lundi 15 novembre 2021

Sur mes pas au théâtre: À la rencontre de deux fantasmagories technologiques à l'Espace Go !

Au retour de ma troisième sortie automnale à l'Espace Go, je dois avouer que tout au long de la présentation des deux oeuvres, malgré les avertissements (sur le site de ce lieu), j'ai été fort surpris et fasciné. Comment comprendre le sens de fantasmagorie technologique ? Donc tout au long de "Dors mon petit enfant" (texte de Jon Fosse, "mis en scène" par Denis Marleau et Stéphanie Jasmin avec les "visages de Céline Bonnier, Ginette Morin et Paul Savoie) et "Les aveugles" (texte de Maurice Maeterlinck, "mis en scène" par Denis Marleau et Stéphanie Jasmin avec les visages multipliés de Céline Bonnier et Paul Savoie), j'ai été fasciné, comme je l'ai déjà dit, mais aussi dépaysé !

                                                         Tiré du site de l'Espace Go

Une fois les avertissements d'usage faits dans le café-bar du lieu, nous sommes invités à entrer et à rester debout dans un lieu qui sera tout petit, mais assez grand pour nous toutes et tous. Devant nous, trois petits personnages (lire ici poupées de porcelaine, de ma perception) assis sur un banc tout en haut. Les gens entrent et puis, tout à coup, tout doucement ça commence. Il s'en suit une rencontre "hors du temps" durant laquelle chaque mot m'a captivé. Une quinzaine de minutes toute philosophique qui m'a séduite. 

Une fois terminé, il y a ceux qui quittent rapidement et ceux et celles qui comme moi, tentent de mieux comprendre le procédé technologique qui animait ces poupées. Mais bon, la soirée se poursuit et je me rends dans la salle principale jusqu'au siège qui m'est assigné pour découvrir la suite.

À notre arrivée, sont déjà présentes, douze visages pas identiques mais presque (six hommes et six femmes) qui flottent "dans le vide tout de noir". Et une fois tous les spectateurs en place, débute la découverte de ces personnages "aveugles". Durant les quarante-cinq minutes qui suivent, nous découvrons qui iels sont, la raison de la présence dans ce lieu, abandonné.es. Leurs réactions face à ce qu'iels perçoivent ! Je suis captivé à découvrir ce qui m'est distillé comme perspective. Je dois rester attentif aux moindres détails, parce la parole se passe rapidement d'un.e à l'autre. Cette allégorie, selon moi, sur notre présence sur terre, avec notre diversité humaine, m'a particulièrement plu. J'en fait aussi ma lecture, amené.es sur terre par un "dieu", nous sommes laissé.es à nous même, aveugles face à plein d'éléments qui nous entourent et qui pourraient nous guider.

Au final, une soirée qui m'a présenté des propos intemporels avec des personnages qui l'étaient tout autant, mais avec des procédés technologiques tout à fait actuels eux.

samedi 13 novembre 2021

Sur mes pas au cinéma: "Une révision" qui me laisse dubitatif !

 Ce pouvait-il que je n'aille pas à la rencontre de cette proposition cinématographique, "Une révision" de Catherine Therrien ?  Moi, avec derrière moi, tout une carrière d'une trentaine d'années en enseignement dans un CEGEP, pas en philosophie, c'est vrai, mais toujours bien présent dans "mon" collège. "Ben" non !

                                                                 Tiré du site de La Presse

C'est donc bien curieux de découvrir ce que sera cette révision de note, moi qui a eu droit à cette procédure et qui aussi a eu à siéger sur des comités de révision de note. 

À ma sortie de la salle de projection, mon impression est trouble. Commençons par les aspects positifs ! J'ai beaucoup apprécié la prestation de chacun.e des interprètes, dont Patrice Robitaille dans son rôle de prof de philo et Nour Belkhiria dans celui de Nacira, son élève qui demande une révision de note. J'ai aussi surtout beaucoup apprécié les prestations de Pierre Curzi ("mentor" très pragmatique du prof) et de Rabah Aït Ouyahia (père de Nacira). 

