samedi 7 octobre 2023

Sur mes pas à une rencontre fort particulière lors de "La Messe de l'Âne" proposée par le Festival Phénomena à l'Usine C !

Lors du dévoilement de la programmation de l'Usine C, on m'a présenté de nombreuses oeuvres fort intéressantes. Parmi celle-ci, "La Messe de l'Âne" d'Olivier de Sagazan en partenariat avec le Festival Phénomena et la présentation d'Angela Konrad ne pouvait laisser indifférent ! Par conséquent, vite, je me suis procuré mon billet, première rangée! 

                                                     Tirée du site de l'Usine C

C'est donc à la première des deux soirées de présentation, les deux à guichet fermé, que mes pas m'ont amené. Une fois rendu à mon siège, le temps que les gens prennent place, j'examine l'espace scénique sur lequel je découvre tout derrière un rideau avec un peu plus devant une toile de plastique transparente et entre les deux une forme assise. À ma droite, aussi un lutrin. 

Une fois l'endroit tout rempli, débute une suite de tableaux avec un premier, fort athlétique, dans lequel, cinq interprètes se rapprochent de nous tout "en courant". L'effort de leurs nombreux pas déployés pour franchir cette petite distance du fond de l'espace scénique jusqu'à nous est fort tangible, mais la distance des pas est fort petits. Le temps pour y arriver nous permettant de l'apprécier. Réaction très personnelle de coureur, j'ai ressenti en entrée de jeu une connexion avec eux ! 

Difficile de tout bien décrire ce qui par la suite je découvrirai, mais allons y pour quelques moments fort marquants pour moi. Une fois arrivé.es devant, quatre des cinq interprètes nous présentent un autre aspect de leur personnalité, laissant l'autre dans une posture toute aussi triste que désemparé, représentant pour moi, le malaise et le traitement de la minorité face au discours "dominant". Il y a aussi ce discours énoncé par cet homme "pontife" qui modifie sa figure avec différentes couches d'argile. Quel symbole de ce que nous pouvons découvrir depuis quelques années dans la sphère publique !

Il en reste que ce qui est pour moi le plus remarquable tout au long de ces moments est l'habile manipulation de l'argile par les différents interprètes qui "à l'aveugle" transforment leurs visages en des formes "animales" ! 

Dans le feuillet de la soirée, on peut lire pour "La Messe de l'Âne", "Aux frontières de l'illusionnisme, de l'hallucination et du cauchemar, la scène tout comme les interprètes se métamorphosent à vue d'œil, révélant des tableaux d'une captivante force visuelle." et je suis bien d'accord.

Tout au long de cette "messe", si les tableaux ne sont pas tous en continuité logique, il en reste qu'ils ont un trait commun, celui de montrer le beau et le laid de notre humanité et la métamorphose de l'un à l'autre. Une rencontre qui laissera me laissera des traces !

Pour cette première soirée, nous avions droit à une rencontre avec le créateur, Olivier de Sagazan. Ce biologiste de formation a depuis suivi un chemin dans d'autres territoires disciplinaires dont la philosophie et sculpture. C'est avec tout son bagage qu'il nous propose sa réflexion sur les temps modernes en transformation, pour le meilleur et pour le pire. Et j'apprends aussi qu'il est un coureur et que la course devient le propos premier d'une autre de ses créations ! Ça, je veux voir aussi ! 

jeudi 5 octobre 2023

Sur mes pas au théâtre pour découvrir "Run de lait" et comprendre mais aussi ressentir une dimension humaine d'un enjeu actuel.

 Peut-être, êtes vous de ceux ou celles qui consommez du lait, sous ses différentes déclinaisons (3,25 %, 2% ou écrémé), du lait au chocolat aussi, mais aussi sous forme de fromage ? Derrière cette réalité en apparence "simple", que de consommer des produits laitiers se retrouvent des femmes et des hommes qui travaillent fort et qui occupent le territoire. Mais tout cela sous l'ombre d'une réalité règlementaire "quelque peu (!) complexe" !!!

                                Tirée du site de "Encore"

Pour y voir plus clair, c'est accompagné, entre autre, d'une personne du milieu de la production laitière que mes pas se sont dirigés jusqu'au Centre des arts Juliette-Lassonde dans la ville de St-Hyacinthe pour assister à la présentation de la pièce "Run de lait" de et par Justin Laramée, accompagné sur scène par Benoît Côté, du théâtre documentaire comme cela me plait beaucoup !

