mardi 9 août 2022

Sur mes pas en danse: Fort heureux de revoir du "Dave St-Pierre" sur scène !

 "Rapture" de Dave St-Pierre, nous était proposé dans le cadre de la semaine de Fierté Montréal. Cette proposition s'adressait à qui, me demanderez vous peut-être. Compte tenu du moment, il était possible que certain.es ne se sentent pas concerné.es ou intéressé.es par la nouvelle création de ce créateur hors norme, iconoclaste aussi, qui se voulait "une fresque-hommage à toutes ces personnes qui vivent leur différence au grand jour, face à un monde particulièrment hostile" ! Parce que, voyez vous, un certain nombre de sièges étaient vides pour la dernière représentation en ce samedi soir dans "Le Monastère" rue Ste-Catherine. Et c'est bien dommage !!! 

Je sais bien que les propositions de Dave St-Pierre ne s'adressent pas à tout.es, mais moi qui les ai à peu près toutes découvert depuis ma première fois avec "La pornographie des âmes", j'en suis toujours revenu interpellé. Il y a dans ses créations un amalgame de propos et d'esthétique qui me captive et "Rapture" n'a pas fait exception. 

                                 Crédit: Valérian Mazataud tirée du site du quotidien Le Devoir

Donc en ce samedi soir mes pas m'amènent jusqu'à la porte du lieu de présentation au centre-ville de Montréal, rue Bishop. Une fois rendu à l'intérieur, je suis guidé jusqu'à mon siège au pied de la scène au milieu de la place avec tout en haut, un bloc de tissus suspendu. Jusqu'au moment de commencer à l'heure, pile-poil, il est possible de voir les différents interprètes (Stacey Désilier, Nicholas Bellefleur, Tony Bougiouris, Miranda Chan, Lael Stellick, Rony Joaquin Figueroa (Kuntiana), Emilio Brown, Voncent Reid, José Dupuis et Mélusine Bonillo) de l'oeuvre à venir se promener dans la salle, discutant entre iels ou avec une ou des connaissances présentes.

Pause

Juste quelques mots pour indiquer avant d'aller plus loin qu'un défi pour rédiger ce texte consistait en l'utilisation correcte et respectueuse des pronoms. C'est donc avec prudence et respect que ce texte est écrit !

Fin de la pause

Une fois le moment venu, nous arrive ce colosse (Vincent Reid) qui prend possession du lieu et de notre attention avec des coups de pied tout au long de ses déplacements sur la scène. Et puis, tour à tour, les autres interprètes arrivent et c'est l'explosion des gestes et de mouvements tout à fait festifs ! Mais de cette fête, s'en suit des moments plus sombres, sinon dramatiques pour cette femme trans (Mélusine Bonillo) qui est la pierre angulaire de la proposition à venir. Suite à agression représentée, fort troublante, dont nous sommes témoins, arrive l'ange (Lael Stellick) qui deviendra pour la suite son "ange gardien". Difficile de bien décrire les différents tableaux qui s'en suivent, mais le tableau de ce magma de corps sur ce lit qui exclue cette femme trans. Tout au long, les tableaux plus ou moins percutants sont entrecoupés par des transitions beaucoup plus légères qui m'ont permis de me remettre en position de réception et d'écoute pour le tableau qui suivait. Ces tableaux fort variés résonnent fort. À titre d'exemple, impossible de rester insensible tout au long des moments durant lesquels ces trois hommes "pissent" sur ce corps bafoué et sali !

"RAPTURE", titre fort éloquent tant qu'aux thèmes présentés réussit, selon ma perspective, à sensibiliser sans provoquer. 



samedi 30 juillet 2022

Sur mes pas en danse: Tellement heureux et satisfait de redécouvrir en personne les Danses au crépuscule !

C'était, il y a cinq ans, mes pas m'amenaient pour une première fois au Centre d'art Diane-Dufresne à Repentigny pour assister à la présentation des "Danses au crépuscule". Les années suivantes, mes pas m'ont amené ailleurs dans Lanaudière pour découvrir les nouvelles éditions. En 2020, c'est via mon écran à la maison que j'ai découvert l'édition annuelle. Après un été 2021 d'absence dans mon agenda de sorties, mes pas me ramenaient fort heureux et en bonne compagnie jusqu'aux portes du Théâtre Alphonse-Desjardins, juste à côté de la Galerie d'art Diane-Dufresne, pour découvrir l'édition 2022 des Danses au crépuscule           

                             Tirée du site de l'événèment du Théâtre Alphonse-Desjardins

À notre arrivée, la place centrale face au théâtre est déjà fort grouillante d'activités et le Marky B. Trio sur la scène devant propose une prestation musicale. Le moment venu, nous sommes accueillis par l'animatrice de la soirée, madame Rose (Anne Millaire) qui nous guidera avec son klaxon à main pour nous guider dans nos déplacements d'un lieu de présentation à l'autre sur le site, tout en nous soumettant des questions sur le lieu et ce festival.

 Le tout démarre donc avec les coups de klaxon de madame Rose qui nous dirige derrière le théâtre jusqu'à un espace gazonné devant un arbre où se retrouve un personnage, tête baissée, avec une très grande robe blanche. Une fois tout les spectateurs en place et les instructions d'usage données par notre guide, débute "Horologium" de Michael Caldwell avec Sydney Keir, Ryan Kostyniuk, Zoe Kwan, Willem Sadler et Vincent-Nicolas Provencher. Comme l'indique si bien le programme de la soirée, je découvre "le périple fantastique d’une personnalité du monde des affaires étourdie dans le monde à l’envers d’une matriarche de neuf pieds et de trois esprits terpsichoréens." Et son périple se termine de façon fort belle que je lui envie ! Une oeuvre d'une dizaine de minutes riche d'un propos fort accessible avec des prestations fort belles. 

Une fois les derniers applaudissements envolés, guidé.es par le klaxon de madame Rose, nous nous dirigeons jusqu'au bassin d'eau face au Centre d'art Diane-Dufresne, lieu inspirant pour les chorégraphes puisqu'à ma première visite, c'est au même endroit que  "Passerelles-La rivière" chorégraphiée par Julie Pilon et Mélissandre Tremblay-Bourassa avait été présenté. Cette fois, c'est "No return" de et avec Michael Mortley qui nous sera présenté sur la passerelle et dans le bassin aussi. Ce que nous découvrons et  que le programme présente très bien, est une "Interprétation du retour. Retour sur soi, retour sur les lieux que mon corps appelait sa maison, pas juste où est le cœur. Le lieu qui ne juge pas qui tu es, ni ce que tu as choisi d’être. 'No Return'... non-retour, juste avancer, plonger tête baissée dans l’adversité." 

Ce retour, cet homme le balise avec des bouts de tissus sur son parcours au rythme des mots qui résonnent dans les airs. Et le chemin fait et qui peut éclabousser aussi laisse de belles traces dans notre tête. 

Une fois les applaudisements faits, c'est au son du klaxon de madame Rose, que nous sommes guidés jusque devant le théâtre, en position inversée. Soit nous spectateurs, devant une estrade adossée au théâtre et les interprètes qui vont évoluer dans ces mêmes estrades. C'est donc que tout en haut nous arrivent les interprètes, Jay Dodier, Gabrielle Doucet, Elizabeth Forest, Élodie Hétu, Maude Lafferrière, Audréanne Léger, Anaïs Levert-Beaulieu, Marie-Hélène Martin, Pascale Plouffe, Emmy Robillard et Régine Senatus-Lange de La Pléade Danse qui interprèteront "Communitas" de José Flores et Gabrielle Simard (CORPUS Collective). C'est dans cet espace scénique aux multiples paliers, que ce déploit le sens de la proposition, soit "Dans un univers rempli d’humanité où la fragilité de chaque interprète est exprimée, cette pièce met en lumière la primordialité et la complexité de la communication chez les êtres humains.". En solo, en duo, en plus gros groupe ou tout ensemble, les gestes et les déplacements sont porteurs de ce message et je le vois autour de moi, il résonne même auprès des très jeunes.  De ma perspective au pied de ces paliers, je me mets néanmoins à craindre pour elles et lui pour que la chute ne se produise pas, malgré la maîtrise que je vois ! Et, je suis rassuré, rien de fâcheux ne se produira !

Encore une fois, les Danses au crépuscule permettent une visibilité à une troupe de la région et le plaisir se ressentait autant dans la foule que parmi les interprètes. 

Et puis pour une dernière fois pour cette soirée, au son du klaxon de madame Rose, nous entreprenons, une "longue" marche jusqu'à l'autre bout du site, pour découvrir "Box Set" par Throwdown Collective (Zhenya Cerneacov, Mairead Filgate et Brodie Stevenson) et interprété par Sydney Keir, Michael Mortley et Willem Sadler. Décrite dans le programme comme une "danse athlétique pour trois interprètes et quatre boîtes en bois, ("Box Set") offre une structure dynamique et mouvante à ses trois protagonistes, qui, tout de bleu vêtu·e·s, grimpent sur leurs quatre accessoires géants, s’en propulsent et y glissent, les transformant sans cesse en configurations géométriques surprenantes".

Et le résultat est tout à fait réussi, parce que ces blocs fort géants, font corps avec les interprètes qui les manipulent avec doigté. Voilà, pour moi,un très bel exemple d'amalgame de corps et d'accessoires qui captive ! Une proposition pour tous les âges et pour tous les goûts, parole de spectateur averti !

