Avant d'y aller d'une autre expédition à ce Sightings 15, je me suis permis une petite recherche à propos de celle qui "occupera" ce grand hall, où il y a ce bloc dans lequel nous pouvons toujours lire; The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity) ou [Les noms des danseurs (ceci est avalé par le néolibéralisme ou alors se fond dans l’obscurité)].
Donc sur son site, j'ai appris que Lara Kramer, graduée de l'Université de Concordia, est "chorégraphe et interprète Oji-Cri (Ojibwée et Cri) dont les œuvres sont intimement liées à l’histoire et à ses racines Autochtones." Voilà une information importante qui m'a mieux permis de comprendre sa performance dans ce grand hall.
J'arrive, il est presque 15h00 et à leur tour, arrivent discrètement l'interprète accompagnée d'une responsable de l'évènement et d'une photographe. 3 ou peut-être 4 personnes l'attendent dans le hall. Tout aussi discrètement, elle enlève ses bottes et prend position juste là, à l'abri du cube. Par la suite, sans jamais se déplacer, "les pieds ancrés", elle nous proposera une performance toute aussi intérieure que déterminée, "les yeux droits devant", comme le montre si bien la photo plus bas. En effet, elle semble complètement imperméable à l'environnement humain et physique et son corps semble bouger au gré des esprits ou des démons qui l'habitent et qui l'entourent. Il y a bien cette paire d'écouteurs, mais pour nous, rien à en tirer. Dans l'indifférence presque totale des personnes qui passent, elle illustre, volontairement ou non, le sort de nos concitoyennes autochtones. Jamais vu une illustration aussi éloquente du sort de ces femmes et cela me restera longtemps en tête.
De cette expédition, j'en reviens tout aussi troublé que par "Unrelated" de Daina Ashbee présentée l'automne dernier au Théâtre LaChapelle qui portait sur la lutte des femmes autochtones. Avec une approche différente, Lara Kramer sensibilise tout autant. Si comme moi (vite à mon agenda !), vous voulez faire une rencontre qui marque, sachez qu'elle se produira très prochainement ( 10 au 19 mars) à l'Espace Libre avec "Native girl syndrome" dont la première phrase de la description suffit à faire dire oui, "Ce spectacle n’est ni de la danse, ni du théâtre : c’est de la vie." Et tous le savent, la vie a la vie dure !
Photo: Laura O'Brien
Crédit: La calq, The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity), 2016 (vue d'installation et performance). Danseuse : Lara Kramer. Avec le concours des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen.
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mercredi 2 mars 2016
samedi 27 février 2016
Sur mes prochains pas en mars
Cette année, février a bien beau avoir 29 jours, il nous quittera quand même pour laisser place au mois de mars. Et où irais-je pour découvrir de la danse durant ce mois. Surprenamment, peu de sorties à l'agenda, mais en contrepartie, des oeuvres qui promettent. Il y aura aussi le dévoilement de la saison 2016-2017 de Danse Danse en début du mois et un peu plus tard celui de la programmation complète du FTA 2016 (Note à moi-même: vérifier l'état de mes finances !)
Mais revenons aux sorties "danse" de ce mois. Première arrêt à l'Agora de la Danse qui présente la re-création de "Les choses dernières" (9 au 12 mars) de Lucie Grégoire danse avec sur scène Isabelle Poirier. Cette pièce créée il y a plus de vingt ans, je ne l'ai pas vu et c'est donc une très bonne occasion de découvrir la sensibilité de Lucie Grégoire qui me rejoint et qui s'inspire librement d'un roman de Paul Auster qui m'avait fait forte impression, "Le voyage d'Anna Blume". Un moment à venir pour ressentir intensément et découvrir une oeuvre de notre patrimoine culturel.
Photo: Angelo Barsetti sur le site de l'Agora de la danse
Dans l'autre extrémité du spectre, le théâtre La Chapelle présente la pièce haute en couleurs "Cake" (8 au 12 mars) d'Audrey Rochette. Ayant vu la première mouture de l'oeuvre à Zone Homa, mon réflexe a été de me procurer "to the go" un billet pour revivre ces explosions de gestes.
