Avec "The man who travelled nowhere in time" de la chorégraphe et interprète Kyra Jean Green, ce n'était pas ma première fois. Effectivement, au mois d'août dernier, j'avais assisté à "l'informal showing" sans éclairage, ni de scénographie de sa proposition en construction. J'avais été impressionné par la théâtralité de la proposition, de son propos et aussi de l'utilisation des gestes et des mouvements pour soutenir une dramaturgie fort intéressante. Le produit final, malheureusement pour moi, je n'avais pu l'apprécier sur une grande scène dans les semaines qui ont suivi au Festival Quartiers-Danses.
Voilà donc pourquoi, que c'est sans hésitation, que je suis parti de mon "est de la ville" pour me diriger dans le tout ouest de ma même ville, Griffintown, à la Galerie Arsenal art contemporain pour la revoir une fois la résidence en ces lieux complétée.
Une fois sur place, la Galerie est encore tranquille, nous ne sommes que quelque-un.e.s qui arpentent les lieux pour apprécier les œuvres ou pour échanger avec d'autres. Mais dans les minutes précédant le moment du début de la prestation, le lieu devient fort achalandé. Nous sommes donc nombreux à avoir dit oui à cette invitation, soutenue aussi par Danse Danse. Le spectateur que je suis, étant un peu difficile sur la place à prendre pour apprécier une oeuvre, se met tout prêt de la porte de la salle de présentation, à l'affût de son ouverture prochaine. Mais une bonne âme (merci Vanessa !) vient vers moi pour m'informer que la prestation débutera ailleurs, là où justement il y a plein de monde, évidemement !!!! Je m'y rend pour trouver une place et assister à l'arrivée, venant de "nowhere", de "l'homme" qui est en fait la chorégraphe qui vient vers nous. Elle est accompagnée par les autres habitant.e.s de sa pensée consciente ou inconsciente (Janelle Hacault, Emmanuelle Martin, Sara Harton, Brittney Canda, Geneviève Gagné, Alexandre Carlos) dont une nous propose un chant de sirène pour nous entraîner dans son sillage. Pendant que la troupe passe dans ce "tunnel" aux couleurs hallucinantes, nous tentons de les suivre ou de trouver une place pour les voir passer.
Retour dans l'espace central de la Galerie pour écouter un morceau sur piano et l'évolution de ce groupe dans un univers manifestement parallèle au nôtre ! Le tout se poursuit dans la grande salle de présentation dans laquelle les tableaux se succéderont à différents endroits au propre comme au figuré. Les interprètes en solo, en duo ou en groupe se relaient d'un endroit à l'autre, utilisant différents types d'éclairage (éléments scéniques particulièrement bien utilisés) pour nous guider dans les lieux ou pour éclairer le propos chorégraphique. Difficile pour le spectateur que je suis de toujours trouver le bon point de vue, mais pour une moins bonne place pour voir en succède une autre bien meilleure. Et puis arrive le moment, pour les interprètes de se déplacer sur l'espace de prestation principal et pour nous de prendre un siège dans l'estrade, et moi évidemment en première rangée ! Et c'est à ce moment que j'ai le plus reconnu, l'oeuvre en devenir d'il y a quelques mois. Ce voyage, utilisant fort habilement une grande partie de cette Galerie en investissant les différents lieux trouvait sa destination sur l'espace de prestation. Et elle se conclue par la projection sur grand écran de ces mêmes personnages dans une maison "tout en haut de la colline" tout droit sortis des souvenirs de cet homme !
Une soirée qui m'a permis d'apprécier encore une fois une chorégraphe qui réussit à joindre une dramaturgie intéressante et de la danse contemporaine fort bien exploitée et très bien interprétée. C'était la deuxième oeuvre que je découvrais de Kyra Jean Green (il y avait eu aussi "Tous les flocons sont les mêmes quand ils tombent" avec les élèves de l'École Contemporaine de Danse de Montréal, il y presque deux ans), mais ce ne sera pas la dernière fois. À vous d'y voir chers diffuseurs et organismes subventionnaires !
mercredi 13 mars 2019
mardi 12 mars 2019
Sur mes pas en danse: Une sortie danse tout en atmosphère chez Tangente.
S'il y a une évidence dans l'univers chorégraphique, c'est bien celle que les oeuvres évoluent et qu'elles prennent le temps de le faire. À preuve, les deux propositions de Tangente en ce début de mois de mars, "Look" de Bailey Eng et "Breach" d'Alexandre Morin que j'avais découvertes lors des Danses Buisonnières en automne 2017. Cette fois, c'est dans l'Espace Vert, plus intime, que je suis invité à venir les redécouvrir. Il y a quand même quelque chose d'intéressant à revenir voir deux œuvres plus matures dans un espace plus intime. Comme si l'éclosion, plus d'un an plus tard, de ses propositions nous demandaient une plus grande intimité ? Et au final, ce fût selon moi, une très bonne décision.
