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mercredi 17 février 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse-théâtre: Surpris et comblé par "Le temps des fruits" tout multicolore !

 Lorsque mes pas me portaient, en des temps prépandémiques, jusqu'à la salle de présentation d'une oeuvre présentée par Tangente, je ne savais pas toujours ce que j'allais découvrir. Et j'aimais cela ! Il m'arrivait d'avoir une idée de ce que j'allais découvrir puisque celles ou ceux qui, devant moi, allaient performer, je les connaissais. D'autres fois, j'étais complètement déjoué avec des répercussions pendant la présentation (lire ici, surprise et/ou éblouissement), mais jamais je ne regrettais d'avoir marché jusqu'à cette rencontre. 

Avec "Le temps des fruits" de Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, devant mon écran, j'ai eu cette même impression, celle d'être déjoué ! J'avais beau savoir  à l'avance que c'est un amalgame de théâtre et de danse que je découvrirais, le début m'a surpris. Il en reste que peu à peu, ils ont apprivoisé ma surprise grâce à leur accueil et à leur complicité évidente, qui rayonnait jusqu'à moi à travers l'écran ! Et par la suite, je me suis laissé porter tout au long des différents tableaux tout aussi riches que diversifiés. J'ai eu droit à des moments divertissants, instructifs, oniriques aussi, d'autres fort puissants, dont celui, fort solennel qui présente sur l'écran derrière le destin tragique de plusieurs grandes civilisations avec la prise de parole dans les différentes langues de celles-ci. Un autre aussi, mon préféré, celui durant lequel ce tissu suspendu qui est d'abord ce tissu qui relie et qui divise aussi, pour devenir tissu polymorphique dans lequel les deux interprètes deviennent des humains ou des bêtes et le plus beau, les deux en même temps !

                                           Photo de Vanessa Fortin fournie par Tangente

De ce moment de questions-réponses, j'en retiens que j'aurais pu leur dire comment faire du savon (mon passé de prof de chimie aurait pu être utile). Et aussi que le plus grand pouvoir de l'être humain est, selon moi, sa capacité à aimer, parole de St-Amour !

De cet accueil fort sympathique qui m'a surpris, mais qui m'a aussi permis de prendre mes aises, jusqu'à la finale riche de sa simplicité, j'ai apprécié tous les tableaux, sauf un, (celui des conseils de l'herboriste !) qui m'a quand même permis de constater les talents de comédienne de Marilyn Daoust qui a su trouver le ton juste !

Si je devais résumer cette oeuvre (ce qui est mission impossible, mais je vais tenter de le faire quand même), j'ai eu droit à des tableaux qui comme des fruits avaient des textures et des couleurs différentes, mais qui tout mis ensemble, nous font explorer différents territoires de notre humanité (pas toujours "belle"), remplis d'espoirs et de beauté !

mardi 13 novembre 2018

Sur mes pas en danse: Des rencontres toute différentes avec des femmes qui le sont aussi chez Tangente

La saison danse en est rendue en son coeur et c'est dans le coeur de deux univers féminins que nous avons plongé pour le programme double ( "Mula" de Ivanie Aubin-Malo et "&" du Collectif For Fauve) proposé par Tangente. Et mes pas n'étaient pas les seuls à s'y rendre parce que c'était salle comble en ce vendredi soir. au Wilder.

Pour découvrir "Mula", nous devrons d'abord nous déchausser et ensuite prendre place tout autour d'un cercle, assis par terre sur la scène et dans les premiers rangs de l'estrade. Pour ma part, cette rencontre, je la ferai assis tout proche, au même niveau de l'interprète déjà présente à notre entrée. Ce qui pour moi, sera une bonne décision, très bonne même. Parce que faire une rencontre, pour aller en profondeur, comme le dit le titre de l'oeuvre en langue malécite (peuple autochtone présent dans l'est du Québec et des Maritimes), la proximité me sera importante. Elle m'a permis d'en ressentir les vibrations toutes douces et sa présence. Elle propose des gestes répétitifs, qui m'ont amené dans un état de réception. Et lorsque les "points noirs" (lire ici les moments de noirceur), je pouvais laisser onduler en moi, les vibrations passées et les faire miennes. Utilisant tout l'espace, elle vient à notre rencontre au sens spirituel que je ressens fort bien. Une rencontre qui a tout de l'onde qui se propage alternativement du noir à la lumière devant nous et en nous, avec pour résultat de faire sortir de l'ombre un univers fort lumineux.
Une rencontre fort mémorable qui me fera garder précieusement en mémoire sa chorégraphe-interprète.

