samedi 30 mars 2024

Sur mes pas à une autre soirée "100Lux" chez Tangente qui m'en a mis plein la vue !

 Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'aux portes de l'Espace Orange du Wilder pour la soirée "100Lux", je n'en étais pas à ma première fois à une expédition chorégraphique en danse urbaine. Sans rien vouloir divulgacher, chaque fois est comme une première fois avec l'émerveillement qui l'accompagne ! Mais prenons le temps de débuter ce retour par le début.

Informations prises pendant que j'attend avant d'entrer, la salle sera bien remplie pour cette deuxième soirée de représentation. Une fois en place à "mon" siège en première rangée, autour de moi, des gens du milieu, mais aussi d'autres et de bien jeune aussi. Tout au long de mon attente bien sage à ma place, je peux constater des rencontres, des salutations et des discussions ! Encore une fois, je constate que ce type de danse et ce type de soirée, rassemble une communauté qui semble être tissée serrée ! 

Le moment venu, Jaleesa «TEALEAF» Coligny, commissaire chez Tangente (et aussi artiste en streetdance) et Christina Paquette, co-directrice artistique et générale  de 100Lux (avec Axelle Munezero) prennent la parole pour les présentations d'usage et aussi pour nous indiquer le déroulement de la soirée.  Au programme, six présentations d'une dizaine de minutes chacune et qui seront, je le découvrirai plus tard, rondement menées !

Une fois ces présentations complétées, le lieu est plongé dans l'obscurité pour peu à peu nous révéler "Homebody" de et avec Kalliane «YOFI» Brémault. C'est une lente émergence de la "nuit" que ce corps nous présente avec de mon côté une attention "top niveau", ne voulant rien rater ! De celle qui se révèle, aux couleurs ambiantes toutes modulées, ses gestes semblent alimenter par des électrochocs et ce jusqu'à la révélation finale. Captivant, intense et surprenant, voilà ce que je propose comme qualificatifs pour cette première proposition qui ouvre en grand cette soirée !

                                            Crédit Pierre Tran fournie par Tangente

La courte pause terminée, nous "irons" ailleurs avec " Bamboo Ceiling" de et avec Melinda «MELOFUNK» Yeoh. Dans l'espace scénique est disposé en cercle des souliers devant et derrière un support avec des vêtements et un cadre fort utile pour la suite. Elle arrive devant nous hésitante et tout au long, j'y découvre le parcours et l'histoire de celle qui veut, mais qui hésite et qui aussi rayonne avec des gestes bien à elle. Une fois le tout complété, elle irradie et moi, je ressens une sympathie pour elle. La proposition de la soirée la plus théâtrale de la soirée et qui a aussi a réussi à me toucher !

Crédit Pierre Tran fournie par Tangente

La scène libérée des accessoires, il s'en suit "Paradigm Shift" de et avec Valmont «IGNITE» Harnois et Mukoma «JSTYLE» Nshinga.  Dès les premiers moments, j'y découvre la rencontre de deux entités lumineuses qui se rencontrent et qui interagissent avec une gestuelle aux mouvements secs qui me font dire intérieurement, "ouf "! Voilà une courte rencontre qui pour moi, laisse une marque !

                                            Crédit Vanessa Fortin fournie par Tangente

Et rapidement, s'en suit "A new fondation" de et avec Victoria «VICVERSA» Mackenzie et Anniina «AT» Sono Tikka. Rapidement autour de moi, ça "pétille" et ça réagit aux mouvements de chacune d'elles qui se relancent et qui se relaient. Je sens et je ressens l'échange entre elles jusqu'à la conclusion tout en mouvements doux et émouvants ! Je ne saurais dire, mais comme l'une des deux est manifestement enceinte, le tout prend une dimension particulière ! Dans la description, il était indiqué que "AT et Vic présentent une conversation entre le passé, le présent et l’avenir de leur vision de la rupture." Sachez, vous deux que je l'ai bien ressenti tout au long !

