mardi 4 mai 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Polymorphic Microbe Bodies", une expérience partielle pour moi, mais par ma faute !

La proposition de Hanna Sybille Müller et Erin Robinsong est tout à fait particulière comme d'autres présentées par Tangente, ce que j'apprécie toujours. J'avais lu attentivement les recommandations et je m'étais préparé en conséquence. Je prévoyais aussi revoir dans différentes conditions cette proposition toute sensorielle pour comparer, mais une combinaison de facteurs m'a juste permis de la découvrir qu'une seule fois. J'étais donc avec mes écouteurs devant mon écran pour voir et ressentir la proposition. Je l'aurais refait les yeux fermés assis et aussi couché comme on me le proposait. Mais bon, cette seule fois a été très intéressante.

J'ai vu des hommes et des femmes s'installer pour nous, comme par procuration. Avec les paroles de Hanna Sybille Müller, je me sens en état de réception, les yeux grand ouverts ! Et la suite, je ne saurais ajouter rien de précis sur ce que vois. Mais sur ce que je ressens, je ressens et j'apprécie surtout. Les bruits de ces fruits qui sont mis en contribution par celle qui les manipule, par le son et l'image, jusqu'à les sentir presque. Cette proposition annoncée comme somatique l'a été pour moi et a été pour moi, des moments fort apaisants ! 

                                                                Photo de Denis Martin


lundi 3 mai 2021

Sur mes pas (réels) en danse: Avec celle qui vit le deuil, mais qui "dit" "Je ne vais pas inonder la mer"

De "Je ne vais pas inonder la mer" de Sonia Bustos, j'en avais vu des extraits grâce à l'équipe de la Maison de la culture Notre-Dame de Grâce. Dans le propos de l'oeuvre, le deuil de sa mère et de sa grand-mère, il y avait une sensibilité qui m'a rejoint. Je dois avouer, si cela est nécessaire à dire, que je suis sensible aux rencontres et celle que me proposait cette chorégraphe-interprète mexicaine d'origine me semblait fort intéressante. C'est donc, grâce à une invitation que j'ai pu être dans "mon" siège en première rangée avec une dizaine d'autres personnes au MAI pour découvrir le parcours de vie de cette femme. 

                                    Photo de Sonia Bustos par David Wong sur le site du MAI

À mon entrée en salle, il y a trois personnes assis du côté jardin, tandis que du côté cour, il y a cette femme toute silencieuse, comme absente, loin dans ses pensées près d'une petite table sur laquelle il y a des fleurs dans un vase. Une fois toutes et tous assis.es, nous arrivent des voix dont celle d'une enfant. Pour moi, c'est clair, nous remontons dans le passé de cette femme, alors jeune enfant. Tout est silence, et empreint d'intimité ! Et puis, le temps passe et cette enfant devient adolescente avec ce qui mijote dans le coin derrière. Les évènements se font plus cruels, le destin frappe et je le sens, cette femme n'accepte pas la perte des êtres chers. Dans la noirceur, je découvre avec intensité ce corps qui souffre. Et puis après, cette robe dont elle se détache avec grande peine. J'y vois les souvenirs de celles qui la portait et qui la berçait. 

Il s'en suit avec le chant d'abord et la musique ensuite, qui l'accompagne dans sa réconciliation. À preuve, elle reprend les fleurs qu'elle avait laissées derrière. Je sens un certain apaisement. Il s'en suit une suite, en rituel, tout en crescendo vers un apaisement. Et pour cela, elle n'est pas seule ! Dans ce rituel exposé (thématique dont elle nous avait parlé !), la musique et le chant sont fort importants et la guident. Cette femme et ces deux hommes ( Eloisa Resendiz, voix, jarana et danse, Charles Cantin, voix, leona et danse et Aurélien Tomasi, voix, requinto) l'accompagnent lorsqu'elle fait le lien avec ces pétales de fleurs entre le maintenant et le passé ! Le tout, je le ressens fortement, lui permet de faire la paix avec ces deuils et lorsque devant nous apparaît cette boîte en bois, les pas montrent la direction . Et lorsque cette femme, après les autres, prend place sur cette boîte, ses pas résonnent résolument vers le futur en paix avec elle-même.

Et une fois, les applaudissements fort bien mérités envolés dans la salle, elle nous remercie et nous invite à accepter un petit présent (de façon tout à fait sanitaire !) avant de quitter.

Voilà une proposition qui présente une belle rencontre avec un propos clair et riche en symboles. Cette histoire est la sienne, tout comme elle pourrait être la mienne ou la vôtre. Une proposition accessible à un public diversifié qui mérite qu'elle soit présentée encore et encore devant le plus grand nombre.

Sur mes pas (réels) en danse: Une rencontre forte en émotions avec "Bouleversement" !

 La vie fait parfois drôlement les choses. Parce que voyez-vous, je me rendais découvrir  "Bouleversement" d'Estelle Clareton qui allait me présenter l'angoisse ressentie devant une menace imminente (pour elle, la venue d'un tsunami). Et moi, en me rendant à l'Agora de la danse pour y assister, je me suis retrouvé coincé dans la circulation beaucoup trop lente avec une crainte toute forte et présente en moi, sous mon plexus, de ne pas arriver à temps ! Tic, tac, le temps s'écoule et chaque arrêt trop long faisait monter en moi, mon thermostat d'angoisse. Et puis, est-ce que je trouverai du stationnement pas trop loin, une fois rendu ? Une question qui une fois bien en place dans ma tête, "ajoute une bûche" dans le brasier d'angoisse qui prend de plus en plus de force. Je ne saurais dire à quoi ma figure ressemblait tout au long des derniers moments, mes yeux ne fixaient que la route devant fort achalandée en cette fin d'après-midi de vendredi. Mes mains, elles, étaient toutes crispées sur mon volant ! 

Juste avant de découvrir (je l'espère à tout le moins !) ce qui m'était annoncé, soit "la brève épopée de l’appréhension humaine d’une catastrophe, "moi je la vivais" en première partie de façon bien involontaire ! Ma catastrophe serait d'arriver trop tard et de me buter à une porte close ! 

Soyez rassurés, je me suis rendu juste à temps ! Et c'est donc, dans "mon" siège première rangée que j'ai pu découvrir, soulagé avec un relent d'angoisse (!), ce qui allait m'être présenté. Et, subtilement, cette angoisse s'est déplacée de mon tout en moi jusqu'à tout en elle devant moi. Ça, je l'ai ressenti rapidement. Sur une scène toute simple avec ce long plastique qui part du côté jardin vers le côté cour, elle vient devant nous. Et comme la vie le fait souvent, le tout se modifie subtilement, lentement comme cette bâche de plastique sous les pieds de cette femme.

                 Photo d'Esther Rousseau-Morin par Stéphane Najman sur le site de l'Agora de la danse

Il s'en suit des tableaux nous faisant évoluer dans les différents états face à l'imminence portés avec brio et intensité par Esther Rousseau-Morin. Avec quelques accessoires fort habilement utilisés, je me suis retrouvé entre autres, par procuration, dans un mauvais rêve, face au vent pour chercher l'air pour respirer, tout affalé de désespoir, dans une plongée en apnée dans un aquarium trop petit pour espérer. Mais le tableau le plus fort et le plus beau pour moi, est celui durant lequel elle prend place dans son cocon (la toile qui s'est métamorphosée avec les gestes de l'interprète) et en ressort. 

Je m'en voudrais de ne pas mentionner que si j'ai plongé dans tout ce que je vois devant moi, c'est aussi grâce à Karine Galarneau (scénographie), à Alexandre Pilon Guay (lumière) et Antoine Bédard (la musique). Et, heureuse initiative des gens de l'Agora, une fois les applaudissements chaleureux terminés, a été de dire tout haut la liste de tous les artisans de l'oeuvre présentée. (Et pourquoi pas poursuivre cette façon de faire dans l'avenir ?) 

De cette chorégraphe dont je me rappelle encore très bien, lors d'une édition passée du Festival Vue sur la relève, la démonstration de l'évolution des gestes quotidiens dans une cuisine en des mouvements plus abstraits qui en conservaient l'essence. Avec "Bouleversement", de ma perspective, elle conserve ce type de démarche, recette éprouvée, ce qui a permis de me rejoindre et je ne suis pas le seul. Question de me faire plaisir, je le reverrai lors de la webdiffusion à venir.



lundi 26 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Rien de nouveau" et " Rien à sauver", "DANS CE BORDEL", j'ai bien compris !

 Et celles qui me l'ont expliqué, ce sont les finissantes (création et interprétation) du baccalauréat de danse de l'UQAM. Bon OK, je le concède, j'ai un peu changé l'ordre du programme de cette soirée. Je serai juste et le titre de cette soirée était "DANS CE BORDEL" et y était présentée deux oeuvres. La première "RIEN À SAUVER" par Claire Pearl, interprétée par Léonie Bélanger, Fanny Bélanger-Poulin, Béatrice Cardinal, Camille Courchesne-Couturier, Jacynthe Desjardins et Émilie Perrault. La deuxième, "RIEN DE NOUVEAU" par Mélusine Bonillo, interprétée par Margaux Guinot, Léa-Kenza Laurent, Johanna Simon, Lola Thirard et Estelle Weckering. 

