lundi 19 juin 2017

Sur mes pas au Fringe à la rencontre de Véronick Raymond : "inVitro"

Chère Véronick, tu me permettras d'abord de te tutoyer et de t'appeler par ton prénom, parce que de cette rencontre avec toi, je me suis senti proche de toi. Donc, de notre rencontre dans la salle du MAI, toi sur la scène et moi, parmi une salle comble et comblée, j'en suis ressorti différent et aussi, je te réserve la surprise plus tard, tu m'as fait changer d'opinion.  Mais tu sais, notre rencontre a passé proche de ne pas avoir lieu. Il fallait d'abord que le tirage au sort (qui détermine de la programmation du Fringe) te soit favorable. De plus, comme je ne suis pas ton fil FB, je ne savais pas en partant de la maison qu'il ne restait que 6 billets pour cette dernière représentation. Mais, ouf ! en arrivant, il en restait trois et après mon passage, un seul. Parce que pour cette dernière soirée du Fringe, je me suis fait accompagner par ma blonde, une première pour elle, à cette édition du festival et je peux te dire qu'elle aussi a fortement apprécié cette rencontre avec toi.


                                                 Image tirée du programme de la soirée du Fringe

Trève de présentation et plongeons dans le vif du propos. Tu nous proposes un réquisitoire tout aussi senti qu'intelligent sur la posture féminine (ta posture personnelle aussi, mais pas seulement) sur la fécondation invitro et d'autres aspects qui y sont associés. Aussi, sur le choix des femmes (et des hommes) d'avoir ou ne pas avoir d'enfants et quand. D'affirmer, que pour toi, femme n'est pas synonyme de maternité.

Ainsi donc, lorsque tu choisis de passer à l'acte (d'enfanter), les choses ne se sont pas faites en criant ciseau, bien au contraire. Tu nous présentes la situation actuelle de la fertilité des femmes et des hommes et comment elle a dramatiquement diminué depuis les dernières années. Pas besoin d'être devin pour savoir que cela résultera dans les prochaines années en un problème, sinon un drame, de santé publique. Tu m'as tellement bien aussi présenté, avec une logique implacable, l'infertilité comme un handicap (comme bien d'autres) et avec tes exemples, impossible de ne pas être d'accord. Donc, en ce sens, moi qui étais d'accord avec la décision gouvernementale de sabrer dans les budgets pour la fertilisation, et bien, j'ai changé mon fusil d'épaule et je suis prêt à aller au front pour cette cause.

Tu nous as parlé de la façon que le système médical et les spécialistes te considéraient, "impersonnellement"  et cela m'a déçu. Cela me ramène plus de trente ans en arrière, dans un autre type de service hospitalier. Mais nous, c'était il y a longtemps et je pensais que les choses avaient changé. Il faut croire qu'il faudra aller faire et refaire ta prestation dans les écoles de médecine ou dans des séances de "perfectionnement" de spécialistes. Certains en ont grandement besoin.

Tu nous as parlé des statistiques et de leur côté impitoyable. Donc, en utilisant le maximum d'informations pertinentes disponibles, tu as pu influencer le cours de tes traitements et aussi nous a démontré que les spécialistes (ceux que tu as rencontrés, à tout le moins) ont une vue à très courte distance de leur spécialité et que la dimension globale des femmes n'est pas dans leur lorgnette, ni dans leurs préoccupations. Parfois, mais trop souvent, ils se comportent comme de vrais travailleurs à la chaîne qui agissent mécaniquement, sans "regarder" la personne devant eux et qui surtout ne se requestionnent pas sur leur pratique.

Tu nous as laissé sur ton espoir en tes projets, provoquant réflexions et yeux mouillés autour de moi (et des miens aussi, je te l'avoue). Comme tu nous l'annonces au début, ta pièce est en gestation et elle reviendra sur une scène. Je l'espère fortement et je serai attentif pour y revenir accompagné par un plus grand nombre de personnes. Entretemps, fais, attention à toi et merci beaucoup !

samedi 17 juin 2017

Sur mes pas au théâtre du Fringe: "J'suis jamais malade en été d'habitude", mais moi très touché !

