Aucun message portant le libellé Nuit Blanche. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Nuit Blanche. Afficher tous les messages

mardi 3 mars 2020

Sur mes pas dans "La nuit blanche": Une sortie "Short & Sweet recyclé XXL" tout à fait réussie.

Bon cette année pour cette édition de la Nuit Blanche, une fois venu le temps de prendre une décision, je l'ai prise et je n'aurai qu'une seule destination. Non pas que plusieurs autres propositions n'auraient pas mérité que je m'y rende, mais il arrive, comme en cette nuit, que je veuille faire ça simple. Par conséquent, ça ne sera que "Short and Sweet" au CCOV de 10h00 à 1h00.


Compte-tenu de la popularité pour cet endroit que j'avais constaté l'an dernier, nos pas nous y ont amené une heure avant le début prévu de la soirée. Et nous ne serons pas les premiers dans la file d'attente ! File qui s'allonge rapidement une fois que nous sommes arrivés. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas la formule de la soirée co-imaginée et co-dirigée par Sasha Kleinplatz et Andrew Tay, c'est tout simple ! Ils laissent carte blanche aux performeurs pour une durée de trois minutes, après cette durée, ils ferment son et éclairage (et ils aiment cela, se plaisent-ils de nous dire !). Pour cette soirée (ou cette nuit blanche), ils ont proposé aux participants de construire leur "trois minutes" sur le thème, au sens large, du recyclage, soit celui des objets ou celui de créations existantes ou tout autre aspect qui peut s'en rapprocher de proche ou de loin. Thème dans le même esprit que la soirée précédente à laquelle j'avais assistée, il y a deux ans et demi et qui avait pour thème "Covers", dans le sens lyrique du terme !

Une demie-heure avant le début prévu, les portes s'ouvrent et nous pouvons descendre jusqu'à la salle du CCOV dans laquelle les spectateurs pourront prendre place sur trois côtés de l'espace de prestation. Fidèle à mes habitudes, c'est sur un siège en première rangée de face que nous prenons place, conséquence heureuse de notre arrivée hâtive. La salle se remplit rapidement et, pile poil à l'heure, après les présentations d'usage des deux organisateurs, le tout débute.

Pendant les trois heures, je verrai défiler environ quatre-vingt interprètes dans trente-sept propositions. Comme je connais bon nombre de ceux qui viendront devant nous, cela ajoute à mon plaisir anticipé. Et dans ce qui suivra, il y aura des propositions couvrant tout le spectre de la danse mais aussi celui de la performance. Des bouts d’œuvres, recyclés que j'avais déjà vues ou d'autres, j'en suis certain, ont été créés pour l'occasion et qui pourront être recyclés !

Je ne mettrai pas à utiliser mes notes pour revenir sur chacune d'elles, même si l'envie ne me manque pas ! Je tenterai donc de m'en tenir à mes principaux coups de cœur dont certaines tiennent au fait de ma réaction, "ben voyons !"

Le tout a débuté en force avec une proposition de Matéo Chauchat qui recycle le tissu (celui qu'il avait utilisé avec Christina Martin lors d'une prestation dans le cadre du Festival Soir rue Beaubien, en 2018) qui recouvre la figure. Une prestation fort inspirante sur les enjeux actuels de la société, ceux que nous n'osons pas regarder en face, d'autant plus qu'une bouteille d'eau de plastique vide est utilisée pour nous en rappeler les enjeux !

Il y aura aussi  Bettina Szabo avec tout son attirail lumineux, bleu et blanc, tout nouveau pour moi, nous propose, une perspective corporelle fort intrigante. Encore une fois, elle utilise ou plutôt réutilise la "matière" pour nous fasciner.

