Il y a de ces propositions "danse" que s'annoncent fort intéressante, autant par ceux et celles qui seront sur scène que par ceux et celles qui "mettront la table". Et "le renoncement à la sauce" d'Enora Rivière n'a pas fait exception ! Pour leur spectacle de fin de session les vingt-quatre élèves (vingt-trois jeunes femmes et un jeune homme) de l'UQAM nous ont proposé encore cette année, une oeuvre intéressante et particulière qui leur a demandé une grande part de retenue. (Question à moi-même: D'où viennent les interprètes masculins que je vois sur nos différentes scènes ???)
Affiche de Jeanne Maugenest
Une fois que mes pas m'aient amené à mon siège et que les lumières se soient éteintes, apparaît graduellement une troupe de jeunes qui courent autour de la scène, à l'image de notre vie actuelle. À ce rythme "fou", la nombre se gonfle, malgré le départ de certains. On le ressent, il faut suivre le rythme et l'effort individuel y est mis pour rester avec le groupe. Le rythme même infernal se doit d'être suivi, même si cela demande que l'on fasse le pas (plus vite) de plus. Une entrée en la matière à la symbolique fort moderne malgré l'inspiration du début du siècle précédent, "Nijinskienne". De cette entrée en la matière endiablée, il s'en suit une suite qui sédimente les formes jusqu'à obtenir un tableau tout riche de son immobilité. Immobilité qui dure sans toutefois nous faire souffrir. Il y a dans ce contraste et le moment qui se présente, l'occasion de prendre conscience. De plonger dans notre intériorité, pour prolonger l'oeuvre en nous.
Et puis tout à coup, les formes vacillent, des mouvements s'ébauchent et l'action qui reprend. Nous aurons droit par la suite, comme pour ce qui a précédé à une suite de tableaux, aux rythmes brisés qui illustrent bien, selon moi, ce que veut dire vivre aujourd'hui, lorsqu'on est jeune. Le tout parfois déstabilise, interroge nos certitudes et notre confort de spectateur, mais au final, crée le terreau fertile pour une prise de conscience. Et comme elle l'avait fait avec sa création chorégraphique "Moteur" et son livre "ob.scène", Enora Rivière propose, à la toute fin, une introspection dans celles et ceux qui se sont proposés en gestes devant nous.
Une belle soirée durant laquelle, Fannie Arsenault, Marianne Beaulieu, Stéphanie Burke, Camille Demers-Paquin, Joanie Deschatelets, Marjolaine Fontaine, Flavie Gaudreau-Majeau, Valérie Huard, Pierre-Rodrigue Kwemi, Catherine Laroche, Roxanne Larochelle-Mosseau, Kyeve Leblanc, Stéphanie Leclair, Sarah Mugglebee, Lysia Paquin, Marie-Christine Paré, Catherine Pelletier-Voyer, Carol-Anne Roy, Chloé Saintesprit, Emilie-Claude St-Amour Maillé, Zoé-Claude St-Jean-McManus, Manon Terres et Camille Turcot-Riel ont renoncé à la sauce (et aux artifices) pour nous présenter une oeuvre riche de son essentiel. Merci à vous pour ces beaux moments.
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jeudi 13 décembre 2018
mardi 1 mai 2018
Sur mes pas en danse: Une première sortie extérieure de la saison bien réussie
La journée internationale de la danse, c'était dimanche dernier, mais les festivités avaient commencé deux jours plus tôt pour le Département de danse de l'UQAM qui présentait "hors les murs" et loin de son territoire, rue Cherrier, deux oeuvres de et avec ses étudiant.es. Au programme, en ce vendredi après-midi frisquet, d'abord, "Gélatine" d’Alice Blanchet-Gavouyère, avec Maude Archambault-Wakil, Penélope Desjardins, Juliette LeFoll, Olivier Rousseau et Kali Trudel et ensuite, "Le manifeste du Moi" de Lila Geneix avec Elise Daubié, Léa Dargis Deschesnes, Alice Marroquin Ethier, Danaé Serinet Barrera. Leurs prestations se faisaient dans le Jardin intérieur (qui est à l'extérieur, en fait !) du Pavillon J.A. DeSève, que je découvrais pour l'occasion.