La journée était bien remplie, mais lorsque la proposition m'est parvenue, je n'ai pas pu résister et je m'y suis rendu en ce début de samedi après-midi. Ainsi donc, j'allais faire la connaissance de Patricia Rivas dans sa pièce autobiographique, " J'suis jamais malade en été d'habitude". Pour mieux comprendre, il faut savoir qu'elle est atteinte de la sclérose en plaques, mais soyez rassurés, ce furent de très beaux moments que j'ai vécus avec ses propos sincères, drôles, intimes, parfois tout colorés de candeur que j'ai entendu et d'autres choses que je n'ai pas entendu. Sur ces dernières, j'y reviendrai à la fin d'autant qu'elles rendent cette pièce encore plus intéressante.

                                              Tiré du site du Fringe

Donc, en début de présentation, la scène est vide, sauf une chaise et quelques accessoires, il me semble ! L'accueil d'usage pré-enregistré de la grande patronne du Fringe fait, les lumières s'éteignent et arrive Patricia Rivas sur scène. C'est toute jeune et belle femme. Elle a dans ses mains un cahier, qui, nous le découvrirons, est son journal personnel et qu'elle nous lira durant différents tableaux relatant les différents épisodes depuis ses premiers symptômes jusqu'à aujourd'hui, six ans plus tard.

Tout au long de son tête à tête avec nous, elle nous raconte sur un ton direct et tellement sincère, comme si elle ne parlait qu'à chacun de nous individuellement, son deuxième appel à la ligne "Info santé", surmontant ses craintes, suite à son premier appel durant lequel une infirmière, au bout de la ligne, fait un lien entre un brossage de dents et des vaginites à répétition, entre autres. Deuxième appel fort mieux réussi qui l'entraîne dans une série de rencontre avec des médecins spécialistes, dont ce jeune médecin tout aussi attentif que d'apparence lunatique et ce spécialiste, "Kool Daddy" (plutôt que cool daddy, puisque hot dog rime avec ketchup) et sa cour (d'élèves internes) qui ose se prononcer sur un diagnostique. Arrivera l'épisode de l'annonce et celui qui se termine par "fuck !" Nous le vivons avec elle. Il aura aussi l'annonce au chum qui m'a tiré, je l'avoue, quelques larmes de tristesse et d'admiration. Il y aura aussi ce que les autres savent ou ne savent pas bien dire suite à l'annonce. Son cheminement nous le suivons bien et j'aurais bien voulu la prendre dans mes bras pour l'aider. Elle nous présente sa situation aujourd'hui, avec son épée de Damocles sur la tête, mais avec une force de vie qui irradie son début de trentaine.

Et enfin ce que je n'ai pas entendu, tout au long de ces tableaux et qui pour moi, rehausse l'estime que j'ai pour elle. "Je ne mérite pas cela" ou "La vie est injuste" sont absents du propos de cette jeune femme fort lucide des aléas de cette vie qui n'a de cure de nous individuellement.

En terminant, l'amateur de danse que je suis a un souhait. Il me semble que cette présentation pourrait être enrichie par des transitions de danse. Il me semble que par des mouvements, je pourrais être entraîné d'un tableau à l'autre.

Au final, voilà une oeuvre qui nous permet de l'intérieur, par le témoignage direct et rafraichissant d'une jeune femme, de mieux comprendre ce que peuvent vivre les victimes de saloperie de maladie. Merci Patricia et j'espère te revoir plus tard sur une autre scène. Et cette fois, j'y viendrai accompagné, promis !

vendredi 16 juin 2017

Sur mes pas en danse au Fringe: "L'imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie"

À cette proposition, on m'y a convié et je l'ai accepté. De toute façon, j'avais promis que la prochaine oeuvre de Johanne Gour j'y serais, j'avais raté la précédente. Profitons de cette entrée en la matière pour clarifier un point, mise au point, je vous rassure qui est faite et doit être prise sur un ton humoristique. Je ne vais pas voir tout ou presque tous les spectacles de danse. J'en vois quelqu'uns, OK plusieurs, mais j'en "échappe" trop, selon ma perspective et cela me désole. Fin de la mise au point.

