vendredi 9 juin 2017

Sur mes pas en danse au OFFTA: le spectateur interpellé !

J'en étais rendu dans mes pas à me diriger du CCOV vers le Wilder pour aller découvrir le résultat de la résidence de deux chorégraphes, offerte par le OFFTA et pour une première pour moi, de participer par après à une Session larsen. Je reviendrai plus tard sur cette dernière partie, mais pour l'instant portons le propos de ce texte sur les deux créations offertes aux spectateurs présents dans l'Espace Paul-André Fortier qui est plus un lieu de création que de présentation. Ce lieu, si beau et lumineux, peut accueillir un petit nombre de spectateurs (une trentaine à vue de nez) et s'avère assez petit lorsque la foule se fait nombreuse comme pour cette fois.


Mais tous et toutes ont trouvé place et dans un premier temps, "La louve et ses wolves" de Claudia Chan Tak se présente à nous. Il vaut la peine de s'attarder quelque peu sur le titre en apparence ambigü du titre. Bon, toute personne maîtrisant quelque peu la langue anglaise saura que le pluriel de wolf est wolves et l'induction féminine de la louve sur sa progéniture exclusivement mâle (dans cette oeuvre) mérite qu'on le mentionne.

Ainsi donc débute la pièce avec la chorégraphe interprète avec sa large robe rouge qui cache derrière elle ses "wolves" en gestation et qui prendront, à tour de rôle, leur place sur la scène. Quatre jeunes er beaux wolves (dont le nom des interprètes n'est indiqué nulle part dans le programme du festival, mais qui me sont presque tous connus) qui arrivent dans la vie, qui l'apprennent et qui font leur place. Le propos est clair, concret et les gestes fort bien présentés. Arrive le retournement de la mère bienveillante en femme dominatrice, la vie réserve ce type de surprise ! La chorégraphe nous indiquera plus tard, qu'elle veut nous proposer une forme d'amour différent que celle entre un homme et une femme. Je suis d'accord avec elle, quoique le propos est pour moi quelque peu trop explicite et ne laisse pas assez de liberté d'interprétation au spectateur. Il en reste que ce résultat préliminaire de création nous présente un thème prometteur, une approche intéressante et des interprètes qui endossent fort habilement leur rôle.

Pause, question de remettre la salle en place pour la prochaine oeuvre, "I need someone to love me the whole day through de Neil Young" de Camille Lacelle-Wisley. Nous revenons dans la salle, toute entourée de rideaux noir et tapissée de papiers verts. En voix off, nous arrive le propos d'un homme qui nous décrit son cheminement. Nous, moi à tout le moins, aux aguets nous sommes. Arrivent d'un coin de la salle, cinq personnages (quatre femmes et un homme) nus qui prennent possession de la place. Ils festoient, cela me semble évident, mais quoi ? Il y a dans leurs gestes une innocence propre au Paradis Terrestre, sans aucune pudeur. L'utilisation de ses papiers verts qui leur permettra de se camoufler et de se révéler m'a semblé fort bien justifié. La légèreté du propos m'a rappelé les oeuvres cinématographiques d'un réalisateur français, Emmanuel Mouret, "Vénus et Fleur" et  " Un baiser, s'il vous plait !". Légèreté qui m'avait demandé un temps d'acclimatation, mais que j'avais bien apprécié par la suite. La chorégraphe, il me semble, s'éloigne des propos solennels habituels pour nous proposer d'aller ailleurs. Le tout se termine et nous applaudissons. 

Le temps de placer les choses, nous sommes invités à prendre place pour la "session Larsen" et moi, pour ma première ( et pas ma dernière, promis !), elle sera avec quatre autres participants pour faire suite à "La louve et ses wolves". Une session Larsen se passe avec presque tout le temps avec les artisans de cette création et qui sait, avec la possibilité d'influencer la suite de la création. Nous serons amenés dans une suite de questions, habilement et rigoureusement dirigées, temps compris. Pour moi qui a l'habitude de réagir tout seul avec mon clavier, j'avais une certaine nervosité à indiquer "à froid" mes impressions. Mais ouf !, dès ma première réponse, les autres m'ont appuyé (des plus 1 pour la procédure à suivre) et la suite s'est très bien déroulée. Je ne saurais dire ce que la chorégraphe (et les interprètres) retiendra de ce qu'elle entendra, mais de ses choix de création, elle saura mieux les faire. 

