Une sortie danse chez Tangente recèle presque toujours son lot de découvertes et de surprises hors des sentiers battus, "une sortie danse qui prend souvent une drôle de tangente, quoi !". Voilà donc pourquoi mes pas m'y amènent. Régulièrement, durant la présentation, face à l'oeuvre, ma réception se fait hésitante et déstabilisante, tout cela pour mon plus grand plaisir. Mais pas cette fois, je me disais avant de m'y rendre. Puisque pour les deux œuvres des "Technologies Contemplatives", je me pensais en territoires "connus". Je les avais déjà vu (pour une, c'est une certitude, pour l'autre une quasi certitude) dans une première mouture. Je me considérais donc à l'abri d'une perte de repères et avec l'espoir d'une appréciation plus juste de l'expérience de spectateur qui revisite une oeuvre.
Photo de Sarah-Marie Iung, Kaléidoscope
Avant d'aller plus loin, je voudrais m'attarder au titre de la soirée "Technologies contemplatives" dont les deux termes à priori, sonnent, selon moi, discordants. Peut-on concilier les technologies d'aujourd'hui et leurs connotations fort actives et perturbantes avec une attitude contemplative ? C'est avec cette petite réflexion que je m'y suis rendu, prêt, cependant, à réviser ma position initiale. Et au final, et je reviendrai sur le détail du pourquoi, je serais tenté de "débaptiser" le titre de la soirée pour la renommer "Technologies Captivantes", parce que c'est un effet "actif" que les oeuvres ont eu sur moi. Avec un bonus au spectateur observateur que je suis pour cette présentation, soit la présence d'un grand nombre de jeunes enfants, une "tonne" de très jeunes enfants. J'étais très curieux de découvrir, "en prime" leur réception face à ces "Technologies contemplatives"!
L'heure de présentation arrivée, nous sommes invités à retirer nos chaussures avant de prendre place dans la salle avec son plancher tout blanc. De plus, on nous indique que nous pourrons nous déplacer dans la salle pendant la représentation et aussi de nous échanger les lunettes "Kaléidoscope" de différents modèles qui nous seront fournies. À notre entrée, nous découvrons d'abord des coussins de tout format répartis en demie lune et ensuite, devant nous les deux interprètes (Ariane Dessaules et Melina Stinson) déjà fort présentes de leur immobilité. Fidèle à mon habitude, je prends place tout en avant au milieu. Pendant que les gens prennent place, je prends conscience que les deux interprètes sont disposées en légère asymétrie par rapport à nous et à la salle. Intrigant ! Autour de moi, les jeunes enfants finissent de prendre place, tout comme Michel F. Côté (atmosphère sonore), côté gauche et Kim-Sanh Châu (chorégraphe), juste derrière moi, à la console. Les portes se ferment et mon attention se porte exclusivement sur ces deux femmes qui portent leurs lunettes spéciales. Tout à coup, une des deux bouge imperceptiblement et de plus, tout lentement. Les voilà qu'elles laissent leur regard dériver dans l'assistance. Il s'en suit des mouvements fort de leur grâce et qui semblent être exempts de la contrainte de la gravité, amplifiés par l'atmosphère musicale "planante". Et nous arrivent, distribuées par les interprètes, les lunettes. Et là, avec les projections en fond de scène, les mouvements prennent une dimension différente. Non pas une, mais des dimensions multipliées et en déplaçant notre regard, elles se retrouvent allongées par le haut ou décalées. L'exercice, au départ exigeant, devient fort agréable pour peu qu'on s'y laisse aller à découvrir les différentes aspects possibles à découvrir. Seul regret, j'en aurais pris plus. Autour de moi, je n'entends rien, les enfants semblent bien sages et captivés. Je reprends ici, ce que j'avais déjà écrit sur la première mouture de cette oeuvre, "Kaleidoscope" qui vient de la combinaison des noms grecs, kalos signifie « beau », eidos « image », et skopein « regarder », nous en avons eu un bel exemple. La vérité sortant de la bouche (ou de l'écoute) des enfants, comment le contester. Je terminerai ce compte-rendu de sensations, avec un souhait. J'aimerais voir sur grand écran, ce que mes yeux ont vu grâce à ces lunettes. Je lance donc une bouteille à la mer !