Ainsi donc, c'est au Studio multimédia du Conservatoire que je me suis retrouvé pour découvrir "L'imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie" de Johanne Gour. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, déjà, le titre laisse entrevoir des horizons d'interprétation. Cette forme qui peut être prise à notre arrivée au monde, celle que nous développons volontairement ou non durant notre vie et celle aussi lorsque notre passage sur terre sera complété. C'est sur cette réflexion en ébullition que la porte s'ouvre et que j'entre dans la salle et que je m'installe en première rangée. La scène est vide, la chorégraphe est assise tout près de moi et derrière, j'entends le chuchottement des interprètes, les volutes de leurs discussion se rendant jusqu'à nous. Comme un avertissement (volontaire ou pas ?) de cette vie prête à prendre forme devant nous. Le message enregistré du Fringe se fait entendre et le tout commence.

                                             Photo tirée du site du Fringe

Arriveront d'abord graduellement huit interprètes (Alexandra Maclean, Ariane Pirela Sànchez, Lauren Buchardt, Cindie Cantet, Emmanuelle Martin, Mattew Brunel, Vicky Gélineau et Citlali Trevino). Ils nous proposeront, effectivement, leurs corps déclinés sous différentes formes. Ces corps seront seuls et inanimés. Ils seront aussi animés par des mouvements parfois frénétiques des bras et des pieds. Il y aura ce trio qui à tour de rôle s'appuient les uns sur les autres, là juste devant moi, mon moment préféré. Cette ballerine aux pas lourds, mais à la démarche légère qui s'affirme pendant que les autres autour s'activent. Elle reviendra plus tard par deux autres, comme quoi, la vie réserve des lendemains surprenants. Les gestes parfois surprennent, les voix aussi, comme la vie parfois peut nous réserver des surprises. Je sens le propos de cette chorégraphe. Arrivera aussi sur scène, une chanteuse (Marlène Drolet) qui telle une sirène illustre la dernière phrase de la présentation de l'oeuvre dans le feuillet, "Voyageurs du corps, empreints de poésie, tantôt réalistes, tantôt abstraits, toujours fidèles à l'être humain !" qui voguent sur les vagues de leurs destins, suis-je tenté d'ajouter !

De ces moments, j'en retiens une diversité qui s'exprime fort, que la différence peut être seule ou avec d'autres, que les corps et les voix (celles des interprètes) peuvent "dérailler" et se répéter, mais que la vie continue, peu importe. De ma réflexion sur le titre avant la présentation, j'en ai retrouvé quelques éléments, mais quelques autres qui l'ont élargi vers de nouveaux horizons. Et comme l'écrivait fort justement Marion Gerbier sur le site de DFdanse, " L’imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie est la dernière création collective de cette artiste plurielle, dont l’art lutte contre la maladie, le handicap ou toute forme d’obstacles entravant la vie et le geste." Cette intention nous la ressentons bien.

jeudi 15 juin 2017

Sur mes pas en danse au Fringe: "Femme fatale" riche de ses faiblesses

C'était noté à mon agenda, par conséquent à cette proposition de danse, une des deux seules de cette édition du Fringe, mes pas m'y ont amené. C'est donc, un peu avant 22h00, un mercredi soir que je me retrouvais au Studio Multimédia du Conservatoire. La foule est peu nombreuse et une fois la porte ouverte, la salle y gagnera en monde. Il faut néanmoins admettre que d'aller voir un spectacle de danse en fin de soirée de semaine, il n'y a que le Fringe que nous le propose !