                                           Crédit Vanessa Fortin fournie par Tangente

Une fois installés les accessoires musicaux, débute, "Speakeasy" de et avec Mithra «MYTH» Rabel, accompagnée fort efficacement sur scène musicalement et en paroles par Samantha «SAM I AM» Montolla et Jason «BLACKBIRD» Selman. Des premiers pas, je suis effectivement entraîné dans ce qui est annoncé dans la description, soit, "Speakeasy transcende les limites de l’art et de la danse, invitant le public à plonger profondément dans l’essence de l’existence et de l’expression artistique, offrant ainsi une expérience captivante et émotionnelle." Et de son émergence de l'obscurité, suivi de tout son parcours jusqu'à sa "révélation" je reste captif. Je m'en voudrais de ne pas mentionner la puissance de son regard que je peux découvrir de mon siège en première rangée et qui me touche !

                                           Crédit Pierre Tran fournie par Tangente

La soirée se conclut avec "Vowcrea" de et avec Allanna Cave, Charles Lee Parks «KING CHARLES», Julian Lekeuche et Sarah Steben, accompagné.es sur scène par Eddie Martin  «PAUSE EDDIE» et Wesley Stewart. À cette proposition, riche en mouvements, je peux apprécier les mouvements qui se révèlent, se multiplient aussi. Le sens de communauté se révèle devant moi comme un feu d'artifices qui se déploie graduellement à différents endroits. Lorsque le corps et ses projections lumineuses amplifiées émergent, l'effet produit me rejoint parfaitement ! Je ressens fort bien tout au long le sens de la connexion d'une communauté qui communique !

                                           Crédit Denis Martin fournie par Tangente

Une fois le tout terminé et les applaudissements riches mérités, je reste pour la discussion d'après représentation. Moments chéris pour moi et qui grâce aux questions de Jaleesa «TEALEAF» Coligny, m'ont permis de mieux comprendre et apprécier chacune des oeuvres. Il en reste que je n'ai pas pu m'empêcher de dire tout haut que plus l'ordre de présentation avait été fort bien fait. De cette rencontre singulière provenant de la noirceur jusqu'à la rencontre de groupe, la progression nous amenait à un climax fort bien planifié !



samedi 23 mars 2024

Sur mes pas au théâtre pour découvrir "Coup de vieux" au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui !

 C'est une vieille histoire, à l'image de ce que je découvrirai plus tard qui fait que mes pas me portent en bonne compagnie jusqu'.aux portes du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui pour assister à la pièce "Coup de vieux" de Larry Tremblay. De cet auteur fort bien réputé par la force de ses textes, j'ai encore bien en tête ma courte rencontre lors d'une émission de radio universitaire où j'étais chroniqueur, mais surtout de ma lecture de son roman coup de poing, "L'orangeraie" !

Pause

Faudra bien que je me mette à la lecture de "Tableau final de l'amour" qui est là tout en haut de ma pile à lire !

Fin de la pause

Affiche de la pièce tirée du site du CDTA

Par conséquent, bien curieux de découvrir ce que nous allions découvrir et "encaisser" avec ce "Coup de vieux" ! Et c'est, sans avoir froid aux yeux, de la première rangée de la salle Michelle Rossignol du CTDA que je le ferai !

Une fois les portes de la salle ouvertes, nous prenons place devant une scène sur laquelle, il y a déjà ce jeune personnage (Thomas Boudreault-Côté) à l'allure clownesque. Il se déplace du côté cour au côté jardin en nous regardant, en saluant d'un geste de la main et d'un "allo" aussi. Il soulignera parfois un ou une nouvel.le arrivé.e. qui prend place. Une fois le moment venu, il se fait discret. 

Il s'en suit de l'arrivée graduelle des différents personnages (Sylvie Drapeau, Jacques Girard, Jacques Leblanc, Marie Gignac et Linda Sorgini) qui, dans ce centre pour personnes âgées semblent sur la voie de sortie (de la vie). Dans ce qui suit, la mémoire d'un passé resurgit, des réflexions philosophiques émergent ( je ne fais pas d'opinion, je me fais une opinion), le regret d'un passé fort actif (journaliste réputée ou sous ministre quand même !) ou d'un amour passé aussi. Et pendant tout ce temps, ce clown rôde jusqu'à ce qu'il arrive à un rôle plus actif.

