C'est par un début d'un beau samedi après midi que mes pas me portent jusqu'en face du Café Campus, rue Prince Arthur pour découvrir "Tout près du souffle". Cette proposition "urbaine" en deux temps est le résultat de la collaboration de l'organisme "Les Escales Improbables de Montréal", de Louise Bédard Danse et pour cette présentation, du Choeur du Brouhaha.
Quelque peu en repli des activités de la foire du boulevard St-Laurent, avec la "vie urbaine" toute active autour, je trouve le lieu de présentation. Il ne me reste qu'à trouver ma place avec tout près, le choeur et les deux interprètes de "pierres brûlantes", Gabrielle Surprenant-Lacasse et Nicolas Patry en mode attente. Bien guidé (par Louise Bédard, elle même), je la trouve, ma place !
Tirée du site de Louise Bédard danse
À l'heure prévue, les voix de la vingtaine de choristes se font peu à peu entendre, suivies par les gestes fort solennels de cette femme et de cet homme dont on remarque les tabliers. Et pendant les dix prochaines minutes, ils "mettent la table" à leur histoire. Parce que moi je ce que j'ai vu par la suite, c'est leur histoire en quatre temps durant lesquels, les voix appuient le propos. Cette histoire se déplace dans l'espace, comme le chœur, ce qui nous demande d'adopter une perspective différente. Parce qu'une fois le tablier enlevé, les pierres prennent place avec leurs propos contradictoires de "oui" et de "non". Tout autour la vie continue, les passants passent, mais aussi s'arrêtent, parfois intrigués ! Il me semble que pour moi, en fin de parcours que lui et elle qui se cherchent, comme un couple vivant leurs difficultés, mais au final, tout se finit bien et qu'ils se retrouvent.
Pas besoin d'être fin observateur pour constater que cette oeuvre présentée en pleine "ville", demande un effort certain aux interprètes, surtout, mais aussi aux spectateurs pour garder le focus sur l'oeuvre pendant que l'activité urbaine se fait fort active tout autour. Bravo à vous choristes et interprètes, les applaudissements vous sont fort bien mérités !
Pause d'une quarantaine de minutes avant la deuxième partie, le temps de partir à la recherche d'un café qui m'a été préparé par une ancienne étudiante de mon Collège ! C'est donc café en main que je reviens prendre place dans l'espace de présentation tout vide. Et puis peu à peu l'espace se garnit et le chœur et les interprètes reviennent.
Un peu de mise en place pour eux est nécessaire pendant que moi, je tergiverse sur le meilleur endroit à prendre. Et je la trouve ma place, pour la première partie parce que comme pour la première oeuvre, il faudra se déplacer pour suivre ! C'était ma deuxième fois pour "Les mains froissées" avec Marylin Daoust et Gabrielle Surprenant-Lacasse, la fois précédente était il y presque exactement un an (le 30 août 2018). Cette fois, deux différences marquées, c'était en plein jour plutôt qu'à la brunante et les deux interprètes étaient accompagnées par une chorale, plutôt qu'une bande musicale. Si le contexte de présentation est différent, ma perspective et mon interprétation de l'oeuvre restent sensiblement identiques. Donc, ces deux femmes, toutes voiles blanches déployées, prennent leur envol portées par le souffle du chant. Le voile qui devient voile pour disparaître et laisser leurs cheveux tout au vent. Et ce sont leurs corps qui se font voile et qui s'envolent, cheveux tout au vent. C'est à un voyage que je me sens invité avec des mouvements, signés Louise Bédard. Et ce voyage nous amène dans une vie riche de sa quotidienneté toute routinière, illustrée ici par des cadres de bois. Mais comble de surprise, de cette apparente tranquillité, nous arrive "de nulle part" une voix (celle d'une des choristes) qui me touche profondément, tel un appel. Comme quoi dans la vie, il faut se méfier des eaux qui dorment, comme de la routine et qu'il faut rester éveillé, parce que l'appel d'un nouveau départ peut nous arriver sans que l'on s'y attende !
