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samedi 7 octobre 2017

Sur mes pas en musique: avec les "Dear Criminals" fort touchants

Vendredi soir, mes pas m'ont porté jusqu'à un endroit que je fréquente très peu, soit le Club Soda. Rien à dire de mal sur cet endroit, mais de la danse, il y en a peu, sinon pas, sur cette scène du boulevard St-Laurent. Mais lorsque l'offre s'est présentée pour assister au concert 3D, "Show en stéréoscopie 3D", j'ai dit oui.


                                          Tirée du site du Club Soda

Il faut expliquer que ma première fois avec eux, remonte, il y a un peu plus d'un an et devinez ? Et oui, c'était durant un spectacle de danse. Celui de Frédéric Tavernini, "Things are leaving quietly, in silence", qui pour le dernier opus de sa compagnie, Clovek & the 420, son chant du cygne, avait décidé d'être accompagné par le duo TwinMuses (les pianistes jumelles Hourshid et Mehrshid Afrakhteh) et du trio Dear Criminals (Frannie Holder, Vincent Legault et Charles Lavoie). Dernier opus pour des raisons, encore plus vraies aujourd'hui, que mentionnait le chorégraphe-interprète, "désabusé par des conditions de création de plus en plus difficile" dans le journal Le Devoir, le 13 mai 2016, signé par Mélanie Carpentier). 

La rencontre artistique solennelle m'avait marqué, "S'en suit des moments de danse qui ont toute l'allure d'un chant du cygne noir, celui rejeté par les autres", j'avais écrit. Ce trio avait rehaussé l'intensité de ce moment, avec sa musique tout aussi planante que touchante. Alors, comment ne pas dire oui à cette autre rencontre.

Mes pas m'ont donc amené sur le trottoir boulevard St-Laurent, "quelque peu" à l'avance, pour être certain de pouvoir m'assoir pour apprécier la prestation à venir. Très bonne décision, parce des sièges, il y en aura peu, le balcon étant fermé, because effets visuels à venir, le centre de la salle dépourvu de tout objet permettant de poser son postérieur. Moi, pour apprécier, je dois être assis et je dois bien voir. Et c'est ce que j'ai pu faire, juste à côté d'un des comptoirs de service, le meilleur "spot", selon le serveur, fort sympathique par ailleurs.

Le temps passe, la salle se remplit, jusqu'à l'arrivée du trio, 25 minutes après l'heure annoncée. Reflexe du spectateur que je suis et de bien d'autres autour de moi et dans toute la salle aussi, nous mettons nos lunettes "3D". Ce qui s'avère tout à fait inutile, parce qu'il n'y a que la musique, les voix et les projections 2D qui occupent l'espace. Et pour ceux qui n'ont pas saisi par eux-mêmes, le chanteur leur dit qu'ils bien beaux, mais que leur paire de lunettes est inutile, pour l'instant. Ce qui fait faire à de nombreux spectateurs, dont moi, une réaction de retrait, le plus discret possible. Le public est de toute évidence conquis, mais leur prestation est à la hauteur. Ils réussisent à créer une atmosphère d'intimité avec leur style électro-technique plannant. Et comble de bonheur pour le spectateur que je suis, qui a une très bonne vue sur la scène, la chanteuse accompagne sa prestation de superbes mouvements qui n'ont rien à envier aux interprètes de danse contemporaine. Satisfaire deux sens, la vue et l'ouïe, voilà de quoi faire grand plaisir au spectateur que je suis. 

Mais voilà venu le moment, celui de mettre nos lunettes 3D, pour pouvoir rehausser notre expérience. Difficile, sinon impossible de rester insensible à l'addition de cette nouvelle dimension. Ces points, ces flocons, ces traits qui se dirigent droit sur moi, oui, oui !!!, accentuent l'effet et l'intimité du moment. La musique fort belle sait se faire intime dans ce grand espace. Mais le temps passe et le temps de la "dernière chanson" qui, après les forts applaudissements, sera suivie par quelques autres. Et, selon moi, c'est là que le show a vraiment pris son envol, en mettant l'emphase sur la simplicité du rendu. Deux moments forts de ce rappel, d'abord une pièce "unplugged", avec les deux membres qui chantent accompagnés par le troisième à la guitare, sans micro, devant une salle toute silencieuse. Aussi, celui durant lequel le trio "casse" une pièce de leur plus récent opus "Fatale", magique, rien de moins. 

Mais le temps passe et la fin se pointe le bout du nez et le groupe quitte la scène. Et moi, je quitte, avec la conviction que de ce groupe, j'en suis vraiment "amateur". 

dimanche 15 mai 2016

Sur mes pas en danse: Il arrive que " Things are leaving quietly, in silence", mais tout en résonnant en nous

Depuis le début de cette année 2016, c'est vers une quarantaine de propositions de danse que mes pas m'ont amené, toutes destinations confondues. Pour cette dernière fois en saison régulière, juste avant la saison des festivals, Tangente nous propose "Things are leaving quietly, in silence" de Frédéric Tavernini (Clovek & The 420) avec Dears Criminals & Twinmuse à l'accompagnement musical.

                                         Photo: Clovek & The 420

Pour peu que vous soyez informés, le chorégraphe a déjà annoncé qu'il a abdiqué face au système de subventions à deux vitesses ( les reconnus de fait, copiés-collés et les autres qui courent à en perdre leur souffle et leur espoir) et qu'il ferme boutique (celle de sa compagnie). Assister à la dernière représentation de la dernière création d'un chorégraphe devrait donc, juste pour cette raison, être un évènement. Pour preuve, la salle est pleine et de gros noms du milieu de la danse sont dans la place.

Arrive le temps et nous nous dirigeons dans le sous-sol du Monument-National, Salle Hydro-Québec. Nous y attendent, les Twinmuse, les soeurs Hourshid et Mehrshid Afrakhteh immobiles et siamoises par leurs longs cheveux, qui alternativement se regardent et nous regardent. Au début de l'oeuvre, les trois membres du groupe Dear Criminals font leur entrée et s'installent derrière leur clavier/console, je ne saurais dire. Pour ceux et celles qui sont attentifs, ils pourront aussi voir Frédéric Tavernini s'assoir discrètement sur un côté de la salle, juste à côté d'un spectateur. Débute pour près de la moitié de la présentation, une prestation musicale, d'abord des Twinmuse et ensuite des Dears Criminals avec en milieu de la scène les crânes en plastique qui peu à peu s'élèvent dans les airs. Dans cette opération d'agglutination, "in silence", un de ces crânes se retrouve un peu plus haut que les autres, tandis que quelques uns, "des résistants ?", ferment la marche, avant leur envol final pour laisser la place à celui qui la prendra. Il arrive simplement, après avoir enlevé ses souliers. S'en suit des moments de danse qui ont toute l'allure d'un chant du cygne noir, celui rejeté par les autres. Les gestes sont forts et dignes et le propos touchant. L'émotion est palpable dans toute la salle. La simplicité de son arrivée n'a d'égale que sa sortie de scène, juste avant le dernier morceau musical. Les applaudissements hésitent, comme pour vouloir dire que de cette fin nous n'en voulons pas, ultime hommage possible. Mais puisqu'il le faut, ils se font entendre et les musiciens et le danseur chorégraphe, immobiles, reçoivent leur dû. Le tout fait, ils quittent et donnent tout son
sens à ce que nous avons eu la chance de voir, "Things are leaving quietly, in silence". 

Pour ma part, voilà une fin de saison forte en symboles et riche en émotions. Peut-on espérer plus pour un spectateur de danse ? Poser la question est y répondre, n'est-ce pas ?