De mon côté, le temps passe et l'heure de revenir à la maison a sonné. Il en reste que de cet après-midi fort bien rempli, j'en reviens fort heureux et satisfait. Il y a de bien belles choses à voir dans les premiers pas des créations et le spectateur que je suis en est fort heureux et surtout satisfait. Surtout aussi curieux, d'en voir la suite.


jeudi 8 juin 2017

Sur mes pas en danse: Une visite au CCOV pour découvrir

Il est 11h00 et, compte-tenu de mon futur statut professionnel, c'est sans aucune réserve et grand plaisir (mais pas coupable) que j'ai fait l'école buissonnière. Mes pas m'amèneront d'abord au CCOV pour la présentation de deux résultats de résidence dans ces lieux. D'abord, "À bout de bras" par David-Albert Toth (Parts+Labour_Danse) et ensuite "Volume II" par le Collectif LA TRESSE (Geneviève Boulet, Erin O'Loughlin et Laura Toma).



Rendu habitué des lieux, je me rends directement au troisième sous-sol de la Place des Arts. Après quelques minutes d'attente, en compagnie de gens du milieu (moi qui me sens encore quelque peu imposteur, mais non repentant cependant), nous prenons place dans la salle, il est midi. Andrew Tay, le commissaire artistique (qui fait un très bon boulot !), prend le micro et nous présente ce qui suivra.

Débute "À bout de bras" qui nous présente un personnage, tout de noir et blanc vêtu. Il semble seul, j'en soupçonne la quête et des bribes de son histoire. Pour moi qui avais tellement apprécié une oeuvre précédente de ce même interprète (et "mosus !", j'ai oublié le titre, mais pas ce que j'avais ressenti tout en haut de la Salle Hydro Québec avec lui en bas), j'ai ressenti les mêmes impressions. De ma perspective, lorsque cet interprète un personnage, impossible de ne pas être touché. Pour moi, c'est sa plus grande qualité. Ce qu'il porte "À bout de bras", il nous le transmet et lorsqu'il se mouche et se rend à la rencontre d'un spectateur, il remet en partie ce fardeau à quelqu'un d'autre. Oeuvre en devenir qui méritera certainement une place dans mon agenda, parce que de David, je veux suivre les pas. Après les applaudissements, brève explication de la démarche par l'interprète, pendant que les balais enlèvent les traces "organiques" (fragments de papier, fort bien utilisés). Bonus de présence, j'apprends aussi que sa compagnie sera au programme d'un diffuseur cet automne, à suivre donc !

Deuxième partie, le collectif La Tresse prend possession de la place avec une entrée dans des vêtements qui a tout de la chrysalide (chandail de laine et tuque sur la tête). Ce collectif en est pas à ses premiers pas sur les scènes montréalaises, mais pour moi, c'est la première fois. Pourtant leur "histoire" indique de nombreuses présences dans des festivals et même un prix remporté (Coup de coeur du Public au Festival Quartiers Danses).  Comme quoi, il y a tant à voir et à rater à Montréal ! Mais là, je suis là et "Volume II" se décline dans une série de tableaux dans lesquels les chrysalides se transforment graduellement en de magnifiques "papillons" qui, sur la scène, "s'éclatent". Je dois avouer que le tout m'a quelque peu déstabilisé. Il en reste que j'ai eu l'impression que la réception des spectateurs était bonne, ce qui m'a, je l'avoue, quelque peu influencé. Ces trois filles ont du cran et du talent, à moi de voir si je peux les suivre dans leurs envolées.

Il est environ 13h00 et devant moi tout le temps pour me rendre au Wilder pour la deuxième partie de mon après-midi "d'école buissonnière" pour découvrir deux autres oeuvres en création, suite à des "résidences" dans le cadre du OFFTA et de participer à ma première Session Larsen, nouveau défi pour le spectateur que je suis. À suivre, donc !


