samedi 30 septembre 2023

Sur mes pas dans différents territoires chez Tangente dans "Les espaces de performances partagés" !

 La proposition était fort tentante, mais aussi intrigante ! Pour ouvrir sa saison, Tangente nous proposait des moments qui avait pour moi, une perspective tout à fait nouvelle, soit d'installer dans le même espace trois performances en évolution simultanément. Ainsi donc, j'irai à la découverte de "The Choregraphic Garden" de Hanna Sybille Müller et toute son équipe, dont Nate Yaffe et Maria Kefirova aux mouvements, "Espaces construits, corps mobiles" du Collectif FRAM, incarné par Frédérique Rodier aux mouvements et aux déplacements ainsi que "S'imbriquer" de Philippe Dépelteau, mis en mouvements par Luce Lainé et Camil Bellefleur. Pour cette proposition, j'en étais à une deuxième rencontre, la précédente avait eu lieu lors de la présentation des "Bancs d'essai" par Circuit-Est en avril dernier ! Pour les intéressé.es voici le lien de mon retour:   https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2023/04/sur-mes-pas-vers-circuit-est-centre.html

Tout au long que mes pas m'amènent jusqu'à l'Espace Orange du Wilder, je suis intrigué de la façon dont sera partagé le territoire, d'autant plus que moi, je veux "tout" voir ! Le feuillet qui nous est donné à l'entrée de la salle, en plus des crédits, nous y trouvions une question fort pertinente et universelle, utile pour la suite, soit "Comment coexister dans un espace en transformation ?" En plus, il nous était annoncé que la visite en ces lieux serait inhabituelle ! 

Une fois les portes ouvertes, je me dirige dans le lieu dans lequel se trouvent déjà les "gangs" de "The Choregraphic Garden" et "S'imbriquer".  Une fois mon évaluation des lieux faite, je prend place sur un "coussin" qui devrait me permettre de ne "rien rater" ! Et lorsque le tout se met en marche, je peine à suivre ce qui se passe en mouvements dans des lieux opposés de l'endroit. Pour ces premiers moments, soit les vingt premières minutes des deux cent quarante de la soirée, mon constat est cruel, je suis dépassé ! Pour moi, trop de choses à suivre simultanément, lire ici deux, et je dois faire des choix, dans le sens, regarder à droite ou à gauche. C'est là que je prends la meilleure décision de cette soirée, soit, prendre du recul et exprimer mon "inconfort" à qui de droit qui de façon fort avisée me rassure et me donne aussi une réponse rassurante. Donc, à mon retour en salle, effectivement le cours des choses, pour moi, se placent et je pourrai découvrir avec une alternance plus confortable pour moi, ce que les trois performances ont à m'offrir.

Au final dans les deux cycles de deux heures, je me mets en position d'écoute pour découvrir ce qui m'est proposé. Pour les fins de ce texte, je reviendrai sur chacune d'elles, sans tenir compte de la chronologie de ce que je découvre. Dans l'espace à droite, "The Choregraphic Garden" de Hanna Sybille Müller se présente avec des bâches sous forme de poches. Dans cet espace animé sonorement par Damaris Baker, les deux interprètes dont les mouvements ont tout du duo athlétique "percutant". J'y vois une illustration de la thématique de la résistance des choses, comme dans nos perceptions des autres ou de nos habitudes. Une fois leurs "propos" exprimés, le groupe se rencontre pour débuter un "long" conciliabule qui semble indiquer la fin de la première partie. Et dans la deuxième partie, le propos oral se joindra à celui chorégraphique, avec les deux interprètes qui arpentent les lieux tout en énonçant des phrases dont celle-ci, "How far you can go to be free ? Je retiens aussi une expression, "concept of dirt" tout en découvrant qu'une des bâches de la première partie est maintenant remplie de terre et laissera des traces de ses déplacements dans le lieu. Traces qui seront balayées par la suite ! Voilà une proposition qui amalgame propos et mouvements pour nous amener dans une réflexion philosophique. Je me souhaite de la revoir seule et achevée pour approfondir la réflexion débutée !

                                           Crédit »Mariana Frandsen fournie par Tangente

Du côté gauche, dans l'espace se retrouvent une grande quantité de briques pour la présentation de  "S'imbriquer". De mes premiers moments d'observation jusqu'à la toute fin de la présentation, cette proposition clôturant la soirée, j'y découvre le travail inlassable de ces deux êtres humains qui organisent et réorganisent ce territoire comme pour nos idées et nos préjugés. Toutes ces briques assemblées pour devenir des discours ou des idéologies, sur lesquels ont s'appuie et qui pourront devenir des monuments temporels ou des assemblages éphémères. Le moment fort, pour moi, arrive dans la deuxième partie durant laquelle, elles quittent ce territoire pour aller plus loin.  Comme si nous devions faire le deuil d'un certain confort pour oser aller dans l'inconnu. Et de ce départ de ce monde que l'on tente de réorganiser, il semble que pour le créateur, ce sont les corps qui doivent s'imbriquer, sans trop tenir compte de ses contraintes matérielles qui les entourent. Il en reste que c'est déchirant pour moi, plus âgé, de découvrir que le salut dans "nos terres" semblent impossible pour ces jeunes qui partent "brique à la main" !

                                           Crédit Vanessa Fortin fournie par Tangente

Tout au long de la présentation, nous apparaîtra Frédérique Rodier dans "Espaces construits, corps mobiles". Voilà, pour moi, une proposition qui m'a particulièrement interpellé, par sa forme et le plus captivé par les mouvements de cette femme.

Pause

Je n'ai pas eu souvent la chance de la voir sur scène, une fois en fait, mais par les réseaux sociaux, beaucoup plus souvent, mais pour moi, sa gestuelle est unique et captivante. En tout ca, elle me plait beaucoup !

Fin de la pause

                                                 Crédit »Mariana Frandsen fournie par Tangente

Tout au long de ses apparitions, elle investie le lieu par ses déplacements, nous entraînant hors de la salle pour y revenir. Tout au long, elle illustre bien le titre de sa proposition. Elle ira à la rencontre de ses espaces construits en s'y appuyant de façon fort "éloquente" avec effort démontré et répétitions. Elle sera dans ces espaces de performances partagés l'esprit du lieu qui parfois tente de s'y fondre. Tout au long, j'ai particulièrement apprécié ses différentes déclinaisons de la marche et aussi ses déplacements avec juste devant elle, ce "papier" qui nous rappelle que nos préjugés peuvent nous masquer le regard vers le "devant" ! 

Au final, une soirée durant laquelle le spectateur que je suis a dû s'adapter, mais une fois cette adaptation faite, le plaisir de découvrir les différentes symboliques a été au rendez-vous. Et de ces quatre heures, difficile pour moi de tout mettre en mots ce que j'ai pu découvrir, mais j'en retiens que j'apprécie beaucoup les perspectives sur le monde que les "pas" et les mouvements peuvent me présenter et cette soirée en était fort riche.

jeudi 28 septembre 2023

Mes pas en danse chez Danse Danse: "Essence", un programme triple fort bien réussi des Ballets Jazz Montréal !

