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jeudi 7 octobre 2021

Sur mes pas en danse: Deux rencontres toutes intimes chez Tangente et une surprise !

 C'était un lundi soir agréable pour un début de mois d'octobre lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder et son Espace Vert pour y découvrir deux propositions toutes personnelles et intimes. En première partie, Raul Huaman, accompagné sur scène par Valmont Harnois, nous propose "Cellule" qu'il a créé après avoir frôlé la mort. Et en deuxième partie, Hoor Malas et Mayar Alexan, quand à eux, nous proposent "Trois secondes" qui nous amènera dans l'intimité de cette femme (Hoor Malas).

Une fois à mon siège, première rangée, je vois une scène toute vide, tandis que derrière moi, les gens prennent place. Et puis arrive Ivanie Aubin-Malo qui nous accueille et qui fait les présentations d'usage avec son beau sourire. Et puis, la lumière se fait de plus en plus discrète jusqu'à disparaître. Et puis, arrivant de l'arrière, fort bruyamment , nous le découvrirons un peu après, deux hommes dans une bulle de plastique. Ce qui suit, me montre le comportement de ces deux cellules. Une image me plait particulièrement, celle qui montre une fleur qui éclot, ouf ! Et de cette proposition, j'en retiens une illustration de "sortir de sa bulle pour y retourner". Une seule question me turlupine, rien de bien important cependant, pourquoi un duo plutôt qu'un solo ? Mais pourquoi pas !

                                   "Cellule" Crédit de Mariana Frandsen fournie par Tangente

Il s'en suit une pause permettant de bien nettoyer la scène et de placer les éléments scéniques de la prochaine oeuvre (petite bibliothèque avec pot de fleur dessus, matelas par terre, lampe et miroir sur pied). Une fois le tout en place, il y aura lui, qui restera du côté cour et les lumières qui s'éteignent. Lorsqu'elle se rallume, une forme se devine sous une couverture sur le matelas par terre (compte-tenu de la durée de l'obscurité et du silence tout au long, comment a-t-elle pu se glisser dessous ????). Peu importe, cette forme prend vie et se déplace dans ce lieu pour se libérer, malgré le danger qui semble bien présent. Cette femme doit se protéger face à un danger, je le ressens, et pour cela elle prendra place dans un tout petit espace de cette bibliothèque. Elle est toute coincée ! Je le ressens plus fortement encore, elle doit continuer à vivre, malgré le danger qu'elle semble ressentir tout autour d'elle. Et puis retentit cette sirène d'alarme et son visage change. 

                                    "Trois secondes" Crédit Denis Martin fournie par Tangente

Mais voyez-vous, cette sirène pour elle comme pour nous, elle n'était pas prévue. Nous voilà donc "invité.es" à sortir rapidement par la sortie de secours. Ce que nous ferons pour nous diriger tout en face de l'immeuble guidé.es par une personne de l'équipe de Tangente. Comme si la réalité rejoignait la fiction !!! Nous serons donc sur le trottoir par un soir d'octobre relativement clément à voir arriver les véhicules de pompiers. Incertain.es de la suite, nous attendons et nous supputons sur la suite. Reprise, annulée, ou reportée sera la soirée ??? 

Et puis, une fois toutes les vérifications faites, nous sommes invitées à revenir en salle pour terminer cette histoire colorée de danger, mais aussi d'espoir. À notre retour en salle, comme si rien ne s'était passé, cette femme reprend place dans son petit espace et poursuit jusqu'au dernier tableau à la scénographie assez simple, mais fort bien imaginée (un de mes deux tableaux préférés). De cette lumière détournée à la recherche sur la scène, mais aussi dans l'estrade, voilà  qui illustre bien l'espoir que cette femme a pour le monde et le futur. De Hoor Malas qui vient de Syrie, je ressens fort bien la force de sa proposition. En observant la réaction du public, je n'étais pas le seul ! "Trois secondes", voilà une proposition que je voudrais bien revoir !

Au final, une belle soirée avec deux propositions qui m'ont permis d'aller à la rencontre d'univers personnels ! 

lundi 27 septembre 2021

Sur mes pas en danse: "Come a bit closer", comme une fable allégorique !

Samedi début de soirée de septembre, je quitte le Parc des Faubourgs (où était présenté O2) pour me diriger au Wilder plus à l'ouest. Pour m'y rendre, je prends la rue Ontario jusqu'à St-Laurent et ensuite je bifurque sur la Catherine, ce qui me permet de revoir des coins de la ville presque oubliés. Cette marche est pour aller découvrir "Come a bit closer" de Camille Lacelle-Wilsey. 

Cela m'a été confirmé, cette oeuvre, j'en avais vu "des premiers pas" lors d'une édition précédente du OFFTA (juin 2017). Mes souvenirs sont vagues, mais j'en retiens un, celle de l'entrée toute en vitesse des interprètes. Pour le reste, nada, mais ce n'est pas grave, je repars à zéro ! Une fois dans la salle, je prends place dans "mon siège" première rangée et pendant que les autres spectatrices ou spectateurs prennent place, j'examine la scène plongée dans la pénombre devant moi. Voilà pour moi, un moment privilégié de mise en état pour tenter de découvrir ce qui me sera présenté ! Il y a là juste devant moi, un petit assemblage de tissus qui a tout d'un petit nid. Pour le reste, la pénombre cache tout. 

                                            Photo de Denis Martin fournie par Tangente

Une fois les mots d'usage prononcés, la scène devient toute sombre et arrive sans qu'on puisse la voir une femme. Et puis la lumière nous révèle cette femme assise avec une guitare devant elle. Elle entame une chanson qui a tout de la balade médiévale, débutant (ça je le saurai plus tard) un retour dans le temps. La voie est douce et me charme détournant parfois mon attention des paroles. Le plaisir reste néanmoins présent tout au long de cette introduction chantée.

Et puis la noirceur revient et pendant que je l'entend quitter, la musique live (par Eugénie Jobin), du côté jardin se fait entendre. Et avec un réaménagement des panneaux suspendus sur la scène, les interprètes se préparent à entrer, ça je le vois. Et puis s'ensuit l'entrée en scène de ces trois femmes (Mona El Husseini, Rebecca Rehder et Nien Tzu Weng) et de cet homme (Gabriel Favreau) qui par petits sauts qui résonnent, semblent pour moi, faire le tour, le tour et encore le tour de ce paradis dans leur plus simple habit. Sur cette scène verte tout autour, le retour dans le temps me ramène au temps d'Adam et Ève !
                                       Photo de Sandra Lynn Bélanger fournie par Tangente 

Mais le temps avance implacablement et les tableaux qui suivent, au rythme de la musique live nous ramène peu à peu à une époque plus contemporaine. Celle à laquelle le plastique, tout vert soit-il, envahie la scène comme il l'a fait dans notre quotidien, malgré la beauté des toiles qui règnent tout en haut. Cette opposition me frappe ! Enfin comme toute histoire a une fin, elles et lui quittent dans l'ombre, résigné.es et le silence reprend ses droits après un combat contre cet envahissement "polymérique" !

Mes pas me ramènent à la maison avec en tête, les images et la musique de cette fable onirique portée par des gestes empreints de naïveté et de simplicité  enrobée par de la musique fort riche. 

 


mardi 4 mai 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Polymorphic Microbe Bodies", une expérience partielle pour moi, mais par ma faute !

La proposition de Hanna Sybille Müller et Erin Robinsong est tout à fait particulière comme d'autres présentées par Tangente, ce que j'apprécie toujours. J'avais lu attentivement les recommandations et je m'étais préparé en conséquence. Je prévoyais aussi revoir dans différentes conditions cette proposition toute sensorielle pour comparer, mais une combinaison de facteurs m'a juste permis de la découvrir qu'une seule fois. J'étais donc avec mes écouteurs devant mon écran pour voir et ressentir la proposition. Je l'aurais refait les yeux fermés assis et aussi couché comme on me le proposait. Mais bon, cette seule fois a été très intéressante.

J'ai vu des hommes et des femmes s'installer pour nous, comme par procuration. Avec les paroles de Hanna Sybille Müller, je me sens en état de réception, les yeux grand ouverts ! Et la suite, je ne saurais ajouter rien de précis sur ce que vois. Mais sur ce que je ressens, je ressens et j'apprécie surtout. Les bruits de ces fruits qui sont mis en contribution par celle qui les manipule, par le son et l'image, jusqu'à les sentir presque. Cette proposition annoncée comme somatique l'a été pour moi et a été pour moi, des moments fort apaisants ! 

                                                                Photo de Denis Martin


lundi 19 avril 2021

Sur mes pas (virtuels et réels) en danse : Question de perceptions (doubles) grâce à Tangente et ses deux propositions !

 La proposition de Hélène Messier, "Soie", Tangente nous proposait de la découvrir en présence, mais aussi en webdiffusion. J'ai donc profité de cette opportunité pour la découvrir des deux façons. Et lors de cette visite dans ces lieux si familiers, dans le Wilder, pour moi en des temps pré pandémiques, je pouvais aussi découvrir la proposition d'Hugo Dalphond. 

Mais reprenons par le début ! Habitué à arriver assez tôt et prendre place à la porte de la salle, Hélène Messier a été un bon nombre de fois là en service. Et moi le bavard-curieux, dans la limite du raisonnable, je vous rassure, j'ai pu en apprendre sur cette oeuvre en création en lien avec son mémoire de maîtrise en préparation aussi. J'étais donc très curieux de découvrir le résultat de son travail. Et je l'ai fait en trois temps, d'abord via le web, ensuite en présence et une troisième fois en web encore, question de vérifier un petit détail qui me turlupinait durant la prestation en direct !