Sur mes pas en danse au FTA: "Tordre" pour apprécier ce que l'on m'offre

Mes derniers pas au FTA édition 2017 m'ont amené dans cette grande (qualificatif un peu surprenant, j'en conviens, mais j'y reviendrai) salle du Théâtre Rouge du Conservatoire. Au programme, "Tordre", de Rachid Ouramdane, avec sur scène Annie Hanauer et Lora Juodkaite. Une oeuvre qui s'annonçait comme une plongée dans l'intimité de deux femmes particulières, "Nous sommes tous différents, mais il y a des gens qui portent davantage leur différence que d'autres.", "dixit" le chorégraphe dans le feuillet. Citation tout à fait annonciatrice de ce que nous pourrons découvrir. Je suis fort heureux d'avoir choisi la première rangée pour cette incursion de ces deux univers féminins, parce que dans cette salle, je ne suis pas certain que j'aurais ressenti la même chose de plus loin. (Note à moi-même: Tenter de trouver un spectateur présent dans les dernières rangées et lui poser la question*).

                                  Photo de Michel Cavalca tirée du site internet Mascarille

Ainsi donc après une entrée à la matière marquée par la répétition des mouvements, les rencontres individuelles, seront celles qui m'auront le plus marquées. Si j'ai parfois été dérangé par les transitions, les différents tableaux avaient ce qu'il fallait comme longueur pour remettre le focus sur la rencontre de la particularité de la femme qui s'exprimait là, juste pour et devant moi.

De Lora Juodkaite (qui est lituanienne), nous découvrons sa façon de s'exprimer et de tourner ("spin") dans deux tableaux, d'abord très longuement et dans le deuxième en tournant tout en nous parlant, sur le ton calme et posé de la confidence, de cette habitude qu'elle a depuis sa tendre enfance. À la fin des deux fois, moi épuisé juste à la regarder, elle s'arrête sans montrer le moindre signe de fatigue et d'étourdissement. Preuve qu'elle a complètement intégré cette façon d'être. Durant le premier tableau surtout, il est fascinant de suivre les variations de rythme et le jeu de son corps et de ses bras, déclinant des variantes parfois surprenantes.

De Annie Hanauer (qui est américaine), nous découvrons plus ou moins rapidement qu'elle porte une prothèse pour remplacer son avant-bras. Je dois avouer qu'il m'a pris un certain temps, sinon un temps certain pour le réaliser et ce n'est pas parce que elle le dissimulait. De notre rencontre, je retiendrai surtout son sens de la direction à provoquer le début et de ses mouvements tout au long du long et intense tableau, mais que je reverrais encore et encore, sur l'interprétation de "Feelings" de Nina Simone (version que je ne connaissais pas !!!). Faire corps avec la musique, elle m'en a fourni un exemple mémorable.

Je serai honnête ici et d'indiquer que cette oeuvre a travaillé en moi avec un certain décalage, parce qu'en sortant, mon impression était plus mitigée. Probablement trop affecté par les transitions et la fin plus légère. Mais, je comprends, qu'il me faudrait la revoir un de ces jours pour moins rester accroché à des détails, tel que "est-ce vraiment elle qui nous parle en tournant ou sa voix par une bande pré enregistrée ?"

Pour ceux et celles qui ont constaté qu'il y avait une étoile (*) à la fin du premier paragraphe, en voilà la raison. À cette question que je me posais, dès le lendemain, j'ai eu la chance d'avoir une réponse d'un spectateur qui était dans la dernière rangée et qui m'a indiqué qu'il avait très bien ressenti cette intimité présentée et qui avait beaucoup apprécié. La vie du spectateur qui a droit souvent qu'à la seule perspective de sa place assise, envie ceux qui peuvent découvrir plus qu'une fois de différents endroits.

lundi 5 juin 2017

Sur mes pas en danse: "Animal Triste" revisité par le spectateur

Invitation lancée et acceptée par moi. Par conséquent, mes pas m'ont porté jusqu'à Circuit Est pour revoir "Animal Triste" de Mélanie Demers et je dois avouer que cette fois, le sens du nom de sa compagnie "Mayday" m'a frappé droit là dans mon plexus cérébral. Il est possible de lire dans le feuillet de la présentation, "Animal triste" est peut-être un arrêt sur image pour tenter de saisir la nature et la posture de l'Homme dans toute son Humanité" et je suis bien d'accord. Et toutes ses contradictions, serais-je tenté d'ajouter. Le contexte moins protocolaire de cette prestation (la première fois était au spectacle d'ouverture de l'Agora de la danse) et mon siège dans la première rangée ont été possiblement importants pour mon "revisited" avec ma perspective rehaussée. Et je tente de vous expliquer pourquoi.

