jeudi 10 septembre 2020

Sur mes pas en danse au Festival des arts de Saint-Sauveur: Une dernière oeuvre qui a tout de l'(en)vol !

 Nous en sommes rendus dix semaines plus tard à la présentation de la dernière oeuvre de cette édition en ligne du Festival des arts de Saint-Sauveur. Une finale avec Yannick Nézet-Séguin au piano (sur une création d'Éric Champagne) et à la danse Guillaume Côté. Une oeuvre intitulée "Échos" qui pour moi après l'avoir vu et revu, aurait pu avoir pour titre " L'en(vol)", mais commençons par le début.

De ce Festival en temps de confinement, nous avons eu droit à dix propositions qui, selon moi, permettaient de se faire notre propre récit. Je suis aussi assez certain que si je les visionnait l'une après l'autre en séquence, j'y verrais les chapitres d'une oeuvre plus grande et cela, malgré la diversité des genres et des styles. Et cette dernière proposition en sera la conclusion. 

Au Sommet Saint-Sauveur, sur le "toi du monde", il y a une scène, un piano et deux hommes. En arrière scène, nous voyons loin, au dessus des arbres. Par la suite, j'y vois un oiseau, un aigle qui sera porté par les courants du vent, l'oeuvre musicale. En entrée de jeu, c'est l'envol qui sera suivi du vol de cet "oiseau". Il va avec le vent, il va aussi contre celui-ci et aussi se laisse planer, comme moi, en cette fin de pandémie.Le geste est majestueux, d'où ma référence à l'aigle. Je ne suis pas un "fana" du ballet, mais impossible de ne pas apprécier la qualité du geste et de la synchronisation avec la musique. Et le propos porte et me rejoint !

Dehors, le ciel se fait plus sombre, le mercure reste plus bas dans sa colonne, nous indiquant que la saison chaude est derrière nous, ce qui me permettra de garder bien au frais les souvenirs de cette édition particulière du Festival des arts de Saint-Sauveur. 

Il faut s'adapter, qu'on nous répète, et les responsables de ce festival l'ont bien fait. Et moi, j'en ai bien profité. Merci beaucoup !


dimanche 6 septembre 2020

Sur mes pas au cinéma: Deux rencontres qui me laissent des traces !

Pour ce long week-end, un rendez-vous avec le septième art était prévu, mais au final, ce sera deux. Deux oeuvres qui chacune à sa façon, nous aurons touché ! Mais commençons dans l'ordre. 

Il est samedi en début de soirée et pourquoi pas ! Et comme il était encore possible de réserver deux billets pour "Petit Pays" en ce samedi soir, nous l'avons fait ! Et tellement content de notre décision de dernière minute. Tirée d'un récit autobiographique, cette oeuvre nous propose une perspective nouvelle, Si la tragédie nous semblait toute rwandaise, nous en avons découvert la perspective burundaise, qui elle aussi, est toute aussi tragique.Du cinéma qui nous a ému et qui aussi nous a fait découvrir une perspective nouvelle. À voir !


Et le lendemain, nous serons en salle pour découvrir "Femmes", "Woman" en France ! Cela faisait un certain temps que nous tentions d'y aller, mais comme les places dans les petites salles du Cinéma Beaubien partaient comme des petits pains chauds, nous reportions au lendemain. Mais en ce dimanche, c'est dans la plus grande salle numéro 1 que nos bonnes places ont été réservées ! Et c'est dans une salle pleine, en temps de pandémie, que nous avons pris place. Et comme d'autres l'ont dit avant moi, nous avons été subjugués et touchés! Spectatrices ou spectateurs seront captifs tout au long de ces presque deux heures de témoignages tout féminins. Impossible pour nous de trouver des aspects de la vie des femmes tout autour du globe qui n'a pas été traité ! Tout cela avec un traitement esthétique hors du commun, avec en point d'orgue, la chorégraphie aérienne de ces femmes ! Pour faire le tour du monde de la perspective féminine aujourd'hui, "Femme(s)", notez ici la parenthèse sur l'universalité et l'unicité de chacune d'elles, par Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand mérite le détour et que cette proposition reste à l'affiche de nombreuses autres semaines.



mercredi 2 septembre 2020

Sur mes pas en danse au Festival des arts de Saint-Sauveur: deux propositions toutes en lien !

