jeudi 3 avril 2025

Sur mes pas à un programme double, d'abord chez Circuit-Est et ensuite chez Danse Danse !

 Un mardi soir occupé, voilà ce qui caractérise la vie culturelle de Montréal qui pour peu que l'on soit attentif ou attentive ! Voilà donc pourquoi, mes pas en début de soirée se dirigent jusqu'à la porte du Studio Peter-Boneham de Circuit-Est, rue Sherbrooke pour assister aux "Bancs d'essai". Au programme de ces "Bancs d'essai", d'abord la présentation d'Emine Adilak, étudiante en danse à Concordia et ensuite, "Collapse" du duo Molokhia Squad (Bashir Al Mahayni et Ines Chiha). Arrivé un peu à l'avance, l'endroit est calme, mais le moment de débuter arrivé, des chaises devront être ajoutées parce que nous serons très nombreux et nombreuses (manifestement plus nombreux et nombreuses que prévu !) à découvrir les propositions au programme.

Le tout débute donc avec Emine Adilak (qui est en cours d'obtention de son BAC en danse contemporaine à Concordia). C'est, elle, face au mur dans le fond de la salle de présentation que se font les premiers moments de sa prestation. De ces mouvements, je ressens une urgence face à une menace imminente. Plutôt que de se résigner, elle se retourne pour entreprendre son parcours pour faire face ! Avec une fort belle gestuelle, elle s'approche de nous avec des moments dans lesquels, je sens une perte de contrôle (du personnage et non pas de l'interprète !). Et puis elle repart vers le fond du lieu, en repli pour au final nous revenir avec ses derniers gestes qui "parlent" fort bien et qui conclue, selon moi, de façon "ouf" ! 

La période d'échanges avec Emine, animé par Lucy Fandel, me permet de connaître le propos qui soutient son oeuvre qui s'appuie, entre autres, sur une thématique végétale. Comme quoi, entre l'intention et la réception, en danse contemporaine, il peut y avoir un décalage sans que cela soit problématique ! Une suggestion émerge en moi (et que j'ai gardé pour moi !), je la soumets ici, soit qu'elle revête des vêtements tout noir pour sa prestation, question de moins distraire mon attention de ses vêtements colorés et encore mieux me concentrer sur ses mouvements !

Il s'en suit la deuxième proposition de ces "Bancs d'essai", soit la proposition du duo Molokhia Squad, une fois que nous soyons redéployé.es en cercle rapproché autour d'eux ! Cette proposition, j'en avais déjà vu deux premières moutures en évolution. Ainsi donc, sans surprises, que je découvre en entrée de jeu, leurs deux corps qui comme je l'ai déjà écrit, "Voilà une proposition captivante et intense qui doit laisser des traces sur leurs corps, mais certainement des traces dans la tête de celles et ceux qui la découvre." ! Leur travail tout en forte proximité dans lequel les mouvements peuvent se faire brutaux et qui sont accompagnés par des regards indifférents, mais aussi désespérés. Durant la période d'échange, les réactions sont nombreuses et les questions tout aussi nombreuses. Et à leur question qui portait sur l'importance de présenter cette œuvre au centre d'un cercle assez restreint de spectateurices, les avis sont assez unanimes à dire oui, mais pour ma part, peu importe le mode de présentation, la puissance de leur propos sait rejoindre. Pour moi, même après trois fois, l'effet est aussi grand en moi, peu importe le mode de présentation. Et le tout terminé, mes pas doivent m'amener jusqu'à la Cinquième Salle de la Place des Arts, plus à l'ouest et ce dans une quarantaine de minutes. Après une certaine hésitation à franchir à pied les presque trois kilomètres qui séparent ces deux lieux, je décide de m'y rendre en métro ! Moins "héroïque", mais plus certain, quoique nous ne sommes jamais à l'abri d'un arrêt de service ! Ce qui sera cependant le cas à mon retour !!!!