Une fois, l'ouverture des portes faites, nous devons prendre place autour du lieu de prestation, contenant certains objets sur le plancher, attendant l'arrivée de "Look, la mystérieuse créature" (selon le feuillet de la soirée) de et avec Bailey Eng. Une fois tous les sièges occupés, les lumières s'éteignent et comme pour la fois précédente, son arrivée est particulière. Plutôt que d'investir un territoire occupé, par l'oeuvre précédente, elle nous arrive, cette fois, du haut du plafond par une lente descente d'un mât chinois. Tout au long de sa descente, difficile de distinguer les différentes parties de la "créature", tant le corps semble enchevêtré. Une fois rendue au sol, elle évoluera à quatre pattes dans l'espace sans que jamais l'on puisse voir son visage. L'objectif de la quête m'échappe, mais me garde fort attentif. Et une fois le tour de l'espace fait, tous les coins explorés, elle semble avoir trouvé sa destination finale qui s'avère être l'obscurité tout au loin là-bas et se met en chemin ! Et nous, sans moyen et sans intention non plus de la retenir, nous la regardons partir, sereins sommes-nous, de la libération arrivée de cette "mystérieuse créature" venue sur terre pour trouver sa voie !
Mais le territoire (lire ici l'espace de présentation) doit se métamorphoser et pour se faire, nous devons quitter pour un entracte (quelque peu long, de ma perspective !). D'un univers aérien et terrestre, nous retrouvons une place autour d'un autre, aquatique cette fois, "Breach" d'Alexandre Morin. Sur le plancher blanc, éclairé par une lumière bleutée et occupé par des épaulards faits de plastique gonflé, dans un coin et les interprètes (Alexandre Morin, Jonathan Goulet, Ivanie Aubin-Malo, Noémie Dufour-Campeau, Chloé Ouellet-Payeur et Simon Renaud) vêtus d'habits "Marineland" !
Photo de PO Cadieux, tirée du site d'Alexandre Morin
La suite nous entraîne dans une agréable plongée en apnée au fond de la mer et il n'y a que les interruptions audio d'Azura Dragon Feather (sur sa chaîne YouTube) nous parlant de sa relation particulière avec son animal totem (l'épaulard ou l'orque) qui nous ramène à la surface. Mais heureusement (de ma perspective !), elle se fait éventuellement discrète et les mouvements des corps, portés et influencés par le son de la respiration d'un de ces habitants de cet espace, occupent toute la place. Et si comme moi, on se laisse aller à suivre les différents rythmes et déplacements de ces corps, il est possible de rentrer en phase avec ces êtres des "ondes" ! Ce que je vois n'a rien de spectaculaire, mais est d'une redoutable quiétude jusqu'à provoquer une plongée en moi, en apnée !
Et c'est tout doucement que je réémerge à la surface et saute hors de l'eau (comme une des traduction du verbe anglais "breach" !) pour, enfin, affronter en toute "zénitude" les périls de cette eau glacée tout dehors !
Une fois, l'ouverture des portes faites, nous devons prendre place autour du lieu de prestation, contenant certains objets sur le plancher, attendant l'arrivée de "Look, la mystérieuse créature" (selon le feuillet de la soirée) de et avec Bailey Eng. Une fois tous les sièges occupés, les lumières s'éteignent et comme pour la fois précédente, son arrivée est particulière. Plutôt que d'investir un territoire occupé, par l'oeuvre précédente, elle nous arrive, cette fois, du haut du plafond par une lente descente d'un mât chinois. Tout au long de sa descente, difficile de distinguer les différentes parties de la "créature", tant le corps semble enchevêtré. Une fois rendue au sol, elle évoluera à quatre pattes dans l'espace sans que jamais l'on puisse voir son visage. L'objectif de la quête m'échappe, mais me garde fort attentif. Et une fois le tour de l'espace fait, tous les coins explorés, elle semble avoir trouvé sa destination finale qui s'avère être l'obscurité tout au loin là-bas et se met en chemin ! Et nous, sans moyen et sans intention non plus de la retenir, nous la regardons partir, sereins sommes-nous, de la libération arrivée de cette "mystérieuse créature" venue sur terre pour trouver sa voie !
Mais le territoire (lire ici l'espace de présentation) doit se métamorphoser et pour se faire, nous devons quitter pour un entracte (quelque peu long, de ma perspective !). D'un univers aérien et terrestre, nous retrouvons une place autour d'un autre, aquatique cette fois, "Breach" d'Alexandre Morin. Sur le plancher blanc, éclairé par une lumière bleutée et occupé par des épaulards faits de plastique gonflé, dans un coin et les interprètes (Alexandre Morin, Jonathan Goulet, Ivanie Aubin-Malo, Noémie Dufour-Campeau, Chloé Ouellet-Payeur et Simon Renaud) vêtus d'habits "Marineland" !
