Pour assister à une présentation danse, mes pas m'ont amené à différents endroits, mais jusqu'à studio d'entraînement dans un sous-sol, c'était une première ! C'était durant une autre très belle soirée de notre été caniculaire, que mes pas ont arpenté le boulevard St-Laurent en pleine Semaine Italienne jusqu'à ce studio dans un sous-sol pour assister à deux performances présentées dans le cadre du Festival Soir. Celle d'abord de Manuel Schink et Hélène Messier et ensuite celle de Christina Martin et Matéo Chauchat. Dans le passé, les créateurs et les interprètes de ces deux oeuvres avaient attiré mon attention et ainsi donc orienté mes pas.
Un "peu" à l'avance, je descends au sous-sol, j'enlève mes souliers et je prends place dans un local tout en long, "pas trop climatisé" et assez vide. Suivant les indications, je prends place tout juste devant l'endroit où se fera la rencontre entre Manuel Schink et Hélène Messier qui seront accompagnés, tout juste à côté par Élizabeth Lima à la voix et la clarinette.
Tirée du site du Festival Soir
La salle, derrière moi, gagne en nombre de spectateurs et la température ambiante, elle, "gagne en galon" (c.a.d. en degré !). Une fois le moment de commencer, c'est de derrière nous que les interprètes se présentent à nous. Leur approche nous les présente, enveloppés d'un aura mystérieuse avec les visages cachés et leurs perruques. Une fois rendus devant nous leurs gestes montrent une complicité magnifié par l'utilisation des chevelures déployés, une fois les perruques mises de côté. Ce que nous découvrirons par la suite, rehaussée par cette voix particulière et les épanchements de la clarinette est une relation singulière, complexe, complice, mais aussi houleuse, sombre, sinon presque violente, par moments. Leur connexion trouble nous la découvrons par leurs gestes et aussi par leur partage de leur chevelure qui est, selon moi, le point fort esthétique de ces moments. Cette oeuvre en développement possède les ingrédients pour nous entraîner dans la découverte d'une relation particulière entre deux personnes et réfléchir à la nôtre. Faudra une suite !
Une fois les applaudissements terminés, nous devons nous déplacer et prendre place sur les contours de l'endroit pour découvrir l'oeuvre de Christina Martin et Matéo Chauchat, accompagnés par Brontë Poiré-Prest, Cara Roy et Maxime Lepage. Le public est nombreux et bien entassé, compte-tenu de l'espace disponible Moi, je réussi à trouver ma place au pied d'un mur. La lumière se fait discrète, le projecteur se met en action sur un écran tout de côté et arrive une femme. Elle restera immobile un certain temps, sinon un temps certain, sûrement question de nous interpeller, spectateurs pressés. Par la suite, les cinq interprètes individuellement et aussi ensemble, investiront le milieu de la place et toute notre attention. Ils présenterons en gestes et mouvements, leurs dépendances, leurs interdépendances et leurs indépendances tout en solitude aussi.
Tirée du site du Festival Soir
De l'ensemble de cette prestation, j'y vois un message qui tient du corps noir qui irradie. De ces jeunes qui nous interpellent. Avec ce tissu qu'ils se sont passés et qui démultiplié, tous ont eu autour de leur tête, recouvrant complètement leurs visages, et nos visages par procuration, comme moi je l'ai ressenti. Ce qui nous permet, paradoxalement, d'ouvrir nos propres horizons afin de tirer nos propres interprétations. Dans cet étroit sous-sol chaud et humide, ils nous ont proposé une oeuvre "jeune", moderne, intense et interpellante, tel que l'on peut s'attendre de cette nouvelle génération confrontée aux défis d'un avenir sombre et risqué qui se présente à eux. Pourront-ils compter sur l'autre, sur ce qui sera émis pour les guider ? Ils nous en présentent des réponses possibles. Comme dans la vraie vie, cette toute petite salle et les périls tout autour qui les guettent, en était une allégorie fort intéressante.