Photo: La Chapelle
De retour à l'Agora de la Danse pour "La Démarquise" (16 au 19 mars), la plus récente création de la chorégraphe Louise Bédard. J'ai eu eu le plaisir d'en découvrir un premier jet l'été dernier et j'ai bien hâte de replonger dans cet univers "pluri féminins".
Photographie montage par Eliot B. Lafrenière & Guillaume Lépine
Plus tard, direction Tangente, pour y découvrir, d'abord "Avec pas d'coeur" (16 au 19 mars) de Maïgwenn Dubois. La fois d'avant, elle et ses interprètes, là juste devant moi, m'ont interpellé sur la réalité des gens différents (Gabrielle a le syndrome de Williams, Anthony celui d'Asperger) et ils me l'ont fait découvrir sur des pas de gigues sur fond de théâtralité. Cette fois, se joint à eux Roxane, pour nous "parler" du tabou entourant la sexualité des personnes handicapés. Leur point de vue est énoncé en entrée de jeu, "Défendre à quelqu’un de faire l’amour, ce serait comme nier sa nature humaine", il n'en reste qu'à en découvrir le . (Autre note à moi-même: t'as pas encore ton billet, mon cher et tant qu'à y être, qui veut venir avec moi ?)
Photo tirée du site de Tangente
En fin de moi, toujours à Tangente, "Mobilier mental" (24 au 27 mars) de Michel F Côté et Catherine Tardif (sans oublier Marianne et Simon), se présente comme une"drôle" et attirante proposition dont nous pouvons lire l'intrigante description sur le site du diffuseur. "Jeu rétinien et postural interactif pour spectateurs et dix artistes. Ce projet commando offre une série de courtes interventions chorégraphiques conçues à partir de la grammaire visuelle du magazine Permanent Food, objet pirate et anthropophage créé par Maurizio Cattelan. À son tour, Et Marianne et Simon pirate – cannibalise – ce magazine."
Je ne pourrais pas dire pour vous, mais moi, il y a là tout ce qu'il faut pour que j'y sois.
Photo : Tiari Kese
Et pour terminer ce mois de début de printemps, il y aura un autre passage sur la Passserelle 840.
Durant ce même mois, se terminera le 13 mars l'exposition SIGHTINGS 15
The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity)
[Les noms des danseurs (ceci est avalé par le néolibéralisme ou alors se fond dans l’obscurité)]
Quatre moments de prestations au programme de mois-ci (Lara Kramer le 2 mars, Leah McFly le 4 mars, Angie Chen,le 7 mars et ??? le 11 mars) et j'espère bien pouvoir me rendre à au moins une d'entre elles. Si j'y arrive, je vous en fais un compte rendu, promis !
Mais revenons aux sorties "danse" de ce mois. Première arrêt à l'Agora de la Danse qui présente la re-création de "Les choses dernières" (9 au 12 mars) de Lucie Grégoire danse avec sur scène Isabelle Poirier. Cette pièce créée il y a plus de vingt ans, je ne l'ai pas vu et c'est donc une très bonne occasion de découvrir la sensibilité de Lucie Grégoire qui me rejoint et qui s'inspire librement d'un roman de Paul Auster qui m'avait fait forte impression, "Le voyage d'Anna Blume". Un moment à venir pour ressentir intensément et découvrir une oeuvre de notre patrimoine culturel.
Photo: Angelo Barsetti sur le site de l'Agora de la danse
Dans l'autre extrémité du spectre, le théâtre La Chapelle présente la pièce haute en couleurs "Cake" (8 au 12 mars) d'Audrey Rochette. Ayant vu la première mouture de l'oeuvre à Zone Homa, mon réflexe a été de me procurer "to the go" un billet pour revivre ces explosions de gestes.
Photo: La Chapelle
De retour à l'Agora de la Danse pour "La Démarquise" (16 au 19 mars), la plus récente création de la chorégraphe Louise Bédard. J'ai eu eu le plaisir d'en découvrir un premier jet l'été dernier et j'ai bien hâte de replonger dans cet univers "pluri féminins".