Donc dans ce lieu où le présent est peu important par rapport au passé, les différents personnages ont une résonance qui peuvent nous rejoindre. Pour moi, cela est vrai !

Une oeuvre théâtrale qui résonnera selon l'âge que nous avons. Comment aborder nos derniers jours, sans trop de regrets, sans trop regarder derrière ? Voilà ce que je retire de ce que devant moi, j'ai découvert !


Sur mes pas au Centre PHI, pour découvrir des "Espaces incarnés" !

 Mon agenda ne me le permettais pas vraiment, mais l'appel était trop fort et par conséquent, mes pas en ce début de week-end  hivernal et neigeux de fin mars, m'amènent jusqu'au Centre Phi où je ne suis pas venu depuis un bon bout de temps ! Au programme "Espaces incarnés", décrites comme "des rencontres inattendues avec la performance, nuancées et captivantes, s'inscrivant dans notre recherche continue sur le storytelling contemporain.". Avec au programme, trois installations-performances de Laura-Côté Bilodeau, du duo Olivier Charron et Charbel Hachem et de Rozenn Lecomte, avec comme mentor Brianna Lombardo ! Le tout est présenté durant quatre heures soit de 13h00 à 17h00, le samedi et le dimanche. 

                                             Affiche de l'évènement tirée du site du Centre Phi

Pour ma part, lorsque mes pas entrent au Centre PHI je suis dirigé vers la droite où se trouve deux pièces avec quelques personnes. Peu à peu, je trouve mes repères et je travaille à découvrir le meilleur espace libre. Ce qui s'avère mission impossible compte-tenu du lieu et surtout de la nature des performances. Peu importe, je trouve un siège et chemin faisant, je suis interpellé par une spectatrice qui me donne une indication que je ne comprends pas. Une fois bien assis, devant l'espace de performance d'Olivier Charron et Charbel Hachem, devant lequel un affiche indique "Take it", je prends conscience des efforts qu'ils font (avec un ruban à mesurer longuement déployé jusqu'à moi) pour me donner un billet de 5 dollars (un vrai, oui oui !!!) que j'accepte volontiers. Intrigué, je reste là un certain temps pour découvrir la suite qui, une fois le billet donné, débute par un sourire de satisfaction des deux, suivi du début d'un rituel dans lequel, un autre billet est pris de cette frontière (tout en billets fort vraie) pour ensuite la remodeler. Une fois cela fait, ils se mettent à la recherche de la prochaine personne qui en général, comprend pas mal plus vite que moi ! 

Pendant ce temps, Rozenn Lecomte repose sur ses fort nombreux fils (électrique et de câblage) et entreprend tout en lenteur une tâche qui semble exigeante. Et comme lors de l'édition dixième anniversaire de "So you think that was danse", elle utilise ses fils, plus longtemps que les dix minutes de cet évènement !, pour me montrer comment une personne qui se déplace peut traîner et laisser aussi derrière elle un ensemble de relations avec d'autres et le poids des souvenirs qui y est associé. Pour y arriver, elle utilise sa "tonne de fils" et tout l'espace allant même jusqu'aux portes d'entrée du lieu. 

Revenant, dans l'espace de mes premiers moments, je suis temporairement seul devant l'affiche de "Take it" par conséquent, je suis de nouveau interpellé (mais cette fois, le spectateur que je suis est averti et prépare une petite surprise !) Je tend la main pour accepter le billet, mais une fois donné, je redonne aussitôt le premier reçu, à la surprise de celui qui me l'a donné et de son partenaire de jeu. En résulte une explication de la performance qui en est une de dépossession (celle du cachet qu'ils ont reçu pour le week-end, comme je l'apprendrai plus tard, merci Camille !!!, suivi de retour dans ma main du billet redonné et d'une promesse de donner à des gens de la rue, des deux billets. Promesse qui provoque un grand sourire des deux.

Par la suite, j'expérimente différentes perspectives des performances avec aussi des écouteurs qui me font entendre une trame sonore qui effectivement rehausse l'expérience sensorielle (encore une fois merci Camille !). 

Ainsi donc pendant un peu moins de deux heures, j'ai pu assister à deux des trois installations, la troisième étant présentée épisodiquement (avant mon arrivée et aussi après, dommage !), je la raterai.