 Avec les derniers jours de septembre, le début de la saison culturelle se concrétise et par conséquent mes pas m'amènent, en ce mercredi soir, jusqu'au Théâtre Maisonneuve pour assister à la première proposition de Danse Danse. Comme c'est la première, le hall a des allures de retrouvailles. Et moi, je trouve ma place en attente du début de la représentation. Pour cette soirée, les Ballets Jazz Montréal nous proposent un programme triple qui navigue dans différentes eaux chorégraphiques. 

Pour ouvrir cette soirée, nous avons droit à "We can't forget about what's his name" d'Ausia Jones (qui est aussi interprète de la compagnie). Le programme de la soirée indiquait fort justement ce que j'allais découvrir par la suite, soit, "Explorant les concepts du temps, de communauté, d’unité et d’isolement, cette œuvre reflète les émotions extrêmes que l’incertitude crée dans nos vies, ainsi que l’espace qu’elle laisse à la liberté et la joie". Un élément scénique me captive particulièrement, celui des éclairages qui de différentes façons,  s'ouvrent, referment, ou déplacent des "horizons" ! De ces "anges de la nuit", tout de noir vêtus, j'ai suivi avec grande attention leurs mouvements.

Après un courte pause qui a permis d'installer sur la scène, rideau remonté, les différents projecteurs sur pied nécessaires à la suite, la soirée se poursuit. Cette installation avait, elle aussi, des allures d'une chorégraphie bien rodée ! Il s'en suit donc, "Ten Duets on a Theme of Rescue" de Crystal Pite. Une courte proposition de quatorze minutes qui allient fort bien les mouvements des duo d'interprètes avec ces éclairages mobiles et variables qui de ma perspective, illustrent bien les relations humaines entre deux personnes. Le tout passe vite, trop vite dirait le spectateur que je suis !

Après l'entracte (pas trop long !), nous aurons droit à "La chambre des Jacques" d'Aszure Barton qui nous permettra de voir sur scène toute la troupe, soit  Alyssa Allen, Gustavo Barros, Yosmell Calderon Mejias, John Canfield, Tuti Cedeño, Astrid Dangeard, Shanna Irwin, Ausia Jones, Miu Kato, DaMond LeMonte Garner, Larissa Leung, Austin Lichty, Marcel Mejia et Andrew Mikhaiel.

                       Photo: "Les Chambres des Jacques". Crédit :Sasha Onyshchenko, tirée du site de Danse Danse

Pause

Lors de la discussion d'après-représentation, les deux interprètes présents qui à la question, "quelle est votre oeuvre préférée de cette soirée ?", ont répondu après une légère hésitation cette dernière.

Fin de la pause

Donc, le tout s'ouvre sur un des interprètes qui rythme ses pas sur une chanson de Gilles Vigneault. Et moi qui me demande, pour nous amener où ? Rapidement, je découvre que nous serons amenés dans un périple chorégraphique tout autour du monde. Durant les trente-cinq prochaines minutes, les pas et les mouvements nous seront portés par différents styles musicaux. Pas question pour le spectateur de "baisser la garde", parce que les changements de directions sont fréquents. Pour ma part, j'ai conservé "le cap" tout au long ! Il en reste qu'un petit détail me turlupine ou plutôt m'intrigue. Pourquoi sont-ils et elles habillé.es en différentes variations de brun, sauf elle tout en bleu et lui moitié bleu, moitié brun. Je tente de découvrir si une relation différente les relie aux autres, mais peine perdue ! Il en reste que ce "détail" n'a pas gâché mon plaisir.

Comme il était possible de le lire récemment dans le Devoir, sous la plume de Léa Villalba, "Le programme Essence promet donc une soirée très diversifiée pour les danseurs et les spectateurs. Une richesse, selon Mme Damiani. « Avec Ausia, on est dans la fougue, dans la jeunesse. Avec Crystal, la maturité, la délicatesse et l’art de la danse sont mis de l’avant. Enfin, avec Aszure, c’est le côté performatif, théâtral, qui se dégage. Pour moi, c’est ça, Ballets jazz Montréal », conclut-elle." 

Promesse tenue pour moi et si je me fie aux applaudissements riches et à l'ovation autour de moi à la toute fin, pour les autres aussi !

dimanche 24 septembre 2023

Sur mes pas au théâtre: sur la "corde.raide" à l'Espace Go !

Si ma "diète culturelle" est essentiellement danse, elle inclut aussi du théâtre et l'Espace Go est devenu avec les années une destination régulière et pour ces occasions, ma blonde m'accompagne ! Voilà donc pourquoi en ce vendredi soir, nous nous dirigeons vers l'Espace Go , pour assister à leur première proposition de la saison qui nous convie à "corde.raide" de l'autrice debbie tucker green.

Pause

Pas de fautes dans ce qui précède, parce que l'auteure de la pièce n'utilise pas les lettres majuscules.

Fin de la pause

                               Crédit: Maxyme G. Delisle tirée du site de l'Espace Go

À notre arrivée en salle, devant nous, se trouve une scène vide, sauf quatre chaises en métal alignées et un accessoire dans le coin! Et puis après les paroles d'accueil, arriveront les trois personnages. Rapidement, nous comprenons que la rencontre n'est pas la première et que comme toutes les autres, elle est très formelle. Il en reste que de cette femme noire et sa famille ont été victimes d'un crime violent. Lui et elle de couleur blanche et qui représentent le système sont là pour poursuivre des procédures. Et ces procédures, nous les découvrons peu à peu, avec tout les malaises que montrent fort bien ces deux "fonctionnaires" face à situation "difficile"! Il y aura les paroles maladroites avec des répétitions et les gestes confus tout au long de leur rencontre que peu à peu, nous découvrons le but. De ces personnages anonymes, nommés "un", "deux" et "trois", émergent des échanges qui représentent fort bien l'apparente bienveillance de notre monde actuel envers les autres d'autres couleurs" ! 

Dans la première partie de la pièce, j'apprécie particulièrement la puissance du silence et je pressent "l'éléphant dans la pièce". Par la suite, je découvre la raison de cette femme à cette rencontre sous la "bienveillance" de ses deux hôtes. Lorsque j'apprends la décision qu'elle doit prendre, je comprends mieux toutes les maladresses des deux autres. Il en reste qu'une fois que "ma tête est faite" sur la situation, une chose m'agace, pourquoi la "peine de mort" pour un crime qui ne semble pas avoir causé de mort. Il en reste que les prestations de Stephie Mazunya, Ève Landry et Patrice Dubois, et la mise en scène d'Alexia Bürger m'ont gardé captif et captivé tout au long. 

Au final, une proposition théâtrale qui sort des sentiers habituels et qui surtout, nous fait réfléchir sur la bienveillance que "nous" sommes souvent tentés de prodiguer aux "autres" !

jeudi 21 septembre 2023

Mes pas au théâtre: Toute une rencontre avec "Lau" dans les coulisses chez Duceppe !