Une soirée de "premiers pas" pour deux œuvres qui malgré leur côté sombre, mériteraient un éclairage différent et un plus grand espace pour leur éclosion.
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vendredi 17 août 2018
mardi 15 mai 2018
Sur mes pas en danse: Une soirée tout horizon au festival "Vue sur la relève"
La saison régulière en danse présente ses derniers pas sur scène et mon bilan pointe son bout du nez, mais la saison des festivals débute en force. Voilà donc pourquoi, mes pas m'ont amené jusqu'au Studio Hydro-Québec du Monument National pour une soirée danse concoctée par le Festival vue sur la relève. Un programme triple, (je pensais !) avec des œuvres de chorégraphes déjà sur mon "radar" de spectateur.. Une soirée qui sera fort bien remplie avec des propositions toutes différentes qui pourraient surprendre le spectateur et voilà pourquoi.
L'heure de présentation arrivée et le hall fort bien garni, les portes de la salle de présentation s'ouvrent. En se rendant à mon siège, sous mes pieds, un grand nombre de ce qui semble des clichés, bien "scotchés" au plancher (j'ai vérifié !), rendant leur rencontre sans danger, sauf pour la curiosité de celui qui se pencherait sans prendre de précaution sur ses arrières !
Je prends place et la salle se remplit et nous attendons le début. Et les lumières se ferment et de la musique accompagnée de chansons débute. Une chanson, deux chansons, cinq au total sans que rien ne se passe sur la scène sinon seulement une parcelle circulaire dont le centre est marqué d'un "X" est éclairé. Moi, comme bien d'autres, scrute le fond de la salle, guettant l'arrivée de quelqu'un, quelque part. C'est fou ce que notre imagination aux aguets peut voir une ombre se profiler. Mais tout à coup "apparaît" une voix, celle d'une femme qui nous l'apprendrons très vite est celle de Marie-Pier Meilleur (la créatrice des clichés sur le plancher). Elle s'ouvre à nous pour nous parler de son besoin de reconnaissance artistique, elle qui dans Google est éclipsée par Marie-Pier Morin. Elle veut son moment de gloire et nous, nous embarquons dans son jeu, jusqu'à participer au jeu "Marie dit", enchaînant applaudissements et ovations à elle dont on ne "voit" que la voix ! Le jeu se termine à la satisfaction de la "maître du jeu" et moi, je reluque une de ses œuvres par terre. Combien succomberont à la tentation, mystère comme pour moi d'ailleurs !!!
Les lumières s'éteignent de nouveau et débute "La mécanique des dessous" de et avec Manuel Shink. Informé en début de soirée, je sais donc que nous aurons droit à une version plus développée que celle que j'avais déjà vue à Tangente l'automne dernier. Durant les moments qui ont suivi, je constate qu'il poursuit son travail pour "préciser" le flou de la frontière des genres. Il le fait en se dévoilant autant par ce qu'il a sur lui que ce qu'il y a en lui. Si les différentes parties ne s'insèrent pas, selon moi, dans une trame narrative qui me semble latente, les différents tableaux eux portent bien et certains sont fort percutants et très esthétiques. Il y a aura une version trois, c'est prévisible et moi j'y serai pour la découvrir.
Photo de Manuel Shink par Denis Martin
Les lumières s'allument au son des applaudissements et quelques instants plus tard débutait, sur un ton fort différent, "Collision" de et avec Hélène Remoué accompagnée par Justine Chevalier-Martineau, Sara Cousineau, Jessica Dupont-Roux, Cara Roy et Gabrielle Roy. "Collision" est décrite, fort justement dans le programme de la soirée comme "une danse féminine et puissante qui se démarque par son aspect fougueux". C'est donc une proposition au rythme soutenu, haletante, dans laquelle, j'ai ressenti souvent l'affrontement entre elles. une intensité sans retenue de la première à la dernière minute enrobée d'une trame musicale (Pierre-Luc Senécal) "hard and loud" qui laisse le spectateur essoufflé à la fin de la présentation. Il ne vous reste qu'à imaginer ce que cela a demandé aux interprètes qui, selon moi, exprime chorégraphiquement très bien "le but ultime du parcours : La liberté" que la chorégraphe leur demande d'atteindre. Pause bien méritée pour tous et sortie de la salle demandée pour préparer la scène de la dernière oeuvre de la soirée, "Dunno wat u kno" de Nate Yaffe/Je suis Julio.
