En me rendant en Zone Homa pour une dernière fois cette année, je me suis laissé tenter à me faire une idée de ce que j'allais y découvrir en me rappelant le titre de l'oeuvre à découvrir, "Hyphy" d'Alex Huot. Ce fût peine perdue. Comme je n'avais pas avec moi la présentation de l'oeuvre et avec si peu de lettres et tant de possibilités pour cette performance/laboratoire/danse, je pataugeais dans les suppositions. J'ai refait le même exercice, mais cette fois à voix haute. À part des regards surpris en ma direction des gens près de moi dans l'autobus qui m'y amenait, peu importe la phonétique anglaise ou française, nenni ! J'ai pris mon mal en patience et mis mes pas au service de ma curiosité pour aller y voir de plus proche.
De: Alex Huot
Arrivé à l'avance, il est facile de constater que je ne serai pas le seul curieux, parce qu'autant l'intérieur que l'extérieur du bâtiment, il y en a du monde. On m'indique même qu'une dizaine de chaises supplémentaires ont été ajoutées pour répondre à la demande. Évidemment, si on sait que Dave St-Pierre est un des interprètes, cela peut amener une partie de l'explication de ce grand achalandage. Les projets dans lesquels il est impliqué réservent toujours une part de surprises et le dernier en date, "Stanford", dans la même Zone Homa en a fourni la preuve.
Le temps passe, le monde arrive, la salle ouvre ses portes et chacun des sièges trouve preneur. Les gens parlent, le temps passe encore sans se préoccuper de l'attente plus ou moins latente des spectateurs. La musique d'ambiance se fait plus discrète jusqu'à ne plus être et enfin les lumières s'éteignent. S'en suit, provenant de l'ombre cinq personnages déguisés qui pour les 90 minutes suivantes, nous présenteront tout ce qui a les allures d'une soirée cabaret. Le tout est mené par un personnage à la fausse fourrure jaune doté d'une immense tête arborant un grand sourire. Il se rendra à une console sur la scène, il enlèvera les accessoires d'un numéro précédent, jusqu'à ce qu'il nous fasse ses adieux projetés sur l'écran à l'arrière-scène.
Ainsi donc, nous pourrons découvrir les puissantes et inspirantes prestations de chant, des numéros de danse de nature bien différente, de la danse africaine à la danse contemporaine, en passant par un numéro plus performatif utilisant une sphère lumineuse qui s'amènera d'en haut et dans laquelle on entrera pour se transformer. Sur scène, y viendront Christian Garmatter, Samantha Hinds, Marie-Reine Kabasha, Alanna Kraaijeveld et Dave St-Pierre, en solo ou en duo ou en groupe.
Parmi les éléments que l'on a pu constater tout au long de la présentation, il y a l'utilisation de l'ombre ou de la pénombre pour la très grande majorité des tableaux permettant des touches d'éclairage sur les corps en mouvement, créant des effets fort réussis. Il y a aussi les projections visuelles présentées sur l'écran d'arrière scène qui accompagnaient ou qui appuyaient la prestation. Les transitions, parfois quelque peu maladroites, avaient une touche sympathique, mais nous en étions avertis par la description de la soirée. "Je suis un néophyte de la culture hip-hop. Je suis artiste visuel. 1 +1 = HYPHY. Un geste excentrique, maladroit, assumé." Ce mot d'Alex Huot décrit bien la couleur de sa proposition qui vise tout azimuth, dans les styles. Le tout regorge de bonnes idées de qualité, même si le tout pourrait être resserré et qu'il pourrait être bonifié dans un futur pas trop lointain. Le résultat pourra rejoindre un grand public. Voilà une bonne utilisation de la Zone "d'expérimentation" Homa.
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vendredi 26 août 2016
samedi 20 août 2016
Sur mes pas en Zone Homa en quête d'identités "Box.in" et "Jaune/Brun (pâle)", trouvées ?
Si le spectateur que je suis a un objectif, quel qu'il soit, lorsqu'il se déplace pour assister à une proposition culturelle, cela est aussi le cas des créateurs de ou des œuvres qu'il découvrira. Rien de plus vrai pour ce que j'ai pu découvrir durant cette soirée, bien remplie dans la Zone Homa, vers laquelle mes pas m'ont porté. La soirée portait sur le thème de l'identité. D'abord, l'identité sexuelle (dont la binarité est de plus en plus requestionnée) avec "Box.in" (and out, serais-je tenté de rajouter) de Julia B. Laperrière et Sébastien Provencher. Ensuite, l'identité ethnique et le métissage (de plus en plus présent) avec "Jaune/Brun (pâle)" de Claudia Chan Tak, Florence Blain Mbaye et Gabriel Dharmoo.
Voilà une soirée qui, selon moi, apporte une deuxième dimension à un divertissement, permettant au spectateur qui le souhaite, d'avoir une réflexion durant et surtout après, bien après que ses pas l'aient ramené à la maison. La mienne se poursuit et se poursuivra tout au long de la prochaine session scolaire face à ces jeunes que j'aurai la chance de cotoyer et/ou d'enseigner.