J'arrive donc au bon endroit qui est assez désert, puisque "Miss Météo" garde juste pour elle, des rayons de soleil et quelques degrés Celcius qui, tous les deux, seraient fort appréciés. Peu importe, j'y suis et toute la gang qui "performera" aussi. Les préparatifs vont bon train, les mouvements d'échauffement aussi et, pour un très court moment j'y participe, aux préparatifs évidemment !!! Je trouve "ma" place et m'y installe.
Arrive le moment de débuter, devant trop peu de spectateurs et des passants (!) et après la présentation d'Alain Bolduc, les interprètes répartis sur la grande place du Jardin Intérieur, prennent place venant des quatre coins pour entreprendre "Gélatine". Et leurs corps à tour de rôle se mettent à onduler, à osciller aussi, répondant à un appel qu'eux seul.es semblent entendre. Nous en voyons les pulsations qui nous fait alterner du sentiment de possession à celui de la dépossession. Elle nous fait ressentir l'intention du propos annoncé, soit "La pièce met en relief les contradictions que nous embrassons sans remords". Et lui (Olivier Rousseau) qui revient avec une déclamation qui résonne dans toute la place et qui nous interpelle, avec des "Je suis de ceux", qui se concluent par "Je ne suis jamais seul" pendant que "elles" en latence, s'imbibent du propos. Et la suite arrive portée par des gestes et des mouvements sur cette grande place tout en nous permettant de méditer ce que l'on vient de nous dire. Et comme pour leurs arrivées, chacun.e nous quitte aux quatre coins du lieu. Comme pour "À temps perdu", présenté il y peu Alice Blanchet-Gavouyère propose une autre version d'une danse de rencontres humaines (avec le public), incarnant parfaitement le slogan du département de danse "corps dansant, corps pensant" et corps nous interpellant, serais-je tenté d'ajouter !
Comme le sera aussi "Le manifeste du moi" de Lila Geneix qui débute tout juste après les applaudissements qui prennent leur envol dans les airs. Les rois interprètes sont assises autour de l'espace de prestation dont une juste à côté de moi, à ma table. Et tout commence, nous montrant un tableau "du Moi à trois" durant lequel, sur leurs talons hauts, elles nous montrent en gestes et en expressions faciales, les extrêmes du "Moi" à côté de "l'Autre" qui veut séduire. Et arrivent les pommes (au propre comme au figuré) de la discorde et des gestes qui l'illustrent. Le "Moi" descend de son socle des talons hauts et c'est pieds nus sur pavé froid, sur fond musical fort beau (voix et orgue) que ces femmes tendront vers nous leurs gestes et leur propos aussi, "Ce que j'aime chez moi ...." On aura beau leur amener un partenaire de danse du public pour chacune d'elles, il semble que le "Moi" doit et devra se "manifester" au singulier assez rapidement. Le tout se termine sur un tableau fort percutant, propre à une jeunesse qui peut sembler iconoclaste avec les paroles du "Je vous salue Marie" et des sourires avec des lèvres fortement enrichie par un rouge à lèvres qui laissent dépasser le jupon du "moi" tout sage.
De beaux moments de danse qui ont su utiliser fort intelligemment tout l'espace de ce Jardin intérieur. Une première sortie danse en extérieur pour moi qui comme l'hirondelle annonce une autre belle saison estivale dehors et d'autres œuvres de cette relève fort prometteuse en gestes et propos.
J'arrive donc au bon endroit qui est assez désert, puisque "Miss Météo" garde juste pour elle, des rayons de soleil et quelques degrés Celcius qui, tous les deux, seraient fort appréciés. Peu importe, j'y suis et toute la gang qui "performera" aussi. Les préparatifs vont bon train, les mouvements d'échauffement aussi et, pour un très court moment j'y participe, aux préparatifs évidemment !!! Je trouve "ma" place et m'y installe.