 Il m'arrive de mûrir ma réflexion sur une oeuvre et souvent, cela s'avère salutaire. Non pas que ma perspective change nettement, mais que de nouveaux éléments l'enrichissent. C'est ce qui est arrivé lors de mes visionnements de la proposition d'Andrew Skeels et Isabelle Panneton, "Appel/Éveil au sommet". J'ai attendu avant de me compromettre à rédiger sur ce que j'y ai vu. Et c'est lorsque j'ai visionné la proposition, la semaine suivante, de Daina Ashbee et Alejandra Odgers, "Try-fixer" que ces deux oeuvres n'ont fait qu'une ! Et voici pourquoi !

"Appel/Éveil au sommet" nous présente d'abord un homme (Stéphane Beaulac) qui joue de la trompette dans un grand espace vert en pente. Et puis nous "arrive" un autre (Andrew Skeels), d'abord dans un flou , puis ensuite de façon plus nette sur une scène toute noire. Je sens rapidement que devant moi, c'est un soldat sur un champ de bataille qui semble affronter une force adverse. Il exprime en gestes ses différentes émotions face à un ennemi invisible et insaisissable ! Il encaisse, il riposte, il chute, il se relève avec des gestes qui sont fort éloquents ! Il le fera jusqu'à la toute fin où nous l'abandonnerons face à son destin. 

Mais qu'arrive-t-il à cet homme après ? Saura-t-il reprendre vie dans un monde plus normal ? Et la réponse m'a été fournie par la suivante, celle de Daina Ashbee et Alejandra Odgers. Nous passons d'un champ verdoyant à un milieu lacustre où nous sommes accueillis par le son de la flûte (Caroline Séguin) qui a tout de l'appel. Mais pour appeler qui ? Dans les profondeur du lac, on perçoit une présence qui produit des mouvements sur la surface. Et après des efforts tout en son et en mouvements, un homme émerge (Benjamin Kamino). Il semble à bout de souffle. Serait-ce notre soldat de la première proposition qui tente de revenir à une vie normale ? Il tente de le faire sur la même scène noire au milieu d'un lac ! Tout est difficile, malgré l'appui du son de la flûte, au son parfois surprenant. Cet homme sans protection, ni vêtements, tente de rester à la surface, comme l'on tenté plusieurs soldats revenus à la vie "normale". Mais que lui arrivera-t-il ? Pas question pour moi ici de vous le dévoiler. 

De façon générale, je voudrais mentionner la participation particulièrement active de la flûtiste dans cette oeuvre. Elle ne reste pas en retrait de l'oeuvre et elle a les deux pieds dedans, comme au début de l'oeuvre avec ses deux pieds dans l'eau ! Son rôle est fort important dans ma lecture de cette histoire proposée.

Ainsi donc deux œuvres qui ont de la suite et que je vous propose de découvrir à la suite l'une de l'autre. 

mercredi 26 août 2020

Sur mes pas en danse: Retour sur mes rencontres chorégraphiques intimes sur une place publique !

Je me permets de le répéter, il est frustrant de ne pas connaître le moment de présentation extérieure des oeuvres chorégraphiques présentées à Montréal. Cette fois, grâce à un bon samaritain qui se reconnaîtra s'il me lit, de cette proposition, j'en connaissais le moment et le lieu et à l'avance en plus ! Ainsi donc contournant les nombreux chantiers routiers et réussissant à trouver un endroit pour garer mon véhicule, je peux marcher un coin de rue dans le Plateau jusqu'au lieu de prestation. C'est au Square de la place Roy que j'avais rendez-vous avec la proposition de Anne-Flore de Rochambeau. 