Photo : Flamant
À notre retour dans la salle, nous découvrons une marée de matelas gonflables qui recouvre toute la scène et en divers endroits, des personnages (Angie Cheng, Audrée Juteau et Sonya Stefan) tout aussi déformés qu'inanimés. Et ils le resteront un certain temps, avant que n'émergent de légers mouvements perceptibles par le bruits qu'ils produisent sur les matelas tout de plastique. La suite nous montre ces êtres prendre vie dans une suite de mouvements sans logiques, sinon se déplacer pour prendre une place au milieu d'une banlieue imaginaire dans laquelle le faux et le toc priment sur le vrai. Arrive le moment auquel le peau artificielle est laissée derrière, sans que l'être qui en émerge ne trouve de sens à ses mouvements. Mais, le spectateur est déjoué, puisque, tout à coup, une construction, faite de ces matelas, n'émerge des efforts de ces trois femmes. Et tout à coup tout s'écroule et un raz de marée (de matelas) déferle jusque dans les estrades nous rappelant que personne n'est à l'abri de l'absurdité de la vie. Une oeuvre qui m'a montré une allégorie de besoins artificiels qui nous "botoxent" l'esprit à l'ère de la modernité et de la vacuité de certains de nos comportements. Un moment qui m'a plongé dans une réflexion sur l'absurdité dans et durant les traits temporels durant la présentation de l'oeuvre et bien après en revenant chez moi
Photo: Frédéric Chais
De cette soirée qui a débuté vers 20h00, nous en ressortons passé 22h00 après avoir découvert trois, sinon quatre oeuvres nous amenant dans différentes directions et satisfait des chemins parcourus et des propos matures vus et entendus.
L'heure de présentation arrivée et le hall fort bien garni, les portes de la salle de présentation s'ouvrent. En se rendant à mon siège, sous mes pieds, un grand nombre de ce qui semble des clichés, bien "scotchés" au plancher (j'ai vérifié !), rendant leur rencontre sans danger, sauf pour la curiosité de celui qui se pencherait sans prendre de précaution sur ses arrières !
Je prends place et la salle se remplit et nous attendons le début. Et les lumières se ferment et de la musique accompagnée de chansons débute. Une chanson, deux chansons, cinq au total sans que rien ne se passe sur la scène sinon seulement une parcelle circulaire dont le centre est marqué d'un "X" est éclairé. Moi, comme bien d'autres, scrute le fond de la salle, guettant l'arrivée de quelqu'un, quelque part. C'est fou ce que notre imagination aux aguets peut voir une ombre se profiler. Mais tout à coup "apparaît" une voix, celle d'une femme qui nous l'apprendrons très vite est celle de Marie-Pier Meilleur (la créatrice des clichés sur le plancher). Elle s'ouvre à nous pour nous parler de son besoin de reconnaissance artistique, elle qui dans Google est éclipsée par Marie-Pier Morin. Elle veut son moment de gloire et nous, nous embarquons dans son jeu, jusqu'à participer au jeu "Marie dit", enchaînant applaudissements et ovations à elle dont on ne "voit" que la voix ! Le jeu se termine à la satisfaction de la "maître du jeu" et moi, je reluque une de ses œuvres par terre. Combien succomberont à la tentation, mystère comme pour moi d'ailleurs !!!