                               Photo fournie par l'Agora de la danse pubilée par La Presse

Comme la première fois, il y a la scène sur laquelle, il y a tous ces fils jaunes qui m'inspirent. Rien de trop fébrile dans la salle composée des professionnels du milieu dans laquelle je me sens quelque peu comme un imposteur. Donc, tout attentif à ce qui se présente devant moi, je vois tous ces destins d'"Animal triste" qui se faufilent sur la scène (terre). Ces destins au parcours incertain qui ne se croisent pas et qui ne mènent à rien (lire ici pas connecté à la prise). Autour, les quatre interprètes (Marc Boivin, Riley Sims, Francis Ducharme et Brianna Lombardo que je revoyais sur scène depuis un certain temps), d'abord nus, enfilent leur parures, telles des armures face au destin et aux rencontres qui les attendent. Déterminés, ils se mettent à la tâche de brancher les projecteurs sur les histoires à venir. Une fois en scène, ils se mettent lentement en mouvement. Ils nous proposent leur interprétation de l'histoire avec des symboles fort éloquents. Ce qui m'a particulièrement frappé cette fois est le le mouvement de leurs bras et leurs regards droits vers moi (et les autres) tout autant insistants qu'absents, selon le moment. Cette histoire, je l'ai mieux comprise cette fois et cette fin dans laquelle l'oracle prend la place de son maître, m'a fortement impressionné.

Pour ceux et celles qui pensent que de revoir une oeuvre n'est peut-être pas utile ou intéressante, "Animal triste" pour moi, en est l'exemple qui contredit cette affirmation.

dimanche 4 juin 2017

Sur mes pas au cinéma: "Cigarettes et chocolat chaud", décalant et touchant

Le soleil se fait avare de ses rayons, mais suffit de faire quelques pas pour tenter de retrouver des rayons de sourires dans une salle de cinéma. Voilà la raison pour laquelle "Cigarettes et chocolat chaud", la bande annonce était prometteuse, s'est retrouvé dans ma mire cinématographique et j'ai visé juste. C'est donc dans la toute petite salle 4 du cinéma Beaubien que j'ai pris place à ma place préférée (celle qui fait de cette salle pour moi, un grand cinéma maison si accueillant) avec une dizaine de personnes en ce dimanche soir. pluie droit devant.



Ce film de Sophie Reine qui s'inspire de sa propre vie, nous présente une famille atypique, composée d'un père et de ses deux jeunes filles (9 et 13 ans). La mère est morte, mais toujours présente. L'entrée en la matière nous présente bien les personnages. La suite nous présente une suite d'épisodes tout aussi cocasses que touchants, de la mise "sous la loupe" par les autorités de ce père hors norme, et de ses "douze travaux d'Astérix" ! L'histoire est un peu exagérée, comme la revue Première l'indiquait fort justement, "Il y a bien quelques trous d’air dans le scénario, des maladresses (les affreux tics de l’ado) mais le caractère touchant et un brin iconoclaste du film l’emporte sur ses petits défauts." Moi j'ai adoré !

Les deux jeunes actrices, Héloïse Dugas et Fanie Zanini sont totalement irrésistibles et appuient complètement Gustave Kervern, dans le rôle du père. Il est vrai que parfois l'histoire risque le dérapage, mais elle tient la route jusqu'à la fin. Et si un jour, on m'avait dit que je verserais des larmes pour l'enterrement d'un hamster, j'aurais dit "ben voyons !!!" Et pourtant !

Une comédie française comme je les aime, dans la même lignée de mes mémorables "Tous les soleils" (Philippe Claudel) et "Le nom des gens" (Michel Leclerc), qui réussissent à nous faire rire et réfléchir, tout en nous sensibilisant sur certaines réalités, de la comédie intelligente, quoi !

Sur mes pas en danse: Au FTA pour "To Da Bone" dans l'os !

Je ne vais pas m'appesantir sur la chose, mais mes pas m'amènent trop peu à cette édition du FTA. Voilà donc pourquoi, chaque sortie est importante et cette fois encore, ouf !, elle s'est révélée satisfaisante. Soulagé est donc le spectateur que je suis, quoi que, soyons honnêtes, le FTA cette année, de ce que je peux lire, recèle peu ou pas de mauvaises surprises. Mais là n'est pas mon propos, puisque de cette sortie pour découvrir "To da Bone" du collectif parisien "LA(HORDE" (Marine Brutti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel), j'en ressors fort heureux de cette rencontre particulière. Et ici, heureux, ne veux pas exclure le sentiment de trouble que j'ai ressenti face à cet univers chorégraphique et culturel particulier que j'ai découvert pendant près de soixante minutes. Découvert de proche, soit de la première rangée de la salle du Théâtre Rouge du Conservatoire, donc vraiment proche et soyez rassurés, "No regrets !"