Tout juste à l'avance, la chorégraphe et les trois interprètes (Marine Rixhon, Marijoe Foucher et Laurie-Anne Langis) sont là, ces dernières se préparant à ce qui suivra en s'échauffant ! Un court échange avec elles m'apprend que c'est une oeuvre déjà existante et que j'ai vue il y a quelques temps. Le lieu est assez désert, sinon un homme là assis et des gens passant, vaquant à leurs affaires. Ce qui me laisse perplexe sur le nombre de spectateurs à venir. Et puis le moment venu, les trois interprètes prennent dans leurs mains un petit tableau. Et arrive vers moi, l'une d'elle, (Marijoe Foucher) qui demande ma collaboration. Et là, la mémoire me revient, c'était il y a presque trois ans au Festival Quartiers-Danses, dans l'Espace culturel Georges-Émile-Lapalme. La proposition avait et a encore, je suppose, pour titre "Lore". Ce qu'elle m'a demandé est tout "simple" et je l'ai accepté avec grand plaisir. J'ai donc complété quatre lignes, Une maison de...- Proche de (ou dans)...-Illuminée par ...-Habitée par.... Tout comme la fois d'avant. Tout cela pendant que près de moi un haut-parleur récitait ces phrases complétées par d'autres auparavant. 

                                          Photo par David Wong tirée du site de la chorégraphe

Juste pour vous, voici ce qui m'est venu en tête, un mercredi après-midi venteux sur une chaise dans une place publique de Montréal. "Une maison de rêves/Proche de nos souvenirs/Illuminée par ta présence/Habitée par nous deux". Laurie-Anne en prend connaissance et assez rapidement, me propose des mouvements inspirés par ces mots. Il y a moi là assis et elle qui danse "juste pour moi", dans une bulle spatiale et temporelle. Cette relation intime des mots et des gestes me rappellent encore une fois comment la présence "en vrai" est importante, sinon essentielle pour mieux ressentir l'essence d'une oeuvre chorégraphique. Une fois ces moments passés, un court échange s'en suit entre nous deux durant lequel j'apprends que je pourrai laisser une trace vocale de ces lignes en appelant au numéro de téléphone indiqué sur le tableau. Le cœur léger et très heureux, je me place en retrait pour découvrir en observateur d'autres rencontres artiste spectateur. Cette place sur laquelle les gens passaient rapidement au tout début, grâce aux approches fort respectueuses et très habiles de la chorégraphe, plusieurs personnes dont des jeunes femmes, un vieil homme, un couple, un enfant avec sa mère s'arrêtent et acceptent l'invitation à cette rencontre toute spéciale. Et de ce qu'en vois, tous apprécient. Et moi, dans un petit creux d'affluence, je replonge avec, cette fois, Mariejoe Foucher à qui je propose d'autres mots dont les derniers sont "nos désirs". Et à son tour, elle me propose, "juste à moi" une oeuvre fait de "bois", lisse comme un "lac", reflétant le "soleil" avec une intensité fort palpables et tellement bien exprimée de "nos désirs" ! Et moi encore une fois, je suis heureux. 

Voilà une oeuvre fait pour des spectateurs de passage qui j'en suis certain, qui peut les rejoindre, et de laquelle ils repartent avec une sensation intérieure toute autre. Comme il est si bien écrit sur le site de la chorégraphe, "Guidés par la résonance des mots, les corps s’animent et révèlent une danse dont il émane une trace intuitive et spontanée de chacune des rencontres." Ces rencontres seront encore possibles dans d'autres lieux de Montréal dans les prochains jours. Malheureusement pas publicisées, ce sont les résidents de certains endroits de Montréal qui pourront en profiter.

Et moi, je repars sur des pas différents et satisfaits de ces rencontres chorégraphiques intimes sur une place publique !

samedi 22 août 2020

Sur mes pas en danse: Deux rencontres "à l'aveugle" tout à fait réussies avec des personnages féminins !

 Pendant que nous supputons sur la grande question du moment, "Y aura-t-il, oui ou  non une deuxième vague", les possibilités de découvrir des propositions chorégraphiques "live" sont de plus en plus fréquentes. Cependant, il n'est pas toujours facile d'en être informé, question de prévention en temps de pandémie. En étant attentif et surtout, de recevoir les infos confidentiellement, comme au temps de l'Inquisition (!), il est possible de se retrouver là au bon moment pour apprécier le mouvement fait chair, si l'agenda le permet.