Les lumières s'éteignent de nouveau et débute "La mécanique des dessous" de et avec Manuel Shink. Informé en début de soirée, je sais donc que nous aurons droit à une version plus développée que celle que j'avais déjà vue à Tangente l'automne dernier. Durant les moments qui ont suivi, je constate qu'il poursuit son travail pour "préciser" le flou de la frontière des genres. Il le fait en se dévoilant autant par ce qu'il a sur lui que ce qu'il y a en lui. Si les différentes parties ne s'insèrent pas, selon moi, dans une trame narrative qui me semble latente, les différents tableaux eux portent bien et certains sont fort percutants et très esthétiques. Il y a aura une version trois, c'est prévisible et moi j'y serai pour la découvrir.
Photo de Manuel Shink par Denis Martin
Les lumières s'allument au son des applaudissements et quelques instants plus tard débutait, sur un ton fort différent, "Collision" de et avec Hélène Remoué accompagnée par Justine Chevalier-Martineau, Sara Cousineau, Jessica Dupont-Roux, Cara Roy et Gabrielle Roy. "Collision" est décrite, fort justement dans le programme de la soirée comme "une danse féminine et puissante qui se démarque par son aspect fougueux". C'est donc une proposition au rythme soutenu, haletante, dans laquelle, j'ai ressenti souvent l'affrontement entre elles. une intensité sans retenue de la première à la dernière minute enrobée d'une trame musicale (Pierre-Luc Senécal) "hard and loud" qui laisse le spectateur essoufflé à la fin de la présentation. Il ne vous reste qu'à imaginer ce que cela a demandé aux interprètes qui, selon moi, exprime chorégraphiquement très bien "le but ultime du parcours : La liberté" que la chorégraphe leur demande d'atteindre. Pause bien méritée pour tous et sortie de la salle demandée pour préparer la scène de la dernière oeuvre de la soirée, "Dunno wat u kno" de Nate Yaffe/Je suis Julio.
Photo : Flamant
À notre retour dans la salle, nous découvrons une marée de matelas gonflables qui recouvre toute la scène et en divers endroits, des personnages (Angie Cheng, Audrée Juteau et Sonya Stefan) tout aussi déformés qu'inanimés. Et ils le resteront un certain temps, avant que n'émergent de légers mouvements perceptibles par le bruits qu'ils produisent sur les matelas tout de plastique. La suite nous montre ces êtres prendre vie dans une suite de mouvements sans logiques, sinon se déplacer pour prendre une place au milieu d'une banlieue imaginaire dans laquelle le faux et le toc priment sur le vrai. Arrive le moment auquel le peau artificielle est laissée derrière, sans que l'être qui en émerge ne trouve de sens à ses mouvements. Mais, le spectateur est déjoué, puisque, tout à coup, une construction, faite de ces matelas, n'émerge des efforts de ces trois femmes. Et tout à coup tout s'écroule et un raz de marée (de matelas) déferle jusque dans les estrades nous rappelant que personne n'est à l'abri de l'absurdité de la vie. Une oeuvre qui m'a montré une allégorie de besoins artificiels qui nous "botoxent" l'esprit à l'ère de la modernité et de la vacuité de certains de nos comportements. Un moment qui m'a plongé dans une réflexion sur l'absurdité dans et durant les traits temporels durant la présentation de l'oeuvre et bien après en revenant chez moi
Photo: Frédéric Chais
De cette soirée qui a débuté vers 20h00, nous en ressortons passé 22h00 après avoir découvert trois, sinon quatre oeuvres nous amenant dans différentes directions et satisfait des chemins parcourus et des propos matures vus et entendus.
samedi 18 novembre 2017
Sur mes pas en danse: La "Fluidité du genre" et du propos chorégraphique
Il y a de ces coïncidences qui ne semblent pas en être. Mes pas m'amenant assister à la présentation de "Fluidité du genre" programme double présenté par Tangente dont le sous-titre est "Du stéréotype à l'icône: transcender les masculinités", je lisais le plus récent livre de Martine Delvaux, "Le monde est à toi". Juste avant d'arriver, j'en étais rendu au passage (page 63) " Je ne refuse pas l'identité qui est collée sur mon corps, qui correspond aux organes génitaux avec lesquels je suis née, ce genre qu'on dit féminin. Pourtant, je ne dirais jamais, comme pour l'affirmer: Je suis une femme.". Ainsi donc, dans les minutes qui ont suivi, Manuel Shink dans "La mécanique des dessous" et Sébastien Provencher avec "Chidren of Chemistry" me proposaient leur version chorégraphique fort éloquente et réussie aussi, de la perspective masculine de ce passage.
