jeudi 29 février 2024

Sur mes pas à des "premiers pas" d'une création qui veut résonner en nous !

 Cette invitation d'Alida Esmail, je l'ai d'abord reçue de vive voix et elle s'est concrétisée par la suite plus formellement. J'étais convié à découvrir une étape de création d'une oeuvre chorégraphique "particulière" qui sera présentée dans un lieu de diffusion de Montréal, l'an prochain , soit le MAI (Montréal, arts interculturels). Ainsi donc, je bloque mon agenda pour "Ces racines en soi" de Sophia Wright, Alida Esmail et Hodan Youssouf et qui sera interprétée par ces deux dernières. Ce qui rend cette oeuvre "particulière" est qu'elle est conçue  pour s'adresser aussi à des spectateurs mal ou non entendants. 

Pause

Je veux, au passage, rendre hommage aux gens du MAI qui ouvrent leurs portes à des publics non-habituels. Je me souviens que c'est là que j'avais découvert avec plaisir une première fois, la proposition de Audrey-Anne Bouchard, "les yeux fermés" de "Camille : un rendez-vous au delà du visuel." pour laquelle nous découvrions la proposition avec les yeux bandés. 

Fin de la pause

Voilà donc pourquoi, en cette soirée "plein déluge" de fin février, mes pas m'amènent jusqu'à la porte de la Maison de la culture Maisonneuve. À l'accueil, je suis invité à monter en haut au studio (lieu, pour moi, de belles rencontres empreintes d'intimité) et prendre place sur un des sièges. En chemin, je suis invité à prendre des bouchons d'oreille, ce que je refuse. Plus tard, je m'en mordrai les doigts de ce refus et pour savoir pourquoi, il faut poursuivre la lecture de ce texte jusqu'à la fin. 

Pendant que mère nature tempête et tambourine au dessus de nos têtes, arrivent fort discrètement ces deux femmes qui se déplacent "aléatoirement", sans interactions apparentes entre les deux et moi je les suit, captivé ! Tout cela pendant j'entends et je ressens de fortes vibrations. Et puis, le tout semble débuter plus officiellement. Dans ce qui suivra, il y aura les moments durant lesquels autour d'elle tourne l'autre, enrobés de mouvements amples. De ces pas aussi qui se font devant moi et qui, je l'aurais souhaité, auraient pu percuter en nous encore plus fort par de fortes vibrations. Des pas que je surveillent et espérant secrètement qu'ils se rencontrent. Il y aura aussi les mouvements aériens de l'autre suivis de moments de tension. Et aussi ce tableau durant lequel l'une d'elle (un de mes moments préférés), applique son doigt sur des parties de son corps produisant des effets sonores et vibratoires pour amplifier leurs effets sur moi. 

Tout au long, de leurs passages, seule ou ensemble, il semble que le parcours de ces deux femmes en est un parallèle et qu'il a comme objectif, chacune de leur côté, de venir à notre rencontre. Sensation que je ressens fortement lorsque l'une d'elle me regarde droit dans les yeux ou que l'autre nous sourit. Et puis ensemble, elles disparaissent dans la noirceur du lieu.

Une fois les applaudissements faits, se présentent à nous les artistes et aussi l'instigateur de cette proposition pour un échange avec le public présent. Échange fort riche et très utile pour les artisans et les spectateurs aussi. C'est durant cet échange que j'apprendrai que pour ressentir cette oeuvre différemment ou correctement, comme le public sourd ou malentendant (présent autour de moi), il aurait fallu que j'ais utilisé les bouchons d'oreilles pour mieux ressentir ma perception vibratoire !!!! À la question, qu'est ce qui émerge en vous tout au long, plusieurs réponses émergent du public, dont "énergie", "solitude", s'enraciner" et pour moi "affirmation".  J'apprendrai aussi qu'une des deux interprètes (Hodan Youssouf) est non-entendante et que son expérience de vie colore beaucoup la proposition. 