Arrive le moment de débuter, devant trop peu de spectateurs et des passants (!) et après la présentation d'Alain Bolduc, les interprètes répartis sur la grande place du Jardin Intérieur, prennent place venant des quatre coins pour entreprendre "Gélatine". Et leurs corps à tour de rôle se mettent à onduler, à osciller aussi, répondant à un appel qu'eux seul.es semblent entendre. Nous en voyons les pulsations qui nous fait alterner du sentiment de possession à celui de la dépossession. Elle nous fait ressentir l'intention du propos annoncé, soit "La pièce met en relief les contradictions que nous embrassons sans remords". Et lui (Olivier Rousseau) qui revient avec une déclamation qui résonne dans toute la place et qui nous interpelle, avec des "Je suis de ceux", qui se concluent par "Je ne suis jamais seul" pendant que "elles" en latence, s'imbibent du propos. Et la suite arrive portée par des gestes et des mouvements sur cette grande place tout en nous permettant de méditer ce que l'on vient de nous dire. Et comme pour leurs arrivées, chacun.e nous quitte aux quatre coins du lieu. Comme pour "À temps perdu", présenté il y peu Alice Blanchet-Gavouyère propose une autre version d'une danse de rencontres humaines (avec le public), incarnant parfaitement le slogan du département de danse "corps dansant, corps pensant" et corps nous interpellant, serais-je tenté d'ajouter !
Comme le sera aussi "Le manifeste du moi" de Lila Geneix qui débute tout juste après les applaudissements qui prennent leur envol dans les airs. Les rois interprètes sont assises autour de l'espace de prestation dont une juste à côté de moi, à ma table. Et tout commence, nous montrant un tableau "du Moi à trois" durant lequel, sur leurs talons hauts, elles nous montrent en gestes et en expressions faciales, les extrêmes du "Moi" à côté de "l'Autre" qui veut séduire. Et arrivent les pommes (au propre comme au figuré) de la discorde et des gestes qui l'illustrent. Le "Moi" descend de son socle des talons hauts et c'est pieds nus sur pavé froid, sur fond musical fort beau (voix et orgue) que ces femmes tendront vers nous leurs gestes et leur propos aussi, "Ce que j'aime chez moi ...." On aura beau leur amener un partenaire de danse du public pour chacune d'elles, il semble que le "Moi" doit et devra se "manifester" au singulier assez rapidement. Le tout se termine sur un tableau fort percutant, propre à une jeunesse qui peut sembler iconoclaste avec les paroles du "Je vous salue Marie" et des sourires avec des lèvres fortement enrichie par un rouge à lèvres qui laissent dépasser le jupon du "moi" tout sage.
De beaux moments de danse qui ont su utiliser fort intelligemment tout l'espace de ce Jardin intérieur. Une première sortie danse en extérieur pour moi qui comme l'hirondelle annonce une autre belle saison estivale dehors et d'autres œuvres de cette relève fort prometteuse en gestes et propos.
jeudi 12 avril 2018
Sur mes pas en danse: "Déphasé" et comblé par les finissantes et finissants en danse de l'UQAM
Pour une deuxième semaine consécutive, mes pas me portent jusqu'au 840 Cherrier. La gang que je verrai sur scène présentera la première des quatre soirées de leur "dernier tour de piste" avant la diplomation et le départ de leur vie professionnelle. Les finissant.e.s en interprétation et en création en danse de l'UQAM nous proposeront une soirée "Déphasé" en deux temps. Deux oeuvres toutes opposées dans leur style, mais tout à fait en phase sur des enjeux actuels, riches de leurs interrogations. Soient "À temps perdu" ("Si la vie n'était pas à gagner, ni à devenir, peut-être, ....) de Alice Blanchet-Gavouyère et "Comme tout le monde"( "issue de multiples couches de questionnements ...") d'Ariane Demers et ses interprètes.