                                   Affiche tirée du site du département de danse de l'UQAM

Mais avant de découvrir ces deux propositions en parfait harmonie avec l'époque actuelle, nous avons droit à une prise de parole des deux chorégraphes. Un "statement" calme, mais affirmé, fait au nom de toutes sur ce qu'elles ont dû vivre pour arriver à compléter leurs études. Et fort lucide face à ce qui les attend. Prendre place dans ce monde artistique déjà difficile à intégrer et mis à mal avec la pandémie, elles font le pari d'y plonger et cette expression forte, "nos corps, moyens de résistance ". Je n'ai qu'une réflexion qui me vient en tête, quel bel exemple, elles nous montrent. Merci à vous !

Donc "DANS CE BORDEL", "RIEN À SAUVER" dans lequel, je retrouve le corps manipulé, le corps exhibé, le corps assemblé, le corps protégé, le corps transformé, le corps hybride, le corps asservi, le corps déformé et le corps contrôlé. En résumé, le corps dans différents états, contraint, obligé de subir des tensions internes et externes. La lutte pour résister, pour survivre même, serais-je tenté de dire. Elles nous montrent des états de corps fort intenses face aux tensions externes qui se rendent à moi, malgré l'écran qui nous distancie ! Une fois la tension dissipée, le calme s'installe parmi elles et tout doucement, en chant et en teinture, elles se préparent pour la suite. Une fin, toute belle pour moi qui montre qu'une calme détermination sera leur arme principale à l'orée de nouveaux jours, malgré la nuit qui tombe !

Il s'en suit, "RIEN DE NOUVEAU" qui débute par la description d'une expérience amoureuse de l'une et de la transmission de ce qu'elle ressent dans le corps des autres tout autour sur fond bleu ! Et puis tout bascule dans le rouge, comme si la plaie se vidait peu à peu et que la guérison prenait place, avec le calme et les chants fort présents. Je sens dans ces corps captés par la caméra toute proche, la métamorphose interne ! Certaine d'entre elles, à tour de rôle, nous fait ressentir le dedans d'elle. Et une fois leurs révélations faites, elles semblent en paix. Et puis s'en suit une finale toute festive qui est si belle à voir parce que porteuse d'espoir !

En terminant, deux petits commentaires, le premier, un bémol. Dans chacune de ces propositions, il y a eu du texte qui a été dit en langue anglaise, vraiment nécessaire ? Le deuxième plus positif, concerne l'utilisation de la caméra qui a su capter de tout proche certaines interprètes et dont le résultat était plus fort. 

Merci à vous finissantes et tous ceux et celles qui les ont accompagnées. Vous avez fait le pari d'aller au bout de vos études, je vous souhaite maintenant d'aller au bout de vos aspirations. 

dimanche 25 avril 2021

Sur mes pas (réels) en chanson: Une fort belle rencontre toute intime avec Cindy Charlemagne

 Cette rencontre que j'ai acceptée, je ne l'avais pas prévue et en plus, elle n'était pas dans mes territoires culturels habituels ! J'étais donc invité (oui, c'était sur invitation !) à aller découvrir la chanteuse, autrice et compositrice québéco-haïtienne Cindy Charlemagne que je ne connaissais pas, au MAI (Montréal, arts interculturels) en ce samedi après-midi de ce printemps au caractère incertain.

                                Photo de Cindy Charlemagne par Adreil Gere sur le site du MAI

Dans le hall d'entrée peu achalandé, nous serons huit personnes au final, j'attends de prendre place dans la salle. Le moment venu, j'entre et je trouve ma place tout au fond de la salle avec les sept autres spectatrices et les deux autres personnes à la régie. Ai-je besoin de vous dire que c'est un concert tout intime à lequel j'assisterai ! Le moment venu, les lumières se font discrètes et arrivent sur scène Cindy Charlemagne et trois musicien.nes (contrebasse, piano et batterie). Elle se présente à nous, en toute simplicité, en nous demandant de ne pas applaudir et surtout d'être prêt.es à recevoir. Ce que nous ferons tout au long de l'heure qui a suivi. Malgré la distance des deux mètres, c'est à une rencontre tout intime que j'ai assistée. Une rencontre qui m'a fait découvrir une chanteuse qui plonge dans le soul et le jazz pour nous éclabousser de ses effets. Je suis sous le charme et lorsque arrive le moment à lequel elle nous propose des chansons en créole, pays de ses ancêtres, je succombe, que c'est beau !

Une heure de douceurs qui se termine tout en finesse avec la chanson et le titre de cette représentation, "Soul Whisper". Une rencontre qui m'en rappelle une autre qui encore résonne en moi, celle de Senaya qui pour me faire du bien, je me remets à écouter régulièrement !

Je m'en voudrais de ne souligner ce que les lieux de diffusion comme le MAI font pour les artistes. Avec moins de dix personnes dans la salle, comment ne pas avoir une grande reconnaissance pour permettre ce type de rencontres et qui pour moi, s'est avéré un coup de coeur!  


vendredi 23 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Une autre rencontre marquante avec une proposition touchante de Sonia Bustos

 L'invitation m'était venue de la Maison de la Culture Notre-Dame-de-Grâce. Celle de découvrir des extraits de la prochaine création de Sonia Bustos, "Je ne vais pas inonder la mer". Un rapide retour dans mes souvenirs m'a permis de revenir il y a trois ans presque jour pour jour dans la Galerie du MAI. On me proposait d'abord une exposition fort touchante et intense sur des évènements dramatiques à propos de femmes mexicaines. Elle prenait appui sur ces évènements pour nous proposer "Intérieur brut" qui m'avait interpellé. Sa chorégraphie avec les photographies de ses femmes-victimes mexicaines tout autour, son pays d'origine m'avait touché. Pour les intéressé.es, voici le lien sur mon retour (https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2018/04/sur-mes-pas-en-danse-fortement-touche.html)

Cette fois, elle met les racines de cette création dans le deuil, son deuil. Celui qu'elle a vécu après les décès de sa grand-mère et de sa mère. Une fois les explications complétées, nous sommes invités à découvrir des extraits de sa création. En entrée de jeu, nous avons droit à des échanges entre les musiciens et la chorégraphe-interprète sur la création d'un tableau plus "festif !. Il s'en suit un autre, plus "sombre", mais à mes yeux, tellement lumineux sur ce qu'elle a vécu et ressenti tout au long de son cheminement. J'y ai vu les souvenirs (avec les voix), de "ce ensemble à toute seule". Le passage durant lequel, elle laisse tomber ce vêtement, tel des souvenirs chers à elle! Et en finale, pendant que nous voyons une chaise vide et une table avec un pot avec trois fleurs (quel beau symbole !), il s'en suit que cette femme semble regarder droit devant !

                        Photo de la chorégraphe-interprète par David Wong, tirée du site du MAI

Des extraits, fort de ses états de corps, qui m'invitent à aller à découvrir l'oeuvre toute entière et vous devriez, selon moi, en faire tout autant. Malheureusement, les deux représentations prévues au MAI seront présentées sur invitation, conséquence des consignes sanitaires qui limitent le nombre de spectateurs à une toute petite douzaine. Je retiens cependant les paroles de la responsable de la Maison de la Culture qui est confiante que nous pourrons la découvrir dans des Maisons de la Culture prochainement ! Pour ma part, je me tiens en alerte !



jeudi 22 avril 2021

Sur mes pas (bien réels) en danse: Une rencontre marquante que celle avec "Punch Line" de Jacques Poulin-Denis

 Je revenais de ma première sortie à l'Agora de la danse et je resassais dans ma tête la rencontre à laquelle j'avais assistée. Une rencontre "Punch Line" qui m'a déstabilisé d'abord, mais avant d'aller plus loin, commençons par le début, soit le avant !

                  Photo de Jacques Poulin-Denis par Dominique Skoltz tirée du site de l'Agora de la danse

Je me souviens encore très bien de la fébrilité devant mon écran, mes doigts "en garde" sur le clavier juste avant la mise en vente des billets avec place assignée des propositions de l'Agora. Et lorsque j'ai pu dire, "yeah, j'ai tous mes billets !", jamais je n'aurais imaginé que je serais l'heureux "locataire" du siège VIP pour ma première visite. Bon OK, vous vous direz que j'ai le terme facile, mais je vous l'assure, il n'est pas de moi, mais des personnes fort gentilles et accueillantes qui m'ont accueilli en salle en m'informant de ma place. Je vous sent titillé.e, mais sachez que ce n'était pas "mon" siège première rangée, mais dans cette salle toute intime, sur ce siège, je peux vous dire que j'avais une vue imprenable sur ce que je découvrirai plus tard.

Une fois les mots d'usage dissipés dans le lieu tout attentif, nous sommes invités à applaudir l'arrivée de la vedette de la soirée, ce que les trop peu nombreux spectateurs (because les mesures sanitaires !) ont fait avec enthousiasme. 

Pause

L'image qui me reste le plus en tête lorsqu'il est question de Jacques Poulin-Denis est celle sur l'affiche de "Junkyard/Paradis" (de Mélanie Demers), derrière un micro, le bras brandi en haut, tel une rock star, représentative de sa forte présence en scène.

Fin de la pause

C'est donc tel un performeur qu'il se présente à nous, sous nos applaudissements pour se diriger vers un micro sur pied et un tabouret. Premier jab tout gentil au spectateur que je suis parce que ce n'est pas la manière de débuter un spectacle de danse ! En rétrospective, ce n'est pas un simple spectacle de danse que je découvrirai dans ce qui suivra. Ça sera exactement ce que le programme de la soirée annonçait si bien, "Marchant sur la ligne ténue qui sépare la réalité de la fiction, il matérialise les discours intérieurs dans une expérience sensorielle, à la fois subtile et intense. Il est passeur de mots, de pensées et de gestes." 

