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lundi 18 octobre 2021

Une visite à l'hôtel Germain pour y découvrir le monde "L'autre maintenant" de Milan Gervais !

Voilà un de mes plaisirs de spectateurs, celui de suivre les pas d'un.e chorégraphe et de découvrir où ils m'amènent. En ce qui concerne Milan Gervais, et de sa compagnie "Human Playground", mes pas m'ont amené dans des parcs, dans une rue, dans des espaces publics et aussi dans un stationnement étagé extérieur. Dans ces lieux, j'y ai découvert er redécouvert aussi "Auto-Fiction", "Parking", "Inscape". 

En cette fin de soirée d'octobre, le lieu de rencontre avec sa nouvelle proposition était un hôtel, soit l'Hôtel Germain de Montréal pour y découvrir "L'AUTRE MAINTENANT", adaptation de "Inscape, présenté dans un stationnement étagé de l'ouest de Montréal. Hôtel dont je franchissais le seuil pour une deuxième fois pour y découvrir aussi une proposition culturelle. La première fois, c'était pour, "2050 Mansfield-Rendez-vous à l'hôtel" en 2014, une proposition de la Deuxième Porte à Gauche dont je m'ennuie des propositions audacieuses. Au moment où j'écris ces mots, les représentations en nombre très limitées, trop limitées tant qu'à moi, étaient du passé. Je me permettrai donc de vous décrire ce que j'y ai vécu.

À ma sortie de la station de métro, mes pas me portent à travers un centre-ville tout aussi en construction qu'animé, jusqu'à la porte de cet hôtel. Une fois la porte franchie, le calme de l'endroit me fait grand bien. Je passe à la réception et une fois mon nom donné et mon passeport vaccinal montré, j'ai droit à une carte magnétique pour une des chambres et je suis invité à me rendre dans la salle tout au fond pour attendre. 

Pause

Je ne sais pas comment nous nous souviendrons de ce bout de phrase "mon passeport vaccinal montré" dans quelques années ? J'espère que cela un mauvais souvenir d'une époque sanitaire révolue.

Fin de la pause

Nous sommes quelques-uns à attendre. Comme j'ai été informé, qu'il y aura un petit retard pour le début, j'en profite pour examiner les lieux. Nous serons une dizaine de spectateurs à se faire inviter par le "concierge" (Marco Pronovost) de l'hôtel, notre hôte pour la soirée à prendre place dans un salon proche du bar assez calme. Il nous accueille et nous présente de façon fort intéressante, les aspects historiques et architecturaux de cet hôtel qui a ouvert ses portes à l'époque de l'Expo 67 et qui a ajouté des étages tout en haut par la suite. Il nous présente aussi comment les propriétaires soutiennent les créateurs d'ici, des toiles exposées jusqu'aux uniformes des employés. 

Vient le moment d'entreprendre notre "expédition" vers les étages supérieurs qui débutera au troisième étage. À notre arrivée, nous sommes invités à rester près des ascenseurs pour découvrir trois femmes (Marine Rixhon, Jessica Serli, Susie Paulson) déjà présentes dans cette pièce qui semblent attendre ! Et puis, nous sommes invités à inverser nos places avec les leurs. C'est donc assis que nous poursuivons notre découverte de l'oeuvre. Et puis, elles nous quittent, chacune de son côté. Et à notre tour, nous allons quitter pour nous rendre dans un salon pour nous permettre de mettre sur papier un de nos souvenirs d'un séjour à l'hôtel ou/et lire ceux laissés par d'autres passés avant nous dans ce lieu. 

Prochain arrêt, le corridor du septième étage avant de nous diriger dans la chambre au numéro de notre carte magnétique. Nous serons quatre à prendre place dans cette chambre dans laquelle se retrouve déjà une femme (Marine Rixhon). Elle est dans le lit et semble être dans un vide tout aussi béant que personnel. Ce qui suivra, nous montre ce qu'elle fera pour tenter de combler le manque qui l'habite dont en mangeant réglisse rouges et "crottes de fromage" en alternance tout en visionnant une vidéo sur son portable. Elle aura beau faire le tour de la chambre, rien à faire ! Et puis arrive notre hôte qui nous invite de quitter la chambre. C'est dans le corridor que nous nous retrouverons tout.es pour échanger sur ce que l'on vient de découvrir avec un verre à la main qui nous est offert. 