En entrée de jeu, "Box.in" se présente à nous avec une scène remplie d'objets de toute sorte, mais surtout, "oh surprise !" de boîtes pliées ou bien déployées. De cet apparent capharnaum, émerge une forme, un corps nu plutôt dont autant le sexe que la tête nous sont dissimulés. Je veux souligner ici que le genre de l'adjectif est masculin, même si, selon moi, la tête devrait dominer sur le sexe. Ainsi soit-elle, les règles de notre langue française ! Apparaîtra une deuxième corps, plus habillé, tout habillé avec un vêtement blanc sans genre. Comme nous le ferions sûrement, ils déplaceront les choses pour organiser, mettre de l'ordre, classer les choses, Tout semble se placer, mais est-ce la meilleure perspective ? Chacun pourra répondre à cette question, mais en se métamorphosant, ils induisent le raisonnement et ils nous amènent ailleurs. De ce box.in, ils nous propose un box.out, une invitation, selon moi, à décloisonner, à résister à notre tendance naturelle. Ce qui constitue un rappel fort important. Le tout se termine par un dernier tableau fort explicite, dans lequel le mélange de tout fait le tout, pour le bonheur de tous.
"Jaune/Brun (pâle) se présente à nous par l'intermédiaire de trois personnages dont les origines sont outre-mer, mais pas seulement, donc métissée. L'identité ethnique est, sans ambiguité, au programme. Pour un immigrant, est-il de son pays d'origine, du Canada ou du Québec ? Je vous mets au défi, cher lecteur, ou lectrice, de répondre à cette question avec franchise et sur un ton affirmé ! Il y aura celle qui le fera par le jeu théâtral. Il y aura aussi celui qui le fera par le chant. Et aussi, celle (et c'est la partie que j'ai préférée, qui sera surpris ?), qui le fera par la danse. Comment concilier les valeurs de son pays de ses origines avec celles de son pays d'accueil ? Tout mélangé, peut-on s'y retrouver ? La fin ne peut nous permettre d'espérer et l'espoir est une source à laquelle, l'homme ou la femme, doivent s'abreuver. Et moi, je ne fais pas exception !
Photo: Claudia Chan Tak
Ils sont bien jeunes, ceux et celles que j'ai vu sur scène, et le tout n'est pas parfait, mais leur sagesse m'a apporté beaucoup plus que certains "sages" qui m'ont déjà fait la leçon. Je vous souhaite le même privilège.
Voilà une soirée qui, selon moi, apporte une deuxième dimension à un divertissement, permettant au spectateur qui le souhaite, d'avoir une réflexion durant et surtout après, bien après que ses pas l'aient ramené à la maison. La mienne se poursuit et se poursuivra tout au long de la prochaine session scolaire face à ces jeunes que j'aurai la chance de cotoyer et/ou d'enseigner.
En entrée de jeu, "Box.in" se présente à nous avec une scène remplie d'objets de toute sorte, mais surtout, "oh surprise !" de boîtes pliées ou bien déployées. De cet apparent capharnaum, émerge une forme, un corps nu plutôt dont autant le sexe que la tête nous sont dissimulés. Je veux souligner ici que le genre de l'adjectif est masculin, même si, selon moi, la tête devrait dominer sur le sexe. Ainsi soit-elle, les règles de notre langue française ! Apparaîtra une deuxième corps, plus habillé, tout habillé avec un vêtement blanc sans genre. Comme nous le ferions sûrement, ils déplaceront les choses pour organiser, mettre de l'ordre, classer les choses, Tout semble se placer, mais est-ce la meilleure perspective ? Chacun pourra répondre à cette question, mais en se métamorphosant, ils induisent le raisonnement et ils nous amènent ailleurs. De ce box.in, ils nous propose un box.out, une invitation, selon moi, à décloisonner, à résister à notre tendance naturelle. Ce qui constitue un rappel fort important. Le tout se termine par un dernier tableau fort explicite, dans lequel le mélange de tout fait le tout, pour le bonheur de tous.
Photo : Julia Barrette-Laperrière et Sébastien Provencher
Entracte !"Jaune/Brun (pâle) se présente à nous par l'intermédiaire de trois personnages dont les origines sont outre-mer, mais pas seulement, donc métissée. L'identité ethnique est, sans ambiguité, au programme. Pour un immigrant, est-il de son pays d'origine, du Canada ou du Québec ? Je vous mets au défi, cher lecteur, ou lectrice, de répondre à cette question avec franchise et sur un ton affirmé ! Il y aura celle qui le fera par le jeu théâtral. Il y aura aussi celui qui le fera par le chant. Et aussi, celle (et c'est la partie que j'ai préférée, qui sera surpris ?), qui le fera par la danse. Comment concilier les valeurs de son pays de ses origines avec celles de son pays d'accueil ? Tout mélangé, peut-on s'y retrouver ? La fin ne peut nous permettre d'espérer et l'espoir est une source à laquelle, l'homme ou la femme, doivent s'abreuver. Et moi, je ne fais pas exception !
Photo: Claudia Chan Tak
Ils sont bien jeunes, ceux et celles que j'ai vu sur scène, et le tout n'est pas parfait, mais leur sagesse m'a apporté beaucoup plus que certains "sages" qui m'ont déjà fait la leçon. Je vous souhaite le même privilège.
jeudi 18 août 2016
Sur mes pas en danse/théâtre/laboratoire en Zone Homa: "Stanford" pour stand for ???