La prémisse de cette histoire est, selon moi, "assez" simple. Une étudiante présente à son prof un travail qui ne respecte pas les consignes et n'obtient pas la note de passage. Compte-tenu des conséquences pour la suite de ses études, elle fait une demande de révision de note. Mais comme la vie nous le présente souvent, rien n'est simple et tout autour, il y a des enjeux collectifs et personnels. Et cet aspect de ce film, j'ai beaucoup apprécié. 

Il en reste que dans les procédures internes et le comportement de la direction de ce collège, là, mais là, je ronge mes ongles (déjà courts !). Je n'en nommerai que deux. D'abord ce qui est inscrit dans un plan de cours devrait être accepté par l'institution qui a le rôle de le valider. Aussi, lors du traitement d'une révision de note, le tout est traité comme un procès public avec un accusé qui se retrouve sans avocat devant faire face à une peine "capitale" !

Il en reste que les enjeux actuels sont bien présentés dans ce film et ils m'ont bien plu, mais les aspects pédagogiques "techniques" m'ont dérangé, d'où mon trouble à la sortie de la salle et après aussi !

vendredi 12 novembre 2021

Sur mes pas en danse: Deux rencontres fort différentes mais tout aussi intéressantes durant cette soirée à Tangente !

 À cette soirée chez Tangente, les transports en commun (bus et métro) m'ont rendu la vie difficile pour m'y rendre. Malgré tout, c'est à l'heure que mes pas ont franchi les portes de la salle et prendre place "sur  mon siège" en première rangée pour cette première soirée de représentation. Au programme, deux propositions solo, d'abord "Géante" de et avec Gabrielle Surprenant-Lacasse, suivie par "Structures affectives" du Collectif Bregma avec Frédérique Rodier. 

Devant moi, l'arrière et le plancher de l'espace scénique est tout aussi vide que blanc avec les deux côtés tout en noir, présage avéré d'une soirée fort contrastée. Cela m'annonce aussi des rencontres sans artifices et moi, ce type de rencontres, je les apprécie fortement.

Et de l'arrière du côté cour, se présente à nous Gabrielle Surprenant-Lacasse, qui avec des vêtements dont la blouse de sa dualité de couleur, se met à suivre sa ligne lumineuse sur le sol. Durant le déplacement sur cette première transversale, elle semble en début de parcours, hésitante, mais peu à peu elle y gagne en affirmation. Plus tard, elle pointe un objectif et s'y rend. Par la suite, ce sont différents états de corps qu'elles nous présentent tout en transformant son aspect vestimentaire, tout en phase avec ce que je ressens de ses gestes. Le tout est fort bien enrobé par la musique et les éclairages discrets mais efficaces. Cette femme va à la rencontre de soi ou plutôt va à sa rencontre. Lorsqu'elle pointe un objectif devant, ses mouvements et son expression faciale permettent de bien ressentir sa démarche d'affirmation. Lorsque tout se termine, elle rayonne, comme libérée ! De cette interprète que j'ai eu l'occasion d'apprécier plusieurs fois ces dernières années, j'ai eu en cette soirée, j'ai l'impression d'avoir eu le privilège d'avoir accès à "son moi" et à un pan de son histoire personnelle. 

                                               Crédit: Denis Martin, fournie par Tangente

Elle nous quitte, tout souriante et les lumières se rallument. Le temps de laver et essuyer l'espace scénique comme dans une chorégraphie fort bien rodée et somme toute pour moi, intéressante à suivre, nous repartons pour la suite. 

En toute simplicité et sans avertissement, Frédérique Rodier, sort de l'arrière scène pour aller porter sur l'espace scénique de l'autre côté, un ou des objets en tissu. Elle revient et endosse un dispositif métallique autour de sa taille. Tout se fait avec grande sobriété et débute "Structures affectives". Ces structures se présentent pour moi dans un cadre très géométrique. Les déplacements dans un système cartésien qui peu à peu je découvre, se font selon les axes "x", "y" avec la dimension "z", par le dispositif métallique qu'elle porte. Toute froide peut sembler l'oeuvre (aux allures des propositions de Daniel Léveillé), elle a l'éclat et la beauté d'un métal. Cette femme se déplace et moi, je la suis attentivement. Et lorsqu'elle semble se libérer, sa réaction et ses gestes se répercutent en moi, comme le bruit du marteau sur l'enclume. 