Dans une forme de hybride fort bien utilisée, nous sommes amenés dans une "Run de lait" à relais de différents intervernant.es du milieu de la production laitière. Rapidement notre guide qui se métamorphosera tout au long, débute avec une rencontre fort triste, celle avec la conjointe d'un producteur de lait qui a abdiqué. Du pourquoi de son geste, nous entreprenons un parcours de deux heures qui, plus ont en apprend, plus on comprend et qu'on ressent aussi la complexité de la mise en marché de la production laitière. Ce que les vaches produisent, le lait, quoi (!), devient des produits de différentes classes dont la fameuse classe 7, le lait diafiltré qui est apparue et disparue ! Peu importe que l'on puisse suivre ou non, on ressent la complexité des enjeux règlementaires, la menace d'un voisin fort imposant, les États-Unis dont les méga fermes sont prêtes à inonder notre marché et noyer les fermes locales ! Aussi et surtout les conséquences sur la vie de plusieurs communautés de nos régions. Nous apprendrons aussi ce qui arrive aux bêtes qui sont envoyées à l'abattoir tout au loin plutôt qu'ici !

Au final une présentation de deux heures qui passe bien vite afin de prendre conscience d'un secteur agroéconomique fort important dans tous les sens au Québec.

mercredi 4 octobre 2023

Sur mes pas au La Chapelle pour faire une rencontre spéciale avec "ÆMULUS" !

 Lorsque mes pas se sont dirigés jusqu'au La Chapelle, c'était pour y faire une rencontre spéciale qui amalgamait danse et technologie. La proposition  "ÆMULUS" de Jean-François Boisvenue et Giverny Welsh m'intriguait, tout autant que le titre. Je me souviens encore d'une proposition semblable présentée en juin dernier à l'Agora de la danse, soit "Popmolle" dont j'étais revenu fort heureux et satisfait ! Allier les deux types d'art est un défi et en faire une belle rencontre le rehausse, ce défi !

                          Crédit Jean-François Boisvenue, tirée du site du La Chapelle

J'avais donc bien hâte de découvrir ce qui me sera proposé en ce mardi soir et je ne suis pas le seul. Lorsque les portes du lieu s'ouvrent, je me dirige à "ma" place en première rangée, juste à côté d'une boîte noire qui sépare la rangée en deux. Pendant que le lieu se remplit, moi j'examine la scène sur laquelle je découvre plein d'objets technologiques. Tout au long de mon attente, de la musique techno est diffusée nous mettant dans un mode de réception adéquat. Juste avant de débuter, un rappel nous est fait pour que nous fermions "complètement" notre cellulaire qui pourrait interférer avec ce qui suivra. 

Pause

Cet avertissement semble avoir été suivi scrupuleusement, puisque rien de fâcheux ne s'est passé tout au long de la représentation.

Fin de la pause

Le moment venu de débuter, nous arrive d'un lieu surprenant (pas question ici de divulgacher !) l'interprète (Giverny Welsh) qui émerge de l'ombre pour entreprendre sa marche, droit devant. Marche qui semble fort "douloureuse" ou exigeante ! Comme si le passage dans un autre monde demandait un effort et cet effort je le ressens. Une fois rendue dans ce lieu, des êtres tout robotiques se "réveillent" pour interagir avec cette "visiteuse" ! Dans ce qui suit, tout au long des différents tableaux, les interactions se colorent différemment, avec de belles touches d'humour. C'est quatre bras avec au bout de petits écrans blancs et deux autres avec des écrans plus grands qui interagiront fort bien avec la "visiteuse". 

Un des tableaux m'a particulièrement plu, (hypnotisant pour moi !) celui dans lequel les gestes et les déplacements de cette "visiteuse" percutent, se démultiplient et répercutent aussi en grand, sur l'écran droit devant en différentes textures chromatiques. Autre moment fort pour moi, celui durant lequel elle utilise un accessoire d'une autre époque (à vous de le découvrir !) pour remplir la place d'une musique d'une époque plus lointaine pour charmer les "machines". Tout au long de ces moments fort riches, je reste captivé et qui, pour moi, aurait pu durer encore bien plus longtemps. Mais la visite en ces lieux tire à sa fin et elle quitte dans une finale toute douce. Le tout se complète avec les applaudissements fort bien mérités !