                            Photo d'Hélène Messier prise par David Wong fournie par Tangente

Je débuterai ce retour avec ma visite dans l'Espace Orange. Accueilli.es dans la salle un.e à la fois, nous sommes dirigé.es vers un des sièges disponibles tout autour d'un espace central. C'est donc sur le périmètre de ce cercle que la vingtaine de spectateurs, spectatrices découvriront ce "modèle vivant" comme il peut être possible lors d'un atelier de peinture. Le lieu est sombre, respire le calme et prédispose parfaitement à l'arrivée de l'artiste. Comme l'indique le programme de la soirée, elle nous propose une illustration de "Comment habiter une pose? Invoquant le butō et le modèle vivant, Hélène cherche à entrer dans un mode méditatif qu’elle partage avec le public." 

Et de ma perspective, elle réussit bien. Mon laisser-aller, déstabilisé par la proposition précédente d'Hugo Dalphond (sur ce point, je reviendrai). reprend tous ses droits. Elle débute sa prestation immobile, sur son petit carré illuminé, dos à moi et peu à peu tournant sur elle même, elle se présente de face à moi. Tout aussi calmement, elle évolue. Elle laisse le temps aux gestes de se déployer et de notre attention de la rejoindre ! Mon moment fort est le passage à terre où elle entreprend des rotations de façon tellement naturelle que je cherche ce plancher tournant qui évidemment n'existe pas. J'y ressent la rotation du corps apprivoisée, tout en douceur et maîtrisée. La rotation de ce corps qui veut calmer, me calme aussi. Je suis aussi attentif aux détails, comme cette main qui semble sortir du cadre ou du sens de la rotation qui il me semble passe du sens horaire au sens anti-horaire en fin de prestation. Et comme une fleur que j'ai vu éclore, chercher le soleil et le regard des autres, elle se refait discrète une fois la nuit arrivée tout en laissant une trace dans nos pupilles. Je m'en voudrais de ne pas mentionner la contribution de Vincent Gagnon à la musique qui enrobe le tout de façon fort douce et pertinente. Au final, des moments qui permettent de se détacher du moment présent et de se rendre dans un espace temps tout en douceur et en calme. 

Et pour ceux et celles qui sont curieux de connaître la raison de mon visionnement web après, la raison est bien simple. Bien attentif à la proposition, il m'avait semblé que le sens de la rotation avait changé vers la fin. Et c'est en le revisionnant que j'ai pu constater que je ne m'étais pas trompé, confirmant que j'étais bien attentif. (La web diffusion a certains avantages !)

Un aspect qui, selon moi, amenait une plus-value fort intéressante à la captation présentée en web-diffusion est définitivement la perspective "tout en haut". Perspective que jamais il ne serait possible de découvrir en "live" !

En début de séance, comme je l'indiquais précédemment, m'était présenté, "Étude sur la pénombre" d'Hugo Dalphond que je connaissais par ses nombreuses contributions aux éclairages de propositions chorégraphiques dont celle d'Hélène Messier que j'ai vue juste après. Malgré le titre, nous étions informés, c'est dans un "contexte d'obscurité" que l'interprète François Richard évoluerait ! Il en reste que j'étais muni de mon attention de chat, à défaut de ses yeux pour découvrir cette proposition. Et, une fois la musique fort envoutante (de Mathieu Seulement) tout en contrôle de ce lieu, mes yeux et mon cerveau ont échappé à mon contrôle. Dans cette pénombre, j'ai vu ou imaginé, je ne saurais dire ce corps apparaître, pour disparaître tout aussi rapidement. Pendant toute la représentation, il y a eu en moi, un combat constant, rien de reposant ! Comme si les projecteurs de ce créateur s'étaient déplacés de la scène jusque dans ma tête ! Une proposition qui déstabilise, ce qui en soit mérite le déplacement !

Soyez rassuré.es, durant mon retour à la maison, la paix s'est faite en moi ! Juste impatient de retourner en salle. La prochaine fois, c'est une proposition de l'Agora de la danse qui sera ma destination. À suivre !!!!

mardi 30 mars 2021

Sur mes pas (virtuels) à une performance: "Quelque part dans l'inachevé" entre le vivant et le non-vivant !

Fidèle à son habitude, l'équipe de Tangente me propose une oeuvre qui m'amène dans des sentiers audacieux qui peuvent désorientés ! Avec "Quelque part dans l'inachevé", c'est avec mes "guides" Sarah Wendt et Pascal Dufaux que je débute cette excursion qui a son origine dans un lieu fort inspirant pour eux et fort beau pour nous (d'après les images présentées), soit les Tablelands dans le Parc National du Gros-Morne dans la province de Terre-Neuve et Labrador. 

De ce duo, j'en étais à ma deuxième rencontre, la première date du OFFTA 2018 avec "Strange moods and dissonant feelings" que j'avais décrit, à l'époque, d'exploration de la quatrième dimension de la danse !"

Pour celle-ci, je suis entraîné dans des allers-retours de ce magnifique parc au studio, durant lesquels je découvre différents tableaux dans lesquels j'ai parfois de la difficulté à distinguer l'inerte du vivant. Comme si les créateurs et leurs "complices" avaient voulu jouer avec moi et me déjouer aussi. Plusieurs fois, j'ai dû chercher mes repères pour m'y retrouver face à ce que je découvrais. Et cet exercice m'a plu. 

Il y a aussi ce sablier rempli, mais pas de sable mais d'un liquide, qui s'écoule en laissant aller tout en haut une bulle d'air du passage du temps, comme les idées qui se font en nous. (Je découvrirai durant la rencontre d'après représentation que c'est du miel, riche de sa texture et de son vieillissement, qui était dans le sablier, question de mettre en évidence que l'écoulement du temps est continu et non pas discontinu comme le passage du sable, grain par grain dans l'étranglement). 

Les corps dans cette oeuvre-performance tout comme les éléments esthétiques, j'en ai l'impression, sont utilisés pour se jouer de nous et déjouer mes perceptions tout comme certains titres de tableau. Par exemple, "eeing" s'avère malgré l'impression phonétique du titre surtout sonore, tout comme cette femme dont les excroissances en font une créature surprenante aux gestes intrigants que je me lasse pas d'examiner.

                                               Photo par Denis Martin fournie par Tangente

Une oeuvre "haute en couleurs" qui m'a plu mais que j'aurais aussi bien appréciée en salle avec un grand écran pour saisir l'immensité de certaines perspectives. Une présentation suivie d'une rencontre fort instructive avec les deux créateurs qui m'a permis de mieux comprendre leur processus créatifs et leurs choix esthétiques. Ces idées qui émergent en eux comme dans des rêves et leurs perspectives qui viennent de la rencontre des différents systèmes qui doivent cohabiter et s'apprivoiser !



mercredi 17 février 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse-théâtre: Surpris et comblé par "Le temps des fruits" tout multicolore !

 Lorsque mes pas me portaient, en des temps prépandémiques, jusqu'à la salle de présentation d'une oeuvre présentée par Tangente, je ne savais pas toujours ce que j'allais découvrir. Et j'aimais cela ! Il m'arrivait d'avoir une idée de ce que j'allais découvrir puisque celles ou ceux qui, devant moi, allaient performer, je les connaissais. D'autres fois, j'étais complètement déjoué avec des répercussions pendant la présentation (lire ici, surprise et/ou éblouissement), mais jamais je ne regrettais d'avoir marché jusqu'à cette rencontre. 

Avec "Le temps des fruits" de Marilyn Daoust et Gabriel Léger-Savard, devant mon écran, j'ai eu cette même impression, celle d'être déjoué ! J'avais beau savoir  à l'avance que c'est un amalgame de théâtre et de danse que je découvrirais, le début m'a surpris. Il en reste que peu à peu, ils ont apprivoisé ma surprise grâce à leur accueil et à leur complicité évidente, qui rayonnait jusqu'à moi à travers l'écran ! Et par la suite, je me suis laissé porter tout au long des différents tableaux tout aussi riches que diversifiés. J'ai eu droit à des moments divertissants, instructifs, oniriques aussi, d'autres fort puissants, dont celui, fort solennel qui présente sur l'écran derrière le destin tragique de plusieurs grandes civilisations avec la prise de parole dans les différentes langues de celles-ci. Un autre aussi, mon préféré, celui durant lequel ce tissu suspendu qui est d'abord ce tissu qui relie et qui divise aussi, pour devenir tissu polymorphique dans lequel les deux interprètes deviennent des humains ou des bêtes et le plus beau, les deux en même temps !

                                           Photo de Vanessa Fortin fournie par Tangente

De ce moment de questions-réponses, j'en retiens que j'aurais pu leur dire comment faire du savon (mon passé de prof de chimie aurait pu être utile). Et aussi que le plus grand pouvoir de l'être humain est, selon moi, sa capacité à aimer, parole de St-Amour !

De cet accueil fort sympathique qui m'a surpris, mais qui m'a aussi permis de prendre mes aises, jusqu'à la finale riche de sa simplicité, j'ai apprécié tous les tableaux, sauf un, (celui des conseils de l'herboriste !) qui m'a quand même permis de constater les talents de comédienne de Marilyn Daoust qui a su trouver le ton juste !

