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lundi 26 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: "Rien de nouveau" et " Rien à sauver", "DANS CE BORDEL", j'ai bien compris !

 Et celles qui me l'ont expliqué, ce sont les finissantes (création et interprétation) du baccalauréat de danse de l'UQAM. Bon OK, je le concède, j'ai un peu changé l'ordre du programme de cette soirée. Je serai juste et le titre de cette soirée était "DANS CE BORDEL" et y était présentée deux oeuvres. La première "RIEN À SAUVER" par Claire Pearl, interprétée par Léonie Bélanger, Fanny Bélanger-Poulin, Béatrice Cardinal, Camille Courchesne-Couturier, Jacynthe Desjardins et Émilie Perrault. La deuxième, "RIEN DE NOUVEAU" par Mélusine Bonillo, interprétée par Margaux Guinot, Léa-Kenza Laurent, Johanna Simon, Lola Thirard et Estelle Weckering. 

                                   Affiche tirée du site du département de danse de l'UQAM

Mais avant de découvrir ces deux propositions en parfait harmonie avec l'époque actuelle, nous avons droit à une prise de parole des deux chorégraphes. Un "statement" calme, mais affirmé, fait au nom de toutes sur ce qu'elles ont dû vivre pour arriver à compléter leurs études. Et fort lucide face à ce qui les attend. Prendre place dans ce monde artistique déjà difficile à intégrer et mis à mal avec la pandémie, elles font le pari d'y plonger et cette expression forte, "nos corps, moyens de résistance ". Je n'ai qu'une réflexion qui me vient en tête, quel bel exemple, elles nous montrent. Merci à vous !

Donc "DANS CE BORDEL", "RIEN À SAUVER" dans lequel, je retrouve le corps manipulé, le corps exhibé, le corps assemblé, le corps protégé, le corps transformé, le corps hybride, le corps asservi, le corps déformé et le corps contrôlé. En résumé, le corps dans différents états, contraint, obligé de subir des tensions internes et externes. La lutte pour résister, pour survivre même, serais-je tenté de dire. Elles nous montrent des états de corps fort intenses face aux tensions externes qui se rendent à moi, malgré l'écran qui nous distancie ! Une fois la tension dissipée, le calme s'installe parmi elles et tout doucement, en chant et en teinture, elles se préparent pour la suite. Une fin, toute belle pour moi qui montre qu'une calme détermination sera leur arme principale à l'orée de nouveaux jours, malgré la nuit qui tombe !

Il s'en suit, "RIEN DE NOUVEAU" qui débute par la description d'une expérience amoureuse de l'une et de la transmission de ce qu'elle ressent dans le corps des autres tout autour sur fond bleu ! Et puis tout bascule dans le rouge, comme si la plaie se vidait peu à peu et que la guérison prenait place, avec le calme et les chants fort présents. Je sens dans ces corps captés par la caméra toute proche, la métamorphose interne ! Certaine d'entre elles, à tour de rôle, nous fait ressentir le dedans d'elle. Et une fois leurs révélations faites, elles semblent en paix. Et puis s'en suit une finale toute festive qui est si belle à voir parce que porteuse d'espoir !

En terminant, deux petits commentaires, le premier, un bémol. Dans chacune de ces propositions, il y a eu du texte qui a été dit en langue anglaise, vraiment nécessaire ? Le deuxième plus positif, concerne l'utilisation de la caméra qui a su capter de tout proche certaines interprètes et dont le résultat était plus fort. 

Merci à vous finissantes et tous ceux et celles qui les ont accompagnées. Vous avez fait le pari d'aller au bout de vos études, je vous souhaite maintenant d'aller au bout de vos aspirations. 

lundi 19 avril 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Une rencontre marquante avec "WE ARE GHOSTS OR ARE WE ?

Voilà une tradition que je ne voudrais pas briser, celle de découvrir les propositions des étudiant.es de l'UQAM, celles de fin de session, de fin d'année et aussi de Passerelle 840. Par conséquent, à cette proposition en webdiffusion de fin d'année des étudiantes de deuxième année, "WE ARE GHOSTS OR WE ARE ?", j'étais bien évidemment présent. 