Dans la présentation de cette oeuvre, nous pouvions lire, "Æmulus propose donc une réflexion sur le rapport entre l’humanité et la technologie ainsi que son effet sur la notion de corporalité." et je suis bien d'accord. Le point le plus intéressant à mes yeux de cette oeuvre est la perspective inverse qui a été utilisée, soit celle de cette femme qui va à la rencontre de la technologie, sur son territoire, et non pas l'inverse. Et tout au long, l'interprète nous le fait ressentir pleinement avec ces mouvements. Et les effets de ce type de rencontre ont été démultipliés par les projections fort à propos ! Au final, une belle rencontre qui mérite de nombreuses autres soirées de présentation !

samedi 30 septembre 2023

Sur mes pas dans différents territoires chez Tangente dans "Les espaces de performances partagés" !

 La proposition était fort tentante, mais aussi intrigante ! Pour ouvrir sa saison, Tangente nous proposait des moments qui avait pour moi, une perspective tout à fait nouvelle, soit d'installer dans le même espace trois performances en évolution simultanément. Ainsi donc, j'irai à la découverte de "The Choregraphic Garden" de Hanna Sybille Müller et toute son équipe, dont Nate Yaffe et Maria Kefirova aux mouvements, "Espaces construits, corps mobiles" du Collectif FRAM, incarné par Frédérique Rodier aux mouvements et aux déplacements ainsi que "S'imbriquer" de Philippe Dépelteau, mis en mouvements par Luce Lainé et Camil Bellefleur. Pour cette proposition, j'en étais à une deuxième rencontre, la précédente avait eu lieu lors de la présentation des "Bancs d'essai" par Circuit-Est en avril dernier ! Pour les intéressé.es voici le lien de mon retour:   https://surlespasduspectateur.blogspot.com/2023/04/sur-mes-pas-vers-circuit-est-centre.html

Tout au long que mes pas m'amènent jusqu'à l'Espace Orange du Wilder, je suis intrigué de la façon dont sera partagé le territoire, d'autant plus que moi, je veux "tout" voir ! Le feuillet qui nous est donné à l'entrée de la salle, en plus des crédits, nous y trouvions une question fort pertinente et universelle, utile pour la suite, soit "Comment coexister dans un espace en transformation ?" En plus, il nous était annoncé que la visite en ces lieux serait inhabituelle ! 

Une fois les portes ouvertes, je me dirige dans le lieu dans lequel se trouvent déjà les "gangs" de "The Choregraphic Garden" et "S'imbriquer".  Une fois mon évaluation des lieux faite, je prend place sur un "coussin" qui devrait me permettre de ne "rien rater" ! Et lorsque le tout se met en marche, je peine à suivre ce qui se passe en mouvements dans des lieux opposés de l'endroit. Pour ces premiers moments, soit les vingt premières minutes des deux cent quarante de la soirée, mon constat est cruel, je suis dépassé ! Pour moi, trop de choses à suivre simultanément, lire ici deux, et je dois faire des choix, dans le sens, regarder à droite ou à gauche. C'est là que je prends la meilleure décision de cette soirée, soit, prendre du recul et exprimer mon "inconfort" à qui de droit qui de façon fort avisée me rassure et me donne aussi une réponse rassurante. Donc, à mon retour en salle, effectivement le cours des choses, pour moi, se placent et je pourrai découvrir avec une alternance plus confortable pour moi, ce que les trois performances ont à m'offrir.

Au final dans les deux cycles de deux heures, je me mets en position d'écoute pour découvrir ce qui m'est proposé. Pour les fins de ce texte, je reviendrai sur chacune d'elles, sans tenir compte de la chronologie de ce que je découvre. Dans l'espace à droite, "The Choregraphic Garden" de Hanna Sybille Müller se présente avec des bâches sous forme de poches. Dans cet espace animé sonorement par Damaris Baker, les deux interprètes dont les mouvements ont tout du duo athlétique "percutant". J'y vois une illustration de la thématique de la résistance des choses, comme dans nos perceptions des autres ou de nos habitudes. Une fois leurs "propos" exprimés, le groupe se rencontre pour débuter un "long" conciliabule qui semble indiquer la fin de la première partie. Et dans la deuxième partie, le propos oral se joindra à celui chorégraphique, avec les deux interprètes qui arpentent les lieux tout en énonçant des phrases dont celle-ci, "How far you can go to be free ? Je retiens aussi une expression, "concept of dirt" tout en découvrant qu'une des bâches de la première partie est maintenant remplie de terre et laissera des traces de ses déplacements dans le lieu. Traces qui seront balayées par la suite ! Voilà une proposition qui amalgame propos et mouvements pour nous amener dans une réflexion philosophique. Je me souhaite de la revoir seule et achevée pour approfondir la réflexion débutée !