Tout au long de cette rencontre loin des oeuvres classiques en danse, j'ai droit, entre autres, à des moments "plein de rebondissements", des retours dans le passé et des confidences. Je serais tenté de les décrire avec des termes de coups de poing en boxe, tels que "direct sous la ceinture", lors de sa rencontre avec un véhicule immobile, le "contre" face à l'adversité de la vie. J'étais aux aguets aussi lorsque mon prénom est sorti de sa bouche en cours de représentation, attentif à ce qui suivrait. J'étais flatté aussi de ses propos sur les gens à lunettes, moi le grand myope !

Jacques Poulin-Denis est aussi efficace lors des moments parlés (même avec ses gags dignes de ceux d'une autre époque, celle des cabarets !) que ceux dansés qui sont ceux que j'ai préférés et plus particulièrement le tableau final. Celui qui seulement avec ses mouvements fort éloquents, nous raconte comment il est possible de réaliser ses aspirations malgré un évènement tragique. 

Je m'en voudrais de ne pas mentionner les aspects techniques relatifs aux effets sonores et vocaux qui appuient la prestation de Jacques Poulin-Denis qui a sur scène une présence rayonnante, que cette scène soit éclairée ou toute sombre.

Au final, c'est une rencontre avec un homme qui s'est ouvert à nous et qui laissera des traces avec les pas du spectateur que je suis.



mardi 20 avril 2021

Sur mes pas en danse que j'aurais tant voulu faire ! Ceux vers la 2e édition du festival FURIES à Marsoui !

 Et voici pourquoi !

Je me souviens de ma première rencontre artistique avec le duo Priscilla Guy et Sébastien Provencher, membres de la direction artistique du Festival FURIES: Festival de danse contemporaine. C'était au La Chapelle dans une première ébauche de leur spectacle "Deux squelettes". Une rencontre fort marquante pour moi qui a été suivie par beaucoup d'autres avec l'un.e et/ou l'autre pour mon plus grand plaisir. Le propos a toujours été très présent à chacune de ces rencontres. Les voilà réunis pour présenter de la danse contemporaine, mais pas seulement, tout là-bas (de ma perspective) à Marsoui en Gaspésie avec leur festival du 29 juillet au 1er août. Mais moi, voici enfin le pourquoi, je ne m'y rendrai pas, parce que je ne peux vraiment pas m'y rendre, mais vous ?

En cette journée du 20 avril quelque peu froide ici à Montréal, nous était dévoilé le programme fort alléchant qui y sera présenté. Pour reprendre leurs mots, "Les publics découvriront la danse comme forme d’art aux possibilités infinies et pourront élargir leur connaissance de différents styles et techniques." Un bon nombre des oeuvres présentées, je les ai vu à Montréal et quel plaisir, j'aurais eu à les revoir. À titre d'exemples, "Mula" d'Ivanie Aubin-Malo, Caroline Laurin-Beaucage avec son fascinant "Habiter sa mémoire", le "décoiffant" " Fame Prayer / EATING" co-créé avec François Lalumière et Katarzyna Szugajew. Aussi, Sovann Rochon-Prom Tep avec "Un temps pour tout" pour découvrir l’univers hip-hop. Juste ces propositions couvrent une bonne partie du spectre de l'univers de la danse. 

Il y aurait eu aussi pour moi, l'occasion, entre autres, de découvrir le travail de Dorian Nuskind-Oder qui présentera "Memory Palace" que j'avais raté ! Une autre proposition m'aurait particulièrement intéressée, celle de Maryse Goudreau qui offrira son oeuvre-installation "Dans le ventre de la baleine" ! Et question de faire vrai, c'est sur le bord de la mer que j'aurais été.

Pause

Je croise les doigts fort fort pour que cette proposition vienne ici à Montréal !

Fin de la pause

Sans oublier de la Cinédanse sous les étoiles et plein d'autres activités pour découvrir aussi des artistes de ce beau coin de pays, tout cela en quatre jours. Du concentré qui rend un séjour là-bas fort intéressant ! Mais moi, je ne peux pas, mais vous ?


                                                        Affiche : Étienne Despres

lundi 19 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Une rencontre marquante avec "WE ARE GHOSTS OR ARE WE ?

Voilà une tradition que je ne voudrais pas briser, celle de découvrir les propositions des étudiant.es de l'UQAM, celles de fin de session, de fin d'année et aussi de Passerelle 840. Par conséquent, à cette proposition en webdiffusion de fin d'année des étudiantes de deuxième année, "WE ARE GHOSTS OR WE ARE ?", j'étais bien évidemment présent. 

                                                            Affiche tirée du site Facebook 

Mélia Boivin, Margot Carpentier, Oksanna Caufriez, Morgane Guillou, Rozenn Lecomte, Ariane Levasseur, Cyrielle Rongier et Eliane Clemence Viens-Synnott, sous la direction de Andrea Peña m'ont amené dans un univers fort actuel, tout pandémique. Comment être et réagir dans cette nouvelle réalité pour l'affronter. En entrée de jeu, seule cette femme avec son masque, exprime avec force son enfermement, comme chacun.e de nous en confinement. Tellement fort, pour que je le ressente moi aussi devant mon écran. Le lieu est petit et limite l'expression des gestes qui résonnent fortement lorsqu'ils rencontrent les limites. 

Et puis cette contrainte se transpose à toutes, même si l'espace est plus grand et se fait différent. Seule ou ensemble le défi reste entier, je le ressent fort bien. En ces temps difficiles, aller de l'avant et tomber, tourner en rond. Où aller ?, que faire ?, où se réfugier? Voilà des questions exprimées en mouvements et en gestes devant moi. Dans ce monde post-apocalyptique (lire ici pandémique), que faire pour l'affronter sinon trouver une issue ? La fuite en avant est-elle une possibilité ?

Chacune d'entre elles, masquées, mais pas muselées, portées par la musique du violon, réagissent, passent à l'attaque, le repli ne semble pas une alternative. Peu importe notre individualité , la collectivité prime pour aller de l'avant face à l'imminence du danger et leurs gestes résonnent fort en moi, m'inspirent ! Ne devenons pas des ombres, ni des fantômes face aux défis ! Transformons le "je" en "nous" ! Merci à vous pour ce message si bien exprimé !

Sur mes pas (virtuels et réels) en danse : Question de perceptions (doubles) grâce à Tangente et ses deux propositions !

 La proposition de Hélène Messier, "Soie", Tangente nous proposait de la découvrir en présence, mais aussi en webdiffusion. J'ai donc profité de cette opportunité pour la découvrir des deux façons. Et lors de cette visite dans ces lieux si familiers, dans le Wilder, pour moi en des temps pré pandémiques, je pouvais aussi découvrir la proposition d'Hugo Dalphond. 

Mais reprenons par le début ! Habitué à arriver assez tôt et prendre place à la porte de la salle, Hélène Messier a été un bon nombre de fois là en service. Et moi le bavard-curieux, dans la limite du raisonnable, je vous rassure, j'ai pu en apprendre sur cette oeuvre en création en lien avec son mémoire de maîtrise en préparation aussi. J'étais donc très curieux de découvrir le résultat de son travail. Et je l'ai fait en trois temps, d'abord via le web, ensuite en présence et une troisième fois en web encore, question de vérifier un petit détail qui me turlupinait durant la prestation en direct !

                            Photo d'Hélène Messier prise par David Wong fournie par Tangente

Je débuterai ce retour avec ma visite dans l'Espace Orange. Accueilli.es dans la salle un.e à la fois, nous sommes dirigé.es vers un des sièges disponibles tout autour d'un espace central. C'est donc sur le périmètre de ce cercle que la vingtaine de spectateurs, spectatrices découvriront ce "modèle vivant" comme il peut être possible lors d'un atelier de peinture. Le lieu est sombre, respire le calme et prédispose parfaitement à l'arrivée de l'artiste. Comme l'indique le programme de la soirée, elle nous propose une illustration de "Comment habiter une pose? Invoquant le butō et le modèle vivant, Hélène cherche à entrer dans un mode méditatif qu’elle partage avec le public." 

Et de ma perspective, elle réussit bien. Mon laisser-aller, déstabilisé par la proposition précédente d'Hugo Dalphond (sur ce point, je reviendrai). reprend tous ses droits. Elle débute sa prestation immobile, sur son petit carré illuminé, dos à moi et peu à peu tournant sur elle même, elle se présente de face à moi. Tout aussi calmement, elle évolue. Elle laisse le temps aux gestes de se déployer et de notre attention de la rejoindre ! Mon moment fort est le passage à terre où elle entreprend des rotations de façon tellement naturelle que je cherche ce plancher tournant qui évidemment n'existe pas. J'y ressent la rotation du corps apprivoisée, tout en douceur et maîtrisée. La rotation de ce corps qui veut calmer, me calme aussi. Je suis aussi attentif aux détails, comme cette main qui semble sortir du cadre ou du sens de la rotation qui il me semble passe du sens horaire au sens anti-horaire en fin de prestation. Et comme une fleur que j'ai vu éclore, chercher le soleil et le regard des autres, elle se refait discrète une fois la nuit arrivée tout en laissant une trace dans nos pupilles. Je m'en voudrais de ne pas mentionner la contribution de Vincent Gagnon à la musique qui enrobe le tout de façon fort douce et pertinente. Au final, des moments qui permettent de se détacher du moment présent et de se rendre dans un espace temps tout en douceur et en calme. 