                                                            Affiche tirée du site Facebook 

Mélia Boivin, Margot Carpentier, Oksanna Caufriez, Morgane Guillou, Rozenn Lecomte, Ariane Levasseur, Cyrielle Rongier et Eliane Clemence Viens-Synnott, sous la direction de Andrea Peña m'ont amené dans un univers fort actuel, tout pandémique. Comment être et réagir dans cette nouvelle réalité pour l'affronter. En entrée de jeu, seule cette femme avec son masque, exprime avec force son enfermement, comme chacun.e de nous en confinement. Tellement fort, pour que je le ressente moi aussi devant mon écran. Le lieu est petit et limite l'expression des gestes qui résonnent fortement lorsqu'ils rencontrent les limites. 

Et puis cette contrainte se transpose à toutes, même si l'espace est plus grand et se fait différent. Seule ou ensemble le défi reste entier, je le ressent fort bien. En ces temps difficiles, aller de l'avant et tomber, tourner en rond. Où aller ?, que faire ?, où se réfugier? Voilà des questions exprimées en mouvements et en gestes devant moi. Dans ce monde post-apocalyptique (lire ici pandémique), que faire pour l'affronter sinon trouver une issue ? La fuite en avant est-elle une possibilité ?

Chacune d'entre elles, masquées, mais pas muselées, portées par la musique du violon, réagissent, passent à l'attaque, le repli ne semble pas une alternative. Peu importe notre individualité , la collectivité prime pour aller de l'avant face à l'imminence du danger et leurs gestes résonnent fort en moi, m'inspirent ! Ne devenons pas des ombres, ni des fantômes face aux défis ! Transformons le "je" en "nous" ! Merci à vous pour ce message si bien exprimé !

jeudi 11 février 2021

Sur mes pas (virtuels) en danse: Ma rencontre avec la solidarité féminine avec "Questions de brûler fières" !

Pour moi, à chaque mois de décembre, c'est l'occasion de découvrir avec grand intérêt et tout autant de plaisir les propositions des étudiant.es de l'École contemporaine de Montréal et du département de danse de l'UQAM. En décembre dernier, "because" la pandémie, mes rencontres ont eu lieu à travers mon écran sauf une, celle avec les étudiantes de troisième année du Bac de l'UQAM. J'étais averti, leur création collective sous l'aile de Catherine Lavoie-Marcus a eu lieu et elle a été captée par Kim Sanh Châu qui en a fait un vidéo danse, mais c'est au début de 2021 que je pourrai la découvrir. J'étais donc à l'affût et quand dans la semaine du 8 février, elle est devenue disponible pour trois semaines ( à partir du lien sur le site du département de danse, pour les intéressé.es que vous devriez être !), j'étais prêt ! 

                   Affiche de Frédérique Gagnon tirée du site du Département de danse de l'UQÀM

Déjà le titre, en ces temps difficiles, ne me laisse pas indifférent ! Si en plus, comme moi, vous prenez le temps de lire le texte de présentation (que je me permets d'ajouter ici, question de vous "teaser" !), vous serez, en plus, mieux préparer à cette rencontre. "À recevoir une telle gerbe de couleurs vives, nulle ne demeure inconsolable. De cette offrande naît la danse, surgissement magique, kaléidoscopique. C’est là notre médecine ; une cérémonie de flammes douces et de rires pour survivre au(x) deuil(s), qui désorcelle et déploie une aile chaude sous laquelle une suite s’imagine. Contre la solitude de nos corps avides de touchers, nous avons appelé notre espèce-compagne, la couverture, à notre rescousse. Elle est venue emmailloter nos cœurs obtus. Nous sommes devenus avec elle la bête hybride d’un troupeau inapprivoisable."

