temps" évoluant et interagissant dans un paysage toujours en évolution. Et durant mon observation, j'ai été intrigué, surpris aussi, amusé parfois, tout en laissant mon imagination me proposer des histoires. 




samedi 1 février 2020

Sur mes pas en danse: Une semaine "danse" signée Marie Chouinard !

"Un programme double, qu'est ce que t'en dis", chantait Sylvain Lelièvre qui en rajoutait avec " Un programme double, y'a rien comme ça". Et c'est à ce type d'invitation de Danse Danse que j'ai dit oui cette semaine. Deux soirées au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts avec deux oeuvres de Marie Chouinard, soient "bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG"et "RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS" et ce dans la même semaine !

Deux soirées très différentes qui nous présentaient une oeuvre complète pour la première et une vingtaines de courtes pièces, pour la plupart des extraits d'oeuvres déjà présentées, pour la deuxième. Je dois l'avouer, j'ai une préférence pour une oeuvre longue. Par conséquent, "bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG" (ballet en deux actes) m'a encore une fois tout à fait ravi. De ces êtres qui là juste devant moi (parce qu'en première rangée !) évoluent avec différentes contraintes (orthèses, déambulateur, par exemple), présentent des tableaux riches de personnages de toute sorte. Des personnages colorés d'animalité qui d'un tableau à l'autre éblouissent, mais surtout fascinent. Une oeuvre dans laquelle, la chorégraphe nous convie dans un univers riche et éblouissant !

Pour sa part, "RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS", débute dans le hall d'entrée avec ""IN MUSEUM V2" oeuvre créée et interprétée, il y a quelques années par Marie Chouinard. En cette soirée, son "personnage" était incarné par deux de ces interprètes, aux deux extrémités du hall, sur un petit espace blanc, qui se tiennent debout en posture d'ouverture. Juste devant moi, je le sens bien, une de ces femmes s'est préparée à la rencontre et elle ira ! À celui ou celle qui ose se rendre à la rencontre, il y aura un échange fort discret pour nous qui sera suivi par un solo fort riche et qui je le suppose, traduit en gestes le court échange qui a précédé.

                                    Photo de Sylvie-Ann Paré tirée du site de la chorégraphe

Il s'en suit notre entrée en salle et de la suite de la soirée composée de 24 miniatures dansées, des solos et des duos. Si ce type de présentation ne me permet pas de m'installer confortablement dans une "histoire", elle m'a permis, en revanche, de me faire voyager dans le temps et de me faire découvrir ou de redécouvrir des oeuvres de la chorégraphe. Par exemple, si tout amateur de danse connait la "Petite danse sans nom" créée par Marie Chouinard en 1980, dans laquelle elle boit d'abord un verre d'eau pour ensuite "uriner" dans un verre.  Pour cette fois, c'est Sayer Mansfield qui m'a permis de la découvrir pour la première fois. Le tout pourrait sembler un peu douteux, mais pas du tout, sympathique, même ! Et tout autour de moi, comme moi-même, impossible de rester indifférent.  Il y a aussi ces moments qui me permettent d'apprécier, encore une fois, le grand talent et la présence de Carol Prieur. De ce tour d'horizon chorégraphique de cette créatrice hors norme, impossible de rester insensible. Et lorsqu'en fin de programme, je redécouvre quatre courtes pièces tirées de "LE NOMBRE D'OR (LIVE), je ne peux que me rappeler le plaisir de la première fois !

Merci à vous Michael Baboolal, Adrian W.S. Batt, Kimberley De Jong. Jossua Collin Dufour, Valeria Galluccio, Motrya Kozbur, Luig Luna, Sayer Mansfield, Scott McCabe, Sacha Ouellette-Deguire, Carol Prieur, Celeste Robbins et Clementine Schindler, d'incarner avec grand brio l'univers de Marie Chouinard.