                                            Photo tirée du site du Fringe

Au programme, "Femme fatale" chorégraphie de et avec Ariane Famelart (finissante 2016 de l'École de danse contemporaine de Montréal), accompagnée par Ariel Coulombe et Jonathan Gagné à la musique. À notre arrivée dans la salle, elle est déjà là, immobile en apparence timide et nous observant et surveillant la porte d'entrée. Une "Femme fatale" dans un cocon, tout prête à éclore, voilà l'image qui se présente à mes yeux. Elle garde sa place, mais tout en présence avec un chandail noir sur lequel est inscrit " I'm actualy a mermaid" (Je suis vraiment une sirène) avec des talons haut plutôt qu'une queue de poisson. Près d'elle, une paire de souliers à talon haut paré de bleu, comme le sont ses cheveux aussi, d'ailleurs. Plus loin, des instruments de musique semblent attendre.

Arrive le moment, la porte se referme, les musiciens (un guitariste et un percussionniste électronique) arrivent et cette "Femme fatale" enfile souliers et genouillières pour nous entraîner dans une série de courts tableaux. Comme il est possible de lire dans la présentation de l'oeuvre, " ... elle danse avec ses paradoxes et la musique live. Trente minutes pour être vraie, chercher à plaire, lâcher prise, être fabuleuse." Et moi de la première rangée, je l'ai bien ressentie par ses déséquilibres, par ses hésitations, par sa désarticulation, par ses déplacements et par ses mouvements athlétiques dans ses tentatives, de revêtir son rôle de femme fatale. Elle nous interpelle du regard, parfois de façon désespérée. Elle utilise toute la scène et elle met et retire ses souliers régulièrement. Dans ce tableau qui est mon coup de coeur, elle évolue avec un soulier au pied et un autre dans la main, moi, ce soulier, je l'aurais offert à un spectateur. Mais à cet aveu de défaite, elle ne s'y pas rendu. 

Le tout, trop court pour moi (30 minutes), se fait avec un accompagnement musical lourd et percussif, sans être trop perturbant, ni distrayant. Mais admettez, vaut mieux être trop court et inciter à une prochaine fois. Et j'y serai Ariane, promis !

lundi 12 juin 2017

Sur mes pas en chansons: Encore une fois chapeau "La horde vocale" !

Il serait intéressant de dénombrer le nombre de chorales qui se donnent voix et âmes à nous entraîner dans leur univers vocal. Juste moi, ces dernières semaines, j'ai eu le plaisir d'aller en apprécier quatre, tout en délaissant quelques-unes. La dernière en date, toute différente des autres (bon OK !, elles le sont toutes différentes, mais quand même!), "La Horde Vocale" est un orchestre a cappella. Pour la troisième fois, je me rends apprécier leur présentation annuelle, cette fois au Ciné-Théâtre Le Château.



Pause, impossible pour moi de ne pas avoir un brin de nostalgie en entrant dans cet endroit qui a été un des premiers cinémas que j'ai fréquenté dans mon adolescence dans le quartier "La Petite-Patrie" de Montréal, popularisé par l'écrivain Claude Jasmin dans le téléroman du même nom. "Cinéma" que je retrouve fort bien conservé.

Donc, bien accompagné et bien assis dans cette salle, nous attendons, rideaux fermés, que "Syncopes" commence. Et cela commence d'une façon fort imaginative (Jean-François Julien a le sens du spectacle, pas seulement celui du chant !), nous proposant une entrée "comme impromptue" dans leurs préparatifs.

Par la suite, la vingtaine d'interprètes nous entraînent dans leur interprétation d'une vingtaine de chansons de Claude Nougaro, surtout, et de l'univers musical de Michel Legrand. Moi, qui pensais connaître les chansons de Claude Nougaro, j'ai déchanté, mais au final, j'ai été enchanté par mes découvertes musicales. Mené rondement, ce tour de chant, permet d'apprécier,pour peu que l'on s'y attarde, de petits trésors. Je le rappelle, il n'y aucun accompagnement musical et pendant que les ténors et/ou les sopranos et/ou les basses soutiennent musicalement, les altos chantent et le tout se tient parfaitement. Dans cette grande salle, avec une amplification sonore limitée, le tout, d'une rangée du milieu de la salle, s'apprécie fort bien. Si j'ai bien apprécié l'interprétation des classiques, "Les moulins de mon coeur" et "Quand ça balance", j'ai été particulièrement séduit par la pièce "Toulouse"(Paroles Claude Nougaro, Musique Jacques Chevalier) qui nous amenait à tour de rôle sept solistes, un moment fort et surtout mémorable.