                                                 Crédit: Vanessa Fortin fournie par Tangente

De cette trentaine de minutes, j'ai eu droit à une proposition qui explore l'espace sur tous ses axes géométriques par cette femme qui illustre la condition humaine qui a tout de la beauté d'une démonstration mathématique (comme le scientifique que je suis a toujours bien aimé) et chorégraphique (comme l'amateur de danse que je suis aussi) qui démontre ce qu'il fallait démontrer. 

En résumé, une autre belle soirée à Tangente !

mercredi 10 novembre 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Sur une "Passerelle 840" en A-21 avec quatre propositions fort belles !

Une bonne et agréable habitude ne se perd pas, par conséquent, lorsque j'ai vu apparaître les deux séries de propositions de "Passerelle 840" en édition virtuelle, je me suis procuré mes billets. Un avantage, celui de pouvoir les découvrir au moment propice et les revoir aussi, qui sans compenser l'inconvénient d'être là, sur place, permet de redécouvrir les mouvements autrement.

Pause

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas encore "Passerelle 840", je vous donne un extrait tiré de leur site "Passerelle 840 est un laboratoire-galerie créé en 1998 par le Département de danse de l'UQAM pour encourager et soutenir chez les étudiant.e.s un intérêt pour la recherche et l'expérimentation chorégraphique ".

Fin de la pause

De mes premières rencontres "dans la piscine", rue Cherrier, au local (ancien lieu de diffusion de Tangente), premier étage, la pandémie loin d'éteindre la créativité de cette gang de l'UQAM, l'a déplacé dans des lieux extérieurs ou intérieurs pour être captée par la "caméra" et être montrée de façon fort belle et esthétique ! Cette première partie, avec quatre propositions de l'édition A-21 en est un bel exemple. 

Le tout débute avec "Hot Topic" de Éliane Viens-Synnott avec Paméla Aubé, Châtelaine Coté-Rioux, Zoé Delsalle, Valérie Huard et Jade Lavoie. Dans un local sombre qui a tout d'un bar ou d'une salle de danse, nous découvrons ces femmes "en ébullition". La caméra fugace les capte individuellement avec toutes leurs différences. Et puis arrive le moment où cette individualité devient collectivité avec la caméra et nos yeux qui les captent toutes ensemble. Cette ébullition se condense et les corps se rapproche en harmonie. Le tout est porté et rythmé par la musique de La Sécurité. Le tout débute de façon fort "hot" !

                                                       Affiche tirée du site indiqué plus bas

Et puis après, nous sommes amenés à l'extérieur, d'abord, haut dans le ciel pour découvrir "Melting Sadness" de et avec Morgane Guillou et Rozenn Lecomte. À partir d'un superbe point de vue tout en hauteur, nous nous approchons pour découvrir ces deux femmes sur ce lit rocheux de rivière qui évoluent dans l'eau. La suite a tout d'un cérémonial fort poétique avec des fluides de toute nature fort bien porté par la chanson qui nous montre la dualité de ces deux femmes avec des gestes et des expressions faciales fort captivantes. Je ressens bien ce qui me semble, ce qu'elles, ressentent tout en lenteur jusqu'à la fin avec un regard fort éloquent qui porte vers l'avenir.

Avec "HOMMAGE" de et avec Bride Noah, nous sommes amenés à découvrir devant ou derrière un rideau sur une scène, le corps d'une femme qui bouge et vibre comme pourrait le faire les souvenirs dans notre tête, statiques, fuyants, parfois sombres ou éclairés, mais toujours vibrants. Les souvenirs comme ce corps ne nous seront jamais présentés complètement dans ce jeu d'ombres et de lumière.