Photo de PO Cadieux, tirée du site d'Alexandre Morin
La suite nous entraîne dans une agréable plongée en apnée au fond de la mer et il n'y a que les interruptions audio d'Azura Dragon Feather (sur sa chaîne YouTube) nous parlant de sa relation particulière avec son animal totem (l'épaulard ou l'orque) qui nous ramène à la surface. Mais heureusement (de ma perspective !), elle se fait éventuellement discrète et les mouvements des corps, portés et influencés par le son de la respiration d'un de ces habitants de cet espace, occupent toute la place. Et si comme moi, on se laisse aller à suivre les différents rythmes et déplacements de ces corps, il est possible de rentrer en phase avec ces êtres des "ondes" ! Ce que je vois n'a rien de spectaculaire, mais est d'une redoutable quiétude jusqu'à provoquer une plongée en moi, en apnée !
Et c'est tout doucement que je réémerge à la surface et saute hors de l'eau (comme une des traduction du verbe anglais "breach" !) pour, enfin, affronter en toute "zénitude" les périls de cette eau glacée tout dehors !
dimanche 10 mars 2019
Sur mes pas en danse: Un passage fort réussi à la Passerelle 840 !
Il y a longtemps que mes pas ne m'avaient amené jusqu'à une Passerelle 840, dans l'immeuble du Département de Danse de l'UQAM, rue Cherrier. Une touche de nostalgie m'habit à chaque fois que j'y retourne. Parce que dans ce lieu, il y a eu Tangente et l'Agora de la Danse (dont les affiches indiquant leur présence sont encore bien en place) que j'ai fréquenté assidûment il y a quelques années, mais que je continue à suivre, mais plus à l'ouest sur Bleury au Wilder.
Donc, lorsque je reviens "sur" Cherrier, c'est principalement pour découvrir les prestations de fin de session des étudiant.e.s du Département de Danse de l'UQAM. Les Passerelles, j'y reviens moins, question de disponibilité dans l'agenda. Mais, lorsqu'une invitation toute personnelle m'est faite, je serre un peu mon agenda et j'y trouve une petite place. Voilà donc pourquoi, je me suis retrouvé dans le hall d'entrée pour découvrir les quatre propositions du Collectif 841 de la session hiver 2019.
Le temps de consulter le feuillet de la soirée, je constate que le destin y semble y jouer un certain rôle. Parce que voyez-vous, des quatre œuvres au programme, trois seront le fait d'étudiantes qui m'ont présenté "in_humain.e" d'Ismaël Mouaraki, il y a un peu moins d'un an, un étage plus haut du même bâtiment que j'avis bien apprécié (https://surlespasduspectateur.blogspot.com/search?q=UQAM ). Et dans les prochains jours, j'irai découvrir "Phenomena" du même chorégraphe, une oeuvre qui porte sur les mêmes thèmes, dont celui de l'intelligence artificielle. Tout est dans tout, dirait l'autre !
Revenons sur le propos premier de ce texte et entrons dans la salle, une fois les avertissements d'usage faits par notre hôtesse de la soirée. Nous pouvons prendre place tout autour de l'espace de prestation, soit sur un coussin devant ou un siège derrière. Moi, c'est sur un siège en position latérale que je jetterai mon dévolu pour découvrir "Passé l'averse" de et avec Zoé Delsalle et Lila Geneix. Dans cet espace central éclairé, nous pourrons d'abord découvrir, si nous sommes attentifs, une ligne par terre, ou est-ce plutôt deux, qui tracent leur chemin tout noir sur un espace pourtant fort éclairé. Un signe précurseur de ce qui suivra de celle qui prendra la place pendant que l'autre restera,d'abord, fort discrète. Il y a des signes corporels qui ne mentent pas, l'averse ou l'orage se profile à l'horizon. Ce qui suit, nous présente le vent qui se lève, nous le sentons bien, le tonnerre, le choc des corps qui interagissent à distance. Le "fil de la discorde" bien en main déployé par une des deux, montre bien que les relations humaines n'ont rien d'un long fleuve tranquille. Mais une fois passée la tempête et ses acolytes (vent, tonnerre et éclairs) laissés derrière, se présente comme le présente si bien les créatrices "l'infini beau temps". Le vieux spectateur que je suis pourrait trouver un peu utopiste l'adjectif "infini", mais pourquoi ne pas l'espérer, de ces deux jeunes femmes porteuses d'avenir ! Tout au long de ces quinze minutes de prestation, le cours des événements fort bien porté par leurs mouvements et la musique de Colin Stetson et Sarah Neufeld m'ont permis de bien ressentir la teneur positive de leur propos chorégraphique.
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Après une courte pause, question de déplacer coussins et chaises pour une disposition d'une salle à l'italienne, se présente à nous Camille Paquin (chorégraphie et interprétation) pour "J'aimerais ça que ce soit sérieux". Une oeuvre en deux temps durant laquelle, elle se dévoile d'abord peu à peu à nous tout autant en gestes qu'en déplacements pour se conclure avec un "C'est malaisant" fort convaincant ! La suite sera plutôt surprenante avec une touche "pop" fort enlevante et habillé par un veston "fort sérieux" ! De ce moment, j'en retiens une leçon de vie, qu'il faut savoir se dévoiler, comme la chenille dans son cocon pour devenir papillon et prendre son envol. Et ça. c'est du sérieux !