Juste avant de plonger dans le vif du propos, je dois dire que j'avais choisi ce spectacle parmi bien d'autres, parce que je me souvenais que ce collectif (trio) avait créé "Avant les gens mourraient" pour les finissants de l'École de danse contemporaine de Montréal en 2014 et j'y étais et très heureux d'avoir pu apprécier cette soirée.

                                         Photo: Tom de Peyret

Donc de ma première rangée, le tout commence. Il y aura onze interprètes, dix hommes et une fille qui viendront se présenter à nous, chacun son tour. Onze interprètes de "jump style" soir de la danse urbaine qui s'amène à tour de rôle, face à nous d'une allure fort affirmée et les bras croisés. De cette danse urbaine, "jumpstyle", la gang nous la proposera en solo, en duo ou en groupes, dansant, discutant et même en argumentant. Ces onze interprètes, viennent de différents pays (France, Ukraine, Pologne, Hongrie, Allemagne et elle, Camille Dubé Bouchard, alias DUBZ du Québec). Une communauté de "jumpers" oeuvrant sur Youtube en temps normal, mais que le collectif (LA)HORDE, a permis de "connecter live" dans ce spectacle. Des individualités mises ensemble et qui nous propose une soirée intéressante et surtout réussie. Et lorsque le grand écran s'abaisse et que par caméra interposée, ils se présentent à nous, l'effet de leur réalité quotidienne vise juste.

Et de cette proximité de première rangée, elle m'a permis d'apprécier pleinement la beauté et la qualité des mouvements, tout cela avec un ton affirmé qui a fort bien répercuté en moi. Et lorsqu'ils s'approchaient sur le devant de la scène, c'est à moi seul qu'il s'adressait, je me permets de croire !

Une soirée de danses urbaines qui me permet une fois de plus de faire un pas vers mon apprivoisement du style, mais surtout, vers la découverte d'un univers artistique, hétérogène d'origine, mais homogène en style.

jeudi 1 juin 2017

Sur mes pas en danse: Au OFFTA avec deux oeuvres fort prometteuses

Une fois, ma réunion de comité complétée au moment prévu (une exception !) et quelques formalités complétées, mes pas m'ont amené, en fin d'après-midi, à la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal, pour ma première sortie au OFFTA. Au programme, deux oeuvres en développement, "Kaleidoscope" de Kim-Sanh Châu et "Bodies/Buddies" de Mélissa Merlo, Étienne Lambert et Marilyn Laflamme (projection vidéo) qui terminaient leur résidence au même endroit. Il sera possible de rester après leur présentation pour discuter et échanger nos impressions avec les créateurs de l'un ou l'autre de ces oeuvres. Ce que je ne pourrai faire cette fois, étant un peu trop serré dans le temps, mais la prochaine fois, promis, je le trouve ce temps.



Nombreux est le public, dont plusieurs semblent particulièrement intéressés par le travail de Kim Sanh Châu, la suivant depuis un certain temps, ce qui n'est pas mon cas, dois-je l'avouer. Mais voilà, l'occasion se présente que je me dis.  Pour la première partie, nous sommes séparés en deux groupes d'une vingtaine de spectateurs, et c'est un groupe à la fois que nous irons découvrir "Kaleidoscope". Pourquoi, me demanderez-vous ? Tout simplement que pour la découvrir, il faut être muni de lunette spéciale qui nous sont faites et fournies par la chorégraphe et qui sont en quantité limitée. Je suis dans le deuxième groupe, celui qui devra attendre une quinzaine de minutes (la durée de l'oeuvre). Cela m'a permis de faire connaissance avec les organisateurs du Festival (multiculturel) Accès Asie qui vient de se terminer (2 au 28 mai) et que j'ai complètement raté. (Note à moi-même: être plus attentif l'an prochain, parce que dans ce festival, il y a de la danse). Bon, le temps passe, vite et c'est à notre tour de suivre les indications (Prendre place autour de la zone de présentation sans marcher "dessus", prendre les lunettes spéciales. Et aussi échanger, si n le souhaite, pendant la représentation la paire de lunettes avec le spectateur à côté, deux types de lunettes étant disponibles).