 Depuis que l'on nous propose de nous rendre dans les coulisses du Théâtre Jean-Duceppe pour découvrir des oeuvres fort intimes, j'en suis à ma deuxième fois. Et pour cette fois, j'ai été à la rencontre de "Lau" comme dans Laura de Marie-Pier Audet en collaboration avec Katherine IS, mis en scène par Frédéric Blanchette. Ce "solo" interprété par Marie Bernier est enrichi par les mouvements par Catherine Viau. 

Me voilà donc descendant les marches de ce théâtre pour me rendre jusque dans les coulisses. Une fois dans l'endroit, je demande conseil pour trouver le "meilleur" endroit autour de cette petite scène carrée qui est entourée de chaque côté par deux rangées de sièges. Et c'est Marie-Pier Audet, elle-même qui me le suggère ! Il en reste que peu importe l'endroit, chacune des personnes présentes aura droit à une belle perspective de ce qui suivra !

                                              Affiche de l'oeuvre tirée du site de Duceppe

Une fois les présentations d'usage fait par David Laurin (co-directeur artistique du théâtre) et de son annonce qu'une discussion suivra la représentation, discussion qui sera fort intéressante. Et puis nous sommes amenés de la noirceur à l'apparition de ces deux corps qui évoluent dans l'espace. Un lien semble les unir, mais pour l'instant, moi je ne peux le définir. Et puis arrive le moment de la rencontre avec cette femme "à la dérive" qui a perdu sa mère. Ça ne va pas et c'est dans les "shooters" que sa vie semble dériver. Et puis, après une valse hésitation, suivant le conseil d'une amie, elle tentera d'y voir plus clair avec une voyante. Et dans cette rencontre, émergera la suite fort émotive! Il en reste que dans le chemin qu'elle fait dans l'espoir de ne pas sombrer que réside notre plaisir fort riche en émotions de spectateur. Et puis, arrive le moment où je découvre la réponse à la question sur le carton remis à l'entrée, soit "Sauras-tu remonter à la surface sans toucher le fond ?".

Tout au long de ces moments Marie Bernier réussit à être présente pour chacune et chacun de nous, peut importe le côté que nous sommes, avec une grande maîtrise du lieu, tout en nous transmettant le propos qui navigue brutalement dans différentes époques ! Elle sera éventuellement rejointe par cette présence dansante (Catherine Viau) qui symbolisera un être important pour elle. 

Au final une proposition forte, ancrée dans l'histoire personnelle de l'autrice qui nous touche et dans laquelle les mouvements de danse ajoutent une couche narrative !

mercredi 20 septembre 2023

Sur mes pas au La Chapelle pour découvrir le cabaret "Corps et confettis" de La Fratrie !

 De la gang de "La Fratrie", je découvre leurs propositions depuis un bon bout de temps. Voilà donc pourquoi, lorsqu'elle me propose d'aller au cabaret, incluant de la danse dans le La Chapelle, j'ai dit oui. Voilà donc mes pas en marche par un début de soirée durant lequel les nuages se font menaçants ! Arrivé pas trop à l'avance, la file devant moi est déjà assez longue. Soyez rassuré.es, je trouverai "ma" place à mon entrée en salle, endroit aménagé en format cabaret pour l'occasion. Comme l'indiquait la description de la proposition, "Patrick R.Lacharité a approché des artistes de différentes disciplines issue·s de la communauté LGBTQIA2S+" et participeront à cette soirée cabaret, Antoniya, Stacey Désilier, Jossua Dufour Collin, Natacha Filiatrault, Alex Trahan et Yann Villeneuve.

                                                             Tirée du site du La Chapelle

Moi qui a l'habitude de naviguer dans différentes eaux culturelles, je dois avouer que celles-ci m'ont fait aller ailleurs dans des territoires diversifiés qui parfois m'ont captivé et d'autres fois m'ont interpellé !

Sans entrer dans le détails de chacun des numéros de ce cabaret, je m'en voudrais de ne pas revenir sur certains qui sont restés gravés dans ma mémoire ! Voici donc "mon palmarès" de la soirée composée d'une dizaine de numéros. D'abord, les différentes chansons de Antoniya qui reviendra tout au long de cette soirée qui d'abord ouvrira le "bal" et ensuite nous préparer à la prochaine rencontre qui n'aura jamais rien de banal ! Aussi, ces moments durant lesquels Stacey Désilier et Jossua Dufour Collin dans un échange de questions et réponses nous dévoilent des aspects sur eux. Moi qui suis habitué de les voir dans des chorégraphies, je les découvre sous un autre jour. Et enfin, le, non plutôt, mon moment de la soirée, celui du duo Natacha Filiatrault, intense et investie et Alex Trahan qui présentent une relation de couple dont je n'arrive pas à trouver le bon qualificatif ! De celle qui semble dominer et de l'autre immobile pour finir comme ce corps sacrifié et qui s'exprime la "tête en bas" ! Ouf et wow !!!!

Moi qui avait assisté à leur proposition précédente, soit la pièce "Le cas Nicolas Rioux", il y quelque temps, je vois bien que cette gang navigue dans différentes eaux culturelles en évitant les écueils ou les dérives. Au final, une soirée surprenante et "décoiffante" qui tout au long a amené des réactions fort positives de la salle. Et moi, en revenant chez moi, je me dis que La Chapelle est un lieu de diffusion unique qui nous présente des propositions uniques, ce qui en fait un endroit fort précieux pour le spectateur que je suis !

 

mardi 19 septembre 2023

Mon retour sur mes "pas sur" la Passerelle 840 pour découvrir la version estivale.

 Prévue pour l'après-midi du samedi, finalement c'est en soirée que mes pas me portent jusqu'au département de danse de l'UQAM pour découvrir le Festival d'été de Passerelle 840, avec au programme, deux propositions, "Indigestion" de et avec Camille Courchesne Couturier et Béatrice Cardinal (COMMUNCOLLECTF) et "Le recueillement des tendres" de Rozenn Lecomte, accompagnée sur scène pour ce week-end par Arianne Levasseur, Châtelaine Côté-Rioux, Camil Bellefleur et Aurélie Ann Figaro et en pensée comme l'indiquera la chorégraphe plus tard Jacynthe Desjardins. 

Ce sont deux propositions de longue durée qui nous sont proposées, deux propositions dont j'avais vu une première version plus courte lors de soirées "POP UP POWPOW" sur St-Denis. Quoique la proposition de Rozenn Lecomte avait pour titre "La fin des tendres" qui explorait, selon moi, les mêmes "territoires". Et bien curieux de découvrir dans un endroit "plus classique", les versions allongées. 

Une fois les présentations d'usage faites, nous entrons dans le lieu où se retrouvent déjà les deux chorégraphes-interprètes (Camille Courchesne Couturier et Béatrice Cardinal). À mon entrée, "Indigestion"'est un face-à-face avec les deux interprètes totalement stoïques dans leurs beaux habits noirs. Une fois le moment de débuter, leur immobilisme symbole d'une époque lointaine se transforme, libérées de leurs carcans vestimentaires d'une autre époque pour aller en allers-retours comme pour des catwalk. Leurs mouvements aux rythmes différents deviennent en phase. La suite nous montre deux femmes en pleine affirmation avec des arrêts présentant différents états de corps. Il y a des moments durant lesquels elles semblent souffrir, et cette souffrance, elles me le transmettent ! Ces montagnes russes de "propos", les amènent à un état de libération, exultantes, jusqu'à la finale toute calme, tel le repos des guerrières ! 