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Courte pause et débute "Deux sur trois" de et avec Flavie Gaudreau-Majeau accompagnée sur scène par Camille Turcot-Riel. Une oeuvre qui s'ouvre avec deux femmes cagoulées dans une marche militaire fort en affirmation et détermination. pour ensuite nous entraîner dans une suite de tableaux qui alternent leurs présences à visage découvert et déterminé. Impossible de ne pas ressentir la détermination de leur présence pour aller de l'avant et cela, tout le temps !
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Le tout se termine avec "Dialogues sensibles" d'Arielle Égré avec Béatrice Cardinal, Camille Courchesne Couturier, Gabrielle Lecler, Pascale Plouffe, Margaux Guinot, Johanna Simon, Léa Laurent et Lola Thirard. Une oeuvre courte, peut-être, mais qui nous montre fort correctement que peu importe d'où nous venons (au sens propre comme au sens figuré )et le nombre que nous sommes, nous pouvons interagir avec les autres pour aller de l'avant. La relation aux autres peut donc se décliner selon différents nombres avec pour totaux, ce que je j'ai vu ne peut être porteur d'espoir !
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Au final, une sortie fort belle et intéressante, porteuse d'espoir en l'avenir et de plaisir pour le spectateur de danse que je suis. Mon prochain rendez-vous en ces lieux, à défaut des prochaines Passerelles de cette saison, sera "Paradis" de Catherine Gaudet par les étudiantes du département de danse de l'UQAM du 3 au 6 avril prochain. Promis !
Donc, lorsque je reviens "sur" Cherrier, c'est principalement pour découvrir les prestations de fin de session des étudiant.e.s du Département de Danse de l'UQAM. Les Passerelles, j'y reviens moins, question de disponibilité dans l'agenda. Mais, lorsqu'une invitation toute personnelle m'est faite, je serre un peu mon agenda et j'y trouve une petite place. Voilà donc pourquoi, je me suis retrouvé dans le hall d'entrée pour découvrir les quatre propositions du Collectif 841 de la session hiver 2019.
Le temps de consulter le feuillet de la soirée, je constate que le destin y semble y jouer un certain rôle. Parce que voyez-vous, des quatre œuvres au programme, trois seront le fait d'étudiantes qui m'ont présenté "in_humain.e" d'Ismaël Mouaraki, il y a un peu moins d'un an, un étage plus haut du même bâtiment que j'avis bien apprécié (https://surlespasduspectateur.blogspot.com/search?q=UQAM ). Et dans les prochains jours, j'irai découvrir "Phenomena" du même chorégraphe, une oeuvre qui porte sur les mêmes thèmes, dont celui de l'intelligence artificielle. Tout est dans tout, dirait l'autre !
Revenons sur le propos premier de ce texte et entrons dans la salle, une fois les avertissements d'usage faits par notre hôtesse de la soirée. Nous pouvons prendre place tout autour de l'espace de prestation, soit sur un coussin devant ou un siège derrière. Moi, c'est sur un siège en position latérale que je jetterai mon dévolu pour découvrir "Passé l'averse" de et avec Zoé Delsalle et Lila Geneix. Dans cet espace central éclairé, nous pourrons d'abord découvrir, si nous sommes attentifs, une ligne par terre, ou est-ce plutôt deux, qui tracent leur chemin tout noir sur un espace pourtant fort éclairé. Un signe précurseur de ce qui suivra de celle qui prendra la place pendant que l'autre restera,d'abord, fort discrète. Il y a des signes corporels qui ne mentent pas, l'averse ou l'orage se profile à l'horizon. Ce qui suit, nous présente le vent qui se lève, nous le sentons bien, le tonnerre, le choc des corps qui interagissent à distance. Le "fil de la discorde" bien en main déployé par une des deux, montre bien que les relations humaines n'ont rien d'un long fleuve tranquille. Mais une fois passée la tempête et ses acolytes (vent, tonnerre et éclairs) laissés derrière, se présente comme le présente si bien les créatrices "l'infini beau temps". Le vieux spectateur que je suis pourrait trouver un peu utopiste l'adjectif "infini", mais pourquoi ne pas l'espérer, de ces deux jeunes femmes porteuses d'avenir ! Tout au long de ces quinze minutes de prestation, le cours des événements fort bien porté par leurs mouvements et la musique de Colin Stetson et Sarah Neufeld m'ont permis de bien ressentir la teneur positive de leur propos chorégraphique.
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Après une courte pause, question de déplacer coussins et chaises pour une disposition d'une salle à l'italienne, se présente à nous Camille Paquin (chorégraphie et interprétation) pour "J'aimerais ça que ce soit sérieux". Une oeuvre en deux temps durant laquelle, elle se dévoile d'abord peu à peu à nous tout autant en gestes qu'en déplacements pour se conclure avec un "C'est malaisant" fort convaincant ! La suite sera plutôt surprenante avec une touche "pop" fort enlevante et habillé par un veston "fort sérieux" ! De ce moment, j'en retiens une leçon de vie, qu'il faut savoir se dévoiler, comme la chenille dans son cocon pour devenir papillon et prendre son envol. Et ça. c'est du sérieux !