Affiche tirée du site du Département de danse de l'UQAM
La foule est nombreuse à l'entrée de la salle et les bouquets de fleurs, en de bonnes mains pour marquer le grand moment d'après représentation. Le moment venu, Armando Menicacci accompagné des deux chorégraphes nous adresse des mots de bienvenue, belle initiative ! Une fois le go donné, nous entrons dans la salle, toute sombre pour y découvrir une scène noire avec répartis un peu partout, de petits amas de matières blanches. Le temps que la salle se remplisse, je suppute sur la nature de cette matière (styromousse est l'hypothèse que je retiens). Les amas sont tout blanc, sauf ceux qui sont colorés par l'éclairage. Il y a aussi deux interprètes déjà présents debout immobiles d'un côté et de l'autre de la scène. En observant bien, il est possible de voir un léger mouvement de leur part, oscillations, ou vacillements, impossible pour moi de trancher. Décidément, voulu ou pas, le thème de l'interrogation prend place dans mon esprit. Mais pas assez pour m'empêcher de voir prendre place sur la scène, un troisième, un quatrième jusqu'à une septième interprète qui au lieu de prendre sa place, ira proche d'une autre. Tout au long de ces ajouts sur scène, les regard se portent au loin et leurs oscillations toujours plus évidents et légèrement différents pour chacun.e. Nuance intéressante que j'observe avec attention, jusqu'à la chute et la suite.
Nous aurons droit, entre autres, au propos de lui sur l'ennui ("L'ennui est ...) et d'elle sur le moment présent et de son utilité et surtout de ce que nous n'en retiendrons pas ("Et si la vie était un jeu où rien arrive..."). Les gestes sur scènes se déclinent en déplacements, et en chute, en traînée qui au passage défont les amas de matières qui se dispersent un peu partout sur la scène jusqu'à mes pieds, rendant parfois les déplacements périlleux (avec une chute pas prévue et sans conséquence, j'en mettrais ma main au feu !!!). Le temps passe, parfois à temps perdu et les gestes sont là, devant moi, exprimés avec conviction, pour me le rappeler, tout en remodelant le lieu qu'ils habitent. Une danse de rencontres humaines, en deux temps. D'abord avec les interprètes tout et uniquement de noir vêtus, sauf pour une qui a un chandail noir avec une "étoile" dorée devant. Ensuite, celui durant lequel, "le temps change", et qu'ils revêtent un chandail plus coloré, d'une couleur tiède. On pourrait y voir un début de réponse au sens du temps perdu qui passe. Une oeuvre dans laquelle, il est possible d'y voir l'influence de la conseillère artistique, Sarah Dell'Ava.
Une fois revenu au temps présent, les applaudissements fort bien mérités, je constate qu'un seul amas a résisté aux mouvements, tout au fond de la scène, près du mur et que c'est en ouate (en boules) qu'étaient fait ces amas. Merci Maude Archambault-Wakil, Pénélope Desjardins, Catherine Dumais, Léa Noblet, Lian Rodgers, Olivier Rousseau et Giverny Welsch pour vos pas "À temps perdu".
Moment de pause, question de remettre la main sur ces boules de ouate toutes dispersées.
Je reviens en salle pour prendre place "Comme tout le monde" (d'Ariane Demers). La scène est vide, la musique nous arrive d'abord et puis tout à coup, lever du rideau, soit la porte métallique sur le côté cour de la scène. L'utilisation, ici, de ce terme associé au théâtre, s'avère fort à propos parce que la suite s’avérera une oeuvre de danse fort théâtrale. Les six interprètes (Ophélie Dubois, Laurence Gratton, Victoria Juillet, Adam Provencher, Alexia Quintin et Kali Trudel), revêtiront différents costumes fort colorés qui n'ont d'égal que les rôles qui leurs seront associés. Aux moments de danse durant lesquels une bête tout de tissu vêtue, alterneront de moment de forte théâtralité. Impossible de ne pas apprécier cette scène durant laquelle, les personnages sont assis autour d'une table presque toujours immobiles dans des poses de fortes expressions et durant laquelle la "bête" distribue maladroitement le liquide à boire et de la suite, durant laquelle, avec tout son corps, elle nettoie les dégats.