Et pour ceux et celles qui sont curieux de connaître la raison de mon visionnement web après, la raison est bien simple. Bien attentif à la proposition, il m'avait semblé que le sens de la rotation avait changé vers la fin. Et c'est en le revisionnant que j'ai pu constater que je ne m'étais pas trompé, confirmant que j'étais bien attentif. (La web diffusion a certains avantages !)

Un aspect qui, selon moi, amenait une plus-value fort intéressante à la captation présentée en web-diffusion est définitivement la perspective "tout en haut". Perspective que jamais il ne serait possible de découvrir en "live" !

En début de séance, comme je l'indiquais précédemment, m'était présenté, "Étude sur la pénombre" d'Hugo Dalphond que je connaissais par ses nombreuses contributions aux éclairages de propositions chorégraphiques dont celle d'Hélène Messier que j'ai vue juste après. Malgré le titre, nous étions informés, c'est dans un "contexte d'obscurité" que l'interprète François Richard évoluerait ! Il en reste que j'étais muni de mon attention de chat, à défaut de ses yeux pour découvrir cette proposition. Et, une fois la musique fort envoutante (de Mathieu Seulement) tout en contrôle de ce lieu, mes yeux et mon cerveau ont échappé à mon contrôle. Dans cette pénombre, j'ai vu ou imaginé, je ne saurais dire ce corps apparaître, pour disparaître tout aussi rapidement. Pendant toute la représentation, il y a eu en moi, un combat constant, rien de reposant ! Comme si les projecteurs de ce créateur s'étaient déplacés de la scène jusque dans ma tête ! Une proposition qui déstabilise, ce qui en soit mérite le déplacement !

Soyez rassuré.es, durant mon retour à la maison, la paix s'est faite en moi ! Juste impatient de retourner en salle. La prochaine fois, c'est une proposition de l'Agora de la danse qui sera ma destination. À suivre !!!!

mardi 13 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: La collection automne fort riche des "Solos, prêts-à-porter" de Danse K par K.

Lorsque j'ai vu passer cette proposition, je n'ai pas pu la refuser. Cette collection de "Solos, prêts-à-porter" de Karine Ledoyen que je pouvais découvrir sur mon écran, je me la suis procuré sans hésitation. À ces cinq propositions d'abord présentées aux creux des mains des spectateurs dans différents publics extérieurs, moi, je n'y avais pas été ! 

Ces cinq oeuvres sont le prolongement différent de ces solos qui avaient été présentés dehors devant un ou deux spectateurs,trices l'été dernier. Moi qui avait pu en découvrir deux l'été dernier dans "mon" Montréal, je pourrai cette fois découvrir des artistes qui performent surtout à Québec. Parmi les cinq chorégraphes-interprètes, un seul m'était connu, soit Fabien Piché que je connaissais par l'intermédiaire des oeuvres du chorégraphe Alan Lake. C'est donc avec un grand plaisir et une curiosité toujours présente que j'ai fait une première rencontre avec Julie-Maude Cloutier, Léa Ratycz-Légaré, Nelly Paquentin et Odile-Amélie Peters. 

                                                    Affiche tirée du site de Danse K par K

Au menu donc, cinq propositions qui se déclinent en deux temps. Chaque proposition débute avec la présentation chorégraphique d'environ cinq minutes dans lesquelles la thématique des mains est pour moi une constante bien exploitée malgré qu'elle soit discrète. Elle est suivie par un échange avec l'instigatrice de ce projet, Karine Ledoyen. Dans cet échange, il sera question d'abord du lien avec la création fait en "live", un échange sur la perspective que l'instigatrice voulait apporter et le tout se termine avec la "question" à cette instigatrice par l'artiste performeur.se. Ces échanges ont fait en sorte que j'ai revu les différentes oeuvres pour en apprécier une perspective nouvelle, un avant et un après complémentaires pour ma réception des propositions.

Pause

Je dois avouer que si découvrir une proposition en personne sera toujours pour moi, ce que je préfèrerai. Il en reste que de pouvoir voir et revoir des oeuvres sur mon écran comporte certains avantages.

Fin de la pause

Me voilà donc devant mon écran pour découvrir d'abord, Fabien Piché évoluer sur du ciment comme s'il voulait y prendre racine pendant que tout autour la vie, je sens vie quotidienne fort présente. Dans ces mouvements, j'y vois les efforts d'un "travailleur" en uniforme qui tente de construire un lien entre le ciel et la terre. 

Ensuite, Julia-Maude Cloutier qui nous amène dans sa proposition dans laquelle, elle fait corps avec la nature de Limoilou méconnu de moi. Elle évolue dans ces lieux pour monter dans un arbre et aussi prendre s'enraciner dans le sol. 

Ensuite, Léa Ratycz Légaré m'amène dans une proposition forte en symboles que je perçois très bien. De par cette fenêtre, il y le présent devant et le passé derrière. Cette femme semble fragile et être en proie à du désarroi. Elle évolue, se met en mouvement pour se transformer, je dirais plutôt se métamorphoser, laissant derrière elle une partie de soi. Et sur cette fenêtre, elle laisse sa trace tout comme dans mon esprit. Ma proposition préférée !

Il s'en suit, la proposition de Nelly Paquentin qui dès les premières images me fait penser à des créations d'Alan Lake (chorégraphe de la ville de Québec). La matière (terre et matière végétale) est fort présente tout au long. Cette tête, je la vois comme une fleur sort de terre ou de son nid  pour s'épanouir et qui suivra son destin. Une proposition audacieuse et différente. Et la question qui me reste en tête est la suivante : A-t-elle vraiment la terre dans sa bouche ? Je serais bien curieux de connaître la réponse.

Le tout se termine avec Odile-Amélie Peters qui joue à mes yeux sur la dualité intérieur-extérieur. S'évader du lieu confiné tout doré soit-il semble sa mission. Une fois qu'elle prend place sur son tapis doré marqué par les traces du passé et y évolue avec de forts beaux gestes, partira-t-elle ? Question dont je garde la réponse pour moi.

Cinq "trop courtes" propositions qui m'illustrent encore une fois comment Karine Ledoyen peut me  proposer des oeuvres dans territoires chorégraphiques hors des sentiers, comme pour la première fois avec moi, il y a quelques années dans l'ouest de Montréal, soit ma rencontre avec son projet "Osez !" sur le site du collège Gérald-Godin en 2005. Cinq propositions qui m'ont permis aussi de découvrir de "nouveaux visages" fort intéressants.

samedi 10 avril 2021

Sur mes pas (réels) dans un univers fascinant : "Echo Chamber" de Martin Messier

Juste un peu avant que le couvre feu ne retrouve sa place dès 20h00, mes pas ont pu se déplacer en début de soirée jusqu'à un studio-atelier rue De Gaspé pour découvrir en toute intimité (soit 5 spectateurs), "ECHO CHAMBER" de Martin Messier. Concours de circonstance, j'avais, il y a peu de temps. assisté, via Zoom, à une rencontre avec lui qui présentait une rétrospective de quelques-unes de ses créations, gracieuseté de la Maison de la Culture Notre-Dame de-Grâce. 

                                               Photo de INNERVISION tirée du site Herby.TV

Impossible de ne pas être impressionné par "SEWING MACHINE ORCHESTRA", même sur mon petit écran, l'oeuvre fait effet ! Je découvre un bel exemple d'un magistral détournement d'objets. J'ai revu aussi des extraits de "INNERVISION" Cela me rappelait ma présence à  la Place des Festivals pour découvrir ce projet avec soixante, oui, oui, soixante interprètes lors du FTA 2019. De cette rencontre Zoom, j'ai appris lors qu'il avait pris "appui sur des pierres", matières brutes, pour construire cette oeuvre impressionnante !

Voilà donc pourquoi, le spectateur que je suis, "pisté" par Caroline Laurin-Beaucage, via les réseaux sociaux, a sauté sur l'occasion de découvrir en toute intimité (avec quatre autres spectateurs), "ECHO CHAMBER". C'est donc en ce vendredi soir "tout estival" que je me dirige dans le Mile-End et attend au bas de l'immeuble, en bonne compagnie, le moment de me rendre dans le "lieu" de présentation. 

Ce moment arrivé, nous montons les escaliers et nous sommes accueillis par notre hôte à la porte de son atelier. Il nous invite à entrer pour d'abord découvrir, juste à l'entrée, une installation en cours de création qui fait jaillir d'un mur des filaments tout blanc "qui volent au vent" ! Il m'en a fallu de si peu pour que je m'approche et que je tende la main pour toucher. N'ayez crainte, mes mains sont restées bien sages. Cet élan de curiosité réprimé, je prend place sur l'un des cinq sièges, prêt à découvrir, dans ce lieu la pièce de résistance de la soirée. 

Devant moi, tout proche, différents objets, dont, il me semble un lutrin ! Une fois le moment de débuter arrivé, les lumières s'éteignent et notre "chef d'orchestre" s'activera pour faire jaillir la lumière de l'ombre et la musique du silence en toute harmonie. Mon attention porte d'abord sur lui et ses gestes. Peu à peu, je l'oublie presque et mon attention porte surtout sur ces différentes déclinaisons photoniques, jusqu'à en oublier les aspects techniques. Il se déplace dans l'espace, déplace et modifie les objets complices dans ce qu'il me semble être une chorégraphie préparée avec une grande précision. 