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
Tirée du site du département de danse de l'UQAM
vendredi 8 mars 2019
Parce que le 8 mars, ce n'est pas pareil: Le texte de ma chronique à Danscussions & Co
Merci Klara et bonjour à vous tous,
Parce que le 8 mars, ce n’est pas une journée comme
les autres, et bien cela en sera de même pour ma chronique ! La journée
internationale des droits des femmes, il est important de prendre le temps et
de la souligner. Une seule journée pour faire valoir tous ses droits, c’est
trop peu. Mais, prenons cette journée pour permettre de prendre un temps
d’arrêt pour reconnaître l’importance des femmes dans nos vies effrénées au
rythme « métro-boulot-dodo ».
Pour nous rappeler aussi que pour elles, malgré de
nombreuses luttes, fructueuses, rien n’est définitivement gagné. Cette autre époque
un peu tout croche du Québec de ma jeunesse, est, j’espère maintenant révolue,
comme le chantait si bien Sylvain Lelièvre dans « Moman est là ».
Vingt-cinq ans dans cuisine / Les couches pis les comm’ssions
Le ménage, le lavage / Le r’passage pis les r’pas
Les enfants mettent même pas / Leur linge sale dans l’panier
Ben sûr, moman est là
Le ménage, le lavage / Le r’passage pis les r’pas
Les enfants mettent même pas / Leur linge sale dans l’panier
Ben sûr, moman est là
Mais heureusement l’histoire
prend une tournure souhaitable,
Un soir y sont rentrés / Moman était pus là
Pour bien se terminer
avec,
Les enfants l’ont revue /Plus
jeune et plus jolie / Qu’ils ne l’avaient connue.
Donc en cette journée, je veux prendre le temps d’en remercier
quelques-unes. D’abord, j’ai une bonne pensée pour ma mère, Lucille, maintenant
décédée et dont c’était l’anniversaire de naissance, il y a quelques jours. Ma
mère qui m’a accepté tel que j’étais ! Une de ses leçons de vie dont j’ai bien
pris note et que j’applique du mieux possible envers les autres, tout différent
soient-ils de moi!
J’ai aussi une tendre pensée pour Hélène, ma blonde de
toujours qui accepte que son chasseur-cueilleur parte régulièrement seul dans
les différents territoires chorégraphiques pour capturer l’âme des œuvres ou en
cueillir les fruits présentés sur la scène afin de s’en nourrir.
À mes deux filles aussi, Isabelle et Julie, mes plus
beaux cadeaux et qui chacune à leur façon, vont à la rencontre des autres et
rendent leur père bien fier !
Je veux poursuivre sur mes remerciements aux femmes de
mon univers chorégraphique et souligner la richesse de leur contribution.
D’abord à toi, Fabienne, qui a été la première à me
proposer par ta belle plume invitante des œuvres et qui a fait de moi, le
spectateur-chasseur cueilleur que je suis devenu.
À vous, Francine, Dena, Danièle, Amy et Caroline qui entretenez
si bien ces territoires chorégraphiques et qui m’accueillez dans vos lieux pour
me proposer des œuvres fort enrichissantes.
À vous, Catherine et Mélanie, qui mettez en vos mots,
tout justes, pertinents, mais surtout fort bien tournés pour présenter les
œuvres.
À vous chorégraphes et interprètes qui mettez tout votre
talent et votre âme en action, malgré des conditions si difficiles et précaires.
Vous êtes tellement nombreuses que je ne peux pas toutes vous nommer, faute de
temps. Sachez que, chaque expédition que je fais dans vos univers me permet de
devenir un homme un peu plus différent et meilleur.
Enfin, à vous, Maud et Klara qui m’avez invité à
participer à cette belle aventure de Danscussions & Co. Je ne peux qu’être
admiratif face à votre engagement et votre dévouement, mais aussi à votre
talent. Merci pour votre confiance et de m’accepter comme je suis. Alexia et
Bettina, chères collègues, merci beaucoup de me permettre de m’enrichir à votre
contact!
Une journée, c’est trop peu, je le disais en entrée de
jeu pour souligner l’importance de votre apport.
Mais prenons un temps d’arrêt
et dire, merci mesdames !!
mercredi 6 mars 2019
Sur mes pas en danse, théâtre et chant: "Cendres", pour en renaître !
À cette proposition du Théâtre Prospero, j'avais de bonnes raisons de m'y rendre. D'abord, la présence de deux des interprètes, Gabrielle Marion-Rivard, "la Gabrielle" et d'Olivier Rousseau dont je suis les pas de danse sur scène depuis un certain temps. Aussi, il y aurait de la gigue contemporaine, style de danse qui me plait bien. Et enfin, l'entrevue de l'auteure du texte Emmanuelle Jimenez, à l'émission Danscussions & Co qui m'avait convaincu, définitivement !
Photo: Mikaël Theimer tirée du Devoir
Le propos de l'oeuvre, "une fois le pire passé, comment renaître des cendres ?" Une fois la question posée au tout début, les réponses nous seront présentées de façon toutes aussi différentes artistiquement qu'éloquentes.