                                     Photo de l'oeuvre tirée du site Facebook de Milan Gervais

Et tous ensemble, nous continuons notre expédition en prenant l'ascenseur jusqu'à la Suite Signature au 18e étage dont les grandes fenêtres sont derrière les rideaux fermés. Deux femmes arrivent et dans un tableau semblable, selon mes souvenirs, au dernier de "Inscape". Ces deux femmes fort belles avec leur robe me captivent de par leurs relations exprimées par leurs mouvements. Et puis les rideaux sont ouverts, donnant une perspective imprenable sur la ville pendant qu'elles évoluent, maintenant, sur le balcon. Chacun pourra, comme moi, donner une signification à leurs déplacements. Et puis, elle nous quittent ! 

Il s'en suit nos applaudissements et une invitation de rester dans ce lieu pour échanger avec la chorégraphe, Milan Gervais, les trois interprètes et notre "concierge" Marco Pronovost fort bon et très crédible (une des spectatrice s'est même fait avoir !) dans son rôle. Occasion privilégiée pour apprendre sur l'historique et le contexte de création de cette présentation, dans le cadre du projet de l’Art à l’hôtel du Conseil des arts de Montréal en partenariat avec Association des hôtels du Grand Montréal. Projet mis de l'avant compte-tenu de la pandémie. Et pour moi, le temps était venu pour partir, fort heureux de cette rencontre culturelle. Je redescend donc les dix-huit étages, je laisse ma carte magnétique à la réception et à ma sortie, je prends le temps de regarder la façade de l'hôtel dont on m'avait parlé au début de ma soirée dans l'hôtel avant de revenir à la maison.

dimanche 15 septembre 2019

Sur mes pas en danse: Redécouvrir un lieu public avec "Inscape, l'autre maintenant" de Milan Gervais

Ma première "rencontre" avec Milan Gervais date d'assez longtemps, lors d'une table ronde, elle en avant et moi dans la salle, sur les présentations "in situ". C'était l'époque durant laquelle le spectateur que je suis réservait ses pas presque exclusivement pour des spectacles en salle. Ce qu'elle avait dit comme les autres participants, m'avait ouvert de nouveaux horizons que j'ai depuis assez bien explorés. Juste pour elle et sa compagnie Human Playground, depuis cette première rencontre, j'ai vu et revu "Auto-Fiction" et "Parking", quelques fois, dans différents lieux publics. Impossible de ne pas constater l'effet produit avec le public de tout âge ! Et moi, de rencontre en rencontre, j'ai développé une certaine affinité, sinon une affinité certaine, avec la perspective chorégraphique de cette femme. Chaque fois, j'étais impressionné par le travail et l'imagination de la chorégraphe pour faire prendre racine son oeuvre dans un lieu fortement urbain, rue St-Denis, tout comme dans des parcs, du parc Lafontaine à celui d'Émilie Gamelin !

                                Tirée du site de Danse-Cité

Cette fois, elle m'invitait "long way from home in the west part francophone of Montreal !", soit à seize stations de métro sur la ligne verte, au Stationnement"tout en étages" Éthel dans le quartier Verdun. Et en ce jeudi soir, j'ai donc fait d'abord connaissance avec l'entrée de ce stationnement étagé de neuf étages. Comme d'habitude, je suis "un peu" à l'avance, mais je ne suis pas le premier à l'entrée de ce stationnement, bien accueilli par les gens de Danse-Cité. Le moment venu, juste avant de débuter notre exploration des différents étages, nous avons droit à quelques indications de la guide de la soirée, Maud Mazo-Rothenbühler, que nous devrons suivre, elle et sa lumière.