Le temps passe mais pas pour moi, je suis fasciné, mon attention est captive par ce qui se passe devant moi. Cette impression sera partagée par certains spectateurs lors de la discussion après la présentation. Et puis, tout s'arrête et c'est dans le noir redevenu maître de la place, que la réalité reprend ses droits. Une fois les lumières réouvertes, je découvre certains objets responsables de la danse de la lumière à l'état de repos.

Cette création qui a manifestement demandé de longues heures de travail a été très peu présentée, because la pandémie, et aurait dû l'être dans des espaces plus vaste. Elle l'a été quelque fois dans la Cinquième Salle de la Place des arts avec une perspective, pour les spectateurs, plus grandiose, mais malgré tout, il y a avait pour moi, un plaisir à me sentir proche et le voir interagir avec ses objets. Je me promets d'aller découvrir une de ces oeuvres dans une salle plus grande et comparer mes impressions. Pour les curieux,, voici un lien pour se diriger vers son site (.https://martinmessier.art/echochamber.html)

Il en reste que durant cette soirée, je l'ai vu tel un orfèvre qui construit et manipule les objets précieux pour forger la lumière dans un écrin de musique. Durant la discussion fort intéressante d'après représentation, j'en apprends plus sur lui, sur cette oeuvre et aussi sur ces "2 ou 3" projets en élaboration, dont celui que nous avons vu à notre entrée dans les lieux. 

 

mercredi 7 avril 2021

Sur mes pas (bien réels) en danse: "Face-à-face" surprenant et captivant au La Chapelle !

 En cette même journée (mardi 6 avril) durant laquelle nous apprenions que les salles de spectacle ne seraient pas refermées (pour l'instant !), je me dirigeais, le pas heureux, jusqu'au La Chapelle à mon deuxième rendez-vous culturel en chair et en os de ce printemps ! Même ce billet que j'avais acheté, il y a une "éternité" et que j'avais conservé précieusement semblait, lui aussi, tout heureux de notre sortie !

Une fois rendu sur place, c'est dehors que nous attendons avant de nous laver les mains, de recevoir "notre" masque et d'entrer faire la file "à distance" de deux mètres dans la ligne "solo". Le temps d'entrer un à un dans la salle dans une chorégraphie bien rodée (même en cette soirée de première), j'apprends d'Olivier Bertrand qu'il devra refaire "ses devoirs". En effet, les mesures annoncées en catimini durant la journée indiquaient que les distances entre les sièges devraient passer de 1,5 à 2 mètres. Par conséquent, ils devront refaire leurs devoirs et reconfigurer les gradins et (peine!!!) de diminuer encore le nombre de spectateurs qu'ils peuvent accueillir !

Pause

Moi qui me suis déjà procuré mes billets pour plusieurs spectacles dans les prochaines semaines, j'ai comme une ombre qui est passée sur ma bonne humeur du moment ! Et surtout, j'espère ne pas recevoir un courriel avec des mauvaises nouvelles !

Fin de la pause

C'est, donc, un par un que nous sommes guidés et amenés jusqu'à notre siège et moi, je peux prendre place à "mon" siège première rangée. Il faudra environ quinzaine de minutes pour faire salle comble (en temps de restriction !) et aussi une salle comblée d'y être !  Nous découvrirons (ce que nous apprendrons en cours de prestation) une proposition créée par la rencontre de Jérémie Niel et de Catherine Gaudet qui s'inspire de la rencontre de Robert Gravel et Jean-Pierre Ronfard dans l'oeuvre "Tête à tête" présentée en 1994 par le Nouveau Théâtre Expérimental. 

                                                       Tiré du site du La Chapelle            


Déjà, dès l'entrée du premier spectateur, les deux interprètes, Louise Bédard et Félix-Antoine Boutin sont là sur scène à discuter à voix basse l'un avec l'autre, saluant au passage certains d'entre nous qui entrent en salle. Une fois les indications sanitaires d'usage données, les deux interprètes débutent, il me semble, leur face à face. En effet, sans vouloir rien divulgâcher, leurs premiers échanges entre elle venant du monde de la danse et lui, du monde du théâtre, me désarçonnent. Je suis donc coincé dans une position ambiguë, compte-tenu que c'est la première. Le plaisir de ne pas trouver mes repères me fait lâcher prise et remiser ma boussole ! 

Ce qui suivra, me semble une traversée océanique dont j'ai vécu la sortie du port en première partie.

En début de traversée, leurs échanges souvent verbaux, mais aussi physiques nous permettent dans un premier temps de découvrir leurs perspectives fort différentes sur la création artistique avec comme par exemple un échange amusant sur la verticalité versus l'horizontalité décliné en parallèle. 

Et puis arrive le moment où l'oeuvre "sombre dans le sombre" durant lequel nous découvrons la relation de ce couple avec un fjord. Dans cette nuit, leur intimité dans ce sombre irradie pendant que je ressent (et que j'entend) les vagues sur la coque d'un bateau. J'y ressent aussi une distance regrettée entre les deux. Il y a aura la rencontre avec un banc de brume dans lequel, ils se "perdent de vue" ! Revenant en des temps plus cléments, je découvre un tableau sur la transmission, mon préféré, durant lequel elle lui montre comment en trois ou quatre simples étapes, il est possible de voir éclore le geste jusqu'à sa floraison d'une chanteuse fort bien connue. Pour savoir qui, faudra vous y rendre !

Nous naviguons à travers les "eaux" dans des états de corps et des états d'âme parfois en harmonie d'autres en parfaite asymétrie. Un tableau sans paroles crie de désespoir ! Il y aura aussi le passage plus lumineux "Over the Rainbow". Et dans une suite de fausses fins qui désorientent, arrive la "vraie" fin de notre voyage. Un voyage durant lequel, lui a dû danser et elle a dû parler sur scène en partageant leur expérience et leur vécu. Des moments, comme  l'écrit si bien Catherine Lalonde dans Le Devoir (7 avril), "Le réel et la fiction rentrent ici aussi là-dedans ; c’est vraiment par rapport à l’autre qu’on réussit la traversée » qu’est ce Face-à-face." Et c'est cette confusion dans cette rencontre improbable qui m'a particulièrement plu ! 

Revenant les deux pieds sur terre, je quitte avec les gens de ma rangée d'abord et le théâtre ensuite pour revenir sur la terre ferme de ma quotidienneté évoluant à distance des passants que je croise jusqu'à mon propre port !


mardi 30 mars 2021

Sur mes pas (virtuels) à une performance: "Quelque part dans l'inachevé" entre le vivant et le non-vivant !

Fidèle à son habitude, l'équipe de Tangente me propose une oeuvre qui m'amène dans des sentiers audacieux qui peuvent désorientés ! Avec "Quelque part dans l'inachevé", c'est avec mes "guides" Sarah Wendt et Pascal Dufaux que je débute cette excursion qui a son origine dans un lieu fort inspirant pour eux et fort beau pour nous (d'après les images présentées), soit les Tablelands dans le Parc National du Gros-Morne dans la province de Terre-Neuve et Labrador. 

De ce duo, j'en étais à ma deuxième rencontre, la première date du OFFTA 2018 avec "Strange moods and dissonant feelings" que j'avais décrit, à l'époque, d'exploration de la quatrième dimension de la danse !"

Pour celle-ci, je suis entraîné dans des allers-retours de ce magnifique parc au studio, durant lesquels je découvre différents tableaux dans lesquels j'ai parfois de la difficulté à distinguer l'inerte du vivant. Comme si les créateurs et leurs "complices" avaient voulu jouer avec moi et me déjouer aussi. Plusieurs fois, j'ai dû chercher mes repères pour m'y retrouver face à ce que je découvrais. Et cet exercice m'a plu. 

Il y a aussi ce sablier rempli, mais pas de sable mais d'un liquide, qui s'écoule en laissant aller tout en haut une bulle d'air du passage du temps, comme les idées qui se font en nous. (Je découvrirai durant la rencontre d'après représentation que c'est du miel, riche de sa texture et de son vieillissement, qui était dans le sablier, question de mettre en évidence que l'écoulement du temps est continu et non pas discontinu comme le passage du sable, grain par grain dans l'étranglement). 

Les corps dans cette oeuvre-performance tout comme les éléments esthétiques, j'en ai l'impression, sont utilisés pour se jouer de nous et déjouer mes perceptions tout comme certains titres de tableau. Par exemple, "eeing" s'avère malgré l'impression phonétique du titre surtout sonore, tout comme cette femme dont les excroissances en font une créature surprenante aux gestes intrigants que je me lasse pas d'examiner.

                                               Photo par Denis Martin fournie par Tangente

Une oeuvre "haute en couleurs" qui m'a plu mais que j'aurais aussi bien appréciée en salle avec un grand écran pour saisir l'immensité de certaines perspectives. Une présentation suivie d'une rencontre fort instructive avec les deux créateurs qui m'a permis de mieux comprendre leur processus créatifs et leurs choix esthétiques. Ces idées qui émergent en eux comme dans des rêves et leurs perspectives qui viennent de la rencontre des différents systèmes qui doivent cohabiter et s'apprivoiser !



lundi 29 mars 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse sur la Passerelle 840: Mon retour sur les collectifs 843, 844 et 845.

