dimanche 18 septembre 2016

Sur mes pas en danse au Festival Quartiers danse: Deux oeuvres intéressantes de la Ottawa Dance Directive

C'était il y a quelques jours, toujours de ma première rangée dans la belle Cinquième Salle de la Place des Arts, j'allais découvrir deux oeuvres de la compagnie Ottawa Dance Directive, dans le cadre du Festival Quartiers Danse. Je dois avouer que si mes pas m'ont porté en ce lieu, c'était en grande partie parce qu'une des oeuvres oeuvres présentées était celle de Mélanie Demers. Après avoir raté "Would" de cette chorégraphe que j'apprécie beaucoup, pas question de récidiver par mon absence. Et cela s'est avéré une excellente décision et pour deux raisons, soit les deux oeuvres présentées et voici pourquoi.

D'abord, en levée de rideau, " The Eventual De-Expression of RGS2" de Yvonne Coutts, directrice artistique de la compagnie. Sont présents sur scène, Kay Kenney, à la danse avec son corps et Jesse Stewart, à l'interprétation musicale, avec tout ce qui semblait être une caisse claire d'une batterie. Il semble évident, dès les premiers moments, que cette caisse claire ne sera pas utilisée de façon classique avec ce fil qui le relie au loin avec le musicien. Cette relation ambigue ne sera pas la seule à laquelle nous assisterons, parce que très vite, une question émerge en moi, Mais qui sont-ils et quelle relation les réunit sur cette scène ? L'un par rapport à l'autre, en apparence dans des univers parallèles, ces deux êtres interagissent et leurs mouvements en témoignent. Pour mieux y voir clair, j'en retiens une phrase tirée du feuillet dela soirée et qui me semble fort juste, "The Eventual De-Expression of RGS2 évoque la nature de l'expression génétique et de l'influence de l'environnement." Et pour cette oeuvre, cet environnment s'est incarné principalement en musique, mais aussi avec un tapis vert d'espoir.

                                          Photo de Ben Welland

Pause de quinze minutes et c'est "Mere Human" de Mélanie Demers, incarné par cinq interprètes (Jasmine Inns, Kay Kenney, de retour, Marilou Lépine, Simon Renaud et Riley Sims). Cinq personnages dans une oeuvre toute colorée Mélanie Demers. Une oeuvre qui se projette vers nous. Une oeuvre qui nous montre une génération qui ne peut vivre que par les yeux des autres. Lorsqu'elle s'exprime sur ses relations et ses besoins, c'est vers le public que le verbe et le geste se dirigent. Le spectateur quelque peu attentif observera que de ces cinq "jeunes" nouvelle génération, il y en aura que trois qui parleront, tandis que les deux autres montreront une solidarité de présence et de gestes. Le dépouillement ou leur changement de leurs vêtements illustrent bien comment aujourd'hui l'intime est mis sur l'autel de l'oeil du public. Encore une fois et d'une façon très éloquente, Mélanie Demers concrétise son MAYDAY, qui se veut faire des "appels au secours et une invitation à la transformation.". Pour cela, l'appel se doit être fort, question de percuter de plein fouet notre indifférence et "Mere Human" avec la complicité de ses interprètes le réussit très bien.

                                         Photo de Ben Welland

Voilà une façon différente de répondre à la question du panel auquel j'assisterai quelques jours plus tard, soit, "Quand l'art devient-t-il social ?"




1 commentaire:

  1. Heureuse de lire ce retour sur cette oeuvre que je n'ai malheureusement pas pu voir!

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