Je ne m'éterniserai pas sur la définition du mot "Syncope" qui est un "procédé rythmique qui consiste à démarrer un son sur la partie faible d'un temps et à le poursuivre sur la partie forte du temps suivant" (dixit le feuillet de la soirée), mais permettez moi de vous indiquer que ce procédé mis entre "les mains" fort habiles de Jean-François Julien produit des résultats qui ravit autant le coeur que les oreilles.

Un très bon moment musical qui démontre que talent et travail avec de la chanson française produit de tellement beaux résultats. Je me permets de rêver à ce que ce groupe nous propose à sa façon, un jour ou l'autre, les chansons de Jean-Pierre Ferland.

dimanche 11 juin 2017

Mes pas fûrent pas aussi nombreux que souhaités pour le FTA et le OFFTA, mais la dernière soirée (au OFFTA) a été tout à fait réussie. Au programme, "Quatuor pour la fin du Temps" mettant sur scène, pour l'interprétation musicale, le BOP, Ballet-Opéra-Pantomime (Hubert Tanguay-Labrosse, Julie Triquet,Valentin Bajou et Gaspard Tanguay-Labrosse), pour les "mouvements" Karina Champoux, Dave St-Pierre, Frédéric Tavernini et Anne Thériault (avec plusieurs autres "complices"), pour l'aspect visuel, Hubert Leduc-Villeneuve (éclairages) et Alex Huot (les projections vidéo).

                                         Photo tirée de La Presse et fournie par la compagnie BOP

Une sortie culturelle qui pourrait avoir tout du FTA, compte-tenu de la qualité des créateurs que de la salle de présentation, soit la Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau. Le public en avait aussi tous les airs. De ce bon coup de programmation de l'organisation du OFFTA, pas question de passer mon chemin. Quiconque aussi a vu, comme moi, le vidéo "Le bruit des bottes" de Yann Perreau sait déjà que Dave St-Pierre peut amener une oeuvre musicale à un autre niveau. Si en plus, il s'entoure de collègues fort talentueux, quoi ajouter.

C'est donc bien installé pas trop proche en plein milieu de la salle (une première pour moi !) que j'observe d'abord la salle se remplir et les lumières se fermer. Les instruments musicaux sont déjà sur la scène et il y a aussi une table recouverte de plastique semi-transparent.

Arrivent en toute simplicité, Anne Thériaut et Frédéric Tavernini qui nous présentent un duo dont les relations physiques, sont fortes, à la limite brutale et qui nous prépare à la "Fin du temps" à venir. Sans aucune musique, ils s'expriment l'un avec l'autre avec une intensité qui nous amène à leur dévoilement physique et tout intérieur avec une superbe finale de "body mapping" (cartographie du corps) qui nous montre quel feu brûle en eux. Entretemps, arrivent sur scène, les musiciens et un choeur de corps nus. Se glissent en toute discrétion, deux autres personnages qui resteront tapis dans le fond de la scène jusqu'à leur prestation respective. La musique débute et les corps (une vingtaine) débutent leurs mouvements en phase avec le propos et que c'est beau !!!  Ces corps repartiront en toute discrétion. S'en suivra d'autres tableaux dont un me rappelle celui que Dave St-Pierre avait présenté à son retour sur scène, peu après sa transplantation. Avec des moyens tout simples, il nous entraîne dans sa sortie du cocon jusqu'à son éclairement intérieur. Au propre comme au figuré, je me prends à espérer à ses prochaines créations.