Pendant une trentaine de minutes, grâce à ces dix-huit finissantes, je pourrai découvrir différentes déclinaisons de cette relation de ces femmes entre elles ! Relation qui se fait pour toutes ces femmes avec un masque de procédure, ce qui pour moi, me frappe en entrée de jeu, mais qui peu à peu disparait de mon radar de spectateur ! Tout au long des tableaux, je ressens l'essence des rituels de ces rencontres, différemment déclinée ! De ces moments calmes, solennels et de ces autres de réjouissance, c'est la solidarité qui me frappe le plus. Ces femmes avec leurs couvertures, comme partenaire, comme armure, comme défense, comme objet de rayonnement ou utilitaire, me montrent que tout n'est pas perdu en ces temps difficiles. Les gestes sont économes, réfléchis, mais surtout affirmés. Je dois avouer que les impressions que j'ai ressenties et les images que j'y ai vues dans ma pupille perceptive se sont affirmées et confirmées après un deuxième et un troisième visionnement. (Comme quoi, les présentations en ligne peuvent aussi avoir des avantages !). 

Merci à vous, Fanny Bélanger-Poulin, Léonie Bélanger, Béatrice Cardinal, Camille Courchesne-Couturier, Christina Dao, Jacynthe Desjardins, Julie Giffard, Margaux Guinot, Lea-Kenza Laurent, Gabrielle Leclerc, Claire Pearl, Émilie Perreault, Émilie Serre, Johanna Simon, Lola Thirard, Gloria Tousignant, Noémie Turgeon et Estelle Weckering !

Je prend bien note et garde en moi les mots fort sages de celle (Catherine Lavoie-Marcus) qui a guidé vos pas, "Il faut renaître souvent pour savoir que renaître nous est possible enfin et encore." Puissiez vous en faire de même !


dimanche 15 décembre 2019

Sur mes pas en danse: "Render", une soirée à la hauteur par "ma" gang du département de danse de l'UQAM !

Pour leur spectacle de fin d'année (2019), dix-neuf interprètes-étudiantes du Département de danse de l'UQAM, nous proposaient une réadaptation de la pièce "La vie attend" avec des éléments d'une autre oeuvre de la compagnie Parts+Labour_Danse (David Albert-Toth et Emily Gualtieri), "In mixed Company".



Si de cette dernière, je n'en ai aucun souvenir, il n'en n'était rien de la première, "La vie attend", présentée au Théâtre La Chapelle et qui mettait en scène cinq interprètes masculins. Difficile d'en oublier le début avec la diatribe fort intense de Marc Boivin qui mettait la table à ce qui suivra. Voilà de "grosses bottes" à chausser pour celle (Lila Geneix) qui reprend cette intro. Et croyez-moi, elle les a chaussé fort bien et difficile de rester insensible et admiratif devant sa performance avant les moments qui sont annoncés comme mémorables !

                                                                                Pause

Cette belle gang de femmes ou à une partie à tout le moins, je ne la découvrais pas pour la première fois durant cette soirée ! Leurs talents, j'ai pu l'apprécier à leur présentation le printemps dernier (avec "Paradis" de Catherine Gaudet), mais aussi à la proposition de certaines "Passerelles" ainsi qu'à la journée internationale de la danse, le printemps dernier, durant laquelle, elles m'avaient fait danser avec l'une d'une d'entre elle, Anna Erbibou (oui, oui !!!), durant "Boudoir et Compagnie de Lila Geneix. Ce qui ne veut pas dire que j'ai perdu mon sens critique, en échange d'une sympathie sincère et avouée ! Ce qui suivra reflète en toute objectivité ce que j'ai pu apprécier durant la présentation.

                                                                         Fin de la pause

Sur les thématiques annoncées, de la peur de disparaître, d'être oubliée et d'être mis de côté (craintes universelles !), la suite nous en a présenté une approche fort éloquente et surtout bien interprétée, porteuse d'avenir, autant comme spectateur de danse que comme citoyen !

Merci Pamela Aubé, Noémie Beaulieu-Ste Marie, Amandine Boulineau Pillet, Véronique Chartier, Châtelaine Côté-Rioux, Léa Dargis-Deschesnes, Zoé Delsalle, Ariane Demers, Camille Paquin, Anna Erbibou, Lila Geneix, Johanna Lucchese, Alice Marroquin-Éthier, Adèle Morrissette, Laureline Morin, Sandrine Parent, Catherine Pelletier-Voyer, Marie-Noëlle Roux et Danae Serinet Barrera pour ces moments durant lesquels, vous m'avez montré certains aspects de la dualité de la nature humaine. La solitude en groupe, la peur exprimée mais assumée, la présence forte, mais prudente et aussi la résilience de celles qui restent face à celle qui part.