Difficile de garder une image précise de ces multiples couches de questionnements, mais lorsque la touche Gerard Reyes (conseiller et grand spécialiste du voguing) se présente à nous. D'abord, dans un tableau aux carrés lumineux présentant un personnage qui disparaissent pour créer la dispute de l'attention. Mais aussi, celui de l'arrivée de lui en elle (Adam Provencher) qui investit totalement la scène et suscite de fortes réactions dans la salle. Mais sa différence, sur scène provoquera une réaction, parce pas "Comme tout le monde" !
De cette gang qui avait "Quelque chose de sauvage" (présentée l'automne dernier au même endroit), il faudra dire aussi, quelque chose d'audacieux et de limites repoussées. Et de ce dernier tableau, je garde en mémoire, une scène de conversion et en "poche" un petit solide de papier blanc habité par le souffle, de la prêtresse revêtue de son sarrau. qui me l'a remise en main propre en toute solennité.
Une autre belle soirée en deux temps, introvertie en première partie et extravertie en deuxième. qui me laissera qu'une seule interrogation. Quand pourrais-je revoir ces finissants ou leurs oeuvres sur une scène la prochaine fois ? Le monde de la danse en est un qui n'est pas facile, mais, selon moi, elles ou ils ont ce qu'il faut pour "tirer leur épingle du jeu" et nos applaudissements.
Affiche tirée du site du Département de danse de l'UQAM
La foule est nombreuse à l'entrée de la salle et les bouquets de fleurs, en de bonnes mains pour marquer le grand moment d'après représentation. Le moment venu, Armando Menicacci accompagné des deux chorégraphes nous adresse des mots de bienvenue, belle initiative ! Une fois le go donné, nous entrons dans la salle, toute sombre pour y découvrir une scène noire avec répartis un peu partout, de petits amas de matières blanches. Le temps que la salle se remplisse, je suppute sur la nature de cette matière (styromousse est l'hypothèse que je retiens). Les amas sont tout blanc, sauf ceux qui sont colorés par l'éclairage. Il y a aussi deux interprètes déjà présents debout immobiles d'un côté et de l'autre de la scène. En observant bien, il est possible de voir un léger mouvement de leur part, oscillations, ou vacillements, impossible pour moi de trancher. Décidément, voulu ou pas, le thème de l'interrogation prend place dans mon esprit. Mais pas assez pour m'empêcher de voir prendre place sur la scène, un troisième, un quatrième jusqu'à une septième interprète qui au lieu de prendre sa place, ira proche d'une autre. Tout au long de ces ajouts sur scène, les regard se portent au loin et leurs oscillations toujours plus évidents et légèrement différents pour chacun.e. Nuance intéressante que j'observe avec attention, jusqu'à la chute et la suite.
Nous aurons droit, entre autres, au propos de lui sur l'ennui ("L'ennui est ...) et d'elle sur le moment présent et de son utilité et surtout de ce que nous n'en retiendrons pas ("Et si la vie était un jeu où rien arrive..."). Les gestes sur scènes se déclinent en déplacements, et en chute, en traînée qui au passage défont les amas de matières qui se dispersent un peu partout sur la scène jusqu'à mes pieds, rendant parfois les déplacements périlleux (avec une chute pas prévue et sans conséquence, j'en mettrais ma main au feu !!!). Le temps passe, parfois à temps perdu et les gestes sont là, devant moi, exprimés avec conviction, pour me le rappeler, tout en remodelant le lieu qu'ils habitent. Une danse de rencontres humaines, en deux temps. D'abord avec les interprètes tout et uniquement de noir vêtus, sauf pour une qui a un chandail noir avec une "étoile" dorée devant. Ensuite, celui durant lequel, "le temps change", et qu'ils revêtent un chandail plus coloré, d'une couleur tiède. On pourrait y voir un début de réponse au sens du temps perdu qui passe. Une oeuvre dans laquelle, il est possible d'y voir l'influence de la conseillère artistique, Sarah Dell'Ava.