Et c'est sur les derniers applaudissements et les derniers rayons de soleil qui se couche que nous nous dirigeons vers notre point d'arrivée qui devient notre point de départ pour la maison. 

Encore une fois cette année, j'ai pu apprécier la qualité et la pertinence des oeuvres présentées en cette soirée, accessible à toutes et tous, de tout âge. Lorsqu'on parle de rendre accessible la danse contemporaine au plus grand nombre, la directrice artistique de Dusk Dances, Sylvie Bouchard, et toute son équipe et aussi de toute la gang de l'Équipe de Diffusion Hector-Charland, peuvent dire mission accomplie !


vendredi 29 juillet 2022

Sur mes pas dans l'univers chorégraphique du Breakdance: des pas en deux temps fort riches et intéressants !

À cette soirée au Cinéma Impérial, j'y étais invité par Léo Caron alias "FLEAU" pour le visionnement de son documentaire "DECYPHER", "portant sur l'évolution du break (breakdance) à Montréal" !  

Léo Caron, je l'avais découvert avec grand plaisir (en ligne) avec ses deux confrères du collectif Sweet Technique, Victor Sono alias "VICIOUS"  et Sovann Rochon-Prom Tep alias "PROMO" dans un documentaire fort intéressant "Le break à l'oeuvre". C'était lors de la sortie de leur résidence au Salon 58, invités par Priscilla Guy,  il y a quelques mois.

Je me suis donc senti privilégié d'être invité à cette soirée, au final, en deux temps qui m'a permis de découvrir un univers chorégraphique et du grand nombre de ceux et celles qui l'habitent. Le tout a commencé par l'entrée dans ce lieu que mes pas, il y a très longtemps, avaient déjà arpenté, au point de penser qu'il était rendu totalement inhabité. À mon arrivée, je suis invité à me rendre par un couloir jusqu'à sur la scène où se trouvent déjà quelques personnes dont l'organisateur de la soirée qui m'accueille chaleureusement. Une fois, mes repères trouvés, je repère mon lieu pour m'installer et observer, soit un sofa très confortable, près du DJ et face au lieu d'entrée. 

                                               Affiche tirée du site FB de l'évènement

Peu à peu, je vois les gens arriver, se saluer et discuter. Et puis, peu à peu, au tour de ce "cercle" de danse, qui est en fait un carré sur le sol, le cypher, dont je rappelle la définition tirée du site de "100Lux", soit un "cercle de danseurs qui se forme naturellement où chacun peut aller effectuer un round de freestyle tour à tour. Le cypher est un endroit sécuritaire pour les danseurs afin qu’ils puissent s’expriment librement et qu’ils partagent leur inspiration du moment avec les autres participants.". C'est exactement ce que je découvre là, pour une première fois, juste devant moi. Pendant ce temps, d'autres gens arrivent, se saluent. J'ai droit à la rencontre d'un autre membre "important" de la communauté, Éric Martel, alias "Zig" avec qui j'échange et qui me rappelle aussi que le break dance deviendra une discipline olympique en 2024 à Paris et de l'effervescence que cela provoque dans son milieu.

Le temps passe vite et de façon fort captivante pour le spectateur que je suis, appréciant ces moments de rencontres et de performances, là devant moi. Et puis, une fois présentées deux perfornances plus formelles et faites, nous sommes invités à nous diriger dans la salle de présentation pour visionner le documentaire "DECYPHER" Les gens continuent à arriver et le tout, à mes yeux, tient de retrouvailles. Bien assis dans mon siège, impossible de ne pas être indifférent à ces rencontres et des rituels fort fraternelles qui les accompagnent. Il y a de la joie dans la place, ça se voit et ça se ressent. Malgré une demande de prendre place, les rencontres se poursuivent et même un des spectateurs lance tout haut, "ça va jamais commencer!". Mais oui, après, le deuxième rappel, les lumières s'éteignent et la présentation commence.

Dès les premières images, nous sommes projetés dans cet univers chorégraphique et de ceux et celles qui l'habitent. De ces premiers pas de break dans notre métropole dans les années 1980, avec la "first generation", le présentation est principalement chronologique avec de nombreux témoignages, mais surtout les images d'archive tout à fait inédites. Un travail important et riche du réalisateur, Léo Caron, qui nous informe en introduction que sa création sera disponible facilement et gratuitement dans un proche avenir. Si, comme moi, cet univers chorégraphique vous est quelque peu inconnu, il y a tout dans "DECYPHER" pour en prendre la mesure dans lequel, vous apprendre par exemple qu'un "battle" n'est pas cruel. Les différents témoignages exprimés après la représentation confirment mes impressions que ce travail de documentation est "huge" et que le résultat est "nasty".

Durant les cinquante minutes que durent le visionnement, nous avons donc un survol de la scène du break ici à Montréal depuis son arrivée. Tout au long, si les mouvements sont beaux et fascinants à voir, que leur côté acrobatique qui semblent défier les lois de la physique m'ont ébloui, ce sont les témoignages de ces hommes et de ces femmes qui les exécutent qui m'ont particulièrement intéressé.

Un documentaire fort riche et bien fait qui nous fait découvrir un univers fascinant.


samedi 23 juillet 2022

Sur mes pas en danse: "a cloud, a distance", comme les liens que l'on crée !

 À mon agenda, cette proposition était dans la case du jeudi, mais mère nature en a décidé autrement (lire ici trop grand risque d'orage). Parce que voyez-vous, dans un parc, la présentation d'une proposition artistique n'est pas une bonne idée. Bonne cependant est la décision de la reporter au lendemain sous un ciel manifestement plus clément. Me voilà donc, en ce vendredi soir", en "expédition" pour me rendre dans la partie ouest de l'île vers un coin peu achalandé par moi, soit un parc de la ville de Westmount. Une fois le parc trouvé, je me mets à la recherche du lieu de présentation que je trouve assez facilement (merci Noël et Arianne !).

Pause

Voilà une de mes angoisses estivales, celle de ne pas trouver le lieu de présentation d'une proposition lorsque la seule indication est le nom du parc et que celui-ci est assez grand. Ayant déjà raté le lieu d'une rencontre,"chat échaudé craint même l'eau froide" ! Cependant, le niveau de stress du spectateur s'abaisse fortement dès qu'il découvre ce lieu comme en cette soirée !

Fin de la pause

Arrivés à bon port, parce que bien accompagné, nous sommes accueillis par Noël Vézina, l'instigatrice de l'évènement qui nous invite à prendre place autour du lieu de présentation circulaire délimité par des bouts de branches plantés dans le sol. Elle nous remet aussi un bout de papier plié en deux qu'elle nous demande de conserver comme tel jusqu'à ce qu'elle nous demande de l'ouvrir durant la présentation. Il renferme une action que nous pourrons faire, à notre discrétion.

Une fois le survol de l'endroit où prendre place fait, nous trouvons et nous nous installons. Pendant qu'autour des gens prennent, à leur tour, leur place, les deux interprètes, Arianne Levasseur et Camélia Letendre sont étendues au sol immobiles. Le moment venu, elles se lèvent et se mettent "au travail" ! Tout en douceur, chacune d'elles prend un rouleau de fil parmi tous ceux de différentes couleurs tout autour. Après avoir attaché une des extrémités de ce fil à un des piquets, elles déploient patiemment un réseau, utilisant un autre rouleau, une fois le précédent en place. Difficile, sinon impossible pour moi de savoir si ce déploiement de fil est organisé selon un plan précis, mais le résultat donne une toile fort complète. Si au début de ce déploiement de fils, j'étais intéressé par le résultat, peu à peu, mon intérêt s'est déplacé vers leurs déplacements. Comme si pour moi, les gestes avaient, tout à coup, plus d'importance que le résultat. De ces fils de différentes couleurs (symbole qui a un effet sur ma perception de cette création éphémère) qui s'entrecroisent, tout en toile, on peut y apercevoir les vibrations respiratoires, comme si elle prenait une existence propre avec ces deux femmes qui l'arpentent avec agilité !

                                                            Crédit: Rozenn Lecomte

Une fois leur tâche terminée, voilà rendu le moment de notre contribution que je garde secrète, mais dont je peux dire qu'elle a une fonction d'unir le plus grand nombre. Le tout se termine par la reprise en charge de cette toile par ces deux artisanes qui ramènent le propos de l'oeuvre à l'essentiel, selon moi, soit les relations complexes entre deux personnes peu importe la nature et le nombre de liens qui les unit !

Au final, voilà une proposition qui m'a demandé, comme spectateur, de l'apprivoiser d'abord, mais dont, par la suite, le sens que je lui ai donné a émergé graduellement. Sommes nous conscient du nombre et de la nature parfois fragiles des liens qui nous relient ? De ceux et celles qui sont connecté.es à nous d'abord, mais aussi connecté.es entre eux et elles. De ma perspective, ce "a cloud, a distance" de Noël Vézina, propose une prise de conscience fort intéressante et réussie de cette nouvelle réalité infonuagique et de ses différentes déclinaisons actuelles. 



vendredi 22 juillet 2022

Sur mes pas en danse-cinéma: De "En corps", j'en aurais pris encore et encore !