Reste dans ma mémoire, ces mouvements "habillés" en noir sur plancher blanc, de celles aussi qui montent pour en redescendre dans les bras des autres, après un moment d'effervescence. Aussi ceux durant lesquels vous êtes venues près de moi et que vous vous êtes éloignées, ensuite. Vous avez eu devant moi une présence forte et affirmée.

"Render" se voulait une prise de parole fait "corps". Vous avez relevé le défi en portant votre message haut et fort. Cela me fait grand bien, pour cela merci ! Et on se revoit bientôt !







lundi 29 avril 2019

Sur mes pas de spectateur en cette Journée internationale de la danse !

Mère Nature, elle aussi voulait la célébrer cette journée ! Par conséquent, c'est par un temps ensoleillé que mes pas m'ont amené à deux présentations publiques pour l'occasion.

Premier arrêt, après quelques détours, l'Agora centrale du Pavillon Judith Jasmin de l'UQAM pour découvrir "Boudoir et compagnie" de Lila Geneix, interprété par Anna Erbibou, Alice Marroquin Ethier et Danae Serinet Barrera. L'espace est libre, peu de gens déjà présents, mais une console et un haut-parleur indiquent bien que je suis au bon endroit. Je prend place et une fois assis, arrivent la chorégraphe et ses interprètes. Elles établissent leurs repères et moi, fort attentif, je trouve la bonne place pendant qu'à côté, les gens passent, portés par leur occupation. Je suis rejoint par d'autres et nous nous mettons en mode attente.



Le moment venu, nous avons droit aux présentations d'usage d'Alain Bolduc (du Département de danse) et d'extraits du texte fort beau et inspiré de Louise Lecavalier composé pour cette journée. Et juste après "Boudoir et compagnie" débute avec l'arrivée de ces trois femmes, toutes majestueuses de leurs gestes et qui prennent la pose, sur la balustrade, à distance les unes des autres. Elles commence à s'exprimer "muettement" au son d'une musique classique et se rapprochent pour finir toutes ensemble, avec un "pause" sur l'image, soit un tableau des "grâces du siècle dernier en ré majeur" !

Et de leur piédestal, elles viennent vers nous, jusqu'à nous, jusqu'à moi aussi ! Je serai donc invité, avec d'autres, à participer en mouvements à cette oeuvre par une de ces femmes (Anna, tout sourire). D'abord surpris, déstabilisé, je peine à suivre les indications pourtant fort précises de ma guide. Moi, qui pourtant juste un moment avant, trouvait qu'il y avait trop peu de spectateurs, tout à coup, il y en avait beaucoup, témoins de mes gestes incertains et malhabiles. Mais peu à peu, je prends le contrôle de mon corps et de mes gestes pour arriver à suivre approximativement le cours des mouvements des autres ! 

Et puis, ces femmes nous ramènent à nos sièges et retournent en haut dans leur boudoir, "leur petit salon intime" pour dans leur intimité, nous montrer que derrière la prestance des gestes, elles peuvent aussi être entraînées dans la décadence de leur nature intime. Comme quoi, elles et moi, nous ne sommes pas parfaits !

Une oeuvre en trois temps, fort appropriée pour cette journée, en nous incluant dans la danse, qui a fort bien mérité les applaudissements qui ont suivis. De ces jeunes femmes qui l'an prochain, compléteront leurs études (Bac. en danse), l'avenir semble prometteur et moi, promis, je serai là, très intéressé, pour en découvrir les prochains pas en interprétation ou en création. 

Je me remets en marche pour me diriger jusqu'à la Place des Festivals pour assister à "JoBlo" avec les 330 élèves de l'école Lanaudière (sur le Plateau Mont-Royal). Projet fort beau porté par ma gang de Tangente et mis en mouvements par Philippe Meunier et Ian Yaworski, accompagnés par des diplômé.es de l'École de Danse Contemporaine de Montréal. Sans oublier les profs de cette école, fort présents et alertes (je peux en témoigner), durant la préparation, avant, et le moment de prestation.