Une fois revenu au temps présent, les applaudissements fort bien mérités, je constate qu'un seul amas a résisté aux mouvements, tout au fond de la scène, près du mur et que c'est en ouate (en boules) qu'étaient fait ces amas. Merci Maude Archambault-Wakil, Pénélope Desjardins, Catherine Dumais, Léa Noblet, Lian Rodgers, Olivier Rousseau et Giverny Welsch pour vos pas "À temps perdu".
Moment de pause, question de remettre la main sur ces boules de ouate toutes dispersées.
Je reviens en salle pour prendre place "Comme tout le monde" (d'Ariane Demers). La scène est vide, la musique nous arrive d'abord et puis tout à coup, lever du rideau, soit la porte métallique sur le côté cour de la scène. L'utilisation, ici, de ce terme associé au théâtre, s'avère fort à propos parce que la suite s’avérera une oeuvre de danse fort théâtrale. Les six interprètes (Ophélie Dubois, Laurence Gratton, Victoria Juillet, Adam Provencher, Alexia Quintin et Kali Trudel), revêtiront différents costumes fort colorés qui n'ont d'égal que les rôles qui leurs seront associés. Aux moments de danse durant lesquels une bête tout de tissu vêtue, alterneront de moment de forte théâtralité. Impossible de ne pas apprécier cette scène durant laquelle, les personnages sont assis autour d'une table presque toujours immobiles dans des poses de fortes expressions et durant laquelle la "bête" distribue maladroitement le liquide à boire et de la suite, durant laquelle, avec tout son corps, elle nettoie les dégats.
Difficile de garder une image précise de ces multiples couches de questionnements, mais lorsque la touche Gerard Reyes (conseiller et grand spécialiste du voguing) se présente à nous. D'abord, dans un tableau aux carrés lumineux présentant un personnage qui disparaissent pour créer la dispute de l'attention. Mais aussi, celui de l'arrivée de lui en elle (Adam Provencher) qui investit totalement la scène et suscite de fortes réactions dans la salle. Mais sa différence, sur scène provoquera une réaction, parce pas "Comme tout le monde" !
De cette gang qui avait "Quelque chose de sauvage" (présentée l'automne dernier au même endroit), il faudra dire aussi, quelque chose d'audacieux et de limites repoussées. Et de ce dernier tableau, je garde en mémoire, une scène de conversion et en "poche" un petit solide de papier blanc habité par le souffle, de la prêtresse revêtue de son sarrau. qui me l'a remise en main propre en toute solennité.
Une autre belle soirée en deux temps, introvertie en première partie et extravertie en deuxième. qui me laissera qu'une seule interrogation. Quand pourrais-je revoir ces finissants ou leurs oeuvres sur une scène la prochaine fois ? Le monde de la danse en est un qui n'est pas facile, mais, selon moi, elles ou ils ont ce qu'il faut pour "tirer leur épingle du jeu" et nos applaudissements.
vendredi 15 décembre 2017
Sur mes pas en danse: "Quelque chose de sauvage" mais aussi de très prometteur
En cette fin de saison automnale, mes pas m'ont porté jusqu'au 840 rue Cherrier, au Pavillon de danse de l'UQAM pour assister à la présentation de "Quelque chose de sauvage" de la belle "gang" du département de danse de l'UQAM sous la direction de Mélanie Demers, assistée d'Anne-Marie Jourdenais. Il suffit de voir l'affiche promotionnelle pour imaginer que les vingt-trois interprètes s'investiront. D'autant plus que les créations de Mélanie Demers demandent une présence physique forte et pas seulement de la danse. J'ai encore en tête les performances de Marc Boivin dans "Would" et il y a un peu plus longtemps, de Jacques Poulin-Denis dans "Junkyard/Paradise" et dans lesquelles la réussite, du rendu s'appuie sur leur présence "totale" !