Si je devais résumer cette oeuvre (ce qui est mission impossible, mais je vais tenter de le faire quand même), j'ai eu droit à des tableaux qui comme des fruits avaient des textures et des couleurs différentes, mais qui tout mis ensemble, nous font explorer différents territoires de notre humanité (pas toujours "belle"), remplis d'espoirs et de beauté !

dimanche 31 janvier 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: la découverte de deux univers personnels fort bien incarnés !

Bon, je me répète, mais j'ai tellement hâte de retourner en salle pour assister en personne à des prestations ! La plus récente proposition de "ma gang" de Tangente en est un bel exemple. Aller à la rencontre de deux artistes avec des univers fort différents, c'est en personne que j'aurais préféré le faire. Mais, parce qu'il y a un mais, mon "billet" pour les voir en ligne, avec la possibilité de les voir en différé comportait un avantage indéniable. Lequel, me demanderez-vous ? Et bien avec mon billet pour les voir en différé, mais aussi de pouvoir les revoir avait un grand avantage. Celui de surpasser la première impression pour mieux saisir leur proposition au deuxième visionnement. Et de cet avantage, j'ai profité !

Ainsi donc Winnie Ho et Charo Foo Tai Wei, lorsque chacune à votre façon, vous sortez de votre zone de confort (comme le demandait les initiateurs de l’événement KickStart de CanAsian Dance, en collaboration avec Tangente et le Festival Accès Asie), vous m'avez proposé deux oeuvres riches en symboles.

Après les présentations d'usage de Stéphane Labbé de Tangente et de Khroso Berahmandi du Festival Accès Asie (festival qui dans le passé m'a permis de faire de belles découvertes !), nous découvrons d'abord "aWokening" de Winnie Ho. 


                                    Photo de Winnie Ho par David Wong tirée du site de Tangente

Tout d'abord cachée ou enfouie dans un grand wok, tel un cocon, le corps fait corps avec le wok, comme peut l'être la personnalité avec l'origine de cette femme ! Peu à peu émerge la personne, son originalité mis à mal par cette ouverture vers le là-bas. Je découvre ensuite son départ, le wok comme navire sur l'eau pour aller au loin malgré les intempéries. Les moments où elle est assis dans le wok avec cette bande derrière, qui flotte au vent, telle une toile me plait particulièrement ! Une fois rendu là-bas ou ici, selon le point de vue, elle endosse son "habit" et entreprend sa marche et avec son wok, tel un héritage que l'on traîne ! Et dans sa course pour prendre sa place, il y les choses que que l'on prend et celles qu'on laisse aussi. Et puis, tout à coup, les souvenirs remontent et par ces voix, elle est interpellée pour revenir, reprendre son chemin ou refaire ses pas ? Je ne saurais dire, mais avec ses mystères elle me quitte !

Après un entracte qui me permet de découvrir ces deux artistes et leurs oeuvres, se présente Charo Foo Tai Wei avec "Jin Gu Bang (The Golden Stick Ritual". Si la première oeuvre nous présentait un parcours, celle ci avait tout de la rencontre. Une rencontre avec cette femme qui endossait, en l'honneur de sa tante shaman, différents états ! Avec elle, juste là sans rien autour, impossible de rester indifférent à ses métamorphoses, à ses expressions faciales fort impressionnantes et à ses gestes fins et aiguisés. J'avais l'impression à assister à une invitation à aller au bout de soi et peut-être même à en dépasser les limites pour aller dans un état autre. Une vingtaine de minutes sans que je puisse me faire mon histoire, trop captivé par ce qu'elle me montrait !

                           Photo de Charo Foo Tai Wei par Danielle Plourde tirée du site de Tangente

Au final deux rencontres fort différentes, mais tout aussi intéressantes. Sachez mesdames, que devant mon écran, il y a eu mes applaudissements comme si vous étiez devant moi !

 

mardi 1 décembre 2020

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Le reste des vagues" d'Ingrid Vallus, des vagues qui m'ont laissé de belles traces profondes.

 Après avoir été mis sur pause et reporté, "Le reste des vagues" d'Ingrid Vallus nous a été proposé en webdiffusion. J'avais en tête les sensations, mises sur "papier", de sa précédente création, "Féral" (2017). J'avais en autre écrit," De ma chaise, tout proche dans cette toute petite salle, je la ressens bien, cette adversité qui lui demande de modifier son parcours pour aller au-devant." La proximité qui m'avait tellement plu lors de cette rencontre serait absente cette fois ! Question de bien me préparer cette nouvelle rencontre, j'avais, entre autres, écouté sa rencontre d'avant représentation portant entre autres sur les thèmes qu'elle nous présentera dont ceux de la respiration et du regard. Allaient-ils m'atteindre jusqu'à devant mon écran, si loin et non sur ma chaise tout proche ? Pour le découvrir, je n'ai qu'à attendre, mon billet était déjà "en poche". 

                              Photo d'Ingrid Vallus par Josée Lecompte tirée du site de Tangente
              

Pour mettre toutes les chances de mon côté, c'est dans un coin tout tranquille de ma demeure, éclairage tamisé, que je prend place. Je découvre d'abord ses déplacements lents et méthodiques d'un côté à l'autre de la scène laissant derrière elle une trace sablonneuse de plus en plus importante et lumineuse, comme le rythme d'une respiration qui gonfle les poumons. Et rapidement, je me suis senti porté par les gestes et les déplacements, brillamment éclairés par James Proudfoot. Tout au long de cette trentaine de minutes, j'ai oublié la distance et je me suis laissé aller à y trouver mon sens à son oeuvre, oubliant l'intention première de la créatrice. Il en est des vagues comme de nos espoirs comblés ou non qui nous font avancer ou reculer. Je m'y suis retrouvé dans ces moments entre le avant et le après du passage de certains évènements de ma vie comme celui du ressac ressenti et de ses traces laissées. Et comme je l'ai vu dans certains passages, ce n'est pas que le tout semble paisible que l'effet ne soit pas grand et profond. 

Et une fois les évènements passés, si les espoirs sont délavés par le passage du temps, comme les rives par le passages des vagues, que faire ? Et une des réponses que j'y ai vu est d'aller vers l'autre, " Je vous attendais", nous dira-t-elle, les "yeux dans les yeux", dans un moment de connexion fort bien réussi et très bien capté, malgré la distance.

J'en retiens aussi qu'il en est du passage du temps comme du rythme et de l'intensité variable des marées qui laissent en nous des espoirs en des jours tout vierges du passé. Et lorsqu'arrive le moment pour ce retour au point de départ dans ces allers retours entre ce sable laissé, je pars avec elle, heureux et satisfait. 

Malgré les temps difficiles pour le spectateur en confinement que je suis, grâce à la magie très réelle du virtuel (et des artisans qui savent bien le capter !) je me suis senti très "proche" de cette femme et de son cheminement exposé. 


samedi 7 mars 2020

Sur mes pas en danse: Interpellé par cette soirée à Tangente !

Ça ne sera pas la première fois que mes pas m'amènent à une proposition de "ma" gang de Tangente et que j'en suis "interpellé", sinon déstabilisé ! Cette fois, au programme, "pour 18 ans et +", deux performances dans l'intimité (lire ici aussi, proximité) de l'Espace Vert du Wilder. D'abord, Geneviève Smith-Courtois accompagnée par Juliette Pottier Plaziat nous proposeront "∞POSTX∞" qui sera suivi par "There she was" de et par Jane-Allison McKinney. 

            Photo de Jane-Allison McKinney par Francesca Chudnoff tirée du site de Tangente

En entrée de jeu, je dois dire qu'autant les unes que l'autre sont de nouveaux "visages" pour moi, le spectateur "aguerri" ! À part l'avertissement tant qu'à l'âge, je m'y présente donc sans aucune idée préconçue. Et en plus, je ne lis pas le feuillet de la soirée avant de prendre place dans la salle. Je pourrais dire que j'arrive "vierge" pour cette soirée !

Une fois les portes ouvertes devant moi, je découvre tout autour de l'espace de prestation des coussins tout autour par terre et on m'invite à prendre place sur l'un d'entre eux. Invitation que j'accepterai, bien que des sièges plus confortables, soient disponibles dans les trois premières rangées de l'estrade. Voilà une première invitation à partager de l'intimité que j'ai accepté. Juste après, bien installé, je peux découvrir cette jeune femme (Juliette Pottier Plaziat) "légèrement" vêtue, qui se retrouve juste là devant moi ! Sur cette scène dépouillée (pour ne pas utiliser le terme dénudée !), elle est sur un "lit" à adopter des poses. Ces poses, je le découvrirai plus tard, sont tirées d'un livre d'Annie Sprinkle qui présente "Bosom Ballet". Pour les intéressé.es, si le nom d'Annie Sprinkle ne vous dit rien, une courte recherche sur Google vous permettra de vous la"situer" ! En sourdine, nous pouvons entendre des paroles d'une femme (d'Annie Sprinkle, je suppose !) qui porte sur la "porn", mais impossible pour moi d'en saisir le propos, mon attention étant portée à l'arrivée des gens en salle et aussi par ce que cette femme au regard et au corps fort affirmés me propose. 

Une fois tous les spectateurs à leur place, débute officiellement la performance. Cette performance sur et autour de cet "autel d'exhibitionnisme" au milieu de la place, situe bien le malaise possible du spectateur. Elle semble fort à l'aise, mais moi homme blanc hétérosexuel, quelle posture de spectateur dois-je prendre ? Ma perspective oscille face à ce qui m'est offert et que cela peut susciter en moi. Mais le spectateur que je suis en a vu d 'autres et reste donc très attentif au propos !