Il y a dans ce que j'ai vu en cette soirée de fin février, tous les éléments pour produire une oeuvre riche en symboles. Avec les commentaires reçus du public, bien appréciés et notés, (dont celui d'élaborer un propos narratif plus clair), l'oeuvre finale devrait réserver de bons moments et pour moi promis, ça sera avec des bouchons dans mes oreilles !

samedi 24 février 2024

Sur mes pas à la première édition de "Offline" organisée par la gang de Passerelle 840 !

 Il y a des invitations pour lesquelles je me sens privilégié et lorsque j'ai reçu celle pour participer à la première édition de "Offline", j'ai tout fait pour y être (et ma blonde a été fort compréhensive, merci chérie !).

Ainsi donc mes pas, en ce vendredi soir, me portent jusqu'au 840 Cherrier pour aller à la rencontre de premiers pas de créations chorégraphiques qui seront présentées à la prochaine édition de Passerelle 840. 


Pause

Je l'ai probablement déjà écrit, parce que le vieux prof que je suis, aime se répéter (!!!), mais être là aux prémisses d'une création et de pouvoir y réagir, est un de mes grands plaisirs de spectateur de danse. Et cette soirée en est une occasion et soyez rassuré.es, j'en ai profité au bénéfice de tout.es !

Fin de la pause

Donc à cette rencontre "Offline", quelques règles de base nous sont données et que je vous redonne ici.  Être 'offline' c'est d'être non disponible sur internet, (pas un enjeu pour moi qui n'a pas de cellulaire !) alors pendant la soirée, il ne va y avoir aucune photo ni vidéo. Les seules traces de la soirée vont être les discussions, les dessins, et les notes du public. Cette soirée a été créée pour enlever la pression de l'expérience de performance, montrer le processus de création de nos participant.es et donner un goût des choses à venir au festival en gardant le secret pour celleux qui ne peuvent pas être présent.es.

Voilà donc pourquoi, je ne reviendrai pas trop en détails sur chacun des extraits de dix minutes des trois propositions que j'ai pu découvrir durant cet évènement. Il en reste que durant les prestations fort différentes, j'y ai vu des éléments fort intéressants et riches pour éventuellement devenir une oeuvre plus formelle. J'y ai vu aussi les bases sur lesquelles les créatrices et créateurs se sont appuyées pour faire émerger l'oeuvre. J'ai pu aussi transmettre mes impressions toutes positives et constructives, je l'espère, dont à celles qui m'ont présenté l'extrait qui m'a particulièrement fait vibrer et qui mériterait d'avoir sa place chez un diffuseur. Soyez rassurée.s, je leur ai dit !

Moi, juste avant de revenir  à la maison, j'ai pu échanger avec l'initiatrice de ce projet, toute jeune (de ma perspective) mais fort déterminée ! Au retour de ces rencontres, je me sens privilégié d'avoir pu assister à ces premiers pas qui, de ma perspective, devraient être suivis de nombreux autres ! Si l'université est un lieu d'apprentissage, il est aussi un lieu d'expérimentation et d'exploration et cette première édition de "Offline" en est un très bel exemple !

Sur mes pas à "Événement Diversion ", une soirée fort diversifiée et riche, organisée par Commun Collectif !

 Pause (oui, oui déjà !!!)

Juste avant de revenir sur mes pas à cette soirée que malheureusement, je n'ai pu apprécier que partiellement (trois des cinq prestations au programme), because horaire trop chargé, je voudrais revenir sur un des enjeux actuels relativement à la place des jeunes dans le monde des arts. Une place difficile à prendre pour un trop grand nombre de celles et ceux qui veulent trouver leur place au soleil (ou sous les projecteurs) devant un grand public et pouvoir vivre décemment de leur art. Malgré le nombre assez grand de lieux de diffusion à Montréal, il en reste que pour beaucoup de jeunes créatrices et créateurs (en danse surtout!), elles ou ils restent à la porte de ces lieux ou y entrent comme spectatrices ou spectateurs. Malgré tout, pour certain.es, cela ne les arrêtent pas et travaillent fort afin de créer leurs propres opportunités. Et chaque fois que je le peux, je m'y rend et fort content de pouvoir les encourager tout en passant de très bons moments ! Comme quoi la détermination et le travail restent et resteront des acquis et cela pour la vie ! À ce titre, le Collectif Commun Collectif, qui organise la soirée, constitué de Béatrice Cardinal, Camille Courchesne-Couturier et Léa-Kenza Laurent en est un très bel exemple, appuyées par le Centre Jeunesse Emploi Centre Ville !

