Je dois l'avouer, une fois les applaudissements envolés, j'étais quelque peu dubitatif suite à ce que Geneviève Jean-Bindley et sa gang (Marie-Ève Dion, Elizabeth-Anne Dorléans, Myriam Foisy, Jacynthe Léger-Leduc et Marie-Philippe Santerre) m'ont proposé. Découvrant l'oeuvre sans avoir lu sur elle avant de m'y rendre, ma première impression de "Ne me dis pas que tu m'aimes" était assez tiède et c'est un euphémisme ! Si l'esthétique était intéressante et la qualité d'interprétation, gestuelle et vocale, était fort bien réussie, le message lui durant certains tableaux m'a fortement perturbé. J'y ai senti une violence latente, retenue ou exprimée malgré un enrobage séduisant. Pour moi, de voir de la domination, peu importe sa forme, cela m'interpelle et je pourrais dire que cela m'agresse.
Photo de Élisabeth-Anne Dorléans par Josée Lecompte tirée du site de Tangente
Et lorsque une ou des femmes, même face à une autre femme, est ou sont en situation de domination ou de dépendance, là juste devant moi, cela me met inconfortable, pour le moins ! Et ce que j'ai surtout retenu, tout au long de la présentation. Il y aura bien d'autres aspects, mais au final, ils auront été relégués derrière, malgré leur côté flamboyant et même séduisant. De ces femmes qui "font la belle" pour obtenir une récompense, moi, ça me perturbe et ça m'interpelle !
Le tout aurait pu mal se terminer et j'aurais pu repartir avec un goût amer de cette soirée, malgré ses qualités, mais heureusement, je suis resté pour la discussion d'après représentation ! Parce que de cette discussion, j'en ai retenu une partie du message de la chorégraphe et ses interprètes qui me proposaient, pas personnellement évidemment (!) à réinterpréter son oeuvre dans une perspective portant sur la dépendance qui est indépendante de notre sexe. Et effectivement, mémoire toute ouverte, j'ai fait le tour de l'oeuvre et lorsque je revois certains tableaux, ces "états de femme", dont celui du séchoir à cheveux pour se "faire belle", je comprends mieux. Cela a fait monter en haut, de mes tripes à ma tête, le propos reçu et m'a fait mieux apprécier ce que je venais de voir. La chorégraphe, de son propre aveu, ne se donne pas la mission de dénoncer, mais il me semble évident qu'une partie de son propos féministe lui échappe. Et de la violence de son propos, qu'elle assume totalement, difficile d'y rester indifférent, parce que durant certains tableaux, elle insiste au point de me déranger et me rendre inconfortable. Pour cela, elle semble avoir atteint son objectif.
J'en reviens donc de cette soirée avec l'impression que cette chorégraphe, Geneviève Jean-Bindley, dont j'avais apprécié auparavant, "Parade" (pour laquelle j'avais écrit "Six minutes, c'est court, mais l'impression, elle, est durable") et "Rainblow" (dont j'avais conclu mon impression avec "Six minutes, c'est court, mais l'impression, elle, est durable"), que cette impression donc, sera encore "durable"et avec une touche de revenez-y ! De cette discussion d'après représentation, je retiens aussi que cette jeune chorégraphe est fort déterminée et que rien ou si peu l'empêchera de s'exprimer à sa façon.
Et au final, comment faire suite à "Ne me dis pas que tu m'aimes" ?, sinon par la phrase iconique et aussi tout ambiguë de Serge Gainsbourg, "Je T'aime, ...Moi Non Plus" que j'ai chantonné dans ma tête à mon retour à la maison !
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samedi 16 février 2019
samedi 1 octobre 2016
Sur mes pas de danse, de beaux pas très prometteurs en Danses Buissonnières
Décidément, les premières propositions en danse contemporaine de cette saison sur nos scènes présentent des oeuvres de femmes avec des femmes sur scène. Danses Buissonnières ne fait pas exception, malgré que ...... Manuel Shink, avec sa création, une des six oeuvres au programme rend l'affirmation partiellement vraie, mais, j'y reviendrai.