Le tout se termine à l'extérieur avec "Nymphéas" de et avec Sarah Germain. Le tout débute par des mots qui intriguent. "Ma plus grande peur se trouve dans vos yeux/Sur le bout de vos langues/Ou peut-être que ma plus grande peur sur trouve dans mes yeux, sur le bout de ma langue. "

Cela met la table à une réflexion sur le regard que l'on porte sur l'autre, différent peut-être de nous, elle en l'occurrence. D'abord sur le sable, le corps semble se faire violence avant de tenter de trouver un chemin vers une certaine libération ou une acceptation. Et ce corps avec détermination, laisse sa trace derrière sur le sable pour s'assumer et se retrouver libéré tout en douceur et surtout en paix. dans le flot de la rivière. Définitivement, cette oeuvre est porteuse d'espoir !

S'en suit, la séance de questions-réponses qui éclairent sur les processus créatifs et les objectifs de chacune des propositions qui ont profité d'être "loin de la scène". Je m'en voudrais de ne pas mentionner les affiches fort belles que vous pourrez voir sur le site suivant ( https://www.passerelle840.com/vous-engager). 


dimanche 7 novembre 2021

Sur mes pas en danse: "Écoute comme je danse", pour un beau dimanche après-midi !

 Comme pour bien d'autres, la pandémie m'a amené à découvrir des propositions en webdiffusion. Et parmi celles-ci, un bon nombre par l'équipe de la Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce. Et une fois les salles réouvertes, de ce quartier fort loin du mien, je me suis tenu informé des propositions. Voilà donc pourquoi, en ce dimanche après-midi, j'ai pris le métro pour me rendre tout à l'ouest, juste à côté de l'autoroute Décarie pour découvrir une proposition qui de par sa description me semblait fort différente de mes territoires chorégraphiques habituels. Ma destination, "Écoute comme je danse" de la compagnie "Les jardins chorégraphiques" (quel beau nom !). 

Pour mieux présenter cette oeuvre, je me permettrai de citer ce qu'on peut lire sur le site de cette compagnie. "La musique ne peut émerger de l’immobilité, elle est l’organisation des vibrations sonores de façon cohérente et harmonieuse. Là où il y a de la musique, il y a du mouvement : mouvement qui crée la musique et mouvement qui y répond. La musique n’est rien de plus que des sons qui glissent dans le « mouvement » du temps. La musique ancienne et plus particulièrement la musique de la Renaissance incarne cet élan avec sa vivacité et sa fantaisie."

                                   Tirée du site de la compagnie Les Jardins chorégraphiques.

Bon, me voici assis, première rangée dans une salle tout intime (avec environ soixante et dix places, maximum) avec bon nombre de personnes autour de moi, des moins jeunes, comme moi, et une jeune famille aussi. Devant moi, sur la scène, quatre blocs et des instruments de musique derrière. Le temps venu et les présentations d'usage faites à propos de cette proposition particulière (voilà une expression qui ne me laisse pas indifférent !) qui intègre la musique de la renaissance avec de la danse de cette époque et contemporaine aussi. Nous y découvrirons des tableaux vivants durant lesquels des personnages (incarnés par Stéphanie Brochard à la danse, Esteban La Rotta au luth et la vihuela, Elinor Frey à la viola d'arco ainsi que Anthony Harvey au luth) prennent vie en musique, en mouvement et en danse.

De ces différents tableaux, j'en retiens la complicité évidente entre les différents interprètes, la mise en scène sobre mais efficace, les moments de danse en phase avec le propos musical, leurs regards complices. Durant toute la présentation, tout.es bougent sur la scène, rendant le tout fort dynamique. De cette elfe (Stéphanie Brochard) qui danse, qui se déplace et qui joue des percussions et qui réarrange les objets sur scène pour permettre aux autres d'éclairer musicalement les lieux. Pendant près d'une heure, je me suis laissé bercer par la balade dans des lieux différents qui comblent autant les oreilles que les yeux. La mise en scène est tout autant dynamique que sobre. Et lorsque qu'à tour de rôle, iels quittent la scène, c'est avec un certain regret qu'on le constate ! 