Fin de la pause, la seule de ce texte, promis !!!

                                                                   Affiche de la soirée

Donc en ce jeudi soir, mes pas m'amènent donc tout en haut d'un building sur Ste-Catherine pour assister à la deuxième édition de "Événement Diversion" de Commun Collectif dont j'avais pu apprécier aussi la première édition ! À mon arrivée, la deuxième prestation se termine, pendant que moi, j'examine les lieux et que je trouve ma place assez rapidement, aidé par une âme charitable. Donc à venir, trois prestations d'artistes dont j'avais déjà pu apprécier le talent ! Ainsi donc l'ordre suivant, je découvrirai, "L'ange-déchet" (un extrait) de et avec Luca Max et Mikael Morin (découvert.es à la dernière édition du Fringe dans "Le fruit défendu), "Qui de nous ?" (extrait aussi) de et avec Blösch et Demerde ( découvert à la deuxième édition de Cité Ouverte, organisée par Thomas Duret en août  2023) et enfin "Effervescence" (recherche exploration) de et avec Stéphanie Leclair artiste que je revoyais pour une xième fois , mais cette fois ci en solo. 

Comme les trois propositions se feront dans l'espace central, je n'aurai pas à me déplacer, sauf pour la dernière pour laquelle, je me mettrai au sol, juste devant, bien guidé par une des animatrices de la soirée. Le tout débute avec l'installation d'une "pole", cristallite du message de "L'ange-déchet" ! Je suis cette rencontre entre deux êtres, avec des performances athlétiques et engagées pour faire cheminer l'un.e (???) dans sa quête identitaire. Une courte proposition fort audacieuse et éclatante qui me fait promettre de la découvrir au complet au prochain Festival Fringe, tel qu'on nous l'annonce ! 

Il s'en suit après une pause, "Qui de nous" de Blösch et Demerde. Ma première rencontre avec ce duo avait eu lieu dans une petite salle de bain (de la Cité des Hospitalières) avec quelques spectateurs et le courant entre les deux étaient palpables. Qu'en serait-il dans ce lieu un peu plus grand. Soyez rassuré.es, la chimie passe toujours, parce que de ce nous (les deux), nous sommes encore proches. De tous ces vêtements qu'il ont disséminé dans l'espace et aussi sur certain,es spectatrices et spectateurs, selon leur inspiration d'avant représentation. Et pour vous expliquer, permettez moi de reprendre un extrait de la description de la proposition, "Dans l'étreinte intime du couple, une symphonie de beauté se déploie, une danse si fragile, entre complicité, partage et sensualité." Et pour mieux nous l'illustrer, il y a ces changements de vêtements comme ces variations de sentiments dans une relation entre deux êtres qui évolue dans le temps avec des angoisses qui résonnent et des mots qui les accompagnent "J'ai peur" !. Des relations troubles, troublantes et y survivre, voilà ce que j'ai découvre tout au long. Si mes renseignements sont bons, il devrait y avoir prochainement une suite plus longue et, moi, je l'espère ! À suivre donc.

La soirée se termine avec "Effervescence" de et avec Stéphanie Leclair. Assis au sol, en bordure de l'espace scénique, j'apprécie pleinement ce qu'elle me fait ressentir tout au long de ses tribulations au sol. J'y sens un bouleversement intérieur enrobé de faiblesse et de souffrances qui diffuse jusqu'à moi, surtout lorsque qu'elle passe tout juste devant moi. De ce sol, comme de cette "souffrance" que j'y vois, se relèvera-t-elle, je ne saurais dire. Mais ce dont je suis certain, moi j'aurais voulu la réconforter ! Ouf quelle belle façon de conclure cette soirée que cette oeuvre viscérale qui me rejoint totalement !