9 minutes 52 secondes était le temps indiqué sur le mur en arrière scène, lorsque le tout s'est arrêté et que les éclairages se sont éteints, pour se rallumer quelques secondes plus tard sur une scène vide, mais seulement de ses interprètes. Vous ne comprenez pas tout à fait, c'est tout à fait naturel, par conséquent, reprenons depuis le tout début.
Photo : Collage Aexandra Gélinas et Jonathan Allen
Mes pas m'ont amené à l'Espace Libre, lieu de diffusion utilisé pour cette occasion par la Zone Homa pour présenter "Stanford" de Natacha Filiatrault. Le lieu m'est quelque peu familier et mon choix est d'attendre, "au chaud" à l'intérieur ou dans les volutes des fumeurs à l'extérieur. Une fois mon billet récupéré, c'est à l'intérieur que j'ai fait la lecture du feuillet qui donnait le mode d'emploi (proposé) de ma soirée.
Étape #1: Aller voir le spectacle (coché !).
Étape #2: Avoir envie de voir des interprètes saigner sur scène ( ah oui, vraiment !!!, mais une fois rendu, ce préalable sera-t-il vérifié ?).
Étape #3: Rester passif et prudent dans mon appréciation immédiate (être un spectateur idéal, pourquoi ?)
Étape #4: Arriver chez moi. (merci, mais aller où, sinon ?)
Étape #5: Magasiner les opinions de mes pairs sur les réseaux sociaux (oh que non !, d'abord aller courrir un bon 10 kilomètres, question de me mettre les idées en place, et ensuite laisser mijoter le tout quelques heures au fond de la "marmite")
Étape #6: Poster mon opinion (et que oui !!!!)
Étape #7: Bien dormir malgré mon envie de sang (sans façon !)
La lecture faite et le hall d'entrée bien plein à en déborder tout dehors, notre maître de cérémonie, sinon de jeu (David Strasbourg, dont l'efficacité n'a d'égal que le sourire) nous accueille, "fait le bilan des troupes" (tous les spectateurs indiquent qu'ils n'en sont pas à leur première expérience de danse contemporaine) et il nous invitent à entrer dans la salle. Nous prenons place sur ces longs sièges, sur lesquels nous trouverons des cartons aux quatre couleurs, un ballon de plage et une banane sur laquelle il est écrit "mange moi". Pendant ce temps sur la scène, aux quatre coins, masqués et costumés, quatre personnages "haut" en couleur, ainsi que tout au fond le DJ de la soirée (Tomas Furey). Une fois la salle tout à fait remplie, notre maître du jeu revient et nous indique le déroulement de cette soirée, durant laquelle nous participerons (sans aller sur la scène, il nous rassure) et en nous présentant juste devant la première rangée, un gros bouton rouge, de la façon de pouvoir l'utiliser, ainsi que la raison pour ce faire. Les explications sont claires et bien comprises, par conséquent, la soirée peut commencer.
Ce qui suit mérite d'être découvert par soi-même, par conséquent, je m'en tiendrai aux "grandes lignes". Sachez que ces quatre personnages (Érich Étienne, Jean-Philippe Baril Guérard, Marie-Ève Carrière et Dave St-Pierre) nous proposeront leur mouvements sur scène, que nous déciderons des accessoires utilisés par ces gladiateurs de la scène. Peut-être avons-nous l'impression de décider et certaines fois, cette décision nous est effectivement retirée. Ballons de plage, balles de ping-pong, pelures de bananes seront quelques-uns des accessoires qui, tels des sédiments s'accumuleront sur la scène et sur le parcours chorégraphique des interprètes. À intervalles réguliers, notre maître de jeu nous interpelle collectivement pour décider de la suite des choses. Le tout évolue et l'impression que j'en retiens est que danser peut-être un acte périlleux.
Avec du recul, j'ai l'impression que dans ce laboratoire, les cobayes n'étaient pas ceux que l'on pense. Si comme moi, vous savez que "Stanford" est aussi le nom d'une expérience en psychologie, menée en 1971, il est possible de tirer ses propres conclusions sur cette soirée. Si, en plus, vous vous rappelez aussi que Dave St-Pierre est un des interprètes, il est tentant de penser que Natacha Filiatrault s'est inspirée d'une des scènes de son spectacle "Un peu de tendresse, bordel de merde". Vous pourrez peut-être en déduire que le quatrième mur n'existe pas. Donc, 9 minutes 52 secondes avant la fin prévue, le tout s'est terminé abruptement, sans que personne ou si peu, ne s'objecte et que notre maître de jeu nous salue à la sortie de la salle.
Une soirée, au final, surprenante, mais qui tient ses promesses (et ses 7 étapes) et qui nous fera réfléchir sur notre véritable rôle de spectateur. Une oeuvre qui mérite qu'on la découvre, si elle se retrouve à l'affiche dans un avenir plus ou moins lointain.
Photo : Collage Aexandra Gélinas et Jonathan Allen
Mes pas m'ont amené à l'Espace Libre, lieu de diffusion utilisé pour cette occasion par la Zone Homa pour présenter "Stanford" de Natacha Filiatrault. Le lieu m'est quelque peu familier et mon choix est d'attendre, "au chaud" à l'intérieur ou dans les volutes des fumeurs à l'extérieur. Une fois mon billet récupéré, c'est à l'intérieur que j'ai fait la lecture du feuillet qui donnait le mode d'emploi (proposé) de ma soirée.
Étape #1: Aller voir le spectacle (coché !).