 "En corps" de Cédric Klapisch, je l'avais sur mon radar depuis un certain temps. Suffisait de trouver le bon moment pour le découvrir et ce moment est arrivé en ce début de soirée de jeudi. Mes pas m'amènent donc, en bonne compagnie, jusqu'aux portes de mon Cinéma Beaubien et pour prendre place dans la salle. C'est dans une salle assez bien pourvue en cinéphiles que je découvre d'abord un court métrage fort intéressant, "CATCH ME" de Francisco Cruz dans le cadre du Festival Montréal Complètement Cirque. Surprenant parfois ces courts métrages et celui-ci en est un bel exemple, alliant gestes et histoire que l'on découvre peu à peu jusqu'à la finale fort touchante.

                                            Affiche du film tirée du site du Cinéma Beaubien

Et puis arrive le début de la projection qui nous amène dans les coulisses pour découvrir les derniers moments de préparation avant la présentation d'un spectacle de ballet classique. Ces moments mettent la table à ce qui suivra, soit la "chute" et la remontée d'Élise (Marion Barbeau, fort vraie et touchante), danseuse professionnelle qui passera du monde chorégraphique classique à celui contemporain. Comme bien d'autres fois dans la vie, c'est le chemin suivi (pour sa "rédemption"), plutôt que la conclusion qui captive.

Tout au long du visionnement de "En corps", nous avons droit à un condensé de relations familiales, de relations amicales, de relations amoureuses et de relations professionnelles, enrichies par des moments de danse (et de cuisine aussi qui ont des couleurs chorégraphiques !) dont ceux montrant "les pas" du chorégraphe Hofesh Shechter et de sa troupe.

Du visionnement, j'en reviens fort satisfait et aussi riche de l'observation mentionnée durant le visionnement, soit que le ballet classique est une danse plus aérienne tandis que la danse contemporaine est plus "groundée". Voilà une réflexion qui m'accompagnera pour mes prochaines sorties chorégraphiques !

 


lundi 18 juillet 2022

Mon retour sur mes autres pas sur le "Parcours doux": Enrichi encore par le bonheur de la découverte !

En conclusion de mon retour sur mes premiers pas sur le "Parcours doux" en juin dernier, j'écrivais, "Les trois kilomètres du retour à pied jusqu'à chez moi ont été faits avec bonheur et légèreté ! Et qui sait, en espérant des prochains !"

Voilà donc pourquoi, j'ai encore dit présent lorsque cette invitation m'est apparue. Les guides et le lieu seront différents, mais l'esprit lui s'annonce identique et il l'a été ! Anne Thériault et Amélie Rajotte du Collectif Lorganisme seront nos guides pour cette expédition sur l'île Notre-Dame et pour cette introspection en nous.

Le point de rencontre et de départ de ce parcours est à la sortie de la station de métro Jean-Drapeau et contrairement à la fois précédente, tout proche de chez moi, j'arrive bien à l'avance. Ce qui, une autre fois, confirme le (ou mon !) dicton, "si tu veux arriver en avance, part de loin."

Une fois toute la gang arrivée, dont un certain nombre était là la fois précédente, les deux guides nous expliquent le déroulement de notre expédition qui nous fera passer d'une île à l'autre, de l'intérieur de nous à l'extérieur. Nous alternerons les déplacements seul ou en binôme avec des arrêts pour observer, écouter et partager.

Sans revenir sur chacune de ces étapes, je vous propose un compte-rendu très personnel de certaines d'entre elles. Les premiers pas nous amènent sur un pont enjambant les deux îles (Sainte-Hélène et Notre-Dame). De là, face au vent, on nous propose de prendre conscience du vent et du son des vagues. En toute sécurité, nous prenons place et moi, je débute ma période de décompression active. Je le fais avec application, profitant de ces moments pour ressentir le vent sans trop observer ! Une fois cette étape introductive faite, nous franchirons le pont pour nous diriger dans un lieu pour effectuer des exercices "loin de mes territoires habituels", mais que j'effectue du mieux possible, concentré aux indications et aux mouvements de notre guide du moment Amélie !

Il s'en suit d'autres pas et d'autres arrêts pour découvrir des auteurs/autrices hors de mes sentiers de lecteur, mais qui seront dorénavant sur mon radar de lecteur, dont Dominique Fortier et Benoît Lesage.

De tout ce que j'ai entendu une expression capte particulièrement mon intérêt, "se sentir entier". Invité à prendre plume et cahier pour capter mes volutes cérébrales, je m'installe un peu à l'écart pour d'abord tenter de bien comprendre le sens de cette expression, malgré les explications fort justes d'une de nos guides. Il en reste que le chemin de la compréhension, de ma perspective, est essentiellement personnel et peut nécessiter des passages à vide. Mais en ce moment, entouré de verdure, je débute une réflexion sur cette expression. Donc assis à cette table, en retrait des autres, je les observe d'abord avant de plonger en moi-même. Parce que, voyez vous, c'est en soi, souvent que les réponse se trouvent, suffit d'y mettre le temps et les efforts !

Tiré de mon carnet de voyage intérieur, "Voilà une expédition ardue parce que déjà l'accès en moi est difficile. Le moi toujours en observation des autres, rarement en introspection. Expert du "out", néophyte (ou presque) du "in" ! Bon je tâte le terrain à l'entrée et je tente de plonger à l'intérieur, déterminé ! Après quelques essais, déconnecté avec ce qui se passe autour, j'y arrive !"

La suite est fort personnelle et le restera !

Repartant de ce lieu, nous irons jusqu'à un espèce d'auditorium extérieur, transformé en lieu d'entretien de plantes où se trouve une serre vide pour la saison estivale et à côté un bon nombre de cactus et de plantes succulentes de grande dimension, mais qui semblent être laissées de côté, abandonnées ! J'éprouve une certaine tristesse face à cette mise à l'écart, parce que le lieu n'est pas facile à découvrir, à moins d'être guidé !

Nous poursuivrons notre route vers d'autres étapes riches en mots et en gestes ! Une fois rendu à la conclusion de ce parcours, les mots énoncés, entendus, dispersés dans les lieux, perdus par moi pour la plupart, il en reste quelques uns gardés bien précieusement dans ma tête, dont celui du vide. L'importance du vide pour créer le lien entre des entités en est un exemple.

En conclusion, qu'espérer d'un "Parcours doux" que de sortir des sentiers battus et être déstabilisé, mais pas ébranlé pour mieux aller de l'avant, mais aussi en soi ! Merci à vous ami.es de Lorganisme pour ces invitations fort riches!


dimanche 17 juillet 2022

Sur mes pas de spectateur impressionné à une conférence riche de mouvements et d'informations: "ARTS+SPORTS_ Femmes en performance"

À cette proposition de Liliane Moussa et Caroline St-Laurent, j'avais déjà dit oui l'an dernier, mais c'était dans un format virtuel. Cette fois, si j'ai accepté que mes pas m'amènent jusqu'au Parc Laurier, c'est parce que c'est en personne que je pourrais assister à leur conférence-performance ! Par conséquent, en cette fin de journée, mes pas arpentent le parc Laurier, pour découvrir, dans la section nord-est du parc, le gym extérieur. À mon arrivée, les deux conférencières sont en pleine préparation avec, tout autour, plein d'activités. Après un tour d'horizon des lieux et un conseil de Liliane, je trouve ma place et je m'y installe. Peu à peu, les gens de tout âge, incluant des familles prennent place devant le lieu de la conférence. 

                                                Affiche de l'évènement, crédit : Vanessa Fortin

Peu avant le moment de débuter, les deux conférencières s'échauffent, échauffements qui je le découvrirai plus tard, ne seront pas superflus ! Et le tout débute avec des squats et l'intro de leur conférence, qui inclut la présentation des deux conférencières qui ont dans leur C.V. un vécu en gymnastique. 

Pause

De ces deux conférencières, j'ai déjà pu assister à  "Nadia, est-ce que ça va ?" et de Liliane Moussa, deux fois plutôt qu'une, "Finale au sol", propositions chorégraphiques dans lesquelles la perspective de  la perfornance athlétique des femmes sont au coeur de la proposition et qui m'interpellaient, comme homme !

Fin de la pause

                                                                   Crédit : David Wong

Ce qui suivra est une présentation en direct qui permet d'illustrer les doubles standards qui existe "encore" dans le "grand et beau monde du sport". Pendant que les deux conférencières exécutent leurs mouvements fort exigeants, elles nous énoncent des constats percutants. Je me permettrai d'en citer un exemple, celui du vocabulaire utilisé par les commentateurs sportifs, majoritairement masculin, qui est nettement différent selon que l'athlète est une femme ou un homme. Et, un deuxième aussi, lors de la présentation à la télévision des épreuves olympiques, les images présentent majoritairement d'épreuves masculines (près de 75%). Tout au long des différentes parties de leur propos, nos deux conférencières sont en pleine action, mais en restant attentif à leur propos, ce qu'elles nous présentent a de quoi troubler encore à notre époque, même si certaines améliorations sont constatées !

Pour moi, l'homme spectateur et amateur de sport que je suis, en ce samedi après-midi, je prend de nouveau conscience des différents biais sociaux. Voilà une oeuvre percutante et pertinente, exigeante aussi pour ces deux femmes en ce samedi après-midi caniculaire. Les efforts de ces deux femmes mériteraient qu'elles les fassent devant un plus grand nombre de spectateurs!

jeudi 14 juillet 2022

Sur mes pas en danse: "J'ai pleuré ce matin dans le métro", proposition que l'on m'a exprimé avec émotions et mouvements et que j'ai apprécié fort !