Il en reste que pour ma sortie "danse" en ce mardi soir, tout est "legit", puisque je m'étais procuré mes billets et que je serais le seul spectateur. Oui, oui !!! Karine Ledoyen (Danse K par K) et l'Agora de la danse nous proposait en cette fin d'été, particulièrement aride en propositions danse des solos de dix minutes à l'aveugle avec "Osez ! en solo. Et vite, j'ai pris mes deux premiers rendez-vous, les plus proches de chez moi, en cette première soirée de prestations. Le lieu m'était indiqué vingt-quatre heures à l'avance et je devais le garder juste pour moi et c'est évidemment ce que j'ai fait. Tel que convenu, vingt-quatre heures avant, on m'indique où me rendre et comme je suis prudent, le délai entre les deux est confortable, malgré les défis que représentent les multiples chantiers routiers de Montréal ! 

Ainsi donc en ce début de soirée de mardi, je me rend à mon premier rendez-vous, quelque peu à l'avance et surtout fébrile. Nous serons dans un lieu extérieur, mais la rencontre sera néanmoins intime. Je ne dirai rien sur le lieu, ni sur l'interprète, mais sur les moments passés, voici un court compte-rendu.

Je prend place sur un banc surélevé relativement à la rue juste là à côté. On me donne un lecteur mp3 que j'apprend à utiliser. Une fois le "cue" donné, se présente devant moi, le personnage d'une jeune femme qui sort de son panier ce qu'il faut pour nourrir mon imagination. Durant les prochains moments, elle se transformera à l'aide d'accessoires fort habilement utilisés en cette femme mature. Impossible de rester impassible lorsqu'elle me regarde droit dans les yeux, comme si j'étais son destin. Impossible pour moi de ressentir ce qu'elle a ressenti, mais moi je suis touché par cette rencontre intime dans ce lieu public, je le rappelle !

Un titre me vient en tête lorsqu'elle me quitte et c'est "Métamorphose". Parce que voyez-vous devant moi, c'est la métamorphose d'une jeune femme en une plus âgée que j'ai vue. Et cela m'a touché ! Ce n'était pas pour moi une première fois que j'étais le seul spectateur d'une prestation chorégraphique, mais je dois avouer que cette fois encore, je me suis senti privilégié. Merci à toi, interprète et chorégraphe, de ce moment d'intimité. Une fois, l'échange fort instructif entre elle et moi juste après, je me dois de quitter.

Après avoir réussi à me rendre au lieu du deuxième rendez-vous, malgré le parcours du combattant (comprendre ici les multiples chantiers routiers de Montréal), je me retrouve dans un parc de Montréal.

C'est sur un banc public d'un parc, écouteurs aux oreilles, que je me prépare à ma deuxième rencontre qui sera elle aussi avec une femme. Nous ne serons pas les seuls dans ce parc, mais à ma surprise, cette femme dont les gestes m'intriguent, me déboussolent aussi, il me semble que je suis le seul que cela intéresse. Un œil sur elle avec parfois un deuxième tout autour, ses déplacements ne semblent capter que mon attention. Il y aura bien ses yeux furtifs des autres qui parfois se dirigent vers elle, mais si moi, j'étais là, par hasard, cette femme m'intriguerait pas mal plus. Mais bon, je ne suis pas l'autre et je reviens à ma posture de spectateur attentif à la prestation. Pourquoi, ce foulard laissé, pourquoi cette roche enlevé du soulier, ces allers et retours à la recherche, voilà quelques unes des questions qui me viennent en tête lors de ces trop courtes dix minutes de prestations qui en mériteraient plus. Heureusement lors des quelques minutes de rencontre après, j'en obtiens certaines. Mais au final, n'est-il pas plus satisfaisant de repartir avec son lot de mystère et de se faire sa propre histoire ? 

