vendredi 29 janvier 2016

Sur mes pas en danse; "Symphonie 5.1"

Mes pas m'ont porté en cette soirée de semaine avec un brin de nostalgie pourdécouvrir la première de la dernière. Pas très clair, direz-vous. OK, je m'explique ! L'Agora de la danse entreprend sa dernière saison dans sa demeure de la rue Cherrier, avant son grand déménagement l'an prochain (tôt, nous l'espérons) vers ses nouveaux espaces. Je l'aime bien, moi, cet Agora, un peu vieillot avec parfois des bancs mal en point, mais tellement sympathique. Mes pas aiment toujours monter cet escalier si majestueux pour me rendre à la salle. Mais trêve de nostalgie, il en reste que ce préambule sur les lieux et les traces qu'elles laissent en nous est parfaitement en lien avec la première oeuvre de cette dernière saison dans ce lieu.

Au programme, "Symphonie 5.1" d'Isabelle Van Grimde,  rencontre annoncée de la danse avec la technologie, avec les mots "onirisme, inter-activité et générations" inscrits sur le feuillet. L'oeuvre était attendue, pour preuve, tous les billets ont été vendus avant la première. C'est donc dans une salle rempli à pleine capacité que doucement les lumières se sont éteintes et comme dans un rêve le tout a commencé.

Je ne décrirai pas les différents tableaux, ni leurs composantes, d'autres l'ont fait, dont Nayla Naoufal dans le Devoir, ou le feront mieux que moi. Cependant, je partagerai avec vous les effluves des impressions encore très présents en moi, plusieurs heures après la fin de la représentation. Une oeuvre qui a une réaction sur moi en deux temps.

D'abord, pendant, il y a eu ma découverte de l'habile et brillante utilisation de la technologie qui ne détourne pas l'attention de la beauté du geste et de sa signification, mais qui plutôt captive et qui en rehausse le sens.

Ensuite, après, les "vagues" des différents tableaux qui m'ont amené à donner un sens personnel à ce que j'ai vu, dont voici quelques exemples.

Lorsque nous découvrons le corps de cet homme (Georges-Nicolas Tremblay) derrière sa projection parfois tout en parfaite superposition l'un avec l'autre et d'autres fois avec des différences. Comment ne pas m'y voir avec la différence entre ce que je suis et comment les autres me perçoivent ou aussi ce que je veux être, par rapport à ce que je suis.

Il y a aussi ces tableaux dans lesquels le corps en se déplaçant laisse ses traces, tout en lumière ou au contraire en noirceur. Sommes-nous toujours bien conscients des effets de ce que nous produisons avec notre entourage ? Parce que même "fondu" ou, anonyme dans notre environnement, (comme Marie-Ève Lafontaine dans le décor lumineux ), notre présence peut se percevoir et faire effet.

Enfin, la rencontre des générations soit avec les êtres réels ou leurs souvenirs (ici représentés par leurs projections). Ces moments de rencontre m'ont particulièrement touché (moi, père et grand-père) et résonnent encore en moi.

Une oeuvre qui se doit d'être vue et surtout être revue pour en apprécier toutes les perspectives. C'est ce que je ferai si elle est représentée.

Une fois la représentation terminée, je me suis permis ce plaisir d'aller moi-même sur la scène accompagnée de la chorégraphe pour expérimenter les effets interactifs de la technologie de Jérôme Delapierre. Sur cette scène, j'y ai produit mes traces lumineuses et j'y ai créé mes perturbations lumineuses ainsi qu'un trou noir, me laissant émerveillé des possibilités de la technologie utilisée.

Photo: Jérome Delapierre

1 commentaire:

  1. Symphonie 5.1, Agora de la danse ce soir...

    Saisissant spectacle incarnant la fluidité d'une chorégraphie en des textures électroniques étonnantes... Doubles peaux virtuelles... Celles de nos avatars?...
    Émouvante expérience esthétique sensible que nous aura offert cette conversation de gestes, de corps en dialogue dans une géométrie charnelle pixelisée!

    Magnifique!

    Didier, Mon Encre Marine

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