 Un des rares avantages en ce temps de pandémie, c'est d'être à la maison et par conséquent de pouvoir intégrer à mon agenda toutes les présentations de saison de Passerelle 840. Ainsi donc, il y a une semaine et vendredi dernier aussi, nous avions droit aux Passerelles 843, 844 et 845 qui chacune nous présentaient trois propositions avec, de ma perspective une thème qui les unissait, celui de la dualité. Comme si il y avait un alignement des planètes! 

Malgré le temps qui passe et la mémoire qui peu à peu laisse derrière moi, quelque peu évaporés, mes souvenirs et mes impressions, je m'en voudrais de ne pas en partager certaines en concentré !


En un vendredi soir, le collectif 843 nous propose d'abord:

"Différente comme toi" de et avec Hasna Lionnet, Adrien Poulin, Estelle Weckering

"Y a pu rien à perdre !" de celle qui parle et de ce que cela produit sur celle qui danse avec entre les deux celui qui joue. La combinaison des gestes de l'une avec les paroles de l'autre, tout en harmonie, forme un tout fort poétique tout enrobé par la musique jusqu'à ce bref moment de rencontre à la toute fin.

Ensuite, "Terrain parfaitement familier", d'Éloi Angers-Roy et Léonie Bélanger

Une proposition qui joue sur l'intérieur et l'extérieur ou le dedans et le dehors ou plus simplement, "le soi dans le dedans du moi"

Et enfin, "Trip(es)/bonbon" de Morgane Guillou et d'Ariane Levasseur avec la collaboration de Mélia Boivin, Margot Carpentier, Oksanna Caufriez, Rozenn Lecomte, Anaïs Levert-Beaulieu, Cyrielle Rongier, Daphné Sanscartier, Julia Smith. 

Une oeuvre toute "Zoom" en 3 par 3 sur écran sur mon écran (dualité pandémique !). Les corps qui s'expriment chacun de leur côté en harmonie jusqu'au "happy ending "!

Mon prochain rendez-vous est avec le Collectif 844.

En début de programme "Moi aussi je sais nager… mais pas dans l’eau!" par Anaïs Levert-Beaulieu, interprété par le tout jeune Samuel Roy (7 ans). 

Une proposition qui surprend et qui ravit. Voir évoluer, bien dirigé, ce jeune avec sa fraicheur toute naturelle, fait grand bien ! La dualité illustrée par ce jeune qui danse et qui s'exprime comme un grand, "moi j'aime ça être souriant, content..."

Ensuite, "Carte Postale" de et par Lila Geneix et Alice Marroquin-Ethier

Une excursion à deux dans les lieux proches de leur foyer. De la danse par cartes postales qui amènent une perspective différente et sympathique.

"Tri-logis Tragi-comédie Tri-hadal" de et par Camille Courchesne-Couturier et Léa Kenza Laurent

Une oeuvre fantaisiste qui nous permet de les découvrir dans leur quotidien chez elles. Avec une double perspective, celle de la caméra à l'intérieur ou l'extérieur d'un aquarium. Perspectives claires, perspectives floues alternent pour nous faire découvrir ces deux femmes dans leur "habitat naturel" et nous dans le nôtre !

Et pour terminer, (oui toute bonne chose a une fin !) les propositions du Collectif 845:

"my emptiness" de Rozenn Lecomte et avec Margot Carpentier

Une oeuvre qui me montre "l'attente de l'autre", sinon "l'absence de l'autre" en teintes de bleu et rouge. Une proposition riche de sa dualité qui tente de combler un vide chargé.

"Déméter" de Jeanne Tétreault avec Camille Gendron, Lucca Bella Stothers, Alice Levert, Kathryn Terzian, Sarah Germain, Zoé Cloutier-Boyd, Marianne D. Gagnon et Monica Navarro.

Une proposition dans laquelle la dualité de la propagation des mouvements est illustrée, soit son côté ondulatoire des gestes et de son côté corpusculaire par les corps qui en groupe dehors et en dedans. Une proposition qui a été pour moi un coup de coeur ! 

Et pour terminer, changement au programme, "pétrichor" d'Ariane Levasseur, en reprise (ayant été présentée à l'édition précédente de Passerelle, l'automne dernier). De celle qui arrive calmement en parlant à un auditeur invisible et de sa transformation suite à la lumière qu'elle ferme dans "la pièce" en sortant pour aller de l'avant.

Trois soirées qui m'ont montré que ces jeunes peuvent s'adapter rapidement et avec imagination aux conditions difficiles actuelles et qui y trouvent même des zones d'opportunités pour explorer autrement la danse contemporaine. Qui leur a aussi permis de découvrir et apprécier (selon le témoignage entendu lors d'un échange d'après présentation) que la caméra leur permettait de déterminer la perspective du public. D'évaluer les effets d'être vulnérable, là juste devant nous ou être en contrôle total grâce à la caméra. Il reste à découvrir où ces explorations loin des sentiers habituels les mèneront dans le futur!


dimanche 28 mars 2021

Sur mes pas (bien réels !) en danse: "Deux solitudes dans une même présence" avec d'autres spectateurs !

 C'était il y a environ un mois, j'avais accepté l'invitation de découvrir des extraits de "Deux solitudes dans une même présence" d'Ariana Pirela Sánchez qui l'interprète avec Camille Trudel-Vigeant. Elle fait suite à une résidence à la maison de la culture Notre-Dame de-Grâce. Les extraits présentés m'avait fait très bonne impression et lors de la rencontre zoom d'après, une remarque m'avait particulièrement frappé. Celle d'Eduardo Ruiz-Vergara qui les a accompagné durant la création dont certaines fois à distance, "ce que nous avons vu en ligne, sur mon petit écran avait une perspective magnifiée lorsque vu en personne !" Remarque qui n'est pas tombée "dans l'oreille d'un sourd" !

 L'oeuvre était programmée en cette fin de mois de mars au MAI. Lorsque l'annonce de la réouverture des salles a été faite, j'étais à l'affût et lorsque les billets ont été mis en vente, j'étais prêt et l'un d'eux s'est rapidement retrouvé en ma possession. Je serai donc un de seize chanceuses ou chanceux qui pourront assister en présence à la représentation du samedi soir. Pour ce faire, il faudra remplir au préalable (soit avant d'entrer dans la salle d'attente) un questionnaire COVID et arriver à l'avance. Consignes suivies par tout.es puisque vingt cinq minutes avant le début de la représentation, plus de la moitié des gens sont déjà arrivés.

C'est tout fébrile que je franchis la porte de la salle et prend place, première rangée. Une fois tous les gens à leur siège, c'est un silence tout solennel qui règne dans le lieu avant le lever du rideau !

                                              Photo d'Ariana Pirela Sánchez par David Wong

Ce sont d'abord des voix qui se présentent à nous et ensuite les deux interprètes avec des souvenirs de jeunesse. En arrière scène, il y a des fils qui pour la suite seront ceux qui tisseront la trame narrative. Ces fils qui font le lien entre les moments passés et les moments présents. Ces fils qui pour moi représentent les souvenirs. Ces fils de différentes couleurs sont pour certains tout mêlés, pour d'autres très longs, comme il en est de nos souvenirs, heureux ou pas, précis ou confus et proches ou lointains. 

Nous avons droit à ce tableau qui illustre très bien le propos de l'oeuvre, soit celui durant laquelle Ariana nous décrit de vieilles photos de famille que j'aurais bien voir sur grand écran derrière ! Il en reste qu'autant son visage et que son ton m'apportaient suffisamment d'informations pour les reconstituer dans ma tête. 

Dans les différents tableaux qui suivent, je découvre l'effet de ses souvenirs dans les mouvements des corps, fort riches, qui utilisent les fils comme "fil conducteur" du propos et portés par une trame musicale fort riche. Celui durant lequel on tente de le dénouer. Celui aussi qui est mon tableau préféré de la soirée (le plus fort selon moi !) durant lequel Camille Trudel-Vigeant traverse tout lentement et avec une grande intensité la scène du côté cour au côté jardin amenant derrière elle, un fil. Celui du souvenir que l'on traîne vers le futur et qui nous retient dans le passé, ouf ! 

Il y a aussi ce tableau plus joyeux, dans lequel elles dansent allègrement à tour de rôle tout sourire, une avec une belle robe rouge qui vient de là-bas et l'autre avec des vêtements d'ici tout en bleu et blanc. Le tout se termine par un tableau riche tout intense de forts beaux mouvements énergiques, empreint d'allégresse festive dans lequel on voit qu'il est possible de faire en sorte que les souvenirs avec leur dualité fusionnent pour devenir un en nous !

Dans la présentation de l'oeuvre sur le site du MAI, je retiens la phrase suivante qui, selon moi, la présente bien, " Épousant la forme de la narration confessionnelle, l’artiste explore les thèmes de l’oubli, de la compensation par l’imagination et du rejet propres au processus d’assimilation culturelle afin de mieux ramener à la surface ses mémoires les plus profondes." Et tout cela avec les souvenirs incarnés par des corps fort éloquents, je serais tenté d'ajouter !

Une proposition fort riche en symboles, avec un propos accessible et qui surtout permet de nous projeter en nous et nos propres souvenirs par la suite. Une oeuvre qui mérite d'être représentée bientôt et vue par le plus grand nombre ! Merci Ariana de nous avoir ouvert les portes à ton intimité pour que l'on puisse découvrir tes souvenirs !


jeudi 25 mars 2021

Sur mes pas au cinéma: "Effacer l'historique" ou comment bien commencer une journée !