                                           Crédit »Mariana Frandsen fournie par Tangente

Du côté gauche, dans l'espace se retrouvent une grande quantité de briques pour la présentation de  "S'imbriquer". De mes premiers moments d'observation jusqu'à la toute fin de la présentation, cette proposition clôturant la soirée, j'y découvre le travail inlassable de ces deux êtres humains qui organisent et réorganisent ce territoire comme pour nos idées et nos préjugés. Toutes ces briques assemblées pour devenir des discours ou des idéologies, sur lesquels ont s'appuie et qui pourront devenir des monuments temporels ou des assemblages éphémères. Le moment fort, pour moi, arrive dans la deuxième partie durant laquelle, elles quittent ce territoire pour aller plus loin.  Comme si nous devions faire le deuil d'un certain confort pour oser aller dans l'inconnu. Et de ce départ de ce monde que l'on tente de réorganiser, il semble que pour le créateur, ce sont les corps qui doivent s'imbriquer, sans trop tenir compte de ses contraintes matérielles qui les entourent. Il en reste que c'est déchirant pour moi, plus âgé, de découvrir que le salut dans "nos terres" semblent impossible pour ces jeunes qui partent "brique à la main" !

                                           Crédit Vanessa Fortin fournie par Tangente

Tout au long de la présentation, nous apparaîtra Frédérique Rodier dans "Espaces construits, corps mobiles". Voilà, pour moi, une proposition qui m'a particulièrement interpellé, par sa forme et le plus captivé par les mouvements de cette femme.

Pause

Je n'ai pas eu souvent la chance de la voir sur scène, une fois en fait, mais par les réseaux sociaux, beaucoup plus souvent, mais pour moi, sa gestuelle est unique et captivante. En tout ca, elle me plait beaucoup !

Fin de la pause

                                                 Crédit »Mariana Frandsen fournie par Tangente

Tout au long de ses apparitions, elle investie le lieu par ses déplacements, nous entraînant hors de la salle pour y revenir. Tout au long, elle illustre bien le titre de sa proposition. Elle ira à la rencontre de ses espaces construits en s'y appuyant de façon fort "éloquente" avec effort démontré et répétitions. Elle sera dans ces espaces de performances partagés l'esprit du lieu qui parfois tente de s'y fondre. Tout au long, j'ai particulièrement apprécié ses différentes déclinaisons de la marche et aussi ses déplacements avec juste devant elle, ce "papier" qui nous rappelle que nos préjugés peuvent nous masquer le regard vers le "devant" ! 

Au final, une soirée durant laquelle le spectateur que je suis a dû s'adapter, mais une fois cette adaptation faite, le plaisir de découvrir les différentes symboliques a été au rendez-vous. Et de ces quatre heures, difficile pour moi de tout mettre en mots ce que j'ai pu découvrir, mais j'en retiens que j'apprécie beaucoup les perspectives sur le monde que les "pas" et les mouvements peuvent me présenter et cette soirée en était fort riche.

jeudi 28 septembre 2023

Mes pas en danse chez Danse Danse: "Essence", un programme triple fort bien réussi des Ballets Jazz Montréal !

 Avec les derniers jours de septembre, le début de la saison culturelle se concrétise et par conséquent mes pas m'amènent, en ce mercredi soir, jusqu'au Théâtre Maisonneuve pour assister à la première proposition de Danse Danse. Comme c'est la première, le hall a des allures de retrouvailles. Et moi, je trouve ma place en attente du début de la représentation. Pour cette soirée, les Ballets Jazz Montréal nous proposent un programme triple qui navigue dans différentes eaux chorégraphiques. 