Rappelons que Danses Buissonnières que Tangente nous propose à chaque année, permet à de jeunes chorégraphes de présenter une oeuvre de dix minutes maximum. De tout horizon, ces jeunes créateurs sont choisis par un jury de pairs. Mes pas m'ayant conduit au Monument-National quelque peu avant le temps, une discussion intéressante, mais surtout instructive avec Dena Davida, m'a permis de comprendre l'un des aspects qu'elle appréciait le plus des oeuvres qu'on lui présente et qui est l'authenticité. Terme qui peut être difficile à définir, mais qui, une fois devant nous, se perçoit très bien. Il semble que cette année encore, le jury ait eu la même vision, parce que les six oeuvres choisies irradiaient d'authenticité, et cela, c'est aussi ma perception. Et ces moments, je les ai bien aimés et surtout bien appréciés.
En entrée de jeu, nous découvrons "Struwwelpeter" qui peut être traduit de l'allemand par Pierre l'ébourrifé avec et de Ariane Dessaulles. L'image que vous pourriez en avoir est probablement juste, parce que du personnage qui se présente à nous, porte un masque avec des bandes de tissu qui se dirigent dans toutes les directions. Chacun pourra y voir les symboles qu'il voudra, mais moi sans aucune difficulté, ce personnage était au centre de son environnement avec tous les impératifs de joie de peine et, surtout, de nombreuses contraintes dans lequel elle devait évoluer. Et de ce masque porté, l'obligation de ne pas se dévoiler. Ouf !, tellement vrai pour certain ou certaine que je cotoie. La vie en dix minutes, voilà ce que Ariane Dessaulles nous propose.
Suit, "Selk" d'Eryn Tempest, récente graduée du programme de danse de l'Université de Concordia, qui nous propose une oeuvre classique dans laquelle les mouvements s'incarnent éloquents dans le corps dans une suite de mouvements loin de nous. Au moment qu'elle s'approche de nous et de moi en première rangée, les lumières s'éteignent. Voilà une fin particulièrement bien réussie !
En fin de première partie, Manuel Shink nous propose "Hors d'oeuvre" dont le titre est tout aussi ambigu que le personnage qui se présente à nous. Devrions nous être surpris, puisque de la courte présentation, nous étions avertis, "D'un point de vue queer, le principe de non-binarité du genre célèbre la diversité...". La présentation de cet homme gracieux et tout barbu était d'une grande clareté et de la tentation de classer, j'en suis ressorti avec une grande prudence. La vie n'est pas simple et les êtres humains qui l'occupent encore moins, j'en suis averti.
Pause réflexive d'une quinzaine de minutes.
Sur scène, nous apparaît, "Rainblow" et Geneviève Jean-Bindley avec un personnage féminin qui a tout du conte par son habillement. Mais, vite la réalité maladive semble s'imposer. Rien ne semble simple et tout autant ses gestes que ses mimiques et la mise en cases, nous le démontrent. J'en suis touché et pour cela merci !
"Who cares" de Virginie Desroches suit avec deux femmes ( Claire Jeannot et Myriam Foisy que je revoyais avec grand plaisir) qui devront faire un bout de chemin ensemble. Rien de facile, leurs gestes le montrent bien, mais peut-il en être autrement ? Et comme l'indique le feuillet de présentation, "Digérées d'un compromis insatisfaisant elles finiront." Mais nous, nous ne serons pas insatisfaits.
La soirée se termine avec une surprise. Nous devons nous lever de notre siège et entourer la scène sur laquelle se retrouverons les six interprètes (Julie Robert, Stefania Skoryna, Catherine Dagenais-Savard, Camille Gachot, Audray Julien et Myriam Foisy) sur la chorégraphie de Lorraine Albert et Julie Robert. On nous demande de nous déplacer tout au long de ce dix minutes et nombreux sont les spectateurs qui respecteront cettre demande, mais pas moi. Pour me permettre d'apprécier de la tête, il faut que mes pas soient immobiles et ils le seront. Je ne saurais dire ce que j'ai manqué, mais de ma perspective immobile, ces interprètes ont mis en gestes les verbes que la voix projetée m'est parvenue. "Movement in serra- 3rd movement" de ce collectif ephfem s'est incarné et a conclu une très belle soirée.
Plein de noms pris en note et un retour à la maison tout à fait satisfait de ces "Danses Buissonnières" 2016.