En première partie, Manuel Shink (chorégraphe et interprète) nous apparaît de noir vêtu. Ses apparats sont simples, mais dissimulent d'abord une personne qui, par ses longs cheveux d'abord montre un son côté féminin. Vient ensuite la "présentation" de sa barbe et de son torse bien poilu. La nature double ou "queer" du personnage est rapidement bien campée. Par la suite, j'y ai vu une intéressante réflexion sur les attributs corporels ou vestimentaires tout au long des métamorphoses présentées, colorées de noir, de blanc et de rouge. Impossible de rester insensible à cet audace tout au long de son cheminement. Pour ceux et celles qui veulent tracer une frontière sur l'identité sexuelle d'un homme ou d'une femme, il nous force à reconsidérer notre position de qui sommes-nous vraiment. À cet démonstration, j'ai été fort sensible et interpellé aussi.
Photo de Juanel Casseus
Après une pause fort appropriée, nous revenons dans la salle, reprendre notre place pour découvrir "Children of Chemistry" de Sébastien Provencher avec Miguel Anguiano, Jean-Benoit Labrecque, Louis-Elyan Martin, Alexandre Martin et Simon Renaud. De mon côté, je redécouvrais cette oeuvre que j'avais vu sur une scène extérieure, il y a un peu plus d'un an au Festival Quartier-Danse. Avec des relents de souvenirs encore présents de cette chorégraphie sur l'identité sexuelle déclinée au pluriel, comme je l'avais écrit à l'époque, j'étais bien curieux de connaître dans quelle direction le chorégraphe avait fait évoluer son propos pour cette présentation en salle. Il est facile de constater que dans cette version actualisée et bonifiée, la trame de base est conservée, mais que le propos lui s'est développé et est rendu encore plus audacieusement.
Photo de Justine Latour
Nous avons d'abord droit à une entrée en la matière toute empreinte d'un doux immobilisme avec les cinq interprètes habillés différemment de blanc et de beige. Les différences sont notables mais seulement pour celui et celle qui y porte attention. L'affirmation de chacun se fait doucement, en harmonie d'abord, mais peu à peu ils se désolidarisent et se particularisent. La suite montre sur un tableau "Cat walk", les différents aspects de nos personnalités, avouées ou non, jusqu'au dévoilement total de ce que nous sommes. Il y a aussi cette masculinité, qui s'exprime par la compétition et l'émulation dans le groupe. Au final, de ces différences, de nos différences d'homme, il en reste un aspect commun de la nature toute autant masculine qu'humaine que le chorégraphe nous transpose fort bien dans le dernier tableau. Un Big Bang initial qui nous amène inévitablement à un Big Crunch dans lequel les différences s'amalgament.
Voilà deux propositions danse audacieuses qui permettent aux spectateurs qui sauront faire les pas devant de se faire rappeler que les différences et les similitudes ne sont pas seulement celles que les chromosomes nous donnent. Et que nos attributs masculins ne sont qu'un aspect de ce que nous sommes, fondamentalement. Et quiconque en doute, devrait assister à la "Fluidité des genres".