Lorsque j'ai dit oui, à aller découvrir,  "J'ai pleuré ce matin dans le métro", ce n'était pas la première fois que j'acceptais une invitation de Charles-Alexis Desgagnés. Il y a quatre ans, presque jour pour jour, j'assistais à une représentation de "Mue Érable"au Wilder, sur laquelle j'avais écrit un texte  ( https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2018/07/sur-mes-pas-en-danse-une-belle-et.html ). 

L'homme est très bon danseur, chorégraphe aussi, mais pas seulement. Après avoir assisté à cette autre proposition, je peux dire qu'il est un sapré bon rassembleur et homme orchestre aussi ! Avec sa compagnie, "Les sans-papiers", il a réuni autour de lui, fédéré, je serais tenté d'écrire plutôt !, une équipe de vingt-trois interprètes de tout horizon (dont les biographies sont disponibles sur le site FB de l'évènement et que j'ai lu avec intérêt) et près d'une dizaine de collaborateurs/collaboratrices pour amener à bon port ce projet. Et un élément fort important pour comprendre l'ampleur de la tâche et de la qualité du travail que j'ai pu découvrir, est que tout cela a été fait dans le cadre d'un stage intensif d'insertion porfessionnel de quatre semaines !

                                          Crédit: Marie-Ève Dion, tirée du site FB de l'évènement

Mais revenons au propos premier de ce texte, celui de mes impressions de spectateur assis en première rangée pour une première fois au Quai 5160 (Maison de la culture de Verdun) avec un très grand nombre d'autres spectateurs. Arrivé "un peu" à l'avance, je lis le texte du feuillet qui nous est remis à l'entrée, texte écrit par lui, en ce 13 juin 2022, qui met très bien la table à ce qui suivra. Texte qui porte sur un de ces matins à lui dans le métro et de sa rencontre avec une femme avec qui il échangera qu'un regard, derrière leur masque mais qui agit comme une décharge électrique pour lui !

Le tout débute, "sans surprise" (!) avec la phrase énoncée "ouvre tes yeux". Nous apparaissent ensuite les interprètes (Charlotte Beaulieu, Helene Belanger, Krystale Crockett, Angélyk Delisle, Sandrine Nelson-Drolet, Sophie Fournier, Megan Gaudreault, Juliette Ieva, Solène Laurin-Laliberté, Deya Lemière, Santiago López, Léo Lussier, Sarah Roy, Ciro Melgaço, Myrtille Miroulotte, Laura Perron, Mathilde Richer, Sarah Manipou, Manon Sérignat-Daléas, Johanna Simon, Jade Solis, William-Nicolas Tanguay et Saphia Weladji) pour nous présenter différentes modulations d'ondulations de dos, de dos !

S'en suivra plusieurs autres tableaux, en solo, en duo, en petits groupes et avec tout le groupe aussi, sur les relations humaines dans un univers "pas toujours facile". Parce que de trouver et de garder sa place au soleil peut impliquer de s'investir, de collaborer mais aussi de compétitionner et même de combattre ! Pour bien illustrer ce propos, il y a ce tableau fort et fort bien réussi aussi, durant lequel les places sous les projecteurs se font de plus en plus rares et les victimes trop nombreuses, le terme "trop" est de moi. Le tout est présenté avec néanmoins une approche pas trop agressive. En opposition, il y a aussi plusieurs tableaux qui présentent ce que la cohésion d'un groupe peut produire avec ses pulsions. Ravi aussi par ce trop bref tableau durant lequel je vois ce bouton de fleur qui s'ouvre et qui se referme ! Et cette finale qui se passe là juste devant moi, conclue de façon fort riche et avec pleine d'espoir ce qui attend "Les sans-papiers" dans l'avenir !

Pendant plus d'une heure, soixante-quinze minutes plus précisément, les gestes enrobés de la musique d'Alexis LP /Mada Mada et des éclairages de Catherine Fournier-Poirier, sont pour moi, des poêmes chorégraphiques sur cette jeunesse face leur avenir individuel et collectif. Et tout au long de cette soirée, alliant propos et émotions, j'ai été captif et captivé !

Sur mes pas au cinéma: Touché et captivé par "HALLELUJAH: LEONARD COHEN, UN VOYAGE, UN HYMNE" !

Invité par les gens du Cinéma du Parc à une avant-première de "HALLELUJAH: LEONARD COHEN, UN VOYAGE, UN HYMNE", j'ai accepté cette invitation avec grand plaisir. De cet homme "plus grand que nature", j'avais déjà vu l'exposition "Une brèche en toute chose", il y quelques années (en 2018) et quelques documentaires fort riches sur sa vie. Donc, ma question en tête en m'y rendant, qu'est ce que pouvait ajouter ce documentaire récent (2022) de Dan Geller et Dayna Goldfine ? Pas question de vous faire languir, cette oeuvre est définitivement une incursion inédite et fort riche dans l'univers de Leonard Cohen avec comme pierre angulaire, sa chanson "Hallelujah". L'homme et sa chanson, je serais tenté d'ajouter, en lien avec une autre oeuvre bien connue.

                                                          Tirée du site du Cinéma du Parc

Un de éléments impressionnants, mais pas le seul, c'est le travail de recherche des deux réalisateurs. Nous avons droit à des témoignages d'aujourd'hui, de personnes clés de l'époque de la création de l'album culte, "Various Positions", mais refusé par la maison Columbia, sur lequel était "la" chanson. Nous découvrons aussi comment elle a évolué et le grand nombre, non, le très grand nombre de fois qu'elle a été reprise. Tout au long du visionnement, j'ai droit à toute la gamme des reprises, sans jamais me lasser !  Tout au contraire, la magie opère jusqu'à la fin avec l'interprétation de K.D. Lang lors de son hommage posthume à Montréal.

Pendant deux heures, je suis captivé et aussi captivé tout en apprenant encore plus sur cet homme ! Définitivement, une oeuvre à voir et à revoir !


vendredi 1 juillet 2022

Sur mes pas de spectateur: À la découverte d'une belle étape d'une oeuvre en création, "L'inconsistance" de Nasim Lootij et Kiasa Nazeran !

 Il y avait un certain temps, sinon un temps certain que mes pas m'avaient porté à une proposition chorégraphique. À ce point que mes complices de sortie, mon petit calepin et son crayon, pensaient que je les avais laissé tomber ! Il en reste en cette semaine fort calme après cette période fort occupée, l'invitation de Nasim Lootij tombait bien et je l'ai accepté avec grand bonheur. 

C'est donc en un jeudi après-midi fort clément que mes pas fort heureux, comme mon calepin (!), me portent jusqu'au Studio Jeanne-Renaud de Circuit-Est Centre chorégraphique. Le spectateur que je suis a bonne mémoire et par conséquent, il se rappelle que sa première rencontre avec Nasim Lootij avait eu lieu à la sortie de ce même lieu, il y a quelques années avec ma promesse de découvrir son travail. Depuis, c'est ce que j'ai fait avec grand intérêt et plaisir. 

Au programme cette fois, une ébauche avancée (fort intéressante, de ma perspective) de "L'inconsistance" d'elle et Kiasa Nazeran, suite à deux semaines de résidence technique, qui concrétisaient le travail fait dans d'autres lieux auparavant. Nous serons quelques personnes à attendre pour prendre place dans la salle et une fois les portes ouvertes, nous sommes  accueillis par Sophie Michaud. Cette dernière nous indique qu'ils en sont à mi-chemin du processus de création et que nous sera présentée une portion d'une quarantaine de minutes.

Sans autre préambule, les lumières s'éteignent et nous apparaissent cette femme et cet homme tout de noir vêtu.es. Il s'en suivra une série de tableaux qui débute avec ce rouleau de papier blanc qui est déroulé et dont une bande est coupée. Ce papier deviendra la pierre angulaire polymorphyque de cette proposition. Rapidement, cette bande de papier tout blanc, qui sera entre autre, transformée, utilisée et cachée, représentera pour moi, leur mémoire ou la mémoire du peuple iranien (les deux interprètes sont originaires de ce pays). Leur propos est politique, illustrant l'importance de l'inconsistance dans l'évolution politique de leur pays, mais pas seulement ! Cela sera dit avec conviction après la présentation lors de la discussion avec le public présent. De ma perspective et de d'autres aussi, ils l'ont fait de façon fort poétique et affirmée qui irradiait tout au long de ce que je découvrais là devant moi. Que faire avec ce refaire et ces souvenirs tout disparates et refoulés en soi ? J'ai vu leurs réponses toutes personnelles à ces questions !

Moment privilégié du spectateur que je suis, tout au long, je sens, non (!) je sais, que j'assiste à une rencontre marquante et la discussion qui suivra la présentation, me permettra de bien prendre la mesure de ce qui les anime. Je peux aussi apprendre que le processus de création a été et est appuyé par bon nombre d'organismes, rappelant au spectateur que je suis, que la route est longue et demande des appuis avant que l'oeuvre arrive à son point final devant un public. Il en reste que cette version en travail de "L'inconsistance" en cours que j'ai découvert en ce jeudi après-midi est entre bonnes mains pour l'amener à bon port en vue de notre prochain rendez-vous dans la programmation d'un diffuseur.  

jeudi 23 juin 2022

Sur mes pas de spectateur à la rencontre de "Camille: The Story". Une absence que l'on "ressent" fort et bien !