Il y aura le chant des oiseaux qui accompagnera les premières étapes du cheminement de cette femme qui se présente à nous de façon fort affirmée tout en se dépouillant ! Le tout peut prendre des proportions multiples rehaussées grâce à sa caméra portative qui projette les perspectives sur les trois murs tout autour. L'esthétique qui en résulte est fort réussie et me plait beaucoup. Mon regard "navigue" frénétiquement entre la performeuse qui évolue en mouvements comme en propos et ses traces visuelles projetées sur les murs. Murs qui déforment d'autant plus qu'ils sont constitués de draps blancs tout ondulés.

Et puis arrive le noir (dans la salle) et le changement de perspective. Une fois les lumières rallumées, nous retrouvons tout au fond de la scène face au mur, un "autel", sur lequel se retrouve offerte à nous de dos, une autre femme (Geneviève Smith-Courtois) qui, elle aussi nous propose une perspective toute intime d'elle même. Perspective projetée qui intrigue d'abord pour ensuite faire réfléchir, sur ce que l'on peut voir ou sur ce que l'on veut voir. Aussi, de de cette autre perspective, jusqu'où peut-on ou doit-on aller pour se dévoiler ? À cette question, je suis incapable de donner ma réponse comme homme, à cette époque du "#me too" durant laquelle on se requestionne sur ce qui est souhaitable et même acceptable.

Et sur ces réflexions, les lumières s'éteignent et peu de temps après les applaudissements se font entendre avec les deux interprètes juste là devant moi !

S'en suit une courte pause durant laquelle nous pourrons rester en place. Et c'est que je ferai, le temps de laisser mon coussin sur la scène pour un siège en première rangée !

Une fois prêt pour la suite, les lumières éteintes et rallumées, nous apparaît dans le coin arrière droit de la scène une femme de dos. Elle n'a qu'une culotte et se met à évoluer de dos, d'abord pour ensuite venir vers nous dans une démarche lente avec un propos gestuels portés par ses mouvements de bras fort captivants que j'apprécie beaucoup! Une entrée en la matière fort bien réussie, de ma perspective. Pour la suite, les jambes et le corps compléteront son propos avec des éclairages qui colorent par intermittence le sol d'un bleu fort apaisant. Arrive le moment de la transformation, de la libération de ses cheveux, durant lequel elle revêt une robe noire et des souliers noirs à talons hauts. Sa métamorphose me captive, mais surtout ses déplacements parfois hésitants, mais le plus souvent affirmés sur ses talons hauts qui me garde rivé à elle. Et puis, en troisième partie de l'oeuvre, elle nous interpellera en anglais (mais on obtiendra en sortant de la salle la traduction française, merci Tangente !) avec un propos qui débute par "It's crazy, it's insane, it's wild" jusqu'à "it's can be funny". Son réquisitoire (traduit en français) de dix lignes et que je peux lire et méditer, j'en retiens principalement quelques mots qu'elle nous à illustrer juste avant "Tout oublier et foncer".

Et arrive le moment où elle revient en arrière, comme si elle revenait dans le passé pour retourner, non pas à son point de départ, mais un peu en avant et vêtue autrement ! Comme si l'expérience des pas faits sur cette scène comme dans la vie l'amenait à être autrement et ailleurs.

Voilà une oeuvre forte, un coup de cœur pour moi, avec je serais tenté de dire, du propos (ou en d'autres termes, riche dans la partie U.V. du spectre d'une oeuvre) et une prestation fort belle et bien exécutée. Une oeuvre dont autant le propos que l'interprétation m'a rejoint et m'a fait réfléchir!

Je ressors de la salle, interpellé, un peu troublé aussi, à la suite de deux oeuvres qui m'ont permis de découvrir autant les corps que les propos de femmes dans des démarches d'affirmation !

mardi 11 février 2020

Sur mes pas en danse: Une soirée fort contrastée chez Tangente !

Lorsque mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder, c'était pour assister à des rencontres avec des artistes que je connaissais, mais d'une différente façon. Avec "Suspendu au sol", Philippe Meunier et Ian Yaworski ne seraient pas sur scène dans leur oeuvre, mais seraient plutôt au commande de leur création. Et avec "Pythagore mon corps", c'est avec Stacey Désilier, la chorégraphe, et non pas l'interprète que j'aurais rendez-vous.

C'est donc dans une nouvelle tangente de leur parcours professionnel que ces créateurs m'invitaient en cette soirée de début février. Et moi, j'étais bien curieux de découvrir leurs propositions ! En cette soirée de première, la salle regorge de leurs collègues et membres de famille aussi, si je me fie à ce que j'entends derrière moi une fois rendu à mon siège.

Pour la première oeuvre de la soirée, à notre entrée, les quatre interprètes (David Campbell, Catherine Lafleur, Geneviève Lauzon et Liane Thériault) sont déjà là, "Suspendu au sol" (!) du grand lieu de l'Espace Orange. Pour peu que l'on s'y attarde, le titre intéresse. Tout amateur de gigue contemporaine sait qu'un élément fondamental de cette danse est le jeu des pieds fort dynamique, tandis que le titre me laisse imaginer ces mêmes pieds, mais tout immobiles ! J'étais donc bien intrigué de découvrir leurs premiers pas "hors piste" de la gigue contemporaine de ces deux chorégraphes-interprètes.

                                          Photo de Justine Latour tirée du site de Tangente

Une fois les lumières devenues discrètes, je découvre les corps qui se mettent à "pulser", les bras en premier, suspendus au sol ! Et puis, tout à coup, le groupe se met en mouvements surtout en duo, mais aussi ensemble tout en étant coloré de leur singularité. Je suis fort attentif, mais aussi très curieux de découvrir des traces de gigue contemporaine, mais rien ne transparaît à mes yeux. Comme pour éloigner la tentation, les mouvements se font surtout dans la latéralité de cette grande scène tout en bois, murs inclus. J'observe toutes les nuances de ces corps qui évoluent jusqu'à, tout à coup, la perspective change. Celle d'une frontalité caractéristique de la gigue. Je me mets à me dire intérieurement le dicton fort bien connu, "chassez le naturel et il revient au galop" ! Mais là, Robert tu conclus trop vite !!! Parce que si la frontalité des corps nous dévoile en fin de parcours des postures de gigue contemporaine, elles ne sont pas accompagnées des pas qui les accompagnent normalement, tout cela porté par une musique porteuse d'espoir vers de nouveaux horizons. Voilà des premiers pas "hors sentier" de ces chorégraphes, une prise de risque, loin de leur zone de confort, avec des interprètes qui ont su les présenter fort habilement. Et pour découvrir les prochaines destinations de ces pas, je surveillerai leur prochaine proposition.

Après les applaudissements bien mérités, arrive la pause durant laquelle nous pouvons rester en salle. Et c'est ce que je ferai ! Arrivent sur scène, pour s'échauffer, les interprètes (Charles Brecard, Justine Chevalier-Martineau, Noémie Dufour-Campeau, Roxanne Dupuis, Maïka Giasson et Alexandre Wilhelm) avec certaines parties de leurs vêtements haut en couleurs.

                                     Photo de Mathieu Desjardins tirée du site de Tangente

Après la pause de quinze minutes écoulée, "Pythagore mon corps" débute. L'oeuvre débute dans les terreaux des arts martiaux, des danses urbaines et de la boxe, comme annoncé, loin donc de mes territoires de prédilection. Mais je dois l'avouer, ce que je vois, capte "ipso facto", mon attention. Il s'y dégage une logique presque cartésienne de relations que je tente de déchiffrer. Je vois dans le tracé du propos chorégraphique, une jeunesse qui s'affirme à la recherche des limites. Est-ce les limites face à soi-même, face aux autres ou tout simplement face à l'environnement ambiant ? Je ne saurais l'affirmer, mais je retrouve dans les mouvements une recherche face à l'adversité colorée d'insolence. Et comme pour la formule de Pythagore, "c'est au carré" qu'il faut considérer l'effet de la gravité pour contrer la chute au sol des corps. Et lorsque, dans un tableau trop court, les corps se colorent tout en bleu, l'effet est fort impressionnant. Et en fin de parcours, j'acquiesce à ce qui m'était annoncé dans le feuillet de la soirée, "le spectateur est témoin de l'éternel balancement entre la rationalité et l'animalité humaines." J'ai eu l'impression de découvrir une reconnaissance corporelle de nos perspectives contradictoires face ce que nous pouvons ressentir intérieurement face à des situations difficiles.

De retour chez moi, dans le métro d'abord et l'autobus ensuite, je me mets à penser à mes collègues, enseignant.es en mathématiques, qui me parlent d'une équation ou d'une démonstration mathématique comme des choses esthétiques "tellement" belles ! Avec cette oeuvre, je me suis mis à mieux les comprendre !



samedi 18 janvier 2020

Sur mes pas en danse: Retour sur ma soirée fort porteuse de messages riches des esthétiques proposés

À cette soirée de Tangente à laquelle mes pas m'ont porté, les deux oeuvres que j'allais découvrir étaient le fait de créateurs que je connaissais et que j'appréciais. D'abord "Habitat" de et avec Bettina Szabo, dont j'en avais, entre autre, déjà vu deux versions de cette oeuvre dont la première au Studio 303, il plus de 3 ans ! Ensuite, "On the Brink" de et avec Alexandre Mortin et Jonathan Goulet qui tous les deux, un comme chorégraphe et l'autre comme interprète m'ont fait plonger dans un univers marin avec "Breach", l'an dernier. Deux oeuvres avec du propos, mais aussi avec la latitude pour en faire ma lecture personnelle.