Une fois les applaudissements eux aussi envolés, le moment de mon départ est arrivé et celui des bilans aussi. Présenter de la danse dans un espace public et fort achalandé recèle son lot d'écueils, tels les bruits ambiants parfois fort sonores, les distractions de ces passants qui décident de "passer" leur chemin sans arrêter ou de ce vent insensible à la teneur de l'oeuvre. Il en reste que ce type d'initiative permet d'aller à la rencontre du plus grand nombre dont certain.es ont été captivé.es. De cela, je peux en témoigner. Et d'autres pourront en profiter les 7 et 14 septembre prochains, au même endroit avec un chœur différent, soit celui "du Plateau" !
Aucun message portant le libellé Les mains froissées. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Les mains froissées. Afficher tous les messages
dimanche 1 septembre 2019
jeudi 30 août 2018
Sur mes pas en danse: Un programme triple qui occupe fort bien une soirée de ma saison estivale de danse, première partie.
Bien alignées dans mon agenda en cette soirée de fin août, trois propositions danse qui font que les pas du spectateurs ont bien profité de son entrainement de coureur et voici pourquoi. La première oeuvre au programme était présentée rue Prince-Arthur à 18h00. Elle était suivie par une autre à l'édifice Wilder à 19h00, mais avec la "petite" contrainte qu'il y avait un nombre de places limitées avec le corollaire des "premiers arrivés-premiers servis". Et pour finir la soirée, une autre proposition sur Prince-Arthur à 20h00. Et pour rallier chacun des lieux de présentation, mes pas !
Au final, je peux dire mission accomplie, parce que à part la première oeuvre au programme, de laquelle j'ai du m'esquiver un peu avant la fin, j'ai tout vu. Voici donc ce que je retiens de cette soirée fort bien occupée, mais surtout très réussie.
C'est une fois, les forts vents revenus plus calmes et avec les signes tangibles de leurs passages que je me dirige rue Prince-Arthur. En effet, passant dans le Carré St-Louis, je constate que les victimes sylvestres sont nombreuses et de bonne taille. Rendu au lieu de prestation, Louise Bédard et ses interprètes (Marilyn Daoust, Jason Martin, James Phillips, Gabrielle Surprenant-Lacasse) se préparent pour la présentation de "Vu-Vibrations urbaines". Les nombreux accessoires ont "subi" la grosse averse, mais "the show must go on". À quelques minutes du début de la présentation, tout à côté, un moteur fort bruyant se fait encore entendre. La question du moment est, se taira-t-il à temps ? Un autre exemple des "plaisirs" de "performer" in situ en milieu urbain ! Mais cette angoisse se dissipe quelques instants avant de débuter, avec l'arrêt du moteur.
Cette oeuvre, je l'avais déjà vu l'an dernier Place de la Gare-Jean-Talon, mais contrairement à l'an dernier, l'endroit, cette année, était assez peu pourvu de spectateurs en "lever de rideau". Difficile de distinguer le début de la présentation d'avec la fin de la mise en place, mais avec les interprètes qui investissent la place, les passants ralentissent leur marche, intrigués et plusieurs s'arrêtent et le tout autour se remplit comme par enchantement. Nous découvrons ou nous redécouvrons une oeuvre aux milles perspectives, habités par des personnages qui interagissent dans une mission aux allures fort mystérieuses qui souvent tourne autour ou dedans une boîte de bois, au milieu de la place. En début de présentation, je suis intrigué par la nature des tâches, mais peu à peu, seuls les mouvements deviennent le centre de mon intérêt. Impossible de ne pas apprécier l'ampleur des gestes et la volatilité des mouvements, accentuées dans nos perceptions par le vent, quelque fois fort qui balaye la place. La trame musicale enrichit fort bien les mouvements.