Étape #2: Avoir envie de voir des interprètes saigner sur scène ( ah oui, vraiment !!!, mais une fois rendu, ce préalable sera-t-il vérifié ?).
Étape #3: Rester passif et prudent dans mon appréciation immédiate (être un spectateur idéal, pourquoi ?)
Étape #4: Arriver chez moi. (merci, mais aller où, sinon ?)
Étape #5: Magasiner les opinions de mes pairs sur les réseaux sociaux (oh que non !, d'abord aller courrir un bon 10 kilomètres, question de me mettre les idées en place, et ensuite laisser mijoter le tout quelques heures au fond de la "marmite")
Étape #6: Poster mon opinion (et que oui !!!!)
Étape #7: Bien dormir malgré mon envie de sang (sans façon !)
La lecture faite et le hall d'entrée bien plein à en déborder tout dehors, notre maître de cérémonie, sinon de jeu (David Strasbourg, dont l'efficacité n'a d'égal que le sourire) nous accueille, "fait le bilan des troupes" (tous les spectateurs indiquent qu'ils n'en sont pas à leur première expérience de danse contemporaine) et il nous invitent à entrer dans la salle. Nous prenons place sur ces longs sièges, sur lesquels nous trouverons des cartons aux quatre couleurs, un ballon de plage et une banane sur laquelle il est écrit "mange moi". Pendant ce temps sur la scène, aux quatre coins, masqués et costumés, quatre personnages "haut" en couleur, ainsi que tout au fond le DJ de la soirée (Tomas Furey). Une fois la salle tout à fait remplie, notre maître du jeu revient et nous indique le déroulement de cette soirée, durant laquelle nous participerons (sans aller sur la scène, il nous rassure) et en nous présentant juste devant la première rangée, un gros bouton rouge, de la façon de pouvoir l'utiliser, ainsi que la raison pour ce faire. Les explications sont claires et bien comprises, par conséquent, la soirée peut commencer.
Ce qui suit mérite d'être découvert par soi-même, par conséquent, je m'en tiendrai aux "grandes lignes". Sachez que ces quatre personnages (Érich Étienne, Jean-Philippe Baril Guérard, Marie-Ève Carrière et Dave St-Pierre) nous proposeront leur mouvements sur scène, que nous déciderons des accessoires utilisés par ces gladiateurs de la scène. Peut-être avons-nous l'impression de décider et certaines fois, cette décision nous est effectivement retirée. Ballons de plage, balles de ping-pong, pelures de bananes seront quelques-uns des accessoires qui, tels des sédiments s'accumuleront sur la scène et sur le parcours chorégraphique des interprètes. À intervalles réguliers, notre maître de jeu nous interpelle collectivement pour décider de la suite des choses. Le tout évolue et l'impression que j'en retiens est que danser peut-être un acte périlleux.
Avec du recul, j'ai l'impression que dans ce laboratoire, les cobayes n'étaient pas ceux que l'on pense. Si comme moi, vous savez que "Stanford" est aussi le nom d'une expérience en psychologie, menée en 1971, il est possible de tirer ses propres conclusions sur cette soirée. Si, en plus, vous vous rappelez aussi que Dave St-Pierre est un des interprètes, il est tentant de penser que Natacha Filiatrault s'est inspirée d'une des scènes de son spectacle "Un peu de tendresse, bordel de merde". Vous pourrez peut-être en déduire que le quatrième mur n'existe pas. Donc, 9 minutes 52 secondes avant la fin prévue, le tout s'est terminé abruptement, sans que personne ou si peu, ne s'objecte et que notre maître de jeu nous salue à la sortie de la salle.
Une soirée, au final, surprenante, mais qui tient ses promesses (et ses 7 étapes) et qui nous fera réfléchir sur notre véritable rôle de spectateur. Une oeuvre qui mérite qu'on la découvre, si elle se retrouve à l'affiche dans un avenir plus ou moins lointain.
Où
lundi 15 août 2016
Sur mes pas en Zone Homa: Un "Camping Bugs" fascinant et "La banda (La gang) délicieusement déjanté
Malgré mon intérêt à découvrir des univers chorégraphiques de tout genre. il arrive de plus en plus souvent de me rendre à une soirée parce qu'il y a un ou des noms sur l'affiche qui en font une offre que je ne peux refuser. Pour cette visite en Zone Homa, c'était tout à fait le cas et pour le comprendre, il faut faire un retour dans le temps, lors d'une Passerelle 840, il y a un peu plus d'un an. Sur cette Passerelle passe de jeunes chorégraphes et interprètes, élèves ou finissant(e)s qui expérimentent et, qui, "sagement" laissent leur nom sur un feuillet pour que l'on se rappelle de leur nom. Mais aussi, il y a eu cette fois, pour laquelle une gang de filles refuse de jouer le jeu et l'affirme fort. De mémoire (et je m'en rappelle bien), leur prestation était audacieuse et j'en avais retenu le visage d'une de ces filles. Faut croire que le procédé a réussi puisque, même si je les avais raté à l'édition du Fringe qui a suivi juste après, je me suis souvenu du visage d'une des ces filles. À preuve, lors d'un spectacle de finissantes de l'École de danse contemporaine de Montréal, bien assis au premier rang, j'avais reconnu Chloé Ouellet-Payeur, juste à côté de moi prête à monter sur scène. De ce long préambule, il faut retenir que lorsque j'ai vu son nom apparaître sur le programme de Zone Homa, j'ai bloqué mon agenda pour une sortie danse. Ainsi donc, leur stratégie a fonctionné et moi, je me suis retrouvé bien assis dans la salle en première rangée.