Photographie montage par Eliot B. Lafrenière & Guillaume Lépine
Plus tard, direction Tangente, pour y découvrir, d'abord "Avec pas d'coeur" (16 au 19 mars) de Maïgwenn Dubois. La fois d'avant, elle et ses interprètes, là juste devant moi, m'ont interpellé sur la réalité des gens différents (Gabrielle a le syndrome de Williams, Anthony celui d'Asperger) et ils me l'ont fait découvrir sur des pas de gigues sur fond de théâtralité. Cette fois, se joint à eux Roxane, pour nous "parler" du tabou entourant la sexualité des personnes handicapés. Leur point de vue est énoncé en entrée de jeu, "Défendre à quelqu’un de faire l’amour, ce serait comme nier sa nature humaine", il n'en reste qu'à en découvrir le . (Autre note à moi-même: t'as pas encore ton billet, mon cher et tant qu'à y être, qui veut venir avec moi ?)
Photo tirée du site de Tangente
En fin de moi, toujours à Tangente, "Mobilier mental" (24 au 27 mars) de Michel F Côté et Catherine Tardif (sans oublier Marianne et Simon), se présente comme une"drôle" et attirante proposition dont nous pouvons lire l'intrigante description sur le site du diffuseur. "Jeu rétinien et postural interactif pour spectateurs et dix artistes. Ce projet commando offre une série de courtes interventions chorégraphiques conçues à partir de la grammaire visuelle du magazine Permanent Food, objet pirate et anthropophage créé par Maurizio Cattelan. À son tour, Et Marianne et Simon pirate – cannibalise – ce magazine."
Je ne pourrais pas dire pour vous, mais moi, il y a là tout ce qu'il faut pour que j'y sois.
Photo : Tiari Kese
Et pour terminer ce mois de début de printemps, il y aura un autre passage sur la Passserelle 840.
Durant ce même mois, se terminera le 13 mars l'exposition SIGHTINGS 15
The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity)
[Les noms des danseurs (ceci est avalé par le néolibéralisme ou alors se fond dans l’obscurité)]
Quatre moments de prestations au programme de mois-ci (Lara Kramer le 2 mars, Leah McFly le 4 mars, Angie Chen,le 7 mars et ??? le 11 mars) et j'espère bien pouvoir me rendre à au moins une d'entre elles. Si j'y arrive, je vous en fais un compte rendu, promis !
Sur ce, beau mois en danse et que vos pas vous y portent aussi.
samedi 20 février 2016
Sur mes pas en danse hors sentier; Sightings 15: The name of dancers.....; troisième excursion
Vendredi après-midi, 15h15, je mets mes pas en action pour me diriger vers le bloc, celui de Sightings 15 dans ce hall d'entrée de l'Université Concordia, devenu familier pour moi. À 16h00, fin de journée et début de week-end, autour de ce bloc y dansera Caroline Gravel. Comment la prestation de cette danseuse sera reçue par une foule peu nombreuse et très pressée dont l'objectif nettement apparent est de revenir rapidement au bercail ? Comme nous pouvons le lire sur le site de cette exposition, " Puisque l’espace environnant est un lieu de grande circulation, une chorégraphie peut s’avérer, dans ce contexte, particulièrement difficile à percevoir, voire redondante – réduite au mouvement d’un autre corps qui passe."
Et comment cela s'est-il passé, me demanderez vous ? J'arrive donc à 15h55 près du bloc où se retrouve déjà la danseuse, deux personnes responsables de l'exposition et deux autres qui capteront la performance à venir. Avec moi, voilà tout le public venu pour la performance et autour duquel les passants pourront s'aglutiner ou pas. 16h00 arrive et la performance débute. L'interprète prend possession des abords du cube avec des mouvements désarticulés. La foule est clairsemée et les gens se déplacent rapidement presque indifférents. Pourtant, pour peu qu'on s'y arrête ou que l'on ralentisse, difficile de rester insensible à son regard magnétique. C'est d'ailleurs, ce que j'ai pu observer à quelques occasions avec des passants, bien installé à mon poste d'observation, près d'une colonne.
S'ensuit un bref arrêt, question de redéployer le vêtement et surtout les cheveux. Le tableau qui suit méritait a lui seul le déplacement. S'il est difficile de décrire ce corps face au cube avec les pieds à l'envers de la tête, à moins que ça soit l'inverse, il est facile de dire qu'il produit un grand effet, mais trop peu nombreux les passants qui pourront en profiter, parce que vite à la maison, ça presse. Il y a bien cette jeune fille intriguée qui me demande ce qui se passe et à laquelle je répond de mon meilleur anglais. Elle sourit et elle s'arrête un moment.