Je reviens satisfait et chemin faisant, je rencontre une personne itinérante à qui je tends un des billets de 5 dollars en lui disant "take it" et qui me regarde autant avec surprise que gratitude. 

Sur mes pas chez Danse Danse pour découvrir les nouveaux pas sur scène de la Nederlands Dans Theater !

 Comme pour la fois précédente, il y a longtemps (!), en novembre 2016, mes pas me portent quelque peu excité jusqu'au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts pour découvrir les trois nouvelles propositions de la Compagnie Nederlands Dans Theater ! De la grande visite rare en ville par conséquent, le spectateur est fébrile ! Le programme comporte trois oeuvres qui demandera près de deux heures trente de notre temps, dont une quarantaine de minutes d'entracte au total ! Mais de la grande visite, ça mérite bien un retour tardif à la maison. Ainsi donc, je prends place plus loin que d'habitude (rangée C) et tout autour de moi, les places trouvent preneuses et preneurs. 

Le moment venu, une fois les paroles de circonstances faites, le rideau s'ouvre sur une scène toute ombragée et débute "The point being" de Imre van Opstal et Marne van Opstal. Pour tenter de mieux vous décrire ce que j'ai découvert et apprécié là devant moi, voilà un extrait de la description de l'oeuvre fort représentatif , « Que se passe-t-il lorsque des événements multiples, apparemment sans rapport, entrent en collision ? Comment se superposent-ils en une entité respirable qui se transforme constamment en de nouvelles façons d'être ? Dans leur proposition, les chorégraphes explorent l'idée de synchronicité : le moment apparemment fugace où tout semble avoir un sens.» Les interprètes (Alexander Andison, Anna Bekirova, Conner Bormann, Thalia Crymble, Scott Fowler, Barry Gans, Nicole Ishimaru, Yukino Takaura) m'entraînent par leurs mouvements, de ma perspective, à des épisodes de vie dans différentes déclinaisons poétiques. Je suis particulièrement touché par les moment durant lesquels le violon enrobe le propos. Et, je m'en voudrais de ne pas mentionner la qualité esthétique de l'oeuvre avec entre autres cette "toile de fils" déployée pour produire des effets lumineux.

Une fois la pause terminée, la soirée reprend avec "One Flat Thing, reproduced" de William Forsithe et interprété Alexander Andison, Anna Bekirova, Jon Bond, Conner Bormann, Pamela Campos, Thalia Crymble, Matthew Folwer, Surimu Fukushi, Aram Hasler, Chuck Jones, Madoka Kariya, Genevieve O’Keeffe, Charlie Skuy, Sophie Whittome.

                                            Tirée du site de Danse Danse

Là, nous sommes vraiment ailleurs avec toutes ces tables déployées qui, selon le descriptif de la proposition  montre "Vingt tables, tels des radeaux de glace déchiquetés, s'envolent et deviennent la surface, le sous-sol et le ciel habités par un vol féroce de danseurs." Pour ma part, ce que je vois tout au long de cette proposition performative d'une vingtaine de minutes est une allégorie des travailleurs d'une usine en interactions et en action dans laquelle la production fait foi de tout. Avec ce rythme de plus en plus rapide, comme une machine qui s'emballe, peu de place à l'erreur. 

Pause

Comme j'en discutais avec mes voisins de siège durant la pause qui a suivi, je craignais le choc de deux tables avec des parties de corps (lire doigts ici) et eux aussi, mais non, rien de facheux ne s'est produit ! 

Fin de la pause

Autre moment d'attente pour revenir avec la proposition que j'ai préférée,  "Jackie" de Sharon Eyal et Gai Behar, interprétée par Fay van Baar, Anna Bekirova, Conner Bormann, Pamela Campos, Thalia Crymble, Scott Fowler, Aram Hasler, Chuck Jones, Genevieve O’Keeffe, Charlie Skuy, Yukino Takaura, Theophilus Vesely. 