Pour celles et ceux qui voudraient profiter de cette proposition qui peut ravir autant les yeux que les oreilles, deux dates à venir. À la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal (14 novembre 2021) et au Quai 5160 de Verdun, le 21 novembre, les deux en après midi !


samedi 6 novembre 2021

Sur mes pas en danse: Une soirée de retour presqu'à la normale avec les Ballets Jazz Montréal et Danse Danse

La soirée a débuté de façon normale dans l'autobus avec pour destination, le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. À la sortie du bus, question d'un couple à moi pour trouver la station de métro (because les travaux sur Pie-IX). Il en reste que la question s'est transformée en une courte discussion et le constat qui en suivi, soit que nous nous dirigeons  au même endroit, soit une représentation de "Vanishing Mélodies" de la compagnie BJM. Une petite différence cependant, sur la motivation à nous y rendre ! Eux irons, principalement "attirés" par la musique et les chansons de Patrick Watson et moi, je vous laisse deviner ! 

À mon arrivée à l'intérieur de la Place des Arts, cela me frappe, il y a du monde, beaucoup de monde qui font la file, non, les files pour montrer d'abord leur passeport vaccinal et ensuite leur billet. Abstraction des masques, c'est comme un retour à la normale ! Et c'est, pour moi, une grosse bouffée d'oxygène, mais jamais autant pour Pierre Des Marais de Danse Danse et de la directrice artistique de BJM, comme je le constate, lors de leurs mots d'avant représentation. 

Et puis, place à la représentation et la rencontre avec cette femme (Brigitte Saint-Aubin) qui se fait annoncer qu'elle perdra peu à peu un peu, d'abord et ensuite, un peu plus d'elle même (lire ici sa mémoire) ! 

                                 Photos par Sasha Onyshchenko tirée du site de Danse Danse

Et son cheminement nous est montré dans une suite de tableau durant lesquels les en groupe, en solo et en duo, les interprètes (Gustavo Barros, Yosmell Calderon, Diana Cedeno, Jeremy Coachman, Astrid Dangeard, Hannah Kate Galbraith, Shanna Irwin, Ausia Jones, Austin Lichty, Marcel Mejia, Andrew Mikhaiel, Benjamin Mitchell, Sophia Shaw, Eden Solomon) investissent la scène pour que nous ne les oublions pas ! Portés par les différentes chansons de Patrick Watson, les gestes portent fort jusqu'à moi, en première rangée (!) et tout au fond aussi, j'en suis convaincu !

Comme l'a indiqué Eric Jean dans la rencontre avec les artistes d'après représentation, tout le travail des derniers mois (soit une douzaine de mois) a été, entre autre, de fondre les arts (la chanson, le théâtre et la danse). Pour cela, je peux dire, comme bien d'autres, mission accomplie ! La haute qualité des interprètes est évidente, mais, iels ont intégré une présence scénique théâtrale. Un duo a même provoqué des applaudissements par bon nombre de spectateurs, une fois terminé ! J'ai encore en tête la scène finale durant laquelle, je vois s'approcher là juste devant moi, la comédienne et devant elle une des interprètes (Diana Cedeno) qui sans avoir à rien dire, ni rien faire, nous transmet tellement intensément par son expression faciale, le désespoir immense qui l'envahie !

Après avoir amené sur scène l'univers de Leonard Cohen avec "Dance Me", il y a quelques années (2017), la compagnie BJM, le dramaturge Eric Jean et les chorégraphes Anne Plamondon et Juliano Nunes ont su, cette fois, créer une oeuvre plus organique qui nous rejoint dans nos trippes. Et pour cela merci !

vendredi 5 novembre 2021

Sur mes pas au MAI: Subjugué, oui, oui !!!, par "whip" !!!!