Pour ouvrir cette soirée, nous avons droit à "We can't forget about what's his name" d'Ausia Jones (qui est aussi interprète de la compagnie). Le programme de la soirée indiquait fort justement ce que j'allais découvrir par la suite, soit, "Explorant les concepts du temps, de communauté, d’unité et d’isolement, cette œuvre reflète les émotions extrêmes que l’incertitude crée dans nos vies, ainsi que l’espace qu’elle laisse à la liberté et la joie". Un élément scénique me captive particulièrement, celui des éclairages qui de différentes façons,  s'ouvrent, referment, ou déplacent des "horizons" ! De ces "anges de la nuit", tout de noir vêtus, j'ai suivi avec grande attention leurs mouvements.

Après un courte pause qui a permis d'installer sur la scène, rideau remonté, les différents projecteurs sur pied nécessaires à la suite, la soirée se poursuit. Cette installation avait, elle aussi, des allures d'une chorégraphie bien rodée ! Il s'en suit donc, "Ten Duets on a Theme of Rescue" de Crystal Pite. Une courte proposition de quatorze minutes qui allient fort bien les mouvements des duo d'interprètes avec ces éclairages mobiles et variables qui de ma perspective, illustrent bien les relations humaines entre deux personnes. Le tout passe vite, trop vite dirait le spectateur que je suis !

Après l'entracte (pas trop long !), nous aurons droit à "La chambre des Jacques" d'Aszure Barton qui nous permettra de voir sur scène toute la troupe, soit  Alyssa Allen, Gustavo Barros, Yosmell Calderon Mejias, John Canfield, Tuti Cedeño, Astrid Dangeard, Shanna Irwin, Ausia Jones, Miu Kato, DaMond LeMonte Garner, Larissa Leung, Austin Lichty, Marcel Mejia et Andrew Mikhaiel.

                       Photo: "Les Chambres des Jacques". Crédit :Sasha Onyshchenko, tirée du site de Danse Danse

Pause

Lors de la discussion d'après-représentation, les deux interprètes présents qui à la question, "quelle est votre oeuvre préférée de cette soirée ?", ont répondu après une légère hésitation cette dernière.

Fin de la pause

Donc, le tout s'ouvre sur un des interprètes qui rythme ses pas sur une chanson de Gilles Vigneault. Et moi qui me demande, pour nous amener où ? Rapidement, je découvre que nous serons amenés dans un périple chorégraphique tout autour du monde. Durant les trente-cinq prochaines minutes, les pas et les mouvements nous seront portés par différents styles musicaux. Pas question pour le spectateur de "baisser la garde", parce que les changements de directions sont fréquents. Pour ma part, j'ai conservé "le cap" tout au long ! Il en reste qu'un petit détail me turlupine ou plutôt m'intrigue. Pourquoi sont-ils et elles habillé.es en différentes variations de brun, sauf elle tout en bleu et lui moitié bleu, moitié brun. Je tente de découvrir si une relation différente les relie aux autres, mais peine perdue ! Il en reste que ce "détail" n'a pas gâché mon plaisir.

Comme il était possible de le lire récemment dans le Devoir, sous la plume de Léa Villalba, "Le programme Essence promet donc une soirée très diversifiée pour les danseurs et les spectateurs. Une richesse, selon Mme Damiani. « Avec Ausia, on est dans la fougue, dans la jeunesse. Avec Crystal, la maturité, la délicatesse et l’art de la danse sont mis de l’avant. Enfin, avec Aszure, c’est le côté performatif, théâtral, qui se dégage. Pour moi, c’est ça, Ballets jazz Montréal », conclut-elle." 

Promesse tenue pour moi et si je me fie aux applaudissements riches et à l'ovation autour de moi à la toute fin, pour les autres aussi !

dimanche 24 septembre 2023

Sur mes pas au théâtre: sur la "corde.raide" à l'Espace Go !

Si ma "diète culturelle" est essentiellement danse, elle inclut aussi du théâtre et l'Espace Go est devenu avec les années une destination régulière et pour ces occasions, ma blonde m'accompagne ! Voilà donc pourquoi en ce vendredi soir, nous nous dirigeons vers l'Espace Go , pour assister à leur première proposition de la saison qui nous convie à "corde.raide" de l'autrice debbie tucker green.

Pause

Pas de fautes dans ce qui précède, parce que l'auteure de la pièce n'utilise pas les lettres majuscules.