 À la présentation de cette histoire, celle de Camille, mes pas m'y avaient déjà amené en 2019 et j'en avais gardé et partagé de belles traces.

 ( https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2019/09/sur-mes-pas-de-spectateur-les-yeux.html).

Depuis, l'équipe de création a poursuivi son travail ("joyeux" défi en ces temps de pandémie !) et elle a préparé une version en langue anglaise qui est présentée au Centre Segal en ce début d'été. Voilà donc pourquoi, mes pas m'amènent pour découvrir cette plus récente mouture concoctée par Audrey-Anne Bouchard et son équipe d'interprètes, Peter Farbridge, Alexandra Laferrière, Laurie-Anne Langis, (aussi chorégraphe de cette proposition) Marc-André Lapointe, Sarah Leblanc-Gosselin and Joan Wiecha. 

Permettez moi de préciser, en entrée de jeu, que cette proposition théâtrale est bien particulière, parce que nous sommes dépouillés d'un de nos sens, habituellement fort sollicité, celui de la vue. En effet, avant d'entrer dans le lieu de "rencontre" (ou de non-rencontre) avec Camille, je devrai enlever mes lunettes et mettre un bandeau qui me rendra visuellement imperméable à ce qui se passera autour de moi, mais et ce "mais" est important, rendra en contrepartie, mes autres sens fort perméables.

Il en reste que s'il y a un sens dont je suis fort dépendant, c'est bien celui de la vision et malgré mon apparente désinvolture à m'en départir, il y a en moi, une angoisse fort bien présente, juste avant de faire cette rencontre, que je dissimule du mieux possible.


                                        Crédit: Diana Uribe et Carlos Alberto Rativa Gonzalez

Une fois rendu dans l'antichambre, je suis accueilli de façon fort bienveillante par une des interprètes (Laurie-Anne Langis). J'enlève ce que doit, soit mes chaussures, mon manteau, mes lunettes et mon carnet de note pour ensuite mettre le bandeau de façon bien étanche et confortable devant mes yeux. On nous présente avant d'entrer dans le lieu de présentation, les avertissements d'usage et les crédits. Ce moment me permet d' apprivoiser mon nouvel état de non voyant et de me mettre dans une position pour mieux ressentir ce qui suivra. Le moment venu, à mon bras, arrive la main pour me guider derrière le rideau jusqu'à mon siège avec, près de moi, je le suppose, les cinq autres spectateurs !

Pendant les premiers moments, fébrile, mon ouïe est en alerte guettant le moindre signe d'activité sonore qui s'avère être, en premier, le signal du déclenchement d'un répondeur. Non, ce n'est pas mon imagination ou celui d'un cellulaire d'un spectateur, parce qu'il revient à mes oreilles ! Et puis, le tout débute et tout au long de ce qui suivra, je découvrirai le résultat du grand vide créé par le départ de Camille par celui qui le ressent fortement, sinon douloureusement, son ami Pierre. Tout au long, nous "irons" en différents lieux, dont dans ce café. et son odeur fort caractéristique. "Mes pas" m'amèneront même à l'extérieur sous la pluie (!), sous un parapluie. De ces lieux, de ces rencontres et de ce que ressentent les personnages, je le perçoit fort bien grâce à mes autres sens. Cette écharpe, oubliée, récupérée et conservée, élément central de cette histoire, j'ai même le droit de m'en recouvrir pendant quelques instants et elle me fait grand bien. 

Pendant toute cette heure, je me suis senti, encore une fois, immergé par le vide créé par le départ de cette femme. Cette histoire présentée en langue anglaise, même pour un francophone que je suis, est très accessible. Et de la vivre sans sa vision y donne une "coloration" fort différente, intéressante, rehaussée même.

Si je devais rester assis tout au long de la représentation, plutôt que de me déplacer comme la première fois, durant laquelle j'avais même dansé (!), mon plaisir est resté tout entier tout au long. Je dirais même que cette perspective immobile de spectateur, mais totalement à l'affût, je l'ai préférée !

mardi 21 juin 2022

Sur mes premiers pas extérieurs estivaux en danse: "Vers l'autre" !

Profitant d'une petite éclaircie dans mon agenda, en ce début d'après-midi dominical, mes pas me portent jusqu'au Parc Laurier pour découvrir, "Vers l'autre", la nouvelle proposition déambulatoire extérieure de Lucie Grégoire en collaboration avec Corpuscule Danse. De cette chorégraphe, je n'en suis pas à mes premiers pas. Il y a d'abord eu ceux que j'avais découvert au Jardin Botanique de Montréal. "La route des envolées" en 2014. Depuis quelques autres rencontres avec ses créations, dont le très mémorable "Ciel et Cendres", toujours en 2014 à l'Agora de la danse, duquel j'en étais ressorti fortement ému.

Pause

Que le spectateur que je suis est heureux d'apprendre que l'Agora de la Danse présentera l'automne prochain son nouveau solo, "Dérives".

Fin de la pause

Mais pour l'heure, revenons dans ce parc. À mon arrivée sur la bordure sud du parc Laurier, toute l'équipe, dont Marie-Hélène Bellavance, Isabelle Poirier, Georges-Nicolas Tremblay, accompagné.es par Pierre Tanguay à l'accompagnement musical (avec entre autre, un hang que j'apprécie particulièrement !) se préparent à entreprendre leur périple qui est décrit fort justement comme "À travers une gestuelle ramenée à l’essentiel, des mouvements lents et des images fluctuantes, cette œuvre chorégraphique créée in situ pour trois interprètes et un musicien évoque la trajectoire d’êtres unis dans la quête commune d’un ailleurs inconnu. Leurs déplacements dans l’espace suggèrent l’idée d’une migration humaine."

Le moment du départ venu, c'est à un arbre, point d'attache, que ces trois humains entendent l'appel au départ pour s'en détacher. Leur cheminement, ils le font d'abord ensemble, mais comme la vie "le fait si bien", il leur réserve des moments troubles. Moments durant lesquels, l'une est portée, l'une tombe pour rester derrière, suivie par l'autre aussi, mais ce qui ne signifie pas la fin du parcours. Parce que suite aux chutes, les corps se relèvent et poursuivent, même à la course, leur parcours, nous entraînant à leur suite. Ils longeront cette clôture, symbole qui pour me parle fort dans notre société pas toujours très ouverte, tout en laissant des traces sonores de leur passage. Il y aura aussi ce moment en communion individuellement avec un arbre, comme une pause à l'abri. Durant leur périple, se dresse une butte, qu'ils gravissent. Moi qui la prenait pour leur destination finale, je comprends vite qu'ils sont encore en marche vers leur destination. Et une fois la destination finale en vue, leurs derniers pas se font avec une allure légère et festive qui s'accompagnera de nos applaudissements !

                                                             Crédit: David Wong

En ce début d'après-midi, dans ce parc riche en activités humaines de toute sorte, leur parcours a attiré l'attention des plus et des moins jeunes dont certain.es les ont suivis jusqu'au bout. Et à la demande de la médiatrice, nous sommes invités à laisser un mot sur un bout de tissus qui sera attaché à la clôture. Avec plaisir, je me mets à la tâche et, juste pour vous, je vous indique ma réflexion du moment, "aller jusqu'au bout, coûte que coûte, ensemble !"

 Voilà une de mes activités préférées de spectateur que celle de suivre ces déambulatoires publics, tout en observant la réaction du public autour ! Et pour ma première fois, cette saison, la chorégraphe a su très bien intégrer le lieu à son propos chorégraphique, fort accessible à un public de tout âge ! Ma saison extérieure commence du bon pied !


lundi 20 juin 2022

Sur mes pas au Fringe: "Le chant de l'infirmière" qui a tout d'un chant du cygne !

 Si cette proposition du Fringe a attiré mon attention, c'est parce que l'une des interprètes, je la connais et que je l'apprécie aussi. C'est donc pour découvrir Vanessa Seiler dans "Le chant de l'infirmière" que mes pas m'ont amené jusqu'au Studio Hydro-Québec du Monument-National en ce début de soirée post déluge. Je ne serai pas seul à y assister, parce que le hall est déjà fort achalandé à mon arrivée. Une fois les portes ouvertes, nous nous dirigeons tout en bas des escaliers dans le Studio Hydro-Québec que j'ai régulièrement fréquenté à une autre époque. Une fois assis, devant nous, je découvre un lit et une forme humaine dessus, recouverte par des couvertures. 

                                               Photo du livre de la pièce tirée du site Les libraires

Le moment venu, vient devant nous, une infirmière qui sera celle qui nous parlera d'elle et qui nous entraînera dans les différentes épisodes de cette femme dans ce lit et dont elle prend soin, pour ces derniers jours. Par la suite, cette femme, Antonia, (incarné avec justesse et intensité par Vanessa Seiler) ancienne actrice, sera devant nous, vivante pour revivre différents épisodes parfois tumultueux et ou complexes de sa vie. Viendront aussi devant nous aussi, ceux et celles qui ont fait parti de son histoire. Pour peu que l'on soit attentif à ce qui nous est présenté, la "vérité" peut s'avérer multiple et très relative, parce que "brouillant la ligne entre illusion et vérités", peut-on lire dans le descriptif de l'oeuvre. Difficile de décider de tout démêler, mais de cette femme, je fais le choix de prendre position dans son camp. Grâce aux témoignages et aux rencontres de ceux et celles qui ont partagé des épisodes de sa vie, les pièces du puzzle se mettent en place et leurs perspectives s'avèrent fort riches pour mieux me faire comprendre le "parcours" complexe de cette femme. 