                                         Affiche tirée du site du Département de danse de l'UQAM

Petit entracte et retour en salle pour découvrir "Le recueillement des tendres". C'est à cinq qu'elles se présentent devant nous, frondeuses dans une série de déplacements latéraux en mode "affirmatif" déclinés différemment et reproduisant plusieurs stéréotypes. Le propos est frontal et est sans ambiguïté ! Je les sens exposées et fragiles malgré tout, mais surtout déterminées ! Il s'en suit d'un réquisitoire, présentée par Arianne Levasseur dans lequel, elle répète entre autres "nous sommes jeunes et rebelles" et "nous ne sommes pas obsolètes". Ce propos pourrait être quelque peu lassant, mais le rendu de celle qui le fait avec des touches gestuels maintient notre intérêt. Le tout se termine dans un dernier tableau par des pas fort riches avec une finale porteuse d'espoir.

                                     Affiche tirée du site du Département de danse de l'UQAM

Au final, une belle soirée avec deux propositions féministes, audacieuses, interpellantes qui sans le faire formellement, brise le quatrième mur de façon fort efficace ! Et qui devrait être représentées ailleurs !

Mon retour sur une soirée au Café Cléopatra, oui, oui (!!!), pour découvrir "Qui danse pour qui" !

 De ma sortie de la librairie "La Livrerie", je décide de me mettre exclusivement à la marche pour me rendre jusqu'à la Main pour assister à ma cinquième et dernière présentation culturelle de la journée.

Pause

Ma blonde, fort sage, me trouve un "peu" excessif, mais que voulez-vous !

Fin de la pause

Sur Ontario d'abord et sur Ste-Catherine ensuite, mes pas me font franchir les deux kilomètres d'une vie urbaine fort active, mais surtout fort diversifiée en ce début de soirée. Tout au long, je découvre ce coin de ville comme le ferait un touriste avec tous les sentiments qu'il pourrait éprouver. Une fois arrivé devant le lieu, je franchi le seuil de ce "café" pour la première fois et je ressens une drôle de sensation mais pas de culpabilité, je vous rassure ! 

Par une affiche, je suis dirigé au deuxième étage pour franchir le seuil de la porte et découvrir la soirée "Qui danse pour qui ?" organisée par Camïlle Paquin. Je reprends ses mots de présentation, "Bonjour! Me voici Camïlle Paquin. Je suis l’initiatrice de ce projet, cette soirée. En début d’année, j’avais comme fantasme de m’investir dans un projet artistique, de danser pour des gens, me découvrir dans l’oeil artistique de mes collaborateurs." Et pour cette soirée, ses collaborateurs sont Nicolas Bourgeois, Ariane Famelart, Kali Trudel et Ariane "Demerde" ! À l'animation de la soirée, Malina Fürhoff qui dirigera le tout d'une main de maître. 

                        Tirée de la page de l'évènement sur FB

Une fois dans le lieu, je fais un tour d'horizon à la recherche de ma place. Après un moment d'hésitation, je la trouve pour m'y installer. Le temps que le tout débute, la salle se rempli et je salue l'organisatrice de la soirée, finissante 2020 du Bac en danse à l'UQAM. 

Et puis la soirée commence avec trois prestations. Celle d'abord de Nicolas Bourgeois qui dans l'ombre nous propose son univers fort mystérieux. Il s'en suit Ariane "Demerde" que j'avais découvert la prestation intense à la deuxième édition de "Cité ouverte", il y a quelques semaines à peine. Encore là, "en sortant du cadre", elle me captive, avec en bonus une touche de cours de chimie ! Le tout se termine avec la rencontre avec les différentes déclinaisons d'Ariane Famelart. Et question de mettre la table, elle nous demande combien de versions d'Ariane Famelart, nous connaissons ? Je garderai pour moi ma réponse, mais pour certain.es présent.es, tout les doigts d'une main sont nécessaires. La suite le confirmera, il y en a plusieurs versions qui vont de la danse au stand-up, tout cela accompagné par son sourire fort irradiant. Et sur les applaudissements fort bien mérités, la première partie de la soirée se termine.

Après l'entracte et le monde de retour à leur place, la deuxième partie débute avec la prestation de l'hôtesse de la soirée qui sur les pas et la musique de ses collaborateurs, nous propose une prestation dans laquelle, elle évolue dans différents univers. Fait intéressant, malgré les nombreuses mains pour créer, le tout prend une forme unique fort intéressante à suivre et bien interprétée. Je sens et je ressens ce besoin de nous rejoindre, une pulsion fort présente qui transforme le "qui danse pour qui" en "elle danse pour nous" ! Et moi qui n'apprécie pas particulièrement les accessoires durant une prestation chorégraphique, cette fois, rien à redire, sinon mission accomplie !

Le tout se termine et moi, je fais mes derniers pas de retour à la maison. Tout au long, pas du tout fatigué, mais surtout fort satisfait, je me fais la réflexion que, si les premiers pas de ces jeunes ne sont pas faciles dans l'univers culturel actuel très encombré, certain.es trouvent leur place au soleil et aussi et, surtout, les gens pour les apprécier !

lundi 18 septembre 2023

Sur mes pas à un lancement de livre: "L'après-gardisme" de Lük Fleury

Partant du coin Parthenais, mes pas me portent jusqu'à la librairie La Livrerie un peu plus à l'ouest sur Ontario pour assister au lancement du livre de la pièce de théâtre "L'après-gardisme" de Lük Fleury, quatrième et avant-dernière destination culturelle de ma journée. De lui, je connaissais "son côté", gigue contemporaine avec BIGICO, mais de son talent de dramaturge, "nada" ! 

                                                                 Tirée du site de l'éditeur

Je m'étais déjà procuré son livre, mais pourquoi résister à la tentation d'obtenir sa dédicace ! Me voilà donc avec bon nombre de personnes dans ce lieu fort sympathique. Profitant de l'attente de la partie officielle, j'obtiens ma dédicace qui recèle un conseil "après-gardiste" que je compte bien suivre!  J'en profite aussi pour me procurer le plus récent livre de Mathieu Leroux, "Camouflé dans la chair", accompagné de bons mots des gens de la librairie. 

La partie plus officielle, et très sympathique, débute avec Natacha Morissette et  l'auteur.  Il y aura les remerciements d'usage à l'éditeur, Planète rebelle, dont la devise est "Ce qui se dit, pis s'écrit et pis se lit" !

Nous aurons droit à une lecture fort riche du prologue qui met de l'avant le thème fort intéressant de la perception humaine et l'imagination qui devrait l'accompagner ! Moi qui avait été déjoué et qui avait fait ses "recherches", l'auteur nous indique que malgré les références d'apparence fort officielles, le tout est fictif ! Il en reste que du destin des membres de ce mouvement (Manuisse, Dolinier, Hockook et Sopzkou)  et de ceux et celles qui ont gravité tout autour, il est intéressant de le découvrir et dans mon cas de le redécouvrir ! 

dimanche 17 septembre 2023

Sur mes pas à des moments de recherches chorégraphiques d'Emmanuel Jouthe.