En première partie, Manuel Shink (chorégraphe et interprète) nous apparaît de noir vêtu. Ses apparats sont simples, mais dissimulent d'abord une personne qui, par ses longs cheveux d'abord montre un son côté féminin. Vient ensuite la "présentation" de sa barbe et de son torse bien poilu. La nature double ou "queer" du personnage est rapidement bien campée. Par la suite, j'y ai vu une intéressante réflexion sur les attributs corporels ou vestimentaires tout au long des métamorphoses présentées, colorées de noir, de blanc et de rouge. Impossible de rester insensible à cet audace tout au long de son cheminement. Pour ceux et celles qui veulent tracer une frontière sur l'identité sexuelle d'un homme ou d'une femme, il nous force à reconsidérer notre position de qui sommes-nous vraiment. À cet démonstration, j'ai été fort sensible et interpellé aussi.
Photo de Juanel Casseus
Après une pause fort appropriée, nous revenons dans la salle, reprendre notre place pour découvrir "Children of Chemistry" de Sébastien Provencher avec Miguel Anguiano, Jean-Benoit Labrecque, Louis-Elyan Martin, Alexandre Martin et Simon Renaud. De mon côté, je redécouvrais cette oeuvre que j'avais vu sur une scène extérieure, il y a un peu plus d'un an au Festival Quartier-Danse. Avec des relents de souvenirs encore présents de cette chorégraphie sur l'identité sexuelle déclinée au pluriel, comme je l'avais écrit à l'époque, j'étais bien curieux de connaître dans quelle direction le chorégraphe avait fait évoluer son propos pour cette présentation en salle. Il est facile de constater que dans cette version actualisée et bonifiée, la trame de base est conservée, mais que le propos lui s'est développé et est rendu encore plus audacieusement.
Photo de Justine Latour
Nous avons d'abord droit à une entrée en la matière toute empreinte d'un doux immobilisme avec les cinq interprètes habillés différemment de blanc et de beige. Les différences sont notables mais seulement pour celui et celle qui y porte attention. L'affirmation de chacun se fait doucement, en harmonie d'abord, mais peu à peu ils se désolidarisent et se particularisent. La suite montre sur un tableau "Cat walk", les différents aspects de nos personnalités, avouées ou non, jusqu'au dévoilement total de ce que nous sommes. Il y a aussi cette masculinité, qui s'exprime par la compétition et l'émulation dans le groupe. Au final, de ces différences, de nos différences d'homme, il en reste un aspect commun de la nature toute autant masculine qu'humaine que le chorégraphe nous transpose fort bien dans le dernier tableau. Un Big Bang initial qui nous amène inévitablement à un Big Crunch dans lequel les différences s'amalgament.
Voilà deux propositions danse audacieuses qui permettent aux spectateurs qui sauront faire les pas devant de se faire rappeler que les différences et les similitudes ne sont pas seulement celles que les chromosomes nous donnent. Et que nos attributs masculins ne sont qu'un aspect de ce que nous sommes, fondamentalement. Et quiconque en doute, devrait assister à la "Fluidité des genres".
samedi 1 octobre 2016
Sur mes pas de danse, de beaux pas très prometteurs en Danses Buissonnières
Décidément, les premières propositions en danse contemporaine de cette saison sur nos scènes présentent des oeuvres de femmes avec des femmes sur scène. Danses Buissonnières ne fait pas exception, malgré que ...... Manuel Shink, avec sa création, une des six oeuvres au programme rend l'affirmation partiellement vraie, mais, j'y reviendrai.
Rappelons que Danses Buissonnières que Tangente nous propose à chaque année, permet à de jeunes chorégraphes de présenter une oeuvre de dix minutes maximum. De tout horizon, ces jeunes créateurs sont choisis par un jury de pairs. Mes pas m'ayant conduit au Monument-National quelque peu avant le temps, une discussion intéressante, mais surtout instructive avec Dena Davida, m'a permis de comprendre l'un des aspects qu'elle appréciait le plus des oeuvres qu'on lui présente et qui est l'authenticité. Terme qui peut être difficile à définir, mais qui, une fois devant nous, se perçoit très bien. Il semble que cette année encore, le jury ait eu la même vision, parce que les six oeuvres choisies irradiaient d'authenticité, et cela, c'est aussi ma perception. Et ces moments, je les ai bien aimés et surtout bien appréciés.