Bon, revenons au propos principal de ce texte, soit de revenir sur ma présence dans la Cinquième Salle pour découvrir "Orpheus | S’abreuver des volcans" à partir de "mon" siège en première rangée. En attente du début je me demande si, Alan Lake, le chorégraphe de cette proposition utilisera encore une fois la "matière" pour accompagner son propos, comme le programme l'annonçait, "Dans un monde rongé par la division, le conflit et l’isolement, cette nouvelle création sert de puissant rappel du désir humain inné d’unité et de compréhension." ? La réponse à cette question me sera donnée dans ce qui suivra. Mais avant de vous la donner, débutons avec le début de ce que je découvrirai, soit l'émergence du noir de ces êtres qui nous amèneront dans différents états d'espoir et de désespoir. J'y découvrir des épisodes de folie, de panique, mais aussi d'espoir avec des moments de surprises et de constructions corporelles et aussi d'espoir pour surmonter les périls qui parfois "tombent du ciel" !

                                          Crédit David Wong tirée du site de Danse Danse

N'étant pas à ma première fois avec ce chorégraphe, je ne suis pas surpris de son propos, mais toujours agréablement surpris par la qualité de la prestation des interprètes (Josiane Bernier, José Flores, Jean-Benoit Labrecque, Jo Laïny Trozzo Mounet, Danny Morissette, Odile-Amélie Peters, Esther Rousseau-Morin) qui font vivre ces tableaux fort riches. Et aussi, pour répondre à ma question de départ, ielles maîtrisent fort bien les accessoires, fort nombreux, utilisés tout au long de la présentation de l'oeuvre et qui enrichissent exponentiellement le propos du chorégraphe !

Au final, une proposition aussi riche en propos et en gestes (en accessoires aussi!) qui m'a amené des perspectives fort riches de la nature humaine. Je reviens donc, fort satisfait de ces rencontres !

dimanche 30 mars 2025

Sur mes pas sur la Passerelle 840 pour découvrir cinq propositions chorégraphiques toutes porteuses de message !

 Pour ma dernière sortie culturelle d'une semaine fort riche, mes pas m'amènent, en ce samedi soir, jusqu'à la porte du département de danse de l'UQAM, rue Cherrier pour découvrir les cinq propositions du Collectif 841 du Festival d'hiver 2025 de Passerelle 840. Je ne reviendrai pas longuement ici sur ce qu'est Passerelle 840, mais en résumé, c'est une activité dite parascolaire des personnes étudiantes au Département de danse de l'UQAM pour présenter, en toute liberté, une création de leur cru !

                                           Affiche de la soirée tirée du site FB de l'évènement

Et encore une fois pour cette soirée, il est évident pour moi d'affirmer qu'autant l'imagination, le talent et le travail ont été mis dans une "marmite" pour produire des œuvres fort différentes tout autant engagées que réussies.

Mais commençons par le début, soit mon arrivée dans le hall d'entrée dans lequel peu à peu les gens arrivent. Et une fois, du haut de l'escalier, les paroles d'accueil prononcées, nous sommes invité.es à entrer dans le lieu de présentation. Une fois bien assis.es, le tout débute avec "Qui résiste ? de Sacha Gautier-Benmahmoud, interprétée par Kamélie Fournier. Du noir émerge un corps qui de ma perspective, semble se débattre pour résister. Ce qui me frappe le plus est l'ampleur et l'expression des mouvements de ses bras tout au long, mouvements dans lesquels je vois une résilience déterminée ! Et en relisant chez moi, la phrase descriptive, je ne peux qu'être d'accord. "Une question. Qui résiste? Une gestuelle à la fois élastique et sous tension. Un vertige, une lutte, une traversée. De soi à soi. De soi contre soi."

Il s'en suit dans un tout autre registre, "Bitch by choice", création de Sandrine Dupont en collaboration avec les interprètes, Charlotte Beaulieu, Jade Leblanc, Anissa Nadeau, Carolanne Marguerin, Camille Mongrain, Anabelle Petit, Marie-Anne Rahimi, Hannah Surette.