Rappelons que Danses Buissonnières que Tangente nous propose à chaque année, permet à de jeunes chorégraphes de présenter une oeuvre de dix minutes maximum. De tout horizon, ces jeunes créateurs sont choisis par un jury de pairs. Mes pas m'ayant conduit au Monument-National quelque peu avant le temps, une discussion intéressante, mais surtout instructive avec Dena Davida, m'a permis de comprendre l'un des aspects qu'elle appréciait le plus des oeuvres qu'on lui présente et qui est l'authenticité. Terme qui peut être difficile à définir, mais qui, une fois devant nous, se perçoit très bien. Il semble que cette année encore, le jury ait eu la même vision, parce que les six oeuvres choisies irradiaient d'authenticité, et cela, c'est aussi ma perception. Et ces moments, je les ai bien aimés et surtout bien appréciés.
En entrée de jeu, nous découvrons "Struwwelpeter" qui peut être traduit de l'allemand par Pierre l'ébourrifé avec et de Ariane Dessaulles. L'image que vous pourriez en avoir est probablement juste, parce que du personnage qui se présente à nous, porte un masque avec des bandes de tissu qui se dirigent dans toutes les directions. Chacun pourra y voir les symboles qu'il voudra, mais moi sans aucune difficulté, ce personnage était au centre de son environnement avec tous les impératifs de joie de peine et, surtout, de nombreuses contraintes dans lequel elle devait évoluer. Et de ce masque porté, l'obligation de ne pas se dévoiler. Ouf !, tellement vrai pour certain ou certaine que je cotoie. La vie en dix minutes, voilà ce que Ariane Dessaulles nous propose.
Suit, "Selk" d'Eryn Tempest, récente graduée du programme de danse de l'Université de Concordia, qui nous propose une oeuvre classique dans laquelle les mouvements s'incarnent éloquents dans le corps dans une suite de mouvements loin de nous. Au moment qu'elle s'approche de nous et de moi en première rangée, les lumières s'éteignent. Voilà une fin particulièrement bien réussie !
En fin de première partie, Manuel Shink nous propose "Hors d'oeuvre" dont le titre est tout aussi ambigu que le personnage qui se présente à nous. Devrions nous être surpris, puisque de la courte présentation, nous étions avertis, "D'un point de vue queer, le principe de non-binarité du genre célèbre la diversité...". La présentation de cet homme gracieux et tout barbu était d'une grande clareté et de la tentation de classer, j'en suis ressorti avec une grande prudence. La vie n'est pas simple et les êtres humains qui l'occupent encore moins, j'en suis averti.
Pause réflexive d'une quinzaine de minutes.
Sur scène, nous apparaît, "Rainblow" et Geneviève Jean-Bindley avec un personnage féminin qui a tout du conte par son habillement. Mais, vite la réalité maladive semble s'imposer. Rien ne semble simple et tout autant ses gestes que ses mimiques et la mise en cases, nous le démontrent. J'en suis touché et pour cela merci !
"Who cares" de Virginie Desroches suit avec deux femmes ( Claire Jeannot et Myriam Foisy que je revoyais avec grand plaisir) qui devront faire un bout de chemin ensemble. Rien de facile, leurs gestes le montrent bien, mais peut-il en être autrement ? Et comme l'indique le feuillet de présentation, "Digérées d'un compromis insatisfaisant elles finiront." Mais nous, nous ne serons pas insatisfaits.
La soirée se termine avec une surprise. Nous devons nous lever de notre siège et entourer la scène sur laquelle se retrouverons les six interprètes (Julie Robert, Stefania Skoryna, Catherine Dagenais-Savard, Camille Gachot, Audray Julien et Myriam Foisy) sur la chorégraphie de Lorraine Albert et Julie Robert. On nous demande de nous déplacer tout au long de ce dix minutes et nombreux sont les spectateurs qui respecteront cettre demande, mais pas moi. Pour me permettre d'apprécier de la tête, il faut que mes pas soient immobiles et ils le seront. Je ne saurais dire ce que j'ai manqué, mais de ma perspective immobile, ces interprètes ont mis en gestes les verbes que la voix projetée m'est parvenue. "Movement in serra- 3rd movement" de ce collectif ephfem s'est incarné et a conclu une très belle soirée.
Plein de noms pris en note et un retour à la maison tout à fait satisfait de ces "Danses Buissonnières" 2016.
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