C'est donc dans l'Espace vert du Wilder, riche de l'intimité qu'elle permet ("full plein" en cette première soirée), qu'en première rangée, je découvrirai ces deux propositions chorégraphiques.

Je reviendrai sur chacune d'elle, mais en revenant à la maison, j'avais en tête, leur habile utilisation des accessoires pour passer leur message. Deux oeuvres qui ont de ma perspective toute personnelle possèdent un rayonnement spectral très fort dans la partie ultraviolette, soit la partie rationnelle d'une oeuvre. Pour les deux, j'ai trouvé des messages, les messages souhaités, je ne saurais dire, mais des messages qui m'ont touché et voilà pourquoi.

D'abord, dans "Habitat" se présente à nous, un être incarné par Bettina Szabo qui évolue seul loin de nous. Elle, pieds et mains par terre, face regardant en haut, bouge de façon incertaine. Que recherche-t-elle, chacun pourra y trouver sa réponse, mais pour ma part, elle recherche un abri, un "Habitat", une protection face à son environnement ! Et cet abri, elle le trouvera avec ce bel objet de papier dans lequel elle se glisse. Cet objet difficile à décrire, mais fort beau à voir, elle le module avec ses mouvements et selon des intentions connues juste par elle, mais qui, néanmoins, nous permettent de nous laisser toute la place pour notre interprétation. Et puis, une fois sa place fait à l'intérieur, elle se met à rayonner. Et là, mon plaisir du spectateur y trouve son compte d'espoir. Parce que le message, encore latent dans ma tête à ce moment, éclot à mon retour à la maison. Ainsi donc cette femme ou cet homme qui vient de là-bas et qui veux venir ici, devra d'abord s'intégrer pour ensuite contribuer (ou rayonner). Une oeuvre en trois temps, en une trentaine de minutes, qui résume le cheminement d'un être "différent" de là-bas jusqu'à son intégration positive parmi sa communauté d'accueil !

                                         Photo par Guillaume Lavallée

Après la pause, nous reprenons place pour découvrir "On the Brink". Au début, tout est noir et nous apparaît un faisceau de lumière blanche dirigée vers nous sans que l'on en découvre plus sur la scène devant. Peu à peu, au gré de ce faisceau lumineux de plus en plus révélateur, nous apparaît deux hommes dans un environnement lunaire ou post apocalyptique. Il semble être les deux seuls survivants dans un environnement géologique hostile. Peu importe l'objectif de leurs mouvements, il sont à la recherche de quelque chose et bientôt, il semble que l'espace soit trop petit pour les deux. De leur confrontation en résulte que l'un reste et que l'autre est propulsé tout là-bas (ce qui est en fait dans le fond de la scène) sans ses habits. Il y donc celui qui reste et celui qui part, libéré, et nous, nous en sommes témoins. De ma perspective, une fable moderne de notre monde en mode décomposition et du choix que nous devrons faire ou que nous serons forcés de faire !

                                          Photo par Carl-Hugo Poirier

Au final, deux oeuvres fortes de leur esthétique et de leur message qui avaient une résonance forte en moi. Une qui parle de venir ici et l'autre de partir pour là-bas. Deux oeuvres enrobées d'un bel esthétisme et d'une trame musicale fort riche et porteuse. Une soirée qui m'a permis des réflexions fort riches, cela grâce à des jeunes qui ont vu des aspects de notre monde d'une façon toute personnelle.




dimanche 24 novembre 2019

Sur mes pas en danse: "Plongée" dans des univers féminins

Décidément, ces derniers temps, la plupart de mes différentes sorties culturelles m'amènent vers des univers féminins et à chaque fois, j'en reviens troublé, de ce trouble qui permet de requestionner certaines de mes perspectives masculines. Fort satisfait aussi, parce que, comme l'écrit Hugo Latulippe dans son essai "Pour nous libérer les rivières", l'art nous permet de nous "Libérer de nous" et de nos ornières, je serais tenté d'ajouter.  Que je le veuille ou pas, je suis le produit de mes origines différemment déclinées. De ces formatages familiaux, culturels et scolaires qui orientent mon parcours.

Voilà pourquoi, au final, le programme double de Tangente m'a intéressé, d'autant plus que moi le peu athlétique jeune homme, j'étais admiratif de ceux et celles, talentueuses, qui pouvaient utiliser leurs habiletés pour "performer". Moi, sur la touche, je ne pouvais être qu' envieux!

                                          Photo de Tess Martens par Scott Lee

                                         Crédit de Caroline St-Laurent et Taos Daphné Houasnia

Mais il peut y avoir un côté sombre, sinon ombragé, à ce que les projecteurs nous montrent et c'est en ses eaux troubles que "Slow Change" de et avec Tess Martens et "Nadia, est-ce que ça va ?" de Liliane Moussa et Caroline St-Laurent avec Marilyn Daoust, Anne-Flore de Rochambeau, Marine Rixhon et Liane Thériault, nous plongent.

Une soirée qui débute avec une entrée en salle avec une invitation à prendre place sur un des coussins près cette petite scène surélevée sur laquelle se retrouve debout l'interprète de "Slow Change". Plusieurs, dont moi, accepteront cette invitation, tandis que d'autres iront prendre place dans un siège dans les estrades de l'Espace Orange. Sur cette scène, se retrouve deux sacs et une radio avec pas trop loin, cinq maillots accrochés. Un peu avant le début de sa prestation, Tess Martens, tout en interpellant avec son regard, nous invite à nous rapprocher. Et puis débute cette rencontre "performative" qui débute par son dépouillement vestimentaire pour endosser ses habits de nageuse synchronisée. Difficile de rester impassible, sinon même mal à l'aise, devant et si proche sur mon coussin, de sa métamorphose de femme toute ordinaire en "nageuse", vêtue de son maillot jaune. Elle "plonge" parmi nous (audacieux spectateurs sur les coussins) dans une série de mouvements répétés à la cadence de "one to eight". Rien ne semble agréable dans ses mouvements, peut-être une détermination à aller au bout jusqu'à ce qu'on lui demande. Une fois la première "routine" complétée, elle revient, se "drappe" en bleu pour replonger dans son rôle et parmi nous, tels des molécules d'eau (H2O). De mon point de vue, cette femme se décompose. Sa nature se désagrège devant moi et je ne peux rester indifférent. Je ressens fortement le traumatisme passé. Et puis arrive le moment où elle quitte sans regarder derrière et ni non plus accueillir nos applaudissements.

Il me faudra un certain temps pour émerger de cette prestation et suivre les indications à quitter la salle.

À mon retour, bien installé sur un siège en première rangée, j'attends le début de "Nadia, est-ce que ça va ?", question que j'aurais volontiers posé à Tessa Martens, suite à la première partie de cette soirée.

Nadia (Comaneci) qui a révolutionné l'univers de la gymnastique (aux Jeux Olympiques de Montréal) avec ses "10", était-elle le produit d'un "formatage" idéologique qui a encore aujourd'hui ses entrées dans les lieux performatifs des "Filles en série" ( comme je l'ai lu dans l'essai de Martine Delvaux) ? Ce formatage "dépersonnalisant" et opprimant semble encore exister et c'est ce que je découvre devant moi. Le principal intérêt de ce qui suivra est la décision des créatrices de nous le présenter à rebours pour nous amener à l'origine du besoin de s'exprimer. D'abord, dans des costumes fort fragiles, fait de papiers d'emballage, ces quatre femmes nous proposent des mouvements synchronisés qui au gré des mouvements, montrent des fractures vestimentaires comme chorégraphiques. Comme le maquillage, est-ce dans les fractures que la nature se révèle ?

Il s'en suit, un tableau fort riche durant lequel en duo, elles établissent un langage corporel. Exercices fort beaux, mais interrompus par un signal de plus en plus incommodant. Leurs regards le démontrent de façon fort éloquente. Je l'ai perçu comme la première étape de ce "domptage" des corps et des esprits. Et puis arrive en fin de présentation, les moments de liberté, durant lesquels, ces femmes peuvent s'exprimer en toute liberté. Ces moments qui révèlent les motivations premières et sans contrainte de s'exprimer !

Si, pendant la présentation de l'oeuvre, le sens inversé ne m'était pas apparu, ma réflexion au retour à la maison me l'a fait réaliser, suivi du constat du prix à payer pour être sous les projecteurs.

S'il m'arrive que de rester satisfait au retour d'une oeuvre, cette fois, la réflexion qui en suivait m'a interpellé sur ma propre posture professionnelle et m'a fait poser "la" question, comme citoyen, "Robert, est-ce que ça va ?"

Merci mesdames, rien ne sert de se mettre à l'abri, ce costume que nous endossons peut s'avérer fragile et chaque rappel mérite que l'on s'y attarde.

mardi 29 octobre 2019

Une soirée chez Tangente qui ne laisse pas indifférent !

Ainsi donc pour ce programme double Tangente nous proposait deux œuvres fort différentes, mais qui chacune à sa façon ne laissait pas le spectateur que je suis, indifférent, comme tout le public autour, et cela sur deux registres fort différents !

D'abord sur un ton, "toi, tu m'a fait un grand effet et tu es tatoué dans mon imaginaire", Marie Mougeolle, accompagnée sur scène par son frère, Mathieu, nous propose "Quand je serai grande, je serai (guitariste de) Michael Jackson.". Rarement pour moi, des parenthèses dans un titre ne m'ont semblé si bien appropriées. Parce qu'elles sont tout simplement, le signe d'une distanciation, d'une fracture dans la vie de quelqu'un ou plus précisément de "quelqu'une" ! Effet rehaussé par les deux temps de l'oeuvre.

