dimanche 24 janvier 2016

Sur mes pas en danse; "Naïve" et "Juxtapose".

Programme double tout féminin avec Tangente cette semaine. Un programme dont j'ai perdu le feuillet, mosus de mosus, mais n'est pas là le propos.

Un programme double, donc, qui me permettait de revoir "Naïve" de Gabrielle Bertrand-Lehouillier en version allongée et modifiée depuis sa présentation à Danses Buissonnières en 2014, en plus de découvrir à la suite "en direct" des Pays-Bas, "Juxtapose" de Cecilia Moisio.

Après avoir pris place dans le Studio Hydro-Québec du Monument-National, endroit que j'apprécie de plus en plus pour l'intimité qu'il permet, s'installe sur un des sièges pas loin de moi, celle qui une fois le moment venu incarnera le titre de son oeuvre. Impossible de rester insensible à cette jeune fille qui, tout en gestes, exprimera finement l'évolution des différentes postures de cet état. Après des images-flashs entrecoupés de noirceur, le personnage en tailleur développe toute sa nature "Naïve". Il évolue en grâce et en détermination vers son objectif, utilisant parfois des lampes pour rehausser la démarche. Naïve n'est pas synonyme d'innocence parce que ce personnage et son interprète semblent fort bien déterminées à se rendre là  elle doivent se rendre et le public présent, tout à fait disposer à les accompagner. Pout ma part, je suis partant pour une oeuvre plus longue ou à tout autre proposition de sa part.




Après l'entracte d'usage, nous sommes de retour en salle pour "Juxtapose" sur "le nouveau sexisme", dixit la présentation. Une oeuvre sur le féminisme qui débute sagement par une chanson des deux interprètes, habillées old fashion avec les micros d'une autre époque. Première impression, nous partons de loin (de la danse et dans le temps) et surtout,  cela nous amènera-t-il ? Et bien, nous ferons du chemin et pas nécessairement ceux attendus. Si durant les trente premières minutes, Katarzyna Sitarz, Cecilia Moisio s'avèrent provocantes et interpellantes dans tous les sens du terme et peuvent susciter la réflexion, la suite évolue dans un chaos de scènes aux allures parfois burlesques. Revendications, pancartes à la main et habillements provocants sauront plaire à certains, mais pour ma part, cette démesure s'avère trop simpliste et enlève à la force du propos. L'utilisation du gâteau, à la Dave St-Pierre, n'est pas aussi heureuse pour elles. Il en reste que la finale par son aspect surprenant et insistant conclut le tout en beauté.



                                         Photo: Jamain Brigitha

Somme toute une sortie danse dont l'empreinte des traces est inégale, mais quand même intéressante.

1 commentaire:

  1. Intimité délicieuse et touchante de la quête sinon la découverte avec émerveillement de soi, un ancrage avec Naïve...
    ... L'innocence fixe peut être une limite à l'intuition ineffable des choses,
    ... L'innocence n'est pas ignorance,
    ... L'heureuse transparence d'une âme qui s'oublie elle même,
    ... Pas d'arrière pensée, pas de nuages sur la candeur d'une bulle.

    Et Juxtapose, performance au féminin dans une expression corporelle porteuse d'une critique sociale... Inertie des corps dominés... Fabrication sociale des corps féminins.... Corps féminin libéré... ou l'expression en mouvement, subtile et intense à la fois, du paradoxe du corps féminin en son essence, dans une féminité, creuset de cet éternel féminin, insaisissable, trop souvent tristement confronté à la réification de la femme.

    Car in fine, les femmes ne sont peut être pas nées femmes mais sont devenues femmes...

    Didier, Mon Encre Marine

    RépondreSupprimer