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lundi 22 mai 2017

Sur mes pas au cinéma: "Primaire" qui touche fort

Mère Nature arborant ses habits grisâtres, c'est dans une salle de "mon" Cinéma Beaubien que mes pas m'ont amené. Déjà de loin, il était évident que je ne serais pas seul, la file des cinéphiles à l'extérieur pour l'achat des billets s'allongeait comme le nez de Pinocchio, après la question. Il en reste que d'arriver plus de trente minutes avant le début de représentation possède certains avantages dont j'ai profité à mon entrée de la toute petite salle 4, soit d'avoir une place de choix.



Bien installé, les bandes annonces défilent pour me présenter plusieurs oeuvres que je devrai voir. Je veux m'attarder brièvement sur l'une d'entre elles. Elle présentait un documentaire à venir prochainement (à partir du 26 mai prochain), "Kedi" dont les principaux et presqu'uniques personnages sont des chats dans la ville d'Istambul. Si les chats sont aussi populaires au cinéma que sur Facebook, les représentations seront fortement achalandées et moi, je pense que je vais succomber. Soyez-en avertis, de la projection de ce documentaire, non pas de ma présence, évidemment !!!


http://cinemabeaubien.com/fr/film/kedi-stf-_fr

Mais revenons au propos premier de ce texte, le film "Primaire" d'Hélène Angel avec la toujours excellente Sara Forestier qui est encore cette fois à la hauteur dans son rôle d'enseignante. Dans cette histoire, nous pourrons découvrir que le quotidien des enseignants de là-bas est assez similaire à celui d'ici. De l'intégration en classe régulière d'élèves avec des limitations à l'autre qui s'est rendue là, on ne sait pas comment, tout est bien présenté et surtout, le tout est très crédible. Il y a aussi cette cohabitation personnelle professionnelle de nos vies et aussi, la remise en question qui peut frapper en tout temps. Florence et ses collègues nous présentent des épisodes fort éloquents sur les problématiques actuelles de l'enseignement.

Mais au final, je partage totalement la conclusion de Marc-André Lussier dans La Presse, "soit Plus qu'un film sur «l'école», Primaire est avant tout un vibrant portrait de femme." Et je me permets d'ajouter que c'est par des femmes et des hommes investis de leur humanité que l'école porte sa mission, peu importe le vocabulaire utilisé. Durant ce film, je vous le confesse, j'ai versé des larmes durant certaines scènes qui montrent que le travail, en apparence sans résultat, peut enfin porter ses fruits. Dans cette petite salle remplie, je suis convaincu que les cinéphiles présents seront bien d'accord avec moi. Pour vous, il faudra vous y rendre

mercredi 22 juin 2016

Sur mes pas au cinéma: ébranlé par "La tête haute" !

Il arrive parfois que le visionnement d'une oeuvre cinématographique soit difficile, très difficile même. Ce qui ne veut pas dire qu'elle soit mauvaise, ni que on ne l'a pas apprécié. Cela serait plutôt dû au sujet présenté, au traitement fait et aussi à la qualité de l'interprétation. C'est exactement le cas de "La tête haute" d'Emmanuelle Bercot dont l'histoire a tout pour rappeller celle de "Mommy" de Xavier Dolan. Un jeune "difficile" en crise perpétuelle avec une mère dépassée et qui doit se faire aider par les services sociaux. Il y a une différence, une histoire se passe ici au Québec, celle d'Emmanuelle Bercot se passe en France. Vous avez apprécié "Mommy", "La tête haute" est pour vous.


                                                   
Si cette dernière histoire nous rejoint droit au coeur, c'est parce qu'il y a quatre interprètes principaux qui jouent leur rôle de façon magistrale. D'abord, Rod Paradot (éblouissant), dans la peau de ce jeune incontrôlable, ensuite, Sara Forestier (crédible) dans le rôle de la mêre dépourvue, autant comme mère que comme femme, aussi Benoit Magimel (touchant) dans la peau d'un travailleur social et enfin, Catherine Deneuve (surprenante) dans le rôle de juge de la Cour des jeunes et qui suit patiemment pendant près de dix ans ce jeune qui a tout pour déraper définitivement.

Malony est laissé par sa mère dépassée dès son âge de 8 ans. La blessure s'avérera profonde et nous découvrons peu à peu un jeune sur le chemin de son destin, tel un super bolide avec un moteur surdimensionné mais avec des pneus "sur les fesses". Ce moteur, il l'exploite à plein sans contrôle, et les dérapages sont nombreux et les collisions nombreuses. Il y a bien la juge et ce travailleur social qui tentent, presque sans espoir, de le ramener sur la route et de lui trouver un projet de vie. Dans ces univers de réinsertion ou d'incarcération, il évoluera en reculant et en avançant. Avec ses dix huit ans tout proche à l'horizon, le temps presse avant qu'il ne soit laissé à lui même. La vie est rarement un conte de fée et pas question ici, de vous en dire plus ! Il en reste qu'il devrait être vu et pas seulement pour découvrir des performances qui ont mérité plusieurs nominations et deux prix César, Rod Paradot, dont c'est le premier rôle, comme meilleur espoir masculin et Benoit Magimel comme meilleur acteur dans un second rôle.