"J'aurais voulu être un danseur et faire la Place des festivals", voici ce que ne pourront pas chanter ces 300 élèves de l'École Lanaudière. Et c'est sous un beau soleil et devant un public fort nombreux que ces élèves nous ont présenté leur création qui a touché ma fibre de spectateur et de grand-père. Une dizaine de minutes durant laquelle, ils nous proposent des tableaux riches en symboles et mouvements. Tout autour, la foule nombreuse écoute, regarde et aussi, capte ses moments. Certains le font par leurs "bidules" intelligents, d'autres, comme moi, seulement par leurs sens et leurs émotions. Un moment trop court, mais fort riche et porteur d'espoir. Et c'est sur cet espoir, que je quitte cet endroit, plus léger, heureux.

De ces deux moments, je peux conclure que la danse et la jeunesse sont deux éléments essentiels pour espérer en des jours meilleurs. Le soleil tout en haut dans cette journée (probablement la seule, où il sera présent) semble m'appuyer !



vendredi 12 avril 2019

Sur mes pas en danse: "Comédie du corps" en deux temps fort bien réussie

Bon, je sais, le printemps se fait encore hésitant, timide même, mais le calendrier lui tient le gouvernail, coûte que coûte. Il annonce la fin d'année universitaire et par conséquent, voici rendu le moment aux finissantes 2019 des profils en création et en interprétation du Département de danse de l'UQAM de nous présenter le résultat de leur travail et de leurs efforts des dernières années. Et pour moi, voici venu le moment de m'y rendre, ce que j'ai fait avec plaisir. Au programme de cette soirée, une "Comédie du corps" en deux temps avec d'abord"Sonntag" de Malina Fürhoff et ensuite "7 femmes en 2 temps ou 9 egos en noir ou blanc ou blood" d'Izabelle Pin. Deux œuvres qui m'ont permis de constater qu'il est encore possible de me surprendre, mais sur cela, j'y reviendrai !

                             Affiche de la soirée tirée du site du département de danse de l'UQAM.

Comme d'habitude, je suis là, à l'entrée de la salle, prêt à prendre place assez tôt. Bien placé pour observer que le hall d'entrée pour la première se remplit fort bien. Bien placé aussi, pour entendre les indications, dont une pause de quinze minutes entre les deux œuvres, de Catherine Tardif.  Ce que je ferai avec attention avant de prendre place en première rangée juste à côté d'une des deux places "réservées", places annonciatrices de prestations toutes proches, ce qui me plait bien !

Ces places, cependant, resteront libres de toute activité tout au long de la présentation de "Sonntag" de Malina Fürhoff, avec Marianne Beaulieu, Flavie Gaudreau-Majeau, Camille Paquin, Catherine Pelletier-Voyer et Zoé-Claude St-Jean McManus. La présentation que j'ai pu lire dans le feuillet de la soirée présente bien ce que j'ai vu, "Dans un jeu de l'inconscient, Sonntag (note de ma part, Sonntag qui signifie dimanche, en allemand), fait miroiter les désirs et les nécessités du corps au quotidien."

À notre entrée en salle, nous pouvons découvrir à droite à l'avant de la scène, une table, trois chaises dont une est déjà occupée par une femme immobile. Sur la table, des tasses et au milieu, un filtre à café qui a depuis longtemps fait ce qu'il devait faire depuis longtemps avec les traces pour le démonter. En diagonale, vers l'arrière, on peut voir un sofa occupé sur lequel on retrouve deux autres femmes encore là immobiles.

Peu à peu, deux nouveaux personnages arrivent et les corps s'activent et se déplacent comme des automates. Ils arrivent que ces personnages mettent parfois en phase leurs mouvements, mais leurs différences font en sorte que ces femmes se crispent et explosent, riches en expressions. La suite présente les "climats" de vie fort variables, avec un tableau durant elles viennent vers nous, tout sourire. Le support musical, riche de son saxophone supporte bien ce que je découvre sur scène.