La calq, The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity), 2016 (vue d'installation et performance). Danseuse : Caroline Gravel. Avec le concours des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo: Hugues Dugas
Dans ce grand espace, Caroline s'adapte et adopte régulièrement un rythme effréné dans ses déplacements frôlant tout autant les passants que les obstacles physiques. Avec des allures parfois désespérées, le message est clair, l'oeuvre se veut interpellante et veut être perçue.
Et sans crier gare, la performance se termine, s'intégrant dans le déplacement des corps métro-boulot-dodo. Ce qui a été aussi vrai pour moi qui part le pas léger et l'esprit satisfait de ce bon début de week-end, merci Caroline !
Et comment cela s'est-il passé, me demanderez vous ? J'arrive donc à 15h55 près du bloc où se retrouve déjà la danseuse, deux personnes responsables de l'exposition et deux autres qui capteront la performance à venir. Avec moi, voilà tout le public venu pour la performance et autour duquel les passants pourront s'aglutiner ou pas. 16h00 arrive et la performance débute. L'interprète prend possession des abords du cube avec des mouvements désarticulés. La foule est clairsemée et les gens se déplacent rapidement presque indifférents. Pourtant, pour peu qu'on s'y arrête ou que l'on ralentisse, difficile de rester insensible à son regard magnétique. C'est d'ailleurs, ce que j'ai pu observer à quelques occasions avec des passants, bien installé à mon poste d'observation, près d'une colonne.
S'ensuit un bref arrêt, question de redéployer le vêtement et surtout les cheveux. Le tableau qui suit méritait a lui seul le déplacement. S'il est difficile de décrire ce corps face au cube avec les pieds à l'envers de la tête, à moins que ça soit l'inverse, il est facile de dire qu'il produit un grand effet, mais trop peu nombreux les passants qui pourront en profiter, parce que vite à la maison, ça presse. Il y a bien cette jeune fille intriguée qui me demande ce qui se passe et à laquelle je répond de mon meilleur anglais. Elle sourit et elle s'arrête un moment.
La calq, The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity), 2016 (vue d'installation et performance). Danseuse : Caroline Gravel. Avec le concours des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen. Photo: Hugues Dugas
Dans ce grand espace, Caroline s'adapte et adopte régulièrement un rythme effréné dans ses déplacements frôlant tout autant les passants que les obstacles physiques. Avec des allures parfois désespérées, le message est clair, l'oeuvre se veut interpellante et veut être perçue.
Et sans crier gare, la performance se termine, s'intégrant dans le déplacement des corps métro-boulot-dodo. Ce qui a été aussi vrai pour moi qui part le pas léger et l'esprit satisfait de ce bon début de week-end, merci Caroline !
vendredi 12 février 2016
Sur mes pas en danse hors sentier; Sightings 15: The name of dancers....., deuxième visite
Pour ma deuxième visite de Sightings 15, j'avais droit aussi à Promenades en lien avec la performance de la journée, celle de Stephen Thompson (que je reverrai aussi un peu plus tard dans la journée dans "Relative Collider" à l'Usine C). Le concept de Promenades est, tel que l'on peut le lire sur le site, "Cette pensée, (demandée à l'artiste) peut prendre la forme d’un parcours commenté, d’une performance, d’un court exposé, d’une lecture. Les seules contraintes formelles sont les suivantes : le rassemblement se fait à l’un des deux lieux, le parcours se termine à l’autre et la Promenade ne dure pas plus de trente minutes." Et c'est ce à quoi nous avons eu droit, la vingtaine de personnes présentes à l'entrée de la Galerie Leonard & Bina Ellen lorsque résonnait le son du carillon de midi. Pas celui de l'Université Concordia, celui dans ma tête.
Après une courte, mais instructive présentation de la coordonnatrice du projet, Katrie Chagnon, l'artiste du jour, Stephen Thompson se présente, mais aussi et surtout partage quelques réflexions, telles que "de qui est le travail en danse" et "la beauté de la contradiction de présenter de la danse (oeuvre éphémère) dans un musée dont la vocation est d'assurer la pérénité des oeuvres. La simplicité de l'artiste, juste là à côté de nous, contraste avec la complexité du propos, de quoi faire méditer !!