Et le moment venu, nous entreprenons la montée de ce stationnement à partir du quatrième étage. Nous y découvrirons graduellement les cinq personnages (Jessica Serli, Susan Paulson, Marine Rixhon, Patrick Lamothe et Simon-Xavier Lefebvre), tels des fantômes des lieux avec leurs vêtements et leurs différentes histoires aussi. Ils investiront les lieux par leurs déplacements, avec des ondulations mystérieuses, intrigantes aussi, pendant que tout autour les signes sonores la vie de ce quartier nous parviennent, accompagnant la trame musicale d'Antoine Berthiaume. Dans ce premier "tableau", j'y vois d'abord des trajectoires linéaires sans interaction, comme ces véhicules qui se déplacent dans ce lieu, mais qui d'abord peu à peu , mais ensuite de plus en plus se font interactifs. Et de ces rencontres, ils laissent des traces d'eux (certains de leurs vêtements) derrière eux !

Nous sommes ensuite invités à nous déplacer un étage plus haut, au cinquième, où tout au loin, tout différemment coloré de leurs vêtements, nous découvrons une histoire toute différente dans laquelle la chute de l'un amène l'autre pour le relever. De tout loin là-bas, ils viennent vers nous et nous sommes là pour voir ces êtres qui une fois arrivés proches de nous repartent tout là-bas ! Une fois eux repartis, nous sommes invités jusqu'au sixième étage, devant une grille derrière laquelle un être, fort mystérieux, capte notre attention et qui se mettra en action. Par la suite, et c'est pour moi un des moments forts de la soirée, je découvre un tableau sur deux étages, tels des univers parallèles et synchronisés. Un rappel fort simple et évident que notre destin n'est peut-être pas si unique !

Nous sommes ensuite invités dans un "coin du 7e étage" pour découvrir "une soirée de bal" avec des personnages qui évoluent de façon fort particulière (sans que je sois capable de dire de quoi il s'agit !), mais en voyant que derrière une grille un corps inanimé se trouve là ! Décidément, chaque étage recèle une histoire fort différente et un destin fort coloré de départ !

Et puis arrive le moment où nous sommes invités à nous diriger jusqu'au huitième étage, destination finale de notre expédition de spectateur, en plein air, où nous apparaissent deux "anges", parce que voyez-vous, c'est le ciel (et le temps frais de septembre) qui nous accueillent ! Et ces deux "anges" évoluent jusqu'à leur libération suivis par nos applaudissements, fort bien mérités, pour elles et les autres interprètes aussi !!!

Il s'en suit une invitation à rencontrer les artisans, rencontre dirigée par Sophie Corriveau, invitation que j'ai acceptée sans hésitation. Et de cette rencontre, fort riche des informations du processus de création du studio au lieu de prestation, qui a demandé une grande capacité d'adaptation à tous et qui pour les interprètes, selon une d'entre elles, reprise par d'autres, a été stimulant.

Au final, Milan Gervais, m'a montré une fois de plus, sa maîtrise des lieux et comme elle le dit, que le béton peut être une terre fertile pour faire croître une oeuvre fort riche en mouvements et en symboles. Et pour cette création, comme elle l'a indiqué, elle a pu compter sur l'inestimable collaboration de l'équipe de Danse-Cité qui l'a accompagné jusqu'à l'éclosion de l'oeuvre. Merci à vous tous qui m'avez amené jusqu'au huitième étage de ce lieu bétonné, pour découvrir qu'un lieu en apparence banal, glauque peut, avec imagination et travail devenir le théâtre de moments riches en symboles. Et je laisse le mot de la fin à la chorégraphe, "INSCAPE (est)  une façon de ressentir et de réfléchir la ville, de prêter une voix artistique au questionnement sur les infrastructures urbaines, le contexte environnemental de ce début du XXIe siècle et les besoins présents et à venir de notre humanité."

vendredi 3 août 2018

Sur mes pas en danse: une autre fois vers "Parking"

Ma première rencontre avec Milan Gervais remonte à une discussion devant public à propos de la danse in situ avec sa compagnie Human Playground organisée par le Festival Quartiers Danses. Ses propos m'avaient intéressés et depuis, il y a eu "Auto-Fiction" que j'ai vu quelques fois, avec toujours le même plaisir. Plaisirs de revoir l'oeuvre tout autour d'une automobile et de la réaction du public autour.