Ainsi donc , nous sera présenté en parallèle, d'une part, une sœur (la Gabrielle, soit Gabrielle Marion-Rivard) et son frère (Olivier Rousseau) dans les cendres de leur maison survivent au drame passé. Et d'autre part, leur soeur (Marilyn Perreault) qui a quitté le foyer familial, il y a longtemps, pour fuir la "miséritude" (soit la misère en mode d'habitude) qui tente de survivre en pleine tempête intérieure et extérieure.
Dans une univers métaphorique, nous assistons à la démonstration de comment renaître de ses cendres lorsque nos parents en font partie ou que comment survivre une fois brûlée par un burn-out ? La façon est intensément portée par les interprètes qui nous le dansent, nous le chantent et nous l'interprètent tout en mot. Dès les premiers moments, nous serons témoins, en alternance de l'échouage des uns et de la dérive de l'autre dans une mer fort agitée, de vent et de cendres,
Malgré la vie et les liens familiaux, mis à mal, ils viennent à bout, malgré des ressacs, de ces épreuves humaines "nautiques". Le tout captive et la mise en scène de Menka Nagrani tout de cendres habitées touche fort et juste.
Une belle soirée donc qui frappait fort parce que de la première rangée, je me sentais presque présent avec eux !
Photo: Mikaël Theimer tirée du Devoir
Le propos de l'oeuvre, "une fois le pire passé, comment renaître des cendres ?" Une fois la question posée au tout début, les réponses nous seront présentées de façon toutes aussi différentes artistiquement qu'éloquentes.
Ainsi donc , nous sera présenté en parallèle, d'une part, une sœur (la Gabrielle, soit Gabrielle Marion-Rivard) et son frère (Olivier Rousseau) dans les cendres de leur maison survivent au drame passé. Et d'autre part, leur soeur (Marilyn Perreault) qui a quitté le foyer familial, il y a longtemps, pour fuir la "miséritude" (soit la misère en mode d'habitude) qui tente de survivre en pleine tempête intérieure et extérieure.
Dans une univers métaphorique, nous assistons à la démonstration de comment renaître de ses cendres lorsque nos parents en font partie ou que comment survivre une fois brûlée par un burn-out ? La façon est intensément portée par les interprètes qui nous le dansent, nous le chantent et nous l'interprètent tout en mot. Dès les premiers moments, nous serons témoins, en alternance de l'échouage des uns et de la dérive de l'autre dans une mer fort agitée, de vent et de cendres,
Malgré la vie et les liens familiaux, mis à mal, ils viennent à bout, malgré des ressacs, de ces épreuves humaines "nautiques". Le tout captive et la mise en scène de Menka Nagrani tout de cendres habitées touche fort et juste.
Une belle soirée donc qui frappait fort parce que de la première rangée, je me sentais presque présent avec eux !
mardi 5 mars 2019
Sur mes pas dans "La nuit blanche": Une sortie réussie !
Je suis de ceux qui une fois la fin du jour ou de soirée arrivée ré-intègre ses quartiers. Mais, il en reste que la Nuit Blanche et ses milles propositions attrayantes ne ce sont pas sans faire effet sur moi. Voilà donc pourquoi après avoir examiné attentivement la programmation fort riche proposée par les organisateurs de "Montréal en Lumière" et mis de côté plusieurs bons choix, j'y ai fais une visite courte, mais tout à fait réussie.
Donc, direction métro Place des Arts pour me rendre au CCOV pour découvrir "Danse Roulette" proposée par son directeur artistique Andrew Tay. Arrivés un "petit" peu à l'avance, nous profitons du temps relativement doux pour découvrir en 3D de la projection d'Illuminart sur un mur de ce grand espace de l'Esplanade de la Place des Arts. Une oeuvre qui propose, à mon grand plaisir, de mouvements colorés de danse urbaine. Une dizaine de minutes fort agréables, prélude à la suite de mon expédition nocturne.
Nous voilà donc, en début de file pour pouvoir me diriger, tout en bas dans les entrailles du CCOV pour découvrir ce que Andrew Tay et ses acolytes nous ont concocté pour sa "Danse Roulette". Promesse à ma blonde qui m'accompagne, nous resterons jusqu'à ce que tu me demandes de partir. Quelques minutes avant le début de la soirée (22h00), les portes s'ouvrent et les cent premières personnes pourront prendre place dans l'espace. Nous, c'est en première rangée que nous prendrons place. L'espace se remplit rapidement pendant que les huit interprètes de la soirée (Myriam Allard, James "Jaw" Britton Johnson, Samantha Shayla Hinds, Dana Mallari Pajarillaga, Isabelle Poirier, David Rancourt, Silvia Sanchez et Greg "Krypto" Selinger) s'échauffent, ce qui constitue une oeuvre en soi.
