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jeudi 31 janvier 2019

Sur mes pas en danse: À une autre rencontre réussie avec "Deux squelettes"

Arpenter de mes pas, les vastes territoires de la danse contemporaine depuis de nombreuses années, m'a permis de rencontrer une grande diversité d'univers, riches pour moi de leur différence, avec leurs personnages tout aussi surprenants que fascinants. Et l'ex-prof de science que je suis, ne peut pas s'empêcher de fournir un exemple de son affirmation. Voilà pourquoi, je veux revenir sur ma plus récente rencontre avec "Deux squelettes" de Priscilla Guy et Sébastien Provencher qui présentaient à l'Agora de la Danse, le résultat final de leur travail.

                            Photo des 2 interprètes par Catherine Legault tirée du site du Devoir

Tous le savent, les squelettes, les vrais, ont la vie longue et la la couenne dure. En est aussi de même pour la proposition de  ces deux créateurs qui enrobent le tout, d'un propos fort éloquent, malgré que jamais durant toute la présentation, ils n'aient prononcé un seul mot. Pour cela, ils laissent la parole aux autres, tandis qu'eux nous comblent de leur présence.

Il serait possible de décrire le produit final, mais comme j'espère fortement que la vie de ces "Deux squelettes" se poursuivent encore et laisser la surprise de la rencontre, je me contenterai de vous relater des éléments "accessoires" et mes impressions.

Une fois, ma place prise, les sièges autour trouvent preneurs (et preneuses) et les lumières se font discrètes. Et puis arrive la fanfare (Hugo Bégin, Renaud Gratton, Philip Hornsey et Benoit Paradis), précédée par les roulements de tambour, dans une marche funèbre, fort appropriée selon moi, pour annoncer l'arrivée des deux squelettes. Il s'en suit une suite de tableaux fort éloquents, combinant la célébrité et l'absurdité de la vie. À titre d'exemple, lorsque nous entendons un extrait sonore qui nous présente qu'un squelette a été retrouvé. Il était sans crane et son regard pointait verts le nord.

Difficile de rester impassible comme spectateurs durant les différents tableaux, comme l'a démontré les rires entendus derrière moi. Ce qui n'est pas le cas pour les deux squelettes invités qui sont restés totalement impassibles durant leur entrevue (fort bien menée par Renaud Paradis avec le texte de Dany Boudreault) auquel ils arrivent à leurs "corps" défendant !!, malgré leur célébrité.

Une oeuvre qui, au final, nous montre des "os" parleurs fort de leurs prop"os" qui transcendent les époques,  Une oeuvre avec des propos dont nous revenons amusés, mais inoculés, aussi, dans notre propre moelle, de leurs réflexions sur des enjeux actuels.

dimanche 21 mai 2017

Sur mes pas en danse: Avec "Deux squelettes" fort éloquents avec leur silence

Je débuterai ce texte avec une question toute simple. Quel pourrait être votre souvenir d'une rencontre avec deux squelettes et pour préciser ma question, si cette rencontre avait eu lieu deux ans plus tôt? Évidemment, vous pourriez répondre que selon les circonstances, vos souvenirs seraient très différemment colorés et je ne pourrais qu'être d'accord. Voilà donc pourquoi, il est important pour moi aussi de contextualiser les miennes, mes circonstances de rencontre, évidemment ! Et c'est ce que je ferai à partir de maintenant.

Ainsi donc au Théâtre La Chapelle un soir de semaine, je me rend pour découvrir ce que deux squelettes, incarnés (!) par Priscilla Guy et Sébastien Provencher peuvent me proposer comme propos chorégraphiques. De cette rencontre, je ne me souviens de peu de détails, mais que c'est fou que je me souviens très bien que l'on peut mettre de la chair sur les os dans une oeuvre qui a pour titre "Deux squelettes". La démarche était prometteuse et je m'étais promis de suivre les pas de ces "paquets d'os" habiles à la réflexion.

                                         Photo des deux principaux interprètes qui, sûrement, réfléchissent aux prop"os" à venir.

Voilà pourquoi, à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, mes pas se sont dirigés et ont été bien accueillis (comme le reste du corps qu'ils déplaçaient) avec un bonsoir bien senti par les "Deux Squelettes" qui pour l'occasion, avaient revêtus leur peau et une serviette. Si la surprise peut prendre différentes formes, les différents spectateurs qui entraient en ont donné un bel échantillonnage.

Une fois tous les convives arrivés pour ce qui s'avèrera un festin qui avait, et c'est de moi, tout de l'osso buco avec une moelle intellectuelle fort savoureuse. Et les "Deux squelettes" nous présentent le menu de la soirée, soit un assemblage de tableaux suite à leur deuxième étape de création et pour lesquels, ils nous invitent à rester, pour le digestif après, pour échanger. Et tout à coup, les lumières s'éteignent et débute le repas aux multiples services.

Le tout commence avec la serviette en moins sur le bord de la plage et ce tableau qui met en place la vacuité fort éloquente des propos à venir. Le lecteur attentif notera ici l'apparente contradiction, mais dois-je rappeler que certaines expressions le sont tout autant, telles que "un silence éloquent", "une absence marquante" et expriment bien le propos voulu. Si par la suite, les squelettes s'expriment peu ou pas verbalement, les bandes audio et l'invité non annoncé (Dany Boudreault) se chargent de rendre fort audible les propos éloquents de ces "Deux Squelettes" et qui, selon moi, rendent hommage à certains aspects absurdes de la vie. Leur présence et le vide apparent de leurs propos résonnent fort efficacement. Voilà des "Os parleurs" qui par leurs gestes pourront divertir, faire rire aussi, mais aussi et surtout faire réfléchir.

De cette soirée, j'en retiens aussi que nous avons 206 os avec trois fonctions principales (pour les connaître, faudra aller se rendre découvrir la présentation finale dans un an ou deux), qu'il y a des trucs pour se rappeler du nom de ces 206 os et qu'avec des squelletes découverts, il est possible de faire les manchettes.

Impossible pour moi de ne pas revenir sur la performance de Dany Boudreault qui dans cette pastiche d'entrevue avec les deux squelettes nous livre une performance théâtrale de haut niveau. Pour moi qui l'avait découvert une première fois, via la performance de Marcel Pomerlo (il y a plus de dix ans) avec "Et j'ai entendu les vieux dragons battre sous la peau", il me semble évident que son verbe est à la hauteur de sa plume fort habile et éloquente.

Au final, des moments distrayants, mais surtout fort riches autant par le propos que par l'intention des deux créateurs. Des moments efficacement appuyés par des éclairages pertinents et des costumes "décalés". Je me permets ici un conseil, lorsque "Deux Squelettes" seront, enfin, à l'affiche, "be there" avec moi pour vous laisser convaincre par leur silence.