Sydney McManus et Jean Bui nous propose sur "toile de fond" qui est plutôt une longue bande de différents tissus (que j'ai l'impression avoir déjà vue !!!). À tour de rôle d'abord et ensemble ensuite, elle est transformée pour les vêtir de façon fort magnifique. En trois toutes petites minutes, ils réussissent de nombreuses métamorphoses vestimentaires fort impressionnantes. Comme quoi, dans la vie, un même objet (recyclé) peut combler différemment !

Dans un tout autre ordre type de recyclage, Nicolas Patry nous demande d'abord de fermer les yeux (ce que je ferai !) pour les rouvrir à son signal. Et à ce moment, nous le découvrirons, comme "porte-drapeau". Recyclant ses habiletés de jeunesse, il est fort évident qu'il en a gardé les habiletés.

Lucy May, pour sa part, nous propose de recycler un solo de Marie Chouinard (pour laquelle elle a dansé sept ans). Bon OK tout simplement, j'ai été subjugué par sa prestation dans la pénombre.

Geneviève Duong nous arrive dans un peignoir, accompagné d'une autre femme. La séparation, malgré qu'elle semble douce, la laisse dépourvue de tout. Et devant nous, le regard tout désespéré, elle tentera avec des blouses médicales jaunes, de se refaire une contenance humaine. Je me rappelle encore sa prestation à Tangente et encore une fois, elle me rejoint et me fait ressentir de fortes émotions.

Émile Pineault et ses acolytes nous propose l'oeuvre la plus audacieuse, soit celle d'imaginer, parce fait dans l'obscurité, le mouvement de ses corps par le bruit et aussi notre imagination.

Nasim Lootij, être dans l'obscurité, nous livre dans sa robe noire, un propos empreint de souvenirs recyclés (dont celui de sa peur) avec des gestes fort évocateurs.

Côté performance déjantée, la palme revient à Maxine Segalowitz qui dans son personnage tout bougon, recycle le mot "recycling" pendant toute sa prestation fort impressionnante en passant de tons graves à d'autres plus aigus.

La palme d'or du contraste revient à Kimberley De Jong avec Sovan Rochon-Prom Tep et Lucy Mai qui nous déversent sur la scène une mer de canettes vides, prêtes à être recyclées, pendant que derrière eux, sur grand écran,  nous découvrons dans les mers du sud, un Éric Lapointe aux propos discordants dans la plus grande opulence d'un yatch dans lequel le mot recyclage n'existe pas !

Et une toute petite dernière, celle d'Emalie Ruest, Marie Philip Santerre, Marie Mougeolle, Marine Rixhon, Liane Thériault, Stéphanie Fromentin et Marijoe Foucher qui ont découvert dans des exhibits d'une autre époque (lire ici cassettes audio ) pour nous entraîner dans des mouvements aux vêtements multiples. Un trois minutes fort riches et qui, selon moi, mériteraient d'être "recycler" dans une oeuvre bien plus longue.

Je pourrai poursuivre, mais je m'arrête ici, avant de mentionner les créations et/ou les prestations de plein d'autres, dont Hanna Sybille Müeller, Alexandre Morin, Lina Cruz, Ivanie Aubin-Malo, Myriam Foisy, Andréa Page, Bill Coleman, Katie Ward, Alexia Martel, Simon Lacroix, Jordan Brown, Silvia Sanchez, Maria Kefirova, Alexis O'Hara, Stacey Désilier, Jossua Collin. Trois heures qui à coup de trois minutes à la fois devant un public fort réceptif ont semblé si courtes. Une suite de propositions qui ne m'ont pas laissé indifférent, allant des moments fort émotifs, d'autres réflexifs, d'autres surprenants, d'autres aussi provocants, mais jamais ennuyant.

