Lorsque mes pas me portent jusqu'à l'Espace Libre, je pressentais que je serai amené ailleurs et autrement. À l'image de cette rencontre avec "Vie et mort du roi boiteux", il y a un peu moins de vingt ans. Depuis les rencontres plus ou moins fréquentes, agenda chorégraphique oblige, ont toujours été réussies. Alors, pour cette visite dans le "Jardin" créé par la gang du Nouveau Théâtre Expérimental, je n'étais donc pas vraiment surpris de savoir à l'avance que c'est dans un vrai jardin que je serai convié. Et alors ????
Bon commençons par mon arrivée dans le hall d'entrée, fort bien accueilli, pour attendre l'ouverture des portes qui seront faites assez vite. Me voilà donc parmi les premières personnes de cette représentation qui pourront découvrir le "Jardin" avec au milieu une allée gazonnée surélevée et cette multitude de plantes de toutes sortes qui la borde avec au bout, un espace qui a toute les allures d'un appartement. Une légère brume étend sa présence au-dessus de nous. Vite fait, je trouve ma place en bordure de cette allée, partageant mon banc avec deux personnes. Le temps passe, le lieu se remplit bien plein.
Affiche de l'oeuvre tirée du site de l'Espace LibreLe moment venu, Daniel Brière, metteur en scène de ce qui suivra, s'adresse à nous pour nous donner quelques consignes, dont celle de la possibilité de nous déplacer pendant la représentation. Un peu délinquant, je resterai à ma place, assis et debout tout au long, tout comme mes deux voisines de banc.
Et puis, après une attente sur fond musical, débute le conte et la rencontre avec "Adam" et "Ève", (Christine Beaulieu, Lyndz Dantiste) qui nous arrivent tout vêtu ! Dans la première partie, nous sommes amené.es à leur rencontre originelle. Le propos est captivant. Et puis, les deux nous quittent. Arrive le jardinier ( Peter Trosztmer) qui arrose le "jardin" et les spectateurices dont moi, au passage !
Il s'en suit la partie contemporaine qui nous procurera des moments surprenants, mais surtout des phrases délicieuses dont "Vivre à la longue, c'est décevant !" et "Plus je reçois des gens, plus j'aime les plantes !" Le couple Adam et Ève moderne doit cohabiter avec un voisin dont la présence peut se faire très audible.
Nous serons invités à nous déplacer et aussi exécuter des routines gestuelles pour lesquelles, le public embarque ! Et puis, une demande surprenante, celle de la participation d'un membre de l'auditoire qui assumera pleinement son rôle et même un peu plus encore. Le tout se termine, avec en tête une dernière phrase, "Le passé est sous nos pieds !"
À la conclusion de cette expédition botanique et humaine porté par les textes captivants d'Evelyne de la Chenelière, les applaudissements fusent. Et moi en quittant, je peux aussi féliciter cette spectatrice qui a su avec assurance assumer son rôle imprévu !
Mes pas me ramènent donc fort heureux d'une autre rencontre comme la gang de l'Espace Libre sait si bien le faire.
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