samedi 15 décembre 2018

Sur mes pas en danse: Un programme triple qui annonce de beaux "pas sur scène" à venir

Un de mes plus gros plaisirs, fort connu, est de découvrir "les pas sur scène" des élèves de nos lieux de formation en danse montréalais. Après avoir apprécié ceux de l'UQAM, mes pas (marchés et non pas dansés) m'ont amené au Wilder pour découvrir ceux (pas mal mieux expressifs) des étudiant.es de troisième année de l'École de Danse Contemporaine de Montréal. Le programme était prometteur (et il a tenu ses promesses !) avec trois oeuvres au programme. D'abord, en lever de rideau, "TOC" de Iker Arrue, (que je ne connaissais pas), suivi de "Play" de Anne Thériault (que j'ai vu au dernier FTA) et pour terminer "À la douleur" de Virginie Brunelle (que j'avais vu, il y a 2 ans à l'Usine C, présenté par l'Agora de la Danse).

                                 Tirée du site de l'École de danse contemporaine de Montréal

Une soirée intéressante, donc, me permettant de découvrir un chorégraphe basque et deux relectures de créations déjà vues. Une soirée fort achalandée aussi, avec une salle comble, comme ça sera le cas pour les suivantes, si mes renseignements sont exacts. Une fois les consignes habituelles transmises, les lumières se font d'abord discrètes pour disparaître complètement et laisser place à une oeuvre, "TOC" dans laquelle chacun de nous (ou presque) se retrouvera. À tour de rôle, dans les trois tableaux, les dix-neuf élèves nous proposent d'abord une version dansée "de ne pas mettre le pas sur une ligne", jusqu'à la confession verbale de certaines de nos faiblesses psychologiques. Autant le geste que le propos, elles ou ils le portent fort bien jusqu'à nous, faisant en sorte que la résonance personnelle variera d'un spectateur à l'autre, mais certainement touchera notre cible individuelle.

Les applaudissements fort bien mérités envolés, il s'en suit la sortie de scène des interprètes et la sortie de la salle des spectateurs avant la suite. De cette suite, je suis bien curieux !

À notre retour dans la salle, neuf jeunes femmes nous attendent avec le thérémine, à l'avant gauche de la scène et le lecteur à cassettes, plus discret à l'arrière droit de cette même scène. Malgré l'étrangeté de ces deux instruments, ce sera les gestes de ces femmes qui marqueront notre attention (gestes qui seront repris aux applaudissement de la toute fin et qui pour moi, relève d'un "coup de génie"). Avec des vêtements d'une autre époque, elles nous proposeront des gestes et des mouvements en parfaite harmonie. De l'oeuvre originale avec trois interprètes, la relecture à neuf de "Play" (au sens propre comme au sens figuré, mais aussi mathématiques, avec trois au carré) nous amène dans une zone d'interprétation surprenante et fort intéressante. Le vieux spectateur que je suis y a trouvé son compte et pour cela, merci mesdames.

Juste le temps de reprendre le cours actuel des choses et d'enlever les accessoires, nous arrivera les dix autres élèves qui nous ferons plonger dans l'univers caractéristique de Virginie Brunelle avec la relecture de "À la douleur", dont la filiation avec l'oeuvre initiale "À la douleur que j'ai" est évidente. De ces contacts qui provoquent la souffrance, ces jeunes se les ont éloquemment appropriés. Les chocs des corps sont percutants (et résonnent en moi !) et sont d'autant plus crédibles avec la jeunesse qui les font. Ils portent fort bien l'univers chorégraphique de cette chorégraphe.

Au final de cette belle soirée, au risque de me répéter, l'avenir, sur scène, de la danse contemporaine est entre bonnes mains et pour cela merci à vous de l'École de Danse Contemporaine de Montréal. Et surtout à la prochaine, Chanelle Allaire, Catherine Ally, Rodrigo Alvarenga-Bonilla, Éloïse Bastien, Madeleine Bellefeuille, Solene Bernier, Angélique Delorme, Jade Dussault-Lapointe, Constance Gadan, Simone Gauthier, Rafaelle Kennibal Cox, Cheline Lacroix, Lucie Lesclauze, Brian Mendez, Mathilde Mercier-Beloin, Abe Mijnheer, Lorena Salinas, Audrey Thériault et Leah Tremblay. Je suis convaincu que je vous reverrai sur une scène bientôt.

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