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samedi 18 septembre 2021

Sur mes pas réels en danse: Une autre incursion intéressante dans l'univers de Maria Kefirova !

 Dans cette première semaine fort chargée de rentrée culturelle (comme si tous les diffuseurs s'étaient donnés le mot pour démarrer leur saison en même temps!!!), mes pas en ce mercredi soir me portent jusqu'au MAI pour assister à la première de "backs, boxes, towels" de et par Maria Kefirova. Une fois les procédures d'usage complétées, je me mets en attente près de la porte pendant qu'autour de moi le lieu se remplit peu à peu. Je suis toujours curieux de découvrir ce que cette créatrice me proposera, moi qui a du apprivoiser ses oeuvres avec le temps. Cette fois, on m'indique dans la description que "L’œuvre suit le fil de sa curiosité à l’égard du concept et de l’incarnation de la friction.". Avec le temps, j'ai appris à apprécier sa façon d'aborder le monde et de nous le transmettre. "The Nutcracker" est définitivement, une oeuvre hors norme, abstraite et captivante. qui laisse une forte impression. Et qui pour moi, scelle définitivement la relation créateur-spectateur avec elle !", voilà comment je terminais mon texte suite à ma rencontre et qui donne la principale raison d'être là en cette soirée d'ouverture du MAI.

                                          Crédit : Johan Deschuymer (tirée du site du MAI)

Me voilà donc, première rangée devant une scène toute blanche avec à ma gauche, un triangle rectangle tout noir, à ma droite, du carton ou des cartons, de nombreux fils qui pendent un peu partout sur l'espace scénique et enfin au fond à droite un objet recouvert d'un drap. L'espace scénique me semble néanmoins tout vide. Et une fois que le tout commence, Maria Kefirova prend possession des lieux et de mon attention. Elle le fait avec des gestes tout simples et son regard intense, en se déplaçant toujours face à nous et en changeant de fichu. J'y vois un message m'indiquant que si tout est assez stable, il y a des choses qui changent. 

Et puis arrive le moment durant lequel les cartons deviennent boîtes et que le tout, lire ici le titre de l'oeuvre, prend tout son sens et capte totalement mon attention. Je suis intrigué par le sens de ses gestes et des sons qui émergent de ses boîtes qu'elle déplace sur la scène, un peu autour aussi, selon une logique qui m'échappe. Cela ne me déplait pas, au contraire même. Impossible de rester indifférent aux éclairages qui évoluent habilement dans tout le spectre chromatique pour suivre ce qu'elle nous propose. Tout cela pendant que découvert de sa toile un écran de télévision nous présente des images dont celles d'une boîte de "Ryvita, snackbread" et qui parfois attire, sinon détourne mon attention ! Les boîtes muettes ou audibles sont déplacées par elle et moi tout au long. Et puis arrive le moment de la transformation "radicale" de l'espace scénique qu'elle effectue dans un ordre en apparence aléatoire et dont le résultat est particulièrement beau. Je la suis attentivement effectuer sa tâche jusqu'à ce qu'elle nous quitte dans une finale ambiguë que j'apprécie beaucoup ! Et lorsque nous quittons le lieu pour nous rendre dans la salle d'exposition, le lien était fait avec les oeuvres exposées qui présentent en mots des bruits. 

Une soirée qui me confirme encore que dans la vie, persister permet de découvrir des univers artistiques hors normes fascinants ! Merci Maria !


vendredi 16 novembre 2018

Sur mes pas en danse: Captivé par "The Nutcracker" de Maria Kefirova

Lorsque je tente d'expliquer comment certains univers créatifs m'ont demandé du temps pour les apprivoiser et de donner des exemples, je pense assez vite à Maria Kefirova. Je me souviens encore et très viscéralement de mon départ "furax !!!" suite à la présentation de son "The Paradise". Par la suite à ma présence à "Studio libre" (mai 2016), je me souviens de ce que j'avais écrit, " Comme pour sa dernière présentation à Tangente, "The Paradise", je dois avouer que je suis resté quelque peu dubitatif devant ce qui m'a été présenté, même s'il y avait là, une prémisse intéressante. Quand même curieux d'en voir la suite prochaine ou lointaine, de cette exploration.". J'y détecte avec du recul, une ouverture, toute petite, mais réelle.