Une fois terminé, nous devons laisser les lunettes sur place et sortir. Le temps de préparer la place pour "Èbe". Retour en salle et à un siège première rangée, pour découvrir sur scène les cinq accordéons encore fort discrets en arrière scène tout de noirceur enveloppée. Arrive lui (Patrick Saint-Denis) et, au bout d'un fil, une lampe qui se met à tournoyer et à déclencher des sons, tel un dompteur de sons ! S'en suit la respiration des accordéons avec lesquels nous accordons, en phase, notre attention. Les accordéons sont déplacés par lui et elle, Sarah Bronsard, dans une suite de déplacements dont le sens humain n'arrive pas à prendre ses repères. Lui, ensuite, se met en retrait et elle prend possession de la scène s'accoquinant les instruments, partenaires du moment, dans ses propos chorégraphiques colorés de gigue et de flamenco. À défaut d'avoir été contemplatif, j'ai été captif et captivé par cette relation mystérieuse entre elle et ces machines musicales, rien pour diminuer mon plaisir. En sortant, une question me turlupine encore et encore (et aujourd'hui aussi !), quand est-ce que j'ai déjà vu ces accordéons et leurs complices ? Parce qu'il est impossible de ne pas garder des traces sensorielles de ce type de rencontre.
Donc, une rencontre intéressante avec des technologies, plus captivantes que contemplatives, compte-tenu de notre participation à la découverte de l'oeuvre pour la première ou dans son interprétation pour l'autre.
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mardi 13 février 2018
dimanche 7 mai 2017
Sur mes pas en danse: Témoin curieux et satisfait d'une des "Collisions performatives"
C'était, il y a peu, juste avant le moment de ma rencontre avec "Rain" de Anne Teresa De Keersmaeker. Profitant d'une petite embellie dans mon agenda, mes pas m'ont porté dans le sous-sol de la Place des Arts au Centre de création O Vertigo pour être témoin d'une "Collision performative". Proposée par Andrew Tay, commissaire artistique du Centre, la proposition de création là juste devant nous méritait mon attention et compte-tenu qu'elle incluait Caroline Gravel, elle devenait une offre que je ne pouvais refuser.
C'est donc dans la grande salle de ce Centre, à peu près vide en début de création (la salle se remplira peu à peu et complètement par la suite) que je prends place. La régie dans le fond, des chaises sur les deux côtés et devant, une table avec un ordinateur et différents accessoires tout autour de Patrick Saint-Denis, artiste en art numérique. Les deux invités de cette soirée sont là et échangent. Il serait utile d'indiquer qu'une Collision performative consiste à un rencontre de deux artistes de milieux différents qui pendant deux heures créeront devant nous, une oeuvre qui sera présentée, les cent ving minutes écoulées.
Le "meneur de jeu" pour cette soirée, Andrew Tay, prend le micro, présente le concept et les artistes présents, pour déclencher le compte à rebours. Soyez rassurés, rien de bien menaçant dans l'approche et dans ce qui suivra, mais à 19h00, il y aura une courte présentation de l'oeuvre créée là, devant nous.
À la danseuse et pour nous aussi par conséquent, Patrick Saint-Denis présente les différents bidules/gadgets électroniques (accordéons-robots et senseurs de différents types). S'il est facile de comprendre le but et la manipulation de certains, pour d'autres, pas aussi évident et cela inclut Caroline Gravel. Nous sommes donc témoins, de son apprentissage de ces senseurs et de son choix. La maîtrise se fait parfois douloureuse (légers et surprenants chocs électriques de senseurs) et nous en sommes témoins. Un long moment d'expérimentation, tout autant en course qu'immobile, avec un capteur de pulsation qui la projette dans les haut-parleurs. Vient aussi le moment de l'exploration des possibilités des différents projecteurs de lumière DEL.
Comment un spectateur peut-il trouver son compte face à ce qu'il voit, me demanderez vous ? Chacun pourra avoir sa réponse. Si pour des chorégraphes présents, cela se traduit par des propositions à la danseuse, pour moi, cela devient un exercice d'imagination de ce que pourrait devenir le petit bout d'exploration.Aussi comme, il arrive souvent dans la vie, le chemin peut s'avérer aussi, sinon plus intéressant que la destination.
Courte pause qui est suivi le moment des choix sur les accessoires qui seront utilisés. Après une discussion, c'est fait. Le meneur de jeu rappelle que le temps passe, il reste une heure. Les choses se placent, les idées aussi, jusqu'à que ce déplacent les accessoires, lumières par terre et accordéons inclus. À la question, "T'aimes cela ?", la réponse de Caroline Gravel est automatique, "Ouais !!!".