Dès son arrivée sur scène, "Black or white", l'esthétique du tableau et la beauté des gestes captent mon attention. L'interprète est toute investie et nous entraîne dans sa confession chorégraphique. Lorsqu'on est jeune, les personnages se déifient, et comme jeune femme fascinée par le mouvement et ayant comme aspiration d'en faire l'objet d'une carrière, Michael Jackson et son "moonwalk" devient une idole. Mais la vie réserve son lot de surprises et de déceptions et la jeune femme perd ses illusions, comme un papillon qui sort de son cocon pour affronter la réalité

                                Marie Mougeolle par Josée Lecompte tirée du site de Tangente

Et c'est exactement ce que j'ai pu voir durant ces moments forts  colorées de gestes fort éloquents et surtout manifestement très personnels. La créatrice et chorégraphe m'a présenté comment elle a vécu son cheminement. Et moi, de mon siège, je l'ai ressenti. Elle m'en a témoigné et je suis certain qu'aucune parole n'aurait pu me le transmettre avec la même éloquence. À cette époque durant laquelle plusieurs héros sont déboulonnés de leur pied d'estale, il est quand même rassurant que ceux et celles qu'ils ont inspiré.es ont, néanmoins, trouvé leur chemin et leur inspiration. Et pour cela, merci Marie Mougeolle de ce bel exemple!

Sur des applaudissements nourris fort bien mérités, les artistes quittent la scène et nous, spectateurs, peu après, prenons congé de notre siège pour l'entracte.

À notre retour, la scène toute dépouillée de la première oeuvre, laisse place à une scène avec ici et là des objets et des personnages aussi. Tout en observation et en attente pour "Dousse nuit, holey night" d'Audrée Lewka et les Lewski. Je dois l'avouer, j'ai été décontenancé dès le premier tableau. Et pourtant, si je m'étais mieux informé, j'aurais su que de la chorégraphe Audrée Lewka, j'avais déjà vu, il y a un peu plus d'un an aux Danses Buissonnières "Poneyboyz", pour laquelle, j'avais écrit " une oeuvre désarçonnante, forte de son ironie", et "Une pièce "féminine" qui saisit fort bien (selon moi), l'âme masculine avec son côté équin et du "poor lonesome one cowboy !" sauf que que son nom était différent, soit Audrée Juteau ! Soit attentif, cher spectateur !!!

C'est donc dans une célébration déjantée, d'après célébration que nous sommes conviés. Comme si nous étions sous l'effet de certaines substances, les objets prennent vie grâce à Guillaume Danielewski, David Emmanuel Jauniaux, Victor Naudet, Olivier Landry-Gagnon sur scène et Audrée Lewka au commande en bordure de la scène, dans une série de tableaux qui pourront produire différents effets entre le rire et "qu'est ce que c'est ça !" Pour ma part, j'ai navigué entre ces deux pôles tout en étant fasciné par l'utilisation des accessoires. Est-il possible de revisiter des "lieux communs" pour en présenter un aspect fort différent et un peu éloigné des "Toy Story" ? En cette soirée, il est possible de dire oui !

Donc au final un programme double différent qui ne laisse pas indifférent !


mercredi 16 octobre 2019

Sur mes pas en danse: Une rencontre marquante avec Nasim Lootij et "La Chute"

Mes pas me portent à bien des endroits "de danse" et ma curiosité me font rencontrer de nombreuses personnes fort intéressantes avec qui j'échange. Il y a quelques mois, je discutais pour une deuxième fois avec une chorégraphe interprète qui préparait une oeuvre. Je me souviens encore que j'avais trouvé intéressant et prometteur son projet qui l'illuminait. Je m'étais donc promis d'aller le découvrir une fois à l'affiche. Le temps a passé et "mosus de mosus !!", une fois le moment arrivé, pas de place dans mon agenda de sortie !

Mais grâce à Nasim Lootij, chorégraphe interprète, j'ai pu assister à la générale et "tellement" heureux d'avoir eu ce privilège. Nasim est iranienne et pas besoin de longues explications pour comprendre que dans son pays, depuis de nombreuses années les arts comme les artistes qui les incarnent ont eu la vie dure et des perspectives limités pour s'exprimer . Entre "L'ombre et la lumière", le fil est ténu, sinon absent pour pouvoir s'exprimer.

                                                       Photo tirée du site de Tangente

Je suis donc bien intéressé à découvrir ce qu'elle me "dira". Et son propos riche de sa dualité m'a intéressé et touché aussi tout au long de sa prestation. Dualité qui nous apparaît d'abord avec son arrivée graduelle, lumière timide sur grand fond d'ombre. Dualité qui lui fait prendre la relève à une chanson lorsqu'elle s’interrompt. La dualité des traditions et de la modernité que l'on tente de concilier et que je perçois aisément.

J'ai encore en tête ce moment durant lequel, tête penchée, elle fait sortir de sa longue et magnifique chevelure, ses doigts comme une tentative "réussie" de faire sortir le mouvement de la tête des créateurs. Et lorsqu'elle nous quitte, en reculant, j'aurais tant espérer que ce visage sombre montré au début, s'illumine d'un sourire, même léger et discret, pour espérer en un avenir meilleur pour elle et les artistes de son pays !

"La chute" a été pour moi, une rencontre marquante avec une artiste qui porte sobrement et intensément son propos et qui le fait fort bien. Une première rencontre qui je le souhaite, sera suivie par d'autres. Merci Nasim pour ton invitation !

mercredi 2 octobre 2019

Sur mes pas en danse: Des "Danses Buissonnières" qui s'avèrent, encore cette année, fort prometteuses !

Année après année, mes pas m'amènent jusqu'aux "Danses Buissonnières" et pour l'édition 2019, toujours gracieuseté de Tangente, le plaisir a été encore au rendez-vous. C'était soirée de première et l'Espace Vert était fort touffu de spectateurs. Au programme, cinq courtes œuvres (d'une dizaine de minutes) qui encore cette année couvrent le spectre des genres chorégraphiques, tout en portant un éclairage sur ce que nous pourrons découvrir ces prochaines années.

                                          Photo de "Ellipses" tirée du site de Tangente

C'est donc de mon siège, première rangée, que je découvrirai d'abord "Leaky Im-mediation / Transcorporeal Creeping" de Lara Oundjian. Annoncée comme un solo sensoriel, pour nos yeux et notre ouïe, c'est, effectivement, ce que je découvrirai avec plaisir. Partant du coin de la salle, aux bruits de l'eau qui pulsent notre attention et qui intriguent aussi. La suite s'avère pour moi, la propagation des vagues et des ondes sonores. Le tout est intrigant, mystique aussi, révélant la fluidité des gestes et du propos chorégraphique. De son expédition, j'en reviens avec l'impression d'avoir découvert l'état aqueux dans tous ses états ! Une oeuvre qui capte l’œil, mais libère notre esprit. Un de mes coups de cœur de la soirée.

Il s'en suit "Ponos - à l'épreuve du poids" de et avec Lauranne Faubert-Guay. Tout de noir vêtue, excepté deux bandes roses, elle nous arrive et se met à mettre sur scène sa "ligne (rose) de vie". Tout au long de sa tâche, il semble que le point d'encrage lâchera, me gardant captif à ses gestes ! Mais le début de cette ligne restera bien en place et je découvre cette jeune femme qui arpente dans un sens comme dans l'autre avec différentes émotions, surmontant manifestement des situations difficiles. Et arrive le moment de faire le bilan ! Et son constat, elle nous le fait partager et je le ressens parfaitement. J'aurais bien aimé me lever et aller à sa rencontre pour la réconforter ! Une belle démonstration que la vie toute linéaire dans sa structure temporelle, peut receler des variations non linéaires, sinon des détours ou des chutes qu'il faudra surmonter !

Début de l'entracte et sortie de salle !

Fin de l'entracte et retour en salle !

Une fois les lumières éteintes nous arrivent les trois "personnages" (Kali Trudel, aussi chorégraphe, Alexandra Kelly et Izabelle Pin) de "Psukhê" (mot qui vient du grec ancien et qui signifie âme). Chacune se présente avec le visage recouvert, nous présentant ce qu'elle veulent bien nous présenter d'elle. Comme en société, leurs comportements semblent dicter par des règles invisibles mais bien réelles. Et puis arrive le moment charnière, durant lequel deux d'entre elles mettent bas les masques et poursuivent leurs chemins de vie, tandis que derrière, la troisième résiste. Malgré ces différences, les interactions proches et lointaines semblent bien concrètes. Une oeuvre pour moi quelque peu hermétique, mais dans laquelle j'ai vu un bon début de réflexion sur nos comportements humains.

Il s'en suit "Ellipses" de Stefania Skoryna", interprétée par Miranda Chan, Mathilde Heuzé et Raphaëlle Renucci. En quelques mois,à peine, je la voyais pour une troisième fois, mais pas question de me lasser. Au contraire, les mouvements m'ont encore plus captivé, fasciné même ! La maîtrise, par les interprètes, du propos chorégraphique, me semblait encore plus grande, parce que cette pièce demande une précision qui impressionne. À quand une version plus longue ?