                             Photo de Maria Kefirova par Frederic Chais & Svetla Atanasova

Intéressant de noter mes réactions plutôt négatives face à ses propositions, fortement colorées d'éléments rationnels, moi le scientifique. Mais avec "The only reason I exist is you, also why dogs are successful on stage", toujours en 2016, le vent avait tourné et j'avais été séduit et surtout conquis par son univers cérébral, envoûtant (dans le sens de subjugant !). Le spectateur se répète, mais, c'est pour les bonnes raisons, "il faut apprendre à manger du brocoli" !

Ainsi donc, je me suis retrouvé dans le hall d'entrée, fort achalandé du Théâtre La Chapelle pour découvrir sa plus récente création, "The Nutcracker", dont j'avais découvert un très court et intrigant extrait lors de la présentation de la saison de ce lieu de présentation. "À ne pas manquer", que j'avais noté dans mon agenda.

Les portes de salle s'ouvrent devant moi et encore une fois, en première rangée, je prend place, fort curieux. Sur la scène devant moi, je n'y retrouve que quelques accessoires dont un haut-parleur et des micros. Le temps que la salle se fasse comble, nous arrive de l'arrière des estrades, Maria Kefirova, habillée de sa robe rouge et blanche et de sa tuque. Elle s'assoit dos à nous et pendant que nous attendons la suite, nous entendons le son de ses pulsations aux rythmes variables.

Et elle se lève ! Et ce son devient celui de son coeur qui pulse, comme aussi ses pas en résonance. Il s'en suit des tableaux avec une enregistreuse portative et micros qui deviennent une oeuvre abstraite, sinon absurde, mais tout à fait fascinante à découvrir. Quelque soit, la signification des ses mouvements, de ses déplacements, de ce qu'elle veut nous présenter, elle nous garde captif ! Et lorsqu'elle nous ordonne, "Don't look at me", je lui ai obéi sans broncher. 

Puis arriva le moment des "noix" (25 kilogrammes, selon le feuillet de la soirée !) , elles servent d'abord à situer le chemin parcouru de son corps sur la scène et en garder la mémoire. De ce long, mais néanmoins court et très intéressant moment, durant lequel, la scène se remplit de noix (de Grenoble), les gestes captivent. Mais de ces souvenirs, et de ces traces passées, que peut-on en faire ? Maria Kefirova, elle, nous en présente sa version. Comme pour faire une omelette, il faut casser des oeufs, les noix subiront le même sort, sous sa "botte" impitoyable déployée dans une danse colorée d'urgence, comme pour fuir et passer à autres choses. Ce qu'elle fera la tâche complétée.

"The Nutcracker" est définitivement, une oeuvre hors norme, abstraite et captivante. qui laisse une forte impression. Et qui pour moi, scelle définitivement la relation créateur-spectateur avec elle !

vendredi 11 novembre 2016

Sur mes pas en danse: "Au delà du regard", mais vraiment !!!!

Si la fin de mon titre vous laisse quelque peu intrigué, je vous rassure en entrée de jeu, cette soirée a comblé mon appétit de spectateur de danse contemporaine. Le "mais vraiment" ayant la signification d'un titre qui vise tout à fait juste, surtout si on ajoute le sous-titre "surprising audiences".

Par conséquent, tenter de décrire ce que le spectateur aura la chance et le plaisir de découvrir dans cette soirée, sans en dévoiler les principaux éléments relève du défi comme de résoudre la quadrature du cercle. Mais à défaut de le résoudre, je me permettrai d'y apporter des touches de descriptions qui ne remplaceront pas le plaisir d'y être.

Ainsi donc, pour cet avant-dernier programme au Monument-National, Tangente présente un beau programme en apparence éclaté, mais qui au final avait une certaine uniformité.