                                         Photo de Denis Martin

La chorégraphe, sur son site, nous présente ses objectifs de façon fort claire: J’explore la ville tel un terrain de jeux, un théâtre à ciel ouvert où je campe des propositions chorégraphiques conçues et performées pour entraîner les publics dans des univers de fictions. J’ai choisi de créer en extérieur pour offrir au public des histoires en partage dans ces espaces qui nous relient physiquement les uns aux autres."

L'an dernier, j'ai découvert "Parking" dont le titre ne nous laisse pas présager de ce qui nous sera présenté. Et sa proposition chorégraphique dans des lieux publics a été retenues pour être représentée, encore cette année, dans différents endroits cet été, et moi, c'est au Parc Lafontaine que je l'ai revue. En voici un court compte-rendu.

C'est un mardi soir humide, sans danger de pluie et la foule s'agglutine autour du point de départ de ce déambulatoire. Les vélos doivent faire un détour ou arrêter à ce carrefour proche du Théâtre de la Verdure en dormance. Je prends place, une bonne selon mes critères de spectateur avisé et expérimenté. À l'heure prévue, arrive à nous les quatre interprètes, Roxane Duchesne-Roy, Patrick Lamothe, Simon-Xavier Lefevre, Jessica Serli, avec pas trop loin, les deux concepteurs, Milan Gervais et Hubert Lafore, la conseillère artistique, Sophie Michaud et les trois acolytes, porteuses des "projecteurs de la trame musicale".

Mon premier constat, une oeuvre, c'est vivant et ça évolue, parce que des accessoires déclencheurs de l'an dernier, aucune trace. De ce couple et du drame passé, il faudra être attentif et se référer à la trame musicale dans un premier temps. Une fois la mise en place faite, leurs gestes nous indiqueront comment, ils tentent d'y surmonter, aidés par cet autre couple. Les différents épisodes, nous les découvrons en nous déplaçant, correctement guidés. À ces accessoires du début maintenant absents, la chaise de "bébé" permet de bien trouver ses repères. Ce couple déchiré pourra-t-il surmonter le drame ? Pas question de l'indiquer ici, mais le dernier tableau l'indique clairement.

Un moment chorégraphique tout aussi éloquent qu'accessible à un grand public, comme ce fût le cas en cette belle soirée de fin juillet.

Sortie danse qui m'a aussi permis de découvrir qu'une oeuvre peut évoluer (plus aucune cigarette pour souligner la trame narrative) et s'adapter au lieu de présentation. Le spectateur, un peu curieux a réussi à savoir que l'adaptation par la chorégraphe (Milan Gervais) demandait quelques heures. Pour ceux et celles qui voudraient la découvrir et je vous encourage à le faire, les prochains rendez-vous seront le 25 août à la Place de la Gare Jean-Talon (station du métro Parc) et au Parc Ladauversière (St-Léonard), le 30 août.

lundi 11 septembre 2017

Sur mes premiers pas au Festival Quartiers Danses

C'est aujourd'hui que débutait mon Festival Quartier Danse avec au programme deux oeuvres extérieures aux Jardins Gamelin d'abord et ensuite, tout proche, la projection de treize courts-métrages "danse" à la Cinémathèque Québécoise.

Le tout commence avec la présentation de "Struggle II" de Catherine Lafleur aveMathieu Campeau, Simon Fournier, Emilie Morin et Melina Stinson aux mouvements et Ludo Pin à la guitare pour l'atmosphère musicale. Comme la foule, le soleil se fait très présent, il est juste face à nous, éblouissant, derrière le lieu de prestation, mais pas question de se plaindre oh non ! Il faut juste être bien équipé d'un pare-soleil et moi, j'en ai un !


