dimanche 19 février 2023

Sur mes pas "Dans le coeur du héron", une plongée "hors du temps" !

 Cette semaine, mes pas de spectateur ont été très actifs et en ce dimanche après-midi, c'est vers une quatrième destination culturelle qu'ils m'amènent. En cet après-midi, trois destinations toutes intéressantes, étaient possibles. Au final, c'est vers la Maison de la Culture Notre-Dame de Grâce que je me dirige pourplonger "Dans le coeur du héron" de Lilith & Cie (Aurélie Pédron). Pour peu que l'on me connaisse, je suis un grand amateur de cette chorégraphe "hors-norme", voilà pourquoi, c'est vers cette destination que je me dirige. Chaque rencontre avec ses créations sont toutes aussi différentes que marquantes pour moi. 

À mon arrivée, nous serons quelques-uns à attendre pour prendre place sur la scène de la salle Iro Valaskakis-Tembeck en passant par le corridor. Après les quelques consignes données juste avant d'entrer, la porte s'ouvre. Mes pas avancent hésitants pendant que mes yeux peinent à la tâche pour me situer et me diriger dans le lieu. Grâce à une spectatrice déjà assise, je trouve pas trop loin, une autre chaise qui sera mienne tout au long des deux prochaines heures. Je pouvais me déplacer dans le lieu, mais moi, je fais fi de cette possibilité pour respecter mon principe de vie de stabilité. Donc, c'est dos au rideau et en son milieu, que je me mets en mode observation. À ma gauche, je découvre cet homme (Simiuni Nauya) qui est affairé à la tâche, dos à moi. Tout en haut, un dispositif lumineux avec des miroirs. Dans cette obscurité, balayée par des faisceaux lumineux plus ou moins intenses, je scrute la place. Il y a, par terre, plein de petites branches et là-bas aussi un monticule métallique. N'ayant pas lu le programme, je cherchais tout autour d'autres personnes qui pourraient "performer". Après un court laps de temps, je prends conscience qu'il n 'y a que lui et je prends mes aises et je me mets en position de réception. À l'entrée, l'hôtesse, Camille, m'avait indiqué qu'une trentaine de minutes devrait être nécessaire pour s'acclimater au lieu et c'est effectivement le temps que ça m'a pris. 

                                   Crédit Robin Pineda Gauld tirée du site de  Lilith & Cie

Le lâcher prise fait, j'observe attentivement les déplacements de cet homme dans le lieu, les yeux bandés. Ses pas sont incertains, en apparence, aléatoires. Il arrivera deux fois plutôt qu'une qu'il arrive jusqu'à moi. Je lui prends le bras, gardons le contact immobiles, et puis une fois ma main détachée, il repart. Tout au long, les faisceaux lumineux bougent et évoluent en intensité. Parfois, j'ai l'impression que cette lumière est juste pour moi, avec ces allers-retours ! Le temps passe sans que je le ressente et pourtant peu se passe là devant moi. En plus des déplacements de cet homme, il y aura l'arrivée et le départ de spectateurs dont un père avec ses deux jeunes enfants. Un autre, plus curieux, ira partout dans le lieu pour l'examiner attentivement. 

Mais, malgré le temps qui semble être arrêté, il continue à s'égrener et une fois le moment venu, je suis invité tout doucement à quitter le lieu. Ce que je ferai juste après une spectatrice qui à la sortie, demandait tout haut, si elle n'avait pas compris le sens de ce qu'elle venait de découvrir. La réponse de notre hôtesse, Camille, est fort juste ! Pour ma part, j'en ressors avec une sensation de bien-être, suite à une excursion durant laquelle, comme l'indique la description, j'ai pû " Partager cet espace habité, le temps de conjuguer nos présences. Et, peut-être, entendre battre le cœur du Héron. » Si je n'ai pas entendu le coeur du Héron, j'ai néanmoins ressenti en moi les battements de ses ailes et le bien-être de ce lieu hors du temps !


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