Mais comme toute bonne chose à une fin, je me remets en marche pour revenir chez moi avec en tête plein de belles images de ces rencontres ! Encore plus convaincu aussi qu'il n'y a pas assez de scènes à Montréal ( et pourtant !) pour pouvoir faire de belles rencontres culturelles. Il en reste que grâce à des initiatives comme celles de Commun Collectif, les opportunités se présentent et moi j'en profite pleinement. Dernier souhait de ma part, ajouter des cases dans un calendrier parce que 365 ou 366 jours, ce n'est pas encore assez pour avoir une vie équilibrée de citoyen.

vendredi 23 février 2024

Sur mes pas à Tangente pour découvrir "Falla" de Julia B. Laperrière !

 Depuis quelques années (2016 plus précisément), je vais à la rencontre des performances de Julia B. Laperrière qui ont toujours eu à mes yeux, un côté philosophique parce que requestionnant des perspectives humaines sur le genre. Parmi celles-ci "UnCOVERED woMAN" en septembre 2016 et pour laquelle, j'avais complété mon retour par "Ouf !!!! La leçon est forte et le questionnement annoncé fort bien amené. Je m'en voudrais de ne pas souligner la beauté du titre qui selon que l'on regarde les majuscules du titre ou le tout, montre les contradictions que la vie moderne nous présente. Merci Julia." 

Et en cette soirée, pendant que mes pas m'amènent pour découvrir sa plus récente création "Falla", sans trop savoir à l'avance de quoi il sera question, je sens que le propos interpellera ! Et sans rien vouloir divulgacher, il sera effectivement interpellant, mais avec une douceur toute conviviale.

Donc de mon siège en première rangée, je découvre devant moi un espace scénique assez vide, sauf une petite estrade avec son meuble et une guitare dessus. Une fois les mots d'accueil faits, apparait discrètement une des deux interprètes (Pia Achternkamp) qui reste immobile. Et suivant son regard, je découvre, arrivant d'en haut des sièges, Julia B. Laperrière avec son godemiché qui d'abord descend les marches pour ensuite trouver un chemin "plus encombré" et "déranger" jusqu'à prendre place dans l'espace scénique. Le ton était donné, elle semble qu'elle veuille encore cette fois nous proposer sa perspective "décloisonnée" et plus large de la réalité féminin. 

Lorsque je pense que le tout démarre pour de bon, elle s'arrête et s'adresse à nous pour nous présenter en toute simplicité sa première "rencontre", sur présentation, avec un phallus, cet objet "symbole tout masculin" !

                                            Crédit Denis Martin fournie par Tangente

Et puis, la mise en contexte complétée, elle reprend son périple sur scène durant lequel, je me demande si c'est elle qui contrôle l'objet ou n'est-ce pas pas plutôt l'inverse ! Dans ce que je vois, elle tente de l'apprivoiser, le maîtriser ou le battre, c'est selon, tout en produisant des sons qui résonnent dans le lieu. Que ce soit seule ou avec son acolyte, elle évolue d'un tableau à l'autre en se métamorphosant peu à peu, tout subtilement. Tout cela accompagnée par la musique live qui surligne, tel du maquillage (comme celui appliqué sur leurs corps), le propos chorégraphique. Un moment fort de la proposition, à mes yeux, est lorsqu'elle se retrouve devant une colonne, toute bien dressée, symbole phallique ultime (à mes yeux !) pour bouger de haut en bas de plus en plus vite. Et le tout se terminera par la rencontre finale. 

Dans cette proposition, encore une fois, elle m'a fait réfléchir sur le sens des choses en me proposant une perspective tout différente et très personnelle d'un symbole masculin.

jeudi 22 février 2024

Sur mes pas en danse: Ébloui par "Detrás del Sur : Danzas para Manuel" présenté par Danse Danse !