En entrée de jeu, "The only reason I exist is you, also why dogs are successful on stage" de Maria Kefirova. Accompagnée "sur scène" par Karen Fennell, Kelly Keenan et Sara Hanley, elle nous propose une réflexion sur la notion de distance et de position et aussi de perspective. Après une introduction verbale avec son accent fort agréable, nous sommes invités à y mettre du nôtre et ce, de différentes façons. Intelligemment amené, ce qui suivra, captivera, amusera et qui aussi saura faire réfléchir. Les moyens utilisés sont, somme tout, modeste, mais brillants. Je dois confesser que si sa dernière proposition à Tangente, "The paradise", m'avait laissé "quelque peu" dubitatif, cette fois, j'ai été tout à fait séduit et surtout conquis par son univers cérébral. En plus, j'y ai même mis ma touche personnelle à cette oeuvre !

                                         Photo de Karen Fennell par Vivien Gaumand

Pause après des applaudissements d'une salle pleine et qui a manifestement fort bien reçu cette proposition utilisant "l'art relationnel", dixit Dena Davida.

Retour devant une scène vide avec comme seul accessoire, un micro. Nous serons présentés des "Pavlov Morceaux"  de Natacha Filiatrault, reliés par des "Radio Danses" de Gaétan Leboeuf. Ainsi donc, arrive un animateur de scène (et de foule), David Cormier (interprété par le toujours aussi pétillant David Strasbourg) avec son verbe en ébullition et son regard accéré, sans oublier son sourire moqueur. Nous aurons droit en première partie à un discours portant sur la danse contemporaine et son quatrième mur avec quelques applications pratiques pour les spectateurs. Le tout pourrait s'avérer quelque peu didactique, si ce n'était de la façon "Strasbourgienne" qui devrait plaire à tous.

                                          Photo de David Strasbourg par Julie Artacho

Présentation du premier épisode de "Radio danses" qui s'incarne sous la forme d'un objet ou d'un vieux poste de radio (selon moi). Il est désigné pour l'occasion "La machine à faire vieillir qui est brisée", qui se met à émettre les choses d'une autre époque, soit une description d'une oeuvre chorégraphique avec des interprètes "étoiles" qui pour certains font parti de de notre patrimoine culturel. Ma mémoire défaille et par conséquent, je m'excuse à tous ceux et celles qui y performaient de ne pas les nommer. Le tout est décrit par la comédienne Danièle Panneton et n'ayez crainte, vous aurez l'impression d'y être. À ce point que lorsque tous les interprètes finissent leurs prestations "tout nu", vous aurez sûrement le réflexe comme moi "de fermer les yeux". Bon OK, j'exagère un peu, parce que la nudité en danse contemporaine ne fait plus frémir, mais voyez-y une marque d'appréciation du réalisme de ces moments décrits.

                                         Photo: Gaétan Leboeuf

Retour sur scène de notre maître de cérémonie, toujours en grande forme, qui nous demande de nous mettre à la dance avec en prime, deux prix pour celui et celle qui l'impressionneront. Et, allez savoir d'où il vient, mais sur scène se retrouve un homme qui allie performance et prouesse, wow ! et il gagne un beau prix que j'aurais eu grand plaisir à avoir et à porter.

Retour de la machine et deuxième épisode de "Radio danses" tout aussi réussi et intéressant que le premier. "Reretour" de notre symphatique et électrisant animateur. La suite prend une tournure imprévue, parce que les ordres s'émoussent. Le personnage nous entraîne dans sa fuite, dévoilant ce qui se cachaient sous le vernis du personnage avec des gestes sentis et fort en émotion. Je dois avouer qu'il m'en fallait peu pour me diriger vers lui et le prendre dans mes bras pour le consoler. Sachez que la description ne vaut pas le fait de le voir là devant nous. Et lui qui nous indiquait que la danse, ce n'était pas pour lui ! Sacré comédien David, ce qu'il est vraiment d'autre part !

Au final, une superbe soirée, "signée" Dena Davida qui permet au spectateur d'aller "Au delà du regard" and to "Surprising audiences".