Avec une scénographie fort audacieuse, utilisant les différents accès pour se présenter devant nous et repartir, elles, toutes colorées, investissent l'espace scénique avec une gestuelle frontale qui ne peut laisser indifférent ! Il s'en suit différentes déclinaisons de l'image de la "femme", de aguicheuse jusqu'à fort sage, sinon soumise. De leurs déplacements avec une approche frontale, il y aura bien des moments "de faiblesse", ces moments durant lesquels, la pose est difficile à tenir (!), mais vite, elles reprennent pied et elles poursuivent "leur chemin" ! En ces jours "troubles" durant lesquels les acquis dont ceux des femmes sont mis en péril, par le retour de normes d'une autre époque que l'on pensait révolue, comme l'indique le descriptif de la proposition, " L'œuvre invite à reprendre possession de son corps et à défier ces normes.". Moi je dis "yeah" !

Pour la prochaine proposition, nous sommes invités à nous avancer dans le lieu pour découvrir "Chienne dans le salon bleu" de Julia Fafard, interprétée par Leila Hébert.

Pause

Décidément, à l'image du titre de la proposition précédente et même de la première, les titres indiquent fort bien l'audace de ces jeunes. Voilà ce qui est rassurant pour moi en ces temps où on veut nous imposer une docilité toute uniforme !

Fin de la pause

Débutant avec elle, immobile sur sa chaise. Et puis ensuite se levant, appuyant ses gestes aux propos des hommes politiques, tels que ceux de Justin Trudeau qui "continue" et de Donald Trump qui "drill", nous avons droit à une proposition fort à propos en ces temps, "Quand la peur s’installe, elle se transforme en gestes incontrôlables, inconfortables, parfois incarnés." Et pour ma part, j'y vois aussi, une réflexion sur le sens de sa vie avec ses déplacements dans cet espace vers une destination qui semble quelque peu utopique, mais néanmoins obligée !

Le tout terminé, nous sommes invité.es à quitter la salle pour une courte pause. À notre retour, nous découvrirons "THIS IS NOT WHAT I MEANT" de Florence Letourneau en collaboration avec les interprètes, Charlotte Beaulieu, Julia Fafard, Jade Leblanc et Marie-Anne Rahimi. Comme annoncée, cette proposition, "née d’une envie incontrôlable de crier à l’injustice au féminin", nous présente en entrée de jeu, ces corps immobiles par terre. Et trois ensemble et une autre seule, elles arrivent lentement vers nous jusqu'au moment durant lequel elles se dressent debout, le regard affirmé, dirigé vers nous. Si le propos chorégraphique est somme tout calme, sa teneur, elle montre une détermination fort bien démontrée, par les gestes et les déplacements. Et de ce que je découvre tout au long du "chemin", m'amène à une finale surprenante qui me plait bien !

Et pour terminer, après mis le lieu à leur convenance, soit les rideaux repliés et le matériel acoustique installé, débute la présentation "La consolation" de et avec Jacynthe Desjardins et Rozenn Lecomte. Dans ce qui suivra, je découvre leurs pas et leurs mouvements sonores dans l'espace qui provoquent des résonances qui d'abord m'intriguent et ensuite me captivent. De ces deux personnages qui ne semblent pas contrôler les effets sonores de leurs déplacements, j'y vois une allégorie de la conséquence de nos propres vies sur notre environnement. En effet, si à certains moments, le tout semble harmonieux, à d'autres, le tout prend une coloration sonore toute distordue ! Impossible de tout contrôler, voilà le message que je retiens de leurs pas dans cet espace ! Avec une finale qui les montrent face à leur destin !

Avec cette dernière proposition, se concluait la soirée, mais comme nous étions samedi soir, nous avons eu droit à une période d'échanges. Période fort intéressante pour nous permettre de mieux saisir certains éléments de ce que l'on venait de découvrir, dont une présentation de "l'effet Larsen" pour expliquer comment le corps et du matériel de diffusion sonore peut s'avérer une association avec des aspects imprévus dans la dernière oeuvre au programme. Pour ma part, j'ai pu aussi découvrir de la part de deux interprètes, qu'il est possible de faire deux performances dans la même soirée sans que d'enjeux particuliers n'apparaissent !