En entrée de jeu, nous découvrons "Struwwelpeter" qui peut être traduit de l'allemand par Pierre l'ébourrifé avec et de Ariane Dessaulles. L'image que vous pourriez en avoir est probablement juste, parce que du personnage qui se présente à nous, porte un masque avec des bandes de tissu qui se dirigent dans toutes les directions. Chacun pourra y voir les symboles qu'il voudra, mais moi sans aucune difficulté, ce personnage était au centre de son environnement avec tous les impératifs de joie de peine et, surtout, de nombreuses contraintes dans lequel elle devait évoluer. Et de ce masque porté, l'obligation de ne pas se dévoiler. Ouf !, tellement vrai pour certain ou certaine que je cotoie. La vie en dix minutes, voilà ce que Ariane Dessaulles nous propose.
Suit, "Selk" d'Eryn Tempest, récente graduée du programme de danse de l'Université de Concordia, qui nous propose une oeuvre classique dans laquelle les mouvements s'incarnent éloquents dans le corps dans une suite de mouvements loin de nous. Au moment qu'elle s'approche de nous et de moi en première rangée, les lumières s'éteignent. Voilà une fin particulièrement bien réussie !
En fin de première partie, Manuel Shink nous propose "Hors d'oeuvre" dont le titre est tout aussi ambigu que le personnage qui se présente à nous. Devrions nous être surpris, puisque de la courte présentation, nous étions avertis, "D'un point de vue queer, le principe de non-binarité du genre célèbre la diversité...". La présentation de cet homme gracieux et tout barbu était d'une grande clareté et de la tentation de classer, j'en suis ressorti avec une grande prudence. La vie n'est pas simple et les êtres humains qui l'occupent encore moins, j'en suis averti.
Pause réflexive d'une quinzaine de minutes.
Sur scène, nous apparaît, "Rainblow" et Geneviève Jean-Bindley avec un personnage féminin qui a tout du conte par son habillement. Mais, vite la réalité maladive semble s'imposer. Rien ne semble simple et tout autant ses gestes que ses mimiques et la mise en cases, nous le démontrent. J'en suis touché et pour cela merci !
"Who cares" de Virginie Desroches suit avec deux femmes ( Claire Jeannot et Myriam Foisy que je revoyais avec grand plaisir) qui devront faire un bout de chemin ensemble. Rien de facile, leurs gestes le montrent bien, mais peut-il en être autrement ? Et comme l'indique le feuillet de présentation, "Digérées d'un compromis insatisfaisant elles finiront." Mais nous, nous ne serons pas insatisfaits.
La soirée se termine avec une surprise. Nous devons nous lever de notre siège et entourer la scène sur laquelle se retrouverons les six interprètes (Julie Robert, Stefania Skoryna, Catherine Dagenais-Savard, Camille Gachot, Audray Julien et Myriam Foisy) sur la chorégraphie de Lorraine Albert et Julie Robert. On nous demande de nous déplacer tout au long de ce dix minutes et nombreux sont les spectateurs qui respecteront cettre demande, mais pas moi. Pour me permettre d'apprécier de la tête, il faut que mes pas soient immobiles et ils le seront. Je ne saurais dire ce que j'ai manqué, mais de ma perspective immobile, ces interprètes ont mis en gestes les verbes que la voix projetée m'est parvenue. "Movement in serra- 3rd movement" de ce collectif ephfem s'est incarné et a conclu une très belle soirée.
Plein de noms pris en note et un retour à la maison tout à fait satisfait de ces "Danses Buissonnières" 2016.