Pour cette soirée, il y avait d'abord "Camping Bugs" du et avec le chorégraphe Manuel Shink accompagné par Hélène Messier et Clarisse Delatour. Même le titre impose une certaine vision de ce qui nous sera présenté et que les sacs de couchage utilisés comme accessoire vestimentaire appuie fortement. Pour ma part, j'en retiens surtout la présentation du programme. "Camping Bugs présente trois amis insomniaques évoluant entre la solitude et la relation à l’autre, entre la quête spirituelle et l’absurde. Un univers intimiste, singulier, ludique et sensible qui ne dénonce rien mais autorise à tout." Tout en subtilité, je me suis retrouvé captivé par ces sauts et les interactions entre les trois 'bibittes" sorties de leur cocon. Les choses évoluent souvent lentement, dans un va et vient qui sait fasciner. Intéressant aussi de constater la réaction de la petite fille, assise juste à côté de moi, (entre cinq et dix ans, il me semble !) qui réagissait et qui riait de bon coeur durant certains tableaux. Bon début de soirée et pas seulement pour moi, donc !
Photo: Simon Lenoires
Après la pause, si pour ma part, je ne vais pas à la plage, celle-ci est venue à moi. Elle m'est apparue subitement, sous les traits d'un personnage tonitruant (Nicolas Centeno) directement sorti d'une playa du Sud, sous l'influence d'un soleil trop insistant. Il parle un espagnol approximatif (à tout le moins en apparence !) et il parle de nous, il me semble, avec "Les tabarnacos" fort affirmé. Ainsi donc, de ce camping tout calme, nous nous dirigeons tout droit sur une plage fort active, sur laquelle il y a différents personnages "haut en couleur". Il y a lui, il y a elle et elle encore, mais aussi un quelqu'un d'autre tout recouvert et masqué. Impossible de bien résumer le déferlement de cette "punta de la playa", mais les vagues de leurs mouvements et de leurs expressions sont fortes et ne se brisent pas au première rangée du public présent, pour déferler jusqu'au fond de la salle. Le regard affirmé de l'une ( Sabrina Verette) n'a déquivalent que les bisous affirmés et répétés de l'autre (Marie-Pier Proulx), tout cela, en première partie, sous le regard passif de l'intrigant personnage (!) (Catherine Yale) et porté par le flot verbal de lui, G.O. sous l'influence des U.V. solaires et surtout intarissable de propos débridés et aussi pour moi, incompréhensibles.
Photo: Félix Hallé
Dans cette version de "La banda" ce soir on s'éclate, le public, comme moi, a suivi cette bande de joyeux lurons dans leurs périples déjantés. Je me souviens, il y a quelque temps, d'une autre oeuvre qui éclaboussait et pour laquelle nous avions eu la chance d'avoir, pour une oeuvre de la Zone Homa, une suite enrichie, beurrée plus épais ("Cake" d'Audrey Rochette). En espérant que dans un futur plus proche que lointain, la marée soit plus basse et que la playa de "La Banda", elle, occupe plus de place (et de temps), toujours avec autant de couleurs.
Au final, une expédition surprenante en Zone Homa et de laquelle je reviens tout à fait satisfait.
Pour cette soirée, il y avait d'abord "Camping Bugs" du et avec le chorégraphe Manuel Shink accompagné par Hélène Messier et Clarisse Delatour. Même le titre impose une certaine vision de ce qui nous sera présenté et que les sacs de couchage utilisés comme accessoire vestimentaire appuie fortement. Pour ma part, j'en retiens surtout la présentation du programme. "Camping Bugs présente trois amis insomniaques évoluant entre la solitude et la relation à l’autre, entre la quête spirituelle et l’absurde. Un univers intimiste, singulier, ludique et sensible qui ne dénonce rien mais autorise à tout." Tout en subtilité, je me suis retrouvé captivé par ces sauts et les interactions entre les trois 'bibittes" sorties de leur cocon. Les choses évoluent souvent lentement, dans un va et vient qui sait fasciner. Intéressant aussi de constater la réaction de la petite fille, assise juste à côté de moi, (entre cinq et dix ans, il me semble !) qui réagissait et qui riait de bon coeur durant certains tableaux. Bon début de soirée et pas seulement pour moi, donc !
Photo: Simon Lenoires
Après la pause, si pour ma part, je ne vais pas à la plage, celle-ci est venue à moi. Elle m'est apparue subitement, sous les traits d'un personnage tonitruant (Nicolas Centeno) directement sorti d'une playa du Sud, sous l'influence d'un soleil trop insistant. Il parle un espagnol approximatif (à tout le moins en apparence !) et il parle de nous, il me semble, avec "Les tabarnacos" fort affirmé. Ainsi donc, de ce camping tout calme, nous nous dirigeons tout droit sur une plage fort active, sur laquelle il y a différents personnages "haut en couleur". Il y a lui, il y a elle et elle encore, mais aussi un quelqu'un d'autre tout recouvert et masqué. Impossible de bien résumer le déferlement de cette "punta de la playa", mais les vagues de leurs mouvements et de leurs expressions sont fortes et ne se brisent pas au première rangée du public présent, pour déferler jusqu'au fond de la salle. Le regard affirmé de l'une ( Sabrina Verette) n'a déquivalent que les bisous affirmés et répétés de l'autre (Marie-Pier Proulx), tout cela, en première partie, sous le regard passif de l'intrigant personnage (!) (Catherine Yale) et porté par le flot verbal de lui, G.O. sous l'influence des U.V. solaires et surtout intarissable de propos débridés et aussi pour moi, incompréhensibles.