C'est donc fort satisfait et heureux que mes pas me ramènent à la maison et en me promettant de revenir à la rencontre du Collectif 842, la semaine prochaine.

samedi 29 mars 2025

Sur mes pas pour une deuxième fois dans l'univers tout aussi absurde que fascinant de "What will come" à la MdC Claude-Léveillée !!

 Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'à la porte de la Maison de la culture Claude-Léveillée, je m'en allais redécouvrir une proposition absurde et fascinante, mais aussi avec une touche de ma perspective philosophique. J'avais découvert, il un peu plus de trois ans, "What will come" de Julia B. Laperrière et Sébastien Provencher et j'avais conclue mon retour par la phrase suivante: "une proposition fort esthétiquement belle et éclairante sur la vie d'aujourd'hui."

 Crédit Marie-Pier Meilleur tirée du site d'Accès culture

Fort curieux de la revoir et de savoir comment le temps qui passe modifiera ma perspective. Et pour le savoir, c'est de "mon" siège en première rangée que je le découvrirai. En attente du début de la présentation, j'examine l'espace scénique dans lequel se retrouve différents objets dont des cubes. Le moment venu, après les présentations d'usage, un "forme blanche" se met en place dans le coin gauche de l'espace, derrière console ( cette "forme" est en fait, Bráulio Bandeira, celui qui s'occupera fort bien de l'accompagnement musical). 

Ma mémoire ayant des limites ou un horizon limité, j'ai été surpris par l'apparition successive et fort captivante des deux personnages de leur cocons cubiques fort exigus, de ma perspective (impression confirmée par les deux interprètes à la suite de présentation !). Et il s'en suit différents tableaux qui nous présentent l'absurdité de nos actions seul.es ou à deux dans ce monde qui va de plus en plus vite et en pertes de repères, rempli d'objets d'utilité suspecte et éphémère. Il en reste qu'à leur retour de cette expédition dans cet univers en apparence absurde, nos deux guides nous proposent de revenir à l'essence même de ce que l'on est ! Ce qui produit en moi, une bouffée d'espoir qui a persisté quelque peu par la suite. L'actualité se donnant le droit de dissiper cette bouffée, néanmoins fort utile !

vendredi 28 mars 2025

Sur mes pas à l'Usine C pour découvrir un univers tout riche en personnes avec "jasmine town" !

 Lorsque j'avais examiné la programmation de l'Usine C, j'avais remarqué une proposition qui semblait m'ouvrir à un "monde". Il y avait en plus dans la distribution des interprètes en danse fort connus, tels que Chi Long, Claudia Chan Tak Camille Huang, par conséquent, sans hésiter, j'ai pris mon billet.

Voilà donc pourquoi, mes pas m'ont amené en ce jeudi soir de ce printemps hésitant jusqu'à l'Usine C et me diriger à "mon" siège en première rangée devant un rideau fermé pour assister à "jasmine town" de Yang Zhen. Le programme de la soirée que je consulte avant le début m'indique que je découvrirai un projet pluridisciplinaire danse-théâtre qui fait rencontrer des artistes professionnels et des personnes issues de la communauté asiatique de Montréal, comme les interprètes d'ailleurs !

                                            Crédit: Yang Zhen, tirée du site de l'évènement

Le moment venu, accompagnés par une bouffée de fumée, nous arrivent à tout de rôle Chi Long, Justin de Luna, Claudia Chan Tak, Jimmy Chuan et Camille Huang. Leurs habits n'a rien de conventionnel et sont tous différents avec qui sait, une signification par rapport à leur personnalité ! Après s'être présenté.es, avec leurs gestes, mais surtout leurs paroles, ils occuperont l'espace et mon attention. De ces premiers moments de notre rencontre, j'en retiens surtout une question, "Que pensez-vous de moi ? Cette question en apparence anodine peut avoir une profondeur insoupçonnée parce que voyez-vous, quelle perception avons-nous de la communauté asiatique (et pas seulement depuis la pandémie de COVID 19 !). 