Le tout débute avec une masse compacte de corps en apparence nus, mais qui sont revêtus de costumes moulants couleur peau ! Il en reste que de cette masse "organique" les mouvements oscillent, avec des fibres qui parfois s'en détachent. Il en est de ce groupe comme d'une micro société. Pour mieux décrire, je me permets d'utiliser un extrait du programme, "Il s'agit d'un érotisme esthétique avec des références aux peintures de vases grecs, une énergie bouillonnante, des rituels printaniers émouvants et une unité d'ensemble entraînante dans une envolée haletante." 

Au final, mon coup de coeur de la soirée, impression partagée par des voisins de siège et qui se termine avec des applaudissements tout aussi nourris que mérités !

Bon c'est vrai, la soirée se termine un peu tard, mais pour de la grande visite, ça en valait grandement la peine ! Merci monsieur Des Marais et Danse Danse !

jeudi 21 mars 2024

Sur mes pas en danse: Pour découvrir avec ravissement les "192 TÂCHES" des personnes étudiantes au département de danse de l'UQAM !

 Le calendrier a beau indiquer que le printemps est arrivé, avec les activités comme celle à laquelle mes pas me portent en ce début de soirée, il en reste que la neige qui tombe me rend quelque peu confus. Peu importe, c'est fort curieux que j'arrive "quelque peu (!)" à l'avance pour assister à la première présentation du spectacle de fin d'année de la gang des non-finissant.es du département de danse de l'UQAM. Bien curieux je suis, de découvrir la proposition d'Helen Simard (en collaboration avec les interprètes), "192 TÂCHES". Intéressé aussi de revoir "en action", plusieurs des interprètes que j'ai vu la semaine précédente, lors de ma présence à la "Passerelle 840" !

                            Affiche de la soirée tirée du site du Département de danse de l'UQM

Une fois les portes de la salle ouvertes, je me dirige vers "mon" siège en première rangée, à côté d'un autre avec l'affiche "réservé", et qui restera vide jusqu'au début de la présentation. Intrigant !!! Tout juste devant moi, le rideau noir est présent et nous empêche de voir au devant, l'espace scénique. Pendant ce temps, les ondes musicales (du complice de toujours de la chorégraphe, Roger White) "menaçantes" sinon empreintes de mystère, de ma perspective, emplissent le lieu et que la très grande majorité des sièges trouvent preneuses et preneurs.

Et le moment venu, les rideaux s'ouvrent pour nous faire découvrir tout au fond dans un coin, les interprètes regroupés tout de noir vêtus et qui nous font face, en attente d'effectuer leurs "192 tâches" ???? Pas question de décrire en détails ce que je découvrirai par la suite, mais en voici quelques éléments ! J'y ai vu tout au long, différents éléments d'une allégorie sur "l'éclosion" ou la révélation graduelle des différents membres d'un groupe, de la transformation de leur uniformité en leur individualité. Subtilement, il y aura la légère mais notable modification vestimentaire de l'une d'elle.  Aussi la non uniformité de tout.es durant certains tableaux. Il y aura les chemins qui divergent et les pas différents qui les parcourent. Dans les tableaux de groupe, un élément (volontaire ou non ???) me plait particulièrement, soit celui durant lesquels les cheveux ( en couette) tournoient, rehaussant les rotations des certains corps ! 

Avec leurs touches toutes personnelles, les mouvements emplissent le lieu, tout proche de moi, parfois très proche même (un de mes plaisirs de spectateur !!). Individualité oblige, la transformation toute graduelle de leurs tenues vestimentaires enrichie le propos. Et le tout se termine, juste avant la fermeture du rideau par un symbole fort beau, fait par une ombre chinoise qui montre, pour moi, que tout.es sont prêt.es à s'envoler vers un futur prometteur ! 

Tout au long, il n'y aura pas seulement de la danse, mais aussi d'autres talents exploités et fort bien, dont le chant ! Et une fois le rideau fermé, il s'ouvre de nouveau pour nous présenter, d'abord les salutations de tout.es fort personnelles et spectaculaires, avec parfois des pirouettes, suivies par d'autres plus traditionnelles accompagnées par leurs grands sourires. Sourire de satisfaction fort bien mérité !