Photo: Félix Hallé
Dans cette version de "La banda" ce soir on s'éclate, le public, comme moi, a suivi cette bande de joyeux lurons dans leurs périples déjantés. Je me souviens, il y a quelque temps, d'une autre oeuvre qui éclaboussait et pour laquelle nous avions eu la chance d'avoir, pour une oeuvre de la Zone Homa, une suite enrichie, beurrée plus épais ("Cake" d'Audrey Rochette). En espérant que dans un futur plus proche que lointain, la marée soit plus basse et que la playa de "La Banda", elle, occupe plus de place (et de temps), toujours avec autant de couleurs.
Au final, une expédition surprenante en Zone Homa et de laquelle je reviens tout à fait satisfait.
dimanche 7 août 2016
Sur mes pas en danse dans la Zone Homa : "Afterhours" en demi-teinte.
Tout spectateur quelque peu avisé en danse, pourra le dire. Proposer une soirée de danse contemporaine avec des propositions de plusieurs chorégraphes et d'obtenir un résultat homogène ou dans lequel le spectateur pourra suivre, est un défi difficile à relever. C'est ce que nous proposait Marika D. Lafond et Sandrine Martel Laferrière avec leur "Afterhours" en ce samedi soir, dans la Zone Homa, trop peu fréquentée. D'elles, ou plutôt elle, Marika, j'avais vu, sur le même principe "F.E.M." au plus récent Fringe et le résultat m'avait plu. Cette fois, ce que l'on nous proposait est une création, appelée "réponse chorégraphique", que pour ma part, j'avais plutôt lu, relais chorégraphique. La différence s'est avérée importante puisque les cinq chorégraphes "invités" (Jean-Sébastien Lourdais, Greg Selinger, Manon Oligny, Ian Yaworski et Emmalie Ruest) devaient créer leur partie à partir des parties précédentes et non pas comme je l'aurais imaginé à en faire la suite. Nuance importante parce que, cette commande, peut laisser une marge de manoeuvre qui fait en sorte que le spectateur pourra s'y perdre dans "les pas" qui lui sont présentés. Et c'est que j'ai ressenti dès la troisième partie.
Photo: Audrey Medaino-Tardif sur le site de Zone Homa
Le tout commence dans la plus parfaite immobilité et qui dont les mouvements peu à peu nous sont présentés. Cette partie saura capter notre attention, puisque rien ne presse, "After all these Hours" difficiles et remplies d'embûches (pas de financement public et pertes de collaborateurs) et le message passe bien. Arrive la deuxième partie, durant laquelle, elles se mettent en mouvement et que nous, de notre côté, entendons la description de ces gestes présentés par le chorégraphe. Cette suite est lente, fort logique et appropriée. Arrive la partie lapin qui, comme un cheveu sur une soupe aux carottes, carottes qui envahissent la scène (et qui y resteront jusqu'à la toute fin, ramassées et relancées là devant nous). Les deux interprètes s'éclatent, mais nous, de notre côté, peinons à les suivre dans leurs propos chorégraphiques. En résumé, pour les trois dernières parties, belles à voir, mais pas faciles à suivre !
Je dois admettre et ce, assez facilement, que les deux interprètes ont plongé dans cette soirée "avec joie et fébrilité", mais aussi avec une belle énergie qui rayonnait dans toute la salle. Difficile pour moi de donner un conseil, mais plus facile un souhait, faire "simple", soit une oeuvre d'un seul chorégraphe qui pourra nous permettre de bien les suivre jusqu'à la fin, mais surtout plus loin.
Photo: Audrey Medaino-Tardif sur le site de Zone Homa
Le tout commence dans la plus parfaite immobilité et qui dont les mouvements peu à peu nous sont présentés. Cette partie saura capter notre attention, puisque rien ne presse, "After all these Hours" difficiles et remplies d'embûches (pas de financement public et pertes de collaborateurs) et le message passe bien. Arrive la deuxième partie, durant laquelle, elles se mettent en mouvement et que nous, de notre côté, entendons la description de ces gestes présentés par le chorégraphe. Cette suite est lente, fort logique et appropriée. Arrive la partie lapin qui, comme un cheveu sur une soupe aux carottes, carottes qui envahissent la scène (et qui y resteront jusqu'à la toute fin, ramassées et relancées là devant nous). Les deux interprètes s'éclatent, mais nous, de notre côté, peinons à les suivre dans leurs propos chorégraphiques. En résumé, pour les trois dernières parties, belles à voir, mais pas faciles à suivre !