Retournant de par chez nous, je me promet de prendre rendez-vous pour les trois autres propositions montréalaises, mais le temps que je me décide et que je trouve de la place dans mon agenda, tout est complet ! Grande déception pour le spectateur que je suis, mais tellement heureux pour les artisans qui ont su viser juste. 

mercredi 19 août 2020

Sur mes pas en danse: "Ground" en version extérieure pour une deuxième fois ....

 J'ai vu la version en salle de "Ground" en salle et j'ai aussi vu sa version extérieure. Lorsque j'ai appris où "Ground" de Caroline Laurin-Beaucage était reprise et le lieu de présentation, très différent du premier, il me semblait fort important que j'y retourne. Intuition de spectateur, dirait certains ! Du Parc des Faubourgs, au pied du Pont Jacques-Cartier, cette fois, mes pas m'ont amené jusqu'à l'arrière d'un complexe pour personnes âgés dans le Mile-End. Après avoir traversé la rue St-Denis et ses travaux et avoir trouvé un endroit pour stationner, dans ce Montréal en pleine effervescence de travaux routiers et d'espaces de stationnement réservés, je peux me diriger vers le lieu de présentation. Il est moins cinq, mais je trouve le bon siège pour prendre place afin d'assister à la représentation. La première fois, il y avait plein de jeunes de camps de jour. Cette fois, c'est devant un public composé principalement de résident.es âgé.es de la résidence à côté que la représentation se fera. Et tout ce chemin parcouru sera récompensé par ce que j'ai vu devant, mais aussi ce que j'ai entendu derrière moi. Je me souviens encore avec grand plaisir de ces œuvres extérieures présentées devant un public non habitué et qui suscitait de belles réactions à observer. Cette fois, il me semble que c'était encore plus intéressant, enrichi par les activités tout autour. 

Je suis assis devant avec derrière moi, deux femmes plus âgées. Normalement, j'apprécie le silence durant une représentation, mais là cette fois, ces deux femmes, "make my day" ! Parce que voyez-vous, durant l'enchaînement des différents tableaux, elles échangeaient sur le sens de ce qu'elles découvraient. Cela a débuté par le tableau de "l'envol" pour ensuite se corriger et passer à celui de la quête de l'espace. Par la suite, je me suis mis en mode écoute complète, par conséquent, peut-être ont-elles continué, mais moi, je découvrais de mon côté des éléments nouveaux de cette création. Par exemple, que malgré des pantalons oranges, c'est le visage des quatre interprètes qui captait mon attention. Aussi, et cela, juste cela m'aurait satisfait et pourtant ! Des éléments externes et hors contrôle de la chorégraphe et de son équipe ont rehaussé le sens de l'oeuvre. D'abord, il y avait un ajout externe à la bande sonore qui enrichissait l'urgence du propos chorégraphique, soit ce "bip bip" fort audible et assez fréquent des véhicules de construction derrière. Aussi, celui du passage dans le ciel de deux avions à des moments cruciaux de l'oeuvre. Des coïncidences qui remettent en question la notion du hasard. 

Une oeuvre extérieure se situe dans un contexte particulier et durant cette présentation ce contexte ajoutait une couche narrative fort riche et signifiante. Mais le meilleur, je l'ai vécu après la représentation ! C'est en échangeant avec mes deux voisines de derrière. Elles étaient heureuses de partager leur interprétation de ce qu'elles avaient vu. Et, juste pour vous, je le partage ! Elles ont finalement vu une oeuvre sur nos réactions collectives face aux changements climatiques. Et moi, de leur exprimer mon admiration toute sincère sur leur perspective face à l'oeuvre et cela leur a fait plaisir.

À une représentation de danse contemporaine au propos abstrait, on retrouve les spectateurs habituels qui y trouvent leur plaisir, mais en cet après-midi d'août, j'ai encore une fois découvert que devant un public non-initié, l'oeuvre pouvait rejoindre aussi des néophytes. Comme, il m'arrive de le dire régulièrement, je prend de bonnes décisions avant pour en découvrir la raison après. Et cette sortie pour revoir cette oeuvre en est un bel exemple. Je n'ai qu'un souhait, c'est que le plus d’œuvres soient présentées à la vue du plus grand nombre pour qu'elles résonnent et éveillent les esprits. 


lundi 17 août 2020

Sur mes pas de spectateur-danseur avec la gang de "Ballet de ruelles" !