 De mon parcours par métro et à pied, je pensais arriver à ma destination, à la Place de la création, avec une trentaine de minutes de retard. Au final, puisque j'avais mal vu, c'est plutôt avec une trentaine de minutes d'avance que j'arrive à l'endroit de la présentation. Une fois rassuré par une des responsables de "Voies culturelles des faubourgs", parce que l'endroit est désert à mon arrivée, je prends place. Dans ce lieu qui bourdonne d'activités avec la fin des classes à la polyvalente jusque à côté et le trafic fort présent sur Ontario, j'ai toute la place pour moi. Le temps d'observer que dans le coin de cette place, il y une étendue de gazon artificiel et pas trop loin un piano. 

Je serai comme à mon "habitude" à l'avance pour assister à une répétition in situ de "Mettre des mots sur LE SILENCE " dirigée par Emmanuel Jouthe. 

Pause

Voilà un souhait que j'ai déjà exprimé tout haut, il y quelque temps, soit celui de découvrir des moments de création d'un oeuvre. Et c'est pourquoi, j'étais fort bien content d'y être et avec un chorégraphe que j'apprécie bien en plus !

Fin de la pause

Le temps passe et arrivent d'abord Mélia Boivin, une des interprètes dont je venais de voir la performance en ce début de journée sur la Place des festivals et ensuite Nelly Paquentin, le chorégraphe et  Lila Geneix. Il s'en suit de l'installation dans l'endroit avec entre autres de gros, très gros coussins et moi de la recherche du meilleur endroit. Un peu avant de commencer les trois heures de travail pour certain.es et de plaisir empreint de curiosité pour moi, j'ai droit a quelques indications sur ce qui suivra de la part du chorégraphe. Et puis débute le travail de communication entre lui et les interprètes qui s'en suit par des mouvements qui souvent prennent appui sur le mur de brique tout au fond du lieu. Ainsi donc dans ce lieu public, tout anonymement se mijotent les premières étapes de création d'une oeuvre et moi, j'y suis ! Moi, donc, j'y vois, des moments colorés d'attente, de solitude comme vouloir se fondre dans le décor, dans ce mur de brique. 

Comme me l'avait indiqué Emmanuel Jouthe, il en est à des premiers moments et il fait de la recherche. Sans pouvoir entendre ses instructions aux interprètes, je fais mes propres interprétations des états de corps que je découvre après. Pendant qu'une prend des notes les deux autres écoutent attentivement, à chacune sa façon ! 

Et puis arrive le moment où les "spectateurs" prennent part à la recherche. 

Autre pause

Je me souviens encore très bien de ma première rencontre avec une œuvre de ce chorégraphe ! C'était au FTA en 2009 et en haut des marches du Monument-National, les gestes de Marilyne St-Sauveur dans une intimité partagée dans cet espace avaient été ma première œuvre rencontrée lors de la présentation de "Microclimats". Et j'avais beaucoup apprécié !

Fin de cette autre pause

Dans ce qui suivra, je vous rapporte deux éléments fort importants et riches pour moi. D'abord, celui durant lequel une des interprètes vient vers moi, tout à côté, restant immobile et muette pour tout à coup, me dire à l'oreille une phrase dont celle-ci, "et si mon corps était papier ?" pour ensuite aller "là-bas" pour me montrer des gestes dans lesquels je vois le corps qui se déplie. Aussi celui, durant lequel j'entends "et si l'oubli était liquide" et que moi juste après découvre ou imagine ce corps qui devient fluide. 

Décidément, voilà une piste qui me plait et qui, selon moi, a "de l'avenir" ! Autour de ce cristallite, peut se former le cristal de notre imagination de ce que nous découvrons ensuite. Il y a aussi tout au long de ce que je découvre, une lenteur des gestes qui recèle une fertilité potentielle pour le spectateur que je suis.

Pendant que tout autour la vie se poursuit avec, entre autres, l'enfant qui pleure de ne pas pouvoir jouer du piano, le travail continue. 

Le temps passe et moi, l'heure de mon prochain rendez-vous culturel approche, mais la prochaine étape de travail me garde tout aussi captif et intéressé ! Comme spectateur d'abord et participant ensuite, je découvre la plongée "bienveillante" en apnée dans ses immenses coussins. Sculpter la matière autour du corps en révèle beaucoup sur nous-même (et en nous-même) et sur la bienveillance de l'autre.

Et c'est sur des derniers moments que je dois quitter un peu avant la fin, fort heureux de ces moments. Et aussi fort curieux de ce qui un de ces jours émergera de ce travail de recherche. Mais pour cela, j'ai bien confiance au chorégraphe Emmanuel Jouthe et sa gang !

Et tout discrètement, mes pas se remettent en route vers une librairie plus à l'ouest sur Ontario pour assister au lancement officiel du livre de la pièce de théâtre de Lük Fleury, "L'après-gardisme" à la Livrerie. 

Sur mes pas en chansons à "ma" Maison de la Culture Claude-Léveillée pour plonger dans l'univers musical de Joni Mitchell !

Partant de la Place des festivals pour ma deuxième destination de la journée, mes pas me portent jusqu'à la Maison de la Culture Claude-Léveillée, plus au nord de la ville. J'y vais pour assister aux prestations de Karen Young et Marianne Trudel que le programme de cette rencontre annonçait fort bien: "Les deux complices poursuivent leur exploration des chansons de Joni Mitchell en nous offrant des relectures originales et extrêmement touchantes."

                                                         Tirée du site FB de l'évènement

Bien installé du "côté" piano, une fois les présentations d'usage faites, je vois arriver les deux artistes qui prennent place. Difficile de bien résumer les moments de cette rencontre qui m'a permis de replonger dans un univers musical d'une autre époque, celle de ma jeunesse (des années 70), mais plaisir, bonheur et nostalgie se sont amalgamés tout au long. Une fois le contact fait avec nous, nous aurons droit en entrée de présentation à "Tin Angel", chantée par Karen Young qui pour ce concert fêtait ses cinquante ans de carrière et Marianne Trudel au piano. Chaque chanson qui suivra sera précédée d'une présentation fort instructive, dont celle qui nous indique comment elles se sont rencontrées dans un camp musical ! Marianne Trudel est une pianiste dont j'apprécie depuis longtemps le talent, mais en cette occasion, je découvre ses talents de présentatrice !

De très beaux moments que ce type de rencontre proposé par la Maison de la Culture (et Martin Hurtubise), le premier jeudi des mois de cet automne en début de PM. Le prochain sera "Hommage au Buena Vista Social Club", le jeudi 12 octobre prochain ! Avis aux intéressé.es !