Photo de Andréanne Ménard
"Vérité de La Palice", accepter d'investir une oeuvre de Mélanie Demers, doit se faire "corps et âme" et sans vouloir couper court, je peux déjà facilement affirmer que "c'est mission accomplie" ! Mais, laissez moi vous indiquer comment, Maude Archambault-Wakil, Estel Belval, Rachel Carignan, Penélope Desjardins, Ophélie Dubois, Catherine Dumais, Leslie Faure, Marie Fulconis, Victoria Juillet, Florence Lacroix, Élie Mainville, Léa Noblet Di-Ziranaldi, Isabelle Pin, Adam Provencher, Alexia Quintin, Lian Rodgers, Olivier Rousseau, Virginie Thivierge, DesNeiges Thomas-Groulx, Alexis Trépanier, Kali Trudel, Alex Vaudrin Demers et Giverny Welsch y sont arrivées. (oui, oui, je sais, arrivées avec pas de (e), mais avec autant d'interprètes féminines, moi je décide que oui !).
À notre entrée dans la salle, la première rangée, "ma" première rangée" !, était déjà occupée par les interprètes. Pas grave, je prends place juste derrière. Devant moi, la scène est toute vide, mais les gradins, eux, bien remplis. Nous avions eu les consignes d'usage avant notre entrée dans la salle, mais, malgré tout, il sont reprises par lui (Olivier Rousseau), habillé en "elle", en robe donc, qui a su lire dans nos têtes en nous demandant si nous avions trouvé dans la foule un visage familier. Pour ma part, la réponse est négative, mais de ma rangée, la vue est assez limitée. De cette entrée, difficile de ne pas y voir la signature de la chorégraphe qui sait être interpellante.
Vient vite par la suite, l'arrivée de tous les interprètes sur la scène, juste devant moi et avec le regard droit sur nous, tout déterminé. Déjà, dans leur regard, fort, il y a "Quelque chose de sauvage" ! Et dans leurs vêtements, toute la différence de cette individualité, différence qui se remarque, aussi, dans leurs bas qui me semblent tous différents aussi !
Par la suite, le mouvement prend place, s'immisce dans le lieu et devant nos yeux, la métamorphose s'effectue. Métamorphose dans le sens de mue, puisque les manteaux s'échappent des corps ou est-ce l'inverse ? Un constat s'impose, la nature individuelle et "sauvage" prend sa place et c'est là, juste devant nous. L'atmosphère sonore devient de plus en plus lourde et nous assistons à la convergence des corps délestés de sa gangue pour nous permettre d'en découvrir la valeur, la grande valeur.
S'en suit un magma, dans lequel l'organisation peut mystifier, mais qui éblouiera par son explosion. Mais quand même, la fatalité laisse sa trace et moi, je pense.
Il s'en suit aussi des tableaux, dans lesquels, il y a elle qui nous dit "Dieu merci, ce n'est pas moi ..." ou l'autre qui rejette en mots les jugements avoués ou non que nous pourrions avoir, avec cette teinte de "Quelque chose de sauvage". Elles ou ils, tout juste devant moi, sont convaincant(e)s, me troublent et me font perdre mes repères.
Et encore, ils se regroupent. Et de ce groupe, j'en vois et j'en ressens les soubresauts, juste avant le déferlement des vagues. Et quand ce groupe se dissout dans le lieu, il ne laisse devant moi, que lui, de son regard bien présent et que elle, de son regard absent, dans le tableau final empreint d'une juste dose de sauvage et d'intime. Et moi, imaginant la fin, je suis déjoué, mais heureux qu'ils m'aient amené ailleurs pour conclure.