Le propos complété, la promenade débute et elle nous amène, par le souterrain, dans le hall de l'autre immeuble, là où se trouve le cube. Oui, ce cube là !
Photo avec la permission des artistes
Le temps de s'installer, les vingtaines de spectateurs voyageurs, forment déjà le "cristallite" autour duquel les passants de ce grand hall pourront se joindre et se joindront effectivement.
En entrée de jeu, l'artiste investit le cube et il effectue ses ablutions spirituelles au son d'une musique appropriée. Cette "formalité" complétée, il se met au travail et avec un exacto, coupe une flèche dans un carton noir. Et c'est à ce moment que l'oeuvre prend tout son sens. Se déplaçant tout autour du cube et même un peu plus loin dans le grand hall, il donne sens à ce symbole, pratique dans les lieux publics, donc aussi dans ce hall. Que peut-on y voir de cette flèche qui se déplace ?
Une flèche qui nous indique. Une flèche qui pointe. Une flèche qui donne un sens. Une flèche qui oriente. Une flèche qui nous montre que tout n'a pas de sens. Une flèche qui suit. Une flèche que l'on suit. Une flèche qui se donne un sens et qui en donne aussi. Tout cela grâce au danseur qui se déplace dans ce lieu dans lequel chaque personne se dirige vers .... Mais vie moderne oblige, la flèche se périme et aboutit à la poubelle.
Pourquoi prendre le temps pour se rendre là en milieu de journée, me demanderez-vous ? Et bien pour pouvoir être ébahi par ce moment de grâce.
S'en suit la conclusion, tout en douceur, durant laquelle le danseur se déplace aléatoirement dans l'espace jusqu'au salut final et aux applaudissements bien mérités. Pour ma part, par la suite, mes pas m'ont ramené heureux et satisfait, en suivant les flèches vers le métro et mon boulot.
Après une courte, mais instructive présentation de la coordonnatrice du projet, Katrie Chagnon, l'artiste du jour, Stephen Thompson se présente, mais aussi et surtout partage quelques réflexions, telles que "de qui est le travail en danse" et "la beauté de la contradiction de présenter de la danse (oeuvre éphémère) dans un musée dont la vocation est d'assurer la pérénité des oeuvres. La simplicité de l'artiste, juste là à côté de nous, contraste avec la complexité du propos, de quoi faire méditer !!
Le propos complété, la promenade débute et elle nous amène, par le souterrain, dans le hall de l'autre immeuble, là où se trouve le cube. Oui, ce cube là !
Photo avec la permission des artistes
Le temps de s'installer, les vingtaines de spectateurs voyageurs, forment déjà le "cristallite" autour duquel les passants de ce grand hall pourront se joindre et se joindront effectivement.
En entrée de jeu, l'artiste investit le cube et il effectue ses ablutions spirituelles au son d'une musique appropriée. Cette "formalité" complétée, il se met au travail et avec un exacto, coupe une flèche dans un carton noir. Et c'est à ce moment que l'oeuvre prend tout son sens. Se déplaçant tout autour du cube et même un peu plus loin dans le grand hall, il donne sens à ce symbole, pratique dans les lieux publics, donc aussi dans ce hall. Que peut-on y voir de cette flèche qui se déplace ?
Une flèche qui nous indique. Une flèche qui pointe. Une flèche qui donne un sens. Une flèche qui oriente. Une flèche qui nous montre que tout n'a pas de sens. Une flèche qui suit. Une flèche que l'on suit. Une flèche qui se donne un sens et qui en donne aussi. Tout cela grâce au danseur qui se déplace dans ce lieu dans lequel chaque personne se dirige vers .... Mais vie moderne oblige, la flèche se périme et aboutit à la poubelle.
Pourquoi prendre le temps pour se rendre là en milieu de journée, me demanderez-vous ? Et bien pour pouvoir être ébahi par ce moment de grâce.
S'en suit la conclusion, tout en douceur, durant laquelle le danseur se déplace aléatoirement dans l'espace jusqu'au salut final et aux applaudissements bien mérités. Pour ma part, par la suite, mes pas m'ont ramené heureux et satisfait, en suivant les flèches vers le métro et mon boulot.
mardi 26 janvier 2016
Sur mes pas en danse hors sentier; Sightings 15: The name of dancers.....