 En cette soirée terne de février, mes pas me portent jusqu'au Théâtre Maisonneuve pour assister à "Detrás del Sur : Danzas para Manuel" de Rafael Palacios présenté par Danse Danse. Et cette soirée prendra une tournure fort colorée (en mouvements et en présence aussi) par ce que je découvrirai sur scène. Mais commençons par le début ! Rendu à mon siège en première rangée, autour de moi, des visages familiers, habitués elles et eux aussi des soirées de première. Il en reste que derrière moi, tout à l'arrière de la salle, plusieurs sièges sont vides (et c'est bien dommage !!!). 

Une fois les annonces d'usage, le rideau s'ouvre et débute cette oeuvre en cinq actes précédés d'un prélude, portée par des interprètes fort impressionnant.es (Yndira Perea Cuesta, Piter Alexander Angulo Moreno, Raitzza Nathalia Castañeda Torres, Diego León de los Rios Naranjos, Liliana Hurtado Hinestroza, Katerin Moreno Aguilar, Maryeris Mosquera Batista, Jhoan Andrés Mosquera Ibarguen, Sandra Vanesa Murillo Mosquera, María Elena Murillo, Estayler Osorio Fuentes, William Camilo Perlaza Micolta, Andrea Bonilla Ospina, Sandra Catalina Mosquera Moreno).

                           Tirée du site de Danse Danse

Si au début de la présentation, j'ai eu l'impression que c'est une histoire qui m'était racontée, et c'était le cas, il en reste que rapidement, j'ai laissé tomber ma recherche cérébrale du propos pour me concentrer sur les énergies (avec la sueur qui perlait sur les visages des interprètes pour en témoigner) et les émotions qui rayonnaient devant moi, tout au long.

Depuis leurs arrivées jusqu'à leurs départs, d'un tableau à l'autre, je me suis laissé porter par les vagues humaines qui parfois débutaient de façon toute douce. Tout cela accompagné par la musique de trois musiciens fort discrets, mais très présents (Juan José Luna Coha, Gregg Anderson Hudson Mitchell, Danny Mosquera Lemos.). J'ai particulièrement apprécié les tableaux frontaux dont certains étaient très proches de moi. 

Une oeuvre en apparence simple peut-être, mais néanmoins qui recelait un propos avec des nuances et des couleurs et performances chorégraphiques fort éclatées qui confirmaient une phrase du descriptif, soit "Au confluent du passé et du présent, une expérience sensorielle totale". Et comme je pourrai le constater après la représentation, les commentaires des nombreux gens croisés étaient fort positifs. Au final, en ce mois de février fort terne, la rencontre avec cette proposition de Danse Danse que je remercie au passage, m'a fait grand bien !  

mardi 20 février 2024

Sur mes pas à une rencontre toute poétique au La Chapelle avec "Because of the mud" !

 En ce lundi soir, je me dirige jusqu'au La Chapelle pour assister à "Because of the mud" mis en scène et chorégraphié par Nate Yaffe avec le texte de Corinne Donly. Bien avant le début de la présentation, le hall d'entrée se fait très petit, compte tenu de la grande affluence, because soir de première !

De Nate Yaffe, dont je découvre régulièrement les propositions "audacieuses" depuis quelques années, j'était bien curieux. Et sans rien divulgacher, il a encore emprunté des chemins particuliers qui m'ont amené à une belle incursion dans un conte moderne et ses personnages !

Ainsi donc, le temps que la salle devienne comble, de ma place en première rangée, ce que je découvre devant moi est riche en accessoires fort mystérieux de ma perspective.

Pause

À cette oeuvre présentée en langue anglaise avec des sous-titres en français pour ceux et celles qui prenaient place tout en haut, j'ai décidé de rester en bas et tout au long, si je n'ai pas toujours tout bien saisi, j'ai néanmoins suffisamment compris les propos fort riches et denses avec cette impression d'intimité avec les personnages. Au final, un bon choix pour moi !