Il reste 30 minutes, annonce le meneur de jeu. La salle est remplie (près de quarante personnes sont présentes) et le résultat se précise, même si le son se fait parfois "sauvage" et surprend en percutant et se répercutant dans la place. On enlève la table, on met par terre l'ordino, on dispose les lumières, parce que le moment de présentation est là tout proche.
19h00, le noir se fait, mes écrits se font à tâtons. Les lumières illuminent autour de l'interprète et ondulent de leurs photons en action. La conscience du corps ou le corps en conscience se mettent en action dans des gestes forts et aussi percutants. Et dans un monde de technologie en soutien. les mouvements se présentent et se révèlent dans un court, mais satisfaisant moment de présentation.
Au final, de cette rencontre, impossible pour moi de savoir s'il y aura une suite, mais je suis convaincu que de cette rencontre à laquelle j'ai assistée, il pourrait y avoir une suite intéressante.
Et il semble que ces "Collisions performatives" seront de retour, il serait avisé d'y refaire un tour.
C'est donc dans la grande salle de ce Centre, à peu près vide en début de création (la salle se remplira peu à peu et complètement par la suite) que je prends place. La régie dans le fond, des chaises sur les deux côtés et devant, une table avec un ordinateur et différents accessoires tout autour de Patrick Saint-Denis, artiste en art numérique. Les deux invités de cette soirée sont là et échangent. Il serait utile d'indiquer qu'une Collision performative consiste à un rencontre de deux artistes de milieux différents qui pendant deux heures créeront devant nous, une oeuvre qui sera présentée, les cent ving minutes écoulées.
Le "meneur de jeu" pour cette soirée, Andrew Tay, prend le micro, présente le concept et les artistes présents, pour déclencher le compte à rebours. Soyez rassurés, rien de bien menaçant dans l'approche et dans ce qui suivra, mais à 19h00, il y aura une courte présentation de l'oeuvre créée là, devant nous.
À la danseuse et pour nous aussi par conséquent, Patrick Saint-Denis présente les différents bidules/gadgets électroniques (accordéons-robots et senseurs de différents types). S'il est facile de comprendre le but et la manipulation de certains, pour d'autres, pas aussi évident et cela inclut Caroline Gravel. Nous sommes donc témoins, de son apprentissage de ces senseurs et de son choix. La maîtrise se fait parfois douloureuse (légers et surprenants chocs électriques de senseurs) et nous en sommes témoins. Un long moment d'expérimentation, tout autant en course qu'immobile, avec un capteur de pulsation qui la projette dans les haut-parleurs. Vient aussi le moment de l'exploration des possibilités des différents projecteurs de lumière DEL.
Comment un spectateur peut-il trouver son compte face à ce qu'il voit, me demanderez vous ? Chacun pourra avoir sa réponse. Si pour des chorégraphes présents, cela se traduit par des propositions à la danseuse, pour moi, cela devient un exercice d'imagination de ce que pourrait devenir le petit bout d'exploration.Aussi comme, il arrive souvent dans la vie, le chemin peut s'avérer aussi, sinon plus intéressant que la destination.
Courte pause qui est suivi le moment des choix sur les accessoires qui seront utilisés. Après une discussion, c'est fait. Le meneur de jeu rappelle que le temps passe, il reste une heure. Les choses se placent, les idées aussi, jusqu'à que ce déplacent les accessoires, lumières par terre et accordéons inclus. À la question, "T'aimes cela ?", la réponse de Caroline Gravel est automatique, "Ouais !!!".
Il reste 30 minutes, annonce le meneur de jeu. La salle est remplie (près de quarante personnes sont présentes) et le résultat se précise, même si le son se fait parfois "sauvage" et surprend en percutant et se répercutant dans la place. On enlève la table, on met par terre l'ordino, on dispose les lumières, parce que le moment de présentation est là tout proche.
19h00, le noir se fait, mes écrits se font à tâtons. Les lumières illuminent autour de l'interprète et ondulent de leurs photons en action. La conscience du corps ou le corps en conscience se mettent en action dans des gestes forts et aussi percutants. Et dans un monde de technologie en soutien. les mouvements se présentent et se révèlent dans un court, mais satisfaisant moment de présentation.
Au final, de cette rencontre, impossible pour moi de savoir s'il y aura une suite, mais je suis convaincu que de cette rencontre à laquelle j'ai assistée, il pourrait y avoir une suite intéressante.
Et il semble que ces "Collisions performatives" seront de retour, il serait avisé d'y refaire un tour.
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