Le tout se termine avec "En attendant" de _Demerde (aka Ariane Demers). Avant de débuter, la chorégraphe vient devant nous pour nous demander de prendre place tout autour de l'espace de prestation. Le résultat devient selon ma perspective, un cocon de protection pour ces corps uniques (Marie-Denise Bettez, Didier Emmanuel, Cédric Gaillard, aka Blôsch, Laurence Gratton, Matthy Laroche et Izabelle Pin).

La suite s'avère une célébration décontractée, sans cadre rigide comme devrait être notre réception à la diversité corporelle. Une dernière oeuvre qui nous propose de poursuivre notre ouverture face à la différence.

Ainsi donc, cinq œuvres que le comité de sélection (comité de pairs) nous a proposé pour nous préparer aux nouvelles tendances à venir sur la scène. Cinq œuvres qui mettent le corps au centre d'une réflexion du sens de la vie et de l'avenir, droit devant !






vendredi 24 mai 2019

Mon retour sur "Terrien" de Nate Yaffe présenté à Danscussions & Co, le 24 mai d'un printemps qui se fait discret !


Merci beaucoup Maud et bonjour à vous tous,

Heureux de revenir pour faire une petite saucette avec vous dans les ondes estivales de Danscussions & Co en cette saison de festival.



Je voudrais, aujourd’hui, revenir sur une de mes plus récentes sorties danse pour vous partager mes observations et mes impressions, fort positives, par ailleurs. Sortie pour laquelle, j’étais accompagné par deux de mes trois petits-fils pour découvrir « Terrien » de Nate Yaffe présenté par Tangente. J’avais écouté avec intérêt les différentes étapes de la création de cette œuvre pour jeune public qu’il a présentée au cours de l’émission du 10 mai dernier. Ce fut le déclencheur pour proposer à mes trois petits-fils de m’y accompagner. Mais lorsque je leur mentionne que ce spectacle sera interactif, cela les convainc moyennement. Malgré tout, sûrement pour faire plaisir à leur grand-père, les deux plus jeunes, de 8 et 4 ans, presque 5, ont accepté de m’accompagner.

Au moment d’aller les chercher, le plus jeune hésite, et c’est un euphémisme. Malgré tout, il accepte et nous nous rendons jusqu’au Wilder. Devant la porte de l’Espace Vert, se retrouvent des petits-fils incertains et un grand-père rassurant. Nate, je compte sur toi! me dis-je intérieurement. Tout autour de nous, plein de parents accompagnés par leurs enfants et des adultes seuls aussi.

Le moment venu, Nate nous invite à entrer et à examiner attentivement les trois « sculptures », intrigantes, suspendues au milieu de l’espace Vert. Si le grand-père est en territoire familier, ce n’est pas le cas du plus jeune qui exprime dans cet espace une certaine crainte, sinon une crainte certaine. Rien à faire, l’examen des trois sculptures suspendues ne fait pas parti du programme de sa journée. Nous nous replierons donc sur un banc pour apprivoiser le lieu et faire l’examen de ces objets suspendus, pendant que la salle fait son plein de spectateurs de tout âge fort curieux. Je le sens, je devrai composer avec différents rôles, celui de spectateur, celui d’observateur et aussi celui de grand-père attentif et rassurant. Puis débute la représentation, dirigée par Nate Yaffe qui nous demande de choisir notre « sculpture » préférée en nous rassemblant au-dessous. Ce que nous ferons, quoiqu’en périphérie, pour participer à ce qui suivra.

Nous serons invités à définir ce que peut être un « terrien », d’un être humain à une roche, en passant par les animaux et les bactéries. Les jeunes y contribuent avec un grand enthousiasme!
Et la suite est fort bien pensée et habilement amenée. Une fois trouvée la nature de notre sculpture, nous sommes invités à lui trouver un nom et les mouvements pour l’animer. Ce que nous devrons faire en groupe, d’abord pour ensuite le présenter aux autres. Puis tous, sont invités à danser, d’abord en groupes et ensuite, tous ensemble. De notre côté, mes petits-fils et moi, choisirons une position défensive, soit celle du repli et de l’observation. Ce qui me permet d’observer que les autres, plus jeunes comme plus vieux, de tout le spectre des âges, embarquent dans la proposition.

Et puis nous sommes invités à nous replier derrière le cercle éclairé pour découvrir les trois interprètes, Angie Cheng, Pénélope Gromko et Lauren Semeschuk qui prennent possession de ce cercle éclairé que nous libérons de notre présence. D’abord, elles dansent, ensuite, elles dépouillent graduellement de leurs attraits les sculptures qui à tour de rôle, descendent proche du sol. Fort fascinant de découvrir la suite. De la sculpture à l’interprète, qui l’utilise et le partage avec une autre pour, ensuite le laisser en bordure du cercle à la portée des spectateurs. Et tout naturellement, jeunes et moins jeunes en prennent possession et les utilisent pour s’en parer. De ma position en repli avec mes deux accompagnateurs fort attentifs eux aussi, je peux constater que graduellement les jeunes commencent à occuper la place, sans qu’aucune directive ne soit formellement donnée, et ainsi participer à l’œuvre. Et pis arrive le moment, où tous sont invités officiellement à participer à l’œuvre en dansant.

Le tout se termine lorsque Nate Yaffe, « maître de cérémonie », nous invite à nous asseoir et à partager nos impressions, Ce que j’entends des jeunes et des plus vieux est fort intéressant et me confirment qu’ils ont bien compris l’intention de l’œuvre, avec des mots comme rencontre, évolution et mutation.

Voilà, selon moi, une œuvre intelligemment construite qui amène les spectateurs de tout âge à participer sans que les mots ne soient nécessaires.

Une œuvre fort intéressante, qui s’adresse aux enfants, mais pas pour tous les enfants, si je me fie à la réaction de mes petits-fils. Il en reste qu’au retour à la maison, ils m’indiquent qu’ils ont bien aimé, même si, à leurs parents, leur réponse est plus tiède !!! Gentils et protecteurs, mes petits-fils ! En conclusion, pour un chorégraphe qui a dit « je ne sais pas faire cela » en début de processus, Nate Yaffe et tous ses collaborateurs peuvent dire mission accomplie. Et ils devraient poursuivre dans cette voie, celle de l’inclusion ! Merci Tangente de lui avoir permis d’aller à la rencontre d’un plus grand public.

Et à vous toutes et tous, bonne saison de festivals !

lundi 29 avril 2019

Sur mes pas de spectateur en cette Journée internationale de la danse !

Mère Nature, elle aussi voulait la célébrer cette journée ! Par conséquent, c'est par un temps ensoleillé que mes pas m'ont amené à deux présentations publiques pour l'occasion.

Premier arrêt, après quelques détours, l'Agora centrale du Pavillon Judith Jasmin de l'UQAM pour découvrir "Boudoir et compagnie" de Lila Geneix, interprété par Anna Erbibou, Alice Marroquin Ethier et Danae Serinet Barrera. L'espace est libre, peu de gens déjà présents, mais une console et un haut-parleur indiquent bien que je suis au bon endroit. Je prend place et une fois assis, arrivent la chorégraphe et ses interprètes. Elles établissent leurs repères et moi, fort attentif, je trouve la bonne place pendant qu'à côté, les gens passent, portés par leur occupation. Je suis rejoint par d'autres et nous nous mettons en mode attente.



Le moment venu, nous avons droit aux présentations d'usage d'Alain Bolduc (du Département de danse) et d'extraits du texte fort beau et inspiré de Louise Lecavalier composé pour cette journée. Et juste après "Boudoir et compagnie" débute avec l'arrivée de ces trois femmes, toutes majestueuses de leurs gestes et qui prennent la pose, sur la balustrade, à distance les unes des autres. Elles commence à s'exprimer "muettement" au son d'une musique classique et se rapprochent pour finir toutes ensemble, avec un "pause" sur l'image, soit un tableau des "grâces du siècle dernier en ré majeur" !

Et de leur piédestal, elles viennent vers nous, jusqu'à nous, jusqu'à moi aussi ! Je serai donc invité, avec d'autres, à participer en mouvements à cette oeuvre par une de ces femmes (Anna, tout sourire). D'abord surpris, déstabilisé, je peine à suivre les indications pourtant fort précises de ma guide. Moi, qui pourtant juste un moment avant, trouvait qu'il y avait trop peu de spectateurs, tout à coup, il y en avait beaucoup, témoins de mes gestes incertains et malhabiles. Mais peu à peu, je prends le contrôle de mon corps et de mes gestes pour arriver à suivre approximativement le cours des mouvements des autres ! 

Et puis, ces femmes nous ramènent à nos sièges et retournent en haut dans leur boudoir, "leur petit salon intime" pour dans leur intimité, nous montrer que derrière la prestance des gestes, elles peuvent aussi être entraînées dans la décadence de leur nature intime. Comme quoi, elles et moi, nous ne sommes pas parfaits !

Une oeuvre en trois temps, fort appropriée pour cette journée, en nous incluant dans la danse, qui a fort bien mérité les applaudissements qui ont suivis. De ces jeunes femmes qui l'an prochain, compléteront leurs études (Bac. en danse), l'avenir semble prometteur et moi, promis, je serai là, très intéressé, pour en découvrir les prochains pas en interprétation ou en création. 

Je me remets en marche pour me diriger jusqu'à la Place des Festivals pour assister à "JoBlo" avec les 330 élèves de l'école Lanaudière (sur le Plateau Mont-Royal). Projet fort beau porté par ma gang de Tangente et mis en mouvements par Philippe Meunier et Ian Yaworski, accompagnés par des diplômé.es de l'École de Danse Contemporaine de Montréal. Sans oublier les profs de cette école, fort présents et alertes (je peux en témoigner), durant la préparation, avant, et le moment de prestation.