Merci, Maria Fernanda Bazo Ramirez, Charlotte Beaulieu, Èvemarie Bourdeau-Lévesque, Sabrina Colasante, Laurie Daraîche, Sandrine Dupont, Marie-Laurence Fugère, Fjord Gagnebin, Marie-Soleil Leblanc, Carolanne Marguerin, Camille Mongrain, Anissa Nadeau, Elizabeth Pelletier, Anabelle Petit, Lina Pinatel, Marie-Anne Rahimi, Igor Salvi, Fabian Silguero et Hannah Surette !

Et, puis, Robert, ce siège vide, est ce qu'il le restera ??? Bon, pas question de l'indiquer ici, mais à la toute fin, moi, grâce à ce siège, en main, j'aurai une paire de lunettes fumées que, soyé.es rassuré.es sera remise aux salutations finales à qui de droit !

mardi 19 mars 2024

Sur mes pas en danse: Découvrir avec plaisir les trois propositions de la deuxième édition des "LABdif" !

 Lorsque mes pas me portent jusqu'à l'Espace Vert du Wilder, pour ma deuxième partie danse de ma journée, c'est pour assister à la deuxième édition des "LABdiff" dont la première avait eu lieu en novembre dernier. J'avais conclu mon texte de retour sur cette première édition avec la phrase, "Au final, moi le spectateur avide de belles rencontres et de nouveautés, cette première édition de "LABdiff" en mérite une deuxième au moins ! Cette "bouteille à la mer" semble avoir été ouverte, parce qu'une deuxième édition a lieu et jamais deux sans trois, une troisième aura lieu en mai prochain !

Pause 

Pour ceux et celles qui ne sauraient pas ce qu'est un LABdiff, voici ma courte description. À des artistes, Tangente ouvre la porte de son studio pour une résidence de création avec au final, la présentation d'une performance d'une dizaine de minutes, premières ébauches de création avec en retour rétroaction des personnes qui y assistent. L'objectif est d'en produire une plus longue, guidés (ou non !) par les réponses entendues suite aux questions des créateurs et des commissaires de Tangente.

Fin de la pause

Donc, arrivé un "peu" à l'avance, j'attends l'ouverture des portes qui se fera une trentaine de minutes à l'avance, question de trouver pantoufles à ses pieds, de découvrir les objets d'art dispersés dans l'endroit et évidemment de trouver "ma place" autour du lieu. 

Cette place sera juste à côté d'un vase d'eau en attente des mots sur ce type d'évènement et de la présentation de la première proposition de la soirée, soit celle d'Amara Barner qui actuellement étudie à l’Université Concordia en fibres et pratiques matérielles et qui a confectionné les oeuvres tout autour. Et c'est dans un lieu fort bien pourvu de spectateurs et spectatrices que le tout débute. Elle prend place, juste à côté de moi, devant le pot d'eau pour y tremper ses cheveux. Le tout est solennel et est une prémisse au parcours qu'elle entreprend. Un périple durant lequel des questions émergent ("why ?, "when") et que tout au long, ces "habits" revêtus tout au long et perdus après, représentent pour moi, celles et ceux que l'on rencontrent et qui nous transforment et qui nous font évoluer. Et au final, des moments de pure exultation, librement exprimés.

                                                   Crédit: Denis Martin fournie par Tangente

Une vingtaine de minutes qui m'ont permis de découvrir comment faire vivre des tissus et d'apprécier le parcours de cette artiste. À suivre donc.

Le temps de retirer ce qu'il faut du lieu et d'en déposer d'autres (un violoncelle, un archet et une chaise), et prendre place derrière la ligne, débute la deuxième proposition de la soirée, soit celle de Taminator, alias Valérie Chartier, une des pionnières en krump comme on me l'indique. Arrivant de derrière moi, elle montre à mes yeux, une tension interne. Ses gestes sont intenses. Dans ce qui suivra, selon nos perspectives, on pourra y lire son histoire. Pour ma part, j'y vois une oeuvre en trois temps, celle d'une vie, suivie d'une mort et d'une résurrection et des souvenirs résurgeants de cette première vie. Ou aussi, celle d'une carrière entreprise, d'une retraite, suivie d'une deuxième vie riche en souvenirs aussi. Voilà la beauté d'une proposition qui guide le spectateur avec des mouvements tout en y laissant une place pour imaginer.

