Je ne me rends pas souvent au Prospero, mais là, guidé par Charo Foo Tai We, une des interprètes de "Les suppliantes" (texte d'Eschyle, adapté et mis en scène par Sophie El-Assaad), j'ai porté attention à cette proposition et ensuite, j'ai pris le temps d'aller lire certaines critiques ! Je dois l'avouer, elles étaient tièdes, mais lorsque j'ai lu des passages dont celui-ci tirée du retour de Stéphanie Bérubé dans La Presse, "Les six interprètes des suppliantes offriront dans cette scène une performance d’expression corporelle qui tient de l’art et la danse contemporaine, le mouvement chorégraphié étant présent tout au long du spectacle.", j'ai dit OK, j'y vais !
Voilà donc pourquoi en ce mardi soir, je prend place à "mon" siège en première rangée en attente du début. Peu à peu, la salle se remplit bien pleine avec entre autres des étudiant.es de CEGEP, option théâtre, comme me le confirmera l'une d'elle !
Devant moi, un espace scénique tout blanc avec, au milieu par terre, un bol gris. Une phrase surplombe le mur en arrière et qui porte sur la domination du maître sur ses sujets.
Crédit: Maxim Paré Fortin tirée du site du Prospero
Et puis tout doucement, la luminosité baisse et disparait tout comme le texte. Et puis, nous découvrons, six corps tout en noir étendus (Melania Maria Balmaceda Venegas, Charo Foo Tai Wei, Nora Guerch, Jorge Martinez Colorado, Philippe Racine et Micha Raoutenfeld), immobiles, par terre. Peu à peu ils se mettent à bouger et arrive, tout guilleret, ce "roi" (Papy Maurice Mbwiti) qui fait le tour de "son" territoire. Et ces corps se transforment en êtres humains qui se dévoilent de leur cape toute noire. Nous apprenons rapidement leur histoire et leur fuite pour échapper à un triste destin. Il en reste que ce roi, ne voulant pas provoquer d'affrontement avec les régnant.es de cet autre monde, d'où viennent ces êtres, se déleste de sa responsabilité et transfert à son peuple, la décision finale !
Et c'est là pour moi, que le meilleur arrive, soit cette attente durant laquelle, les corps s'expriment gestuellement, modifiant le lieu d'attente (avec de la vraie terre) et aussi se révélant autrement. Je suis aussi touché par leurs regards, leurs métamorphoses qui révèlent leur vraie nature, pendant que le roi, refait quelques tours de son territoire durant cette attente. Et comment, cela se finit-il mon cher Robert ? Et bien pas comme dans un conte de fée, mais je n'en dirai pas plus !
Avant de conclure, je dois ajouter que la mise en scène m'a particulièrement plu, bravo Sophie El-Assaad! Et avant de quitter cette étudiante, mentionnée plus haut, me partage son appréciation fort positive sur ce qu'elle venait de voir ! Au final, mes pas reviennent heureux et satisfaits de cette rencontre particulière qui a bien amalgamé théâtre et mouvements chorégraphiques !

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