Et dans cette salle dans laquelle, performeurs, amis et spectateur conjuguaient leurs présence, j'en garde de beaux souvenirs et en espérant en revoir une autre bientôt ! Merci à vous, Sasha Kleinplatz et Andrew Tay et toute le reste de l'équipe du CCOV de nous avoir ouvert les portes dans cette nuit blanche "fort colorée" et mémorable !





dimanche 28 février 2016

Sur mes pas dans la Nuit Blanche; danse et cinéma

À l'heure à laquelle normalement mes pas me ramènent à la maison, cette fois, ils me dirigeaient vers l'épicentre des activités de la Nuit Blanche à la Place des Arts. C'est long une nuit, pourront affirmer certains, mais une fois que tu tentes de faire un projet de sorties incluant les déplacements qui y sont associés, c'est court une nuit, même blanche.

Par conséquent, ma sortie s'est déclinée en deux volets. Nous nous sommes d'abord dirigés vers le Centre de création O Vertigo à la Place des Arts pour ensuite revenir plus près de chez nous pour découvrir les "Les coups de coeur du Regard" au cinéma Beaubien. Il y a bien eu aussi tout le "spectacle" de cette foule dans le métro bien "dirigée" par la multitude d'agents. Pour l'avoir vu en direct, "patte blanche", sinon tu étais entouré par au moins six policiers ou agents du métro.

Donc, arrivés un peu après 22h00 au poste de sécurité de la PdA, nous pouvons nous diriger, tout de go, vers le troisième sous-sol en direction de notre destination, l'espace de présentation de "Corps communs", entourée de sièges, déjà presque tous occupés. Les dix interprètes se disputent notre attention dans un ensemble de gestes en apparence désordonnés. Rapidement, un certain ordre se fait et en trois sous-groupes, nous pouvons voir évoluer la création d'un tableau sous la direction de l'un d'entre eux qui personnifiait la chorégraphe absente (Ginette Laurin). Par la suite, pour la prochaine heure, nous avons droit à un retour dans le temps autant en paroles qu'en gestes. J'ai été particulièrement touché par les témoignages à propos de "La chambre blanche" présentée en 1992. Cette oeuvre qui porte sur les maladies mentales nous est présentée de façon touchante et nous fait réaliser que la danse peut aller loin dans le corps et dans notre esprit. Pour les curieux comme moi, il est possible d'en visionner une adaptation sur le WEB, réalisée par Isabelle Hayeur. Peut-on espérer une re-création qui serait pertinente, encore aujourd'hui ? Voici le lien.

https://vimeo.com/3824096

Difficile de ne pas avoir en tête l'importance du moment pour ces interprètes talentueux (actuels ou passés) de la compagnie O Vertigo dont les prestations étaient magnifiques. Nous y serions restés plus longtemps, mais "bons princes", nous avons laissé nos place à d'autres et nous nous sommes dirigés vers notre deuxième destination.

Passant d'un wagon de métro bondé de la ligne verte à un autre de la ligne orange et enfin à un bus plus libre, le Cinéma Beaubien nous ouvre ses portes. Dans la grande salle 2 presque tout à fait remplie, nous trouvons deux places pour les courts en court de présentation. Pendant plus d'une heure, nous avons droit à un grand cru de courts métrages de tout horizon. Aucune déception de visionnement, mais nous avons surtout plusieurs coups de coeur. De quoi regretter que ce festival se déroule loin de Montréal ! Impossible de ne pas mentionner deux oeuvres qui ont été créées pour faire honneur à des membres de leur famille. Il y a d'abord, une oeuvre d'animation rayonnante qui montre la relation d'une très jeune fille et d'un jeune garçon gravement handicapé dans un orphelinat. Un message d'espoir. Aussi, celle du témoignage d'un jeune acteur qui prend les traits de sa grand-mère pour nous la présenter. Touchant et drôle, ce témoignage est surtout tellement bien interprété. Un peu déçu de ne pas pouvoir avoir plus de détails par écrit sur les oeuvres présentées, parce que pas de feuillet et moi pas de crayon ni de papier.

Il y a déjà longtemps que le carosse est devenu citrouille lorsque nous revenons à la maison heureux de cette expédition dans la Nuit Blanche.