Je dois admettre et ce, assez facilement, que les deux interprètes ont plongé dans cette soirée "avec joie et fébrilité", mais aussi avec une belle énergie qui rayonnait dans toute la salle. Difficile pour moi de donner un conseil, mais plus facile un souhait, faire "simple", soit une oeuvre d'un seul chorégraphe qui pourra nous permettre de bien les suivre jusqu'à la fin, mais surtout plus loin.
mardi 2 août 2016
Sur mes pas en Zone Homa: Tout à fait ravi par "Douce"
Pour ma deuxième expédition en Zone Homa, il y avait au programme de la soirée, "Douce" décrit comme un "laboratoire/Danse-théâtre. Je dois, en entrée de jeu, indiquer que je suis partiellement en désaccord. Si la partie "Danse-théâtre" du descriptif est fort adéquate, celle de "laboratoire", dans le sens expérimentale, est trop humble ou trop prudente. Nous pouvons apprécier durant les cinquante minutes de présentation, une oeuvre solide et presque à maturité, sinon complètement mature. "Douce" produit par un collectif et brillamment interprétée par Julie J. Leclerc et Christophe Payeur, nous présente différentes scènes de vie d'un jeune couple. "Passion, Dépendance, Possession, Jalousie. Et douceur, aussi" que l'on peut lire dans le court descriptif de la soirée représente très bien ce qui nous est présenté et, soyons honnêtes, ce que nous avons, nous-même, pu vivre, il y a un "plus ou moins longtemps".
Le tout débute dans le noir, au son d'une tentative d'échange téléphonique un peu tardive, sinon nocturne entre lui et elle. S'en suit une série de tableaux parlés, projetés et dansés qui visent bien et surtout juste. La remarque maladroite, ("ta yeule"), le geste de trop ou celui attendu, le plaisir de la caresse ou de la présence de l'autre, la juste description de l'autre sont au menu. Le rythme est bon et nous suivons facilement les changements de tons ou d'humeur d'un tableau à l'autre. Les éclairages et la trame musicale enrobent le tout d'un bel écrin. Une oeuvre accessible et distrayante sur un sujet maintes fois exploré, mais dont la fraîcheur et l'approche fait sourire, rire même et surtout applaudir. Prenez en bien note de ce titre, parce qu'il faut espérer d'autres représentations plus tard de "Douce" (danse-théâtre).
Le tout débute dans le noir, au son d'une tentative d'échange téléphonique un peu tardive, sinon nocturne entre lui et elle. S'en suit une série de tableaux parlés, projetés et dansés qui visent bien et surtout juste. La remarque maladroite, ("ta yeule"), le geste de trop ou celui attendu, le plaisir de la caresse ou de la présence de l'autre, la juste description de l'autre sont au menu. Le rythme est bon et nous suivons facilement les changements de tons ou d'humeur d'un tableau à l'autre. Les éclairages et la trame musicale enrobent le tout d'un bel écrin. Une oeuvre accessible et distrayante sur un sujet maintes fois exploré, mais dont la fraîcheur et l'approche fait sourire, rire même et surtout applaudir. Prenez en bien note de ce titre, parce qu'il faut espérer d'autres représentations plus tard de "Douce" (danse-théâtre).
vendredi 22 juillet 2016
Sur mes pas en danse en Zone Homa: un "all the strings attached" introspectif
Depuis le début de la période estivale, l'amateur de danse avisé a pu facilement trouver à l'extérieur, dans un parc ou un square de Montréal, des propositions danse toute aussi gratuites qu'intéressantes. Et ce n'est pas fini, loin de là ! Mais il en reste qu'en salle, il pourra aussi sustenter son intérêt. Il lui faut juste se rendre en Zone Homa qui présente plusieurs propositions "danse" entre le 19 juillet et le 27 août. Et comme je suis un amateur de danse, devinez ? Et oui, vous avez trouvé, je sortirai un peu ! J'ai examiné attentivement la programmation, je l'ai comparé avec mes disponibilités et à la Maison de Culture Maisonneuve (et quelques autres lieux périphériques) et mes pas me porteront en ces lieux, pas autant que je l'aurais souhaité, mais quand même et je vous ferai rapport, promis !
Il y a quelques années, mes expéditions en Zone Homa étaient peu nombreuses, mais. peut-être est-ce moi ou une programmation plus riche cette année, allez donc savoir, parce que pour cette 8e édition, elles seront plus nombreuses. Peut-être même que j'en profiterai pour joindre l'utile à l'agréable et distribuer des e3xemplaires de la programmation automnale de Tangente. Un mauvais jeux de mots que j'oserai, serait que je ferai peut-être un Témoin de Jéhovah de moi-même en distribuant les invitations aux beaux mouvements, mais la cause est si bonne ! À suivre donc !
Ainsi donc en cette deuxième soirée de festival, il nous était proposé "all the strings attached" de Geneviève Bolla et Susan Paulson et j'y étais. Ce n'était pas la première visite de Geneviève Bolla comme chorégraphe dans la Zone Homa, je me souviens encore de "Wonder", il y a quelques années, qui m'avait fait fort bonne impression. De plus, cette interprète, j'en apprécie toujours la présence intense sur scène. Je m'y suis donc rendu avec un certain niveau d'attente, "all the strings attached" et une fois les projecteurs éteints, je dois avouer que j'ai été quelque peu désorienté. Présentée comme "Danse/Théâtre", c'est effectivement à ce que nous avons eu droit. " S'inspirant de jugements, de commentaires, d'insultes et de "conseils d'amis" dont elles ont déjà fait les frais, cette pièce explore les traces laissé(es) par les mots, laissées, absorbées, consommées et écrits dans nos peaux." Cette description écrite annonce bien la suite.