 L'amateur de danse que je suis reprend peu à peu ses expéditions vers de nouvelles propositions non virtuelles. Je retourne avec grand bonheur, avec toutes les mesures d'hygiène nécessaires à la rencontre de propositions chorégraphiques dont il réussit à prendre connaissance du moment et du lieu de présentation. Néanmoins, il est toujours un peu frustré lorsqu'il apprend, par après (évidemment !) qu'il a raté telle prestation, soit qu'elle n'était pas annoncée ou qu'elle l'était à la toute "dernière minute", lire ici dans les dernières vingt-quatre heures !

Voilà donc pourquoi à l'atelier de danse avec la compagnie Ballet de ruelles, dont la proposition-déambulatoire "Dôme" m'avait beaucoup plu (deux fois plutôt qu'une !), présenté par l'arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie sous le kiosque du Parc-Molson, tout près de "mon" Cinéma Beaubien, j'ai dit présent sans hésiter, lorsque annoncée. Même si, d'habitude, je préfère et de beaucoup ma posture de spectateur observateur, en retrait !

En ce lundi matin de rencontre lorsque je quitte la maison, le ciel menace de déverser son lot de H2O liquide. Et c'est ce qu'il fera, chemin faisant ! Mais le kiosque a un toit et nous serons "juste pas trop nombreux" avec notre masque, soit huit, pour pouvoir accompagner les quatre membres de cette compagnie (Sarah-Ève Grant, Nicolas Labelle, Lola O'Breham-Rondeau et Gabrielle Surprenant-Lacasse) dans une exploration du mouvement fort riche en enseignement. C'est donc avec un couvre visage que je participerai à cet atelier fort agréable pour les cinquante ans et plus !

Atelier sous le toit du kiosque, pendant que le parc autour reçoit une bonne ration d'eau que la verdure, elle, apprécie beaucoup ! Après les présentation d'usage des membres de la compagnie et des participants, le tout débute avec un réchauffement qui me permet de prendre conscience de mon corps. Ce même corps qui me permet de courir sur des parcours de plusieurs kilomètres sans que je n'en prenne conscience ! Il s'en suit une autre prise de conscience, celle de l'espace que j'occupe, de celui que je partage avec d'autres. Un peu plus tard, je devrai, sans le dire, "suivre" un autre personne et ensuite, "éviter" une autre. Tout en apparence simple, je réalise que dans cet espace, ce que l'on me demande n'est pas évident, compte-tenu que je dois rester à distance de toutes et tous, "because" la pandémie ! Je suis, mais jamais seul dans un espace public, à moi d'en prendre conscience ! Et pour cela, la gang de Ballet de ruelles, le message est bien reçu ! 

Il s'en suit le principal moment de cette rencontre. Celui qui nous permet, à tour de rôle, de proposer un mouvement. Je devrai être honnête ici, je me suis senti un peu, sinon pas mal nerveux de proposer un mouvement pour tous. Mais, le spectateur plonge et propose un mouvement proche de ceux qu'il fait lorsqu'il court. Et peu à peu les mouvements se présentent et je les apprivoise tout autant maladroitement qu'avec plaisir ! Le tout se construit et évolue sans le regard critique d'un chorégraphe, ouf, jusqu'au moment du déployé complet ! Déployé qui nous permet de prendre nos distances et d'y apporter notre touche personnelle. Et au final, nous pourrons prendre le mouvement qui a nous le plus touché et l'effectuer dans l'espace en tenant compte des autres tout autour. 

Au final, j'y ai retrouvé une belle démonstration du comme vivre en société, en s'exprimant en tenant compte des autres, à "écouter" les autres, et à pouvoir utiliser ce qu'ils me proposent et, pourquoi, prendre leur proposition pour qu'il devienne mienne ! En moins d'une heure, la compagnie Ballet de ruelles nous propose une douce et enrichissante leçon de vie !  Et cela, même à mon âge presque vénérable est toujours utile. D'autres appelleraient cela de la formation continue |