Fin de la pause

                               Crédit: Maxyme G. Delisle tirée du site de l'Espace Go

À notre arrivée en salle, devant nous, se trouve une scène vide, sauf quatre chaises en métal alignées et un accessoire dans le coin! Et puis après les paroles d'accueil, arriveront les trois personnages. Rapidement, nous comprenons que la rencontre n'est pas la première et que comme toutes les autres, elle est très formelle. Il en reste que de cette femme noire et sa famille ont été victimes d'un crime violent. Lui et elle de couleur blanche et qui représentent le système sont là pour poursuivre des procédures. Et ces procédures, nous les découvrons peu à peu, avec tout les malaises que montrent fort bien ces deux "fonctionnaires" face à situation "difficile"! Il y aura les paroles maladroites avec des répétitions et les gestes confus tout au long de leur rencontre que peu à peu, nous découvrons le but. De ces personnages anonymes, nommés "un", "deux" et "trois", émergent des échanges qui représentent fort bien l'apparente bienveillance de notre monde actuel envers les autres d'autres couleurs" ! 

Dans la première partie de la pièce, j'apprécie particulièrement la puissance du silence et je pressent "l'éléphant dans la pièce". Par la suite, je découvre la raison de cette femme à cette rencontre sous la "bienveillance" de ses deux hôtes. Lorsque j'apprends la décision qu'elle doit prendre, je comprends mieux toutes les maladresses des deux autres. Il en reste qu'une fois que "ma tête est faite" sur la situation, une chose m'agace, pourquoi la "peine de mort" pour un crime qui ne semble pas avoir causé de mort. Il en reste que les prestations de Stephie Mazunya, Ève Landry et Patrice Dubois, et la mise en scène d'Alexia Bürger m'ont gardé captif et captivé tout au long. 

Au final, une proposition théâtrale qui sort des sentiers habituels et qui surtout, nous fait réfléchir sur la bienveillance que "nous" sommes souvent tentés de prodiguer aux "autres" !

jeudi 21 septembre 2023

Mes pas au théâtre: Toute une rencontre avec "Lau" dans les coulisses chez Duceppe !

 Depuis que l'on nous propose de nous rendre dans les coulisses du Théâtre Jean-Duceppe pour découvrir des oeuvres fort intimes, j'en suis à ma deuxième fois. Et pour cette fois, j'ai été à la rencontre de "Lau" comme dans Laura de Marie-Pier Audet en collaboration avec Katherine IS, mis en scène par Frédéric Blanchette. Ce "solo" interprété par Marie Bernier est enrichi par les mouvements par Catherine Viau. 

Me voilà donc descendant les marches de ce théâtre pour me rendre jusque dans les coulisses. Une fois dans l'endroit, je demande conseil pour trouver le "meilleur" endroit autour de cette petite scène carrée qui est entourée de chaque côté par deux rangées de sièges. Et c'est Marie-Pier Audet, elle-même qui me le suggère ! Il en reste que peu importe l'endroit, chacune des personnes présentes aura droit à une belle perspective de ce qui suivra !

                                              Affiche de l'oeuvre tirée du site de Duceppe

Une fois les présentations d'usage fait par David Laurin (co-directeur artistique du théâtre) et de son annonce qu'une discussion suivra la représentation, discussion qui sera fort intéressante. Et puis nous sommes amenés de la noirceur à l'apparition de ces deux corps qui évoluent dans l'espace. Un lien semble les unir, mais pour l'instant, moi je ne peux le définir. Et puis arrive le moment de la rencontre avec cette femme "à la dérive" qui a perdu sa mère. Ça ne va pas et c'est dans les "shooters" que sa vie semble dériver. Et puis, après une valse hésitation, suivant le conseil d'une amie, elle tentera d'y voir plus clair avec une voyante. Et dans cette rencontre, émergera la suite fort émotive! Il en reste que dans le chemin qu'elle fait dans l'espoir de ne pas sombrer que réside notre plaisir fort riche en émotions de spectateur. Et puis, arrive le moment où je découvre la réponse à la question sur le carton remis à l'entrée, soit "Sauras-tu remonter à la surface sans toucher le fond ?".

Tout au long de ces moments Marie Bernier réussit à être présente pour chacune et chacun de nous, peut importe le côté que nous sommes, avec une grande maîtrise du lieu, tout en nous transmettant le propos qui navigue brutalement dans différentes époques ! Elle sera éventuellement rejointe par cette présence dansante (Catherine Viau) qui symbolisera un être important pour elle. 

Au final une proposition forte, ancrée dans l'histoire personnelle de l'autrice qui nous touche et dans laquelle les mouvements de danse ajoutent une couche narrative !