Journée de semaine, je prend le métro jusqu'à Guy-Concordia. Je traverse la rue, il est 11h15 et ma destination est atteinte. Je suis dans le hall d'entrée d'un des édifices de l'université Concordia, le Hall Building au 1455 boulevard de Maisonneuve ouest.
Tout est normal, il y a le va et vient habituel pour ce genre d'endroit entre deux blocs de cours. L'observateur quelque peu attentif pourra cependant découvrir en face d'un grand escalier et juste à côté de la vitre qui donne sur la rue, une installation vitrée qui a les allures d'un grand cube. Les plus curieux pourront y lire le titre ; "The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity)" de la calq, avec d'un côté la description du projet et de l'autre, un livret contenant 12 pages de nom de danseuses et danseurs, le tout débutant par Angel Chan et Simon Mayer et se terminant par Simon Portigal et Chad Dembski. Il pourra même y trouver Madonna avec un peu patience ! Curieux ? Voici donc à quoi cela ressemble.
Photo avec la permission des artistes
Toujours attentif, cet observateur verra arriver discrètement Adam Kinner et après avoir salué la coordonnatrice du projet Katrie Chagnon (Conservatrice de recherche Max Stern à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l'Université Concordia), il se met en mouvement de danse. Pendant trente minutes, il dansera en se déplaçant dans tout le hall dans une rencontre des mouvements, les siens et ceux de la foule mouvante parfois très nombreuse, "because" fin de cours. Si son interprétation intéresse, la réaction ou non des passants l'est tout autant. "La différence et l'indifférence", serais-je tenté de nommer ce moment. Il se déplace, il se rapproche des gens, il les frôle et parfois les interpelle du regard. Pour mieux y voir, je vous propose la photo donnée plus bas. Adam Kinner est en bas au centre et pour les plus observateurs, je suis là quelque part !
Tout est normal, il y a le va et vient habituel pour ce genre d'endroit entre deux blocs de cours. L'observateur quelque peu attentif pourra cependant découvrir en face d'un grand escalier et juste à côté de la vitre qui donne sur la rue, une installation vitrée qui a les allures d'un grand cube. Les plus curieux pourront y lire le titre ; "The Names of Dancers (this is swallowed by neoliberalism or else fades into obscurity)" de la calq, avec d'un côté la description du projet et de l'autre, un livret contenant 12 pages de nom de danseuses et danseurs, le tout débutant par Angel Chan et Simon Mayer et se terminant par Simon Portigal et Chad Dembski. Il pourra même y trouver Madonna avec un peu patience ! Curieux ? Voici donc à quoi cela ressemble.
Photo avec la permission des artistes
Toujours attentif, cet observateur verra arriver discrètement Adam Kinner et après avoir salué la coordonnatrice du projet Katrie Chagnon (Conservatrice de recherche Max Stern à la Galerie Leonard & Bina Ellen de l'Université Concordia), il se met en mouvement de danse. Pendant trente minutes, il dansera en se déplaçant dans tout le hall dans une rencontre des mouvements, les siens et ceux de la foule mouvante parfois très nombreuse, "because" fin de cours. Si son interprétation intéresse, la réaction ou non des passants l'est tout autant. "La différence et l'indifférence", serais-je tenté de nommer ce moment. Il se déplace, il se rapproche des gens, il les frôle et parfois les interpelle du regard. Pour mieux y voir, je vous propose la photo donnée plus bas. Adam Kinner est en bas au centre et pour les plus observateurs, je suis là quelque part !
Si, je l'avoue, l'objectif de ce projet m'échappe un peu, il en reste que de mettre dans un lieu improbable, un corps en mouvement dans un presque anonymat, parce le danseur a toutes les allures d'un élève (ce qu'il est d'ailleurs) et d'observer les différentes interactions qui en résultent est particulièrement intéressant à observer.
Photo: Katrie Chagnon
Donc pour ce projet tout aussi intrigant qu'intéressant, d'autres prestations sont au programme jusqu'au 13 mars prochain. L'horaire des prestations est présenté sur le site de ce projet donné plus bas, mais sachez que viendront danser, entre autres, Ellen Furey le 10 février à 14h00 et Caroline Gravel le 19 février à 16h00. Moi, c'est certain, j'y retourne.
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