Dans cette vie qui a tout d'une "Comédie du corps", tous les épisodes de la vie quotidienne ne sont pas tous drôles, avec des femmes qui la jouent, se la jouent et nous la jouent fort bien. Il est fort utile de se faire remontrer que sous le vernis des apparences, ce que peut produire la différence en frustration et en exaspération.

Et une fois les applaudissements envolés, nous devrons quitter la salle pour attendre le début de "7 femmes en 2 temps ou 9 egos en noir ou blanc ou blood" interprété par Stéphanie Burke, Stéphanie Leclair, Jeanne Maugenest, Sarah Mugglebee, Manon Terres, Marie-Christine Paré et Camille Turcot-Riel.

"Blood", oui, oui et nous comprendrons pourquoi plus tard!!!! Juste avant de revenir dans la salle, nous voyons arriver tout lentement de l'étage plus haut par ce bel escalier, une femme richement vêtue. Elle terminera sa descente vers nous pendant que nous, nous reviendrons prendre place à notre siège. Et sur l'espace scénique et aussi sur le siège juste à côté de moi, se trouvent six autres femmes, immobiles tout aussi habillées chic et maquillées, comme si nous étions à une autre époque. Qui sont ces femmes et quel est leur destin ?

C'est que je découvrirai durant les tableaux qui suivent durant lesquels elles remplacent la grâce et la retenue de leurs gestes par des habits plus simples et des comportements qui me surprennent. Difficile de ne pas apprécier ce tableau durant lequel une d'entre elles s'attarde longuement à attacher ses souliers en le faisant et en le refaisant sous le regard exaspéré des autres et amusé du mien. La rupture du cours des événements est intelligemment amenée par la chorégraphe et talentueusement interprétée par les interprètes. Lorsqu'elle utilise ce procédé pour poursuivre après avoir mis en ligne dignement et solennellement ces femmes pour poursuivre de façon surprenante, je suis déjoué et je vis un deuil métaphorique, comme il est indiqué dans le feuillet de la soirée. Et, pour finir, je découvre, ébahi (oh oui !) la suite, "blood" haute en mouvements qui pour moi est une première.

Est-il possible de surprendre le spectateur que je suis ? La réponse en cette soirée avec ces finissantes du Département de Danse de l'UQAM a été oui et j'en été ravi. Au plaisir de vous revoir sur scène, chères finissantes, dans un proche avenir voir vos œuvres ou vos prochains pas sur scène.


samedi 6 avril 2019

Sur mes pas en danse: Au "Paradis" avec les étudiantes en danse de l'UQAM !

Pour quiconque est familier avec l'univers chorégraphique de Catherine Gaudet, sait qu'elle demande aux interprètes pour l'habiter une bonne dose de laisser-aller, de l'engagement et beaucoup de talent. Et pour ce faire, elle le fait porter par des interprètes fort expérimentés et talentueux, tels que Caroline Gravel et Francis Ducharme pour ne mentionner que ces deux noms, parmi d'autres. Leur implication ne se limite pas seulement à la danse. À preuve, comme elle le mentionnait à l'émission Danscussions & Co du 5 avril, Louise Bédard a eu droit à une invitation à participer à la pièce de théâtre "Ombre Eurydice parle" (présentée prochainement au théâtre Prospero (du 11 au 27 avril prochain), suite à sa performance dans "Tout ce qui va revient" de la chorégraphe. Et je suis tout à fait d'accord, pour l'avoir vu deux fois plutôt qu'une !

Pour ces raisons, j'étais donc bien curieux et intéressé de découvrir comment les treize étudiantes du Baccalauréat en danse de l'UQAM, aller investir le "Paradis" de cette chorégraphe. C'est donc en première rangée d'une salle fort bien garnie sinon comble, que j'attendais le début de la présentation. Une fois, la présentation de Sophie Michaud et les lumières qui s'éteignent, c'est d'abord à de brèves apparitions que j'ai eu droit, donc celle en entrée de jeu d'un être à tête de singe. Des apparitions fugaces pour me souhaiter, bienvenue au paradis. Et puis seule ou en duo ou en petits groupes, les treize "déesses" nous sont apparues d'un peu partout pour investir l'espace scénique. 