Très bonne et très belle semaine culturelle pour moi avec deux propositions opposées, mais tout autant marquantes ! Je reviendrai plus tard sur la première avec le BJM présentée par Danse Danse. Pour le moment, c'est sur cette proposition interdisciplinaire présentée au MAI que je veux écrire.

Dans un hall d'entrée riche de ses spectateurs, je prends ma place dans la file pour entrer. Avec moi, il y a  plusieurs personnes connues du monde de la danse, spectateurs et gens du milieu, signe de bons moments à venir ? Lorsque les portes s'ouvrent, nous pourrons place sur un des sièges tout autour de l'espace scénique et comme je les aime, en première rangée (sauf quelques uns !). Nous étions avertis à notre arrivée au MAI, il serait possible que durant la performance, que nous soyons victimes d'un coup de "fouet" du capuchon de cuir d'un.e des interprètes qui ne peuvent rien voir durant toute la prestation. Vivre "dans le risque" à la première rangée, cela me stimule !!!

Donc de ma place, juste devant la console, je vous rassure, je pourrai découvrir ce qui suivra sans coup reçu ! Mais je serai "frappé" par la proposition et voici pourquoi.

                                                                      Fournie par le MAI

Nous apparait au milieu de l'espace scénique, deux "personnes" (Daria Mikhaylyuk et Ralph Escamillan), cagoules de cuir sur la tête et vêtements beiges. Rien ne les distingue ! Ils sont immobiles, et coïncidence ou non, au moment où entre un.e retardataire, "Every Breath You Take" se fait entendre et eux se mettent en action. Sans se voir (étant sous leur cagoule), ils entreprennent des mouvements avec une synchronisation toute aussi parfaite que fascinante ! Comme un vieux couple qui se connait depuis si longtemps. Et de cette première impression, il s'en suit "mon histoire", celle de différents épisodes de la vie d'un couple. De cette harmonie première qui se transforme dans un après fort différent. Cet après durant lequel, des pans de vie de l'un et de l'autre se passe dans l'ombre. 

Pause

Voilà un aspect "très" fort selon moi de cette proposition, soit l'utilisation de l'éclairage. Rarement, l'éclairage m'a autant frappé. Parce que, voyez-vous, il arrivait souvent que les personnages soient en bordure des éclairages, sinon tout à côté. Reflétant de façon fort brillante , selon moi, cette perspective que nous avons sur les gens qui nous sont proches.

Fin de la pause.

Donc de cette histoire de couple, nous aurons droit à des épisodes "de séparation" durant lesquels nous en verrons qu'un.e pendant que l'autre rode tout autour ! Il y aura aussi cette "mise à nu.e" qui ne résout pas les embûches à franchir et l'absurdité apparente de cette relation. Ces capuchons de cuir, comme l'indique de façon fort approprié le texte de présentation, "Leur fabrication évoque également la dualité du cuir en tant que matériel à la fois souple et rigide." Et ces capuchons tout déployés dans la finale nous amène devant deux personnes qui persistent, persistent et persistent encore, parce que cela semble la seule alternative pour aller de l'avant. Ces moments forts exigeants pour les interprètes, durant lesquels iels projettent "sans fin" leur capuchon brisent mes et je suppose aussi nos résistances ! 

Jusqu'à la fin, j'ai été captivé et mes applaudissements, comme ceux dans la salle, ont été fort chaleureux et bien mérités. 

Et le tout terminé, trop curieux, je me tourne vers l'arrière et je m'adresse aux gens de la console pour poser mes questions sur l'éclairage. Je suis dirigé vers cette femme à la droite qui m'explique comment elle a procèdé pour les éclairages. Mieux, elle m'invite à la rejoindre à l'arrière pour mieux me montrer comment elle a procédé pour les éclairages tout au long de la prestation. Sans tout résumer, je peux vous dire qu'elle doit être fort attentive tout au long pour produire les effets demandés. Le spectateur que je suis est comblé !

Je reviens à la maison fort satisfait de cette rencontre et me disant qu'elle mériterait d'être vue par le plus grand nombre.