Photo : Isabelle Germain
Quelles sont les cicatrices laissées de ces paroles et de ces regards assassins du passé, celles qui n'auraient jamais dû être prononcées ou lancés et, pourtant, qui l'ont été, voilà le programme de la soirée ! Première illustration, les deux interprètes nous apparaissent assises dasn le coin de la scène sur un banc de dos, immobiles de longues minutes accompagnées par une pièce musicale de piano. À défaut de réagir, elles semblent absorber stoïquement et en toute intimité les coups de langues. Par la suite, elles se dirigent à une table pour y prendre le "thé", face à nous cette fois, toujours en silence et avec une économie de mouvements. Le moment de "faire passer" en elles, j'imagine, le flot de ces mots et le spectateur pourra voir que tout ne passe pas bien ou par "où ça devrait".
S'en suit une suite de tableaux durant lesquels, elles échangent (en anglais !), elles ingurgitent un gâteau lancé par terre, tel le passé revenu s'écraser sur la scène devant elles et devant nous, aussi, tel un élément du passé que l'on prend plaisir à se remémorer, à petites doses. Il y aura aussi un autre tableau de corps longuement immobiles, un autre aussi de danse tellement éloquent ("et que j'en aurais pris beaucoup plus de ces mouvements dansés !"). Le tout se termine simplement sans que l'on puisse déterminer l'importance des cicatrices sur le vécu actuel ces deux femme. Au final, il est difficile aussi de prendre la mesure de l'effet sur les spectateurs de cette oeuvre "toute en intimité". Pour ma part, les effets d'attente et de surprise ne m'ont pas permis d'avoir le niveau de réceptivité, sur le moment, mais je continue de prendre la mesure de l'oeuvre et du sens probable des deux créatrices. Et deux jours plus tard, les traces sont encore présentes, comme quoi, mes pas ont été récompensés par ma patience.
Il y a quelques années, mes expéditions en Zone Homa étaient peu nombreuses, mais. peut-être est-ce moi ou une programmation plus riche cette année, allez donc savoir, parce que pour cette 8e édition, elles seront plus nombreuses. Peut-être même que j'en profiterai pour joindre l'utile à l'agréable et distribuer des e3xemplaires de la programmation automnale de Tangente. Un mauvais jeux de mots que j'oserai, serait que je ferai peut-être un Témoin de Jéhovah de moi-même en distribuant les invitations aux beaux mouvements, mais la cause est si bonne ! À suivre donc !
Ainsi donc en cette deuxième soirée de festival, il nous était proposé "all the strings attached" de Geneviève Bolla et Susan Paulson et j'y étais. Ce n'était pas la première visite de Geneviève Bolla comme chorégraphe dans la Zone Homa, je me souviens encore de "Wonder", il y a quelques années, qui m'avait fait fort bonne impression. De plus, cette interprète, j'en apprécie toujours la présence intense sur scène. Je m'y suis donc rendu avec un certain niveau d'attente, "all the strings attached" et une fois les projecteurs éteints, je dois avouer que j'ai été quelque peu désorienté. Présentée comme "Danse/Théâtre", c'est effectivement à ce que nous avons eu droit. " S'inspirant de jugements, de commentaires, d'insultes et de "conseils d'amis" dont elles ont déjà fait les frais, cette pièce explore les traces laissé(es) par les mots, laissées, absorbées, consommées et écrits dans nos peaux." Cette description écrite annonce bien la suite.
Photo : Isabelle Germain
Quelles sont les cicatrices laissées de ces paroles et de ces regards assassins du passé, celles qui n'auraient jamais dû être prononcées ou lancés et, pourtant, qui l'ont été, voilà le programme de la soirée ! Première illustration, les deux interprètes nous apparaissent assises dasn le coin de la scène sur un banc de dos, immobiles de longues minutes accompagnées par une pièce musicale de piano. À défaut de réagir, elles semblent absorber stoïquement et en toute intimité les coups de langues. Par la suite, elles se dirigent à une table pour y prendre le "thé", face à nous cette fois, toujours en silence et avec une économie de mouvements. Le moment de "faire passer" en elles, j'imagine, le flot de ces mots et le spectateur pourra voir que tout ne passe pas bien ou par "où ça devrait".
S'en suit une suite de tableaux durant lesquels, elles échangent (en anglais !), elles ingurgitent un gâteau lancé par terre, tel le passé revenu s'écraser sur la scène devant elles et devant nous, aussi, tel un élément du passé que l'on prend plaisir à se remémorer, à petites doses. Il y aura aussi un autre tableau de corps longuement immobiles, un autre aussi de danse tellement éloquent ("et que j'en aurais pris beaucoup plus de ces mouvements dansés !"). Le tout se termine simplement sans que l'on puisse déterminer l'importance des cicatrices sur le vécu actuel ces deux femme. Au final, il est difficile aussi de prendre la mesure de l'effet sur les spectateurs de cette oeuvre "toute en intimité". Pour ma part, les effets d'attente et de surprise ne m'ont pas permis d'avoir le niveau de réceptivité, sur le moment, mais je continue de prendre la mesure de l'oeuvre et du sens probable des deux créatrices. Et deux jours plus tard, les traces sont encore présentes, comme quoi, mes pas ont été récompensés par ma patience.
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