Arrive le moment, d'abord de présenter le déroulement de la suite et aussi, tout en mouvement, de chacun des interprètes. Tout simple, les règlements de cette "Soirée Roulette", quatre spectateurs iront rejoindre Andrew Tay pour décider. Le premier, avec la "Danse Roulette" le nombre de danseurs (de un à huit) et lesquels si toute la gang n'est pas choisie par la roulette, un autre pour décider "des contraintes (accessoires, mouvements, éclairage, costumes, par exemple), ensuite, le troisième, la musique qui accompagnera les trois minutes de performance improvisée, et le ou la dernière, les derniers détails. Une fois le tout décidé, des exigences parfois "exigeantes" et particulières, les heureux ou heureuses élu.e.s s'installent et se préparent fort vite.
L'assemblage des conditions a beau être hétéroclite, les interprètes réussissent à mettre en mouvements les demandes des chorégraphes "du moment" ! De la presque dizaine de performances que nous avons pu découvrir, très peu se sont avérées ennuyantes. Et cela, malgré le fait que les huit interprètes provenaient d'horizons culturels différents et ne se connaissaient pas ou peu (sur scène).
La perspective de découvrir une "perle" chorégraphique, garde sur son siège et les perles s'avèrent, pendant mes moments passés. Nous découvrirons, entres autres, une impro "pop circus", un magnifique duo de David Rancourt et Silvia Sanchez sur la belle musique d'Alexandra Stréliski ("Plus tôt"), une pièce de groupe intelligemment improvisée, deux solos par James "Jaw" Britton Johnson et Greg "Kripto" Selinger (choix, fort judicieux de mon point de vue, de ma toute jeune voisine de chaise !). Comment faire pour danser avec un bras immobilisé et un accessoire dans l'autre ? J'en ai eu la réponse !
D'une fois à l'autre, je me disais, OK, partons pour une autre destination, mais c'est après plus de quatre-vingt-dix minutes que nous décidons de quitter. En revenant à l'entrée, je me suis senti un peu coupable parce que la file pour entrer était assez longue !
Personne ne niera la capacité d'imagination d'Andrew Tay pour produire des événements avec une grande gamme d'artistes, et cette fois encore, il peut dire mission accomplie !
Donc, direction métro Place des Arts pour me rendre au CCOV pour découvrir "Danse Roulette" proposée par son directeur artistique Andrew Tay. Arrivés un "petit" peu à l'avance, nous profitons du temps relativement doux pour découvrir en 3D de la projection d'Illuminart sur un mur de ce grand espace de l'Esplanade de la Place des Arts. Une oeuvre qui propose, à mon grand plaisir, de mouvements colorés de danse urbaine. Une dizaine de minutes fort agréables, prélude à la suite de mon expédition nocturne.
Nous voilà donc, en début de file pour pouvoir me diriger, tout en bas dans les entrailles du CCOV pour découvrir ce que Andrew Tay et ses acolytes nous ont concocté pour sa "Danse Roulette". Promesse à ma blonde qui m'accompagne, nous resterons jusqu'à ce que tu me demandes de partir. Quelques minutes avant le début de la soirée (22h00), les portes s'ouvrent et les cent premières personnes pourront prendre place dans l'espace. Nous, c'est en première rangée que nous prendrons place. L'espace se remplit rapidement pendant que les huit interprètes de la soirée (Myriam Allard, James "Jaw" Britton Johnson, Samantha Shayla Hinds, Dana Mallari Pajarillaga, Isabelle Poirier, David Rancourt, Silvia Sanchez et Greg "Krypto" Selinger) s'échauffent, ce qui constitue une oeuvre en soi.
Arrive le moment, d'abord de présenter le déroulement de la suite et aussi, tout en mouvement, de chacun des interprètes. Tout simple, les règlements de cette "Soirée Roulette", quatre spectateurs iront rejoindre Andrew Tay pour décider. Le premier, avec la "Danse Roulette" le nombre de danseurs (de un à huit) et lesquels si toute la gang n'est pas choisie par la roulette, un autre pour décider "des contraintes (accessoires, mouvements, éclairage, costumes, par exemple), ensuite, le troisième, la musique qui accompagnera les trois minutes de performance improvisée, et le ou la dernière, les derniers détails. Une fois le tout décidé, des exigences parfois "exigeantes" et particulières, les heureux ou heureuses élu.e.s s'installent et se préparent fort vite.
L'assemblage des conditions a beau être hétéroclite, les interprètes réussissent à mettre en mouvements les demandes des chorégraphes "du moment" ! De la presque dizaine de performances que nous avons pu découvrir, très peu se sont avérées ennuyantes. Et cela, malgré le fait que les huit interprètes provenaient d'horizons culturels différents et ne se connaissaient pas ou peu (sur scène).
La perspective de découvrir une "perle" chorégraphique, garde sur son siège et les perles s'avèrent, pendant mes moments passés. Nous découvrirons, entres autres, une impro "pop circus", un magnifique duo de David Rancourt et Silvia Sanchez sur la belle musique d'Alexandra Stréliski ("Plus tôt"), une pièce de groupe intelligemment improvisée, deux solos par James "Jaw" Britton Johnson et Greg "Kripto" Selinger (choix, fort judicieux de mon point de vue, de ma toute jeune voisine de chaise !). Comment faire pour danser avec un bras immobilisé et un accessoire dans l'autre ? J'en ai eu la réponse !
