Lorsque mes pas m'ont porté jusqu'à la porte du Wilder chez Tangente, je savais que ce lundi soir serait fort chargé et intéressant, mais aussi riche, ça non !
Le tout a débuté avec cet échange dans le café bar sur le thème de l'urgence de la création, animé par Laurane Van Branteghem avec Nindy Banks et Claire Pearl. Sur ces moments, j'y reviendrai, mais je peux déjà dire que j'ai appris que la notion d'urgence pour les artistes peut se décliner et s'exprimer de différentes façons.
Et puis mes pas me portent plus bas dans l'immeuble, jusqu'à l'entrée de l'Espace Vert où se trouvent déjà bon nombre de personnes. Ça "sent" la salle pleine et cela sera effectivement le cas ! Au programme, deux propositions, la première "Speakeasy" de et avec Mithra «Myth» Rabel accompagnée sur scène par Samantha «Sam I Am» Hinds et Jason «Blackbird» Selman. La deuxième, "La prétention d'exister" de et avec Rozenn Lecomte et Ariane Levasseur.
Donc, de "mon" siège en première rangée, pendant que les sièges trouvent preneur.es, je peux voir devant moi, différents objets scéniques dont un sofa, une table haute avec des accessoires électroniques. Un peu avant que le tout commence officiellement, notre "hôtesse" arrive et se dirige dans le fond de l'espace scénique. Elle y prend place, verre à la main, en attente, sur fond de musique festive. Façon fort belle, de ma perspective, de mettre la table à ce qui suivra ! Et puis, à tour de rôle, arrive les deux autres qui de part et d'autre de l'espace scénique se font discrets. Et le moment venu, le silence se fait et débute de façon plus formelle "Speakeasy" ! Et dans ce qui suivra, il y aura d'abord les mouvements de "Myth" qui dans leur simplicité ondulatoire mettent la table à cette rencontre "Entreront" dans la danse les deux autres avec leurs participations musicales et orales, aussi. De ces paroles énoncées, j'en retiens particulièrement celles de Jason Selman. Un exemple, juste pour vous !
Crédit: Denis Martin fournie par Tangente"Il fut un temps où les pleurs étaient incessants
Elle pleurait sans retenue
Elle a pleuré à en mourir, puis a pleuré à en revenir à la vie
Elle se tient debout à présent, dans son chagrin
Face au monde, elle danse
Sachant ce que tu crains d’elle et que cela n’a aucune importance
Sachant ce qu’elle craint d’elle-même et que cela n’a aucune importance non plus
Dieu ne l’a pas peinte ainsi, noire et belle, pour rien."
Les autres sont disponibles sur le site de Tangente (merci Tangente !) et vous ne devriez pas vous en priver ! Et pendant ces moments, les mouvements ondulatoires dans l'espace scénique entraîneront à leur suite, les corps des spectateurs autour de moi dans des ondulations aussi !
Il en reste que ma plume reste fort sage, parce que je suis trop concentré à découvrir cet amalgame de mouvements, de musique et de paroles. Voilà donc pourquoi, je reviens de cette rencontre avec de mots inscrits, mais avec en moi une sensation de bonheur !
Après un entracte, question de préparer le lieu pour la deuxième proposition au programme, entracte qui me permet de faire de belles rencontres, je retrouve mon siège devant un espace scénique vide. Et le moment venu, Rozenn et Ariane apportent au fond de l'espace scénique des boîtes de carton "U-HAUL". Et puis débute "La prétention d'exister" !
Pause
Ce n'était pas ma première fois à "La prétention d'exister". La fois précédente, en cours de création, je l'avais vu chez Circuit-Est, juin 2024. Rapidement, a émergé en moi de belles sensations de cette rencontre précédente.
Fin de la pause
Et en résonance avec le thème de la rencontre qui a précédé au café-bar, juste avant, j'y ai senti une urgence à autant montrer le côté doux que le côté déterminé de leur propos ! À coup de "black out", les choses se placent avec une mécanique percussive qui nous interpelle sur leur message, soit leur affirmation de leur nature queer !
Crédit Nathalie Duhaime fournie par TangenteEt puis sans crier gare, nous sommes entraînés dans une suite de confidences, avec une touche d'humour, de leur jeunesse au secondaire avec des "je n'ai jamais" ! Et puis arrive le moment fort, qui à pour moi a tout de l'espoir, celui de raccourcir à rien les différences qui semblent nous séparer et créer le lien entre nous. Dans ce que je viens de découvrir, j'y vois le besoin essentiel de d'affirmer et de célébrer le "queerness" Et c'est mission accomplie Ariane et Rozenn !
Il s'en suit la rencontrer avec les artistes qui apporte un éclairage fort intéressant sur différents aspects des deux propositions. Et moi, de penser et de dire que voilà deux propositions qui mériteraient une longue vie et de nombreuses rencontres avec un large public pour "ouvrir des horizons" !


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