 Début de ma journée: Lever tôt  (lire ici plus tôt que d'habitude) du lit et regard dehors. Suivi par une remarque intérieure toute improbable, et si nous allions au cinéma ce matin. Suivi tout de suite par un oui mais quoi ? Rapide consultation de l'horaire de "mon" cinéma Beaubien et constater que "Effacer l'historique" passe à 9h20.

(Note à ceux qui me connaissent moins. Un de mes projets de retraite consistait à me rendre le plus souvent possible en matinée m'assoir dans une des salles  de ce cinéma et découvrir "en toute intimité" des oeuvres. La vie, des projets professionnels et devinez ! oui la pandémie a souvent contrecarré ce projet.)

 Mais là, si nous déjeunons et réglons rapidement quelques aspects de notre quotidienneté, nous pourrons aller assister à cette comédie dont la bande annonce m'avait bien "teasée" ! Le nombre d'étoiles décernées par les critiques confortait mon choix.

Prêts, pas prêts, nous y allons. Et c'est presque en toute intimité (nous serons moins d'une dizaine dans la salle #1) que défile d'abord les bandes annonces des films à venir qui présagent encore bien présences en ces lieux, dont "La chef d'orchestre", "Comme une vague" et "Vinland" !

                                    Image de Métropole Films tirée du site de La Presse

Pour faire court, "Effacer l'historique", de Benoît Delépine et Gustave Kerven, nous présente les péripéties de trois "personnes-personnages loosers" dans un monde qui leur échappe. Ils nous deviendront rapidement sympathiques. Les situations dans lesquelles ils se retrouvent sont tout autant réalistes qu'invraisemblables ! Ils naviguent dans les réalités modernes du crédit qui coule à flot et surtout celles des réseaux sociaux. Ils affrontent, tel des Don Quichotte, parfois chacun de leur côté, parfois ensemble, cet ennemi invisible qu'est le monde virtuel aux tentacules dans le monde bien réel. Les performances de Blanche Cardin (lumineuse), de Corinne Masiero (touchante) et Denis Podalydès (tellement sympathique) sont excellentes tout au long des différents épisodes souvent tellement "éclatées" et loufoques. J'ai souvent ri face à cet humour souvent déjanté ! 

Une oeuvre qui n'a pas fait l'unanimité chez nous, mais en moi, elle a fait mouche, parce que rire, ça me fait toujours du bien, surtout en ces temps !

mercredi 24 mars 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse des derniers jours: Mon retour sur la semaine où j'en ai eu plein la vue !

 Dire que la cour était pleine pour qualifier la quantité de mes propositions de danse à découvrir la semaine dernière (lire ici la semaine du 15 mars) est un euphémisme. Heureusement, sans avoir à me déplacer, cela facilite les choses. Il en reste que la difficulté est néanmoins de se mettre (chez soi), dans de bonnes dispositions pour recevoir les oeuvres comme elles le méritent. Il en reste que l'amateur de danse que je suis a été comblé et peut dire mission accomplie !

Au programme, donc, de cette semaine "bien occupée", il y a d'abord la proposition de Diana León, "Sur ce chemin, tu es sûre de te perdre", présenté par le MAI. Voilà une belle proposition riche en propos que cette artiste qui m'a proposé, avec ses collaborateurs, soit le long cheminement de l'oppression, de la mise de côté jusqu'à l'affirmation et à la libération. Des propos fort affirmés du début, dont "qu'est ce qu'il me manque" et des gestes tout aussi éloquents le parcours à faire. Elle illustre aussi, dans un tableau fort riche, comment tous ces objets du passé comme des souvenirs nous accompagnent et nous enrichissent couche après couche. J'ai particulièrement apprécié les éclairages (Adriana Ruiz) qui rehaussaient fort efficacement le propos de l'oeuvre. Une belle découverte qui me rappelait une résolution ancienne (exprimée lors d'une chronique présentée à Danscussion & Co), soit celle de sortir de mes sentiers battus et aller plus souvent au MAI. Ce qui sera le cas aussi pour ma première sortie de réouverture des salles et sur laquelle je reviendrai, soyez en certain.es !

                                   Photo de Diana León par Brenda Jauregui tirée du site de MAI

Aussi, après avoir découvert le long cheminement rempli d'embûches, il y avait "Accolades et quiproquos" de Philippe Meunier et Ian Yaworski présenté par Tangente. Pour ceux et celles qui sont intéressé.es par mes impressions, juste à aller vers le texte qui précède chronologiquement celui-ci. 

Toujours en gigue contemporaine, un programme quadruple présenté par BIGICO et  la Maison de la Culture Notre-Dame de-Grâce que j'avais vu et apprécié un peu plus tôt cette année, mais que je voulais revoir. Encore là, je ne répèterai pas, mais encore une fois, revoir ces oeuvres m'a permis de les découvrir différemment et de mieux les apprécier. Une soirée avec quatre créations qui permettent de voir différentes déclinaisons de la gigue "toute" contemporaine.

Le week-end me proposait deux soirées avec la gang de la Passerelle 840 (du département de danse de l'UQAM), celles des collectifs 843 et 844, propositions 3 et 4 sur 5 (la cinquième sera présenté le week-end prochain) que j'ai acceptées. Sur ces deux soirées, je reviendrai avec ce que j'aurai vu à cette dernière soirée (déjà !!!) de ce festival Passerelle 840. Mais d'or et déjà, je peux affirmer que ce n'est pas la pandémie qui ralentira la détermination et qui éteindra l'imagination de ces jeunes qui ont su utiliser tous les moyens pour s'exprimer, créer et me rejoindre ! 

Aussi une oeuvre phare du répertoire de la danse au Québec, "Joe" de Jean-Pierre Perreault, captée pour Rdio-Canada en 1995 présenté grâce à Danse Danse. Une captation vintage qui permet de souligner la pertinence intemporelle de la société Une oeuvre que je n'avais jamais vue puisqu'elle a été présentée à une époque (au début de la décennie 1980) durant laquelle mes pas ne me menaient pas encore vers des oeuvres chorégraphiques. 

Une oeuvre pour 32 interprètes créée pour les étudiant.es de l'UQAM (Remarque à moi-même: il y en avait beaucoup des finissant.es à cette époque !) et qui a fait son chemin dans de nombreux pas sur différentes scènes par la suite. "Joe" qui présente une foule revêtue de son manteau d'anonymat et de ses bottes d'existence percutantes. Des tableaux qui montrent l'individualité qui tente d'émerger et de s'affirmer du groupe. "Joe" qui montre que chaque individu est une alvéole indistingable des autres de cette société pour lui permettre de respirer et d'évoluer. Impression toute personnelle, découvrir cette oeuvre est l'un des trop peu nombreux aspects positifs du confinement pandémique que j'ai vécu ! Ah que je payerais cher pour la voir sur scène, là juste devant moi !

Et enfin, comme une cerise sur un sundae ( n'ayons pas peur des qualificatifs !) lors de la soirée bénéfice de Danse Danse, mon visionnement de la plus récente création d'Andrew Skeels, "[d]eux" qu'il a interprété avec Charles Brecard avec la captation et le montage de Frédéric Baune. Une oeuvre relativement courte, mais tellement éloquente. Andrew Skeels dans ses propos d'avant présentation insistait sur l'importance de la portée émotionnelle, même s'il n'y a de sens narratif évident à l'oeuvre. Pour moi, tout au long du visionnement, la trame narrative était fort présente et plaisante. Une relation entre deux hommes (que moi j'ai vu entre son père et son fils !) qui ne semble pas facile et dont on voit différentes épisodes. Les émotions différentes qui sont bien soulignées par des éclairages, "fort éclairants" ! Une oeuvre fort bien interprétée et dont j'ai particulièrement appréciée l'utilisation des bras lors des mouvements entre les deux hommes. Des bras qui portaient les paroles qui sont parfois si difficiles à dire à l'autre !

C'est donc sur cette oeuvre que ma semaine s'est terminée. Après une mise en pause de mes pas "réels", et juste avant qu'ils ne puissent de nouveau partir à la découverte en vrai dès ce week-end de propositions, je procède à l'achat de mes prochaines sorties et je regarde attentivement le visionnement du pré-dévoilement de la prochaine édition du FTA qui elle aura lieu cette année, parole de Martin Faucher !


jeudi 18 mars 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Accolades et quiproquos", un duo fort de son intimité exposé en création !

 Le chemin peut-être très long pour amener une oeuvre chorégraphique à bon port, d'autant plus long et périlleux en temps de pandémie ! "Accolades et quiproquos" de Philippe Meunier et Ian Yaworski (Les Archipels) en est un très bon exemple et j'ai pu en apprendre sur ce chemin lors d'une présentation en ligne de sortie de résidence, gracieuseté de la Maison de la culture Notre-Dame de-Grâce. À cette occasion, en plus de certains extraits présentés, j'ai eu droit à un journal de bord vidéo sur l'évolution de cette oeuvre pensée avant la pandémie et créée pendant le confinement! Une oeuvre d'abord créée en groupe et conçue pour un groupe est devenue par la force des choses un duo. Pour les intéressé.es, voici le lien vers mon compte-rendu ( http://surlespasduspectateur.blogspot.com/2021/01/sur-mes-pas-virtuels-en-danse-accolades.html ). 