Et comme l'an dernier, j'ai pu constater que la magie a encore opéré auprès des enfants, fort attentifs et sages, comme pour les adultes qui les accompagnent. Rendu au moment auquel les deux interprètes féminines endossaient leur robe noire, moi, je devais remettre mes souliers de marcheur pour me rendre à ma prochaine destination, le studio 2 de l'École de danse contemporaine de Montréal, au Wilder, pour assister à la présentation du résultat du Laboratoire de création Fly 2018. Sur ces moments, je reviendrai dans un autre texte. La présentation terminée, les nombreux et très mérités applaudissements envolés, mes pas se remettent en marche, de retour en ce début de nuit, rue Prince-Arthur pour découvrir Les mains froissées" la plus récente exploration chorégraphique de Louise Bédard qui est un duo interprété par Marilyn Daoust et Gabrielle Surprenant-Lacasse.
Photo de Claudia Chan Tak
À mon arrivée, la place est calme et les deux interprètes, tout de blanc vêtues, se "réchauffent". Moi, sous les bons conseils de la chorégraphe, je prends place "côté sud-est" du lieu de la prestation à venir. Impossible de ne pas remarquer les cadres en bois, à mes pieds, qui délimitent le lieu de prestation et cette boîte en bois plus loin, avec des tissus blancs qui y sont contenues. Des "poussières" après vingt heures, les deux interprètes se mettent en mouvement accompagnées par une trame sonore qui colorent l'obscurité. Elle le fera par intermittence jusqu'à la fin de la présentation. Arrivent peu à peu les spectateurs avec une faune urbaine nocturne qui se fait de plus en plus présente, tout autour. Le tout débute avec une prise de possession de l'espace et de notre attention par les deux interprètes. Elles évoluent en maniant les tissus, les transformant, en voiles et en oiseaux, les mettant sur leurs épaules aussi. Les gestes portés par des vêtements blancs sur un pavé sombre en début de nuit occupent fort bien le lieu et rend le contraste fort intéressant. La suite, nous montrera, entre autres, des rencontres avec des spectateurs hors du cadre, une utilisation de ces cadres qui seront maniées de différentes façons pour accompagner les gestes et les mouvements. Le tout se termine une quarantaine de minutes plus tard avec les cadres de bois étalés par terre au milieu de la place. Je partage la présentation faite par la chorégraphe de son oeuvre, "Les danseuses Marilyn Daoust et Gabrielle Surprenant-Lacasse confèrent à de simples cadres une portée singulière. L’éclat et la fraîcheur d’un tableau vivant", sur fond de nuit est d'un effet d'autant plus particulier.
Ces moments m'ont permis aussi d'apprécier la force de ces interprètes à tenir compte des participants imprévus qui surgissent sur le lieu de présentation et de ne pas perdre le focus. Les défis du "in situ", loin de la scène sont bien montrés. Je m'en voudrais de ne pas mentionner, en terminant, le nombre, mais surtout la qualité des propositions chorégraphiques présentées sur "Prince-Arthur" gracieuseté de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal tout au long de la saison estivale.
Au final, je peux dire mission accomplie, parce que à part la première oeuvre au programme, de laquelle j'ai du m'esquiver un peu avant la fin, j'ai tout vu. Voici donc ce que je retiens de cette soirée fort bien occupée, mais surtout très réussie.
C'est une fois, les forts vents revenus plus calmes et avec les signes tangibles de leurs passages que je me dirige rue Prince-Arthur. En effet, passant dans le Carré St-Louis, je constate que les victimes sylvestres sont nombreuses et de bonne taille. Rendu au lieu de prestation, Louise Bédard et ses interprètes (Marilyn Daoust, Jason Martin, James Phillips, Gabrielle Surprenant-Lacasse) se préparent pour la présentation de "Vu-Vibrations urbaines". Les nombreux accessoires ont "subi" la grosse averse, mais "the show must go on". À quelques minutes du début de la présentation, tout à côté, un moteur fort bruyant se fait encore entendre. La question du moment est, se taira-t-il à temps ? Un autre exemple des "plaisirs" de "performer" in situ en milieu urbain ! Mais cette angoisse se dissipe quelques instants avant de débuter, avec l'arrêt du moteur.