Arrive enfin, le dévoilement de la boule de papier, se fait comme l'effleurage de la marguerite, mais en sens inverse, parce que ce personnage (Karina Champoux) nous livre en livre une longue et patiente version jusqu'à son éclosion. Nous en découvrirons le monde intérieur fort bouillonnant. Une fois cela fait, les musiciens ont déjà quitté et elle, à l'aveuglette, quitte très lentement la scène, d'abord et la salle ensuite. Question de dissiper toute ambiguité, les placiers ouvrent les portes de la salle et jamais nous ne pourront applaudir. Comme quoi, les choses, même bonnes, n'ont pas de fin ou une fin à la Dave St-Pierre puisque là sur le chemin de la sortie et dans le hall d'entrée, nous pouvions découvrir, un peu plus habillés et avec une boule de papier devant le visage, certains interprètes comme dans une haie d'honneur.

J'hésite quelque peu, mais pourquoi pas ! Dave lorsque tu te mets, avec tes collaborateurs, à me proposer ce type d'oeuvre, moi j'aime bien cela. Peut-être, suis-je trop conservateur, tu me le pardonneras, mais ta capacité à produire de si beaux tableaux, moi je ne m'en lasse pas.

samedi 10 juin 2017

Sur mes pas "scientifiques" au Festival Eureka.

Il est assez facile de situer dans l'histoire la première fois que le terme "Eureka" a été prononcé. L'histoire n'est peut-être pas vraie, mais tellement adorable que je me permets de vous la raconter. Archimède, quelques deux cents ans avec J-C, aurait trouvé dans sa baignoire la solution d'un problème qu'on lui aurait posé et tellement heureux d'avoir trouvé la solution, il se serait mis à courrir nu dans les rue en criant "Eureka" (qui en ancien grec, veut dire "j'ai trouvé"). Comme la pomme à Newton ou le serpent de Kékulé. qui sait  ?, mais si vous comptez parmi vos admirateurs Léonard de Vinci, pourquoi ne pas y croire, vous aussi.





Depuis, je ne saurais dire combien de fois, le mot a été repris, mais le grand-père que je suis l'a pensé d'abord, pour le dire dans une invitation à ses petits-fils, dans la phrase, vous voulez venir avec moi au Festival Euraka dans le Vieux-Port ? La culture j'y crois beaucoup et elle peut et doit être aussi scientifique. Et la réponse a été spontanément oui (le grand-père repense de nouveau Eureka !) et en ce samedi d'été (oui, oui de vrai été avec le soleil et un mercure qui se maintient au-dessus de 25 degrés), prenant l'autobus, nous nous dirigeons tous les cinq vers cette destination. Eureka est la grande fête des sciences et je peux vous assurer que cette occasion de célébration a attiré une foule nombreuse, très nombreuse même. Malgré la cinquantaine de kiosques et autres endroits d'animation sur l'esplanade du Vieux Port, la foule essentiellement familiale et très nombreuse rendait l'accès à certains endroits plus difficiles. Mais pas de problème, chacun pouvait y faire des découvertes et ce qui fût aussi notre cas. En voici quelques-unes, celles que nous avons faites, juste pour vous !

En début de visite, nous avons pu voir dans des microscopes (agrandis 400 fois), des globules blancs et des moissisures, en plus d'en apprendre un peu plus sur la raison des allergies de plus en plus fréquentes. Il y aura aussi, "Feu et fumée avec le simulateur" qui nous apprend comment réagir dans une pièce en feu. Une belle occasion de se pratiquer, presque pour vrai, offerte pour les plus jeunes et aussi les plus vieux. Et si comme moi, vous vous demandez comment on produit cette fumée inofensive, vous pourrez le demander et vous faire répondre que c'est de l'huile végétale qui est brûlée.