Rappelons que Danses Buissonnières que Tangente nous propose à chaque année, permet à de jeunes chorégraphes de présenter une oeuvre de dix minutes maximum. De tout horizon, ces jeunes créateurs sont choisis par un jury de pairs. Mes pas m'ayant conduit au Monument-National quelque peu avant le temps, une discussion intéressante, mais surtout instructive avec Dena Davida, m'a permis de comprendre l'un des aspects qu'elle appréciait le plus des oeuvres qu'on lui présente et qui est l'authenticité. Terme qui peut être difficile à définir, mais qui, une fois devant nous, se perçoit très bien. Il semble que cette année encore, le jury ait eu la même vision, parce que les six oeuvres choisies irradiaient d'authenticité, et cela, c'est aussi ma perception. Et ces moments, je les ai bien aimés et surtout bien appréciés.
En entrée de jeu, nous découvrons "Struwwelpeter" qui peut être traduit de l'allemand par Pierre l'ébourrifé avec et de Ariane Dessaulles. L'image que vous pourriez en avoir est probablement juste, parce que du personnage qui se présente à nous, porte un masque avec des bandes de tissu qui se dirigent dans toutes les directions. Chacun pourra y voir les symboles qu'il voudra, mais moi sans aucune difficulté, ce personnage était au centre de son environnement avec tous les impératifs de joie de peine et, surtout, de nombreuses contraintes dans lequel elle devait évoluer. Et de ce masque porté, l'obligation de ne pas se dévoiler. Ouf !, tellement vrai pour certain ou certaine que je cotoie. La vie en dix minutes, voilà ce que Ariane Dessaulles nous propose.
Suit, "Selk" d'Eryn Tempest, récente graduée du programme de danse de l'Université de Concordia, qui nous propose une oeuvre classique dans laquelle les mouvements s'incarnent éloquents dans le corps dans une suite de mouvements loin de nous. Au moment qu'elle s'approche de nous et de moi en première rangée, les lumières s'éteignent. Voilà une fin particulièrement bien réussie !
En fin de première partie, Manuel Shink nous propose "Hors d'oeuvre" dont le titre est tout aussi ambigu que le personnage qui se présente à nous. Devrions nous être surpris, puisque de la courte présentation, nous étions avertis, "D'un point de vue queer, le principe de non-binarité du genre célèbre la diversité...". La présentation de cet homme gracieux et tout barbu était d'une grande clareté et de la tentation de classer, j'en suis ressorti avec une grande prudence. La vie n'est pas simple et les êtres humains qui l'occupent encore moins, j'en suis averti.
Pause réflexive d'une quinzaine de minutes.
Sur scène, nous apparaît, "Rainblow" et Geneviève Jean-Bindley avec un personnage féminin qui a tout du conte par son habillement. Mais, vite la réalité maladive semble s'imposer. Rien ne semble simple et tout autant ses gestes que ses mimiques et la mise en cases, nous le démontrent. J'en suis touché et pour cela merci !
"Who cares" de Virginie Desroches suit avec deux femmes ( Claire Jeannot et Myriam Foisy que je revoyais avec grand plaisir) qui devront faire un bout de chemin ensemble. Rien de facile, leurs gestes le montrent bien, mais peut-il en être autrement ? Et comme l'indique le feuillet de présentation, "Digérées d'un compromis insatisfaisant elles finiront." Mais nous, nous ne serons pas insatisfaits.
La soirée se termine avec une surprise. Nous devons nous lever de notre siège et entourer la scène sur laquelle se retrouverons les six interprètes (Julie Robert, Stefania Skoryna, Catherine Dagenais-Savard, Camille Gachot, Audray Julien et Myriam Foisy) sur la chorégraphie de Lorraine Albert et Julie Robert. On nous demande de nous déplacer tout au long de ce dix minutes et nombreux sont les spectateurs qui respecteront cettre demande, mais pas moi. Pour me permettre d'apprécier de la tête, il faut que mes pas soient immobiles et ils le seront. Je ne saurais dire ce que j'ai manqué, mais de ma perspective immobile, ces interprètes ont mis en gestes les verbes que la voix projetée m'est parvenue. "Movement in serra- 3rd movement" de ce collectif ephfem s'est incarné et a conclu une très belle soirée.
Plein de noms pris en note et un retour à la maison tout à fait satisfait de ces "Danses Buissonnières" 2016.
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