Une fois les premières présentations faites, s'ouvre le rideau derrière eux pour nous révéler une vingtaine de personnes de cette communauté asiatique de tout âge, dont une tout jeune fille, soient Eric Leong, Estelle Mi, Michelle Larocque, Sophie Ji, Guan Lin Zhu, Gaïa Won De Jong, Léa Tremblay Fong, Noah Parsons, Li-Lian Dion, Richard Ly, Alexander Trinh, Ke Xin Li, Long Bui, Chang Shikum, Valerie Mathis, Eva Najwa Weigel, Victoria Aimée Yvette Weigel, May Chiu, Martin Lopez Ferrada et Linggan Alleyn Chen ! 

Et le groupe s'avance vers nous avec leurs regards affirmés dirigés vers nous. Il y aura ce tableau, pour moi énigmatique, durant lequel, graduellement, le caquetage de la poule se propage à tout le groupe. Aussi cet autre durant lequel, en trente secondes, décompte affiché sur l'écran à l'arrière, ielles viendront à tour de rôle se présenter à nous et dire au moins un aspect qui les particularise. Il y aura aussi ce témoignage de cet artiste queer qui nous présente le chemin qu'il a parcouru de son Brunei natal jusqu'ici en passant par la ville d'Edmonton pour s'épanouir personnellement et professionnellement !

Tenter de résumer fidèlement, même justement cette proposition d'une heure trente est impossible, mais je peux dire que j'ai été captivé tout au long des tableaux animés par cet arc en ciel de personnalités et d'origines dont cette jeune fille qui, selon ce qu'on lui dit, est trop grande pour être d'origine asiatique ! Au final, une rencontre fort riche et aussi et surtout fort agréable avec des passages touchants ! Une rencontre à faire, selon moi, qui m'a effectivement comme je l'anticipais, m'a ouvert un "monde", tout un monde même !

jeudi 27 mars 2025

Sur mes autres et derniers pas à "Une autre vie intelligente": parce que jamais deux sans trois !

 Après ma participation à la pièce "Une vie intelligente" chez Duceppe et ma présence comme spectateur à cette pièce, ne voilà tu pas que je suis invité à un déjeuner causerie à propos de cette pièce. Bon Ok, il fallait se lever tôt, à 7h30 le matin, pour être présent à la porte et y assister. Et oui, sans hésitation, j'ai accepté cette invitation !

                                                               Affiche de la proposition

Bon, commençons par le début, soit mon arrivée à la porte de la sécurité pour être accueilli et être dirigé jusqu'au lieu qui hébergeait, il y a "longtemps" les locaux du Centre O Vertigo que je fréquentais ! À notre arrivée, nous sommes invités à prendre place, une fois notre café et des aliments qui l'accompagnent en main ! Devant nous, trois chaises qui seront occupées par Dominique Leclerc (auteure et co-metteuse en scène), Patrice Charbonneau-Brunelle (scénographe et co-metteur en scène), de la compagnie Posthumains et Chloé Sondervost à l'animation. 

Une fois le moment venu, le tout débute avec la présentation des différents intervenants qui nous présenteront les prémisses et les étapes de leur création qui remonte dans le temps, il y a environ six ans. Ce faisant, ils nous font prendre conscience qu'à notre époque une année, pour des créateurs qui font du théâtre documentaire, peut être une "éternité" avec plein d'évènements qui bouleversent le parcours créatif et qui émet l'avertissement, "recalcul en cours" ! Face à ce défi, l'équipe de création s'est retroussée les manches pour amener à bon port leur projet, fort bien réussi, de ma perspective ! 