Fin de la pause

                                 Crédit Kinga Michalska tirée du site du La Chapelle

Le programme de la soirée l'annonçait, "Voici une histoire touchante sur la famille et l'identité queer, racontée à travers un bosquet composé de quatre trembles, tout·e·s prénommé·e·s Roberta, ainsi que deux pierres. Cette distribution intergénérationnelle d'acteur·rice·s, de danseur·se·s et de musicien·ne·s explore avec une touche de spéculation anthropomorphique, la façon dont nos voisin·e·s végétal·e·s et minéral·e·s vivent les conséquences du changement climatique." Et c'est bien ce que j'ai découvert dès l'arrivée graduelle devant nous d'Ivanie Aubin-Malo, Anne Caines, Sophia Gaspard et George Longshadow, Moe Clark et Alexis O'Hara. Si les quatre premier.es avaient des personnages "végétal", les deux dernières étaient "minéral", comme je le découvrirai.

Dès les premières mots de cette "Roberta" (Ivanie), je me laisse porter par ses paroles (à nous) et ensuite, celles des autres et aussi de leurs interactions, pendant que régulièrement la "pluie" tombe dans la forêt sur la scène, abreuvant leurs propos ou leurs échanges et aussi leurs mouvements pour conserver la "mud" (la boue en français), matière fertile. Totalement conquis par ce moment durant lequel, le parcours, unique et lointain dans le temps, de cette grosse pierre nous est conté. J'y trouve une belle leçon de vie, tout comme aussi le moment d'acceptation de cette pierre de carrière qui accepte son changement de forme et de vocation !

Une proposition toute aussi douce que poétique, bien interprétée qui nous amène à méditer sur les enjeux actuels. Et cela, j'ai bien aimé !

vendredi 16 février 2024

Sur mes pas au MAI pour faire une rencontre particulière avec "Deciphers" !

 Jeudi soir, dans cette ville fort calme (en attente d'une légère bordée de neige), mes pas me portent jusqu'au MAI (Montréal Arts Interculturels) pour assister à la présentation de "Deciphers", créé, chorégraphié et interprété par Naishi Wang et Jean Abreu. Pour ces deux artistes, j'en étais à une première rencontre, ayant raté celle avec Naishi Wang lors de l'édition 2022 du FTA ("Face to Face").

La description de ce que j'allais voir était, à mes yeux, intrigante ! "Deciphers est une performance physique de Naishi Wang et Jean Abreu qui combine des aspects de la danse folklorique chinoise, des danses brésiliennes, du spoken word, du souffle, et de l’encre sur papier." C'est une expédition dans de nouveaux territoires que je semble convié ! Et sans rien vouloir divulgacher, ce fût tout à fait cela ! 

                                  Crédit Maya Yoncali tirée du site du MAI

Mais commençons par le début, soit à mon arrivée en salle pour prendre place sur "mon" siège en première rangée. Le temps que la salle se fasse toute pleine de spectateurs-trices, j'ai le temps d'observer les deux interprètes déjà sur scène en action. Devant nous, une large bande de plastique étendue par terre sur laquelle ils poursuivent leur activité de la compléter avec des mots et des dessins tout en nous observant . Est-ce mon visage qu'il dessine ??? Je peux lire aussi sur cette bande, "Not Enough Keep things Whole".

Leur travail complété, cette bande sera transformée en une forme "globulaire" qui restera sur la scène tout au long rejointe par deux néons qu'ils y rajoutent. Après une pause, durant laquelle ils restent étendus par terre, ils se mettent en mouvement. Il s'en suivra une série de tableaux dans lesquels une énergie irradiante émerge. Je vois, entre autres, deux êtres en apesanteur et aussi en chute. Sans jamais établir un contact (physique) entre eux, ils évoluent et interagissent à distance. Une fois, j'ai cru que la rencontre se ferait, mais leur proximité n'est pas devenue contact ! Un moment me plait particulièrement, celui durant lequel ils utilisent leurs bras fort vigoureusement, comme des désespérés. 

Il en reste que de ma perspective, tout au long, j'ai ressenti une communication entre les deux fort palpable. Par leurs regards vers nous, ils nous font devenir leurs complices. Ce que je découvre est fort sobre, laissant irradier leurs présences. Au final, une rencontre singulière avec deux artistes qui nous ont inclus en toute simplicité dans leurs mondes.