                                            Crédit: Denis Martin fournie par Tangente

Enfin, après la deuxième pause, est installée une console par terre côté cour. Arrivera Antonin Godin-Desmarais et son complice musical Adrien Poulin qui s'installe à la console. La suite sera composée des mouvements performatifs tout en amplitude et impressionnants d'Antonin qui évolue en aller et retour, sauf pour un intermède musical (à la guitare de son complice). On nous avait dit préalablement que le lieu où il voudrait performer serait composé entre autres de pierres brûlantes. Et c'est bien ce qui est possible de ressentir tout au long, sans cependant que la destination ou l'objectif à atteindre soit évident (pour moi, à tout le moins !), sinon la survie dans ce monde. C'est avec la conclusion de cette proposition que la soirée se termine. 

                                            Crédit: Sandra-Lynn Bélanger fournie par Tangente

Si pour les deux premières propositions, nous étions invités à répondre à des questions (celles des artistes et des commissaires durant une quinzaine de minutes, pour la dernière, nous pouvions laisser nos réponses aux questions sur l'immense carton déplier dans le lieu. 

Je reviens à la maison en me disant que de proposer une oeuvre sans contenu narratif après deux autres qui en étaient fort riche avait pour moi un côté quelque peu périlleux, mais bon!

Et aussi qu'effectivement Tangente est un diffuseur unique et pour cela il a bien sa place dans l'écosystème chorégraphique montréalais, sinon québécois, sans oublier mon agenda de sorties.

Sur mes autres pas à la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal pour voir "Danser l'entre-deux " !

 C'est vers un lieu plutôt inhabituel que mes pas me portent en ce lundi, fin d'après-midi, pour découvrir des pas de danse ! Et pourtant, c'est la deuxième fois en deux mois que je me dirige jusqu'aux portes de la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal, sur la Côte Ste-Catherine. La première fois, c'était pour assister à une représentation de "(M)other" concoctée par Kimberley De Jong dans la salle d'exposition du lieu. Cette fois, j'irai plutôt dans le hall d'entrée où se trouve les oeuvres de l'exposition "L'entre-deux" et où sera présentée "Danser l'entre-deux" selon une idée originale de Meihan Carrier-Brisson (finissante de l'EDCM !), chorégraphiée par Claudia Chan Tak (celle par qui l'information s'est rendue jusqu'à moi !), en collaboration avec les interprètes Meihan Carrier-Brisson, Mary-Lee Brunet, Noquaye Dubois et Daniela Carmona Sanchez (dans le rôle de Chanel Cheiban).

Le moment est fort approprié puisque je pourrai en toute tranquillité (et avec un seul autobus !) me diriger par la suite jusqu'au Wilder pour ma deuxième partie danse de la soirée !

Affiche de l'oeuvre

Arrivé tôt, j'ai le temps de trouver la place, examiner l'exposition dans le hall et me faire conseiller le meilleur endroit pour découvrir la proposition d'une trentaine de minutes. Une fois les paroles de présentation énoncées, les interprètes prennent place. De façon surprenante, mon carnet n'aura pas droit à des impressions inscrites dessus. Parce que des marches sur lesquelles je suis assis, je suis captivé (oui, oui !!!) par ce que je vois. Le tout débute par ces doigts qui marquent l'espace par terre, comme pour y laisser une trace et entreprendre le chemin dans cet entre-deux. Celui de la recherche d'une quête identitaire, comme l'indiquait la courte description. Cet aspect ressort grandement tout au long avec les mouvements surtout en duo qui laisse bonne place à l'entre d'eux dans différentes déclinaisons interpersonnelles et des relations ressenties qui peut s'y établir. Il y a des mots pour tenter d'expliquer certaines réalités, mais parfois, tout en simplicité et efficacité, les gestes sont plus éloquents. Et dans ce hall d'entrée, lieu entre l'extérieur et l'intérieur, Claudia Chan Tak a réussi à nous faire ressentir ce que les mots ne peuvent pas transmettre.

Une fois le tout terminé et les applaudissements fort mérités terminés, je ne peux m'empêcher de féliciter les artisanes de ces moments qui, malheureusement, ne seront présentés qu'une seule fois ! À moins que ..... et je l'espère !