Impossible pour moi de ne pas relever aussi la grande générosité de Marie Chouinard lors de la rencontre avec le public après la représentation de "RADICALE VITALITÉ, SOLOS ET DUOS". J'ai pu y apprendre le processus de création de cette oeuvre en collaboration "fort active" des différents interprètes. Je vous partage sa réponse. Elle a d'abord demandé à ses interprètes de choisir des "parties" de ses créations qu'elles ou ils voudraient interpréter. Une fois toutes les propositions (une quarantaine), elle a sélectionné, d'abord pour ensuite déterminer le ou les interprètes. Dans une suite d'aller retour et de déception (si deux interprètes voulaient en être), le tout s'est concrétisé. Et en cette deuxième soirée de présentation, le tout a été rondement ! Parce que des extraits de quelques secondes à quelques minutes demandent beaucoup de travail scénographique avec peu de temps pour le faire. Je rappelle qu'en début de semaine, une autre de ses oeuvres était présentée sur la même scène.


Sur mes pas de spectateur: Un chapitre 16, "À corps perdu" avec les Intimistes

Le temps passe sans qu'on n'y prenne garde et ne voilà tu pas que j'en suis rendu au chapitre 16 de "Les Intimistes", ce collectif féminin que je suis assidûment depuis leur chapitre 5. C'était, il y a deux ans et demi. Chapitre après chapitre, pour moi comme tous celles et ceux qui viennent les écouter, elles lèvent le voile sur des aspects de leur vie, mais aussi et surtout sur elles. Et elles le font de par leur texte, de par leur voix, mais aussi par leur style, toutes différentes mais également attachantes.



Lorsque je m'installe derrière mon clavier pour tenter du mieux possible de revenir sur une de mes soirées avec elles, j'ai une crainte, celle d'être répétitif ! Mais soyez informés, ce n'est pas une crainte que nous devons avoir, d'un chapitre à l'autre, parce qu'elles réussissent à nous amener à des endroits différents. Comme ce fût le cas en cette soirée de fin janvier au Bar "La Marche à côté", rue St-Denis, nouveau lieu pour elles et pour moi aussi !
Au programme, sur le thème "À corps perdu", les textes de Tania Arana, Sandrine Quynh, Audrey Lavigne, Sarah Keita et Laurence A. Perrault avec en complément de programme, la liste des Intimistes, "Ce que mon corps peut faire" et la liste du public, "La partie de mon corps que j'aime et pourquoi" !

Une fois la salle remplie, les verres commandés et en main, le petit papier rempli et remis, le tout commence avec encore cette fois, notre "maître de cérémonie" Sandrine Quynh qui nous rappelle que chaque chapitre est une pièce de casse-tête qui s'apprécie individuellement, mais qui mises ensemble, ces pièces, produisent un résultat encore meilleur. Ce que je peux qu'approuver ! Donc allons y !

Tania Arana nous présente "Danse avec le scrupule". Elle nous parle de son expérience de vacances à Cuba. La réflexion porte et touche, jusqu'où pouvons nous aller dans la rencontre de l'autre qui n'est pas l'homme choisi ? Si cette rencontre se fait sur une piste de danse et que les corps se libèrent de certaines contraintes. Y a-t-il une limite ? Si oui, pouvons nous la franchir et en revenir sans se sentir coupable. Sa réflexion, elle nous la propose jusqu'à nous rassurer à la toute fin, "la cohabitation des Tania est assumée".

Sandrine Quynh nous arrive avec "Ecoute" durant lequel elle nous partage quelques rencontres familiales dans la sienne et celle de sa belle-famille durant le temps des fêtes. Noël assombri par le décès très récent de sa mère, mais comme  la vie continue ! Ces rencontres familiales qui évoluent différemment, dans le sens explosif du terme, selon la famille où elles se déroulent. Est-il possible de se parler sans que le tout explose, surtout, s'il y des bulles alcoolisées dans les verres que l'on tient à la main. Tout le travail qu'elle fait "avec elle-même" et que je découvre de chapitre en chapitre, est fort beau, tout comme le chemin parcouru, d'ailleurs. Sa maîtrise de l'utilisation du "je", plutôt que du "tu", pour que les échanges ne dérapent pas. Mais il y a encore des points sensibles et elle nous les transmet très bien, telles les "matriochkas" vendus pour deux fois rien par sa tante, mais qui pour elle avaient une grande valeur. Parce que c'était ceux de sa mère !