Une fois le tout terminé, mes pas reprennent leurs cours pour revenir plus au sud de la ville, coin Parthenais-Ontario, à la Place de la Création, pour assister à des moments de création du chorégraphe Emmanuel Jouthe. À suivre donc !

vendredi 15 septembre 2023

Sur mes pas vers les danses en "Contexte urbain" du Festival Quartiers danses" sur la Place des festivals !

 La journée s'annonçait déjà riche en sorties (lire ici quatre) en ce jeudi de début d'automne que voilà tu pas que je retrouve cette proposition et qu'en plus, elle entrait dans l'agenda de la journée ! J'étais invité à assister à la présentation d'un programme double sur la Place des Festivals. Celui qui présentait dans l'ordre, "En parallèle" du Collectif Masdame de et avec Armande Sanseverino et Gaël Germain et ensuite "Transire" de la compagnie "Wu Xing Wu Shi" ou "WXWS", de Mikaël Xystra Montminy accompagné à l'interprétation par Mélia Boivin. Belle occasion pour moi donc de profiter de la température clémente, malgré le peu de soleil et le petit vent et aussi de découvrir de nouveaux territoires chorégraphiques, seule Mélia Boivin m'était connue !

Bon me voici assis sur les marches, hors du champs de la caméra qui captera ce qui suivra, pendant que les artistes se réchauffent. Peu à peu les gens arrivent et c'est devant un parterre relativement bien garni  et des passants qui ralentissent que les présentations d'usage se font à l'heure prévue !

Le tout débute avec, présent.es dans le coin de l'espace scénique, lui et elle dans un immense veston pour nous présenter "En parallèle". Et dans les premiers moments de ce qui suivra, j'y vois une belle allégorie tout en gestes d'une vie de couple dans la routine et les contraintes. Je ressent bien ce qu'il semble vivre ! Arrive le moment de la séparation ou de la libération, c'est selon le point de vue, pour donner à ce qui suivra une tournure libératrice avec des touches, orales, surprenantes et humoristiques. Ce qui me montre que l'on peut repartir à zéro avec une fin qui est tout en douceur ! Une oeuvre qui en une quinzaine de minutes qui porte bien un propos fort accessible !

Toute petite pause avant de reprendre avec "Transire", "inspirée de la pièce Le jeune homme et la mort, livret écrit par Jean Cocteau et chorégraphié par Roland Petit". Il y a lui tout en noir et elle tout en rouge avec son masque doré. Dès les premiers gestes, le propos est campé et le tout "sent" la tradition italienne fort dramatique qui enrobe la proposition. Jusqu'à la révélation et la rencontre toute aussi finale que fatale, les gestes captivent, malgré "l'immensité" du lieu ! Coïncidence fort amusante, c'est sous le soleil que semble se conclure cette oeuvre, mais non, l'ombre reviendra prendre possession du lieu pour présenter le destin "annoncé" ! Et il s'en suit les applaudissements fort bien mérités. 

                             Crédit: Bastian A-Miranda, tirée du site du Festival Quartiers Danses

Plus tard et ailleurs en ville, à la Place d'Armes, sera proposé des morceaux choisis de Louise Bédard, mais moi, mes pas m'amèneront malheureusement ailleurs, d'abord plus au nord de la ville pour ma prochaine rencontre, musicale elle.

mardi 12 septembre 2023

Mes pas vers des univers féminins qui me touchent avec "DESEO" à la Maison de la rue Fullum !

Le spectateur de danse que je suis effectue occasionnellement des expéditions dans des univers théâtraux. Et de ces expéditions, celles dans des lieux empreints d'intimité me plaisent particulièrement. Je me souviens encore de ma présence à "Des fragments d'Ana" de Ligia Borges, présenté en 2018 au ZH festival dans une maison du quartier Hochelaga Maisonneuve. 

Courte pause

Voilà un festival qui me manque !

Fin de la courte pause

Voilà donc pourquoi, lorsque les algorithmes m'ont proposé, DESEO" (désir en français), la proposition de Ximena Ferrer j'ai dit oui, d'autant plus qu'une des interprètes, je la connaissais fort bien depuis longtemps (2016, pour être plus précis !), Jacqueline Van de Geer.

                                         Tirée du site de la compagnie Singulier Pluriel
 

Voilà donc mes pas en ce lundi soir qui se dirigent du métro Frontenac jusqu'à la porte d'un immeuble rue Fullum. Une fois à l'intérieur, je suis accueilli et invité à attendre dans la cour arrière, le temps que tous et toutes arrivent. Autour de moi, beaucoup de gens se connaissent et cela donne à ces moments des allures de retrouvaille. Le moment venu, les directives nous sont données parce que c'est en sous-groupes que iront à la rencontre en alternance des trois "propositions" d'une vingtaine de minutes, entrecoupées par trois autres d'environ cinq minutes présentées au salon ! C'est donc environ une trentaine de spectateur-trices qui une fois subdivisée en trois groupes  se déplaceront dans le lieu selon la couleur du carton indiquant aussi l'ordre de nos rencontres. Moi, je prends possession du carton vert qui indique 1, 2 et 3, mais l'ordre, nous assure-t-on n'a aucune importance et fin de parcours, j'en conviens aussi. Long préambule, mais que voulez-vous, il faut bien mettre la table !

Ainsi donc, mon groupe est dirigé vers l'avant dans une chambre à coucher pour découvrir "Ascendante" de Camila Forteza, interprétée par Stéphanie B. Dumont. Nous prenons place sur un banc ou une chaise devant un lit sur lequel semble se trouver sous des draps rouges, une forme humaine. Et cette forme devient une jeune femme. Dans ce qui suivra, tout en intensité, nous découvrirons ce que veux cette femme "désespérée" qui décide de "transmettre" sa présence exacerbée par les réseaux sociaux. Moi, assis tout devant, donc très proche, je ressens fortement les contradictions et les angoisses de cette femme ! 

De retour sous ses couvertures, nous sommes invité.es au salon pour faire la première rencontre de trois avec Phèdre au dessous des ruines de Marianella Morena avec Jacqueline Van De Geer ! Rapidement le désespoir de cette femme nous rejoint et juste la phrase dite et répétée, donne une idée de ce désespoir, "il ne m'aime pas" ! Et lorsqu'elle nous regarde droit dans les yeux, impossible de ne pas le croire et de bien le ressentir ! 

Et puis arrive le signal pour se diriger vers notre prochaine destination, le salon double, une moitié pour elles (Alexandrine Agostini et Josée Rivard) et l'autre moitié pour nous, afin de découvrir "Les demoiselles qui rushent fort" de Julie Vincent. Ainsi donc de Françoise et Catherine, deux soeurs nous découvrirons leurs histoires d'amour et de trahison, colorées de désespoir pendant qu'elle se préparent à effectuer leurs prestations de théâtre érotique ! 

Une fois le signal donné, nous revenons au salon pour nous présenter son côté excessif cette femme (incarnée par Jacqueline Van de Geer) toujours aussi désespérée, mais qui y ajoute une touche pileuse ! Je n'en dis pas plus !