Il y aura aussi pour le grand-père, le kiosque "Les scientifines" qui nous demande d'associer une photo d'une grande scientifique canadienne plus ou moins contemporaine avec son nom et une brève description. Avec un peu de logique, à défaut de bien les connaître, je réussis un parcours presque sans faute. On se déplace vers le lieu d'une conférence sur le rêve, mais après quelques minutes fort intéressantes pour l'adulte que je suis, les jeunes gentiment demandent d'aller ailleurs et de pouvoir être plus actifs. Nous arrêtons au kiosque de MDA Corporation qui présente aux plus jeunes le système planétaire et moi j'ai la possibilité de parler avec une femme (mathématicienne) qui chaque jour "pilote" un satellite. Contrôler les fonctions utilitaires et aussi changer son orbite en fonction de débris spaciaux qu'il risque de rencontrer, sont quelques-unes de ses tâches. J'ai parlé à une vraie scientifique d'une compagnie privée qui participe aux missions spaciales et qui est accompagnée de trois collègues qui semblent tout aussi investis dans leur mission de faire découvrir la science au plus jeunes. En complément, elle m'indique qu'il n'y a pas d'astéroïdes qui menacent notre terre (rien de nouveau, c'est vrai !), mais que si la situation se présentait, la stratégie pour notre protection existe, en faisant tout simplement dévier l'objet menaçant. Bon, le danger de l'humanité ne viendra pas de l'espace. Viens grand-papa, je me fais dire et c'est vers le kiosque des Petits Débrouillards que nous nous rendons. Habilement dirigés, nous construisons un cube en bâtons et cure-pipes qui une fois trempé dans de l'eau savonneuse. ce cube produit des motifs de bulles particulièrement beaux et qui durent assez longtemps. Pour ce dernier point, j'apprends, qu'en plus du savon, il faut ajouter à l'eau de la fécule de maïs, information utile pour réutiliser les cubes à la maison.

Il y aura une pause culturelle sur la Scène Troubadour, qui nous permettra d'apprécier une artiste qui n'a pas peur du nombre de cerceaux à faire tourner et aussi cette performance toute belle et inspirante d'une artiste unijambiste. Pause sur une observation. Pendant la prestation, juste là à côté de moi, il me semble que c'est la ministre québécoise Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l'Innovation, toute seule en apparence. Bon OK, il aurait été facile de vérifier que cette femme qui se promène incognito dans la foule est bien elle en lui demandant, mais pas question. À défaut de cela, j'opte pour l'observation autour et "bingo", je trouve pas trop loin un homme fort attentif à ses déplacements et qui a une oreillette, donc son garde du corps. Le gouvernement du Québec subventionne cet évènement et je suis fort heureux que la ministre vienne vérifier sur place que notre argent est fort bien investi. Mais admettez qu'il peut être surprenant de savoir qu'une ministre peut se déplacer de cette façon (anonyme) dans une foule nombreuse. 

Retour à l'action et quelque peu curieux de ces objets volants tout là-bas, nous nous approchons. Il y aura un qui appréciera l'envol de ses vaisseaux confectionnés à partir de bouteilles de plastique grâce à de l'air comprimé. Un peu d'observation nous fait tous constater qu'un vaisseau fortement décoré n'ira pas haut, tandis que ceux plus sobrement habillés, iront fort haut et loin aussi. Riche de ces observations, l'autre veut faire son véhicule, par conséquent, c'est à deux que nous irons confectionner notre "engin spatial". Les matériaux sont peu nombreux (le kiosque est très populaire), mais suffisants pour faire la ligne jusqu'à la rampe de lancement et plein d'espoir avec une "fusée" dont on peut être fier. Et après des coups de pompe à air du grand-père, le lancement se fait et effectivement, le vaisseau fait un très beau parcours dans les airs, "high five !". 

Malgré tout le temps passe et arrive le moment du retour et c'est dans un autobus 55 (St-Laurent) qui fera moults détours que nous revenons heureux et fatigués de cette belle sortie. 

Les petits-fils sont heureux de leur sortie et le grand-père l'est tout autant, en espérant avoir semé une graine d'intérêt pour le domaine scientifique et qui sait, c'est peut-être un de mes petits-fils qui dirigera un satellite plus tard. Et en souhaitant aussi répéter cette excursion l'an prochain.