Cette oeuvre, je l'avais déjà vu l'an dernier Place de la Gare-Jean-Talon, mais contrairement à l'an dernier, l'endroit, cette année, était assez peu pourvu de spectateurs en "lever de rideau". Difficile de distinguer le début de la présentation d'avec la fin de la mise en place, mais avec les interprètes qui investissent la place, les passants ralentissent leur marche, intrigués et plusieurs s'arrêtent et le tout autour se remplit comme par enchantement. Nous découvrons ou nous redécouvrons une oeuvre aux milles perspectives, habités par des personnages qui interagissent dans une mission aux allures fort mystérieuses qui souvent tourne autour ou dedans une boîte de bois, au milieu de la place. En début de présentation, je suis intrigué par la nature des tâches, mais peu à peu, seuls les mouvements deviennent le centre de mon intérêt. Impossible de ne pas apprécier l'ampleur des gestes et la volatilité des mouvements, accentuées dans nos perceptions par le vent, quelque fois fort qui balaye la place. La trame musicale enrichit fort bien les mouvements.
Et comme l'an dernier, j'ai pu constater que la magie a encore opéré auprès des enfants, fort attentifs et sages, comme pour les adultes qui les accompagnent. Rendu au moment auquel les deux interprètes féminines endossaient leur robe noire, moi, je devais remettre mes souliers de marcheur pour me rendre à ma prochaine destination, le studio 2 de l'École de danse contemporaine de Montréal, au Wilder, pour assister à la présentation du résultat du Laboratoire de création Fly 2018. Sur ces moments, je reviendrai dans un autre texte. La présentation terminée, les nombreux et très mérités applaudissements envolés, mes pas se remettent en marche, de retour en ce début de nuit, rue Prince-Arthur pour découvrir Les mains froissées" la plus récente exploration chorégraphique de Louise Bédard qui est un duo interprété par Marilyn Daoust et Gabrielle Surprenant-Lacasse.
Photo de Claudia Chan Tak
À mon arrivée, la place est calme et les deux interprètes, tout de blanc vêtues, se "réchauffent". Moi, sous les bons conseils de la chorégraphe, je prends place "côté sud-est" du lieu de la prestation à venir. Impossible de ne pas remarquer les cadres en bois, à mes pieds, qui délimitent le lieu de prestation et cette boîte en bois plus loin, avec des tissus blancs qui y sont contenues. Des "poussières" après vingt heures, les deux interprètes se mettent en mouvement accompagnées par une trame sonore qui colorent l'obscurité. Elle le fera par intermittence jusqu'à la fin de la présentation. Arrivent peu à peu les spectateurs avec une faune urbaine nocturne qui se fait de plus en plus présente, tout autour. Le tout débute avec une prise de possession de l'espace et de notre attention par les deux interprètes. Elles évoluent en maniant les tissus, les transformant, en voiles et en oiseaux, les mettant sur leurs épaules aussi. Les gestes portés par des vêtements blancs sur un pavé sombre en début de nuit occupent fort bien le lieu et rend le contraste fort intéressant. La suite, nous montrera, entre autres, des rencontres avec des spectateurs hors du cadre, une utilisation de ces cadres qui seront maniées de différentes façons pour accompagner les gestes et les mouvements. Le tout se termine une quarantaine de minutes plus tard avec les cadres de bois étalés par terre au milieu de la place. Je partage la présentation faite par la chorégraphe de son oeuvre, "Les danseuses Marilyn Daoust et Gabrielle Surprenant-Lacasse confèrent à de simples cadres une portée singulière. L’éclat et la fraîcheur d’un tableau vivant", sur fond de nuit est d'un effet d'autant plus particulier.
Ces moments m'ont permis aussi d'apprécier la force de ces interprètes à tenir compte des participants imprévus qui surgissent sur le lieu de présentation et de ne pas perdre le focus. Les défis du "in situ", loin de la scène sont bien montrés. Je m'en voudrais de ne pas mentionner, en terminant, le nombre, mais surtout la qualité des propositions chorégraphiques présentées sur "Prince-Arthur" gracieuseté de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal tout au long de la saison estivale.
S'abonner à :
Messages (Atom)