Audrey Lavigne, nous arrive avec "J'aime ça quand c'est dur", titre qu'elle nous présente avec une sourire en coin. Titre qui est rapidement suivi par les différentes manifestations physiques de son stress, dont les lèvres sèches et les mains moites. Parce que voyez-vous, Audrey, travaille fort pour se faire une place dans le monde du show business. Que ce soit dans des ateliers ou dans des auditions, dont elle nous fournit des exemples fort éloquents (pub de yaourt, doublure d'une patineuse). C'est vrai, à partir de ses exemples, je suis d'accord avec elle, elle aime cela "quand c'est dur". Mais pour l'année qui débute, elle se sent prête, la vision nette, pour s'y lancer à corps perdu !

Petit intermède avec la Liste des Intimistes avec "Ce que mon corps peut faire". Liste qui me permet, entre autre, de constater que les rots et les pets ne sont pas le lot que des hommes. Soyez rassurés, leurs corps peuvent faire plein d'autres choses, dont, d'entreprendre un parcours de triathlon ou celle de développer une épine de Lenoir après un début de "carrière" à la course à pied !

Sarah Keita prend la relève avec "Toutes ces fois où j'ai voulu sortir de mon corps". Elle nous ramène à une époque passée, celle du défi de bien manger, de bien marcher, celle aussi de la Sarah qui parle beaucoup. Celle qui à 18 ans, se posait la question, "Qui suis-je ? Depuis, elle a appris et nous, comme elle, récoltons le fruit de ses années de maturation qui lui permet de marcher avec détermination et affirmation. Le ton de sa voix et la détermination de son regard ne laissent aucun doute. Et qui, aujourd'hui, penserait encore qu'elle veut sortir de son corps !

Laurence A. Perrault nous arrive avec "A whole new world". Elle nous annonce "to the go !" qu'elle est guérie de son addiction et nous demande si nous constatons une différence. Il y aura bien une ou deux personnes qui diront oui, mais moi comme tous les autres, nous le concédons, nous ne voyons pas de différence. Et c'est nous qui avons vu juste, parce que si elle n'a pas changé physiquement, c'est en dedans qu'elle a changé. Qu'elle accepte son corps. Elle qui a visé avoir un corps et les cheveux roux de Julia Roberts et de s'y être investie "corps et âme" et son portefeuille aussi. De son chemin parcouru, elle est arrivée au constat fort rayonnant, la fuite vers l'avant ne nous mène qu'à un mirage, parce que une vie meilleure n'est jamais ailleurs, ni plus tard. Ce constat fort lumineux, elle nous le transmet avec son sourire fort rayonnant qui fait du bien.

La soirée se termine avec la liste du public "des parties du corps que j'aime et le pourquoi". Parmi les différentes parties, les yeux sont en haut du palmarès, accompagnés, entre autres, par les fesses, les jambes, le sourire, les pieds, les seins, le pénis, la peau douce et en terminant les pectoraux. Et vous qui m'avez lu jusqu'à maintenant, je vous présente, juste pour vous. ma réponse. J'aime ma tête parce qu'elle contient plein de secrets. 

Une autre belle soirée dans un lieu fort confortable pour ce type de rencontre. Une soirée qui nous permet de poursuivre la connaissance en mots fort justes et touchants ces femmes qu'on aime toujours un peu plus, de chapitre en chapitre. Merci "Mes Intimistes" et nous nous revoyons le vendredi 27 mars prochain.