Et nous venu le moment de nous rendre à notre avant dernière destination de la soirée, sous un chapiteau dans la cour arrière pour découvrir "Je ne connais personne qui regarde du porno", de Jimena Marquez, magistralement interprété par Catalina Pop. Mon coup de coeur de la soirée, autant par le texte que par son interprète ! Cette femme nous amènera de "sa" cuisine dans une réflexion sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, selon la perspective ! J'y "trouverai en chemin", entre autres le mot dacryphilie et aussi Youppi !, mascotte des Canadiens de Montréal (et pour les plus vieux des Expos de Montréal),  et aussi comme apprêter les lapins à différentes "sauces" ! Et lorsque nous devons quitter, je le fais avec regret !

De retour dans le salon, nous redécouvrons cette femme "désespérée" et abandonnée qui continue d'exprimer son désespoir de laisser pour compte !  Et pour la première fois de la soirée, conformément aux consignes du début, nous nous laissons aller à applaudir celle devant nous et les autres interprètes qui se joignent à elle. 

De cette forme théâtrale qui nous viens d'ailleurs, moi, je dis oui et aussi "encore" ! Mes pas reviennent fort satisfaits avec, en tête, plein de souvenirs !

dimanche 10 septembre 2023

Sur mes pas à "La grande rentrée du Quartier Latin" en collaboration de Passerelle 840 !

 J'en étais à ma quatrième sortie "danse" de cette semaine et le spectateur que je suis était fort heureux que Mère Nature soit clémente en remettant à plus tard le déversement des averses qu'elle avait dans sa besace !

Mes pas m'amènent donc jusqu'à la station de métro Berri-UQAM pour assister à un évènement, tout à côté, sur la Place Pasteur pour découvrir les prestations de "ma" gang du Département de danse de l'UQAM ! À mon arrivée, tous les artisans sont en place et les tests de son sont en cours. Comme pour toutes les présentations extérieures, mon défi est de trouver "ma" place. Après avoir examiné l'ensemble du lieu, qui s'avère être les marches de l'ancienne église, les trottoirs ainsi que la pelouse d'en face, je trouve ma place sur la pelouse, après un court instant sur les marches de l'autre côté. 

Je vois bien que pour celles qui performeront, le défi est néanmoins de taille, parce tout autour les activités sont nombreuses. Du chantier de construction au bout tout proche de la rue aux passants à pied et à vélo, les sources de distractions, de ma perspective sont et seront nombreuses ! Mais soyé.es rassuré.es, si moi, parfois mon attention a été détournée, celle des interprètes ne me semblent pas en avoir été affectées. Contre "vents (sonore) et marées (de piétion.nes), rien n'a semblé, de ma perspective, perturber la concentration et la performance des artistes. À vous, chapeau ! Et au moment prévu, pile poil, le tout débute avec au micro, Alain Bolduc qui nous accueille et qui tout au long présentera les quatre oeuvres au programme.

Devant un "trop petit" public, de ma perspective et un grand nombre de passants, dont trop peu s'arrêteront, le tout débute par "La gigue lave son linge sale" de et avec Naomie Côté accompagnée par Marianne Beaulieu Gabriel Vincent-Beaudoin et Christophe Benoit-Piau. Et peu après que le violon et les mouvements se soient mis en action, les cloches de l'ancienne église se mettent à chanter en choeur ! Si le son du violon devient inaudible, les mouvements eux restent résolument ancrés dans l'exécution ! Et de cette proposition qui porte un propos sur la gigue et des préjugés qui l'accompagnent chez certain.es, tel que "La gigue s'est mauvais pour les jambes !" ou que "la gigue, c'est de la danse de cabane à sucre", une fois les cloches redevenues discrètes ! Et comme l'annonçait le titre, le lavage symbolique se fait ! Et il s'en suit les applaudissements fort bien mérités !

Le temps de "faire le ménage" du lieu, nous découvrirons "Adieu" de et avec Audrey Roy, accompagnées par Anaïs Bonneau, Juliette Beaudoin, Marie Lamothe-Simon et Alicia Najera-Huot. Tout attentif, c'est tout discrètement qu'elles arriveront de différents endroits (comme de différents horizons, serais je tenté d'ajouter)  tout de noir vêtues ! Et de leurs rencontres et de leurs interactions , j'en retiens les gestes d'échange pour préparer leur retour vers leur destin individuel. Et comme pour leur arrivée, chacune repartira de son côté. Si on me demandait d'illustrer en gestes et en mouvements ce qu'un groupe d'étudiant.es vivent, je serais tenté de penser que ce que je viens de voir l'illustre "parfaitement " avec les adieux qui peuvent être discrets qui les accompagnent !

S'en suit la présentation de "Petite hypoxie" de Marie-Anne Rahimi, accompagnée par Fanny Bélanger-Poulin. Juste avant la présentation, sont mis dans l'espace tout autour différentes bâches, bleues et blanches ! Fort solennellement, elles se présenteront à nous, avec tous les passant.es tout autour. Je sens qu'une bulle se créent autour d'elles. Si je dois l'avouer, la majorité de leurs propos m'échappe, il en reste que j'en ressent le sérieux empreint de fatalité qui menace à l'horizon. Et elles, malgré le vent qui perturbe les éléments scéniques, restent concentrées ! Et moi, j'y ressens aussi un propos, "il en est de de ces toiles comme de ces histoires qui nous enrobent, nous dissimulent, nous isolent. Et avec ces bâches, objets polymorphiques, les corps évolueront et qui aussi s'adresseront à nous avec le texte de Gabrielle Blain-Rochat. De ma perspective, il en va de ces mouvements et de ces paroles, comme il en va de notre vie. Avec des moments variables telle qu'une petite hypoxie (situation où la disponibilité de l'oxygène est réduite) avec un tableau durant lequel, une des deux est complètement enfouie dans la toile bleue, mais que l'autre vient à son aide. Une proposition poétique qui laisse plein de place aux mots et à notre imaginaire !

Et puis nous est présentée la dernière proposition de ce début de vendredi après midi, "Vernissage" de Tayna Romain interprété par Audréanne Léger et Lou-Anne Rousseau. Elles arrivent doucement et malgré ma distance d'elles, je perçois leurs ressentis intérieurs, exposés différemment. Tout au long, malgré les nombreux mouvements tout autour, je suis "captif" ou captivé, c'est selon !

Et puis tout se termine et moi je me remets en marche ! Et tout en revenant, je ne peux que constater que le passage d'une salle "bienveillante" à un lieu public " plus hostile", chacune des quatre propositions a su, grâce à leurs interprètes, prendre place et s'exprimer pleinement ! Ce qui, de ma perspective, relève d'un défi !


vendredi 8 septembre 2023

Sur mes pas au Festival Quartiers Danses pour la soirée d'avant première !

 Dans cette première semaine de la saison automnale, les propositions sont nombreuses, mais l'agenda, lui, restreint ! Il en reste que du Festival Quartiers Danses, j'ai pu trouver une place dans mon agenda hebdomadaire de sortie ! Par conséquent, mes pas m'amènent jusqu'à la porte du Studio-Théâtre des Grands Ballets Canadiens pour découvrir deux propositions d'artistes d'outre-mer que je ne connaissais pas, soit "Seven Poems From An Unwritten Book Of Poetry" de la chorégraphe et interprète Ólöf Ingólfsdóttir et "Pain and I" de la chorégraphe et interprètes Sarah Hopfinger. Un programme double qui avait tout pour m'ouvrir de nouveaux horizons et qui a tenu ses promesses !