                                                      Photo de l'affiche: Julie Artacho

La suite s'est déclinée dans des tableaux, tout en frontalité, fortement colorés par des états de corps maintenus, exacerbés qui interpellent. Des corps aux expressions faciales passant d'un état à l'autre en parfaite contradiction. J'ai vu dans ce "Paradis" des magmas de corps riches qui se déployaient. Des vagues corporelles, aussi, qui se dirigeaient droit sur moi (en première rangée, je vous rappelle !) dont une de ces vagues, au moins, c'est terminée dans les rangées derrière moi.

Pause

Je me souviens d'une autre époque durant laquelle, je constatais souvent que si les corps des interprètes devant moi étaient fort expressifs, leurs visages, eux, étaient inanimés, absents du propos chorégraphique! En cette soirée, je constate, encore une fois, que les temps ont changé et qu'il est possible d'enrichir la proposition avec des expressions faciales utilisées de façon fort efficace. 

Fin de la pause

De ces moments forts et intenses qui furent nombreux, j'en retiens particulièrement un, celui durant lequel, une des interprètes (Paméla Aubé, comme je l'apprendrai plus tard lors de la discussion d'après représentation) s'est approchée là, juste devant moi et a établi la connexion de nos regards. Impossible pour moi d'en établir la durée, mais elle s'est passée de façon fort intense, hors des limites temporelles habituelles. Et elle m'a permis aussi de trouver par la suite, telle une révélation, le sens profond de ce que je voyais, là, tout juste devant moi. 

Si Jean-Paul Sartre dans "Huis clos", énonçait que "l'enfer, c'est les autres", Catherine Gaudet nous propose à son tour que le paradis est aussi les autres. Et pour les deux, le tout est porté par le besoin, fort grand, du regard de l'autre sur soi et du jugement qui en découle. Parce que, c'est ce que j'ai surtout ressenti en cette soirée grâce à vous mesdames. Pour m'avoir si bien porté cette révélation, Paméla Aubé, Anne-Sophie Blanchet-Ménard, Châtelaine Côté-Rioux, Léa Dargis-Deschenes, Zoé Delsalle, Emeline Descharles, Anna Erbibou. Lila Geneix, Alice Marroquin-Éthier, Adèle Morrissette, Sandrine Parent, Danae Serinet Barrera et Éliane Viens-Synnott, merci ! 

Et merci aussi à vous, Sophie Michaud (Direction des répétitions et conseillère dramaturgique), Antoine Berthiaume (Conception sonore), Hugo Dalphond (conception des éclairages) et Justine Bernier-Blanchette (costumes) et aussi tous les autres qui les ont accompagnés.

Chères étudiantes, vous n'êtes pas encore rendues encore à la fin de votre parcours de formation, mais l'avenir s'annonce bien et moi, vos prochains pas sur scène, je compte bien y être pour les découvrir. À bientôt, donc !

vendredi 6 avril 2018

Sur mes pas en danse: "in_humain.e" avec la "belle" gang des étudiantes du bac de l'UQAM

C'est devenue une de mes bonnes et agréables habitudes de spectateur de danse que d'aller découvrir les prestations de la gang du baccalauréat en danse de l'UQAM. Habitude remarqué, semble-t-il, puisqu'entre autre "notée" par l'une des jeunes filles à l'accueil. Au programme de cette sortie danse "in_humain.e" d'Ismaël Mouaraki avec les 22 étudiantes de deuxième année du bac.



De l'oeuvre présentée, déjà le titre "in_humain.e" a de quoi pendant que l'on attend dans le hall d'entrée faire réfléchir. Des différentes déclinaisons que l'ont peu y donner soi-même, avant de lire que le chorégraphe "explore les influences du numérique, de la naissance des intelligences artificielles et des réalités augmentées, ainsi que les possibilités d'amplification et de transcendance du corps humain." Pour ma part, je suis plus en accord avec cet autre extrait qui indique que l'oeuvre "projette une interprétation de l'évolution de l'Humain et du corps dans ces nouveaux paramètres encore insaisissables." Et cela, juste après que j'ais terminé la lecture du chapitre 20 de "Sapiens, une brève histoire de l'humanité), "La fin d'Homo Sapiens" et que j'ai relu après la la soirée. Parce qu'effectivement, les nouveaux paramètres de notre évolution, comme les mouvements riches de leur hésitation dans certains tableaux résonnaient fort à propos !

