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vendredi 31 août 2018

Sur mes pas en dance: Retour sur ma dernière sortie estivale.

Dernier jour du mois d'août, les degrés tiennent encore bien haut sur le thermomètre. Au programme, un programme double, d'abord une discussion publique avec Marie Chouinard, suivie par la présentation d'un début de création de Chloé Ouellet-Payeur. Les deux présentées au même endroit, dans les locaux de la SDC (Société de développment commercial) Hochelaga-Maisonneuve dans le cadre du Festival Soir sur Ontario.



Pour une rencontre avec Marie Chouinard, je ne sais pas pour vous, mais moi, je n'ai pas pris de chance et je suis arrivé bien à l'avance. Une fois l'édifice trouvé et gravi les marches jusqu'au deuxième étage, je me retrouve une vingtaine de minutes avant l'heure annoncée dans une salle vide, si ce n'est des organisatrices. Un "peu" surpris, je valide bien le fait que c'est ici qu'aura lieu la rencontre. Et oui, c'est bien ici. Eh bien !!!!

J'ai donc tout le loisir de choisir ma place et d'attendre. Approche le moment et arrive quelques autres personnes et Marie Chouinard. Le temps de s'assurer que tout est OK et de remplir le verre d'eau, la discussion débute. Nous serons un peu plus d'une dizaine de personnes pour cette rencontre qui débute avec la projection de quelques extraits de ces oeuvres. Il s'en suit une séance de questions-réponses avec l'animatrice. Des questions pertinentes suivies par de longues et généreuses réponses. De ses pas comme interprète-chorégraphe en solo et de la raison de son passage comme chorégraphe seulement. Lorsqu'elle s'est vue sur scène et qu'elle voulait se démultiplier pour rejoindre l'oeuvre qu'elle avait en tête. J'avais devant moi, juste là, une femme vivante, allumée et généreuse qui me parlait de sa façon de créer, de choisir un interprète pour sa troupe. Plus d'une heure suivie par ses réponses à nos questions, dont la mienne sur l'évolution de ses oeuvres après la première. Elle aurait été devant un auditoire beaucoup plus nombreux ou elle aurait été à une émission de télé que je crois que cela aurait été pareil.

Elle propose une perspective différente et à priori surprenante à sa création "bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG", pour laquelle, elle affirme que les béquilles et autres accessoires amenaient plus de liberté (et de possibilités) et non pas plus de contrainte. Et elle explique pourquoi, moment délicieux ! Nous apprenons aussi son système de remplacement au sein de la troupe si un des interprètes se blessent, même pendant une prestation, ce qui est déjà arrivé. Elle nous explique qu'elle s'occupe des costumes et des éclairages de ses oeuvres. Et le moment de conclure arrive et en toute simplicité, elle quitte après avoir salué ceux et celles qui étaient sur son chemin. Un grand moment pour le spectateur que je suis, merci Festival Soir.

Juste avant que les gens quittent, nous sommes informés que nous pourrons assister à une courte prestation de Chloé Ouellet-Payeur. C'est sur la magnifique version de Pure Joyce, de la chanson "Blue" qu'elle prend place devant nous. Par la suite, tout en contorsion marquée par son horizontalité, elle nous interpelle du regard comme du geste. Le propos chorégraphique évolue selon les différentes versions de cette chanson. Nous avons eu droit aux premières ébauches d'une oeuvre qui me semble fort prometteuse. J'ai bien hâte d'en voir une version plus longue. Et pour cette chanson, j'ai eu un coup de foudre. 

Le temps de quitter arrive et en route pour revenir à la maison, je prends le temps de voir deux prestations improvisées de "Déracinement" de Chloé Bourdages-Roy présenté quelques coins rues plus loin. Et le soleil commence son déclin et moi, mes pas me ramènent à la maison. Le spectateur est fort heureux de sa soirée !


vendredi 17 août 2018

Sur mes pas en danse: quand la danse se présente au Festival Soir sur Beaubien.