                                         Photo de Jackie Hopfinger tirée du site du Festival Quartier Danse

Donc, cette première oeuvre, il y a quelques temps, j'en avais vu la première répétition de la nouvelle mouture. De ces mouvements que j'avais vu se faire et se refaire sans ordre particulier, ils sont assemblés et organisés dans une pièce d'une trentaine de minutes fort bien réussie. Portant sur les relations de couple, de jeunes couples (selon moi), des relations grésillantes, intenses, des relations "oui, toi, non, moi" ! Une oeuvre qui se décline sur les différentes traductions françaises de la version "verbe" du titre, soit  lutter, se débattre, avoir des difficultés. La version "verbe" plus que celle "nom", parce que c'est dans l'action que ces deux couples interagissent. Les images fusent dans ma tête, "si ça va mal, peut-on en vouloir au ciel", "à changer de rôle, nous y perdons notre identité", pendant que les mouvements (et les sauts) sont puissants, exigeants, percutants. Il y avait parfois un léger décalage dans les duos, fort appropriés puisqu'il nous permettait de mieux apprécier les mouvements des quatre interprètes. Des relations à se "pèter la gueule", symboliquement, évidemment ! Tout cela, fort bien enrobé par l'accompagnement musical suivait le tout fort habilement. Une oeuvre présentée dehors qui a du punch et qui mériterait une place en salle et un plancher plus absorbant (pour les interprètes).

Petite pause et nous devons nous déplacer pour entreprendre le déambulatoire "Parking" de Milan Gervais avec Roxane Duchesne-Roy, Patrick Lamothe, Simon-Xavier Lefebvre, Jessica Serli. J'avais déjà vu cette pièce sur la rue St-Denis et le parcours était fort bien choisi. Cette fois, nous suivrons les interprètes qui feront un cercle sur la place. Voilà, un des défis, bien relevé, soit celui d'adapter l'oeuvre à son environnement. Mes "espions" m'ont dit que cela été aussi le cas lors de la présentation au Festival de théâtre de rue de Lachine. Donc, une oeuvre qui présente, elle aussi, deux couples, mais qui met les "projecteurs" sur l'un des deux qui vient de vivre un drame. La suite nous montre que ce qui est brisé peut être difficilement remis ensemble, malgré les efforts même extérieurs. Les cicatrices etles éclats nous sont dansées et c'est sur les pas au loin d'elle, que tout se termine. Cette histoire, je l'avais vu, mais adaptée pour ce lieu, elle m'est apparue différente et toute aussi intéressante. Une oeuvre accessible qui a captivé un public averti et aussi des gens qui passaient sur cette place publique. Important de mentionner, le dispositif des haut-parleurs mobiles qui accompagnent fort bien tous les tableaux.


                                         Photo de Denis Martin tirée du site du Festival Quartier Danse

Deux oeuvres, qui encore une fois, démontrent que l'on peut aller au devant du public et y prendre une belle place. Encore plein d'occasions en vue, il suffit de prendre connaissance du programme du Festival à l'adresse suivante: http://quartiersdanses.com/. Pour ma part, je me dirige vers la Cinémathèque Québécoise pour la suite de ma soirée et sur laquelle, je reviendrai dans un prochain texte.

mercredi 26 juillet 2017

Sur mes pas extérieurs en danse: "Parking", une oeuvre qui nous surprend et nous ébranle.

Avec mère Nature et son caractère bi-polaire des derniers jours, c'est une journée plus tard que prévue, donc en cette belle soirée de mardi, lendemain d'une journée de fortes ondées que mes pas m'ont amené sur la rue St-Denis pour assister à "Parking" de Milan Gervais et Hubert Lafore (Human Playground), conseillés par Sophie Michaud avec Roxane Duchesne-Roy, Patrick Lamothe, Simon-Xavier Lefevre et Jessica Serli. Mais avant d'assister à cette oeuvre qui s'avèrera marquante, je me suis permis une deuxième fois pour "Dôme" à un jet de pierre de là.