Une fois les gens en place et les paroles de présentation faites, nous apparait, seule, cette femme. La forme est simple, mais moi je suis intrigué ! Et puis la musique comme de l'oxygène la fait bouger ! Le tout est d'une simplicité captivante ! Et puis, arrive le moment où elle chante, ce qui pour moi me rejoint. Tout au long dans cette austérité ou économie de mouvements, "du rouge au bleu", tout en simplicité avec ses mouvements de bras et ses déplacements, avec moi, elle a établi le contact ! Et ce contact, je l'ai bien apprécié !

Après la pause, une fois de retour à nos places, la deuxième partie prend une tournure fort différente. En effet, c'est à une rencontre avec la "douleur" que nous sommes convié.es ! En effet, "Pain and I" de Sarah Hopfinger, de par son titre annonce bien ce qui suivra. Mais soyez-rassuré.es, pour nous spectatrices et spectateurs, rien de douloureux dans ce qui suivra, au contraire même ! Nous découvrons peu à peu, sans artifices vestimentaires, cette artiste qui vit avec une douleur chronique. Elle nous le présentera en cinq étapes que je suis avec attention. Autant ses gestes, ses déplacements que ses paroles recèlent des enseignements qui me gardent captif ! Je dois avouer qu'encore une fois je suis surpris que de la douleur puisse émerger des propos chorégraphiques aussi riches ! Et ce sourire jusqu'à moi a touché la cible. Je ne saurais dire avec certitude que c'est de la danse que j'ai vu dans cette deuxième partie, mais d'une rencontre significative, oui sans hésiter, je peux affirmer !


Sur mes pas en "danse" à l'Agora de la danse : Les "Mains moites" de Francis Ducharme qui désorientent les spectateurs !

 Bon OK, déjà le titre que ceux et celles auront lu attentivement le titre, met la puce à l'oreille ! Mais avant d'aller plus loin, revenons à mes premiers pas à l'Agora de la danse qui débute hâtivement sa nouvelle saison après avoir complété fort tardivement sa saison précédente (lire ici après le FTA !). J'arrive donc assez tôt pour prendre place sur "mon" siège "admission générale" en première rangée. Peu à peu, les gens arrivent et comme la représentation affiche complet, devant la porte d'entrée derrière moi, nous serons nombreux à attendre pour entrer. Un peu avant le début de la représentation, la porte s'ouvre, mais non pas nous faire entrer dans le lieu, mais plutôt pour laisser sortir l'interprète de la soirée, Francis Ducharme, qui nous remet un feuillet de la soirée. Et moi, comme d'habitude, je le mets dans mon sac sans le lire. Et pourtant, j'aurais dû ! 

Le moment venu, les portes s'ouvrent et mes pas se dirigent dans l'Espace Orange du Wilder. Je suis déstabilisé, l'espace est tout vide, sinon quelques objets "personnels" sur un de ses côtés. Et désorienté, je ne suis pas le seul ! Chacune et chacun à sa façon prend possession du lieu, à sa façon, tout autour !

Pause

Pour les prochains mots sur ce que je découvrirai, question de ne pas divulgacher la suite, je resterai vague ou évasif, c'est selon votre préférence! Parce que dans la découverte peut ou pas résider le plaisir !

Fin de la pause

                                                  Tirée du site de l'Agora de la danse

Me voilà donc, spectateur désorienté dans ce lieu vide, en attente comme tous les autres autour de moi. Et puis l'hôte de cette soirée, arrive pour "relever un défi titanesque ; incarner le mythe du héros tragique." Parce que pour la suite, c'est ce que je découvrirai ! De celui qui a décidé de tout prendre en main. Nous voyons comment, il nous fait prendre place dans son univers, navigant entre la bienveillance et la cabotinage. Une fois pigé la forme pour la suite, nous trouverons notre place et aussi pour certain.es notre rôle dans son univers ! Et de son univers, il en est le maître absolu décidant même d'y accepter et de refuser de nouveaux "habitants" !

Comme d'autres sûrement, m'arrive durant l'image du mythe de Sisyphe qu'il réinvente dans ce lieu. Ces pérégrinations l'amèneront parfois hors scène, moment durant lesquels certains spectateurs-trices profiteront pour ne plus "jouer le jeu". Et moi comme la grande majorité du monde présent, nous suivons ses pas et ses mouvements, avec quelques surprises, dont musicale, en cours de route jusqu'à la fin qui s'avère hors de la salle ! (Merci Kali !)

Et puis retour en salle pour la rencontre avec l'artiste "seul", malgré les autres noms sur l'affiche ! Moi amateur de ce type de rencontre avec l'artiste, rarement j'ai pu autant apprécier cette rencontre qui m'a permis de réaliser que l'art vivant avait autant de possibilité d'évoluer et aussi de prendre une tournure surprenante ! Et lorsque mes pas me ramènent à la maison, je me dis que tout aguerri suis-je, le monde de la danse contemporaine peux encore me réserver des surprises !

Sur mes premiers pas en danse de cet automne "In-Beauty", faits à "mon" collège (Ahuntsic) !

Septembre se pointe le bout du nez, malgré la canicule qui se fait présente en ce début mensuel. Voilà pourquoi, la présentation de "In-Beauty" d' Alexandra ‘Spicey’ Landé, interprété par Christina Paquette, Jaleesa Coligny, Elie-Anne Ross et Nindy Banks Pierre-Louis, s'est déplacée de l'extérieur vers l'intérieur du Collège Ahuntsic, dans l'Agora  plus "climatisé" !

                             Affiche de la représentation, tirée du site du Collège Ahuntsic

Pendant que la vie de "mon" collège se poursuit tout autour, arrive les quatre interprètes tout de blanc vêtues et la chorégraphe en retrait. De l'échauffement discret, s'en suit le début de la prestation avec le niveau sonore qui monte d'un cran, d'un gros cran ! Et avec l'activité normale qui se poursuit derrière, l'attention de nombreux élèves se détourne vers ces quatre femmes qui prennent place "In-Beauty" dans le lieu. Nombreuses et nombreux se transformeront de passants à curieux à spectateurs ! Et moi, bien placé, je me mets en position d'écoute et d'observation. 

Et dans les minutes qui suivront, trop courtes pour le spectateur que je suis (!), les quatre interprètes prendront possession des lieux, d'abord sur le petit espace scénique pour ensuite exploser dans tout le lieu (lire ici les bancs devant) pour exprimer son affirmation. Nous découvrons devant nous, quatre interprètes en plein contrôle de leur art et leurs mouvements qui passent par la transe jusqu'à la perte de contrôle. Tout au long, leurs mouvements captivent ! Merci Mélissa de nous avoir proposé ces moments fort riches que j'ai bien appréciés et qui ont su rejoindre celles et ceux présent.es !