Pour assister à une présentation danse, mes pas m'ont amené à différents endroits, mais jusqu'à studio d'entraînement dans un sous-sol, c'était une première ! C'était durant une autre très belle soirée de notre été caniculaire, que mes pas ont arpenté le boulevard St-Laurent en pleine Semaine Italienne jusqu'à ce studio dans un sous-sol pour assister à deux performances présentées dans le cadre du Festival Soir. Celle d'abord de Manuel Schink et Hélène Messier et ensuite celle de Christina Martin et Matéo Chauchat.  Dans le passé, les créateurs et les interprètes de ces deux oeuvres avaient attiré mon attention et ainsi donc orienté mes pas.

Un "peu" à l'avance, je descends au sous-sol, j'enlève mes souliers et je prends place dans un local tout en long, "pas trop climatisé" et assez vide. Suivant les indications, je prends place tout juste devant l'endroit où se fera la rencontre entre Manuel Schink et Hélène Messier qui seront accompagnés, tout juste à côté par Élizabeth Lima à la voix et la clarinette.

                                          Tirée du site du Festival Soir

La salle, derrière moi, gagne en nombre de spectateurs et la température ambiante, elle, "gagne en galon" (c.a.d. en degré !). Une fois le moment de commencer, c'est de derrière nous que les interprètes se présentent à nous. Leur approche nous les présente, enveloppés d'un aura mystérieuse avec les visages cachés et leurs perruques. Une fois rendus devant nous leurs gestes montrent une complicité magnifié par l'utilisation des chevelures déployés, une fois les perruques mises de côté. Ce que nous découvrirons par la suite, rehaussée par cette voix particulière et les épanchements de la clarinette est une relation singulière, complexe, complice, mais aussi houleuse, sombre, sinon presque violente, par moments. Leur connexion trouble nous la découvrons par leurs gestes et aussi par leur partage de leur chevelure qui est, selon moi, le point fort esthétique de ces moments. Cette oeuvre en développement possède les ingrédients pour nous entraîner dans la découverte d'une relation particulière entre deux personnes et réfléchir à la nôtre. Faudra une suite !

Une fois les applaudissements terminés, nous devons nous déplacer et prendre place sur les contours de l'endroit pour découvrir l'oeuvre de Christina Martin et Matéo Chauchat, accompagnés par Brontë Poiré-Prest, Cara Roy et Maxime Lepage. Le public est nombreux et bien entassé, compte-tenu de l'espace disponible  Moi, je réussi à trouver ma place au pied d'un mur. La lumière se fait discrète, le projecteur se met en action sur un écran tout de côté et arrive une femme. Elle restera immobile un certain temps, sinon un temps certain, sûrement question de nous interpeller, spectateurs pressés. Par la suite, les cinq interprètes individuellement et aussi ensemble, investiront le milieu de la place et toute notre attention. Ils présenterons en gestes et mouvements, leurs dépendances, leurs interdépendances et leurs indépendances tout en solitude aussi.

                                         Tirée du site du Festival Soir

De l'ensemble de cette prestation, j'y vois un message qui tient du corps noir qui irradie. De ces jeunes qui nous interpellent. Avec ce tissu qu'ils se sont passés et qui démultiplié, tous ont eu autour de leur tête, recouvrant complètement leurs visages, et nos visages par procuration, comme moi je l'ai ressenti. Ce qui nous permet, paradoxalement, d'ouvrir nos propres horizons afin de tirer nos propres interprétations. Dans cet étroit sous-sol chaud et humide, ils nous ont proposé une oeuvre "jeune", moderne, intense et interpellante, tel que l'on peut s'attendre de cette nouvelle génération confrontée aux défis d'un avenir sombre et risqué qui se présente à eux. Pourront-ils compter sur l'autre, sur ce qui sera émis pour les guider ? Ils nous en présentent des réponses possibles. Comme dans la vraie vie, cette toute petite salle et les périls tout autour qui les guettent, en était une allégorie fort intéressante.

Une soirée de "premiers pas" pour deux œuvres qui malgré leur côté sombre, mériteraient un éclairage différent et un plus grand espace pour leur éclosion.