                                  Photo de Ivanie Aubin-Malo par Justine Latour tirée du site de Tangente

Revenu à notre réalité, nous devons quitter la salle, le temps de permettre à Marilyn Daoust et Laurie-Anne Langis (Collectif For Fauve) et toute leur gang de mettre en place le lieu de la prochaine rencontre avec le titre "&" qui promet des liens. À notre retour en salle, le lieu tout sombre que nous avons quitté, s'est métamorphosé, tout lumineux devenu, avec un toile blanche sur le plancher et couvrant tout l'arrière scène. Les deux interprètes sont déjà là et question d'établir le contact, l'une d'elle, tourne le syntonisateur d'un poste radio qui entre deux grincements permet d'entendre un faible contact avec un poste d'émission. La communication est difficile, mais la recherche se fait sans relâche, jusqu'au moment que le tout débute "pour vrai" !

                      Photo de Marilyn Daoust et Laurie-Anne Langis par Jules Bédard, tirée du site du Devoir

Ce qui suivra, "&" nous propose une première rencontre (avec Laurie-Anne Langis), une rencontre appuyée par une trame musicale puissante (un peu trop pour mes pauvres oreilles et qui a interféré avec ma réception). Il en reste que de cette femme m'a proposé son cheminement qui provenait de tout en dedans d'elle et que j'ai suivi. Un cheminement, rehaussé par ses ombres fortes projetées, qui s'est déplacé sur toute la scène. Un cheminement parsemé d'arrêt pour se transformer, tel un chemin de Damas vers un avenir qui semble s'annoncer tout différent.

Et puis "&", après un court moment de transition, se poursuit sur ton différent avec Marilyn Daoust. Dans son cas, les moments avaient plus l'allure d'une rencontre en deux temps avec son "elle" intérieur et avec son "elle" "extérieur.. Elle se livrera à nous avec forte intensité et sincérité. D'abord, avec une "marche" sur une ligne blanche qui a tout, à mes yeux, d'une ligne de vie, sur laquelle nous devons moduler, parfois à l'extrême, notre corps. Cette ligne blanche (du temps) tout inerte et neutre soit-elle souffre néanmoins de nos inconstances et se met à se moduler. De cette marche et comment la réussir ? Marilyn Daoust nous en présente sa version avec éclat et sincérité. Ouf !!!

La suite bascule dans une "plongée" au propre comme au figuré. Une plongée dans laquelle elle nous entraîne et qui me captive jusqu'à sa finale.

Une soirée forte de ses contrastes et qui me fait revenir à la maison avec plein de symboles en tête, des images aussi. Mais aussi avec une suggestions pour une autre version de "&" qui entrecroiserait, les deux parties pour mieux nous présenter les points communs de ces deux femmes.

samedi 19 mai 2018

Sur mes pas en danse: "À l'origine d'une bête publique", prometteuse de ses deux "têtes"

Pour cette sortie danse, je tenais une promesse sur parole donnée. En effet, puisque j'avais raté une présentation publique de leur travail, l'été dernier, je m'étais engagé à y être pour la prochaine fois. Et j'y étais, bien curieux de découvrir ce que ce duo For Fauve (Marilyn Daoust et Laurie-Anne Langis) allait me proposer avec "À l'origine d'une bête publique". Comme cette proposition précédait celle de l'été dernier, j'y trouvais mon compte "chronologique" !

                                Photo: Philip Fortin

Je prends donc place dans "ma" première rangée et je découvre sur le devant de la scène, des peaux empilées qui nous séparaient d'une femme étendue et immobile. Une fois la salle bien remplie d'une foule hétéroclite, propre à celle d'une Maison de la culture (Plateau Mont-Royal), lieu de la résidence de l'oeuvre à découvrir, les lumières se ferment, les projecteurs s'allument et la représentation commence.

Nous assistons à l'éveil de la " bête" qui dans une suite de mouvements fait sortir de son abri "privé" son alter-ego tout au bout du fil ou du cordon tout (et trop, selon moi !) blanc. La suite nous présente , tel un alignement de planètes, deux âmes sœur ou deux sœurs en voie de devenir. Les différents tableaux montrent leur évolution, teintée de leur affirmation. Pourront-elles "couper le lien" ?, telle est la question que je me pose durant. La tension du propos chorégraphique est amplifiée par la trame musicale dont l'intensité augmente peu à peu, de tableau en tableau. Je ressens les défis de leur affirmation individuelle. Et lorsque le moment décisif arrive, je suis comme le fruit mûr, prêt à être cueilli.

Le propos porte à la réflexion, soutenu par des gestes qui les enrobent d'une douceur et d'une efficacité féminine. J'y ai senti une profonde réflexion qui servira de base, solide, à la prochaine fois. Parce que cette bête publique "à deux têtes" qui a du "fauve" en elle, possède toutes les qualités nécessaires pour joindre les gestes avec le propos et faire de nombreux pas sur les scènes.