Portée par le texte fort riche d'Emmanuelle Caron, cette pièce de théâtre, incarnée par Vanessa Seiler, Anthony Dubé, Naomi Jouan, France Larochelle, Martin Lair, Iris Merlet-Caron, Fred Lalancette, Jamel Ben Gharbias et Anne-Marie St-Louis a tout ce qu'il faut pour être présenté devant un grand public dans l'avenir. Et, j'en suis ressorti en me disant que j'aime donc ce festival (Fringe) qui me permet de découvrir des propositions de haute qualité avec des artisans qui le font par amour des arts ! Et moi, question de revenir sur son parcours, celui d'Antonia, je me promets de me procurer le texte de cette pièce pour revivre les différents épisodes de la vie de cette femme. 

dimanche 19 juin 2022

Sur mes pas au Fringe: Une rencontre "coup de foudre" avec Nisha Coleman et "Cornichon; un parcours perplexe vers la francophonie" !

 Cette rencontre était le pur fruit de mon instinct de spectateur. Avec des billets pour découvrir une proposition théâtrale dans ce même lieu, le Monument National, en début de soirée, la prolongation de ma présence dans ces lieux pour en découvrir une autre, à La Balustrade, d'une artiste qui avait déjà gagné un prix de ce Festival (Fringe), se voulait être gagnant. Et cela l'a été, comme un gros lot !

                                               Tirée du site de Nisha Coleman

C'est de  "mon siège" en première rangée que j'assiste à l'arrivée de cette femme qui réussit à me faire chanter, moi le spectateur fort passif ! Elle m'entraînera à sa suite tout au long de son périple, parsemé d'obstacles de toute nature, déterminée à devenir une francophone. Son point de départ est quelque part dans la province voisine toute ontarienne. Le tout débute dans son école avec une rencontre qui la marquera pour la vie, celle de Marie-Hélène. Elle réalise vite que pour apprendre le français, elle devra voyager et c'est ce que je découvrirai avec, entre autre, son séjour en France, lieu qui lui fait découvrir que la langue française peut se colorer de façon surprenante. 

Impossible de ne pas être totalement captivé par ce qu'elle nous raconte. J'aurai droit aussi à ses découvertes de certains aspects fort "curieux" de notre belle langue, qu'elle veut tellement faire sienne. 

En cette soirée, Nisha Coleman a été, pour moi, un réel coup de foudre, comme le festival Fringe m'en a proposé quelque fois dans le passé. Cette femme, avec sa présence et son propos ne peut laisser que des traces fort belles et profondes à ceux et celles qui la rencontre. Merci Nisha ! J'espère seulement que de ce passage au Fringe, ne soit pour toi et ta pièce que les premiers pas vers de nouvelles rencontres que je souhaite nombreuses !

samedi 18 juin 2022

Sur mes autres pas au Fringe: "Mon coeur s'allonge comme une éponge", une belle rencontre !

 C'est entre deux orages que mes pas m'amènent du métro Laurier jusqu'aux portes du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec en franchissant les torrents d'eau fort présents aux différentes intersections. 

Ce ciel fort actif n'a rien pour inciter les amateurs du Fringe à prendre place dans les différentes salles de présentation en cette fin d'après-midi. C'est donc avec peu de gens autour, trop peu selon moi, que je prend place en première rangée dans le Studio multimédia du Conservatoire pour assister à "Mon coeur s'allonge comme une éponge" de Johanne Gour, interprété par Alexandra MacLean, dont j'appréciais une prestation pour une première fois !.

                               Crédit Justin Thomas, tiré du site de la chorégraphe

La scène est vide sauf, si on observe bien, deux souliers de pointe, loin l'un de l'autre. Si à l'extérieur de l'immeuble, mère nature nous propose son visage tourmenté, ici, nous sommes entourés d'un calme apaisant qui prépare à ce qui suivra. Et une fois les paroles d'usage énoncées, cette femme vient vers nous et arpente ce terrain, comme "à la recherche" de repères ! Les gestes sont secs et affirmés. Peu à peu, en moi, je ressens, plus que je ne vois, son histoire ! Cette histoire, avec différents épisodes de son parcours de vie, est parsemée d'hésitations, de circonvolutions, d'affirmation, mais aussi de recul et de prises d'appui. Avec ses gestes et ses déplacements, mais aussi avec son regard présent, parfois fort affirmatif, mais aussi parfois quelque peu absent, cette femme me fait ressentir un parcours qui a toutes les allures d'une carrière de danseuse avec des épisodes fort riches, rehaussés par des extraits musicaux et/ou chantés. Lorsqu'elle met ses pointes au pieds, elle semble aller, avec rigueur droit vers son destin. Une chaise aussi sera utilisée, symbole, à mes yeux, d'une pause avant de poursuivre vers l'avant.

Je confirme ce que le feuillet de cette oeuvre indiquait, "Parce que le corps est devant nous avec un sens particulier qui s'exprime et qui nous exprime, aussi comme lui seul peut le faire." Et en ce début de soirée, entre elle et moi, "le courant a passé" et cette rencontre a été réussie.

vendredi 17 juin 2022

Sur mes pas à des "Danses Kaléidoscopiques" chez "Vox": Le spectateur est fasciné et satisfait !

 Je dois l'avouer, cette invitation que j'ai acceptée avait surtout capté mon attention par la présence d'une des interprètes Alexia Martel et du chorégraphe Pierre-Marc Ouellette. Et en plus, elle me permettrait de découvrir un nouveau lieu culturel, et ce pour une deuxième fois, depuis peu, cette fois c'est, "Vox, centre de l'image contemporaine" ! C'est par un début de soirée fort diluvien que mes pas m'amènent donc dans le Quartier des Spectacles pour me rendre au quatrième étage de l'édifice coin Ste-Catherine et St-Laurent. 

                                                           Tirée du site de Vox

À mon arrivée, c'est tranquille dans le hall d'entrée, mais rapidement l'ascenseur ouvre régulièrement ses portes pour apporter de nouveaux spectateurs. Et une fois la porte de la salle de présentation, je trouve ma place en première rangée, pendant que les deux créateurs Manon De Pauw et Pierre-Marc Ouellette sont là, acceuillant.es dans le lieu de présentation, me semblant quelque peu fébrile, ce qui me semble compréhensible, compte-tenu que c'est soirée de première. Sans oublier que la présentation de ce projet a été plus d'une fois reportée à cause de la pandémie, information donnée par la personne qui m'a accueilli !

Donc devant moi, l'espace de présentation est relativement vide, sauf un mobile tournant qui projette un petit faisceau de lumière. Il y a aussi tout au fond des formes géométriques et des miroirs et enfin, de part et d'autres de l'espace de présentation (principal) deux postes de "travail".

Je crois utile ici de présenter le descriptif disponible sur le site internet pour mieux saisir le large spectre artistique de ce que je découvrirai bientôt. "Ce projet d’installation-performance met de l’avant une forme artistique hybride liant la danse contemporaine, la performance et les arts visuels et médiatiques. Il s’inspire d’une recherche historique sur le Ballet triadique (1922) d’Oskar Schlemmer, artiste phare du Bauhaus, à partir duquel l’artiste multidisciplinaire Manon De Pauw et le chorégraphe et danseur Pierre-Marc Ouellette interrogent le rapport entre le corps, l’image et la technologie."

Et le moment venu, chacun.e prend place et nous arrivent les trois interprètes en danse, Misheel Ganbold, Alexia Martel et Nikita Peruzzini qui, cela me frappe en entrée de jeu sont vêtues très différemment. 

Difficile de bien décrire la suite, malgré tous mes sens en alerte. L'espace devant moi a plusieurs personnalités et est modifié par celles qui l'habitent, sans que cela ne me distrait. Des tableaux me frappent plus particulièrement. Parmi ceux-ci, ceux durant lesquels, je voir des corps, leurs ombres, leurs projections et même leurs réflexions. Celui durant lequel l'écran derrière porteur de formes variables de couleurs qui se modifient pour accompagner celles qui dansent devant. Ce travail d'accompagnement est fait par Manon De Pauw dont je surveille avec intérêt par intermittence le déplacement des doigts sur sa table "blanche". Ce qui me permet aussi de redécouvrir le principe des couleurs complémentaires, parce que sous ses doigts la forme bleu devient projetée tout au fond, jaune. Ses doigts qui seront aussi présents sur l'écran de projection enrichissant le "propos" visuel.

Je suis fasciné par ces assemblages par des tableaux vivants avec des corps en mouvements et des couleurs projetées fort bien enrobé par la trame musicale (de Nicolas Bernier). J'en aurais pris encore longtemps ! Il y a aussi ce tableau durant lequel, les trois danseuses deviennent porteuses d'une tête de forme géométrique durant un tableau riche en couleurs. Chacune aussi aura son moment solo et même l'une d'elle pourra presque s'échapper du lieu à la suite des projections lumineuses. 