Bon, nous y voilà, nous prenons place pour "Kaleidoscope" qui vient de la combinaison des noms grecs, kalos signifie « beau », eidos « image », et skopein « regarder », ce qui est fort approprié pour ce que nous découvrirons par la suite. Déjà sur la scène, se retrouve une interprètre immobile et qui porte déjà des lunettes. Les portes se ferment, les lumières s'éteignent et venant de derrière moi, une autre interprère arrive en se déplaçant tout en douceur. Ses bras retiennent mon attention, d'autant plus que les lunettes les démultiplient et de façon différente, selon la façon que je la regarde. De ses mouvements, j'en ai une perspective qui changent et surtout, avec une importance numérique très variable. Quelle belle allégorie de mes propres perceptions des autres. La suivant du regard baladeur, je prends tout à coup conscience que l'autre interprète immobile ne l'est plus. Il y en a une d'un côté et une autre de l'autre et moi de ma place, je tente de les voir toutes les deux en même temps, ce qui, avec ces lunettes, produits des corps multiples. Cet effet, je l'ai vérifié quelques fois,  n'est vrai que si je tente de les regarder en même temps. Voulu ou pas, j'ai beaucoup apprécié cet effet visuel.

Une des deux disparaît et l'autre au mileu de la scène, verra l'image de son corps démultiplié projeté sur l'écran derrière. Mais le tout prendra fin et les deux interprètes (Katherine Ng et Ariane Dessaulles) viendront en un seul mouvement recevoir les applaudissements. Et moi, au final, comme les autres autour de moi, laisseront leurs lunettes qui n'auront pas été échangé pendant la présentation.

Pause, sortie de la salle et changement d'installations.

Juste avant avant de rentrer, nous sommes invités à prendre un siège sur le côté et si nous le souhaitons, à nous déplacer dans des endroits "spectateur" pendant la représentation, sans passer devant l'écran, évidemment ! Moi, qui durant la pause indiquait à ma voisine de file que je m'assois "toujours" en première rangée, je prends place en deuxième rangée. ( Note à moi-même: travailler ma cohérence !) Les sièges sont déjà sur les côtés et une fois bien assis, nous découvrons deux panneaux semi-transparents légèrement séparés en avant de la scène avec à côté deux petits écrans de télé dont l'un présente en tout ou en partie le corps de l'interprète féminine . Pour l'autre écran, je ne saurais dire parce que de ma place impossible de voir. De par et d'autre, appuyés "tout azimuth" sur les murs opposés, lui (Étienne Lambert) et elle (Mélissa Merlo), tout de blanc habillés et la tête enveloppée. Le fond sonore est un son assourdissant, d'abord plus faible qui gagnera en intensité. Tout à coup, une voix "off" énonce un propos et s'en suit un court tableau dans lequel un des deux corps commence à bouger et se déplacer. Il s'en suit, toutes une suite de courts tableaux, précédés par une courte phrase. Je ne saurais dire si elle est en lien avec ce qui la suit, mon attention sur cet aspect ayant été trop tardif, comme certains autres moments de ma vie. Les tableaux présentent une relation entre les deux personnages, relation qui prend différents aspects, doux et parfois plus brutaux. Un de ces tableaux m'a particulièrement plus et c'est celui qui présente elle, qui avec son toucher provoque ses déplacements à lui et ceux-ci dépendent de l'endroit du corps qu'elle touche. Tout cela par petites touches, dans le sens de courts moments. Il y aura aussi pendant, des projections en arrière qui nous présentent les interprètes et qui, il me semble n'ajoutent rien au propos chorégraphique. Le tout se termine avec lui qui se recouvre la tête tout de blanc et qui se place au milieu des panneaux pour devenir l'écran pour montrer la projection de l'autre, maintenant disparue de la scène. Une finale intéressante, mais un peu courte, mais qui me semble pourrait être mieux et plus longtemps exploitée.  Voilà un des points que j'aurais aimé partager avec les créateurs à la discussion d'après représentation.

S'en suit les applaudissements des spectateurs qui comme moi, n'ont pas bougé de leur siège tout au long de la présentation. Deux en deux pour les offres aux spectateurs que ces derniers (moi y compris) n'ont pas profité.

Au final, deux oeuvres en cours de création qui ont du potentiel et que je tenterais de revoir, lorsque prêtes.