C'est donc à un duo de gigue contemporaine que nous avons droit. Une proposition qui explore de nouveaux territoires pour ce type de danse, (lire ici, le sol) et la teneur du propos. "Titubant entre le spectacle de danse et le documentaire scénique, cette nouvelle création propose une gigue contemporaine déconstruite et un folklore alarmiste où le public est invité à voyager dans un constant aller-retour entre le studio et la scène" indique la description de l'oeuvre sur le site de Tangente (qui diffuse en ligne l'oeuvre). Lük Fleury dans une très belle et riche présentation d'avant représentation nous parle de gigue invisible à laquelle nous aurons droit et dans laquelle "empathie", "négociation" et "écoute" tissent la trame narrative de l'oeuvre. 

                              Photo des interprètes par David Wong fournie par Tangente

C'est avec en tête ces informations que la présentation commence. Ils nous arrivent sur une scène toute dépouillée pour se préparer en endossant, chacun de leur côté, leurs habits ! 

D'abord loin de l'autre, ils nous présentent des mouvements répétés qui subtilement sont modifiés et déplacés qui utilisent principalement des genoux particulièrement "volubiles" et expressifs, ils se rapprochent et se mettent en phase !Il en reste que cette harmonie semble fragile, mais elle tient le coup !

Très facile pour moi d'apprécier les gestes illustrant les émotions et les intentions mis ne geste que l'on peut ressentir dans une relation. Il y a aussi cette scène toute "far west" qui produit en moi tout un effet ! Et lorsque les corps deviennent objets de percussion, cela résonne et produit pour moi des sentiments fort ambigus! Mais le tout se termine bien et le "spectateur" est bien heureux !

Voici une oeuvre qui a su se rendre à bon port, malgré l'objectif initial impossible à atteindre et les multiples obstacles rencontrés. 


mardi 16 mars 2021

Sur mes premiers pas (virtuels) au Festival Passerelle 840 en ce début de 2021 !

 Voici donc venu le moment de faire mes prochains pas (virtuels) sur la Passerelle 840 qui pour cette fois se déclineront en 5 soirées composées de 3 propositions chacune. 

Pause

Pour ceux et celles qui ne connaissent cet espace de diffusion, permettez que je vous en fasse une courte présentation. À vrai dire, je reprendrai plutôt la présentation qui nous est faite sur leur site. "Passerelle 840 est un laboratoire-galerie créé en 1998 par le Département de danse de l'UQAM pour encourager et soutenir chez les étudiant.e.s un intérêt pour la recherche et l'expérimentation chorégraphique ainsi que pour favoriser l'acquisition de compétences liée à la conception, la gestion et la production d'un projet artistique."

Et moi "ces premiers pas", je les apprécie toujours pour leur diversité, leur audace et aussi pour leur fraicheur. Comment ne pas apprécier des jeunes qui ont des choses "différentes" à nous dire et à nous montrer ?

Fin de la pause

Donc au programme de ce premier week-end, les propositions des collectifs 841 et 842 et moi, j'y étais.

D'abord pour "ouvrir le bal", "Manifesti" fait de théâtre et de mouvements, de Claire Pearl avec Gloria Tousignant et Estelle Weckering se présente à nous de façon frontale et déterminée. De cet accueil en "duo-stéréo", j'en retiens surtout les paroles "can you hear me" et "I have a question !" tout en fait en phase avec ce que nous vivons maintenant, surtout si nous sommes des jeunes !

Il s'en suit une oeuvre qui amalgame les mouvements de Mélia Boivin et les effets visuels de Christopher Noël dans "COrps FONDRE", titre que j'aime beaucoup et qui dit tout! Tout comme le texte qui nous apparait en début et qui nous revient modifié fort habilement. Et comment me demanderez-vous ?  Voici le début du texte dans ses deux versions. "duplicata maladroit - l'embrouille du souci de personne" devient "du plis que t'as, malade roi - l'an brouille du sous, si de personne"

Et tout au long de ce qui se passera devant moi, j'y vois un monde réel perturbé, riche de toutes ses couleurs "hautes en couleurs" qui intègre un corps que l'on voit parfois ou que l'on devine surtout. J'y perds mes repères malgré toute l'attention que j'y porte et cela me plait !

Cette première soirée se termine avec "Ici or somewhere else" de et avec Béatrice Cardinal. La description annonçait la suite, "Chaque corps habite un espace, un lieu. Nous décidons d’être ici maintenant ou non. Et si ces lieux que nous habitons se transformaient sous nos yeux en de nouveaux espaces à explorer? Est-ce que je prends la décision de rester ici, ou d’aller somewhere else ?" 

La question est fortement philosophique et très actuelle et la réponse débute dans un cocon tout blanc où se retrouve cette femme qui me fait ressentir sa fébrilité, comme celui du papillon juste avant de sortir de son abri. Et une fois sorti, il y aura les fibres de la toile du destin qu'elle tente de manipuler ou de maîtriser, je ne saurais dire. Et comme dans le cycle de la vie, après les différentes intentions qui l'habitent ou l'habillent, illustrées ici par les différents costumes, nous découvrons sa réponse ! J'ai beaucoup apprécié la trame musicale qui était de la chorégraphe-interprète elle-même, comme je l'apprendrai lors de la discussion qui a suivi.

Une première belle soirée qui en prépare une autre le lendemain.

Et c'est donc trois autres propositions qui nous sont proposées. Le tout commence avec "Mirage" de Cyrielle Rongier qui nous présente différentes gammes d'émotion confinée dans un lieu extérieur (dans le parc Maisonneuve que j'ai reconnu !) Entouré par la neige, dans ce petit espace je vois celle qui affronte un adversaire invisible. Elle combat jusqu'au dernier moment, celui durant lequel le temps se fige dans son sablier hivernal !

Question de rester les deux pieds dans la neige, "(RE)PRENDRE TERRE" de Camille Gendron à la chorégraphie et Laurie Pouliot à l'habillage visuel. Cette femme prends possession de ce lieu extérieur boisé  tout recouvert de neige pour faire corps avec lui. On la sent investie d'une mission tranquille mais déterminée à aller quelque part pour se métamorphoser. Tout ce chemin qu'elle fait, nous le découvrirons à la fin est pour reprendre terre en tout repos ! Un cycle de vie sur fond blanc. Je m'en voudrais de ne pas mentionner qu'il est impossible de ne pas ressentir pour elle le froid de la neige en contact tout au long avec sa peau nue (habillée d'un simple maillot) !

Le tout se termine avec "Carte blanche" de et par Johanna Simon et Léa Kenza Laurent, une oeuvre en trois temps. C'est d'abord dans une brume de plastique que nous découvrons ces deux femmes qui évoluent dans des mondes extérieurs "éthérés" parfois parallèles, parfois séparés. Elles semblent portées par un courant fort bien audible pour nous. Par la suite, elles prennent place en dedans dans une lente et déterminée démarche de libération. Et une fois leur corps libéré, elles "habillent" leur corps de matière blanche pour ? À moi, spectateur, de décider de la suite.

Ainsi donc trois propositions qui utilisent de façon intéressante la "matière blanche, sous différentes formes. Trois propositions qui complètent ce premier week-end sur la Passerelle 840.

L'heure n'est pas encore au bilan, mais malgré les difficultés et les contraintes rencontrées, l'imagination de ces jeunes a de quoi rassurer le spectateur que je suis pour les prochaines années, pandémie ou pas !



dimanche 14 mars 2021

Sur mes pas (bien réels !) au cinéma: À la rencontre de "La déesse des mouches à feu" !

 La réouverture des salles de cinéma en zone rouge dont la mienne toute montréalaise ne m'avait pas échappée, mais mes premiers pas pour m'y rendre se font fait attendre. D'abord me retenir durant la semaine de relâche (et son inévitable affluence) et ensuite trouver le moment dans l'agenda fort occupé du retraité (que personne ne rit ici parce que c'est tout à fait vrai !). La première oeuvre à l'agenda, même si la rencontre était, de façon prévisible, peu agréable (mais très intéressante)  "La déesse des mouches à feu" d'Anaïs Barbeau-Lavalette. Je dois avouer que les propos de cette réalisatrice entendus à la radio avait piqué autant ma curiosité que mon intérêt !


Et cette première fois, c'est dans "mon" cinéma Beaubien que je l'ai fait ! Et question d'éviter l'achalandage pour cette première fois, c'est à la projection de dimanche matin 10h00 (9h00 si on tient compte du changement d'heure) que je m'y rendrai en bonne compagnie ! Malgré tout, c'est dans la grande salle numéro 2 fort bien pourvue de cinéphiles que je découvrirai cette déesse fort lumineuse. 

Rapidement, je suis amené dans l'univers de cette jeune fille (lumineuse Kelly Depeault) qui tente d'intégrer le monde "sans se brûler ses ailes" ! Un univers d'adolescent loin du mien autant géographiquement que personnellement. Mais c'est là un aspect de mes rencontres culturelles qui m'intéresse, soit celui de sortir de mes sentiers battus et me sortir de ma zone de confort. Une expédition difficile pour moi, pas très agréable, je le concède, mais fort instructive ! 

Une oeuvre riche de la performance de tous les interprètes. Une rencontre sur grand écran qui me rappelle que pour moi c'est dans une salle (sans popcorn !) que le septième art me rejoint autant !

La prochaine sortie, je vous l'annonce, sera très prochaine. À suivre donc !

Je m'en voudrais de ne pas mentionner que cette présentation était précédée par "Ka tatishtipatakanit (Éthéré) d'Isabelle Kanapé gracieuseté de Pleinsecrans et de Wapikoni. Leçon fort sage en ces temps tous modernes de réseaux sociaux !