De cette sortie danse, à la rencontre de la relève, j'en retiens que si la proposition chorégraphique a du sens, du sens "sauvage", il y a une relève pour la porter bien haut et pour cela merci, de mon salut bien bas.
Photo de Andréanne Ménard
"Vérité de La Palice", accepter d'investir une oeuvre de Mélanie Demers, doit se faire "corps et âme" et sans vouloir couper court, je peux déjà facilement affirmer que "c'est mission accomplie" ! Mais, laissez moi vous indiquer comment, Maude Archambault-Wakil, Estel Belval, Rachel Carignan, Penélope Desjardins, Ophélie Dubois, Catherine Dumais, Leslie Faure, Marie Fulconis, Victoria Juillet, Florence Lacroix, Élie Mainville, Léa Noblet Di-Ziranaldi, Isabelle Pin, Adam Provencher, Alexia Quintin, Lian Rodgers, Olivier Rousseau, Virginie Thivierge, DesNeiges Thomas-Groulx, Alexis Trépanier, Kali Trudel, Alex Vaudrin Demers et Giverny Welsch y sont arrivées. (oui, oui, je sais, arrivées avec pas de (e), mais avec autant d'interprètes féminines, moi je décide que oui !).
À notre entrée dans la salle, la première rangée, "ma" première rangée" !, était déjà occupée par les interprètes. Pas grave, je prends place juste derrière. Devant moi, la scène est toute vide, mais les gradins, eux, bien remplis. Nous avions eu les consignes d'usage avant notre entrée dans la salle, mais, malgré tout, il sont reprises par lui (Olivier Rousseau), habillé en "elle", en robe donc, qui a su lire dans nos têtes en nous demandant si nous avions trouvé dans la foule un visage familier. Pour ma part, la réponse est négative, mais de ma rangée, la vue est assez limitée. De cette entrée, difficile de ne pas y voir la signature de la chorégraphe qui sait être interpellante.
Vient vite par la suite, l'arrivée de tous les interprètes sur la scène, juste devant moi et avec le regard droit sur nous, tout déterminé. Déjà, dans leur regard, fort, il y a "Quelque chose de sauvage" ! Et dans leurs vêtements, toute la différence de cette individualité, différence qui se remarque, aussi, dans leurs bas qui me semblent tous différents aussi !
Par la suite, le mouvement prend place, s'immisce dans le lieu et devant nos yeux, la métamorphose s'effectue. Métamorphose dans le sens de mue, puisque les manteaux s'échappent des corps ou est-ce l'inverse ? Un constat s'impose, la nature individuelle et "sauvage" prend sa place et c'est là, juste devant nous. L'atmosphère sonore devient de plus en plus lourde et nous assistons à la convergence des corps délestés de sa gangue pour nous permettre d'en découvrir la valeur, la grande valeur.
S'en suit un magma, dans lequel l'organisation peut mystifier, mais qui éblouiera par son explosion. Mais quand même, la fatalité laisse sa trace et moi, je pense.
Il s'en suit aussi des tableaux, dans lesquels, il y a elle qui nous dit "Dieu merci, ce n'est pas moi ..." ou l'autre qui rejette en mots les jugements avoués ou non que nous pourrions avoir, avec cette teinte de "Quelque chose de sauvage". Elles ou ils, tout juste devant moi, sont convaincant(e)s, me troublent et me font perdre mes repères.
Et encore, ils se regroupent. Et de ce groupe, j'en vois et j'en ressens les soubresauts, juste avant le déferlement des vagues. Et quand ce groupe se dissout dans le lieu, il ne laisse devant moi, que lui, de son regard bien présent et que elle, de son regard absent, dans le tableau final empreint d'une juste dose de sauvage et d'intime. Et moi, imaginant la fin, je suis déjoué, mais heureux qu'ils m'aient amené ailleurs pour conclure.
De cette sortie danse, à la rencontre de la relève, j'en retiens que si la proposition chorégraphique a du sens, du sens "sauvage", il y a une relève pour la porter bien haut et pour cela merci, de mon salut bien bas.
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