Coupons court à cette réflexion pour prendre place parce que, c'est sur la scène que le sens se présentera et se projettera sur nous. Et "mon" sens à cette oeuvre, je l'ai trouvé. Au début, il y aura l'éclaireuse qui semble avoir trouvé le chemin (éclairé), ombre devant et lumière derrière, comme notre futur et notre passé. Viendra se joindre à elles, toutes les autres pour prendre place sur ce nouveau territoire. Elles en deviendront des êtres mi humain, mi machine, gestes et mouvements à l'appui. Dans un monde sombre, (au fond d'une machine ?) enveloppé d'un éclairage et d'une musique futuriste fort efficaces pour soutenir l'image que j'y voit.

La suite propose une suite de tableaux qui me présente des flux déferlants, des vagues qui se meurent et des moments de calme, durant lesquels, il est, entre autre, possible d'entendre le souffle en phase de ces êtres avant leur redéploiement dans l'espace. Il est possible d'y voir aussi des masses "in_humain.e"s qui s'agglutinent, se contractent et explosent. Il y aura aussi ce tableau, encore fort présent en moi, durant lequel des duos se rencontrent, parfois malhabilement, pour ensuite repartir et tenter d'établir un contact (physique) avec un autre. Une illustration forte de "l'évolution de l'Humain et du corps dans ces nouveaux paramètres encore insaisissables". Comme la nouvelle vie avec ses anciens paramètres !

Devant moi, Marianne Beaulieu, Stéphanie Burke, Véronique Chartier, Élise Daubié, Zoé Delsalle, Camille Demers-Paquin, Leslie Faure, Malina Fürhoff, Flavie Gaudreau-Majeau, Valérie Houle, Olivia Khoury, Mathilde Lala, Stéphanie Leclair, Jeanne Maugenest, Pacale-Youkali Ménard, Sarah Mugglebee, Marie-Christine Paré, Chloé Saintesprit, Émilie-Claude St-Amour Maillé, Zoé-Claude St-Jean-McManus, Manon Terres et Camille Turcot-Riel me proposent une belle illustration du monde à venir. Et aussi, sans peut-être le réaliser pleinement, ce qu'elles devront vivre dans leur univers professionnel à venir.

Il faut reconnaître la qualité de leur préparation pour que l'ensemble de leurs mouvements soient cohérents et portent le propos. Pour cela, merci aussi à Lucie Vigneault, leur répétitrice et conseillère artistique de l'oeuvre.

Une soirée qui en appellera une autre, soit celle avec les finissant.e.s du programme la semaine prochaine qui m'avaient impressionnés par leur prestation en décembre dernier dans une oeuvre audacieuse de Mélanie Demers.

Avant la présentation, il y avait la remise du prix David Kilburn (danseur prometteur décédé à 34 ans dans un accident de circulation). "Roulements de tambour et ira rejoindre la prestigieuse liste de récipiendaires (dont Frédérick Gravel, Virginie Brunelle, Aurélie Pedron et Sarah Dell'Ava), Katie-Marie Germain. Voilà une chorégraphe, dont il me semble avoir vu au moins une oeuvre et que j'ajoute à ma liste "à surveiller".

Une soirée fort réussie par la teneur et le rendu du propos et qui m'amène, comme lecteur, au livre "Une brève histoire du temps" de Stephen Hawking.

En conclusion, je voudrais faire remarquer que pour les amateurs d'oeuvres de grande forme en danse contemporaine (avec plus de 10 interprètes) et qui trouve qu'il y en a peu de présenter sur les scènes à Montréal, ils devraient considérer sérieusement les propositions que l'UQAM présente. Et l'oeuvre d'hier soir, comme celle de décembre dernier et les autres d'avant aussi, pourraient les satisfaire grandement. Voici le lien pour la prochaine à l'UQAM

 https://danse.uqam.ca/voir-tous-les-evenements/931-11-au-14-avril-2018-dephase-spectacle-des-finissants-.html