Nous aurons droit aussi à leurs réponses sur des aspects fort intéressants sur des aspects en allure périphériques de leur séjour chez Duceppe, dont la rencontre avec des groupes scolaires. Aussi sur la référence à une trousse d'alternatives pour utiliser d'autres moyens de "naviguer" que ceux proposés par le GAFAM de ce monde. Et aussi la possibilité de poursuivre notre exploration de ce sujet par un documentaire disponible sur le site de l'ONF, dont je vous propose le lien ici !

https://www.onf.ca/film/posthumains/

Et le tout se termine par une visite commentée du lieu de présentation dans laquelle nous apprenons des éléments fort intéressants et aussi des éléments scéniques dont un amène une réflexion sur sa disposition sécuritaire pour tout.es !

Mais comme toute bonne chose à une fin, mes pas me ramènent dans le hall de la Place des Arts pour revenir avec le métro et l'autobus jusqu'à la maison, fort heureux d'avoir mis l'alarme de mon cadran "un peu" plus tôt que d'habitude !

Sur mes pas au La Chapelle pour découvrir de nombreuses perspectives de Louise Bédard dans "SANS COLLIER" !

 Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au La Chapelle, j'allais à la rencontre d'une grande dame de la danse contemporaine québécoise, soit Louise Bédard ! D'elle, juste dans les derniers dix ans, de nombreuses prestations (dont une lors d'une représentation intime de "Osez en solo" en pleine ville !) et aussi des créations. Pour cette soirée, c'est Louise Bédard seule sur scène ( ou presque !) qui pour souligner les 35 ans de sa compagnie, "nous invite à découvrir des portraits de femmes à la fois extraordinaires et ordinaires, portés par sa gestuelle audacieuse et singulière". Sans rien vouloir divulgacher, le défi a été relevé, haut la main !

Mais débutons avec mon arrivée dans le lieu de présentation et être accueilli par un beau sourire et aussi un vrai beau programme papier (nostalgie du vieux spectateur que je suis !). Peu à peu le hall se gorge de monde et lorsque le moment est venu pour la porte de la salle de s'ouvrir, nous pouvons entrer en salle qui permettra aux spectateurices de prendre place sur le devant, mais aussi sur un des côtés de l'espace scénique. Après les paroles d'accueil d'Olivier Bertrand qui souligne, entre autres la concordance du trente-cinquième anniversaire de ce lieu de diffusion et de la compagnie de Louise Bédard, le tout débute.

                                                         Tirée du site du La Chapelle
 

Le premier tableau débute avec un geste fort symbolique, à mes yeux, soit celui où elle déplie un matériel noir pour créer son espace tout blanc lumineux et entreprendre sa transformation vestimentaire. Voilà, à mes yeux, une façon fort belle d'illustrer ce que cette chorégraphe interprète a fait à ses débuts. Et tout revêtue de ses attributs vestimentaires, ses gestes se déploient accompagnés par une trame sonore qui, tout à coup, a le son d'une alarme. Et cette alarme en sera une vraie et sur les directives d'un membre de l'équipe du La Chapelle, nous devrons évacuer le lieu sans rien laisser derrière ! Ouf (!), après un séjour dans cet hiver pas trop rigoureux, nous pourrons reprendre notre place et poursuivre notre expédition dans l'univers de cette femme. Et cet univers se décline alternativement par des performances sur scène et d'autres, par des images projetées sur une des toiles aux murs ! Tout au long, je suis impressionné autant par la qualité évocatrice des différents tableaux qui me permettent de découvrir qu'entre avoir une idée et de la concrétiser, il y a tout un chemin. Et pour cela, je savais déjà ce que Louise Bédard pouvait faire ! Le tout se conclue avec par un tableau tout aussi symbolique que le premier dans lequel on retrouve un fil (du temps) argenté qui ne semble pas avoir de fin ! C'est ce que je souhaite à cette femme hors norme qui défit le temps et surmonte les obstacles dont les alarmes de feu pour aller de l'avant !!!

