samedi 18 décembre 2021

Sur mes pas en danse: Ma première fois à une présentation publique du programme Big Bang.

"Chères étudiantes, vous n'êtes pas encore rendues encore à la fin de votre parcours de formation, mais l'avenir s'annonce bien et moi, vos prochains pas sur scène, je compte bien y être pour les découvrir. À bientôt, donc !" 

Voilà ce que j'écrivais en avril 2019 (époque "bénie", d'avant pandémie), suite à la présentation de "Paradis" par le groupe du BAC en danse de l'UQAM. Depuis, le BAC est maintenant obtenu et la vie professionnelle (dans une époque pas trop facile pour les arts de la scène ) est entamée ! Il y a eu aussi d'autres occasions de les revoir. Récemment, sur les réseaux sociaux, j'apprends que je pourrai découvrir de nouveaux "pas" de Châtelaine Côté-Rioux et de d'autres aussi.

Pause

Moi qui arpente ce milieu depuis quelques années, même si j'aime beaucoup refaire des pas en des lieux connus, il y a, en moi, un petit quelque chose qui apprécie explorer de "nouveaux territoires". Et en ce vendredi soir, c'est sur la rue d'Iberville près du boulevard St-Joseph que mes pas m'amènent ! Je serai honnête, trouver ce lieu s'est avéré quelque peu difficile, malgré les indications !!! Mais, comme je m'y suis rendu avant l'heure, plus de peur que de mal !!

Fin de la pause

Me voilà rendu dans la file pour entrer dans la salle et y trouver une place, ce que je fais une fois mon passeport vaccinal, une énième fois montré tout au cours des dernières semaines et mes chaussures enlevées.

Au programme, quatre prestations, la cinquième étant annulée pour cause de blessure. La soirée commence avec moi assis tout devant, sans présentation officielle (qui se fera à la toute fin ). Prend place devant moi, Lola Thirard. Elle se met devant nous avec son micro, évoluant pour tenter de saisir le frottement provoqué, sinon le bruit, le bruit répercuté, le bruit qui bondit, le bruit déformé, le bruit en lien avec le corps et ses mouvements. Dans la suite, elle nous partage autant en gestes qu'en paroles, les prénoms de ceux et celles qui, de mon interprétation, habite sa mémoire, (dont Anne-Sophie, Mélusine, Malik, Giacomo ...). La suivre dans ses gestes jusqu'à la fin a été captivant.

Nous vient ensuite, Nicole Jacobs qui tout simplement , tout à côté de moi, met son corps en mouvement qui pivote et qui tournoie. Son passé circassien me semble évident par la beauté et l'agilité de ses mouvements. Il en reste que tout au long, je suis fasciné, mais aussi troublé, oui, oui, troublé par une question qui s'incruste en moi ! Mais qu'est ce qui la trouble ? Et ce regard fort puissant que je croise, amplifie mon impression.

Après une pause, question de préparer le lieu à la prochaine proposition, celle d'Estelle Weckering qui inclut dans l'espace de performance, une dizaine de spectateurs pour créer un couloir pour son évolution. C'est dans le coin, en retrait derrière un drap ou un voile rouge, qu'elle se met "en marche". Et c'est sous un autre drap rouge suspendu qu'elle évoluera vers une destination qui lui semble lointaine. De ce chemin, les gestes dégagent un besoin. Il y aura aussi ce fil, celui qu'elle libère comme si en elle, une vérité ou une confession, le besoin de s'en libérer était une nécessité vitale. Ça, je le ressens encore plus fort lorsque tout proche de moi, elle vient.

Et ensuite, une fois déplacé.es et avoir reçu la "communion" de notre époque (lire ici un jet de gel désinfectant !!!) pour la dernière proposition de la soirée, j'entend, il me semble de l'eau qui bout, pendant que elle, Châtelaine Côté-Rioux et lui à la technique prennent place. Sur une petite table, une radio de mon époque prend place. Et puis, arrive cette femme, tisane à la main (et oui l'eau bouillait pour vrai !) dans ce a toute les allures d'une cuisine d'époque avec comme point central la radio. Elle se met à faire "tourner" le syntonisateur. Et compte-tenu de l'heure, il semble bien que ce sont les émissions "live" qu'elle écoute. Donc, cette femme dans son quotidien quelconque est à la recherche. Et puis, sans crier garde, elle est projetée dans un monde imaginaire dans lequel, elle devient la gagnante d'un prix. Et c'est elle, métamorphosée que nous suivrons dans ses mondes colorés de rose et de bleu. Je me sens amener dans ses états intérieurs fort complexes jusqu'à la conclusion de cette rencontre tout aussi chorégraphique que théâtrale.

Une fois, les applaudissements fort bien mérités faits, la "grande patronne de la soirée", Stéphanie Decourteille, vient faire les présentations et les remerciements officiels. Et comme elle, je suis d'avis que chacune de ces présentations mériteraient une suite plus élaborée dans l'avenir.

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