D'une fois à l'autre, je me disais, OK, partons pour une autre destination, mais c'est après plus de quatre-vingt-dix minutes que nous décidons de quitter. En revenant à l'entrée, je me suis senti un peu coupable parce que la file pour entrer était assez longue !
Personne ne niera la capacité d'imagination d'Andrew Tay pour produire des événements avec une grande gamme d'artistes, et cette fois encore, il peut dire mission accomplie !
vendredi 1 mars 2019
La suite de ma présentation spectrale de la danse à Danscussions & Co: Le visible et l'infrarouge au programme avec des exemples !
Merci Klara et bonjour à vous tous,
Lors de ma plus récente chronique, je vous présentais les
prémisses de ma toute personnelle perspective spectrale pour apprécier une
œuvre chorégraphique et mieux comprendre son interaction avec les spectateurs.
Pour porter un éclairage plus complet, je vous invite à poursuivre ma
présentation en y ajoutant des exemples. Ainsi donc, une œuvre est composée
d’une partie visible, allant du rouge éclatant au violet plus discret, en
passant par le jaune, riche de sa chaleur scénique et le bleu plus profond. Chacune
des œuvres nous propose un profil spectral qui lui est propre. En face, il y a
le spectateur qui comme un détecteur peut être plus sensible à certaines de ces
couleurs.
Pour tenter d’illustrer mon propos sur la couleur
d’une œuvre, je reviendrai d’abord, sur ma plus récente sortie chez Tangente
qui donnait carte blanche à Cédric Delorme-Bouchard, concepteur de lumières pour
un programme triple et que nous avons reçu ici. La première partie de Castel
Blast était riche dans la partie violette, par sa sobriété, sans nous proposer
une partie rouge fort éclatante. Camille Lacelle-Wilsey avec sa proposition,
nous entraînait, elle, dans la partie rouge éclatante, sinon écarlate de
passion, serais-je tenté d’ajouter, peu intense dans la partie violette ! Entre
ses deux œuvres qui possèdent des spectres complémentaires, nous avions droit à
Annie Gagnon et une nouvelle version, de ma perspective, de son « Rituel
géométrique » qui nous plongeait tout en profondeur dans le bleu, riche de
sa sagesse et de sa poésie. Trois œuvres complémentaires qui, au final,
couvraient l’ensemble du spectre dans le visible et pouvaient donc, satisfaire
un grand nombre de détecteurs, oups (!) de spectateurs.
Mais la partie visible, comme vous le savez maintenant
est complétée par deux autres parties, l’ultraviolet et l’infrarouge. Pour
cette fois, je veux porter votre regard vers cette dernière. Cette partie
spectrale, touchant nos émotions, se décline en trois parties, le proche, le
moyen et le lointain infrarouge. Toutes invisibles soient-elles, chacune de ces
parties produit des effets temporels différents. La partie proche-infrarouge de
l’œuvre, lorsque présente, c’est surtout mais pas seulement, au moment de la
présentation que nous la ressentirons. Une émotion de joie, ou de peine, par
exemple, qui pourra se ressentir fortement ou non sur le moment, mais qui pourrait
se dissiper assez rapidement. Si les émotions mises en mouvement dans l’œuvre, s’avèrent
beaucoup plus fortes ou touchent un de nos points sensibles, elles pourront
produire des harmoniques, comme le diraient les spectroscopistes, qui seront
encore fort présentes et qui résonneront en nous pour un certain temps, sinon
un temps certain.
Des exemples éloquents de ce type d’œuvres produisant
ce type d’effet, nous ont été proposés, selon moi, ces dernières années par Daina
Ashbee, qui avec « Unrelated », « When the ice melts, will we drink the water ? », « Pour »
et, plus récemment, « Serpentine ». À chaque fois, elle a exploré
l'univers féminin, ou de celui de notre Mère Nature, durant lesquelles, elle
nous plongeait dans une mer d’émotions. Et à chaque fois, à des nuances près, j’ai
ressenti fortement et profondément, ce que peut être une agression, fortement
colorée de violence. Avec une simplicité scénique fort efficace, chacune de ses
œuvres nous interpellent au moment de la rencontre, mais aussi et surtout, bien
longtemps après. Par exemple, durant « Serpentine », incarnée
par Areli Moran, elle le faisait
en trois temps relativement identiques durant lesquels, la notion d’harmoniques,
caractéristiques des infrarouges prend tout son sens. Spectateur, suis-je, mais
aussi un peu observateur, j’ai pu assister au départ d’un bon nombre de
spectateurs, tout à fait similaire au phénomène de saturation d’un détecteur.
Montrant bien que notre capacité de détection est fort variable. Mais peu
importe, lorsque nous repartons, impossible de ne pas méditer longtemps sur son
propos appuyé qui n’avait pourtant pas une intensité si forte dans la partie du
visible, mais qui répercutait en harmoniques !
Je pourrais poursuivre plus de l’avant vers la région
de l’ultraviolet, mais pour l’instant je m’arrête ici. Bonne prochaine semaine
de danse.
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