"J'aurais voulu être un danseur et faire la Place des festivals", voici ce que ne pourront pas chanter ces 300 élèves de l'École Lanaudière. Et c'est sous un beau soleil et devant un public fort nombreux que ces élèves nous ont présenté leur création qui a touché ma fibre de spectateur et de grand-père. Une dizaine de minutes durant laquelle, ils nous proposent des tableaux riches en symboles et mouvements. Tout autour, la foule nombreuse écoute, regarde et aussi, capte ses moments. Certains le font par leurs "bidules" intelligents, d'autres, comme moi, seulement par leurs sens et leurs émotions. Un moment trop court, mais fort riche et porteur d'espoir. Et c'est sur cet espoir, que je quitte cet endroit, plus léger, heureux.

De ces deux moments, je peux conclure que la danse et la jeunesse sont deux éléments essentiels pour espérer en des jours meilleurs. Le soleil tout en haut dans cette journée (probablement la seule, où il sera présent) semble m'appuyer !



lundi 8 avril 2019

Sur mes pas en danse: Retour sur une belle soirée colorée d'intériorité au Wilder

L'horaire de présentation me le permettait et la proximité des lieux de présentation tout autant. Voilà donc pourquoi, mes pas m'ont amené jusqu'au Wilder pour d'abord découvrir dans l'espace Bleu "L'antichambre de la création" d'Aurélie Pedron et ensuite pour assister quelques pas plus loin dans l'espace Vert,  au programme double proposé de Tangente avec les créations de Leticia Vera et de Sarah Maria Samaniego.

Ainsi donc, en tout début de soirée, je suis un des premiers à me rendre prêt à découvrir "L'antichambre de la création". De cette créatrice hors-norme, je n'en suis pas à mes premières expériences toujours heureuses et intenses. Voilà donc pourquoi, lorsqu'on me demande d'enlever, mon manteau, mes chaussures, mais aussi ma montre et mes lunettes, je n'étais pas trop surpris. Mes rencontres précédentes avec "Entre" et "Corps Caverneux" s'avéraient fort instructives. Comme l'a utilisé de façon fort habile le réalisateur Stéphane Lafleur avec la dualité phonétique (qu'il est préférable de lire à haute voix pour mieux la saisir !) de son titre de film, "En terrains connus", j'ai vécu une plongée en apnée temporelle tout autant en "terrains connus" qu'en "terres inconnues". Et lors de mon retour à la réalité du temps présent, un moment de décompression fort essentiel m'a permis de revenir "là et maintenant".

Impossible de savoir à l'avance ce que chaque spectateur ressentira lorsqu'il "vivra" cette expérience, mais, pour peu qu'on lâche prise et que l'on fasse confiance, c'est aussi en nous que nous plongerons pour y découvrir notre nature enfouie. Pour les intéressé.es, rendez-vous l'automne prochain et je vous le recommande, pour vivre une réalité, autrement.

C'est donc tout à côté que je me dirige pour prendre place dans la file d'attente pour assister au programme double de Tangente. Feuillet en main, je découvrir que l'eau est un trait commun des deux oeuvres à venir. Donc, "Paagos (Drift)" de Sarah Maria Samaniego que "La Soif" de Leticia Vera, utilisent cet "élément essentiel de la Terre et du corps humain".

                                          Photo de Barbara Diabo par Damian Siqueiros

C'est donc avec des spectateurs tout autour de l'espace de présentation et sur "des images d'eau projetées" sur le plancher scénique que nous arrive cette femme tout de blanc vêtue. Sur cet espace, elle trouve sa place pour ensuite sembler combattre pour la conserver. Je sens le message, doucement et fermement transmis par tous ses déplacements et les manipulations avec les quatre bandes de plastique disposées au quatre coins de la scène. Comme si elle devait combattre les "récifs" de la vie qui veulent la briser. Ce qui, pour moi, semble en lien avec ce qu'elle vit dans son pays, soit Les Philippines. Il en reste que de sa présentation qui a tout de premiers pas (normal si je me fie à l'âge qu'elle semble avoir), je sens une calme affirmation qui n'a d'égal que la beauté de son sourire en fin de présentation.

Une fois les derniers applaudissements envolés, nous, spectateurs, quittons pour permettre la mise en place la deuxième partie, "La soif" de Leticia Vera par Ivanie Aubin-Malo, Barbara Diabo et Mariana Minutti. Et comme l'annonçait le texte de présentation, "Autour de nous : un univers mystique blanc. comme si nous nous trouvions au centre d'une goutte d'eau.", c'est ce que je découvre dès les premiers moments. Tout au fond de l'espace scénique, les trois interprètes dans une bulle semblent lutter avec douceur et détermination contre la pression externe pour venir vers nous. Elles la déforment, à la recherche d'un point de faiblesse pour la faire grossir et éventuellement pour pouvoir en sortir. Et c'est ce qu'elles feront avec grâce tout doucement.

La suite, fort bien appuyée sur scène par Moe Clark (directrice sonore, compositrice et performeuse musicale), m'a amené dans un cérémonial que j'ai ressenti plus que je n'ai vu, au sens rationnel du terme. J'ai accueilli les différents tableaux comme la terre reçoit dans ses interstices, cette eau dont elle a grand besoin ou le sable qui prend ce qu'il a besoin de l'eau riche en nutriments, apportée par les différentes vagues.

Des moments tout teintés en rituel qui m'ont emporté tout à l'intérieur de moi-même et m'ont fait grand bien.C'est porté par ces derniers moments que je suis revenu à la réalité, mais sans que ses humeurs n'aient de prises sur moi.

mardi 12 mars 2019

Sur mes pas en danse: Une sortie danse tout en atmosphère chez Tangente.

S'il y a une évidence dans l'univers chorégraphique, c'est bien celle que les oeuvres évoluent et qu'elles prennent le temps de le faire. À preuve, les deux propositions de Tangente en ce début de mois de mars, "Look" de Bailey Eng et "Breach" d'Alexandre Morin que j'avais découvertes lors des Danses Buisonnières en automne 2017. Cette fois, c'est dans l'Espace Vert, plus intime, que je suis invité à venir les redécouvrir. Il y a quand même quelque chose d'intéressant à revenir voir deux œuvres plus matures dans un espace plus intime. Comme si l'éclosion, plus d'un an plus tard, de ses propositions nous demandaient une plus grande intimité ? Et au final, ce fût selon moi, une très bonne décision.

Une fois, l'ouverture des portes faites, nous devons prendre place autour du lieu de prestation, contenant certains objets sur le plancher, attendant l'arrivée de "Look, la mystérieuse créature" (selon le feuillet de la soirée) de et avec Bailey Eng. Une fois tous les sièges occupés, les lumières s'éteignent et comme pour la fois précédente, son arrivée est particulière. Plutôt que d'investir un territoire occupé, par l'oeuvre précédente, elle nous arrive, cette fois, du haut du plafond par une lente descente d'un mât chinois. Tout au long de sa descente, difficile de distinguer les différentes parties de la "créature", tant le corps semble enchevêtré. Une fois rendue au sol, elle évoluera à quatre pattes dans l'espace sans que jamais l'on puisse voir son visage. L'objectif de la quête m'échappe, mais me garde fort attentif. Et une fois le tour de l'espace fait, tous les coins explorés, elle semble avoir trouvé sa destination finale qui s'avère être l'obscurité tout au loin là-bas et se met en chemin ! Et nous, sans moyen et sans intention non plus de la retenir, nous la regardons partir, sereins sommes-nous, de la libération arrivée de cette "mystérieuse créature" venue sur terre pour trouver sa voie !

Mais le territoire (lire ici l'espace de présentation) doit se métamorphoser et pour se faire, nous devons quitter pour un entracte (quelque peu long, de ma perspective !). D'un univers aérien et terrestre, nous retrouvons une place autour d'un autre, aquatique cette fois, "Breach" d'Alexandre Morin. Sur le plancher blanc, éclairé par une lumière bleutée et occupé par des épaulards faits de plastique gonflé, dans un coin et les interprètes (Alexandre Morin, Jonathan Goulet, Ivanie Aubin-Malo, Noémie Dufour-Campeau, Chloé Ouellet-Payeur et Simon Renaud) vêtus d'habits "Marineland" !

                                      Photo de PO Cadieux, tirée du site d'Alexandre Morin

La suite nous entraîne dans une agréable plongée en apnée au fond de la mer et il n'y a que les interruptions audio d'Azura Dragon Feather (sur sa chaîne YouTube) nous parlant de sa relation particulière avec son animal totem (l'épaulard ou l'orque) qui nous ramène à la surface. Mais heureusement (de ma perspective !), elle se fait éventuellement discrète et les mouvements des corps, portés et influencés par le son de la respiration d'un de ces habitants de cet espace, occupent toute la place. Et si comme moi, on se laisse aller à suivre les différents rythmes et déplacements de ces corps, il est possible de rentrer en phase avec ces êtres des "ondes" ! Ce que je vois n'a rien de spectaculaire, mais est d'une redoutable quiétude jusqu'à provoquer une plongée en moi, en apnée !

Et c'est tout doucement que je réémerge à la surface et saute hors de l'eau (comme une des traduction du verbe anglais "breach" !) pour, enfin, affronter en toute "zénitude" les périls de cette eau glacée tout dehors !