Tout au long, de mon siège fort bien choisi, sans le savoir, mon attention est restée captive et ma fascination maintenue constante, malgré de courtes transitions entre les tableaux. Il y a, selon moi, dans ce travail présenté, un fort beau cristallite pour produire dans une proposition plus longue un cristal aux mille facettes qui fera encore plus rayonner les différentes formes d'art qui la constitue. 


mercredi 15 juin 2022

Sur mes pas de spectateur en danse au Fringe: "Seven" qui ouvre aux perspectives de vivre avec les autres !

 Pour ma deuxième sortie à une présentation du Fringe, je vais assister à "Seven" de Naomi Gwynn, accompagnée sur scène par Sylvia Berman, Brittney Canda, Lauren Buchardt, Ariane Levasseur, Aicha Benchaaboune, and Benjamin Alexandor. Pour cela,  j'ai fait de la place dans mon agenda. Parce que voyez vous, parmi les interprètes, il y avait Ariane Levasseur que j'ai pu découvrir  et apprécier plusieurs fois depuis quelques années, que ce soit dans les présentations du Département de danse de l'UQAM ou dans celles des différentes Passerelle 840. Il en reste que c'est de la danse et que je suis bien curieux. C'est donc bien assis dans la première rangée du La Chapelle que j'attends le début devant une scène vide sauf dans le coin gauche. tout au fond, un divan.

                                                                Tirée du site du Fringe

Le moment arrivé et entouré de plusieurs autres personnes tout autour, se présente à nous des femmes dans une introduction intrigante pour rapidement mettre la table à l'arrivée de ce groupe (sept interprètes) et de ce fauteuil qui tente de nous présenter une image de groupe heureux ou presque derrière ces sourires d'apparat !

C'est par la suite, que le propos se présente et qui pour moi me rappelle, à certains égards, les relations de ces jeunes dans "L'auberge espagnole" de Cédric Klapisch (sorti en 2002) et dont je conserve de belles traces !

Pause

Le hasard fait bien les choses, parce que voyez vous, de ce réalisateur sera présenté prochainement sur nos écrans de cinéma , "En corps" dont le sujet porte sur la danse contemporaine. J'irai !

Fin de la pause

Tout au long de ces trop courtes vingt-cinq minutes, nous verrons différentes déclinaisons chorégraphiques de leurs relations avec les corps qui portent fort bien les différents états, dont ceux de solitude ou d'être avec un ou une autre ou d'être plusieurs. Dans la vie de groupe, il y a celle qui pleure, celle qui rit, celle aussi qui tente de sauver les apparences. Mais que cachent ses visages souriants lors de la photo de groupe, voilà un moment qui me marque. 

Les gestes expriment fort habilement ces relations, ces va et vient dans un groupe. Une oeuvre qui porte son histoire tout en nous permettant d'y trouver la nôtre ! 

lundi 13 juin 2022

Sur mes pas de spectateur, oups !! non de participant, fort heureux tout au long du Parcours doux proposé par Lorganisme !

 Lorsque sur mon fil FB est apparue cette invitation de la belle gang de Lorganisme, elle a attiré mon attention. Une fois ma lecture faite, je ne pensais pas qu'elle s'adressait à moi, puisque je lisais "Ouvert à toute personne ayant une pratique en arts vivants, y compris les étudiant·es." Et j'ai passé à autre chose. Mais le destin peut se faire insistant et pourquoi ne pas l'écouter. Voilà donc pourquoi lorsque quelques jours avant le moment prévu, j'ai vu qu'il restait quelques places, je me suis dit "et si je m'y rendais comme spectateur ! Ah je vous sens surpris.e ! Je tâte le pouls auprès d'une des membres de la gang. Rapidement et sagement je suis orienté vers un rôle de participant. Quelle recommandation avisée, chère Caroline !

Il en reste que la veille et la nuit précédente, le "spectateur" était quelque peu nerveux et craignait sa posture possible d'imposteur. Parce que voyez vous, dans le monde de la danse, je suis un spectateur et non pas un artisan. C'est avec, au fond de moi, un petit quelque chose craintif que mes pas me portent jusqu'à l'entrée du Parc Frédéric Back (et d'un de mes endroits de prédilection pour mes sorties de course !) pour rencontrer les artisans de cette rencontre, Caroline Laurin Beaucage, Sébastien Provencher et Sovann Rochon-Prom Tep et leur complice Mélanie Carpentier.

                                                  Tiré du site FB de Lorganisme

À mon arrivée, la majorité de la quinzaine de participant.es sont déjà là et je suis bien accueilli. La pression baisse Robert et Robert est fort heureux et soulagé aussi. J'ai beau bien les connaître, être rassuré, ça fait du bien !

Une fois tout.es les participant.es arrivé.es, nous sommes informé.es d'abord que l'initiatrice de ce projet est Anne Thériault, membre du collectif en réaction à la situation pandémique. L'an dernier, il y a eu d'autres randonnées dans des "Parcours doux", dans d'autres grands parcs. Pour cette fois, c'est dans ce grand parc toujours en évolution que nous évoluerons pour prendre conscience de nos perceptions sensorielles. Les grandes lignes des trois heures et demie nous sont présentées et là mes craintes tombent et je me sens d'attaque ! Je ne reviendrai pas sur chacune des étapes de ce périple, mais permettez moi d'en décrire quelques-unes et aussi de partager mes impressions durant et après.

Dans la "grande descente", on nous propose de prendre conscience de ce que nos pas font et que notre tête ressent. Il en reste que pour le coureur que je suis, cela demande une période d'acclimatation. Il en reste qu'avec les pas faits, la découverte des lieux se fait aussi avec la découverte fort riche de cet arbre qui émerge de la paroi rocheuse. Mon regard y restera attaché le plus longtemps possible et ma fascination pour cette "anomalie" est un signe de ma présence parmi elles et eux ! Et cet arbre semble bien heureux de sa posture, quoi de plus à ajouter !

Un peu plus loin, nous sommes invité.es à poursuivre notre périple en binôme. L'un.e des deux marchant les yeux fermés sur le sentier pendant que l'autre veillera à ce que tout se passe bien. Je serai celui des deux qui fermera les yeux en premier pour entreprendre cette "tâche" ! Rien de surprenant, mes premiers pas sont "à la dérive" et ma compagne du moment travaille fort et bien à me permettre de rester "dans le droit chemin" ! Il en reste que peu à peu, les yeux fermés, chemin faisant, ce parcours se fait "doux" et droit et j'entends des sons ambiants tout autour de façon plus clairs. Il y aura bien ces avions qui passent au dessus de moi et les travaux fort audibles pas trop loin, il en reste que le chant des oiseaux tout autour se fraient un chemin tout en moi. Devenant "l'ange gardien" de ma binôme, j'arrive à trouver la façon de la guider sans lui parler. Indice de mon truc, la façon que mes pas touchent le sol de gravier. Et elle comprend vite !

Un peu plus tard, autre "exercice" fort riche et particulièrement réussi. Celui proposé par Sébastien qui nous demande de former un autre binôme pour faire en duo, des mouvements. Avec ma voisine, je forme ce binôme et durant les prochaines minutes, le moment fort de ce "Parcours doux" et pourtant ! Durant un certain temps, nous devrons suivre les mouvements de l'autre, les "convoquer". Être attentif à l'autre, mais pas seulement, inviter l'autre aussi, Autrement dit, s'appuyer sur les gestes de l'autre, s'appuyer sans appui et y puiser une source pour les prochains à venir. Cette source intarissable pour autant que l'on soit attentif. Il y a eu dans ces moments, même pour moi, tout vieux que je suis, une source fort riche d'enseignements ".

S'en suivent les moments que nous pourrons utiliser pour produire avec des dessins, ce que je ne ferai pas, évidemment (!), mais durant lesquels je remplirai, pour moi des pages de mon cahier, fidèle complice de mes sorties pour les partager au groupe par la suite. Il y aura aussi cette discussion, toujours en binôme pour échanger sur chacun.e de nous et de nos projets à venir ! Encore là, pour moi des moments riches.

Et parce que, voyez vous, toute bonne chose à une fin, nous sommes invité.es au rassemblement final qui a tout du bilan. Pour ma part, je l'exprime, comme spectateur en danse, ma priorité est la rencontre et tout au long des moments passés, j'en ai vécu de belles de toute nature. Mon seul regret est que le temps a manqué pour en faire d'autres. Heureux problème dirait le sage.

Je repars de ce grand parc fort heureux, mais aussi surtout reconnaissant envers les organisateurs de cette initiative qui m'ont permis des échanges et des rencontres de toute sorte. Et aussi du commentaire de l'une des participante qui, pour me rassurer, m'a dit, "mais Robert, tu fais parti du "monde" de la danse !"

Les trois kilomètres du retour à pied jusqu'à chez moi ont été faits avec bonheur et légèreté ! Et qui sait en espérant des prochains !

dimanche 12 juin 2022

Sur mes premiers pas en danse au Fringe: "Corps commun", une poésie chorégraphique florale dévoilée là, tout juste devant moi !

 Même si pour cette édition du Fringe, mes pas ne seront pas aussi nombreux que je le souhaiterais, il en reste qu'il en aura et les premiers ont été vers le La Chapelle pour assister à "Corps Commun" de la compagnie Le Black Hole - art chorégraphique de et avec Virginie Desroches, Marie-Ève Dion et Claire Jeannot.