Au final, un seul bémol, et c'est par rapport à moi ! La représentation annoncée pour une durée de deux heures, ce qui a été le cas, a été pour moi et ma réceptivité a demandé un effort important. Rien à voir avec la qualité ce de qui m'a été présenté, mais plutôt à la capacité du spectateur habitué aux soixante minutes habituelles ! Il en reste que pour les deux autres représentations, je souhaite que comme moi, le plus grand nombre de personnes aient la chance de découvrir le parcours de cette femme hors norme !

lundi 24 mars 2025

Sur mes pas pour "Échapper au monde" avec le collectif théâtral "Y'a le feu au lac !

 Depuis ma première rencontre avec "Y'a le feu au lac", un collectif théâtral ( Celia Laguitton et Sandrine Rastello), en décembre 2023, mes pas, en bonne compagnie (celle de ma blonde) se dirigent assidument à leur soirée. Voilà pourquoi, en cette soirée de mars qui nous rappelle que l'hiver n'a pas dit son dernier mot ( lire ici une petite bordée de neige), nos pas nous amènent jusqu'à la porte du Pub L'île Noire sur St-Denis pour y découvrir leur plus récent opus littéraire, "Échapper au monde".

                                     Affiche de l'évènement tirée du site FB de l'évènement

Arrivés tôt, nous sommes fort bien accueilli.es et trouvons une belle place devant une petite scène avec ses cinq lutrins en attente du début de la soirée. Rapidement, le lieu se fait bien plein et pile poil à l'heure, le tout débute avec l'arrivée de nos cinq "auteurs-conteurs", soient Célia Laguitton et Sandrine Rastello accompagnées en cette soirée par Louis-Dominique Lavigne, Marc-Antoine Morin et Cathy Wong. 

Une fois les prémisses de création de cette soirée présentées, soit des ateliers littéraires, le tout débute avec un premier texte qui nous entraîne dans un jeu d'enfant, soit, on joue à la tague et où il est question du temps qui s'échappe et qui nous fuit. Tout cela avec plein d'onomatopées !
S'en suit un deuxième texte dont l'action se déroule dans "mon" quartier d'enfance, le quartier Villeray. Ainsi donc, nous découvrons sur une galerie typique de ce quartier ( oui, oui, moi je l'imagine très bien !) une femme en communication téléphonique avec son patron. Rien de facile, c'est évident entre les deux. Et puis sur un deuxième appel, il y a Maître Albert Bondance, ou Maître A. Bondance, oui oui !!! qui l'informe d'une information qui va lui ouvrir des portes "financières" surprenantes.
Je pourrais poursuivre avec, entre autres, les différents textes qui me feront découvrir que c'est le détour qui est le vrai chemin, et cet hommage à Cyrano, de cette relation à deux qui semblent passer des mots aux maux  et aussi, l'allégorie de l'aigle, mais je m'arrête là ! Il en reste que tout au long, je reste captif et intéressé !

Le tout se termine la courte pièce de Cathy Wong, "Prénatal" ! Ainsi donc, ce jeune couple, dont elle est d'origine vietnamienne et lui d'origine québécoise, va entreprendre le "long" voyage, soit de leur appartement sur le Plateau à une maison de banlieue. Déplacement souhaité parce que elle, est enceinte ! Mais évidemment, d'un acte à l'autre, des surprises sont au rendez-vous, pour les personnages comme pour nous. Ainsi donc celle qui avait changé son prénom de Lynh en Lyne pour se rendre plus québécoise, fera des découvertes familiales qui l'ébranlent et qui moi, me touche ! Et à sa conclusion, cette histoire surprend et "punche" droit au coeur !

Une fois les applaudissements complétés et les paroles de félicitations faites, nos pas nous ramènent à la maison avec dans la tête ces moments fort riches concoctés par les cinq artisans littéraires de cette soirée. Avec en bonus, une promesse personnelle de retourner à leur prochaine fois. Et pour peu que je peux le souhaiter, dans un espace plus grand, pour que plus de personnes puissent y assister !