La présentation ayant été repoussée de quelques minutes, j'ai eu droit à un verre du jus rose d'un des personnages (rose), fort nombreux en cette soirée. Un peu plus et je me mettais à chanter "La vie en rose" !!! Bon OK, un peu de sérieux.

Le temps passe et la représentation se met en marche, parce que je vous rappelle, cette oeuvre de danse est un déambulatoire. Moi, qui la première fois, suivait derrière, cette fois, je les suis tout en avant, face avec eux. Perspective que j'ai beaucoup appréciée, puisque de cette marche en lieu hostile (pour les personnages évidemment), j'en ai vu la physionomie fort bien exprimée. Ma première visite avait eu lieu à la première soirée et, cette fois, c'était la dernière (avec deux autres représentations à faire pour cette soirée). C'est peut-être une question de perception ou de perspective, mais l'oeuvre avait atteint une belle maturité, avec, dans ces corps en mouvement, les traces et les cicatrices de toutes les présentations précédentes (trois représentations par soir pendant neuf soirées, sauf la veille, soirée de fortes pluies). Et pour moi, certains tableaux frappaient encore justes et la finale, "sous le dôme" a été particulièrement réussie. Pour cette représentation, la foule nombreuse était captivée durant ce déplacement sur la rue St-Denis fort achanlandée, par la quête de ces êtres qui arrivaient de nulle part et qui allaient vers leur destin.

Petite pause-transition avant de me rendre un peu plus haut sur la rue St-Denis, pour m'installer devant une ligne bleue qui délimite la zone de présentation, la première de plusieurs autres et celle des spectateurs, dans une section inclinée de cette rue. "Parking" débutera bientôt. On y retrouve une nappe avec les objets habituels pour un repas, signes évidents d'une vie routinière et sans histoire. La foule composée des gens du milieu et des promeneurs commencent à se faire nombreuse. Arrive le moment. La trame musicale fort efficace, produite par trois canons portatifs, se fait entendre et les quatre interprètes investissent les lieux. Dans le premier tableau, les personnages interagissent sans que je puisse établir leur lien, mais tout à coup sans avertissements, je vois et je ressens l'évènement, sinon le drame.

                                         Photo de David Wong sur le site Fujix-Forum

S'en suit, une suite de tableaux qui me confirme le drame en le précisant et qui nous amène sur ce bout de rue, Terrasse St-Denis. Juste avant, il y aura ce tableau fort ébranlant d'elle, là-haut, qui se déleste de vêtements de bébé tout blancs, ce qui nous laisse une bonne marge pour imaginer, l'inaccessible désespoir de ce qui est arrivé à ce couple accompagné par ceux qui semble être leurs amis. La suite nous entraîne par différents tableaux, présentés dans différents endroits, jusqu'au bout de la Terrasse qui s'avère un cul de sac, lieu tout désigné pour la conclusion qui nous rappelle que dans la vie, ultimement, nous finirons seuls aussi. Difficile de ne pas mentionner la qualité des prestations des quatre interprètes qui doivent composer avec une "scène" toute inclinée et lorsque Simon-Xavier Lefebvre grimpe au mur pour aller au devant de son désespoir, comment ne pas être admiratif par l'intelligente prise en charge du lieu de présentation.

De Milan Gervais, je me souviens encore de "Auto-Fiction" que j'ai vu deux fois et dont la nature et la force du propos chorégraphique me rejoignaient, mais aussi les jeunes et moins jeunes présents dans les différents parcs. Encore une fois hier, la signature de la chorégraphe est bien reconnaissable dans l'oeuvre et de par son interprétation et sa dramaturgie, elle se fait accessible et mériterait une deuxième fois pour le spectateur que je suis parce que cette histoire, je veux mieux la comprendre. Une oeuvre dramatique qui, si mes informations sont bonnes (et elles ont toutes les raisons de l'être), sera reprise dans, au moins, un autre lieu. J'en prend bonne note.