                                                                Tirée du site du Fringe

Bien installé dans mon siège en première rangée devant une scène toute vide, j'attends que les sièges trouvent preneurs et preneuses autour et derrière moi et parmi eux, il y aura de jeunes enfants. Ce qui me permettra de déterminer la réception d'un large public de ce que nous découvrirons. Et une fois le moment de débuter arrivé, les lumières se ferment et mes yeux se mettent aux aguets ! Avec la lumière du projecteur qui se met en action, je découvre cette femme, là juste devant moi. Mais de elle, je passe aux elles parce que derrière, je soupçonne d'abord et je découvre ensuite qu'il y en a deux autres. La superposition suivie d'un léger décalage est bien réussie. Peu à peu, les gestes se déploient, pour me présenter l'image d'une fleur qui éclot. Voilà une début qui promet !  La suite sera tout aussi poétique, intimiste et mystérieuse aussi ! Cette fleur qui éclot, le pollen est fort fertile sur cette scène ! Pour ma part, j'en retiens surtout les ondulations des bras et aussi les mots énoncés de l'une, dont "pivot", "cercle" qui dictent les mouvements des deux autres. 

Voilà une trentaine de minutes qui permet au spectateur que je suis de rester river aux gestes fort bien présentés et d'y trouver sa signification. Une proposition tout en sobriété, qui selon moi, mériterait d'être allongée et représentée dans un proche avenir. Et à l'écoute de commentaires entendus en sortant de la salle, je n'étais pas le seul à le penser ! Et les jeunes enfants auront été bien sages tout au long, ce qui est un signe de la qualité de ce qui a été présenté ! Donc, bravo et merci mesdames !

 

vendredi 10 juin 2022

Sur mes derniers pas au FTA, édition 2022: "M'appelle Mohamed Ali", une proposition qui a du punch !

En cette dernière journée du FTA, mes pas m'amènent jusqu'aux portes du Quat'sous sur l'avenue des Pins. S'y rendre a tout du parcours du combattant à cause des travaux tout aussi "interminables" qu'importants sur cette avenue et surtout devant ce théâtre. Il en reste que nous serons nombreux à franchir les obstacles et c'est une salle comble (qui sera comblée !) que "M'appelle Mohamed Ali" et sa distribution (Lyndz Dantiste, Fayolle Jean Jr., Anglesh Major, Maxime Mompérousse, Widemir Normil, Martin-David Peters, Rodley Pitt,  Franck Sylvestre, Tatiana Zinga Botao) investie la scène !

En entrée de jeu, nous découvrons un homme seul qui revêt le personnage de Mohamed Ali alias Cassius Marcellus Clay Jr, boxeur iconique. Ses paroles, en introduction, sont intenses malgré le ton calme qu'il adopte. Et puis nous arrive différentes incarnations de ce personnage. Il en résulte par la suite, d'une proposition qui a du punch, comme je l'entends sur scène "frapper si fort dans l'oeil du spectateur". Toujours ensemble sur scène, les différents interprètes se relaient la parole pour nous présenter différents aspects de la vie de cet homme. Des perspectives sur la boxe et de différents adversaires qu'il a eu, dont George Foreman, mais aussi, et moi cela m'a particulièrement touché, sur les raisons de son refus d'aller à la guerre au Vietnam. Sur cet aspect, la pièce, selon moi, insiste fort bien et, les "jabs" sur ce sujet portent !

Pendant plus d'une heure trente, je ressent ce que Tatiana Zinga Botao (metteure en scène avec Philippe Racine), indiquait dans une entrevue sur le site du FTA,  "Nous souhaitons aussi partager un autre constat, c’est que nos combats, ces combats que l’on vit au quotidien et dont il est question dans le texte, se transmettent malheureusement de génération en génération. On peut encore très bien s’identifier à Ali et à ses revendications, et faire nôtres celles d’Étienne, comédien africain.". 

Ce partage est fort, il me touche et il m'ébranle comme spectateur. Lorsqu'ils entament la longue litanie d'expressions qui débutent avec le mot qui commence en "n", je suis tenté de dire "I quit !" Mais abandonner, n'étant pas une possibilité, je suis resté là à encaisser les mots !

Voilà en fin de festival, une proposition, à l'image de sa programmation, qui "décoiffe" et qui ébranle. Action nécessaire pour nous garder ouvert aux réalités différentes aux nôtres (lire ici québécoise). Ouvert, mais aussi surtout réceptif, je serais tenté d'ajouter !

mercredi 8 juin 2022

Sur mes pas au FTA: Du théâtre documentaire qui porte fort avec "Laboratoire poison" et que j'ai "adoré" !

 Je dois l'avouer, ce billet (siège A1), je me le suis procuré très rapidement (lire ici sans lire le descriptif) ! Bon OK, ce n'était pas de la danse, mais il n'y a pas que cela dans la vie, hein Robert ! Les jours précédents la présentation et de m'y rendre, j'ai lu que j'aurais droit à du théâtre documentaire sur des enjeux fort complexes de notre monde. Quelque peu familier, mais surtout très intéressé avec cette forme théâtrale, j'étais fort heureux de ce reflexe (d'achat). Sans vouloir trahir quelques surprises de ce que j'ai pu découvrir pendant les presque trois heures de prestations, je peux affirmer que sous une apparente simplicité, Adeline Rosenstein et toute son équipe (Aminata Abdoulaye Hama, Marie Alié, Habib Ben Tanfous, Marie Devroux, Salim Djaferi, Thomas Durcudoy, Rémi Faure, El Bekkari, Titouan Quittot, Adeline Rosenstein, Talu, Audilia Batista, Jérémie Zagba), tout au long des trois tableaux, d'un épilogue et de quelques surprises ou digressions fort bien réussies m'ont captivé et ravi. 


Mais pas seulement captivé et ravi, instruit aussi ! Sur ces évènements historiques, plus ou moins récents dont certains se sont produits lorsque j'étais un projet d'avenir pour mes parents ! Comment jouer sur les mots et sur les images et aussi, comment utiliser la dualité du sens des mots. Adeline Rosenstein, (la metteuse en scène, comédienne et dramaturge suisse, établie à Bruxelles) indiquait dans une entrevue publiée dans Le Devoir, que son spectacle est très accessible. Sur cette affirmation, je serai partiellement d'accord avec elle. D'accord avec elle sur le fait que le tout reste fort accessible et surtout très instructif, dont les exemples du "canard-lapin" et du "coup de la bâche". Il en reste que la quantité d'informations et leurs complexités sur trois segments historiques (les partisans belges durant l’Occupation allemande, à la guerre d’Algérie et à la décolonisation du Congo belge) restent fort importants et demande une attention constante. Mais, soyez rassuré.e, si vous décrochez, vous ne resterez pas longtemps sur la touche, parce que rapidement, procédé théâtral fort habile à votre secours, vous serez récupéré pour la suite.

Pour ma part, j'en suis ressorti tout aussi satisfait qu'heureux ! "Laboratoire poison" est un autre bel exemple de ce que le FTA peut nous présenter pour nous ouvrir les yeux autant sur des réalités que sur des perspectives !


mardi 7 juin 2022

Sur mes pas en danse: Une rencontre pour aller de l'avant avec Esther Gaudette avec "DRIVE" !

 Guidé par la chorégraphe et interprète, Esther Gaudette, je me dirige en fin de soirée (lire ici pour 21h30) vers le nord de la ville ( La Cenne, boulevard St-Laurent) pour découvrir sa proposition, "DRIVE". Cette artiste, j'avais déjà vu plusieurs pas sur scène dans des créations de Daniel Léveillée et aussi sa présence tout intense dans "When the ice melts, will we drink the water ?" de Daina Ashbee. Cette fois, ce sont ses propres "pas" qu'elle me présentera et je suis bien curieux de les découvrir. Dire que cette femme a une forte présence sur scène, serait un euphémisme.

                                                            Affiche de la soirée

Arrivé "un peu" à l'avance, je suis fort bien accueilli. Peu à peu les gens arrivent et nous sommes invité.es à entrer dans le lieu de présentation dans lequel on retrouve des rangées de sièges sur trois côtés, sièges qui proviennent de la vieille version du théâtre de Quat'Sous, m'informe-t-on, mais qui sont encore très confortables. Le spectateur expérimenté que je suis se dirige vers le milieu de la première rangée face au fond de l'espace scénique. Décision dont je me féliciterai jusqu'à la fin de la présentation.

Le moment venu, nous apparait, tout au fond un personnage tout camouflé sous des vêtements et aussi et surtout sous un masque (comme celui des athlètes en escrime). Les premiers sont forts et brusques, annonciateurs d'une révolution intérieure à venir. Révolution libératrice, je suis tenté de penser en les découvrant. Et je ne me tromperai pas, cette femme évolue là juste devant et vers moi, se libérant d'un passé contraignant. Je crois même découvrir sa souffrance derrière ce masque lorsqu'elle avance en ma direction. Elle me donne toute la matière, fort bellement par ailleurs, pour y créer mon histoire, celle de la chenille et du papillon, plaisir fort apprécié du spectateur que je suis. 

Et puis ce que je découvre en deuxième partie de cette proposition, après une courte transition, c'est une femme métamorphosée, "richement habillée" qui s'exprime et de ces gestes j'en aurais pris encore et encore. Mais le tout se termine et moi, je remets mes pas en marche pour revenir à la maison, dans l'espoir de revoir cette oeuvre enrichie ou non, dans un proche futur, parce que "Drive" a du chemin à faire sur nos scènes.